Titre : L'Arme et l'Outil
Auteur : Sigognac
Genre : Romance (Yaoi)
Rating : M
Disclaimer : Les personnages et l'univers du manga Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto.
Note : C'est un Kakairu, autrement dit relations sexuelles / amoureuses entre deux beaux ninjas mâles : vous êtes prévenus !
Bien, comme il est vrai que le dernier chapitre en date était assez frustrant (et fait pour ça), je publie la suite dès cette semaine. Faut dire aussi que les vacances de noël arrivent, que tout le monde va se barrer à droite à gauche et que c'est jamais évident d'écrire pendant cette période. Bref, il n'y aura donc pas d'autre publication avant la rentrée de janvier. Je vous souhaite par conséquent de très bonnes fêtes de fin d'année et rendez-vous pour la suite en 2013 !
Chapitre 9 : La goutte d'eau
Iruka vivait dans un petit appartement de fonction. En tant qu'orphelin célibataire, simple professeur d'académie, il ne gagnait pas grand-chose et son logement ne payait donc pas de mine.
Kakashi avait gravi sans problème les deux étages qui le séparaient du balcon du chuunin.
Quelque chose lui disait que s'il avait simplement sonné à la porte, on ne lui aurait pas forcément ouvert. Il avait attendu la nuit : plus de chance qu'Iruka soit chez lui, moins de chance d'être vu par des curieux.
Atterrissant sans mal sur la rambarde du balcon, Kakashi put apercevoir l'intérieur de l'appartement à travers les rideaux de la porte-fenêtre. C'était petit : un salon bien rangé mais un peu trop envahi par les livres, une minuscule cuisine aménagée, un large lit défait… Le logement n'était qu'un studio à vrai dire, et outre l'entrée, il n'y avait qu'une seule porte fermée qui devait mener à la salle de bains. Au centre, Iruka était là, attablé à un bureau lui-même placé contre le mur en face de la fenêtre. Une tasse fumante à ses côtés, il semblait écrire de manière frénétique. Sa petite couette bougeait à chaque mouvement de sa tête.
Kakashi resta quelques secondes à l'observer. Depuis son retour, il avait été obsédé par l'idée de le revoir mais, à la vérité, il ne savait pas bien ce qu'il allait lui dire. Il n'était même pas sûr de ce qu'il voulait lui-même. Mais, après tout, Iruka avait toujours été quelqu'un de bien plus sociable que lui. Avec un peu de chance, il prendrait la conversation à son compte et le jounin n'aurait qu'à se laisser porter.
La fenêtre était verrouillée par un sceau mais ce fut un véritable jeu d'enfant pour le briser. Il poussa délicatement l'ouverture écartant du même coup les rideaux. Iruka ne bougea pas même si, en bon ninja qu'il était, il avait forcément remarqué ce qui était en train d'arriver. Le balcon était légèrement surélevé par rapport à la fenêtre, formant une sorte de marche. Kakashi s'y installa, n'osant pas envahir trop franchement l'espace du chuunin. Croisant ses mains sur ses genoux, il espéra vainement qu'Iruka parle le premier mais seul le léger bruit du stylo sur le papier se faisait entendre. Iruka n'avait même pas cessé d'écrire, c'était comme le jounin était transparent.
« Est-ce que vous m'évitez ? »
Kakashi fut surpris du ton craintif qu'il reconnut dans sa propre voix.
Il entendit distinctement le chuunin soupirer.
« Laissez-moi une minute, j'aimerais terminer ce que je suis en train de faire. »
Le jounin acquiesça tout en sachant que l'autre, dos à lui, ne pouvait pas le voir.
Il regarda encore un peu la couette d'Iruka se balancer en l'air, découvrant sa nuque bronzée et il eut soudain très envie d'embrasser son cou. Il avait beaucoup fixé sa nuque quand il lui avait fait l'amour la dernière fois.
Il se leva soudain, ne supportant plus la distance qui les séparait, il parcourut les quelques mètres entre les deux murs et vint appuyer ses fesses contre le bureau d'Iruka-sensei. Il le regarda faire de plus près, admirant l'écriture souple qu'il discernait sur les quelques copies à proximité. Il aimait la manière dont sa plume bougeait sur le papier et les doigts fins qui enserraient le stylo. Il aurait tellement aimé qu'Iruka le touche ainsi…
Il se détourna, légèrement honteux : même son écriture lui donnait envie de lui maintenant. La tasse de thé encore chaude était à portée de main et Kakashi se demanda à quel endroit le chuunin avec posé ses lèvres pour boire, il pensa qu'il aurait aimé être cette tasse juste un instant pour être touché et caressé et un léger frisson le parcourut.
