Bonjour :) Je vous souhaite une bonne lecture et encore merci de lire chaque semaine !
La tension était palpable entre les dignitaires de Suna et ceux de Konoha, mais la foule en liesse, plus loin qui avait commencé à célébrer ceux qui avaient dirigés les affrontements lors de la Guerre ne semblait pas en tenir compte. Les autres délégations des villages discutaient un peu plus loin, attendant que le Hokage fasse son discours, alors qu'un affrontement silencieux avait lieu. Shikamaru semblait comme pétrifié à cause de la scène se déroulant devant ses yeux, et il n'avait pas décroché un mot depuis que le copain de Temari avait interrompu toute procédure pour la prendre dans les bras. Ses poings blanchis par l'angoisse douloureuse, il ne quittait pas Temari des yeux, comme s'il n'était qu'un pion dans la grande machination de leurs vies. Il la fixait comme un fou, ne comprenait pas réellement ce qu'il venait de lui arriver. Si proche du but, et voilà qu'un obstacle se dressait à nouveau sur sa route. Il avait l'impression de se battre contre le vent de Suna, comme un élément invisible, qui l'empêchait de s'approcher de celle qu'il désirait tant, qu'il avait pleuré, aimé, et tant rêvé. Il avait réussi à enfin se faire une raison sur la nature dérisoire de son faux mariage. Il avait enfin décidé qu'il devait devenir acteur de sa vie, et voilà qu'il en devenait encore un spectateur dénué de tout pouvoir. Devant lui, se dressait un aperçu de sa vie, et de celle de Temari. Lui avec une bague brulante au doigt, sous les regards de tout son village, et la femme qui le troublait dans les bras d'un autre. L'ironie du destin semblait à nouveau se jouer d'eux. Il voulait contrôler les tremblements de terreur qui secouait son corps, et son coeur qui manquait d'exploser à la vue de cet homme qui lui avait volé Temari. Il s'agissait du même homme qu'il avait aperçu lors de sa visite à Suna, il y a deux ans. Il était donc resté aux cotés de Temari pendant les deux années où Shikamaru avait été marié. Et elle, elle était resté avec lui. Le coeur serré, Shikamaru continua d'assister à la cérémonie sans rien dire, en rassurant du regard ses deux meilleurs amis qui le fixaient un peu plus loin inquiets de son mutisme. Il devait faire bonne figure devant son village, et se montrer digne de la place que le Hokage lui avait confiée. Il ne pouvait pas laisser ses problèmes entacher la confiance qu'il y avait entre Kakashi et lui. Avec cérémonie, le corps raidi par la douleur, il se pencha pour saluer la délégation du sable et lorsqu'il sentit l'ombre des deux frères sur lui, il ne bougea pas d'un pouce.
« Bienvenue Kazekage, souffla-t-il d'une voix saccadée. »
Il n'eut pas aucune réponse de la part de Gaara, et quand il releva la tête, il croisa le regard froid du chef de Suna. Les deux hommes se fixèrent de longues secondes sans parler, attendant que l'autre baisse le regard, ou rompe ce silence. Ils se s'étaient pas revus depuis la rupture de Shikamaru et de Temari, et l'animosité irradiait du Kazekage. Shikamaru déglutit avec difficulté en voyant que Gaara n'avait aucune réaction. Il aurait préféré que Gaara le frappe, ou l'insulte, mais il se doutait que le Kazekage était trop intelligent pour réagir ainsi devant les autres villages. Cependant, en regardant discrètement, il fit la main de Gaara se serrer rapidement, avant qu'il ne tourne les talons pour saluer les autres conseillers. Shikamaru put respirer à nouveau, sentant la sueur froide couler le long de son dos, alors que son coeur battait de manière irrégulière. Il se rendit compte qu'en présence de Gaara, il était tétanisé comme un enfant qui avait fait une bêtise. Il avait peur du démon qui avait un jour pris l'apparence de Gaara, effrayé que ce même démon vienne le faire regretter les mots qu'il avait eu à l'égard de Temari. Il ferma les yeux en tentant de reprendre sa respiration, et calmer l'angoisse qu'il ressentait, mais la voix de Kankuro le tira hors de sa méditation.
« Je te vois t'approcher d'elle, tu meurs.
- Bonjour à toi aussi Kankuro, s'amusa Shikamaru.
