Chapitre X : ... ne s'éteignent jamais.

Minerva en sa qualité de nouvelle chef de l'Ordre du Phénix menait la réunion.

- Nous avons plusieurs choses à régler cette nuit ! Déclara-t-elle d'une voix forte. Certaines affaires attendront la fin de la réunion, j'attends encore quelques membres ...

Rémus la regarda avec étonnement, il n'avait pas l'air d'être au courant de cela.

- Les événements des derniers jours, de même que les révélations que nous venons d'entendre ne laissent rien présager de bon ! Mettons les choses au clair immédiatement ! Je sais que mes paroles vont vous choquer, mais je préfère voir le côté le plus pessimiste : nous ne serons pas surpris.

Filius approuva Minerva silencieusement de la tête.

- Harry Potter est entre les mains de nos ennemis. Est-il encore en vie ? Est-il déjà mort ? Pour le moment, il nous est impossible de le savoir. Cela dit, s'il est toujours vivant, je pense que ce n'est plus pour très longtemps.

Un sanglot déchirant s'éleva dans la cuisine. Molly retenait avec difficulté les larmes qui tentaient de franchir la barrière de ses yeux.

- Molly ! La réprima Minerva un peu trop sèchement.

La mère de Ron fit apparaître un mouchoir et essuya les traînées salées de ses joues.

- Je ... je suis désolée, Minerva, gémit-elle.

La vieille sorcière s'excusa par un doux sourire.

- Je sais que mes paroles sont dures, mais soyons réalistes ... La situation est des plus noires ... Cette découverte des Horcruxes va rendre les choses encore plus difficiles. Mais, jamais nous ne baisserons les bras !

Tous l'approuvèrent vigoureusement.

- Plusieurs voies s'offrent à nous ... Mais pour toutes, nos rangs sont trop clairsemés pour rencontrer le succès.

Sa voix se brisa légèrement, mais la vieille sorcière se reprit bien vite.

- Nous avons subi d'énormes pertes ces derniers temps ... et si nous voulons espérer remporter la victoire, nous devons trouver de nouveaux membres et alliés.

- Et le Ministère ? Demanda Filius . Ne peut-il pas nous épauler?

Minerva haussa les épaules.

- Le Ministère ... Il est trop occupé à montrer son meilleur visage à la communauté sorcière pour se rendre vraiment compte de l'urgence de la situation. Il refuse encore d'augmenter le quota de recrutement des Aurors, c'est dire. Même à l'époque où le Mage Noir était à son apogée, ils étaient plus nombreux et le Ministère n'avait pas hésité à augmenter ses rangs sans former plus que cela les Aurors. Malgré l'urgence de la situation, la formation n'est en rien accélérer ... Bien au contraire ...

Minerva soupira.

- Pour le moment, il n'est nullement envisageable de compter sur le Ministère ... De toute façon, il n'accepterait jamais que nous l'aidions ou de nous aider en retour ... Le Ministre reste trop borné, et ce, malgré la mort d'Albus. Il n'a toujours pas digéré leurs petits différents.

La sorcière s'interrompit un court instant. Elle se tourna vers les jumeaux.

- Dès demain, ordonna-t-elle. Je voudrais que vous repreniez vos petites démarches.

Le visage des jumeaux se fendit d'un immense sourire.

- Pas de problème !

- Demain dès l'aube, nous serons sur la route !

-- Arpentant la poussières des rues, sonnant de porte en porte ...

- Nous présenterons aux gens nos produits, nos farces et nos dernières nouveautés ...

- Et nous verrons s'ils sont ouverts à quelques autres propositions ...

- En toute discrétion, bien entendu !

Minerva effaça bien vite son discret sourire en entendant les réponses des jumeaux.

- Dois-je vous rappeler que la plus grande prudence est de mise ! Les sorciers sont de plus en plus méfiants ... Qui sait si certains ne vous accueillerons pas avec quelques sortilèges ? Qui sait si d'autres ne sont pas à la solde de nos ennemis !

- Nous serons prudents ! Foi de Fred !

- Nos baguettes sont affûtées ! Foi de Georges !