Iruka reboucha soudainement son stylo, sortant du même coup Kakashi de ses pensées douteuses. Le chuunin rangea soigneusement la copie terminée sur un tas de papiers déjà conséquent. Ses yeux se posèrent alors sur Kakashi au-dessus de lui.
« Vous voulez quoi ? », demanda-t-il, impatient.
Les mains de Kakashi, qui avaient un peu vagabondé sur le bureau, se reposèrent timidement sur ses cuisses.
« Vous n'avez pas voulu parler la dernière fois et depuis, vous m'évitez. Je ne veux pas que les choses soient bizarres entre nous. »
« Oh ? interrogea Iruka, amer. Parce que ça n'a pas toujours été bizarre entre nous, peut-être ? »
« Apparemment, vous êtes en colère après moi, constata le jounin, et je trouve ça assez injuste. La dernière fois, je n'avais rien demandé et… »
« Et là, vous n'êtes pas en train de demander, peut-être ? », coupa Iruka de plus en plus lapidaire.
« Je voudrais juste qu'on discute. »
« Qu'on discute ? »
Iruka se leva, poussant sa chaise en arrière.
« Donc, si je baisse mon froc, là, maintenant, vous n'allez pas me sauter dessus ? »
Le chuunin ne fit qu'effleurer sa ceinture et déjà, Kakashi sentait son bas-ventre s'échauffer. S'il ne voulait pas passer pour le dernier des porcs, il devait se tirer de là.
« A l'évidence, je n'aurais pas dû venir. C'était une erreur. »
Il retourna à la fenêtre avec précipitation mais déjà, son cerveau fonctionnait à toute allure et lui rappelait les cuisses musclées du chuunin entrevues pendant leur précédente étreinte ainsi que le petit cul rebondi. L'idée que l'autre enlèverait son pantalon sur sa simple demande le poursuivait et alors qu'il arrivait au balcon, il s'arrêta. C'était de nouveau le moment de choisir. S'il partait, il ne reverrait peut-être pas souvent le chuunin mais il pouvait espérer conserver son estime. S'il restait, l'autre céderait mais il lui en voudrait probablement à jamais car, contrairement à la première fois, le chuunin n'avait rien proposé.
Son hésitation ne dura pas longtemps, son envie d'Iruka était trop forte. Il était faible et il savait que c'est ainsi que l'autre le jugerait.
« Fermez les yeux. »
Le chuunin, à la seconde où Kakashi s'était arrêté en marche, avait compris. Et il n'avait aucune intention de lutter contre les pulsions du ninja copieur. Il fit ce qu'on lui demandait, comme il le faisait toujours, comme le bon outil qu'il était.
Alors, Kakashi ne connut plus aucune limite. Il se jeta littéralement sur le chuunin, à sa merci. Il dévora ses lèvres offertes, il avait faim de cette bouche qu'il n'avait encore jamais possédée. Le baiser fut brutal, presque désespéré. La langue de Kakashi fit pression sur la lèvre inférieure du chuunin et celui-ci entrouvrit sa bouche car il savait que c'était ce que le jounin désirait. Kakashi prit complètement possession de lui, sa langue entrant profondément dans sa bouche. Iruka avait un petit goût de thé qui lui parut hautement symbolique. Ses mains encadrèrent bientôt son visage, l'une d'entre elles agrippa sa couette, toucha les cheveux épais et soyeux puis descendit jusqu'à sa nuque.
Déjà son pantalon se gonflait sous l'excitation et il ne résista pas à l'envie de serrer son bassin contre celui d'Iruka-sensei. Mais ce contact, trop trivial, provoqua chez le chuunin un réflexe de recul. Leurs lèvres se séparèrent et Kakashi remonta prestement son masque.
« Je sais que vous en avez besoin, se résigna Iruka, mais c'est moi qui mène la danse et quand je dis non, c'est non. On est d'accord ? »
Kakashi opina.
Le chuunin pointa son pantalon du doigt.
