Contexte :
Contexte : j'ai commencé l'écriture de cette fic avant la parution du T7, avec l'intention d'en faire un T7. Je prendrai donc en compte les 6 premiers tomes de JKR, mais pas le septième, en revanche, je me réserve le droit d'exploiter certaines de ses géniallissimes idées à mon propre compte, donc je pense que je peux écrire :
ATTENTION ! SPOILERS T7 !
De quel(s) couple(s) s'agit-il ?
Tout d'abord, amis homophobes et anti-slash, je vous prie de bien vouloir faire demi-tour car cette histoire concernera des homosexuels.
Quel rythme de parution vais-je pouvoir tenir ? C'est une grande énigme pour moi. J'espère toutes les deux semaines, peut-être moins si je suis prolixe, peut-être plus en cas de vacances ou autres !!
Et maintenant, une dernière chose : bonne lecture, et bien entendu, je suis ouverte à toutes les critiques constructives !
Correctrice : luna904
Nouvelle petite note :
Afin de prévenir l'avalanche éventuelle de hurlements de vous, mes chers lecteurs, je vous rappelle encore une fois ce que j'ai déjà dit plus haut à savoir : je prends en compte les 6 premiers titres de la série !! Et ce même si Harry a seize ans !
Chapitre 10 : Le Prince de Sang-mêlé
Lucius en avait enfin fini avec les interrogatoires déplaisants. Non, mais qu'est-ce qu'ils croyaient les aurors, qu'il allait ouvrir tout grand le manoir et tout dire ? Qu'ils se débrouillent un peu par eux même ! Oh, il n'éviterait pas la perquisition de sa demeure, mais il n'avait rien de réellement important là-bas, tout était soigneusement dissimulé à la Tanière.
Bon, il fallait maintenant raisonner clairement. Est-ce que les choses étaient mauvaises ? Oui, certes, il était à Azkaban, mais il y avait des points positifs : le précieux Potter était en vie la dernière fois où il l'avait vu et il avait intérêt à y être resté !
Le Maître ne pouvait plus prendre connaissance de l'intégralité de la prophétie puisque la sphère était irrémédiablement brisée.
Black n'était plus, bon débarras !
Son Maître ne pouvait exercer tout son courroux sur lui, étant donnée sa localisation présente. Oh oui, quoi que vous en pensiez, un petit séjour à Azkaban est bien plus agréable que de subir le courroux du Maître, surtout que ce dernier avait bien insisté sur l'importance de la mission …
Et puis, les détraqueurs ayant pris la clef des champs pour rejoindre son Maître, il ne restait que les aurors pour garder les cellules. Certes, ces derniers ne se privaient pas de l'humilier à chaque repas, un seul par jour, ne rêvez-pas, que les elfes de la prison lui apportaient, mais l'un dans l'autre, il n'en n'avait cure. Il attendait patiemment que Severus lui fasse signe qu'il était temps pour lui de sortir de là !
Quoi ? Vous ne croyez tout de même pas qu'ils n'avaient pas mis au point un plan en ce sens dès le retour de leur Maître un an auparavant ? Black s'était échappé d'Azkaban, seul, il ferait beau voir avec Severus qu'ils n'arrivent pas à faire aussi bien que lui !
Mais il n'y avait tout de même pas que des points positifs. Le gros point noir était que Drago serait marqué dès sa sortie du train, donc le lendemain puisqu'il arrivait à tenir un certain calendrier dans sa tête. Ensuite, quelle serait l'attitude de Voldemort envers Severus ? Il ne prendrait pas le risque de le tuer, mais Merlin seul savait ce que son compagnon allait endurer par sa faute …
En ce début juillet, Severus quitta Poudlard la rage au ventre. Il devait rentrer dans son chez lui officiel, dans l'impasse du Tisseur et rien ne lui faisait plus horreur que ça. Voldemort l'avait prévenu, il allait devoir héberger Pettigrew chez lui, donc il devrait se créer les occasions pour aller à la Tanière, mais celles-ci seraient toujours bien trop courtes à son goût. Dès qu'il vit le rat se faufiler avec lui lorsqu'il entra dans sa maison, il eut un rictus de dégoût.
- Pettigrew, siffla-t-il immédiatement. Je vais te montrer où logent les rats comme toi.
Il se dirigea sans hésiter vers un débarras qu'il n'avait pas ouvert depuis des années et dit d'un ton moqueur :
- Voilà ta pièce. Ne te mets jamais dans mes jambes pendant que je travaille, sinon il t'en cuira !
- Mais, commença à couiner Pettigrew, ce n'est pas une chambre, ça !
- Et alors ? Tu es un sorcier, tu as ta baguette ? Sers-toi en plutôt que de pleurnicher !