- Nos sortilèges d'amnésie sont parfaits ! Foi de Weasley ! Dirent-ils en choeur.

Les gros yeux de Minerva et de Molly les dissuadèrent de continuer leur petit discours.

- Ne vous en faites pas ! Nous serons très prudents ! Tentèrent-ils de rassurer leur mère.

- Bien, conclut Minerva. Passons à la suite !

Son air devint plus grave.

- Nous ne savons toujours pas comment les Mangemorts ont su nous trouver ... Impossible de deviner comment ils ont obtenu cette information !

Rémus intervint.

- Et du côté français ? Rien de nouveau ?

- Non, répondit Minerva, ils sont toujours au même point ... Ils piétinent tout comme nous ...

- Et les Détraqueurs ?

- Disparus ... Sans laisser la moindre trace ...

- C'est tout de même incroyable !

Rémus frappa du poing sur la table, visiblement énervé. Personne ne l'avait jamais vu ainsi.

Sentant tous les regards braqués sur lui, il se mit à rougir et sourit pour s'excuser.

Un silence pesant passa, effleurant de son souffle les sorciers réunis dans la pièce. Molly qui n'aimait plus ce calme trop lourd se leva.

- Je vais nous préparer quelques boissons chaudes, expliqua-t-elle en réponse au regard interrogateur de Minerva.

Hermione l'imita et lui prêta main forte. La jeune fille fit sortir les tasses et les sous tasses d'un placard. Elle les disposa devant les sorciers.

Molly remplissait sa bouilloire d'eau à son évier. Elle posa son regard affligé sur la campagne et le jardin qui entouraient le Terrier. Dans le lointain, elle aperçut deux silhouettes, dont l'une était parfaitement reconnaissable, qui venaient de se transplaner.

- Nous avons de la visite ! Annonça-t-elle.

Elle se tourna vers Hermione.

- Tu peux rajouter deux tasses, ma chérie.

Elle reporta ensuite son attention sur l'extérieur. Les deux sorciers n'avaient pas bougé. Le plus petit des deux avait sorti sa baguette. Quelque secondes plus tard, une forme brillante annonçait leur venue.

Le Patronus traversa sans problème le mur de la cuisine. L'animal à cornes – ni Ron ni Hermione ne purent dire s'il s'agissait d'une chèvre ou d'un bouc – inclina sa tête vers Minerva, avant de se dissiper.

Peu de temps après, alors que Molly déposait thé, chocolat chaud et café sur la table, des coups sourds furent portés contre le bois de la porte. Minerva interrogea madame Weasley du regard avant d'aller ouvrir.

La directrice de Poudlard revint rapidement, escortant Hagrid et un sorcier que ni Ron ni Hermione ne semblait connaître. Pourtant son visage leur était familier.

Il s'assit en silence, sans saluer les membres de l'Ordre. Il ne paraissait guère ravi de se trouver là. Il portait une petite paire de lunettes dorées. Sa longue barbe grise, presque blanche lui recouvrait une bonne partie de son visage.

Les nouveaux membres de l'Ordre furent aussitôt assaillis par la grosse main d' Hagrid qui les salua chaleureusement.

Discrètement, Ron se massa sa main endolorie par la poignée du Gardien des Clés de Poudlard. Il était ravi de revoir ses anciens élèves.

Il prit ensuite Molly dans ses bras, l'étouffant à moitié et réitérant toute son amitié et son soutien. De nouvelles larmes perlèrent au coin de ses yeux.

Voyant le regard noir de Minerva, Hagrid finit par s'asseoir en toussotant.

- Très bien, reprit Minerva. Nous allons pouvoir continuer. Avant tout, faisons les présentations. Depuis ce soir, nous accueillons deux nouveaux membres : Hermione Granger et Ron Weasley !

Hagrid leur adressa un sourire chaleureux. L'autre sorcier sur qui les jeunes gens n'avaient pas encore réussi à mettre un nom resta impassible.

- Par ailleurs, j'ai demandé à Abelforth Dumbledore de nous rejoindre ce soir ... Je pense qu'il pourrait nous éclairer sur un certain événement, qui a pu passer inaperçu ... Mais qui ne serait pas si anodin que cela.