« Ne faîtes plus ça. Ça me gêne, okay ? »
Kakashi aurait dit oui à n'importe quoi, pourvu que le professeur se donne à lui. Iruka était accolé à son bureau mais le regard du jounin dériva jusqu'au large lit défait qui avait l'air moelleux. C'était un endroit conventionnel pour faire l'amour et Kakashi espérait que cela permette à Iruka de se détendre davantage et, pourquoi pas, de prendre du plaisir.
Iruka avait suivi le regard de Kakashi et avait très bien compris où il voulait en venir. Il montra clairement dans l'expression de son visage qu'il ne s'opposerait pas à son désir.
« Je vais enlever mes vêtements maintenant. »
Le jounin fit immédiatement un geste pour l'aider mais Iruka l'arrêta sèchement.
« Je sais encore me déshabiller tout seul, merci. »
Kakashi le regarda d'abord faire, Iruka faisait exactement comme la dernière fois, enlevant ses vêtements dans le même ordre et les rangeant tout aussi soigneusement. Puis, le jounin, frustré de ne pas pouvoir toucher le jeune homme, commença à se déshabiller de son côté. Ils étaient chez Iruka, aucun risque de se faire surprendre ou d'être interrompu. Ils avaient toute la nuit. Alors, le jounin pouvait bien se permettre d'être nu lui-même. Il voulait que leurs deux corps soient en contact, qu'il profite pleinement de la chaleur et de la douceur du chuunin. Lorsqu'il enleva ses sandales et se mit à baisser son pantalon, Iruka lui adressa un regard circonspect mais ne dit rien. Il se contenta de baisser les yeux pour ne pas le regarder et Kakashi trouva ça idiot. Cela ne le dérangeait pas du tout que l'autre l'observe, c'était même un juste retour des choses. Pourquoi était-ce toujours à Iruka de donner et à lui de recevoir ? Ne pouvait-on pas inverser un tout petit peu les règles de ce jeu bizarre ?
Les fesses d'Iruka furent bientôt visibles, seul son T-shirt persistait à recouvrir son torse alors qu'il avançait vers son matelas.
« Enlevez tout, demanda Kakashi, créant chez l'autre un temps d'arrêt. Même le T-shirt. S'il vous plaît. »
Iruka s'exécuta de mauvaise grâce puis se pencha en avant pour arranger son lit. Ses fesses s'écartèrent et Kakashi et son entrejambe ne ratèrent pas une miette du spectacle. Les draps du lit furent rejetés en arrière pour découvrir complètement le matelas. Iruka dégagea ensuite un des oreillers et plaça l'autre au centre du lit. Il s'y cramponna quand il s'allongea sur le ventre, écartant volontairement les jambes.
C'était loin d'être des plus spontanés mais Kakashi commençait à prendre l'habitude. Il ne lui restait plus que son caleçon à enlever et il le balança sur le sol avant de rejoindre Iruka-sensei.
« Je vais enlever mon masque alors, ne vous retournez pas, okay ? »
La tête d'Iruka, enfoncée dans l'oreiller, opina doucement.
Dès que les lèvres de Kakashi furent découvertes, elles se lancèrent à l'assaut du corps d'Iruka. Toute sa colonne vertébrale fut embrassée et mordillée jusqu'à cette fameuse nuque tant convoitée. Le chuunin se tortilla un peu, le dos toujours aussi crispé. Il ne semblait pas trouver les attentions de Kakashi très agréables. Le jounin chercha à passer ses mains partout sur son corps pour l'apaiser et même, éventuellement, dans le but de l'exciter un peu mais Iruka ne fit que se plaquer plus fortement contre son matelas.
« Vous pourriez pas accélérer le mouvement ? s'impatienta-t-il. On sait très bien comment ça va finir, de toute manière. »
« Si vous vous détendiez un peu, ce serait plus agréable pour vous. », suggéra l'autre, gentiment.
« Occupez-vous de vos fesses, répliqua le chuunin. Ou plutôt des miennes. »
Kakashi se résigna : on donnait difficilement du plaisir à quelqu'un qui n'en avait pas envie.
Mais au moins, il aurait aimé que ce ne soit pas douloureux pour lui et en restant aussi crispé…
Se serrant un peu plus contre son dos, Kakashi descendit ses mains sur le corps de son compagnon et se mit doucement à malaxer ses fesses sans oser encore entrer trop dans le vif du sujet.
« Tiroir. », grogna Iruka tout en faisant un vague mouvement de tête vers la table de chevet.
