Je suis absolument désolée pour tout le retard que je prends. Malheureusement, des événements souvent indépendants de ma volonté font que j'ai du mal à me concentrer sur cette fiction. Promis, je ne compte pas l'abandonner.
Pour me faire pardonner, ce n'est pas l'apparition d'un, mais de deux personnages originaux que je vous propose !

Enjoy !


CHAPITRE 10 : YOU ARE NOT ALONE

Le lendemain, l'humeur d'Hermione ne s'était pas améliorée d'un pouce et Ron fut le premier à en faire les frais. Chaque fois qu'il daignait porter ses yeux azur sur sa personne, elle le fusillait de regards méprisants. À ses côtés, Harry ne manquait rien de ces échanges silencieux. S'il ne lui rabachait pas à longueur de journée son envie de les voir se rabibocher, Hermione savait combien cette situation lui pesait, de sourdes supplications persistant dans son regard.

Alentours, elle sentit, comme poussé par une curiosité malsaine, quelques regards glisser sur elle. Pas à un mot. Seulement ces observations incessantes semblant les juger, l'un l'autre. Tous les avaient vu grandir et devenir inséparables. Enfin, jusqu'à ce que Ron s'entiche de Lavande et que la jeune femme ne le supporte pas. Sans oser affronter la tempête en approche, ils s'étaient tus, subissant sans broncher le froid aussi hivernal que celui régnant à l'extérieur. Pourtant, à travers l'épaisse brume, Harry se frayait un chemin solitaire, allant d'un camp à l'autre sans savoir à l'avance où il mettait les pieds.

C'est ainsi qu'au milieu de la matinée, lorsque la cloche sonna l'heure de la récréation, Harry délaissa un Ron trop préoccupé par sa petite amie pour se rendre compte de sa disparition, pour rejoindre Hermione qu'il alpaga dans un couloir. Se souvenant parfaitement du rendez-vous de son ami avec le directeur la veille, Hermione le convia à la suivre jusqu'à l'extérieur où la neige persistait à s'accrocher partout où elle le pouvait. Peu étaient ceux à oser braver le froid en cette journée hivernale. Quelques mètres plus loin, deux étudiants se tenaient enlacés, réchauffant leurs carcasses aussi bien qu'ils le pouvaient à coup de frottements dans le dos de l'autre. Un instant, Hermione s'appuya contre un pilier et les observa. Nul n'aurait pu dire s'il s'agissait d'un couple ou simplement d'amis dans le besoin d'une étreinte aussi affectueuse que chaleureuse. Harry avait cette sensibilité. Cette délicatesse. Malgré son manque flagrant d'assurance, lorsqu'il vous prenait dans ses bras, il dégageait une sincérité capable de transmettre en une fraction de seconde toute l'énergie dont vous aviez besoin pour continuer à avancer la tête haute. Peut-être était-ce dû au cruel manque d'attention des Dursley à son égard. Hermione n'y avait jamais vraiment réfléchie.

Une main gantée délicatement refermée sur son bras lui fit soudainement savoir que le lieu n'était pas encore assez propice à leur discussion. Dans un état second, elle se laissa entraîner au centre dépeuplé de la cour et regarda Harry extirper sa baguette de la poche intérieur de sa robe afin de déblayer la couche de neige du banc qu'il convoitait. Bien que le froid mordait sa peau laiteuse, Hermione prit place aux côtés de son ami, approcha ses mains de sa bouche et souffla dessus.

- Tu deviens un vrai fantôme, dit le brun, un nuage de condensation sortant de ses lèvres au gré de ses paroles.

Abandonnant son humeur maussade au profit d'un léger sourire, elle donna un petit coup de coude dans les côtes du sorcier et répondit :

- Au lieu de dire des bêtises, racontes-moi plutôt ce que tu as découvert hier soir.

Comme par peur d'être espionné, le brun scruta les alentours et hocha la tête.

- Ouais ! Euh… Ok ! bafouilla-t-il.

Un court silence suivit durant lequel Harry sembla visiblement chercher ses mots.

- Dumbledore voulait que je vois un souvenir du professeur Slughorn. Riddle faisait parti de son petit club privé… Mais c'était très étrange… Déformé...