A la mention de ce nom, la « mémoire » revint à Ron et Hermione. Cet homme, le frère de Dumbledore, c'était le barman de la Tête de Sanglier. Il ressemblait énormément au défunt directeur de Poudlard.

- Avant tout, je tenais à vous informer que l'Ordre devra se trouver un nouveau chef ...

Quelques protestations fusèrent.

Minerva leva la main pour faire taire les membres.

- Comprenez-moi, expliqua-t-elle calmement. Je ne peux tout assumer seule : ma nouvelle fonction de directrice de Poudlard me prendra beaucoup de temps. Albus y arrivait à merveille, mais pour ma part je ne m'en sens pas capable. La rentrée est pour très bientôt, il me manque encore du personnel, je dois faire de fréquents aller-retours à Londres au Ministère pour la mise en place de la sécurité sur le Poudlard Express et autour du collège ! Je ne peux pas me consacrer entièrement à l'Ordre sans qu'il en pâtisse ! Et dans la situation actuelle, il n'est pas question d'être en deça de nos capacités ! D'un autre côté, je ne peux pas laisser Poudlard non plus : ce collège ne doit pas tomber entre les mains du Ministère !

- Nous comprenons, Minerva ! Intervint doucement Rémus. Nous réglerons cette question rapidement.

L'éclair qui passa dans les yeux de la directrice interpella brutalement le sorcier.

- Pourquoi me regardez-vous ainsi ?

Minerva sourit.

Rémus protesta vivement.

- Non, non ! S'exclama-t-il. Je ... jamais ... ce n'est pas ... pour moi !

- Minerva a raison ! S'écria Hagrid. Vous seriez parfait pour ce poste !

- C'est vrai, renchérirent en choeur les jumeaux.

-Comme l'a dit Minerva, nous verrons cela plus tard, marmonna Rémus en faisant tournant son café dans sa tasse.

MacGonagall sourit, elle savait à présent qu'il accepterait cette charge. C'était le sorcier le plus à même de la remplir ...

- Bien je sais qu'Abelforth a des occupations qui ne peuvent guère attendre, aussi ne tardons plus ! Je ne sais si vous avez lu cet entrefilet dans la Gazette : un vol a été commis au British Museum de Londres, il y a quelques jours.

La plupart des sorciers autour de la table hochèrent la tête.

Hermione et Ron se regardèrent. Ils ne voyaient pas de quoi voulait parler MacGonagall. Hermione leva la main.

Minerva lui donna la parole.

- Excusez-nous, mais ... quelle est cette histoire avec le British ?

- Oui, rétorqua Georges.

- - Nous n'en avons pas entendue parler, compléta Fred.

- N'avez-vous pas lu la Gazette du Sorcier ?

Ron et ses frères secouèrent la tête.

- Soit, pour faire court ... Un vol a eu lieu au British ... Vol dans lequel, d'après les informations que nous avons pu obtenir des autorités moldues, sont impliqués des Mangemorts.

- Qu'est-ce qui a été volé ? Demanda Hermione.

- Un vieux bijou grec ...

Abelforth réprima un grognement sourd, presque animal.

- Les autorités sorcières n'ont pas réussi à en savoir plus sur le bijou. D'après le responsable des Antiquités grecques, il s'agissait d'une sorte de pendentif très vieux, en un étrange métal. Par contre, nous sommes sûrs de deux choses : ce bijou a été donné par Albus lui-même il y a de ça plusieurs années. Et ...

Minerva s'interrompit et fit apparaître quelques photographies moldues. Elles circulèrent de main en main.

Quand Ron les récupéra, il les secoua vivement.

- Pourquoi ne bougent-elles pas ? S'étonna-t-il dans un souffle.

- Ce sont des photographies moldues, espèce d'andouille, répondit Hermione en s'en saisissant.

Elle les posa devant elle. Elle n'eut aucune peine à reconnaître Lucius Malefoy dessus. Par contre, la femme qui était avec lui ne lui disait rien. Elle fit passer les photographies.