Il resta ostensiblement chez lui pendant plusieurs jours, fabriquant les potions dont Pomfresh avait besoin à l'infirmerie. De ce fait, il put ensuite prétexter un certain manque d'ingrédients pour sortir de chez lui. Il se rendit rapidement sur le chemin de Traverse, qui était assez désert, pour une partie de ses ingrédients, dans l'allée des Embrumes ensuite, puis il transplana à la Tanière. Un rapide tour d'horizon lui apprit que Drago était passé : il avait laissé un parchemin bien en vue sur la table de la salle, ainsi qu'une petite fiole dans laquelle tournoyait un filin argenté.
Severus
Aide-moi : je dois tuer Dumbledore.
La formule qu'il a employée est en fourchelangue, mais j'ai pu extraire ce souvenir pour le mettre dans la fiole.
Drago
L'écriture était désordonnée, Severus pouvait sentir toute l'angoisse du jeune homme lorsqu'il l'avait écrite. Il serra les dents en relisant la note : la situation empirait. Drago ne l'avait pas écrit, mais il était certain que s'il n'arrivait pas à tuer Dumbledore, Lucius et lui en paieraient le prix. Et maintenant, il fallait trouver un nouveau fourchelang pour savoir quelle formule avait été employée pour les marquer ! Il eut un rictus de dépit en constatant combien Voldemort excellait dans son rôle de chef de guerre : il ne laissait aucune faille dans son organisation., il semblait n'avoir aucune faiblesse. Malgré tout, Severus n'allait pas s'avouer battu comme ça, il allait lutter, encore et toujours pour aider Dumbledore dans son entreprise. Ce dernier semblait avoir une arme supplémentaire autre que Potter ? Parfait : il allait mettre tout son poids dans la balance également. Il rangea soigneusement la fiole en l'étiquetant : inutile de la regarder sans un fourchelang à ses côtés
Deux jours plus tard, il se tendit intérieurement en voyant Narcissa et Bellatrix sur le pas de sa porte. Et lorsqu'il vit la grande comédie jouée par Narcissa, soi-disant terrifiée à l'idée de perdre son fils Drago si ce dernier échouait dans sa mission, il fit jouer à plein les rouages de son cerveau : quel était le véritable intérêt de Narcissa dans tout cela ? Car il était prêt à mettre sa main au feu que c'était elle qui avait eu cette idée, et non Bellatrix. Cette dernière devait se douter, puisqu'elle connaissait le lien entre Lucius et lui, qu'il ferait tout pour aider Drago. Mais Narcissa ? Pourquoi s'abaisser à s'humilier de la sorte devant lui ? Pourquoi feindre avec autant d'art ? Il ne trouvait pas.
Il accepta sans hésiter le serment inviolable, de toute façon, comme Drago ne pouvait pas le faire, il faudrait qu'il arrive à le faire d'une façon ou d'une autre pour lui. Suite aux questionnements de Bellatrix sur sa loyauté au Maître, là franchement, il marchait sur du velours : il lui raconta donc sans hésiter le moins du monde la raison pour laquelle il n'avait pu se précipiter l'année précédente lorsque son Maître avait pu les appeler pour la première fois depuis treize ans. Il se défendit point par point, jusqu'à en devenir méprisant pour les deux sœurs.
Après leur départ, il jeta un œil méprisant à Pettigrew qui réapparaissait. Il ne sa faisait aucune illusion, ce dernier était là pour l'espionner, et même s'il avait fait mine de le faire sortir de la pièce et de l'éloigner, mais le rat devait avoir un moyen pour l'écouter. C'était parfait : tout ce qu'il avait dit à Narcissa et Bellatrix le ferait passer pour un loyal mangemort, il pouvait le laisser filer et raconter cette entrevue au Maître.
Le Maître.
Peut-être.
Voilà peut-être la raison de la venue de Narcissa.
Demander à Severus de faire le serment inviolable était peut-être un moyen pour Voldemort de tenir Lucius, Drago et lui dans des filets encore plus serrés. Avait-il senti quelque chose ? Un léger défaut dans la loyauté ?
A la réflexion, peut-être pas, mais c'était bien dans le caractère du Maître de tenir la loyauté de ses fidèles de toutes les façons possibles. Le serment fait, Voldemort était sûr de plusieurs choses : Dumbledore mourrait à plus ou moins brève échéance, il enfoncerait Drago dans les Ténèbres par les essais même qu'il ferait pour tuer le directeur de Poudlard et affaiblirait le veela guérisseur par ces actes contre nature. Il pourrait également reprocher, et c'était là toute l'ironie de ce serment, à Severus d'avoir tué Dumbledore en lieu et place de Drago : un mangemort doit remplir sa mission seul, sinon c'est la disgrâce pour celui qui échoue et celui qui a tenté d'aider. Et il pourrait donc aisément manœuvrer Lucius dès sa sortie de prison en faisant pression sur son fils et son compagnon. Voldemort manipulait donc Narcissa comme tous les autres.
Le dix juillet au soir, il fut appelé en urgence par Pompom de Poudlard. Alors qu'il se précipitait vers la porte, attrapant sa cape au passage, Pettigrew eut l'audace de tenter de lui barrer le chemin pour lui demander :
- Tu réponds immédiatement à l'appel de Poudlard ?
