Absorbés
par leur baisé, Sévérus et Bélisse
n'avaient pas entendu que quelqu'un frappait à la porte d'à
côté. Ce ne fut que la voix d'Erwan qui les ramena sur
la terre ferme.
-Bélisse, c'est moi, tu dors ?
Elle se recula légèrement, fixant intensément Sévérus qui, lui aussi, n'arrivait pas à détacher son regard de la jeune femme. Aucun mot ne pouvait être prononcé, ce qu'ils ressentaient était bien trop fort.
-Bélisse ? Berthie Crochue… Bélisse ? La voix d'Erwan était un peu étouffée, mais la discrétion et lui…
Rogue se décida enfin à la lâcher avec le plus grand mal. Il brandit ensuite sa baguette d'un geste las et tout disparu comme par magie ! Bélisse retrouva son vieil uniforme de Serpentard mais même vêtue de la sorte elle était toujours merveilleuse. Les meubles reprirent leur place et une lumière violente les éblouit un instant.
-Toujours
quand il ne faut pas celui-là. Blasé, Rogue fit mine de
retourner derrière son bureau, mais Bélisse le retint
par le bras, le plaqua contre lui pour lui murmurer :
-ce fut le
plus beau baisé de toute ma vie PROfesseur. Avant de lui
sourire et de quitter la pièce.
Rogue resta là, sans bouger, n'arrivant pas à croire ce qu'il venait pourtant de vivre.
-Ben qu'est-ce que tu fabriquait là-bas ? Le
serpentard ne s'attendait pas du tout à voir sa petite amie
sortir des appartements du professeur de potion.
-Vu que tu m'as
laissé tomber, j'ai du passer la soirée à
corriger des copies avec le prof, sympa pour le bal de Noël !
En réalité, Bélisse aurait voulu utiliser un autre qualificatif que sympa : envoûtant, passionné, magique… mais elle ne pouvait pas.
-Je suis désolé ma puce. Viens là. Et avant qu'elle ne réagisse, il la saisit pas la taille et l'embrassa. Ce baisé lui sembla si… fade… par rapport à ce qu'elle venait de vivre avec Sévérus. Elle voulut se dégager de cette étreinte car peu à peu, la sensation de bien être dans laquelle elle était plongée cédait la place à une vague de nausées, mais il la retenait. Une seule solution s'imposa à elle : elle lui donna un violent coup de talon sur les orteils.
-Aie ! non mais ça va pas ? c'est quoi ton problème ?
-ça t'apprendra à flirter avec une autre ! et elle s'enferma dans sa chambre, le laissant seul dans le couloir, le pied en feu !
Au bout de quelques instants, il fit demi-tour, pensant qu'il l'avait effectivement bien mérité. Il ne restait plus que Peeves dans les allées des cachots, cherchant quelque âme à tourmenter… que Peeves ? pas si sure ! tapis dans le noir, une voix d'homme se fit entendre, tel un grincement…
-Le crétin sportif, ça allait encore, il n'est pas un danger, mais Sévérus Rogue, certainement pas. Je ne le laisserais pas toucher ma promise. Il faut que tout cela cesse, ça fait trop longtemps que j'attends, je veux son secret de famille, je la veux elle. Notre destin est lié, quoi qu'elle en pense, elle n'aura pas le choix.
Bélisse, de nouveau seule, tentait de recouvrer ses esprits. Ses sentiments pour Erwan, déjà relativement platoniques avaient définitivement été anéantis par sa soirée avec Rogue. La simple évocation de ce nom accélérait son rythme cardiaque. Quelle soirée merveilleuse ! et quel homme surtout. La surprise qu'il lui avait fait… c'était à peine croyable, mais de quoi était-il encore capable ? Erwan repartit, elle n'avait qu'une envie, le rejoindre. Et pourquoi pas après tout ? qu'est-ce qu'y l'en empêchait ? il était si proche… Bélisse n'avait qu'à se rendre dans la chambre d'à côté… Aller courage. Sans même s'en rendre compte, elle était déjà debout, la main sur le loquet de sa porte mais lorsqu'elle l'ouvrit, Pablo était derrière.
-T'allais où à
une heure pareille sœurette ?
Prise sur le fait, les joues de la
jeune femme rosirent et elle eut bien du mal à bredouiller sa
défense…
-je t'ais entendu venir alors. Vas-y,
rentre.
Pablo affichait un air satisfait et radieux.
-Alors
le bal ? lui demanda-t-elle.
-Géant ! et ma cavalière
était divine… c'est dommage, je lui ais proposer d'aller
dans la salle sur demande… mais elle a refusé.