- Ce sont des prises de vue des caméras de surveillance du musée, expliqua alors Minerva. Comme vous pouvez le constater, aucun doute concernant l'implication des Mangemorts dans ce vol !

- Qui est la femme avec Malefoy ? Demanda Molly.

- C'est elle qui se battait avec Fol-Oeil, s'écria soudain Ron.

- Effectivement, Ron, lui répondit Minerva. Cette Mangemort a passé la moitié de sa vie à Azkaban et s'en est échappée il y a peu ...

Abelforth grogna une nouvelle fois. Hermione se demanda s'il lui arrivait de s'exprimer avec des mots de temps en temps.

- Pour le reste, je pense qu'Abelforth sera plus à même de vous en parler ...

Le sorcier bougea sur sa chaise, se redressant légèrement. Ses yeux brillèrent d'un éclat étrange.

- Elle s'appelle Argos, Tisiphone Argos, commença-t-il. Et j'aurais dû l'tuer, ' y a bien longtemps, quand j'en avais l'occasion ! Mais Albus m'en a empêché ! Et v'là le résultat maintenant !

- Abelforth, s'insurgea Minerva.

Elle n'aimait pas beaucoup le frère d'Albus, ce sorcier l'intriguait et la directrice avait dû mal à le jauger.

- Vous n'êtes pas d'accord av'c moi ? Tous ces Serpentards ! Il faudrait tuer l' serpent dans l'oeuf !

- Voyons ! Je me souviens qu'elle était une élève brillante et appliquée ...

- Elle les a bien retenues, l' leçons ! Voyez où nous en sommes maintenant !

- Certes, mais revenons à nos dragons ! Râla Minerva.

- La première fois que j'ai croisé son chemin ... c'était dans les années soixante-dix. L' ministère grec – qu' des pourris, eux aussi – y voulait que j' me charge d'elle et d' sa p'tite famille. Leur faire comprendre c'taines choses ... j'l'ai appris qu' plus tard ... c'tait d'jà en rapport avec le truc qu'y s'ont piqués au musée !

- Qu'avez-vous fait ? Demanda Fred d'une petite voix.

- T'veux vraiment l'savoir, p'tit ?

Le regard qu'il lui lança lui fit prestement oublier sa question.

- Ensuite, j'en ai plus trop entendu parler ... jusque quand elle est r'venue en Angleterre ! Ces idiots du Ministère, convaincus par mon f'rère, ils l'ont engagée comme Auror ... autant ouvrir grand les portes aux Mangemorts ! Mais y s'ont rien vu ... Pourtant, elle s'affichait d'jà avec Malefoy !

Il éclata de rire.

-Et ça se disait Auror !

Il ignora le regard de braise de Minerva.

- Elle s'est faite arrêter, c'est ça ? Demanda alors Rémus.

- Oui, ça 'vait fait les gros titres ! Malefoy s'en était sorti, elle non, elle avait tout pris sur elle ... J'étais au procès ! Une vraie folle ! Y s'auraient mieux fait de lui envoyer un Détraqueur plutôt qu'Azkaban ...

Il se tut.

Minerva avait croisé les mains devant elle.

- Et le rapport avec ce vol au British ?

- J'en sais trop rien ! J'sais qu'en Grèce, elle et son mari, y bossaient sur des trucs vieux ... des trucs que le gouvernement voulait pas qu'on y touche ... Après moi j'fais pas dans l'détails ... j'ai pas trouvé c'qu'ils voulaient ... eux non plus ...

- Et que voulaient-ils ?

- M'en rappelle plus trop !

Il se tut et sortit une fiole de sa poche. Il dévissa le bouchon et versa une bonne rasade du liquide dans son café avant d'avaler le tout. La petite bouteille était toujours ouverte devant lui. Il la prit et but de longues gorgées. Un peu de liquide ambré coula le long de son menton, il s'essuya avec le revers de sa manche.

Finalement, il rangea le tout et poursuivit.

- J'crois qu'cétait un morceau d'papier ... j'sais plus trop comment qu'y s'appellent ça ... Des trucs vieux, en tout cas ...