- Au cas où ça ait échappé à ta cervelle de rat, je te rappelle que j'espionne Dumbledore pour le Seigneur de Ténèbres, Pettigrew. Donc lorsqu'on me demande de venir, même pendant les vacances, je le fais, ceci pour recueillir toutes les informations possibles qui serviront à notre Maître. Tiens ! Rends-toi utile pendant ce temps : va dire au Maître que j'ai justement été appelé en urgence et que je lui rapporterai ensuite la moindre bribe d'information !
Severus était assez satisfait de ce coup-là : Pettigrew allait se précipiter voir son Maître, mais, vu le peu d'information qu'il avait, ce dernier ne serait guère content de lui ! Il lui suffirait ensuite de feindre l'incompréhension de Pettigrew à ses paroles pour être sauf lui-même …
Il sa hâta vers l'infirmerie avec une seule question en tête : que pouvait-il se passer de si grave pour que ce soit Pompom qui l'appelle et non Dumbledore lui-même ? Il eut la réponse lorsqu'il vit la forme allongée, vêtue d'une robe bleue scintillante, sur le lit du fond.
Albus ne l'avait pas appelé car c'était lui le patient. Et au ton haché de l'infirmière, il n'allait pas bien du tout !
- Ah, enfin Severus ! Glapit-elle. Sa main ! Voyez ce que vous pouvez faire pour lui, je ne peux rien faire d'autre que de le stabiliser !
Jetant un œil à la main droite de son directeur, il retint à grand peine une exclamation : elle était désormais noire, et semblait en train de se consumer de l'intérieur. Il lui semblait parfois voir des flammes vertes qui couraient sous la peau, et chacune d'elle semblait torturer le vieux sorcier, car son corps s'arquait sur le lit. Aussitôt, Severus commença à lancer sur la main et sur l'avant-bras de son mentor toute une série de sorts et de contre-sorts issus de la magie noire. Toutes ses connaissances y passèrent : il fit évoluer plusieurs fois le sort qui continuait ses ravages dans la main du directeur, signe que le degré de magie qui avait été employé était grand. Il mit en place toutes les protections possibles sur l'avant-bras de son directeur, mais rien ne semblait réellement contenir le sort. Néanmoins, après deux heures d'efforts intensifs avec Pompom qui ne cessait de son côté de lancer ses propres sorts de soins pour que l'état général du vieux sorcier ne s'aggrave pas, ils se regardèrent, essoufflés, tendus, en sueur.
- Vous ne pouvez pas faire mieux, n'est ce pas ? Murmura Pompom.
- J'ai réellement fait tout ce que j'ai pu, rétorqua Severus sur la défensive.
- Je n'en doute pas une seconde, répondit l'infirmière en le regardant droit dans les yeux. Je sais que sans vous, Albus aurait cessé de vivre depuis longtemps, et je pense même que vous lui avez donné au moins quelques mois devant lui. Mais ce qu'il a reçu est fatal, n'est-ce pas ?
- Je ne connais tout simplement pas cette malédiction, Pompom, avoua Severus. Comme quoi, on ne connaît jamais tout …
- Laissons-le se reposer, murmura l'infirmière. Juste avant de s'écrouler, Albus m'a dit de vous dire ceci : il m'a dit que vous ne deviez pas chercher à cacher ce qui lui était arrivé, mais qu'il vous dirait la cause exacte plus tard, lorsqu'il serait remis. Il ne doutait absolument pas de vos compétences … Et il avait raison, je ne connais pas le quart des sorts que vous avez employé …
L'infirmière avait dit cela sur un ton désabusé.
- Ce ne sont pas à proprement parlé des sorts de guérison, avoua Severus à mi-voix.
- Effectivement, la magie noire n'est pas connue pour cela ! Rétorqua assez aigrement l'infirmière. Ne vous y trompez pas, je suis heureuse que vous ayez eu ces connaissances pour le sauver avec moi, mais je sais également que ce qui l'a mis dans cet état vient de la même magie ! Et ça, ça me mets hors de moi !
Severus opina simplement. Quelques minutes plus tard, il prenait congé de l'infirmière pour aller faire son rapport à Voldemort.
Lorsqu'il revint le lendemain, il fut heureux de constater que le directeur reposait assis sur son lit d'infirmerie et qu'il contemplait, pensif, une nouvelle bague. Celle-ci consistait en lui lourde chevalière en or ornée d'une pierre qui était fendue au milieu. Dumbledore leva la tête à son approche et lui sourit malgré ses traits tirés :
- Bonjour Severus. Je crois que je vous ai coûté des efforts hier ?
- Quelques uns, se contenta de répondre Severus en faisant apparaître une chaise à côté du lit. Etait-ce au moins utile ?
- Très utile. Beaucoup plus que vous ne pouvez imaginer, Severus, dit le directeur en frottant doucement la bague. Coûteux, mais indispensable. Maintenant, dites-moi la vérité, mon ami : combien de temps me reste-t-il ?