- Epargne moi ce ton Nara, murmura Kankuro en s'approchant de lui, Gaara ne peut rien faire, mais moi je ne suis pas le Kazekage. Fait bien attention à toi. Je te vois la regarder, je te tue. Je me fiche de devoir justifier ta mort à ton village. ( Il se tourna vers Temari les bras ouverts ) Temari ma soeur chérie viens me dire bonjour ! »
Laissant le conseiller du Hokage dans un coin, reprendre ses esprits après ses menaces de morts, Kankuro s'approcha de Temari et son copain, pour la prendre dans les bras avec un grand sourire. Elle se faufila hors de l'étreinte de Satoru, et se coula dans les bras de son grand frère. D'abord tendue par l'étreinte de ce grand frère qui venait de parler à Shikamaru, elle se laissa aller, fermant les yeux, heureuse de retrouver un semblant de paix. Cependant, elle ne s'approcha pas de Gaara, mais l'implora du regard. Il ne lui rendit pas son regard, et continua à discuter avec les dignitaires des autres villages. Shikamaru fronça les sourcils en voyant cela, mais ne trouva pas la réponse à ses interrogations. Gaara avait toujours eu un réel attachement envers sa grande soeur, qu'il admirait en secret pour sa force et sa détermination. Ils avaient eu un lien presque maternel, car elle l'avait élevé étant la seule fille de la maison. Elle avait tenté de réparé les erreurs de leur père, et la douleur de leur mère partie trop tôt. Il avait toujours été très protecteur envers sa seule soeur, surtout lorsque Shikamaru lui avait brisé le coeur. Pour toutes ces raisons, le jeune homme ne comprenait pas que Gaara soit si détaché vis à vis de sa soeur. Mais il ne pouvait pas s'approcher ni de l'un ni de l'autre pour en savoir plus. Il ne pouvait pas compter sur l'aide de Kankuro non plus. Gaara était allé discuter avec Naruto et Hinata plus loin, et semblait très heureux de les retrouver, malgré le fait qu'il n'aimait pas montrer ses émotions. Lui et le jeune shinobi étaient devenus très proches avec les années, et Shikamaru pouvait l'entendre annoncer au Kazekage la grossesse d'Hinata d'un air enjoué. Les amitiés qui s'étaient liés sur le champs de bataille semblaient toujours très fortes alors que les années filaient. Naruto et Gaara s'étaient connus enfants, et à présent, ils étaient deux des shinobis les plus forts, et les plus déterminés. Ensemble, ils avaient réussi à devenir de grands leaders, et Shikamaru qui avait été le second de Gaara pendant la Guerre était très fiers d'avoir été le témoin de leur chemin. Kakashi ordonna à Naruto de garder sa grande nouvelle pour plus tard, et les conseillers du Hokage firent taire la foule. Prenant une grande inspiration, et d'un air endormi, le chef de Konoha s'avança alors que les autres se tenaient droits derrière lui.
« Les délégations sont maintenant arrivés dans notre village. Je déclare donc officiellement le début de ces célébrations. Prenez ce temps de joie, de bonheur, de liesse et méditez sur les pertes que nous avons subies pour cette paix. Nous avons tant perdu, mais à présent les enfants de Konoha peuvent vivre en sachant qu'ils grandiront dans des villages heureux, et unis. Nous ne sommes plus de multiples nations, mais une grande nation et nous continuerons à nous battre pour garder cela. Et bien, je crois que je n'ai plus rien à dire, profitez de ce temps pour festoyer ! »
La foule qui avait gardé patiemment le silence attendit les derniers mots du Hokage mal à l'aise de donner un discours devant autant de personnes, et en quelques secondes, il y eut des applaudissements, suivis de hurlements et d'acclamations. Puis, la foule se dispersa peu à peu pour festoyer dans les rues principales, ne fixant plus du regard les chefs des villages près du bâtiment du Hokage. Kakashi parut soulagé de ne plus avoir à parler devant les habitants, et avec discrétion il fit un signe à Shikamaru, qui s'avança pour le rejoindre.
« Merci pour ce discours Shikamaru, ca m'a beaucoup aidé, lui dit-il, Tu vas bien ?
