She is the healing & I am the pain.
D'abord les déflagrations puis les cris. James et Sirius étaient postés à l'endroit habituel, ils étaient là au cas où, ils n'avaient même pas leurs tenues de services. On leur avait dit de ne pas intervenir seuls mais en une seconde James avait sorti sa baguette et se ruait vers le centre du chaos. Il ne pouvait pas supporter l'immobilité alors que ces gens avaient besoin d'aide. Tout autour les sorciers se dispersaient et hurlaient. En plein milieu du chemin de traverse, en fin de journée. Ils en étaient là donc dans cette guerre. James ne fut pas étonné de voir des silhouettes encapuchonnées se réjouir du spectacle. Ces ordures, ces lâches. Il était étonné qu'ils puissent encore cacher leurs visages alors que leur attitude criait l'autosatisfaction. Il n'attendit pas pour s'élancer au cœur des combats, les sorciers se défendaient comme ils pouvaient mais surpris par l'attaque la plupart étaient en mauvaise posture et James se devait de les aider. Il courut aussi vite que possible faillit trébucher sur quelques malheureux encore à terre mais réussit à engager un duel avant que le sorcier derrière lui ne se prenne un sort fatal. L'homme, à qui il cria de fuir avec sa famille ne se le fit pas dire deux fois.
Sirius était quelque part à sa droite, il ne savait pas exactement où mais il pouvait l'entendre converser vaguement avec ce qui semblait être ce bon vieux Lucius. Cet homme avait toujours mérité une bonne leçon de toute façon. Sirius savait distraire, gagner du temps, il permettait de ce fait au gens autour d'eux encore valides de se sauver et d'échapper aux sorts éventuels. La distraction, James l'employait souvent surtout lorsqu'il pouvait identifier son adversaire mais ce soir tout allait bien trop vite pour parler. Ils étaient trois maintenant. Il n'y avait personne d'autre sur place. Que faisaient les autres bon sang ? Il devait réfléchir. James parait les attaques comme il pouvait en cherchant la faille pour attaquer mais il avait bien conscience que les Mangemorts tentaient de le faire reculer et James n'eut pas d'autre choix s'il voulait éviter les sortilèges qui pleuvaient sur lui. Il espérait que ses collègues arriveraient vite. Derrière ses assaillants il pouvait encore distinguer des pauvres gens qu'il ne pouvait pas aider. Ce moment d'inattention failli lui coûter très cher, le sortilège de découpe atteignit son flanc lorsqu'il fit un pas de côté pour l'éviter. James serra les dents et réussi à stupéfixer un de ses adversaires mais les deux autres paraissaient bien décidé à le faire plier. Ils l'entrainaient vers une impasse et James lorsqu'il s'en rendit compte eut juste le temps de courir vers une minuscule ruelle à sa gauche avant que toute autre option ne lui soit enlevée. James lança un sort sur les briques qui s'effondrèrent en cascades sur les Mangemorts, avec un peu de chance ça les assommerait assez longtemps, il n'avait pas le temps de s'assurer qu'ils étaient hors d'état de nuire. James s'élança essayant de regagner l'endroit où il avait laissé Sirius. Il n'aurait pas dû le perdre de vue. James se rassura en se disant qu'il connaissait les talents de son ami pour le duel. Il ne devrait pas avoir trop de problèmes. Mais Sirius n'était nulle part.
« Sirius ?! »
Lucius Malfoy apparu soudain devant lui et James attaqua immédiatement mais fut forcé de faire un pas de côté pour éviter le maléfice qu'il lui envoya.
« Malfoy, c'est toujours un immense déplaisir de te voir.
- C'est trop tard pour Black, Potter. Et ça l'est pour toi aussi. »
Son rire résonna à ses oreilles, il transplana avant que le sortilège que lui lança James ne puisse l'atteindre. Le lâche ! Que voulait-il dire ? Il devait trouver Sirius, il fallait… Soudain la devanture du magasin derrière lui explosa, les vitres volèrent en éclat et la déflagration le propulsa rudement au sol. Le souffle coupé, sonné, James peina à se relever, des débris lui étaient tombés dessus, il avait glissé sur le verre et son bras gauche lui faisait un mal de chien même s'il parvenait à le bouger avec difficulté. Il s'estima heureux de n'avoir rien de cassé.