Kakashi s'allongea de tout son long sur lui, frottant timidement son bassin contre ses fesses. Tendant son bras, il parvint à ouvrir le tiroir demandé, farfouilla un peu et comprit vite ce qu'il fallait sortir. Il ramena l'objet vers lui pour l'examiner : c'était un tube de lubrifiant flambant neuf, jamais utilisé. Des dizaines de questions se bousculèrent dans l'esprit torturé de Kakashi. Iruka avait-il acheté ça parce qu'il se doutait qu'il allait venir ? Ou était-ce pour quelqu'un d'autre ? Un homme ? Une femme ? Flirtait-il avec quelqu'un ? Un quelqu'un qu'il connaissait ?
« Il vous faut un mode d'emploi ou quoi ?, râla le chuunin ramenant l'autre à la réalité. Dépêchez un peu ! »
Kakashi se mit sur ses genoux et ouvrit le tube. Il fit sortir une bonne dose de gel dans sa main. Il commença par l'appliquer sur lui, se caressant silencieusement d'une main tout en touchant le corps chaud d'Iruka de l'autre. Puis il s'occupa du chuunin, essayant d'être le plus délicat possible. Iruka avait la fâcheuse tendance de se contracter à chaque fois que leurs peaux entraient en contact. Le jounin ne fut pas avare en lubrifiant pour tenter de palier à ce manque d'envie plus qu'évident. Il voulait que le corps du chuunin soit le plus détendu possible mais il avait aussi envie de se donner l'illusion d'être désiré. Il voulait qu'il soit humide de l'intérieur comme une femme pouvait l'être. Les caresses durèrent longtemps. Une ou deux fois, Iruka probablement gêné par le processus, gigota sans se rendre compte qu'il ne faisait qu'exciter davantage son partenaire. Kakashi respirait fort, déjà, mais il cherchait à rester le plus silencieux possible pour ne pas effrayer le chuunin.
Quand il devint évident qu'Iruka ne pouvait pas être mieux préparé, Kakashi se remit à frotter son bassin contre lui et ne put s'empêcher de gémir sous la fulgurance du plaisir. Il avait rarement été excité comme ça… Et pourtant, il faisait tout le travail tout seul.
Il se tortilla un peu sur Iruka sans qu'il ne se passe grand-chose.
« Bon, vous y allez ? Ou quoi ? »
Kakashi se racla doucement la gorge sachant que sa voix allait être plus rauque qu'à l'accoutumée.
« Je… Hum… L'angle n'est pas bon… Il faudrait… Il faudrait que vous pliiez un peu vos jambes. »
La demande était alambiquée mais Iruka la comprit très bien.
« C'est votre manière à vous de me demander de me mettre à quatre pattes ? »
« Ouais. », concéda l'autre autant gêné qu'excité.
« De mieux en mieux. »
Le mépris était parfaitement perceptible dans sa voix. Il renifla fortement.
« Je vais le faire. Mais je vous interdis de me toucher, c'est clair ? »
Okay, pas de branlette, il avait compris.
Iruka se souleva, mettant ses fesses en arrière tout en écartant ses cuisses.
« L'angle est meilleur ? », interrogea-t-il, sarcastique.
Mais Kakashi ne répondit pas : voir Iruka s'offrir ainsi lui fit perdre les pédales.
Il s'empara de son bassin et le pénétra sans plus attendre. Un gémissement de pur plaisir s'échappa de ses lèvres alors qu'Iruka s'était crispé sous la surprise. Le jounin resta quelques secondes immobile, le temps de se reprendre, et en profita pour embrasser chaotiquement le dos et la nuque de son partenaire. Puis, il se mit à bouger très doucement et chaque avancée s'avérait être meilleure que la précédente. Iruka respirait fort, geignant un peu parfois. Kakashi cherchait à se partager, caressant le corps du chuunin tout en se donnant du plaisir à lui-même. Il aurait tellement aimé que l'autre se laisse aller, ressente ne serait-ce que le quart de ce qu'il vivait. Il faisait parfois légèrement pivoter ou reculer le bassin d'Iruka pour se donner l'impression qu'il participait à leur union et appréciait ce qui était en train de se passer.
Il tenta d'accélérer le rythme plusieurs fois mais la jouissance se faisait alors trop proche et il marquait immanquablement une pause, reposant plus fortement sur le corps d'Iruka-sensei et l'embrassant de plus belle.