Hermione hocha la tête, pas étonnée pour un gallion. Après tout, même s'il était aujourd'hui l'un des sorciers les plus néfastes de son époque, il possédait toutes les facultés recherchées par le vieux Slughorn : une extrême intelligence et de nombreuses ressources. Avantage certain, il était aussi considéré comme un beau garçon dont le seul charisme était capable de vous envoûter. Il n'y avait donc rien d'extraordinaire à ce que Tom Marvolo Riddle, alias Lord Voldemort, ait fait partit en son temps de ce qu'Harry appelait la collection du professeur. Hermione fit signe à Harry de poursuivre.

- Riddle lui demandait ce qu'était un Horcruxe, dit le brun à voix basse. Tu en as déjà entendu parler ?
- Horcruxe ? répéta Hermione presque pour elle-même.

En ébullition, son cerveau chercha la moindre information à ce propos. Malheureusement, rien ne lui vint à l'esprit. Elle secoua la tête, et, navrée de ne pouvoir apporter une réponse, continua :

- Ça ne me dit rien.

Les yeux d'Harry laissèrent transparaître une pointe de déception qui n'échappa pas à la jeune femme. Elle avait beau être un chaudron bouillonnant de savoir, ses lacunes étaient encore nombreuses. Mais cela, son ami ne semblait pas s'en rendre compte.

- Je suis désolée Harry, j'aurais voulu pouvoir t'aider...
- C'est rien ! répondit-il accompagnant ses paroles d'un geste évasif de la main.
- Je suppose que si Voldemort a posé la question, c'est qu'il doit s'agir de magie très avancée… Elle fit une pause, regarda au loin et murmura : Surement même de magie noire.

- En effet, affirma le garçon jouant machinalement avec sa baguette posée sur ses genoux. Et c'est pour ça que Dumbledore veut que j'obtienne moi-même le vrai souvenir de Slughorn.

Hermione reporta son attention sur son ami. Tout était à présent clair comme de l'eau de roche. Snape n'avait pas hérité des Défenses Contre les Forces du Mal sans raison valable. Il n'avait obtenu cette chance que par la volonté de Dumbledore à sortir Slughorn de sa retraite afin de lui extorquer son secret. Voilà pourquoi il avait fait en sorte qu'Harry rencontre le sorcier durant l'été. Il était la clé de la réussite depuis le début. D'abord, il avait servi à appâter le vieil homme jusqu'au château où le directeur le savait à son entière merci, et désormais, il envoyait Harry au charbon sans avoir à se mouiller. Merlin, Dumbledore se révélait bien plus fourbe qu'il ne le laissait entendre.

Une question persista cependant dans l'esprit de la jeune femme. Comment au juste, Harry était-il censé réussir là où Dumbledore avait lui-même failli ? Tout cela n'était que pure folie. Si Slughorn portait ce secret enfoui au plus profond de lui depuis des années et ne voulait en faire part à personne, Merlin seul savait de quoi il en retournait. Elle soupira. Harry allait devoir faire preuve d'une extrême prudence s'il souhaitait atteindre son but. Elle lui en fit d'ailleurs part.

- Tu as réfléchis à comment t'y prendre ? demanda-t-elle convaincue de la négativité de sa réponse après avoir adressé ses suggestions.
- Et bien… Harry baissa la tête. Comme Slughorn m'apprécie, Ron pense que ce sera facile pour moi. Il m'a proposé d'attendre la fin du cours cet après-midi et…

"Faites confiance à Ronald pour mettre les deux pieds dans le plat", songea la sorcière indignée.

Merlin, ce garçon ne pouvait-il pas réfléchir deux minutes avant d'énoncer quoi que ce soit ? Indéniablement, ce n'était pas le genre de Ron. Lui fonçait constamment dans le tas, ne se souciant pas des dommages collatéraux. Elle en était le parfait exemple. Hermione soupira et sa colère envers le rouquin afflua. Si Harry buvait ses paroles, il risquait davantage de perdre les faveurs de leur professeur de Potions que de les gagner.

- Facile ? s'exclama-t-elle, lui coupant brutalement la parole. Par Morgane, je n'arrive pas à croire que tu prennes ça en considération.

Les nerfs à vif, la jeune femme sentit sa magie déferler dans tout son être. Honnêtement, si elle n'était pas certaine de maîtriser sa colère, Hermione aurait eu peur de ce transformer en cet hideux monstre vert qu'elle avait aperçu dans une revue. Serrant les dents, elle laissa ses mains dériver sous sa lourde cape d'hiver et enserra ses poings. Il n'y avait bien que Ron pour la mettre dans un tel état.