- Des parchemins ? Proposa Minerva.

- Non l'truc qu'y a dans les pyramides ...

- Papyrus ! Lança soudain Hermione.

- Ouais, marmonna Abelforth.

Il se leva soudain et fit quelques pas en titubant.

- Vous m'excuserez, m'ssieurs dames, c'est pas tout ça, mais j'dois filer !

- Abelforth, le rappela soudain à l'ordre Minerva.

Il se retourna.

-Soyez prudent !

- Z'en faites pas !

- Maugrey m'avait parlé ... d'une vieille malédiction.

Dumbledore éclata de rire.

- Des histoires d'grand-mère !

Il se dirigea vers la porte. Minerva s'énerva et tapa du poing sur la table.

- Alastor en est mort ! Cria-t-elle. Et je sais ce que vous lui avez fait !

Abelforth s'arrêta brusquement.

- Qui ... qui ... vous l'a dit ... bredouilla-t-il.

- Albus m'en avait parlé il y a bien longtemps !

- Mon frère avait la langue trop pendue !

- Elle voulait Maugrey et elle a réussi ! Vous êtes le prochain sur sa liste !

- Qu'elle vienne, j'l'attends !

Il claqua brusquement la porte.

Minerva se rassit, un peu gênée.

- N'en saurons nous pas plus sur ce bijou ? Demanda alors Rémus.

- Je sais que les Grecs ont été contactés ... le Ministère voulait savoir ce qu'il en était, si ce vol était important.

- Si Malefoy était de la partie, il devait l'être, s'exclama un des jumeaux.

Minerva fit apparaître une fine pile de parchemins.

- Voici ce que Kingsley a réussi à récupérer. Peu d'éléments qui, maintenant, avec les révélations sur les horcruxes pourraient être plus parlants. Il semblerait que ce bijou ne soit pas vraiment grec comme l'indiquait la Gazette ... mais qu'il ait une origine atlante.

- Atlante ... Comme l'Atlantide ? S'écria Hermione.

- Oui, répondit Minerva.

- Mais ... mais ce n'est qu'un mythe, qu'une vieille légende moldue ...

- Auquel Voldemort semble s'intéresser. Je ne vois pas l'intérêt de voler ce bijou, sinon, continua Rémus.

- Il semblerait, toujours d'après les informations que j'ai pu obtenir, que ce bijou soit relié à une autre légende moldue : la Boîte de Pandore.

- C'est quoi cette Boîte ? Demanda Ron.

- Une fois ouverte par Pandore, expliqua Hermione, la Boîte déversa sur terre tous les maux , ne resta au fond de la boîte que l'Espoir.

- En gros, ça pourrait arranger Voldemort de la posséder si tout cela est vrai !

- Oui répondit Minerva. Seulement, personne ne peut dire quelle est la relation exacte entre le bijou et la Boîte de Pandore.

- Comment les Grecs ont-ils fait le lien alors ?

La voix de Rémus résonna quelques instants avant que Minerva ne réponde.

- Apparemment, ils ont trouvé de vieux textes qui en parlaient. Mais tout cela n'est que supposition et superstitions, ils préféraient prévenir plutôt que guérir ...

- Bref, nous ne sommes pas plus avancés qu'eux, marmonna Hagrid qui était resté silencieux jusque là.

- Pas vraiment ! Nous savons quelque chose que personne d'autre ne connaît.

- Les Horcruxes ?

Minerva sourit à Hermione.

- Oui !

- Le bijou volé aurait-il pu en être un ?

- Je l'ignore ...

- Mais pourquoi vouloir le récupérer s'il n'était pas important, continua Rémus. Voldemort a peut-être appris que certains Horcruxes avaient été détruits ... Peut-être veut-Il récupérer les autres pour les mettre à l'abri.

- Si le bijou est bien un Horcruxe, pourquoi Albus ne l'a-t-il pas détruit au lieu de le cacher au Britsih ? Demanda Hermione.

- Parce qu'il n'en savait rien ! L'interrompit Ron. Souviens-toi : l'an passé : Harry devait récupérer un souvenir à Slughorn !