« SIRIUS ! »
Il n'entendait pas grand-chose, un sifflement persistait à ses oreilles et le monde tournait un peu autour de lui. Il pouvait voir des gens courir, se sauver, mais d'autres silhouettes étaient debout et luttaient. James fut soulagé en reconnaissant les couleurs du ministère. Ils n'étaient pas seuls et les Mangemorts commençaient à disparaître. L'horreur était partout autour. Il fallait qu'il trouve Sirius. James savait qu'il commençait à paniquer mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Ça n'arrivait que rarement qu'ils soient séparés aussi longtemps. Sirius trouvait toujours un moyen de le rejoindre et ils avaient l'habitude de se battre en équipe. Où était-il ? Malfoy avait dit que c'était trop tard pour lui, il en était hors de question. Il avait surement dit ça pour le déstabiliser.
« Potter ! Par ici ! »
Son collègue lui faisait des grands signes mais le regard James tomba sur la silhouette de son meilleur ami à quelques mètres de là. Sirius, sur le sol, inconscient et couvert de sang. James s'élança à ses côtés. Non non non non. La panique l'avait agrippé cette fois, les plaies étaient béantes et s'étendaient sur son torse et le sang s'en écoulait bien trop rapidement. Il devait faire quelque-chose mais aucune des potions de soins qu'il traînait avec lui ne marcheraient pour ça, c'était trop grave. Il y avait bien trop de sang. James chercha désespérément à contenir l'hémorragie, il n'avait pas assez de ses deux mains pour cela.
« PAR ICI. IL FAUT DE L'AIDE. Sirius ! SIRIUS ! »
Les médicomages n'étaient pas là, personne ne venait. Il devait agir vite. James tenta de se calmer et de se concentrer. Il devait l'emmener à Saint Mangouste. Il devait l'emmener maintenant. James saisi du mieux qu'il put son ami, il n'avait pas le temps de se soucier de si oui ou non il était raisonnable de le bouger. Il transplana devant la vitrine menant à l'Hôpital et le choc du transplanage passé, James par pure impatience, failli brûler sur place le mannequin à l'entrée qui prenait son temps pour les laisser entrer. Il y avait urgence nom d'un gobelin ! (James était même sûr de l'avoir insultée à un moment.)
Lorsque finalement il déboula dans le hall, hissant Sirius du mieux qu'il le pouvait, des médicomages, surement alerté par toute l'hémoglobine se précipitèrent vers eux. James rejeta avec force les bras qui voulaient l'emporter pour le soigner. Il se souciait peu de lui-même, il voulait qu'on s'occupe de Sirius.
« Occupez-vous de LUI bon sang ! Occupez-vous de lui je vais bien, LACHEZ MOI JE VAIS BIEN. »
Son ami était bien trop pâle, son pouls était bien trop faible. James paniquait complètement à présent, il avait du mal à respirer. Sirius savait toujours comment réagir dans ces situations, il savait trouver les mots pour le rassurer mais lui était complètement perdu. Jusqu'à présent James n'avait jamais eu à le ramener dans un tel état, c'était seulement des blessures mineures. Il savait que c'était grave cette fois. Il l'avait vu à toute cette hémoglobine dont il était couvert. Il le voyait aux figures soucieuses des médicomages qui s'affairaient déjà sur son ami en l'emmenant loin. James avait envie de s'élancer après eux, de rester près de Sirius comme si sa simple présence pourrait changer quelque chose. Une Médicomage qui essayait de le raisonner et qui n'était apparemment pas très contente qu'il ne la laisse pas approcher pour le soigner, lui indiqua la salle d'attente en le priant de s'asseoir. James après avoir essayé sans succès d'avoir des informations sur l'état de son ami, sur ce qui allait lui arriver, se dirigea vers l'endroit mais resta debout. Il était sûr que s'il s'asseyait, l'angoisse le paralyserait. Ils ne pouvaient pas lui dire si Sirius irait bien. Ses mains tremblaient, il tremblait de tous ses membres. Sirius allait mal. Il allait vraiment mal. Et il l'avait laissé, il s'était éloigné. Il l'avait entrainé là-dedans. Il l'avait laissé seul face à Malfoy. C'était sa faute, sa faute. Il avait été imprudent, Sirius l'avait suivi, il le suivait toujours. Ils auraient dû attendre les renforts. James se prit la tête dans les mains. C'était trop tard pour ça maintenant. Il avait mal à la tête, il se sentait affreusement mal. C'était sa faute. L'horreur de la situation le prenait à la gorge et il ne savait pas quoi faire.