Severus soupira longuement, fit la moue, puis répondit à voix basse :
- Un an serait déjà beaucoup, Albus, mais je pense que nous pourrons y arriver à condition que je renouvelle fréquemment mes contre-sort sur votre main et sur votre avant-bras.
- Je vois.
Dumbledore regarda encore une fois la bague, avant de murmurer :
- Il est tellement jeune et doit déjà tant porter sur ses épaules. Mais il le faudra. Il devra assumer cette charge en plus … Vous savez de qui je parle, n'est-ce pas, Severus ?
- Potter ? Encore et toujours ? La prophétie ? Cracha Severus.
- Elle a lié leurs destins, Severus, et nous n'y pouvons rien, ni vous ni moi, et malheureusement, lui encore moins. Nous ne pouvons que tenter d'alléger son fardeau de notre mieux. Mais, nous aurons l'occasion d'y revenir pendant cette année, vous vous en doutez. Maintenant, parlons de vous : comment s'est passé ce retour chez vous ?
Severus prit tout son temps pour répondre.
- Pas très bien, finit-il par admettre. J'ai Pettrigrew à demeure chez moi, et il y a deux jours, Narcissa Malefoy est venue en pleurs chez moi avec Bellatrix Lestrange. Pour tenir ma couverture, j'ai été obligé de faire un serment inviolable avec elle.
- Et qu'avez-vous promis ? Demanda Dumbledore alors que Severus se taisait.
- D'accomplir la mission de Drago Malefoy si ce dernier n'y arrive pas. De vous tuer.
Dumbledore sembla un instant étonné avant de le regarder fixement. Il finit par dire d'une voix hachée :
- Il a osé demander à un enfant …
- Il veut faire payer à son père son échec, coupa Severus. Peu lui importe l'âge de Drago Malefoy.
Surtout ne pas se trahir maintenant, ne pas trahir ce qu'il ressentait envers Drago et surtout Lucius … Severus cadenassa ces moments heureux fermement dans son esprit. Ils seraient protégés par la magie veela.
- Très bien, Severus, reprit Dumbledore après un moment. Maintenant que j'ai ces éléments en tête, ne vous inquiétez pas de moi jusqu'à la rentrée. Je vais m'en sortir et continuer à œuvrer sur mon deuxième pilier. Je vous rappellerai dans l'été pour vous tenir au courant. Ne vous mettez pas plus en danger vis à vis de Voldemort et rentrez pour être surveillé par Pettigrew.
Severus comprit que le directeur lui donnait son congé. Jamais ce dernier ne dévoilait plus que nécessaire ses plans : il était ainsi bien plus facile pour Severus de ne pas avoir à cacher certains souvenirs compromettants.
Deux semaines plus tard, il recevait une courte note de son directeur :
Severus
Voilà déjà plusieurs années que vous me demandez d'enseigner la Défense contre les Forces du Mal. J'espère que vous serez heureux que j'accède à votre demande cette année. Le professeur Slughorn, dont vous vous souvenez je pense, accepte en effet de reprendre l'enseignement des Potions. Je vous saurai gré de me faire parvenir le plus vite possible la liste des manuels que vous comptez employer afin que Minerva puisse finaliser la liste des fournitures scolaires pour chaque étudiant.
Bien cordialement
A.D.
Severus ne fit aucun commentaire en recevant cette missive sous le nez de Pettigrew. Il se contenta d'un ricanement, comme s'il se moquait de son directeur, lorsqu'il lui apprit la nouvelle. Ce mouvement de la part de Dumbledore était logique : il ne lui restait qu'un an à vivre, en mettant les choses au mieux, Severus devrait aider Drago à le tuer d'une façon ou d'une autre, il le plaçait donc sur le poste maudit. Bien sûr, quelque part il en était ravi : enfin il allait pouvoir apprendre aux plus jeunes sa deuxième matière favorite. Cela ferait un agréable changement dans son enseignement après toutes ces années à rabâcher la même chose ou presque puisque les programmes scolaires n'avaient guère évolués depuis qu'il était élève ! Il se plongea donc avec délectation dans la sélection de manuels appropriés pour chaque année et, deux jours après, il envoyait sa réponse à Dumbledore. Sa grande inquiétude pendant l'été fut simplement Drago : il avait beau passer toutes les semaines, puis tous les trois ou quatre jours à la Tanière, il n'avait aucune nouvelle du jeune veela.
Lucius se réveilla en sursaut, en pleine nuit, le cœur étreint par une toute nouvelle pulsation.
Ca y était !
Enfin !
Son compagnon avait seize ans.
Il était entier.
Où qu'il soit, qui il soit, il l'aimait déjà.
Seize ans. Il venait de passer ses Buses, comme Drago. Ils avaient deux mois d'écarts : sans doute arriveraient-ils à s'entendre sur beaucoup de sujets ! Avec un peu de chance, ce pourrait être … enfin, plutôt non, il ne valait mieux pas imaginer que son compagnon pourrait être un serpentard compagnon de chambre de Drago. Mmm voyons … un Serdaigle ? Un Pouffsouffle ? Non ! Mieux ! Quelqu'un qui n'avait rien à voir avec l'Angleterre : un étudiant de Durmstang ou de Beaubâtons ! Salem même s'il le fallait : il ferait le tour du monde avec Severus, mais il trouverait son compagnon pour le chérir, l'aimer …
Il fallait maintenant patienter pour que Severus juge opportun de le sortir de là.