- Hermione… grommela Harry. Je voulais juste te donner son point de vue. Je n'ai pas dit…
- Puisque Ron penses que tu n'as pas besoin d'un plan, pourquoi s'embêter plus longtemps hein ? rétorqua-t-elle aveuglée par sa haine.

Son regard noircie par la répugnance se tourna en direction du brun dont tous les pores transpiraient l'embarras. Le visage fermé et les lèvres pincées, même ses émeraudes avaient perdu de leur si bel éclat. Signe évident de son trouble, l'une de ses mains se logea inévitablement dans sa nuque qu'il frotta comme si un insecte venait de l'y piquer. Hermione laissa échapper un petit rire moqueur et maugréa :

- Comme s'il était de bon conseil…

Prêt à prendre la défense de son meilleur ami, Harry s'apprêta à ouvrir la bouche quand Hermione l'interrompit d'un brusque signe de main.

- Inutile de gaspiller ta salive. J'en ai assez entendu pour la journée…

D'un bond, elle se releva, épousseta la neige autour de ses robes et planta Harry au beau milieu de la cour enneigée. Fuyant aussi vite que ses jambes le lui permirent, elle gagna le préau, Harry criant tantôt son nom, tantôt des suppliques afin qu'elle s'arrête. Mais Hermione n'en eut que faire. Elle voulait juste trouver un endroit à l'abri des regards. Un endroit où elle pourrait se calmer avant que sa rancoeur ne l'emporte dans un ouragan dévastateur et dont elle ne saurait réparer les dégâts.

Le sang tambourinant dans son crâne, elle passa une main sur son visage et s'engouffra dans un recoin à l'abri des regards. Là, elle s'assura que son meilleur ami ne l'ait pas suivi et laissa sa tête rencontrer la pierre fraîche. Sous cette nouvelle sensation plus que bienvenue, le corps d'Hermione se tendit un instant avant de capituler. Fermant les yeux, elle ne se concentra plus que sur cette froideur. Venue se loger dans son front, elle se propagea lentement mais sûrement jusqu'à ses épaules, laissant une traînée de feu sur son passage. Puis, elle s'élança jusqu'à son coeur battant la chamade et l'enveloppa de ses bras pour ne plus la quitter. Tapis dans la pénombre, la jeune femme se laissa griser par cette délicieuse sensation, et ce, jusqu'à ce que son pouls reprenne un rythme décent.

Recouvrant sa capacité à penser, elle prit soudainement conscience de ses joues humides. D'un geste sec de la main, elle s'essuya, et, songeant à ce qui venait de se produire, frappa la pierre qui ne broncha pas sous le coup. Elle en revanche retint un cri lorsqu'une douleur lancinante embrasa ses phalanges éraflées. Voilà qu'à tant haïr Ronald, elle se braquait à la simple mention d'un nom. Était-elle à ce point un monstre incapable du moindre contrôle ? Maintenant, même Harry devait la prendre pour une folle. Abaissant le regard sur son poing meurtri, Hermione soupira. Si elle ne souhaitait pas tomber dans une spirale infernale, elle allait urgemment devoir trouver une solution à ce problème. Plongeant la main dans sa cape, la sorcière extirpa sa baguette magique.

- Tempus, murmura-t-elle des chiffres jaillissant aussitôt dans les airs où ils dansèrent un instant avant d'indiquer l'heure.

Tout juste le temps de passer aux toilettes avant de retrouver le chemin des classes. Sans perdre de temps, la sorcière remit sa baguette en place et sortit de sa cachette. Comme à son arrivée, les allées étaient quasi désertes, ce qui lui convenait tout à fait. Retrouver la chaleur du château était une chose, le grouillement des élèves en était une autre. Marchant sur quelques mètres, elle écouta le bourdonnement du vent contre les murs de pierre. Son qu'elle avait toujours trouvé fascinant, relaxant même. Enfant déjà, alors que la plupart de ses camarades devaient prendre peur face à ces étranges sifflements, Hermione attendait avec impatience les jours de grand vent dans la seule espérance d'entendre le ronflement contre les carreaux de sa chambre. Prenant une grande inspiration, elle inhala l'air pur, et, retrouvant un visage plus détendu, tourna à l'embranchement conduisant au Hall. Immédiatement, les étudiants se firent plus nombreux, allant et venant en tous sens. Heureusement, l'affluence était bien moindre qu'à l'heure des repas et la sorcière pu donc aisément se frayer un chemin. Grimpant les escaliers, elle se concentra sur son travail de préfète et scruta les alentours, répondant parfois à un bonjour lancé d'un signe de tête ou de main accompagné d'un léger sourire.