- Pourquoi n'irai-je pas bien ? »
Son supérieur le regarda sans répondre, fixant son conseiller qui passait d'une jambe à l'autre l'air embarrassé d'être questionné sur sa vie privée par le grand chef du village. Haussant les épaules, Kakashi lui pressa simplement l'épaule de la main, offrant sous soutien sans en discuter. Puis, il invita les délégations de le suivre dans un bâtiment où ils pourraient se retrouver et festoyer. Il avait été décidé que les longues réunions lors du conseil des Kages viendraient plus tard. Pour l'instant, ils étaient juste épuisés par le voyage et rêvant de simplement s'assoir, et boire un rafraîchissement. Les 11 célèbres shinobis de Konoha accompagnés par certain de leur moitié, rejoignirent les chefs des villages dans la salle qui avait prévu à cet effet. Sur le chemin, Shikamaru les laissa partir devant, et ruminant son malheur, il s'alluma une cigarette en tentant d'oublier que Temari était entre ce Satoru et Kankuro devant. Obsédé par la jeune blonde, il en avait oublié sa femme, et ses parents qui le hélèrent avec force avant qu'il ne parte avec les délégations. Surpris, il se retourna pour voir son père, aidé par sa mère, s'avancer vers lui, alors qu'Hisae lui souriait avec gentillesse.
« Ca va fils ? demanda Shikaku, On ne voyait pas très bien avec la foule.
- Ne t'inquiète pas papa. Tout va bien, insista Shikamaru, Ta jambe va bien ?
- Il peut bien rester debout ! dit Yoshino en fusillant son mari du regard, Il n'avait qu'à prendre la tisane curative que Sakura lui a prescrit.
- Galère, soupirèrent les deux hommes Nara en même temps.
- Nous pensions aller faire un tour dans le village pour profiter des célébrations Shikamaru, sourit Hisae, Je suppose que tu ne peux pas venir avec nous.
- C'est la galère mais je dois suivre le groupe. Je ne suis pas sure que vous allez aimer ce genre de moments. Ils vont boire, et jouer à qui a les meilleurs shinobis. On dirait des enfants à un concours.
- Va faire ton travail de conseiller fils, intervint Shikaku, et si tu veux nous rejoindre après nous sommes là.
- Je n'y resterai pas longtemps. Je viendrai avec vous dès que j'ai salué les délégations et but un verre symbolique avec eux.
- Hey Shikamaru ! hurla Naruto avec les autres shinobis un peu plus loin, Tu viens ! On t'attend ! »
Le jeune homme fusilla son ami du regard, le voyant tout sourire lui faire de grands signes de la main, avant que les autres shinobis lui disent d'arrêter, sans vraiment que le petit blond comprenne qu'il dérangeait Shikamaru. Ce dernier croisa le regard de Temari, et les yeux verts qu'il désirait tant le rendirent fou. Sans vraiment penser à ce qu'il allait faire, il se tourna vers sa femme, et la prit dans les bras rapidement provoquant la surprise chez Hisae. Et dans une fougue de jalousie, et de rancoeur, il embrassa sa femme avec ardeur, comme il ne l'avait jamais embrassée. Il voulait dans ce baiser, faire fondre sa culpabilité, et la jalousie angoissante qu'il ressentait quand il voyant Temari dans les bras d'un autre. Il avait envie de devenir fou, de l'enlever à cet homme qu'il ne connaissait pas. Il avait envie que tout s'inverse, que celle qu'il était en train d'embrasser avec passion se transforme en une belle blonde aux yeux verts. L'affection qu'il portait à sa femme n'était en rien comparable à l'envie que provoquait en lui Temari. Il savait ce qu'il voulait, et arrivait encore à se perdre dans ses sentiments. Il sentit que dans ses bras sa femme était perdue, mais il devait avouer, que sa folie, le faisant aimer le fait qu'elle soit aussi perdue qu'il l'était. Il ne voulait pas être seul dans sa démence. Frissonnant à cause des lèvres de Hisae sur les siennes, il trembla pensant qu'il blessait par cette simple action deux femmes qui faisaient parties de sa vie. Puis, il coupa court au baiser avec un sourire forcé, et salua sa famille avant de rejoindre ses amis. Sur le chemin le séparant au reste du groupe, il prit une autre cigarette, et souffla le nuage de fumée, avant de planter ses yeux dans ceux de Temari avec une insolence non dissimulée.
