Note de l'auteur : Je ne vois pas encore la fin de cette histoire - pour peu qu'il y en ait une. J'ai des idées qui viennent, par-ci par-là, et j'essaye de les mettre en page, en les intégrant plus ou moins dans des Arcs. Ainsi, le premier OS servait pour ainsi dire de prologue, de présentation, d'introduction, aux personnages et au contexte. Les OS suivants (2 à 8) appartenaient à l'Arc Souvenirs (nom très original, j'en conviens volontiers). L'OS 9 fait la transition avec la suite, j'ai nommé l'Arc Problèmes Frontaliers. Dont je vous présente ici le premier OS. Ceci éclairci, bonne lecture !
Réponses aux reviews
Balayah : J'ai beau dire et redire que vu que le passé des personnages d'Edolas est vide de chez vide et donc facile à remplir, il n'en reste pas moins que si on veut rester dans la trame du manga, il faut bien partir de choses qui sont réellement dans le manga. L'écharpe d'Erza, sa lance, son nom, Jellal et les Anima, Coco, Hugues et Sugar Boy, à mon avis c'était déjà pas mal. Pour avancer un peu dans l'histoire, qui commence à la base en X784, c'est à dire dans le présent du manga, je ne pouvais pas rester éternellement dans le passé.
Ace et Luffy : Merci beaucoup !
10. Impasse
X786 - Edolas, Cité Royale
C'était la trois cent soixante-dix-huitième réunion du Conseil.
En deux ans de règne, Jellal s'était rendu compte que numéroter les choses ennuyeuses en réduisait la monotonie et l'ennui. Du coup, il numérotait beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Coco s'en était d'ailleurs rapidement rendu compte, car elle numérotait tous ses documents officiels. En l'occurrence, les réunions du Conseil.
Jellal avait, en montant sur le trône qu'il avait essayé d'éviter à tout prix, compris pas mal de choses.
Premièrement, un Roi semble libre mais ne l'est pas.
Il n'avait pas mis un orteil en-dehors de la Cité Royale en deux ans, et pouvait difficilement déambuler librement dans la Cité elle-même. Beaucoup de nobles, surtout les plus âgés, s'étaient offusqués quand il avait fait savoir son intention de se promener dans la ville sans aucune escorte. Mais malheureusement pour eux, Jellal avait grandi à Fairy Tail et s'il avait appris une chose là-bas, c'était bien l'entêtement. Il avait donc réussi à avoir gain de cause et pouvait sortir prendre l'air tranquillement.
Deuxièmement, un Roi est un hypocrite et un menteur.
Il devait, de par son statut et sa charge, sourire et être poli tout le temps, et surtout avec tout le monde. Il devait toujours enjoliver ce qu'il disait, faire des concessions, garder un ton et un visage neutre, ne jamais montrer ses véritables émotions.
Troisièmement, un Roi est à la fois le plus seul et le plus entouré des hommes.
Il n'avait confiance qu'en Coco. Ses conseillers le regardaient comme un chat observe un oiseau sur sa branche, cherchant le meilleur moyen de le faire tomber pour le croquer. Les nobles multipliaient les courbettes et les compliments hypocrites, cherchant à obtenir toutes sortes de faveurs. En plus, comme il avait le malheur d'être un homme jeune - et beau, selon les dires de la Cour -, il était harcelé par les femmes, de tous âges et de toutes conditions. Ses soldats le regardaient avec méfiance, lui en voulant d'avoir fait emprisonner leurs anciens chefs et pestant contre les nouveaux Commandants de l'armée.
Il avait noté - numéroté - pas mal d'autres inconvénients au métier de Roi, mais tous se les rappeler le faisait sérieusement déprimer.
Ses amis lui manquaient.
Sugar Boy et ses tournures de phrases alambiquées.
Hugues et son enthousiasme débordant.
Et Erza. Erza et ses commentaires sarcastiques. Erza et sa franchise. Erza et son mauvais caractère. Erza et son amour immodéré pour tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une lance. Erza et ses cheveux couleur de feu. Erza et sa loyauté sans faille.
Mais Erza n'était pas là. Son Chevalier était parti, et il en était seul responsable. Il n'avait jamais osé descendre dans les prisons, au sous-sol. Il avait trop peur de ce qu'il pourrait y trouver.
Soupirant, tâchant d'oublier ses pensées noires, Jellal se reconcentra sur la réunion du Conseil qui venait de débuter. Il se focalisa sur Gran Doma qui venait de se lever pour prendre la parole. Et remarqua que son veston était rouge feu.