Il n'avait pas l'habitude d'être très bruyant pendant l'amour, il donnait même parfois l'impression de n'être pas très impliqué dans ce qu'il faisait. Mais là, aucun contrôle sur ses sens n'était possible. Il gémissait comme un ado et il avait même éructé le prénom d'Iruka après un déhanchement particulièrement agréable.
C'était tellement, tellement meilleur que la première fois.
Petit à petit, il se laissa aller. L'excitation monta en lui et il perdit pied progressivement. Ses coups de rein se firent plus rapides et brusques alors que sa prise sur le chuunin se resserrait. Des sons sortaient de sa bouche sans qu'il cherche à les retenir. Iruka respirait très fort maintenant, résistant comme il pouvait aux charges du jounin. Quand il sentit la jouissance toute proche, Kakashi se serra plus fort contre lui, mordant sans même s'en rendre compte la chair tendre de son épaule. Iruka avait gémi faiblement, probablement de mécontentement mais le jounin décida de l'ignorer. De s'inventer une autre histoire. Après tout, ce gémissement d'Iruka pouvait très bien marquer son plaisir. Parfaitement. Il suffisait de s'en convaincre. D'imaginer qu'Iruka aimait ce qu'il était en train de lui faire mais qu'il cherchait simplement à ne pas le montrer. Il se mordait peut-être les lèvres pour rester silencieux, alors que son visage contracté respirait en fait l'extase. Kakashi ferma les yeux et visualisa sans peine les yeux humides du professeur et ses joues rosies par l'excitation. Il se persuada que le chuunin était comblé et qu'il l'implorait intérieurement de continuer, qu'il voulait qu'il se déhanche en lui comme jamais…
Ce fantasme qu'il se jouait dans sa tête accéléra l'arrivée de son orgasme. Il lâcha complètement prise, s'imaginant que sa jouissance était partagée au moment où il la ressentit. Il avait poussé un cri rauque, tout son être avait vibré d'une manière totalement incontrôlée et il s'était finalement écroulé sur le corps tremblant d'Iruka-sensei. La respiration de ce dernier n'avait jamais été aussi forte. On aurait dit qu'il sortait d'un combat. Et Kakashi aimait l'entendre respirer et comparer son rythme cardiaque au sien. C'était quelque chose qu'ils avaient en commun. Ils étaient tous les deux épuisés et qu'Iruka l'admette ou non, leurs corps avaient connu une communion physique des plus intimes. Combien de personnes pouvaient se targuer d'avoir possédé Iruka-sensei comme lui ? Il espérait presque être le seul.
Il était engourdi de partout. Il s'était donné, on ne pouvait pas prétendre le contraire. C'était à peine s'il savait encore qui il était. Le pied intégral.
Iruka remua doucement les fesses, ce qui donna à Kakashi un relent de plaisir. Il savait bien ce que le chuunin voulait. Il remit son masque, se retira avec précaution et s'écroula sur le dos auprès d'Iruka qui s'affaissa lui aussi. Ils étaient maintenant allongés tous les deux sur le lit, partageant la même couche. Kakashi saisit le deuxième oreiller qu'Iruka avait balancé par terre et le plaça sous sa tête. Il se tourna ensuite vers son partenaire et admira ce qu'il pouvait voir de son visage. Iruka, de nouveau allongé sur le ventre, était toujours fermement enfoncé dans son oreiller mais les cheveux défaits que le jounin discernait autour de sa tête lui donnaient un air négligé des plus attirants.
Il avait envie de le caresser encore, il avait envie de tendresse. Il hésita à tenter le coup mais il sentit que c'était peine perdue. Iruka le repousserait quoi qu'il se passe.
Alors, Kakashi n'avait plus qu'à profiter de cette paix intérieure qu'il ressentait, de la respiration encore saccadée d'Iruka-sensei. Il avait quelques secondes devant lui pour se faire croire qu'il n'était plus tout seul, qu'il était aimé par quelqu'un.
Bientôt, Iruka bascula sur le côté, montrant son dos au jounin. Il tendit le bras vers le tiroir de la table de chevet et en sortit un paquet de mouchoirs. Kakashi sut très bien ce qui allait se passer et détourna la tête. Il entendit rapidement le bruit d'une peau qu'on nettoyait.