La jeune fille le fusilla du regard, et prenant la main de son compagnon, partit plus loin rapidement, sans dire un mot. Heureux de sa bêtise, Shikamaru s'accorda un sourire en suivant les délégations, avant de recevoir un coup sur l'épaule. Se tournant, il vit qu'Ino le regardait les bras croisés, l'air énervé. Soupirant, il fuma tout en regardant au loin, sans s'arrêter de marcher.
« Quoi ? lâcha-t-il nonchalamment.
- C'était quoi ce coup avec ta femme là !
- Ino, tu as Sai. Tu sais les grandes personnes, elles s'embrassent.
- Arrête de faire l'idiot ! Je te connais tu n'oses même pas embrasser ta femme en public et là tu nous fais le spectacle juste quand Temari ramène son copain.
- Ca n'a rien a voir, grinça le garçon.
- Pourquoi tu me mens ?
- Ino où veux tu en venir exactement ?
- Tu fais le con Shikamaru, vraiment. Tu blesses Hisae en essayant de rendre jalouse Temari.
- J'ai juste embrassé ma femme, cracha Shikamaru, Tu fais des conclusions toute seule. Va donc voir ton copain, et laisse moi tranquille.
- Très bien, murmura-t-elle, Continue à te battre contre la situation seul, et à pousser tes amis hors de ta vie.
- Ce n'est pas…
- Je vais voir Sai. »
Il regarda sa meilleure amie partir pour voir son copain, et se dit qu'il n'était qu'un idiot. Regardant le ciel, où il espérait avoir une aide spirituelle de son mentor, il pria pour qu'on le sorte de cette situation. Chaque action qu'il faisait, le plongeait peu à peu vers la destruction de tout ce qu'il avait construit. Il avait l'impression que quand Temari était à ses cotés, il perdait toute réflexion, et agissait comme un enfant insolent et arrogant. D'abord ses parents, puis Naruto, et maintenant Ino. Il arrivait avec ses bêtises à tous les éloigner de lui, alors que la solitude le pesait de plus en plus. Il sentait les crocs de cette solitude le blesser peu à peu alors qu'il n'arrivait plus à respirer. Au fur et à mesure que la situation empirait, il perdait le contrôle des choses. Il n'était qu'un idiot qui tentait de sauver une relation qui n'était que condamnée à mourir. Il souffrait tellement qu'il n'arrivait plus à réfléchir avec d'agir. Il avait besoin d'une aide. N'importe quelle aide. Il fallait que les choses s'améliorent. Il ne pouvait pas continuer à survivre dans ce monde.
Arrivé dans la salle de la réception des délégations, Shikamaru alla s'isoler dans un coin. Il vit du regard que Kankuro lui faisait des signes de menaces de morts, et croisa aussi le regard froid de Gaara. Ecrasant sa cigarette, il alla chercher un verre au bar, et sans vraiment grande conviction, il discuta avec les conseillers de la Mizukage. Il devait assurer sa fonction de conseiller, et non agir comme un idiot égoïste. Malheureusement, il ne pouvait s'empêcher de regarder au loin Temari dans les bras de Satoru, parler avec ses amis. Les choses s'étaient inversées il semblait. Temari qui avait été la nouvelle du groupe, l'étrangère de Suna, était à présent souriante, dans le groupe des amis de l'Académie. Et Shikamaru, qui avait énervé la moitié par son attitude arrogante, était seul dans un coin. Elle semblait attirer son regard peu importe ce qu'il faisait. Il se souvenait du temps où elle l'avait accompagné à ces réceptions mondaines. Qu'il avait été fier de l'avoir à son bras, et de pavaner avec sa compagne si belle, si intelligente. Il avait eu la chance d'être aimé et accompagné par la grande princesse de Suna, et il avait montré son bonheur à tout ceux qui l'entouraient. Ils avaient fait figure d'un couple solide lors de ces réceptions, et ils avaient été l'icône de la nouvelle paix durement payée lors de la Guerre. Il aurait souhaité être à ses cotés, auprès de leurs amis, dans cette ambiance de joie. Mais il était seul, à discuter presque machinalement avec les dignitaires, pour continuer à jouer un rôle malgré tout. Voyait-il que ses interlocuteurs avaient très bien compris le petit manège qui se déroulait sous leurs yeux, alors que le regard de Shikamaru était fixé vers la belle blonde quand il leur parlait ?