Severus ne voyait pas filer les semaines. Il était pris par ses cours, la surveillance des élèves, les soins à apporter à Dumbledore et son inquiétude pour Drago. Ce dernier lui échappait. Il tentait envers et contre tout de remplir sa mission seul, Severus le sentait. A la première sortie à Pré-au-Lard, il sut qu'il avait fait son premier essai : la jeune Bell était partie à Sainte-Mangouste. Et dire que ce gamin continuait à obéir aux ordres de son père et qu'il le fuyait comme la peste ! Ceci dit, Pansy Parkinson le serrait de près, ainsi que Blaise Zabini : il ne devait pas se sentir libre de ses mouvements.
A Noël, Severus en avait assez. Il devait voir le jeune homme, impérativement ! Il ne pouvait pas espérer, à son âge, venir à bout, seul, de Dumbledore ! Et surtout, il ne devait pas en venir à bout trop vite. Dumbledore mettait toutes ses forces dans son dernier combat, et il avait dit à Severus qu'il tiendrait le temps qu'il faudrait pour mettre toutes les bases de sa lutte contre Voldemort entre de bonnes mains. Mais pour Dumbledore arrive à ce résultat, il importait par dessus tout que Drago ne réussisse pas trop vite, et qu'il ne se trahisse pas non plus ! Potter avait fait part de ses soupçons le concernant à Minerva, et il n'osait même pas imaginer les conséquences si sa collègue découvrait tout le pot aux roses ! Certes, Dumbledore la convaincrait peut-être de se taire, mais elle ne saurait pas feindre suffisamment ! Bon, il allait vérifier à la petite sauterie de Slughorn si ce dernier avait invité le dernier représentant Malfoy, ensuite, si ça n'était pas le cas, il irait débusquer le jeune homme dans son dortoir !
Bien lui en prit, car, même si le jeune homme n'était pas invité, il avait tout de même tenté de forcer sa chance, ce qui lui permit de traîner Drago dans une salle de classe non loin. Pour la première fois depuis assez longtemps, Drago s'était laissé aller à répondre de façon colérique à plus âgé que lui, ce à quoi il ne voyait qu'une explication : le veela était entrain de perdre, lentement mais sûrement, le contrôle de ses nerfs. Il amena la conversation orale sur le sujet qui le préoccupait, mais le regard de pure panique que lui lança Drago le persuada d'avoir recours à une autre tactique. Il fit montra discrètement sa baguette, puis son front à Drago, et heureusement, ce dernier parût comprendre. Dès qu'il prononça la formule, il vit tout de suite le premier souvenir que Drago lui laissa voir et il blêmit.
Narcissa avait osé.
Elle avait placé Drago sous le sort de transcription de parole. Oh, c'est un sort assez facile à lancer, mais qui normalement ne s'utilise que lors d'interrogatoire : il permet de coucher sur papier tout ce que le sorcier ensorcelé dit. La moindre parole prononcée était aussitôt retranscrite sur le parchemin récepteur. Et elle avait agrémenté le sort d'une extension de durée, qui faisait que la moindre parole de Drago devait désormais être retranscrite à la seconde même sur un parchemin du Manoir Malefoy.
Il ne pouvait donc plus espérer avoir une réelle conversation avec Drago pour ne pas le mettre en danger. Il agit donc en directeur inquiet et servant loyal du Maître pour que le jeune veela puisse sortir la tête haute de cet entretien. Ce faisant, il vit les images de Drago contraint d'apprendre l'occlumancie avec sa tante qui ne cessait de le railler. Il comprit également que Narcissa avait posé un sort de Traçage sur lui pour pouvoir toujours savoir où il était, ce qui était la raison pour laquelle il avait déserté la Tanière dès le début de l'été ou presque. Ce n'était guère étonnant qu'avec de telles contraintes sur le dos Drago ait les yeux cernés et le teint grisâtre. Il le laissa filer lorsqu'il eut le malheur d'évoquer Lucius, car cela emplit de larmes les yeux de l'adolescent. Pour ne pas donner de prise aux éventuelles rumeurs, il se rendit à nouveau à la fête de Slughorn, et ne prit le chemin du bureau de Dumbledore que lorsque celle-ci prit fin. Ce dernier devait absolument être au courant de ce qui pesait sur les épaules du jeune serpentard.
Vers la fin février, il fut surpris lorsque Dumbledore lui demanda de venir faire quelques pas non loin de la forêt interdite.