- Oui ! S'exclama Hermione. C'est à partir de là, je crois, qu'il s'est rendu compte du nombre d'Horcruxes !

- N'allez pas si vite en conclusion ! Les calma Minerva. Tout ceci n'est que supposition ! Peut-être faisons-nous fausse route !

La réunion ne tarda pas à se terminer. Rémus finit par accepter de prendre la tête de l'Ordre – provisoirement, avait-il précisé. Mais tout le monde, y compris lui, savait que le provisoire durerait longtemps.

La cuisine des Weasley retrouva son calme. Molly avait réussi à convaincre les jumeaux de passer la nuit ici et de ne partir que le lendemain. Fred et Georges s'étaient éclipsés dans la chambre de Ginny pour voir comment leur soeur se portait. Molly les rejoignit rapidement.

Hermione et Ron se retrouvèrent seuls.

Dans la cheminée, le feu crépitait sèchement. Les flammes montaient dans le foyer et donnait à la pièce une lueur orangée.

Hermione se leva.

- Je vais me coucher, marmonna-t-elle baîllant. Je n'en peux plus.

Ron se leva aussi et la doubla dans l'escalier pour la possession de la salle de bain. Hermione leva les yeux au ciel.

Sans bruit, elle poussa la porte de la chambre qu'elle partageait avec Ginny. Fred et Georges devaient déjà être au lit ou en train d'expérimenter de nouvelles farces. Molly était seule avec sa fille. Une seule bougie tremblotait dans la nuit. Madame Weasley avait les traits tirés.

- Allez vous coucher, murmura Hermione. Je veillerai sur Ginny. S'il se passe quoique ce soit, je viendrais vous chercher.

Molly tamponna ses yeux avec un mouchoir.

- Tu es tellement gentille, dit-elle en reniflant. Ron a de la chance d'avoir une amie comme toi.

La jeune sorcière rougit. Heureusement la pénombre cacha ses joues écarlate à la mère de Ron. Molly la prit soudain dans ses bras.

- Bonne nuit, lança-t-elle avant de quitter sa fille et Hermione.

Ginny n'avait toujours aucune réaction. Guimauve et Pattenrond s'étaient roulés en boule et dormait sur le lit de la malade.

Hermione s'assit près de son amie.

- Ron et moi faisons partie de l'Ordre du Phénix, expliqua-t-elle. Nous ... nous ... ferons tout ... pour aider Harry.

Sa voix se cassa. Elle se releva et se déshabilla.

En chemise de nuit, elle s'allongea sur le ventre sur son lit. Elle rapprocha la bougie et la laissa flotter à quelques centimètres de sa tête. Hermione ouvrit le journal de RAB. Elle posa sur son oreille le petit marque-page dans lequel sautait un petit korrigan. Elle se replongea dans la lecture de la vie de Regulus.

Ce soir, j'ai de nouveau trouvé Domitille en pleurs. Je ne savais même pas qu'elle était rentrée. J'ai entendu du bruit au salon, je suis descendu et je l'ai trouvée. Elle était recroquevillée sur le canapé. Elle ne m'a pas entendu venir. Je ne voulais pas lui faire peur, mais elle a crié quand j'ai posé ma main sur son épaule. Elle s'est jetée dans mes bras. J'ai eu beaucoup de mal à la calmer. Je n'ai jamais su ce qu'elle avait dû faire. Quelque chose d'horrible, en tout cas : sa robe était pleine de sang.

Je m'en veux de l'avoir entraînée là-dedans. Même si elle ne me l'a jamais reproché. Elle me disait qu'elle l'avait autant choisi que moi.

3 juillet 1979

Je ne peux m'empêcher de trembler, Je ne peux m'empêcher de laisser couler mes larmes. Un Black qui pleure, on n'a jamais vu cela ...

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Je ne peux plus continuer ainsi. C'est impossible(,) pas après ce qui vient de se passer.

Je dois mettre un terme à tout cela. Il le faut ... Je le dois ...

Pour Domitille ... pour moi ... et pour tous les autres.

Il l'a tuée ... Il m'a forcé à regarder ce salaud la tuer ...