Après quelques longues minutes, alors que les autres avaient envahi la piste de danse, et qu'ils discutaient avec entrain, Shikamaru alla s'assoir sur une des tables, et observa les participants de la réception. Il remarqua que Kakashi n'était toujours pas parti, et se forçait à rester pour prouver qu'il croyait en cette réunion des Kages.
« Tu t'ennuies Shikamaru ? »
Choji s'installa à ses cotés, une assiette assez fournie dans les mains, qu'il montra à son meilleur ami pour qu'il se serve. Le jeune homme lui fit un sourire un peu forcé, mais piocha dans son assiette pour lui faire plaisir.
« Il faut dire que cette réception est une galère…
- Tu trouves tout galère Shikamaru, lui sourit Choji, Moi j'aime bien. Il y a Karui, mes amis, et tout le monde. Comme pendant la Guerre.
- La Guerre n'était pas un super moment Choji…
- On était tous ensemble au moins. Maintenant, on a tous des vies différentes. On a jamais le temps de se voir.
- C'est vrai… Mais on s'est vu à la fête de Kiba !
- Ca a mal fini entre Temari et toi à cette soirée. Je n'aime pas trop quand il y a cette ambiance.
- Moi non plus Choji, soupira Shikamaru, Moi non plus. »
Approchant son verre de ses lèvres, il s'aperçut qu'il n'y avait plus rien à l'intérieur, et avec un soupir, il le posa sur la table. Pendant que son ami fixait la salle avec un éternel sourire heureux, Shikamaru jouait avec le briquet dans ses mains. Dès fois, il pouvait regarder ce même briquet pendant ses heures, s'étonnant de chaque rayure, de chaque endroit sali par le temps. Cela lui rappelait qu'il n'avait pas vu Kurenai aux célébrations. Il aurait aimé la voir, avec Mirai, pour passer un moment avec elles. La petite Mirai adorait voir le village, et y courir sous le regard protecteur de sa mère. Il se souvenait que lorsqu'il était jeune, il avait souvent vu son maitre s'éclipser pour aller se balader avec Kurenai, car elle adorait parcourir le village. A l'époque, il ne s'était pas douté de la vraie nature de ce qu'il avait considéré être un flirt. Tout comme son petit jeu avec Temari était passé pour de la franche camaraderie. Pour Asuma et Kurenai, personne ne s'était douté qu'ils étaient déjà dans une relation sérieuse, qui avait donné une magnifique petite fille. Peut être que si Asuma était resté en vie, Shikamaru aurait pu assisté à son mariage. Peut être aussi qu'Asuma aurait été là pour le sien. Il avait eu ses parents et ses amis, ainsi que Kurenai, mais l'absence d'Asuma le pesait. Peut être lui aurait il dit qu'il faisait une bêtise, et qu'il aurait du réfléchir et trouver une solution au problème de sa famille sans se marier avec la fille de la famille à qui ils devaient de l'argent. Il l'aurait certainement aiguiller avec un sourire, et une tape sur le dos, avant de fumer sa cigarette, et de lui dire que tout allait bien se passer. Il aurait eu besoin de ses précieux conseils. Comme il en avait besoin à present.
« Tu es très triste Shikamaru, lâcha Choji sans quitter la piste de danse des yeux.
- Comment ça ?
- Depuis que Temari est revenue, des fois tu es très heureux, puis après je vois que tu es triste. Je n'aime pas non plus quand tu es comme ça.
- Ne t'inquiète pas. Ca va aller. Elle repartira bientôt.
- Et tu veux qu'elle reparte ?
- Je… Ce n'est pas la question.