- Mon cher Severus, vous vous doutez bien que je ne vous ai pas demandé de venir ici pour rien. Je veux vous parler loin de toutes les oreilles indiscrètes, y compris celles des tableaux. Je veux vous parler de ce que je veux que vous fassiez après ma mort, quel que soit le moment où elle intervienne. Je veux que, d'une façon ou d'une autre, vous continuiez à vous occuper d'Harry, de son enseignement, de sa sécurité.
- Vous plaisantez, Albus ? Dit Severus à mi-voix. Voire, vous vous foutez carrément de moi ?
Dumbledore eut un claquement de langue réprobateur et répondit fermement :
- Jamais sur ce sujet là !
- C'est hors de question, vous m'entendez ? Je veux bien faire mon maximum pour abattre Voldemort, mais là, trop c'est trop ! Sans compter qu'à compter du jour de votre mort, il y a de fortes chances que je sois en cavale, moi !
- Severus, que vous le vouliez ou non, Harry est la clé de notre réussite ! Répliqua le directeur d'une voix polaire.
- Dans ce cas, ne comptez pas sur moi pour vous aider dans votre dernière tâche !
- Oh que si ! Vous avez accepté de le faire et vous vous y tiendrez Severus ! Maintenant, rappelez-vous de faire votre enquête dans votre maison : cet enfant ne peut pas tout faire tout seul !
- J'ai dit non, Albus !
- Et moi, je vous dis si, Severus ! Vous le ferez parce que vous le devez, c'est tout ! Cessez de faire l'enfant et de confondre James et Harry Potter ! Vous l'avez dit vous-même, ce n'est pas à des gamins de faire la guerre ! Comportez-vous en homme sûr de ses convictions, et je sais que vous l'êtes ! Si vous ne le faites pas, tous les sacrifices que vous, moi et tant d'autres avons consentis n'auront servis à rien, vous m'entendez ? A rien !
Dumbledore avait presque crié ses derniers mots, mais Severus refusa de céder. Pour une fois, il regarda son directeur partir avec des yeux pleins de haine. Comment pouvait-il oser lui demander cela ? Déjà, plus il sentait l'échéance se rapprocher, moins il se sentait la force de tuer son directeur de sa main, mais continuer par dessus le marché à jouer les nounous de Potter ! Ah non, alors ! Que Dumbledore fasse appel au loup-garou pour ça ! Mais pas à lui !
Les semaines passèrent et Severus voyait avec inquiétude Drago se désintéresser de plus en plus de ses études, maigrir et avoir les yeux hantés, creusés. Début mai, il n'était pas loin des toilettes de Mimi Geignarde lorsqu'il vit son fantôme sortir de là en hurlant au meurtre ! Nom d'un scrout à pétards, que se passait-il là-bas ? Lorsqu'il ouvrit brutalement la porte, il vit Drago allongé, les mains crispées sur une blessure à la poitrine. Potter était à quelques mètres de lui, figé de terreur. Il se crispa lorsqu'il vit les bords de la plaie : heureusement, ses dons de guérisseur avaient automatiquement agis sur Drago, et il acheva de refermer la plaie en murmurant le contre-sort approprié. Il en fit de même ensuite sur les deux autres plaies, en particulier celle du visage dont il prit grand soin pour tenter d'éviter à Drago une cicatrice disgracieuse.
Lorsqu'il fut sûr que Drago était hors de danger, il se tourna vers Potter pour lui ordonner de rester dans ces toilettes le temps qu'il accompagne Drago à l'infirmerie : il devait absolument savoir d'où Potter avait appris ce sort qu'il avait inventé lui-même. Comment ce fichu gamin en avait-il eu connaissance alors que seuls Lucius et lui le connaissaient ? Il ne tenta pas de parler à Drago durant le trajet qui les mena à l'infirmerie : il était évident que ce dernier avait réussi à commencer à se guérir avant même son intervention, mais il ne fallait pas que Narcissa ait vent de quoi que ce soit sur les talents de son fils, si elle n'était pas encore au courant. Il confia l'adolescent aux bons soins de l'infirmière avant de se hâter pour retrouver Potter : une bonne petite explication d'imposait.
Il n'eut pas besoin de forcer son talent de legillimens pour connaître la vérité : ce sale gosse avait eu accès à son propre livre de potions de sixième année ! Voilà qui expliquait, entre autres, ses nouveaux talents dans cette matière dont Slughorn lui avait rabattu les oreilles à Noël : il bénéficiait de toutes ses propres annotations ! Mais le gamin était rusé finalement, et il avait dû percevoir la légère pénétration de ses pensées, car il ne lui présenta pas son propre manuel de potions. Non, il en mettrait sa main dans la gueule d'un dragon, le manuel qu'il lui présenta devait être celui de Ronald Weasley, le surnom ne laissait guère de place à l'imagination tout de même. Seulement voilà, en dehors d'une interrogation au veritaserum, le gamin nierait tout, et Dumbledore n'apprécierait pas sa légère incursion dans les pensées de son élève, donc il ne put faire qu'une seule chose : le mettre en retenue pour le restant de l'année, y compris pour son match de Quidditch ! Voilà qui lui apprendrait peut-être, il pouvait toujours rêver, non ? Donc voilà qui inculquerait peut-être à ce gamin les vertus de la prudence ! Car enfin, que pensait-il à essayer comme ça un sort dont il ne savait rien ? Mais non, bien entendu, il n'envisagea pas de tenter de le faire exclure du collège : pour sa propre sécurité, il fallait que Potter reste entre les quatre murs de Poudlard !