Arrivée au palier du deuxième étage, elle s'élança dans le premier couloir et gagna les toilettes de l'impertinente Mimi Geignarde. Enchantée d'avoir un peu de compagnie, le fantôme lui tourna immédiatement autour, babillant des propos inintelligibles aux oreilles d'Hermione qui s'avança vers un lavabo un peu à l'écart. Tournant le croisillon du robinet, elle laissa l'eau s'écouler dans la vasque et jeta un regard à sa main rougie tant par le froid que par le coup assené. Derrière elle, le fantôme sembla soudainement réaliser l'état de la jeune femme car le silence retomba aussitôt, laissant pour seul murmure l'écoulement de l'eau dans la vasque. Vérifiant la température, Hermione entreprit de nettoyer sa blessure. Au moindre contact, le liquide enflammait sa chair à vif. Mais Hermione ne broncha pas. Elle était la seule fautive et en assumait pleinement les conséquences. Toujours aussi silencieuse, Mimi Geignarde stagnait au-dessus d'elle sans que ses yeux écarquillés ne se détachent un seul instant de la blessure dont un filet de sang colorait l'eau d'une teinte rosé. Lorsque le liquide redevint translucide, Hermione plaça ses mains en coupe sous le jet, puis, s'aspergea le visage. Revigorée, la sorcière tourna le croisillon en sens inverse, puis, redressa la tête, tombant sur son reflet dans le large miroir qui lui faisait face. Ce qu'elle y vit la terrifia.

Hormis ses joues encore rosies par son petit tour en extérieur, le reste de son visage était d'une extrême pâleur et d'une gravité sans nom. Confrontée à son visage démaquillée, elle ne put que constater à quel point il était témoin des récents événements. De-ci de là, quelques gouttes d'eau encore accrochées à son faciès couplées au contour de ses yeux rougies donnaient l'impression qu'elle pleurait encore. À travers ses yeux légèrement enflés, ses pupilles whisky ne semblaient plus vouloir briller que d'amertume. Et que dire des cernes commençant à creuser ses joues ? Vraiment… Il n'y avait rien de sain dans cet air. Hermione assurait même qu'en ajoutant au tout ses boucles brunes échevelées dansant autour de ses épaules, elle devait donner l'impression d'avoir affaire à une folle tout droit sortie d'un hôpital psychiatrique.

- Arrête de me regarder comme ça, dit la jeune femme à destination du fantôme qu'elle foudroya de ses deux noisettes à travers le miroir. J'ai l'impression d'être un monstre.
- Si tu l'étais, tu serais certainement bien plus poilu avec deux oreilles et une queue, rit Mimi.

Évidemment, il avait fallu que l'ectoplasme lui remémore l'état dans lequel elle avait été lorsqu'elle avait bu du polynectar pour la première fois. Comme si une boule de poils y logeait encore, Hermione se racla bruyamment la gorge, puis, détourna soudainement le regard. Machinalement, elle saisit sa baguette et la pointa sur son poing éraflé. Concentrant sa magie, elle formula avec conviction le sortilège qui passa de son esprit à sa peau dont les coupures s'estompèrent aussitôt. Ne resta bientôt plus que de petites cicatrices à peine visibles. De l'essence de Murlap aurait été bien plus efficace mais il était inutile d'ajouter que la sorcière refusait tout bonnement de faire un détour par l'infirmerie. Satisfaite, Hermione rangea sa baguette dans son fourreau, et, sans un regard en arrière pour Mimi Geignarde, elle sortit des toilettes.

Empli d'effluves nauséabondes, le cachot n° 7 transpirait l'exaspération de la douzaine d'étudiants présents dans la pièce. Le visage déconfit, tous rangèrent leurs affaires, et, avec une profonde aversion, lancèrent des regards furibonds à Harry et son sourire resplendissant. Même Ron semblait lui en vouloir. Comme les autres, le rouquin attrapa son sac, le faisant voler dans les airs avant qu'il ne retombe sur son épaule. Contrarié, il sortit sans un regard pour son meilleur ami, qui, contrairement à ses camarades n'avait aucune intention de prendre la fuite. Les bruits de couloirs diraient certainement qu'il avait ressenti le besoin de voir son égo gonfler davantage après le culot qu'il avait eu.