- Tu devrais te la poser cette question Shikamaru. Dans quelques jours, elle sera partie à nouveau. »
Shikamaru ne répondit pas se contentant de marmonner quelque chose à lui même. Son meilleur ami le connaissait que trop bien. Il avait toujours eu le don de savoir quand quelque chose n'allait pas chez Shikamaru. Et là, il savait que la situation travaillait le jeune homme, au point qu'il s'enfonce dans une tristesse déplorable qu'il tentait de masquer aux yeux du monde. Mais qui apparemment ne pouvait être cachée du regard de Choji. Depuis qu'ils étaient petits, Choji avait toujours été à ses cotés, et même si Shikamaru passait plus de temps avec Naruto depuis la Guerre, à chaque fois qu'il voyait Choji, ce dernier avait toujours les mots justes. Il savait ce que ressentait Shikamaru avec une incroyable précision. Le jeune Nara n'aimait pas qu'on lui donne des conseils sur sa relation avec Temari, et c'était exactement pour cela qu'il les cherchait en la personne d'Asuma. Il savait qu'il n'aurait aucune réponse, alors il pouvait continuer à enchainer des bêtises sans vraiment assumer ce qu'il faisait. Mais se confier à ses amis, bien présents avec lui en ce moment, c'était affronter les critiques de ses actions, et dans son arrogance, il ne le voulait pas. Il ne répondit pas à Choji, et le silence s'installa pendant quelques minutes où son meilleur ami garda un grand sourire optimiste, alors que Shikamaru ruminait dans son coin.
« Tiens, dit Choji en se levant et en reposant l'assiette. Je te laisse. J'ai promis de danser avec Karui. »
Shikamaru n'eut pas le temps de relever yeux et de remercier Choji pour sa douceur et sa présence, qu'il était déjà parti en direction de sa compagne. Ses yeux balayèrent la pièce pour apercevoir que Temari n'était plus avec son copain mais en train de discuter avec Sakura, et qu'elle avait l'air soucieuse. Ne pensant pas à ce qu'il allait faire, il reposa son verre, et fonça vers elle sans vraiment se soucier d'attirer l'attention de ses deux frères. Il savait que Kankuro ne le lâchait pas du regard, et il déglutit avec difficulté en pensant qu'il allait signer son arrêt de mort dans quelques instants. Il arriva devant une Sakura et une Temari étonnée de sa présence, près d'elle et dans un souffle murmura :
« Je t'emprunte Temari quelques minutes Sakura.
- Mais …
- Elle revient tout de suite. »
Attrapant avec douceur, mais empressement le bras de Temari, il la mena vers la piste de danse, sans qu'elle ne puisse refuser. Il savait qu'elle était au courant que tout les regards étaient braqués sur eux, et qu'elle ne pouvait pas le repousser de peur que cela fasse un incident diplomatique. Elle ne pouvait pas réagir, pour ne pas attirer encore plus l'attention sur eux, mais peut être ne le voulait pas. Il s'aperçut qu'elle tremblait un peu, et qu'elle semblait perdue, mais il mit ça sur le compte de son action rapide, et injustifiée. Arrivés sur le piste de danse, il la serra contre lui, et commença à l'entrainer dans cette danse lente et douce, qui semblait les apaiser dans leur tourmente.
« Tu joues à quoi Shikamaru ? murmura-t-elle.
- De quoi parles tu ?
- Toi et la discrétion ca fait deux. Pourquoi tu fais ça ?
- J'avais envie de te parler.
- La conversation ca finit toujours mal avec nous. Tu ne pouvais pas faire ça à un autre moment. Pas ici. Pas comme ça.
- Tu es galère comme femme. »
Elle frissonnait à son contact, alors que leurs deux corps s'effleuraient brulant à ce contact si discret et pourtant si intense. D'abord tendue, tremblante comme une feuille, son corps se relâcha, et elle laissa Shikamaru les guider.
« Tu crois que je n'ai pas vu ton petit manège avec ta femme ? murmura-t-elle en serrant les dents.
- De quoi est ce que tu parles ?
- Tu penses vraiment que ca va marcher sur moi ? Tu crois que te voir dans les bras d'une autre ca va me punir pour Satoru ?
- C'était pas exactement le message, mais je suppose que oui ca marche.
- T'es qu'un con !
- Et pourtant, tu meurs de jalousie à cause de ma femme.
- C'est faux et tu le sais.
- Temari, pourquoi tu ne vas pas voir ton copain au lieu de venir me casser les pieds avec ma femme. Il a l'air si génial.
- Ne commence pas Shikamaru.
- Tu veux que j'aille lui dire pour nous ? Je suis sur qu'il sera heureux de l'apprendre ?
- Baisse d'un ton ! l'intimida la jeune fille."