Environ un mois plus tard, alors que la soirée était déjà assez avancée, il vit Fillius se précipiter dans son bureau, haletant :
- Vite, Severus ! Il faut que vous veniez nous aider : des mangemorts sont entrés dans Poudlard et se battent contre l'Ordre !
Severus n'eut qu'une seconde pour prendre sa décision. Il savait Albus au loin avec Potter pour, selon les dires de son directeur, faire un nouveau pas dans la guerre contre Voldemort. D'un autre côté, si les mangemorts étaient présents, et compte tenu de la mission de Drago, ils ne partiraient pas tant que le directeur ne serait pas revenu. Il stupefixia son collègue, lui jeta un léger sort d'oubliettes avant de réduire son sac d'urgence. En sortant, il ne cilla pas en voyant Granger et Lovegood dans le couloir qui menait à sa salle de classe. Il jeta rapidement :
- Le professeur Flitwick s'est évanoui. Occupez-vous de lui.
Il monta quatre à quatre les escaliers et se dirigea vers les bruits de sortilèges et de combat. A l'entrée d'un escalier, il vit Londubat se jeter en avant et être violemment rejeté par une barrière invisible. Il n'hésita pas et se lança à son tour : ainsi qu'il le pressentait, sa marque le picota légèrement, mais il put accéder à l'escalier sans problème. Il monta rapidement les marches pour atteindre le haut de la tour d'Astronomie et son visage se ferma lorsqu'il rejoignit les personnes présentes. Son directeur lui faisait face, mais il semblait clairement affaibli. Drago lui tournait le dos, mais d'après les conversations, il n'arrivait justement à tuer Dumbledore, malgré les injonctions des autres mangemorts présents, en particulier Greyback. Il bouscula l'adolescent pour se retrouver face au vieil homme.
Il planta son regard dans celui de son directeur alors que ce dernier disait d'une vois suppliante :
- Severus …
Il sentit que son mentor avait abaissé une partie de ses barrières mentales et sut ainsi que Potter était là, à leurs pieds, sous sa cape d'invisibilité. Il revit également une image qu'il savait être le moment, un an auparavant, où il avait avoué à Dumbledore qu'il avait dû faire le serment inviolable. Enfin, il se rappela ce que le directeur lui avait dit, un jour où il lui lançait à nouveau les sorts qui permettaient de freiner la malédiction qu'il avait reçu l'an passé :
- La mort ne me fait pas peur, Severus. En revanche, je préfère cent fois qu'elle soit propre et rapide si vous me lancez le sortilège de mort, que difficile et douloureuse si je dois être dans les pattes de Greyback ou de l'un des époux Lestrange.
- Severus … s'il vous plait …, entendit-il à nouveau.
Il ferma entièrement son esprit et se concentra sur une chose : il voulait délivrer son directeur des souffrances qu'il endurait depuis un an, et ce malgré sa répugnance à tuer celui qui l'avait cru, qui avait admis qu'il n'était pas devenu mangemort par choix. Il leva sa baguette et prononça froidement :
- Avada Kedavra !
Dès que le corps de Dumbledore eut passé le rebord de la Tour, il empoigna Drago par le cou pour le retourner vers l'escalier et se précipita dans la descente.
Il le poussait sans cesse vers l'avant, car le jeune veela semblait perdu, comme vidé de son énergie à cause de sa confrontation avec le directeur. La bataille faisait rage en bas, mais il prit garde de ne pas attaquer ni les uns ni les autres. Il hurla la fin du combat et se précipita vers la sortie du château. Drago le suivait, mais il se retournait fréquemment ce qui l'agaça profondément.
- Plus vite, Drago, plus vite ! Lui intima-t-il.
Ils avaient bien avancé vers les grilles du château, lorsqu'il entendit le hurlement de Potter derrière lui. Merlin non ! Ce gamin s'était encore jeté dans la bataille ! Heureusement, il avait l'air d'en avoir après lui pour avoir tué le directeur. Il hurla à Drago de courir encore avant de se retourner pour lui faire face. Il dévia sort après sort sans pour autant riposter, et en raillant le gamin, ce qui eut l'air de le mettre encore plus en rage. Tout à coup, il le vit s'écrouler sur le sol en hurlant de douleur et rugit :
- Non !
Il lança un sort de cuisance sur le mangemort qui avait lancé l'impardonnable sur Potter en s'exclamant :
- Avez-vous oublié les ordres ? Potter appartient au Seigneur des Ténèbres. Nous devons le lui laisser ! Allez-vous en d'ici ! Filez !