C'était Bélisse qui avait trouvé cette salle l'année dernière. Lorsqu'elle avait appris que Rogue allait être son professeur, elle avait alors désespérément cherché un endroit où se réfugier…
-Pablo,
t'es un peu jeune non ?
-Ah ça va, joue pas les rabat joie,
j'suis sure que t'en meurt d'envie avec le beau Erwan ?
-Certainement
pas !
-Remarque t'as raison, il a joué au roi avec sa
cour ce soir. Mais rassure toi, il ne t'as pas trompée, malgré
les avances de l'autre prétentieuse, il n'a pas cédé,
je l'ais même vu quitter la salle il y a bien deux heures de
ça.
-Oui, je sais, il est venu ici. Bélisse se
sentait un peu honteuse. Elle lui devait la vérité tout
de même, si lui n'était pas allé voir ailleurs,
elle ne pouvait pas en dire autant !
Tout en parlant, Pablo s'était assis à son bureau et aperçut un petit paquet posé sur le bord.
-C'est
quoi ça ?
-Ha ça ! j'en sais rien, quelqu'un me l'a
déposé devant ma porte en début de soirée.
Je n'ais pas eu le temps de l'ouvrir.
-je peux ?
-Comme tu veux
! et elle se retira un instant dans la salle de bain.
Pablo
découvrit un petit carnet, peu épais et relativement
ancien. Son contenu était pour le moins étrange.
-Bélisse
ramène toi ! faut absolument que tu vois ça ! c'est pas
normal.
Elle sortie en trombe de la salle d'eau.
-Quoi
?
-Regarde, à l'intérieur du carnet y'a plein de
noms de personnes de notre famille.
-Des Arandal ? demanda-t-elle
avec une certaine inquiétude.
-Il releva les yeux… non,
des Bellecours !
Bélisse devint blanche comme un linge.
Mais qui donc aurait pu déposer ce carnet ? qui à part
quelques professeurs étaient au courant de son véritable
nom ?
-Attends, c'est pas tout, y'a aussi d'autres personnes de
citées : les Furston. J'comprend rien..
Elle lui arracha violemment le carnet des mains.
-Fais voir.
Effectivement, le carnet contenait une succession de personnes de leur véritable famille avec une autre lignée de sorciers. Les noms étaient accompagnés de deux dates : probablement celles de la naissance et de la mort de ces individus. Mais c'était particulièrement étrange. Le carnet n'était pas un arbre généalogique, il manquait beaucoup trop de noms pour ça, y compris ceux de leurs parents. Qu'est-ce que tout cela pouvait bien vouloir dire ?
-T'y comprend quelque
chose toi ? lui demanda son jeune frère
-Non, strictement
rien. Y'avait aucun mot avec le carnet ?
-Rien. Il faut aller voir
Dumbledor Bélisse !
-Non, c'est inutile, tu connais
des Furston toi ?
-Jamais entendu ce nom. Mais si quelqu'un
connaît notre véritable identité, il se peut que
nous soyons en danger. Allons voir le Directeur.
Devant le regard
inquiet de son petit frère, elle céda, imaginant tout
ce que ce carnet symbolisait pour lui.
-Dumbledor
ne pourra rien pour nous, il est trop… droit. Il faut quelqu'un qui
puisse nous aider à résoudre ça.
-Tu pense à
Erwan ?
-Certainement pas, on a vu ce que ça a fait la
dernière foi.
-ben qui alors ?
-Rogue.
-Quoi ?
Bélisse, je sais bien qu'il n'est pas responsable, mais de là
à le voir lui. Non, je ne peux pas. Laissons le en
dehors.
-Ecoute p'tit frère, fais moi confiance. On peut
compter sur lui et en plus, il connaît l'histoire pour y avoir
assisté, il pourra peut-être nous dire qui sont les
Furston et pourquoi nous sommes liés par ce carnet.
Peu convaincu, mais ayant une confiance aveugle en sa sœur, Pablo acquiesça et la suivit dans le couloir sombre. Il était près de deux heures du matin lorsqu'ils frappèrent à la porte du professeur.
Toc, toc, toc.
Rogue Sursauta, mais qui cela pouvait-il bien être… ça ne peut être qu'elle, il sauta alors hors de son lit, à moitié vêtu et se précipita pour ouvrir.
-Arandal ! Un sourire illumina son visage lorsqu'il entrouvrit la porte et la trouva derrière, mais il vit tout de suite son frère.
-B'soir M'sieur
!