S'apercevant qu'elle tremblait de plus belle, il souffla simplement :
« Désolé. Dansons juste »
Ils continuèrent néanmoins à danser, écoutant la douce musique les berçant, oubliant tout ce qui se trouvait autour d'eux, oubliant que tout les regards semblaient braquer sur eux. Peu à peu, Temari arrêta de trembler, et avec discrétion se rapprocha de Shikamaru, se détendant à son contact. Avec un petit sourire, elle l'observa avant de dire dans un murmure :
« Tu n'es pas si mauvais danseur.
- Je me suis entrainé avec Ino.
- Pour quelle occasion ? demanda Temari en tentant de cacher la pointe de jalousie dans sa voix.
- Peu importe Tem, c'était il y a longtemps.
- Si on m'avait dis que ma première danse avec toi, ca serait dans ces conditions, j'aurais sans doute rigolé.
- Comme tu dis. Continue de sourire, ils pensent que je fais ça par politesse.
- Tu ne le fais pas par politesse ? »
Le jeune homme sourit pour la première fois depuis qu'il avait vu le copain de Temari, et souffla :
« Je voulais t'avoir pour moi seul, avoua Shikamaru.
- Tu es stupide.
- Pourquoi tu ne m'as pas dis que ton copain arrivait ?
- C'est compliqué.
- Ca ne l'est pas pour moi. Et tu le sais.
- Ne commence pas cette conversation. Je croyais que tu avais dis qu'on dansait juste.
- D'accord… D'accord… »
Le silence s'installa encore entre eux alors qu'ils plongeaient dans les yeux de l'autre. Elle semblait si frêle dans ses bras, comme s'il ne dansait pas avec le grande princesse du désert. Depuis que son copain était arrivé, il ressentait un mélange de jalousie et d'ardente rage. Il voulait avoir le courage de la laisser partir, de comprendre que ce n'était pas possible, de se dire qu'ils étaient tout les deux avec des personnes qui les rendaient heureuses, et qu'ils allaient blesser. Mais dès qu'il la voyait, il ressentait le besoin d'être avec elle, d'entendre sa voix, de sentir son coeur battre quand elle lui souriait, d'écouter son rire. Même s'ils se disputaient à chaque fois qu'ils s'adressaient la parole, il adorait ses moments où il lui semblait qu'ils étaient redevenus comme avant. Il n'avait pas la force de la laisser partir. Il voulait rester avec elle pour toujours. Chérir tout ces moments même s'il devait pour cela danser devant son copain, et ses frères, et de ce fait, manquer de créer un incident diplomatique. A cet instant, il ne pensa pas à ça. Il se contenta de danser avec celle qui était entré dans son coeur comme une tornade, tentant de ne pas laisser ses pensées se transformer en paroles. Il ne voulait pas ruiner ce moment alors il se retint de lui parler une nouvelle fois de son copain, qu'il aurait eu envie de réduire en cendres avec un regard. Il était partagé entre rester sagement à danser avec elle, et devenir ce connard égoïste, et jaloux qu'il était intérieurement. Elle aurait pu être là avec lui. Cette danse qui était leur première aurait pu être la consécration de leur relation, et non le seul moyen qu'ils avaient d'être ensemble sous le feux des projecteurs. Avant Shikamaru avait toujours dis qu'il ne dansait pas. Quand ils étaient encore ensemble, il avait toujours refusé de se joindre à cette foule, ne comprenant pas l'utilité de la danse, trouvant cette activité galère. Mais un jour, il avait appris que Temari adorait danser, passion qu'elle tenait de sa défunte mère, et que secrètement, elle aurait voulu pouvoir partager une seule danse avec l'homme qu'elle aimait. Shikamaru avait donc demandé à Ino de lui apprendre quelques pas, pour que le jour J il ne passe pas pour un idiot. Il avait toujours pensé que la première fois qu'il l'amènerait sur la piste de danse, ca serait avec cérémonie, peut être le jour de leur mariage. Voilà qu'à présent, il devait se faire discret pour la voler quelques instants à un autre, la forçant presque à le suivre. Ils jouaient avec le feu dans ce slow dangereux, et ils en étaient conscient. Mais au fur, et à mesure qu'ils s'approchaient de la fin de la musique, c'était comme s'ils manquaient d'air. Comme si la simple idée de quitter l'autre, de retourner à leur réalité brisait peu à peu la bulle de rêve qui s'était formée autour du couple dansant. Ils savaient très bien que toute la salle les connaissant, et épiant leurs moindres gestes, pourtant lorsque la fin de la musique arriva bien trop tôt au gout de Shikamaru, Temari profite d'un mouvement de foule de la part de nouveaux danseurs, et attira son amant vers elle, pour l'embrasser à la commissure des lèvres, avant de repartir en vitesse vers Sakura.