Une leçon a-t-Il dit ... Une leçon pour que nous, les nouvelles recrues, nous sachions le prix à payer pour un échec ...

Je ne savais même pas ce qu'elle avait dû faire ...

Nous étions là, une poignée, dix tout au plus, impossible de m'en rappeler vraiment. Le Seigneur des Ténèbres était au centre de notre demi-cercle.

Domitille était la seule sans cagoule. Elle était à Ses pieds, ses longs cheveux dénoués formaient une sorte de traîne ou de voile funèbre.

Lorsqu'Il parla, Il le fit d'une voix forte, même les sanglots de Domitille s'éteignirent.

Ses paroles ne me sont pas restées en mémoire ... Rien de ce qu'Il a dit n'a été gardé dans mes pensées. La seule chose que je savais à ce moment et que je sais toujours c'était la crainte, la crainte de ne rien faire, la crainte de ne pas bouger, la crainte de rester impuissant. Et c'est ce qui s'est passé ... La crainte de faire quelque chose et de mourir à mon tour ...

A-t-elle su que j'étais là ? M'a-t-elle reconnu sous ma cagoule ? Je ne le sais ... je ne le saurais jamais, mais je souhaite de tout coeur qu'elle n'ait jamais vu que j'étais là ... vu que j'étais là et que je n'ai rien fait, rien dit. Pas un geste, pas une parole ... Rien.

Le Maître a fait un signe, un seul, vers les Ombres derrière nous.

Il s'est alors avancé dans la lumière. Sa baguette était déjà prête. Avant même qu'Il ne prononce une parole, il savait déjà ce qu'Il lui demanderait de faire.

Le Maître lui a ordonné de la tuer. Je ne sais pas ce qu'il Lui a répondu, je ne m'en souviens plus. Mais sa voix ... Je l'ai reconnu immédiatement. Malgré sa cagoule, j'ai su qui se cachait derrière ce masque. Malefoy !

J'aurais dû m'en douter ! Si ce n'avait été lu, ça aurait été ma chère cousine Bellatrix.

Mais ce soir, c'était Lucius.

Je suis sûr que derrière son masque, il avait un sourire carnassier, le sourire de celui, tout puissant, qui sait qu'il va donner la Mort. Le Bras Armé de la Grande Dame en Noir.

Il a pointé sa baguette vers elle. Elle ne bougeait plus résignée.

Et moi ...

Moi je n'ai rien fait. Je suis resté comme une marionnette à (t'avais mis ç) qui on aurait coupé les fils.

Malefoy, il avait un rire dans la voix quand il a prononcé ces deux mots funestes.

Il a ri après, quand tout a été fini, il a rigolé !

Le Maître aussi a éclaté de rire.

Domitille, ma douce Domitille ...

Sauras-tu me pardonner ce que moi, je ne pourrais jamais me pardonner ...

Domitille, ma douce Domitille ...

C'est pour cela que je dois arrêter ...

Je ne veux pas finir comme toi, ma douce Domitille ! Je suis lâche, je le sais ! Mais je ne veux pas être fauché par un éclair vert ... Je dois arrêter ! Arrêter tant qu'il est encore temps !

Je ne veux pas finir ainsi ...

Encore moins comme Malefoy ... une machine à tuer sans coeur ... Jamais !

Il faut que tout s'arrête ...

Il le faut ...

La clé ...

Elle est toute proche, mais je suis lâche Domitille ...

Aurais-je le courage de la prendre ? Aurais-je le courage d'aller jusqu'au bout ...

Je devrais déjà être mort pour avoir découvert cela, et pourtant ... Je suis toujours là ...

C'est ma chance, Domitille. Ma chance de vivre, ma chance de te venger ...

Aurais-je seulement la force ?

Domitille ...

Le sommeil surprit Hermione en pleine lecture. Sa tête retomba sur la page griffonnée à la hâte.

La petite flamme de la chandelle tremblota une dernière fois. Les larmes de cire s'étaient figée le long de la bougie. Il y eut comme un souffle et le noir régna dans la chambre. Le noir et le silence ...