-Professeur, ce qu'il aimait qu'elle l'appelle professeur !
désolée de vous déranger, mais on a un petit
soucis et nous ne savions pas…
-Entrez. La coupa-t-il sans
alternative.
Sévérus retourna en direction de son lit, laissant la porte ouverte derrière lui. Pablo et Bélisse échangèrent un regard et le suivirent. Le professeur pris un pull pour paraître dans une tenue descente, mais la jeune femme eu le temps d'apercevoir l'énorme serpent noir tatoué sur son avant-bras. Ça n'était pas la première fois qu'elle le voyait torse nu, mais elle avait été trop perturbée pour le remarquer. Lorsqu'il vit son regard sur lui, il s'empressa de tirer sa manche et de recouvrir ce souvenir qui lui collait à la peau, c'était le moins que l'on puisse dire.
-Assoyez vous. Un peu de café ? on va en avoir besoin.
Les
Arandal acquiescèrent d'un hochement de tête. Rogue
saisit alors sa baguette et prononça le "accio elfe de
maison". Au bout de quelques secondes il virent la porte
s'ouvrir et un elfe arriver, flottant dans l'air de manière
relativement "brutale" (Heureusement qu'Hermione Granger
n'avait pas assisté à la scène !).
-Trois
tasses de café.
-Tout de suite professeur et l'elfe disparu
dans un petit "flop".
Bélisse et Pablo assistaient à la scène incrédules ! ils n'étaient pas choqués par le traitement infligé à l'elfe (pardonnez moi cette petite digression, mais y'a qu'Hermione pour s'en indigner !), mais parce qu'ils n'avaient pas le droit de se "servir" des elfes ! En les voyant le regarder ainsi, il se permis d'ajouter :
-Privilège de professeur ! et fit un immense sourire à Bélisse. Sur ce, trois tasse apparurent sur le bureau.
-Alors qu'est-ce qui me vaut le privilège d'être tiré de mon lit au beau milieu de la nuit ? Il avait prononcé cette phrase comme si on lui avait infligé un calvaire alors qu'il en était plus que ravi, c'était quelques instant de plus à profiter de sa dulcinée.
Pablo commença son
récit, alors que Bélisse avait posé le carnet
sur la table et que Rogue le feuilletait, les yeux encore gonflés
par le manque de sommeil. Au bout d'un moment, il interrompit
l'adolescent :
-Vous n'avez absolument pas vu qui vous a déposé
ce carnet ?
-Non PROfesseur. Elle prenait un malin plaisir à
accentuer la première syllabe.
-C'est étrange.
Quelqu'un sait donc qui vous êtes et a envie de vous le faire
savoir. Mais qui ? et il s'arrêta un instant, perdu dans ses
pensées.
-Je ne sais pas, mais en tout cas, il a décidé
de contacter Bélisse plutôt que moi.
-C'est
peut-être une coïncidence Pablo. Le nom de Furston vous
dit-il quelque chose Monsieur ?
-… oui, vaguement. Le soir où vos parents et vous avez été enlevés, un second groupe de mangemorts devaient remplir une autre mission : capturer les Furston, mais je n'en sais pas plus !
-Vous êtes
sur Monsieur ? Pablo était suspicieux.
-Pablo arrête
enfin !
-Non, il a raison. Sévérus n'arrivait pas à se reprendre, il ne pensait qu'à une chose : si seulement cet avorton n'était pas là !.
-Je crois qu'ils ont un secret de famille eux aussi, mais tout comme le votre, je n'ais aucune idée de ce dont il s'agit. Cependant, si Voldemort a voulu frapper en même temps, c'est certainement que les deux étaient liés.
Bélisse fixait son professeur. Il était si masculin, et avec son air d'ours mal léché et une petite ombre naissante sur le visage, il l'attirait encore plus. Pablo donna un grand coup de pied à sa sœur, comme s'il s'était aperçu de quelque chose.
-En tout cas, les Furston étaient des
mangemorts eux aussi…
-Quoi ? comme ça eux aussi ?
Rogue
regarda Bélisse : "vous ne lui avez pas dit".
La
jeune femme rougit légèrement : "non, je ne savais
pas comment il réagirait et est-ce bien nécessaire
?."
-Arrêtez de parler de moi comme si je n'étais
pas là enfin. Pourquoi "eux aussi" ? Qu'est-ce que
ça veut dire Bélisse ?
-Ecoute Pablo, je sais que tu aimais nos parents plus que tout, mais il faut que tu saches… Ils avaient un côté sombre et étaient proches, très proches de Voldemort…
-Quoi
? non mais tu divagues. Il se leva d'un coup, renversant sa chaise en
même temps. Qu'est-ce que tu me fais là ? il t'as
envoûtée ou quoi ? tu crois que je ne vois pas comment
vous vous regardez ? comment tu peux croire à toutes ces
bêtises ?