Il regarda intensément l'adolescent se relever, chancelant, car le visage de pure haine qu'il lui présentait le rendait méfiant. Il avait raison, car il dut parer un début de Sectumsempra et heureusement qu'il le regardait bien, car ce damné gosse tenta un Levicorpus informulé qui serait parti s'il ne l'avait pas étouffé dans l'œuf, faisant de ce fait sauter sa baguette de son adversaire. Bon, là maintenant, ça suffisait ! Il ne pouvait pas passer la nuit à jouer avec un Potter en rage ! Tandis qu'il apprenait au gamin que les sorts qu'il tentait contre lui étaient les siens, il le surveillait.
- Non ! S'exclama-t-il en le voyant proche de sa baguette qu'il envoya de ce fait à quelques mètres.
- Alors, tuez-moi, dit Potter, d'une voix haletante. Tuez-moi comme vous l'avez tué lui, espèce de lâche...
- NE ME TRAITEZ PAS DE LÂCHE ! Hurla Severus.
Ce qualificatif le fit sortir de ses gonds quand il pensa à tout ce qu'il avait enduré auprès de Voldemort, et tous les risques qu'il avait pris ! D'un geste de la baguette, il fouetta le visage du gamin avec un sort de feu : oh rien d'irréparable, mais suffisamment pour le faire hurler et l'obliger à se désintéresser de lui.
Il vit ensuite du coin de l'œil des gens sortir en courant du château. Il s'assura d'un coup d'œil que la baguette de Potter était loin de lui et, enfin, lui tourna le dos pour courir vers les grilles. Il fut stupéfait d'y trouver un Drago tremblant, qui semblait vouloir revenir vers Poudlard.
- Il faut que j'y retourne, Severus, gémit le veela.
Hein ? Hors de question !
Il le prit brutalement par les épaules pour lui faire faire demi-tour et cracha :
- Pas de ça Drago ! File à l'abri maintenant, tu entends ?
- Non, gémit encore Drago. Non, Severus, laisse-moi …
Ils avaient franchi les grilles du château et Severus transplana sans autre forme de procès, la main fermement agrippée au cou de Drago. Il ne prit pas le temps de tourner les yeux vers la Tanière : il jeta immédiatement trois sorts d'affilées sur Drago pour le libérer des sorts posés par sa mère et dit brutalement :
- Tu es libéré de ta mère Drago. Maintenant, explique-toi !
Mais ce dernier n'était pas en état de le faire. Les yeux agrandis par la douleur, il lâcha sa baguette dans l'herbe tandis que des larmes débordaient de ses yeux. Severus sut qu'il n'en tirerait rien dans l'instant. Néanmoins, il devait se hâter de retourner auprès de Voldemort : ce dernier lui ferait payer la défection de l'adolescent, cependant … A cet instant précis, il vit une lueur apparaître à deux mètres de lui. Il leva immédiatement sa baguette avant de se rendre compte qu'il ne s'agissait que d'une plume de Fumseck à laquelle était accrochée une enveloppe rouge.
Dumbledore lui envoyait … une beuglante ? Mais enfin …
Il recula d'un pas lorsque la beuglante s'ouvrit et qu'il entendit la voix tonnante de son directeur :
- Ne retournez pas auprès de Voldemort, Severus ! Prenez soin de Drago, le fils de votre veela, et dès que vous le pourrez, sortez Lucius Malefoy de prison ! Vous devez continuer la lutte tous les trois, mais pas dans les rangs de Tom ! C'est compris, Severus ?
Plus tard, Severus se rappellerait qu'il avait hoché la tête comme si Dumbledore s'était tenu devant lui.
Mais comment savait-il ?
Comment avait-il pu organiser tout ça avant son départ de Poudlard ?
Après quelques secondes de silence, la beuglante reprit d'un ton plus doux :
- Je vous ai fait bien des cachotteries, Severus, cette année, mais je pense que vous comprendrez plus tard pourquoi je l'ai fait. Vous êtes presque au bout du long chemin que vous avez pris voilà dix-sept ans maintenant. Continuez ainsi Severus. J'ai confiance en vous, ainsi qu'en Lucius Malefoy désormais. Jamais vous n'auriez pu faire ce que vous avez fait sans que votre compagnon le sache …
La beuglante se replia élégamment sur elle même avant de retomber au sol.
Severus sentit tout à coup toute l'excitation de la nuit, en réalité d'une seule heure constata-t-il en regardant sa montre, retomber comme un soufflet. Il était épuisé nerveusement. Tuer Dumbledore lui avait coûté encore beaucoup plus que tout ce qu'il avait envisagé dans ses cauchemars. Que devait-il faire ? Cela ne lui prit que quelques secondes pour décider. Il suivrait les conseils de Dumbledore jusqu'au bout : le vieil homme avait manifestement mis en place tous ses pions, et il se devait de manœuvrer comme il l'avait prévu. Il prit donc un Drago hébété par les épaules pour le conduire dans l'intimité de la Tanière. Dès ce soir, le Seigneur des Ténèbres saurait sa défection, mais il n'en avait cure : il devait s'occuper de l'adolescent, puis de Lucius.
