disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer.

Plusieurs reviews m'ont demandé de poursuivre cette FF. Du coup, je l'ai relu et j'ai eu envie de faire un chapitre supplémentaire. Mais je ne promets pas de continuer à publier de manière aussi régulièrement que nouvelle existence.

Sur ce, bonne lecture.

POV Bella

Esmée m'a invitée à venir chez elle. Voir ses antiquités ! Je sais bien que c'est une excuse pour qu'elle me revoit. Elle avait été très gentille la seule et unique fois que nous nous sommes vues, très douce et très maternelle. Ca me ferait plaisir de la revoir.

Mais pour autant, je suis morte de trouille. D'abord parce que ce ne sera pas une rencontre fortuite dans un magasin. Et puis maintenant, je fréquente Edward… Enfin on se voit tous les jours et on s'est embrassé trois ou quatre fois. Est-ce qu'elle est d'accord ? Peut-être qu'elle veut me voir pour me dire de lâcher son fils ?

Voilà que je recommence à avoir des idées noires. Relativise Bella ! Si Esmée ne voulait pas que tu sois avec Edward, elle serait venue te voir en douce, sans passer par son fils.

Et puis Edward avait accepté que je vienne. Ca voulait dire qu'il allait me présenter…comme quoi ? son amie, sa copine, sa petite amie… Ca y est ! Je panique. J'allais devoir être sociable, sourire, faire la conversation à des gens que je ne connais pas. J'allais rencontrer son père, parler avec Alice et Jasper, peut-être rencontrer ses deux autres frères et sœurs. Etre au centre des conversations !

Quelle horreur ! Rien que d'y penser, mon front se couvre de sueur et mes mains deviennent moites. Je déteste être au centre des conversations.

Aussi, ce matin, quand Edward vient me chercher en voiture, je commence déjà à stresser. J'essaye de me forcer à lui sourire mais le résultat n'est pas là. Il me fait la conversation mais je ne réponds que par des onomatopées, ne sachant pas trop ce qu'il me raconte d'ailleurs. J'ai l'impression d'être soudain complètement décérébrée.

J'aurai voulu que la journée s'éternise, que la soirée n'arrive jamais. Et en fait, elle ne m'a jamais semblé aussi courte. Et pourtant, rien ne le pressentait.

En cours de français, Jessica m'a encore mis le grappin dessus pour me dire combien Edward était néfaste et que je devais bien faire attention à moi. Elle s'acharne tellement dessus que je commence à trouver à la trouver très lourde,… et très jalouse. Je lui réponds par des phrases très courtes, en lui donnant le moins d'informations possibles. Elle a appris que nous arrivons tous les deux dans la même voiture le matin. Elle semble très surprise de cela. Apparemment, Edward ne lui a jamais proposé cela lorsqu'ils se fréquentaient. Elle essaye de savoir jusqu'où nous avons été. Et comme une idiote, je rougis fortement en lui disant que nous sommes très loin de ce dont elle pense. Elle me regarde suspicieusement : elle est persuadée que je mens.

Coucher avec Edward. Rien que d'y penser, mon corps se met à frémir des pieds à la tête. Le simple fait de l'embrasser me laisser dans un état d'extase incompréhensible, alors penser à ses mains sur mon corps…En fait, je n'arrive même pas à le penser.

Mon esprit dérive sur cette pensée durant tout le cours de mathématiques. Du coup, je ne comprends rien à la leçon du jour. Déjà que cette matière n'est pas mon fort. Le prof le remarque et j'ai eu droit à une remarque bien cinglante. Je me serai cachée dans un trou de souris.

Edward m'attend à la cafétéria et nous mangeons silencieusement. Je remarque qu'Alice me regarde avec des yeux pétillants et un sourire qui lui fend le visage jusqu'aux oreilles. Qu'est ce qu'elle doit bien penser de moi ? Peut-être qu'elle se moque d'Edward ? Qu'elle ne comprend pas ce que son frère fait avec une simple fille comme moi.

Le sport l'après-midi est encore plus catastrophique. Je ne compte même plus le nombre de ballons que j'ai pu me recevoir dans la tête. Et combien de coups j'ai pu donner à Mike qui tentait vainement de me venir en aide. Lui qui d'habitude me fait toujours un large sourire, il a fini par abandonner.

Bref, je rentre dans la voiture d'Edward ce soir là en me disant que ma journée était maudite. Et que malheureusement, elle allait être encore bien pire dans quelques heures. Moi qui pensais vivre un véritable enfer voilà quelques semaines, finalement rien n'est pire que cette journée.

Edward coupe le contact devant mon appartement et attend patiemment que je daigne lui adresser la parole. Je suis nulle !

- Je crois que je suis un peu stressée pour ce soir, finis-je par avouer timidement.

- Vraiment, répond Edward, un petit sourire narquois au coin des lèvres. J'avais pas remarqué.

Je lui fais une petite grimace et il se met à éclater de rire. Il se penche vers moi et m'embrasse doucement. A ce moment là, j'oublie tout : la journée catastrophique, la soirée à venir, mes angoisses, mes questionnements. A ce moment là, il n'y a plus que nous deux. Et j'adore ca !

- Ne t'inquiète pas pour ce soir, me susurre-t-il dans l'oreille après avoir rompu le baiser un peu trop tôt à mon gout, tout va bien se passer.

- Tu dis ca pour me rassurer moi ou pour te rassurer toi.

Il pouffe dans mon cou et je sens une décharge électrique. Je viens de réaliser que j'aime sentir son souffle sur moi.

