Chapitre 10 – Question

Rentré chez moi, je repassais en boucle les événements des derniers jours. Les paroles de Max me revinrent en mémoire : « Ne me dites pas que vous n'aviez pas comprit. Je conçois qu'elle soit peu claire, mais je pensais que vous la compreniez suffisamment. » Ses lettres, il fallait que je relise ses lettres.

Je fis donc couler un café et ouvrit un tiroir pour en sortir la pile de missives qu'elle m'avait envoyées.
Je lus très attentivement l'ensemble, une à une, cherchant ce que j'avais bien pu rater. Et plus je lisais, plus je comprenais que je m'étais totalement trompé… comment avais-je pu passer à côté de ça… elle ne cherchait pas à rompre ou prendre de la distance, c'était tout le contraire, elle tentait de m'avouer ce qu'elle ressentait pour moi. Et moi tellement perdu au milieu des batailles, des pertes humaines, je n'avais rien compris.
Je m'étais perdu, et j'avais rencontré Ashley, pensant ainsi oublier Bones, je m'étais laissé aller dans ses bras, cherchant le réconfort. Et pourtant chaque fois qu'un de ses courriers arrivait, je bondissais partout, tel un jeune chiot fou. Ashley avait dû le remarquer, car elle m'avait à plusieurs reprises demandé qui m'écrivait, mais je ne voulais pas lui en parler.

Cela faisait plusieurs heures que j'étais dans mon salon, je pense m'y être endormi, les lettres sur la table, ainsi que l'un des cafés que je m'étais servi et qui devait être froid.

Je sentis des lèvres se poser sur les miennes, encore noyé dans mes songes, je revivais la nuit de passion qui nous avait unis, Tempérance et moi. Je répondis au baiser, mais il était différent, alors, tentant de sortir de mes rêves, j'ouvris les yeux, pour tomber sur Ashley, nue, souriante, devant moi.
- Tu m'accompagnes sous la douche ?
Pas de réponse, j'étais encore troublé.
Elle m'attrapa la main, et me mit debout, je ne résistais pas vraiment et me laissa emporter.

Arrivée devant la porte de la salle de bain, je m'arrêtais.
- Je devrais peut être faire le petit déjeuné
- Tu m'as déjà fait faux bond cette nuit, je compte bien rattraper cela. Me dit-elle espiègle.

Je ne savais plus trop où j'en étais, Ashley était très entreprenante.
- Laisses-toi aller Seeley. Me dit-elle en déposant des baisers de mon oreille à mon omoplate, il n'y a pas à dire, elle savait s'y prendre lorsqu'elle voulait quelque chose, en l'occurrence moi cette fois.
Et je suivi son conseil, encore à moitié endormi. Laissant mon esprit vagabonder et la saisissant pour aller sous la douche.

- Tu n'as pas l'air en grande forme. Pourquoi n'es-tu pas venu te coucher en rentrant ?
- Je ne pouvais pas
- Raconte. Me dit-elle avant de boire une gorgée de son café

J'inspirais, j'avais besoin d'en parler, ça c'était sûr et nous avions déjà tellement souvent discuté en Afghanistan.
- Encore un corps, plus jeune encore … ça devient vraiment étrange… Le pire c'est que cette fois, il nous laisse comme message une berceuse pour enfant … en français… comme si cela pouvait nous aider.
- Comment ça cette fois ?
- On a eu un premier message nous souhaitant bon retour à Washington... il joue avec nous et je ne supporte pas cela, il se fout littéralement de nous !
- Quel âge a l'enfant cette fois ?
- D'après Bones, entre quatre et six ans

Je soupirais
- Comment peut-il faire cela à de si petits êtres … ils ont besoin d'être protégés à cet âge … ils sont si fragiles, si petits…
Elle ne répondit rien, attrapa simplement ma main.
- Vous avez des pistes pour le moment ?
- Rien .. rien de rien .. Bones me suggère de chercher des liens soit avec la France, soit avec le Canada entre les familles
- Bones te suggère ? Je pensais que c'était toi l'agent du FBI. Me dit-elle d'un ton haineux envers ma partenaire, ce qui me surprit
- On travaille en équipe
- D'après ce que tu m'as dit hier, elle ne veut plus vraiment te voir, alors laisses-moi rire en parlant de travail en équipe, elle…
- Ne dis pas un mot de plus, tu ne l'as connais pas
- Désolée Seeley, c'est juste que je vois combien cela te touche, alors ça m'énerve un peu qu'elle t'impose certaines choses
- Je sais et ne t'inquiètes pas, Bones ne m'impose rien, nous discutons c'est tout.