"Je n'arrive pas à y croire ! " bouillonna Hermione en passant à son tour le pas de la porte. Bien que le froid ambiant des couloirs du sous sol enveloppait chaque élève y mettant le nez, la sorcière trop échauffée par ce qui venait de se produire dans la salle de classe n'en sentait rien. Secouant la tête, elle jura contre son ami. Alors qu'elle avait jubilé à l'idée que le Prince de Sang-Mêlé ne lui soit d'aucune utilité pour résoudre le problème de la troisième loi de Golpalott, Harry était tout de même parvenu à s'en tirer avec les honneurs d'un Slughorn. Et tout cela, sans même proposer un antidote. Hermione serra les poings contre sa robe et continua à arpenter le long corridor. Comment avait-il oser tendre un bezoard plutôt que de se plier à l'exercice imposé ? Et Slughorn qui approuvait. Nouveau secouement de tête. Le professeur devait vraiment être aveuglé par la célébrité d'Harry pour ne pas lui avoir fait une remontrance. À sa place, nul doute que Snape lui aurait fait ravaler la pierre en lui rappelant que sa position ne lui permettait en aucun cas d'esquiver aussi facilement un exercice.

- Hey Hermione ! l'interpella une voix dans le couloir.

Cherchant la source de l'appel, la sorcière tourna la tête vers la droite et découvrit Raine Elis, une vert et argent d'un an sa benjamine qui étira ses lèvres rougies par le froid en un léger sourire. L'étudiante devait mesurer environ un mètre soixante et portait impeccablement l'uniforme du collège. Hormi la mèche violine tombant sur une bonne partie de son visage qui lui conférait un air mystérieux, le reste de sa chevelure mi-longue aux airs constamment décoiffés devaient être aussi noir que celle du professeur Snape. Au cours des dîners organisés par Slughorn, car s'était là qu'elles s'étaient rencontrées, Hermione avait appris que Raine venait d'une famille de sang-pur d'origine suédoise et que son père, un certain Jan Elis, travaillait au département de contrôle de régulation des Créatures Magiques. Curieusement, si Harry et Ginny décrivaient ces soirées comme présomptueuses et d'un ennui mortel, au fil des mois, Hermione, elle, avait été agréablement surprise de voir les querelles entre maisons totalement gommées et la solitude des débuts s'évanouir grâce à des débats autour de sujets inabordables avec ses amis. Grâce au Slugh Club, elle pouvait donc affirmer avoir trouvé des personnes à la hauteur de ses questionnements. Et la jeune sorcière dont les couleurs verts et argent de son blason et sa cravate mettaient en valeur ses yeux pers en faisait parti. À ses côtés se tenaient Nott et un élève de septième année. Foncièrement différent des deux autres, Llyr Dilwyn, était un garçon au visage semblable à un ballon de rugby et aux yeux d'une couleur particulièrement rare. Tel le Yin et le Yang, ses iris teintées de gris et noisettes vous subjugaient au point de ne plus pouvoir s'en détacher. Surprise par cet improbable trio, Hermione leur offrit un sourire et se joignit à eux d'un pas incertain.

- Je crois que j'ai manqué un épisode là, dit-elle observant les trois adolescents comme si les trouver ensemble était la plus étrange des choses.
- Moi qui te croyais observatrice... soupira Raine faussement exaspérée.
- En parlant d'observations, poursuivit Nott d'un ton tranquille. J'ai remarqué que tu avais mis tes distances avec Potter tout à l'heure. Les autres griffons te posent problème ?
- Absolument pas ! En fait, je dirais même que c'est plutôt eux qui m'évitent, répondit-elle sur le ton de l'ironie.

Comme la Gryffondor s'y était attendue, même s'ils n'étaient pas présents lors de l'altercation, Raine et Llyr comprirent son sous-entendu. Cette histoire avait dû faire le tour de Poudlard plus vite qu'elle ne se l'était imaginée. À sa gauche, Raine éclata d'un rire cristallin et communicatif qui emporta immédiatement ses trois compères dans l'hilarité. Il était si bon de se laisser aller après une journée épuisante.

- J'aurais adoré te voir lui mettre la misère, assura Raine passant sa main contre ses yeux afin d'essuyer quelques larmes.
- Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ? demanda Hermione encore gênée de s'être laissée emporter.

Raine acquiesça et proposa à ses compères d'aller prendre un peu l'air.