« C'était vraiment très bon. »
C'était probablement déplacé de dire une telle chose mais Kakashi ressentait le besoin de parler, d'extérioriser les nouvelles émotions qu'il éprouvait.
« Je suppose que je dois prendre ça comme un compliment… »
La voix était neutre, presque trop. Iruka semblait feindre le détachement. Il s'était levé et venait de récupérer le lubrifiant pour le ranger soigneusement. Il avait remis son caleçon. Kakashi détailla chacun de ses muscles bronzés, le corps du chuunin parfaitement proportionné.
« Et vous êtes vraiment très beau. », affirma-t-il encore et il pensait sincèrement ce qu'il disait.
Iruka posa son regard froid sur lui.
« Vous devez encore être en train de planer pour me dire un truc pareil. »
Kakashi eut un petit éclat de rire.
« Complètement. Je plane complètement. A ce point, ça ne m'était pas arrivé depuis… Depuis très longtemps. »
Il s'étira un peu, s'installant plus confortablement sur sa partie du lit. Il se sentait incroyablement détendu. Iruka avait jeté un vrai regard sur lui. Au moment où il l'avait complimenté sur son physique, le chuunin avait laissé glisser ses yeux sur son corps nu. Iruka le trouvait beau aussi, il en était certain.
Étrangement, le chuunin semblait plus tranquille que la première fois alors Kakashi se dit qu'il ne perdait rien à tenter quelque chose.
« Est-ce que je peux… dormir ici, avec vous ? Il est tard, maintenant, et je ne vous… »
Kakashi ne termina pas son explication foireuse. A sa demande, le visage d'Iruka s'était fermé.
« Non. »
Les gestes d'Iruka devinrent plus brusques alors qu'il récupérait ses vêtements parfaitement pliés sur une chaise.
« Je vais aller prendre une douche et quand je sortirai, vous ne serez plus là. C'est clair ? »
Le jounin opina piteusement de la tête.
« C'est très clair, Iruka-sensei. »
Ça y était. Il ne planait plus du tout.
La porte de la salle de bain claqua et Kakashi, maintenant seul, se mit en position assise. Il trouva subitement l'appartement d'Iruka sombre et froid. Seule la lampe du bureau éclairait timidement la pièce mais c'était suffisant pour que Kakashi retrouve ses vêtements par terre. Il se rhabilla avec une vitesse folle comme il savait le faire en situation d'urgence.
Et le rejet d'Iruka-sensei était une situation d'urgence.
Il fit quelques pas dans la pièce alors que le bruit de la douche, atténué par la porte fermée, envahissait l'espace.
Mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Que lui était-il passé par la tête, au juste ?
Il se rassit sur le lit, sentant un fort sentiment de culpabilité peser sur son estomac.
Il n'avait pas été suffisamment dégueulasse la première fois ? Il fallait vraiment qu'il remette le couvert ? Il était venu pour parler, bon sang ! Pour parler !
Et ils avaient échangé quoi ? Une vingtaine de mots avant qu'il lui saute dessus ? Dans son propre appartement, l'endroit où tout ninja se sent le plus en sécurité, où il peut enfin baisser un peu sa garde… Non seulement il avait envahi son espace vital mais en plus, il l'avait souillé. Et voilà qu'il se mettait en tête de squatter pour la nuit ? Comme si Iruka-sensei n'avait pas suffisamment pris sur lui en le laissant poser ses sales pattes sur lui, en subissant ses caresses et ses assauts, il fallait en plus qu'il le supporte toute la nuit, dans sa propre chambre ! Il devait le dégoûter. Il se dégoûtait lui-même, d'ailleurs.
Il se leva, résigné, et avança silencieusement jusqu'à la porte de la salle de bain. Il se recoiffa plusieurs fois, ce qui était absurde, et s'éclaircit la gorge. Il frappa deux petits coups timides sur la porte mais cela suffit à faire baisser le débit de l'eau. Iruka avait entendu.
« Je m'en vais, Iruka-sensei. Je… je m'excuse pour tout ce que je vous ai fait subir. Vous êtes vraiment quelqu'un de bien et vous ne méritiez pas ça. Je promets de ne plus jamais vous embêter à l'avenir. »
Il ne laissa pas à l'autre le temps de réagir, il déguerpit par la fenêtre dès la fin de son discours, bien décidé à tenir sa parole.
Il ne put pas voir la porte de la salle de bain s'ouvrir alors qu'il fuyait déjà dans la grande rue.