Une voix perça pourtant au milieu de sa crise, criant son prénom. Lily. Il paniqua avant de se souvenir qu'ils étaient en sécurité ici, qu'elle ne risquait rien. Il la laissa se précipiter vers lui, il voyait l'étendue de son angoisse mais ne put trouver les mots pour la contrer dans l'immédiat. Sa propre affliction le rendait muet. Il la voyait hurler des mots qui ne firent pas sens tout de suite dans son crâne, il aperçut Andrews, il vit Lily Evans folle de rage lui adresser du mépris, un merveilleux mépris. Il voulait vraiment mettre du sens sur cela, pour se défaire de toute cette peur mais son cerveau marchait au ralenti. Il se laissa entrainer dans une salle d'examen à quelques pas, le ton de Lily lui faisait du bien, il était apaisant, rassurant. James essaya de faire un effort d'expliquer la situation en quelques phrases, mais il ne parvint qu'à bredouiller. La voix douce de la rouquine s'éleva encore une fois & James, après l'avoir vraiment regardé, après avoir s'être vraiment rendu compte de sa présence se sentit plus apaisé. Étrangement, l'angoisse de la jeune femme semblait aspirer sa propre terreur. Sa respiration se calma lentement, il se laissa faire quand elle le poussa à s'asseoir sur un lit. Elle n'avait rien fait pourtant il se sentait déjà mieux.
Les mains fébriles de Lily Evans s'agitaient sur lui et il mit quelques secondes pour comprendre qu'elle s'affairait à le déshabiller. Il voyait l'effarement teinter les traits parfaits de la jeune femme d'une réelle inquiétude à son encontre. James en fut extrêmement touché et cela lui permit de reprendre le contrôle sur lui-même. James la laissa lui retirer sa chemise.
« Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vue aussi empressée de me déshabiller »
Il planta ses prunelles dans les yeux verts de la jeune femme, il pouvait encore y lire sa crainte malgré la moue que sa remarque provoqua. Son ton sonnait faux pourtant. Il prit ses mains tremblantes dans les siennes et caressa tendrement sa peau. C'était bien, d'avoir un point d'ancrage.
« Je vais bien. Ce ne sont que des égratignures. Je te le promets, ça va aller. »
James continua de détailler son visage.
« Tu es plutôt sexy quand tu t'inquiètes pour moi »
Il s'autorisa un sourire bancal que Lily lui rendit tant bien que mal. Elle finit par reprendre ses mains pour s'affairer sur ses blessures. Il s'efforça d'ignorer les tiraillements, la douleur. Il l'observa, frappé par la façon dont sa simple présence, le simple fait de la regarder pouvait lui apporter un semblant de paix. Il n'avait aucun doute sur l'ampleur de ses sentiments pour Lily Evans mais certains jours, il ne cessait de s'éblouir des effets qu'ils pouvaient avoir sur lui.
« Je suis heureux que tu sois là. »
C'était stupide, ça n'avait aucun rapport avec leur conversation mais c'était vrai. Il poussa le vice jusqu'à se redresser pour embrasser les marques que l'inquiétude avait eu l'audace d'apposer sur son front. Son parfum l'enveloppa et il ferma brièvement les yeux pour s'en imprégner mieux. Il aurait pu mourir dix fois ce soir et pourtant il était là. James remercia il ne savait qu'elle bonne étoile. C'était la vérité.
Il était heureux qu'elle soit là.