Après être passé au Hoover où j'avais passé la matinée à faire des recherches, passer des coups de téléphone, je me dirigeais vers l'Institut.

- Bones, vous aviez raison. Dis-je en montant sur la plateforme
Elle ne réagit même pas, je décidais donc de poursuivre
- Monsieur Omalley est parti en camps de vacances à Napierville au Quebec étant enfant en 1980. Madame Jackson y était en 1981, le même camp, il s'appelle : Les Joyeux Lurons. J'ai appelé, je suis tombé sur la secrétaire, elle prévient le directeur qui doit me rappeler. Je leur ai demandé une liste de l'ensemble du personnel et des participants entre 1975 et 1990, ça risque de faire un sacré paquet de monde, mais ça nous fera peut être gagné du temps.
Je n'avais pas lâché ma partenaire du regard bien que nous ne soyons pas seul, et elle n'avait même pas tourné les yeux vers moi.
Elle était vraiment belle, bien plus que dans mes souvenirs. Sa tenue était plus féminine aussi, je n'y avais pas porté attention jusqu'à présent. Sa jupe lui arrivait aux genoux, découvrant ainsi le reste de ses jambes, elle portait des chaussures à petits talons, chose qu'elle n'aurait jamais fait auparavant, préférant des chaussures plus confortables pour se déplacer dans le labo, son haut lui moulait le corps, laissant un décolleté s'ouvrir sur sa poitrine. Elle portait un collier avec de grosses perles et des boucles d'oreille assorties. Elle était tout simplement superbe. A cet instant, mon esprit s'égara et je me souvenais la douceur que mes mains avaient ressentie lorsque je les avais posées sur ses seins, un frisson me parcouru rien qu'en me remémorant ce moment. Il fallait que je me ressaisisse.
- Alors qu'est ce qu'on a ? demandais-je pour me reprendre
- Les causes de la mort sont identiques aux précédents cas. Hodgins a estimé l'heure de la mort grâce aux insectes à douze heures trente hier. Il avait cinq ans et trois mois, il n'a pas été nourri depuis environ deux jours, les tortures et les sévisses sexuels sont encore plus marqués qu'avant. Nous avons les mêmes marques sur les os.

Elle me montra le tibia pour je puisse voir les renfoncements.
- J'ai donné le crâne à Angela, nous devrions avoir un visage sous peu.
La sentir si prés de moi me troubla encore
- Ok, toussais-je pour m'éclaircir la gorge
- Hodgins a trouvé des larves mortes de Diptère Syrphidae, ce sont des papillons.
- Je n'ai vu aucun papillon là où nous étions
- Justement, cela signifie donc que le corps a été déplacé post-mortem. Hodgins travaille sur les vêtements, il tente de trouver d'autres indices sur le lieu où l'enfant a pu être avant son décès.
- D'accord.

Je notais toutes les informations sur mon calepin.
- J'ai aussi relevé des traces de sang, il ne s'agit pas de l' ADN de l'enfant, je tente de voir si je trouve une correspondance, mais cela peut très bien être un parent ou un frère/une sœur. Intervint la légiste
- D'accord Cam. Merci

Angela arriva en criant qu'elle avait un résultat. Nous nous sommes donc tous dirigés vers son bureau, où tournait déjà un visage, petit, enfantin et souriant.
Elle avait bien avancé, elle nous dit alors :
- Maxime Raynolds, cinq ans et trois mois comme le disait Brenn.
Elle me tendit un bout de papier.
- J'ai noté l'adresse. Il a disparu il y a une semaine alors qu'il faisait des courses avec ses parents.
Je regardais Bones, hésitant à lui demander de m'accompagner, j'avais envie de passer du temps avec elle, de retrouver notre complicité d'avant. Elle dû le sentir, me regarda quelques instants.
- Allons-y tout de suite Booth, j'aimerais être de retour au plus tôt.
Heureux de l'entendre vouloir m'accompagner, un sourire immense se dessina sur mes lèvres.