- T'es pas sérieuse là ? répondirent en choeur Nott et Llyr.
- Et pourquoi pas ? répliqua Hermione enchantée de pouvoir sortir pour la seconde fois de la journée. Oh, attends voir… Ne me dis pas que ces deux-là sont frileux ?

Conscient qu'un fou rire allait renaître, Llyr attrapa Raine et plaqua une main contre sa bouche avant de lui souffler une menace à l'oreille. Malgré tout, les yeux de la vert et argent gardèrent tout de leur espièglerie. Désolée par ses amis, Nott leva les mains et secoua la tête. Il n'y avait vraiment rien à faire pour que ces deux là cessent de se taquiner. Gentiment, il posa une main dans le dos d'Hermione et la poussa à avancer. Les deux autres suivirent aussitôt le mouvement, et bientôt, ils furent dans l'une des cours extérieur du château. Sans s'arrêter, ils empruntèrent le chemin menant au lac, leurs conversations dérivant vers des sujets plus futiles.

Avec eux, Hermione oublia le froid ambiant. Oublia combien Ronald et Harry pouvaient être idiots. Oublia même son propre comportement de la matinée qui l'avait tant exaspéré. Écoutant ses nouveaux compères discuter d'une oreille distraite, elle songea même que les dîners du professeur Slughorn commençait sérieusement à lui manquer. Depuis quand n'avait-elle pas eu une conversation pleine de sens avec une personne de son âge ? Par Merlin, cela devait remonter à un certain temps. Peut-être Nott avait-il eu raison de l'aborder à cette fête finalement. Peut-être que lui, Raine, et Llyr, dont les doigts effleuraient inconsciemment ceux de Nott, se révèleraient être les personnes dont elle avait besoin pour remonter la pente. Bien sûr, elle n'oublierait pas le professeur Snape. Mais lui était un homme versatile qu'elle ne pouvait décemment voir comme bon lui semblait. Avec eux en revanche, elle pouvait se permettre de sympathiser même si cela risquait de ne pas faire plaisir à certains Gryffondor plutôt sectaires.

- Au fait Hermione, dit soudainement Theodore d'un ton sérieux. Désolé de revenir comme ça sur le sujet, mais… comment ça s'est fini avec Snape ?

"Si vous saviez" pensa-t-elle retenant un sourire. Malgré la forte envie de leur avouer la vérité, Hermione préféra la garder encore un peu pour elle. Se composant un visage affligé, elle énonça la version officielle. Une fois son mensonge exposé, Raine, Llyr et Theodore s'entre-regardèrent l'air de se demander si la sorcière se moquait d'eux.

- C'est tout ? dit Llyr n'en revenant pas.
- Pas un seul point en moins ? intervint Raine les sourcils froncés.

Hermione secoua la tête.

- Je vous avais bien dit qu'elle l'avait dans la poche, assura Nott tout sourire.
- Hey ! J'ai quand même une retenue vendredi soir, objecta Hermione. Croyez-moi, j'aurais mille fois préféré quelques points en moins plutôt que d'avoir à me conditionner au récurage de chaudrons.
- On s'attendait surtout à ce que tu repartes avec la totale Granger, poursuivit Dilwyn. Depuis quand Snape manque une si belle occasion d'enlever encore plus de points à ses si détestés Gryffondors.

La rouge et or haussa les épaules. Depuis leurs petites discussions durant les vacances, il était vrai qu'il avait fait preuve d'un laxisme si flagrant à son égard, que même elle avait été la première étonnée de s'en sortir à si bon compte.

- Les amis, déclara Raine enjouée, je crois que nous allons devoir enquêter sur ce nouveau mystère.

Hermione écarquilla les yeux. Ne manquait plus que ces trois là se mettent à l'espionner. Le coeur battant, elle attendit la réponse des garçons. Autour d'eux, le monde semblait s'être arrêté de tourner en même temps que la réflexion de l'adolescente. Il n'y avait plus un bruit. Plus un bruissement de feuille. Pas un animal pour s'exprimer depuis la Forêt Interdite qui n'était pourtant qu'à quelques mètre d'eux. Pourtant, après quelques secondes, ou minutes, Hermione était incapable de le déterminer, le rire sonore de Nott et Llyr perça le silence.


À Suivre...

Alors, qu'avez-vous pensez de Raine et Llyr ?

PS : Je n'ai pas encore commencé l'écriture du prochain chapitre. Je pourrais donc aussi bien mettre 2 semaines que deux mois avant mon prochain post. Encore désolée ! :(