Edward reste avec moi jusqu'à dix-huit heures trente. Je lui demande si je dois mettre une tenue particulière. Ca a au moins le mérite de le faire rigoler. Il me fait rougir en m'affirmant que rien ne pourrait me faire plus jolie que je ne suis. Il faut avouer qu'il a l'art du compliment. De toute façon, ma garde-robe est assez pauvre : aucune robe, aucune tenue un peu chic. Je ne porte que des jeans et des tee-shirts depuis belle lurette.

Nous mettons un bon quart d'heure pour arriver chez ses parents. Je ne savais même pas qu'il y avait des maisons construites aussi loin du centre ville de Forks. Nous prenons une petite route si étroite que je ne l'avais même pas aperçue. Nous nous enfonçons dans la forêt jusqu'à une vaste clairière. Je reste scotchée devant la grandeur de la maison. Elle est superbe, sur deux images, toute blanche avec de grandes baies vitrées au rez du chaussée.

Je savais bien que la famille d'Edward était riche mais là, j'en prends réellement l'ampleur. Et c'est comme si je me prenais une véritable claque. Je me sens soudain ridicule et toute petite. Je ne suis pas à ma place ici : je ne suis pas riche, je ne suis pas jolie, je ne suis même pas bien habillée.

J'entends Edward ouvrir ma porte et je le vois tendre sa main pour m'aider à me lever mais je reste scotchée sur le siège. Mon corps refuse de bouger. Je suis morte de trouille. Il s'agenouille à côté de moi. Je tourne la tête vers lui et je vois son visage crispé d'inquiétude.

- Ca va ? me demande-t-il doucement.

- Et s'ils ne m'aiment pas ? balbutiai-je.

Il me regarde bizarrement – encore ! – et finit par soupirer. Je ne sais pas trop si je l'exaspère ou si je le fais rire. C'est encore plus angoissant.

- Esmée et Alice t'adorent déjà, Bella, me murmure-t-il en me souriant. Tu n'as pas de soucis à te faire. Je ne me fais aucun soucis pour Carlisle. Et Jasper, et bien, il faut bien avouer que Jasper s'en fiche un peu…

Je souris. Au moins, ca a le mérite d'être clair. Je respire un grand coup. Ca va mieux mais ce n'est pas encore parfait.

- Ta maison est tellement…grande et belle. Moi je vis l'ancien garage aménagé de la minuscule maison de mon père. Ta sœur et ta mère sont magnifiques. Regarde-moi ! Edward. Je suis si…commune.

J'avais fini mon petit discours par un murmure. Je suis pathétique. Si pathétique qu'il ne répond pas. Je lève les yeux : je croise ses prunelles qui me surprennent : elles sont si sombres soudain.

POV Edward

Elle est parfaite ! Tellement parfaite que cela me met en colère.

J'ai toujours rêvé rencontrer une fille comme elle. Quelqu'un qui me fiche complètement que je sois adopté, comme mes frères et sœurs. Quelqu'un qui ne juge pas la façon dont nous vivons et les relations qu'entretiennent Rosalie et Emmett, Jasper et Alice. Quelqu'un qui ne cherche pas à être avec moi pour mon argent.

Bref quelqu'un qui est tout le contraire de Jessica.

J'ai toujours pensé que cette fille n'existait pas. Alice avait eu la chance d'avoir Jasper, tellement pris dans ses problèmes de la gestion de ses affects qu'il se fichait complètement du montant du compte en banque de nos parents. Et Emmett avait eu Rose. J'ai pensé qu'elle se fichait de lui. Rosalie a toujours aimé la mode. Elle achète tellement de vêtements qu'elle a fini par envahir tous les dressings de la maison. J'ai cru au départ qu'elle était avec Emmett pour être sure de rester dans la famille. J'ai été très dure avec elle. Nous avons eu tous les deux de violentes disputes.

Et puis un jour, un petit con, Royce King, a voulu se battre avec Emmett. Ils étaient aussi baraqués l'un que l'autre. Rosalie lui a sauté dessus et lui a mis un cocard à l'œil digne de Mohamed Ali. Ce jour là, elle s'en est fichu de sa belle robe, de son maquillage impeccable et de sa plastique. Elle voulait sauver Emmett.

Alice et Emmett avait eu tellement de chance. Cela ne pouvait pas arriver une troisième fois...

Et puis Bella est arrivée. Dire que j'ai failli ne pas la remarquer. Heureusement qu'Esmée m'a ouvert les yeux.

Bella est parfaite. Parfaite pour moi. Et elle ne s'en rend même pas compte. Elle pense qu'elle ne mérite pas d'être ici. Et ca me met en colère.

- Bella ! Tu es la personne la plus magnifique que je connaisse. Tu es ici parce que j'en ai envie. J'ai envie de te présenter à ma famille et j'ai envie que tu sois à mes côtés.

Elle me regarde avec des yeux de chats apeurés. Je crois que je lui fiche encore plus la trouille. Je vois une larme coulée le long de sa joue. Je l'essuie du bout de mon doigt. Elle me prend la main et la serre très fort.

- C'est la plus belle chose qu'on m'est dite, me murmure-t-elle.

- C'est la vérité, Bella. Alors arrête de te faire du soucis pour ce que pense ma famille. Ils vont te trouver formidables. Et si ce n'est pas le cas, ils ne diront rien sinon ils savent que je suis capable de leur faire la tête durant des mois.

Entendre son rire me soulagea. Je lui tendis la main et cette fois-ci, elle l'accepta. Je retins un soupir : je me voyais mal inviter toute la famille à diner dans ma voiture.

Je passai mon bras autour de sa taille et lui fis mon plus beau sourire. Je l'entrainai doucement vers la porte d'entrée.

Je pensai que j'allais être nerveux. Mais non ! Au contraire ! A ce moment là, en compagnie de Bella, marchant dans l'allée de la maison qui m'avait recueilli dix-sept ans auparavant, pour la présenter à toute ma famille, j'étais le plus fier du monde.