« Majesté, Messieurs les Conseillers, l'heure est grave. »
Jellal haussa un sourcil. Il n'avait pourtant rien entendu qui justifie de pareilles paroles dernièrement.
« Et pourquoi donc, Conseiller Doma ?, demanda le Roi.
- Je peux répondre à cette question, Majesté. », répondit Purehito en se levant à son tour.
Si certains Conseillers étaient familiers à Jellal, comme Gran Doma, Lahar, Goldmine ou Hibiki, il avait été sérieusement surpris de retrouver dans sa salle de réunion l'homologue du Maître de la Grimoire Heart d'Earthland.
« Les troupes en faction à la frontière nord d'Edolas nous ont envoyés d'inquiétants rapports ces deux derniers mois. Et ceux-ci mènent tous à la même conclusion. Notre voisin du nord-est, le Royaume de Joras, s'apprête à nous envahir ! »
La déclaration fut suivie d'un silence pesant, avant que n'éclate un tumulte dans la salle de réunion, chacun essayant de couvrir la voix de son voisin.
« Silence ! »
La voix du Roi retentit, faisant se taire les Conseillers. Jellal grimaça intérieurement. Il détestait hausser la voix, à fortiori pour s'adresser à des hommes plus âgés que lui. Il se tourna vers Purehito.
« Etes-vous certains de ce que vous avancez ? Je n'ai eu aucun retour de mes informateurs sur des prémices d'invasion de la part du Royaume de Joras.
- Nos hommes ont relevé des mouvements importants de troupes. Joras semble recruter de nombreux brigands et criminels. Ils se sont regroupés dans la ville la plus proche de la frontière, Sorka. De même, leurs importations d'armes ont très largement explosé. Et enfin, parmi les criminels qu'ils ont recrutés, nous en avons identifié quelques uns, et ils sont en grande majorité originaires d'Edolas. Autrement dit, ils connaissent parfaitement notre pays.
- Mais vous ne savez pas s'ils veulent vraiment nous envahir, nota Jellal. Ni quand.
- Malheureusement, avoua Purehito. Majesté, j'aurais bien requis un déploiement des troupes à la frontière avec Joras, mais je crains que cela nous soit impossible.
- En quoi serait-ce impossible ?, demanda le Roi. Si je me fie à vos documents, leurs troupes sont bien inférieures en nombre à nos divisions armées. Envoyer deux divisions serait largement suffisant.
- Sauf que c'est impossible pour le moment, intervint Lahar. En réalité, nous n'avons qu'une seule division qui soit vraiment apte à combattre. »
Jellal soupira. Il savait bien que ça allait finir par lui retomber dessus un jour ou l'autre. Nommer Luxus à la tête de la Première Division était une bonne idée. Aucun soldat n'y trouvait à y redire. Le blond ressemblait assez à Panther Lily dans sa manière de faire et de voir les choses.
Par contre, il n'aurait jamais du céder et accepter que les trois autres Divisions soient commandées par des nobles. Certes, ils avaient fait leurs classes au combat, même s'ils ne valaient pas leurs prédécesseurs. Mais ils manquaient cruellement d'expérience et avaient une méchante tendance à traiter leurs hommes de haut. De ce fait, la rébellion grondait depuis quelque temps dans l'armée.
« Pour résumer, intervint Hibiki, nous sommes d'accord qu'il faudrait déployer des troupes le long de la frontières, mais le fait est que nous n'en n'avons pas assez. Par ailleurs, il nous faudrait plus d'informations, mais nous ne possédons pas non plus d'hommes avec des capacités d'espionnage suffisantes. Nous sommes dans une impasse.
- Ne pourrait-on pas confier le travail d'investigation à Fairy Tail ?, proposa Goldmine. Ils ont largement démontré leurs capacités de discrétion sous le règne du Roi Faust.
- Mais aucun d'eux ne fait partie de l'armée, opposa Jellal. Un soldat saurait par habitude quelles informations chercher. Les envoyer est une bonne idée, mais ils ne seront pas assez rapides et leurs chances de se faire repérer et capturer augmenteront de façon exponentielle. »
Ils étaient effectivement dans une impasse, pensa Jellal. Cela dit, il avait bien une idée. Mais les Conseillers accepteraient-ils ? C'était la question.
Gran Doma soupira.
« Nous n'avons donc plus qu'une seule solution. »
Jellal braqua son regard sur le Conseiller. Auraient-ils eu la même pensée ?
« Nous devons libérer les anciens Commandants de Faust. Eux-seuls ont les capacités pour nous aider. »