-Arandal, calmez vous enfin…
-Ah vous la
ferme ! tout ça c'est votre faute.
Et Pablo se dirigea
vers la porte.
-Pablo attends !
Mais rien à faire, il
l'ouvrit et disparu dans le couloir. Bélisse se retourna vers
Sévérus, le regard abattu. Il compris qu'elle aurait
souhaité rester, mais ça n'était pas
possible.
-Allé, filez le raisonner. Et il esquissa un tout
petit sourire pour l'encourager.
Bélisse courut dans les
cachots pour rattraper son frère.
-Pablo… Attends
moi… (elle était essoufflée).
-Attendre quoi
Bélisse ? Dis moi ? t'as perdu la tête ? Nos parents,
des partisans de Voldemort ? mais je rêve là !
-Ecoute…
Elle était enfin à son niveau et il avait stoppé
sa marche. Réfléchis un instant : tu avais quoi ? six
ans ? et après ! de quoi peut-on se rendre compte à
six ans.
-Arrête, je ne suis pas stupide.
-PABLO !
Bélisse avait haussé le ton pour le forcer à
l'écouter. Moi j'en avait onze, et je peux te dire que papa et
maman sortaient souvent la nuit et qu'ils rentraient dans des états
lamentables, comme s'ils s'étaient battus. Nos parents étaient
des criminels. Tu ne te souviens pas au manoir, nous n'avions pas le
droit de descendre au sous-sol ?
-Je… je ne me souviens pas.
-Et
bien moi si. Une fois j'avais suivi papa, il s'en était rendu
compte et j'avais pris la correction de ma vie, crois moi. Je n'ais
jamais vu ce qu'ils y cachaient, mais ça ne devait pas être
joli joli. Je me souviens même une nuit avoir entendu des cris…
de qui ? je n'en sais strictement rien, mais Notty (c'était
leur ancienne nourrice) était venue dans ma chambre et m'avait
prétendue que c'était uniquement un cauchemar.
Pablo
restait sans voix. Avant de reprendre :
-Tu es sure que tu n'est
pas sous une influence quelconque ? c'était bizarre entre
Rogue et toi, vraiment étrange.
Bélisse rougit un instant. Si elle voulait conserver la confiance de son frère, il fallait qu'elle lui avoue tout, mais comment allait-il réagir ? ç'en était déjà beaucoup pour lui, enfin pour ce soir tout du moins. Mais tant pis, il fallait lui dire, mais lui dire quoi exactement ? que se passait-il en réalité entre elle et le professeur ? elle n'en savait rien, ils n'en avait même pas discuter…
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Pendant ce
temps, dans une certaine salle de Poudlard, au beau milieu de la
nuit, un jeune homme travaillait dur. Il était entouré
d'ingrédients divers et avait tout le matériel
nécessaire à la confection de potions, c'est ce qu'il
avait demandé avant d'entrer dans cette salle.
Elève
de dernière année à Serpentard également,
il n'était pas très connu. En effet, solitaire,
renfermé et d'un physique pas très engageant, il ne
participait à aucune activité de l'école, que ce
soit des clubs de duel, du sport ou encore des sorties à Pré
au lard. Et pourtant, il était craint. Divers évènements
s'étant déroulés dans son environnement proche
avait monté autour de lui une sorte de frontière que
personne n'osait franchir. Certains avaient pu apercevoir de
nombreuses cicatrices sur ses bras lorsqu'ils avait déchiré
sa robe de sorcier un jour. Mais c'était tout ce que l'on
savait de lui. Il se prénommait André Plakmin et était
arrivé à Poudlard en cours de deuxième année.
Quoi qu'il en soit, ce soir, André se concentrait sur ses expériences. Il n'y allait pas de main morte et injectait des liquides tous plus étranges les uns que les autres à de pauvres petits animaux. Ces derniers tombaient tout d'abord dans un coma profond avant que leur cœur ne s'arrête de battre.
-Merde ! c'est pas encore ça !
Mais ceci ne l'attendrissait pas le moins du monde. Il avait un but à atteindre et il ne s'arrêterait que lorsqu'il y arriverait. En attendant, il fallait absolument qu'il fasse quelque chose pour stopper l'évolution des sentiments entre Rogue et Bélisse. Il arrêta donc ses expériences un moment et prit une plume à papote afin de lui dicter une lettre…