Choqué par son geste, le jeune homme resta quelques secondes sur le piste de danse avant d'en être chassé. Il savait que personne n'avait pu percevoir ce geste vif et discret, mais pour lui, c'était un message qu'elle voulait lui transmettre. Il n'en connaissait néanmoins pas le contenu, mais ce baiser furtif avait apaisé pour quelques secondes son âme. Tranquillement, il alla au bar tenu par des Jonins de Konoha, pour se resservir, et tenter de comprendre pourquoi Temari, qui avait pourtant un copain, qui lui reprochait de jouer avec sa jalousie, qui lui avait dis que leur relation n'était pas possible, manquerait de se faire voir à embrasser ne serait ce que la joue de son ex-compagnon. Le comportement de la jeune fille ne semblait à Shikamaru n'avoir aucune logique, et il fronça les sourcils en réfléchissant à une possible interprétation de ce baiser.
« Je t'offre un verre ? l'interpella une voix près de lui.
- Non, ca va merci, marmonna-t-il toujours dans ses pensées »
L'homme qui venait de le rejoindre sourit, et commanda un verre, avant de forcer Shikamaru à trinquer avec lui. Ce fut à cet instant que le jeune homme comprit qu'il se trouvait en face du copain de Temari, tout souriant et avenant. Mal à l'aise Shikamaru fit mine de sourire, avant de faire semblant de partir, mais Satoru fut plus rapide et entama la conversation :
« Alors je t'ai vu danser avec ma copine …
- Oh, dit Shikamaru embarrassé, Ce n'était qu'une danse. Je ne …
- N'ai pas peur l'ami. Elle a le droit de danser avec qui elle veut. Je ne peux pas l'empêcher de reconnecter avec ses vieux amis de Konoha.
- Certainement.
- J'ai oublié de me présenter je suis bête, dit le jeune homme, Je m'appelle Satoru.
- Nara Shikamaru.
- Ah le fameux conseiller du Hokage ! Il parait que tu es très intelligent. Gaara m'en a parlé.
- Le plus grand stratège, précisa Shikamaru qui n'aimait pas le ton que Satoru prenait avec lui.
- C'est bien… C'est bien… Apparemment Suna préfère la force à l'intelligence pour ces conseillers.
- Temari est quelqu'un de très intelligent. Ses frères l'ont placée à cette position pour une raison.
- Ma Temari ? s'étonna Satoru avant de partir dans un rire puissant, Elle n'est plus conseillère. Elle m'a cédé sa place. Tu sais les femmes et ce genre de postes… »
Il donna une grande claque dans le dos de Shikamaru qui manqua de renverser son verre, pétrifié par ce qu'il venait d'entendre. Ce grand gaillard, au sourire immense, aux yeux d'un gris acier, masquer par des cheveux bruns décoiffés était le conseiller de Gaara ? Mais Temari avait toujours occupé ce poste, et c'était d'ailleurs pour cela qu'elle était venu à Konoha avant la délégation. Deux ans auparavant, il avait lui avait été interdit d'entrer dans le village du sable à cause du conseiller. Shikamaru avait pensé qu'il s'agissait de Temari qui avait demandé à ses hommes d'attraper, ou tuer Shikamaru s'il posait un pied dans le village. Il avait pensé que les menaces de mort qu'il avait reçues étaient de la part des deux frères, mais aussi de leur conseillère Temari. Mais à présent, il s'apercevait que ce Satoru était le conseiller, celui qui lui avait interdit l'accès au village. En un regard, il vit un éclair dans les yeux gris de Satoru, et comprit que le jeune homme savait très bien à qui il parlait. Mais avant que Shikamaru ait pu s'enfuir pour éviter cette conversation embarrassante, Satoru lui sourit en lançant :
« De plus, elle t'a sans doute parlé de moi.
- Comment ça ?
- Nous allons nous marier. J'espère qu'elle t'a invité au moins ! »
A la semaine prochaine tout le monde ! :)
