Tu Chapitre 8
Deux semaines ... Déjà deux semaines que Jasper avait quitté la ville pour prendre du recul et il allait revenir demain. Demain. Dans quelques heures, autant dire une poignée de minutes, quelques secondes à peine, elle angoissait. Deux semaines aussi qu'Edward et elle et avaient officialisé leur relation, se disant "ensemble " pour de bon, même si dans l'esprit de Bella, le doute persistait. Mais elle le faisait partir chaque fois qu'Edward posait ses yeux sur elle ou qu'il l'embrassait et que le sol se dérobait sous ses pieds comme si c'était leur premier baiser à chaque fois. Quand elle était seule c'était une autre histoire ...
Elle avait essayé d'oublier Jasper, et son regard quand il était sur le pas de la porte, en vain. Et chaque fois qu'elle passait cette foutue porte c'était comme si elle traversait le fantôme de Jasper. Elle essayait de l'oublier, tellement fort qu'elle n'avait même pas ouvert le mail qu'il lui avait envoyé. "Trouillarde ! Trouillarde !", se disait-elle chaque fois qu'elle ouvrait sa boite de réception avec cet unique mail non lu et "A toi" comme objet. Elle les avait lus au moins cent fois ces mots, essayant de lire à travers eux, de découvrir quelque chose, ronger par la curiosité sans pourtant jamais l'ouvrir. Plusieurs fois la souris avait dérapé dessus, mais elle se disait toujours que quoiqu'il y ait de marqué dans ce mail, ça ne lui plairait pas. Elle ne voulait pas être contente qu'il lui dise qu'il l'aime si c'était le cas parce qu'elle était avec Edward, un mail triste l'aurait fait culpabiliser encore plus, un mail méchant l'aurait attristé, elle préférait rester dans l'ignorance et fermer la fenêtre." Après tout c'est à ça que ça sert internet ! On a le choix d'ouvrir ou non ses mails «, se disait-elle en éteignant le moniteur.
Edward avait su la rassurer et lui montrer qu'il ne la laisserait pas, et malheureusement pour lui, il avait du redoubler d'effort trois jours auparavant ...
Alice avait fait une grande virée shopping, et elle était revenue avec une grosse boite avec un ruban de satin qu'elle avait posé sur la table devant une Bella ébahie.
_C'est une broutille. J'ai pensé à toi quand je l'ai vu, elle t'ira à merveille.
C'était une robe superbe de couturier, très simple, discrète, et très chic à la fois, la perfection pour Bella. Alice connaissait Bella et ses goûts par cœur, et celle-ci ne pu refuser ce cadeau. Edward avait donc proposé qu'ils aillent dans un grand restaurant pour qu'elle étraine sa "perfection». Et elle avait accepté sans sourciller, elle adorait sortir en sa compagnie, ils avaient été partout ensemble au cours de ces derniers jours, et partout toutes les filles avaient les yeux rivés sur lui (ce qui avait le don d'agacer Bella) alors qu'il n'avait d'yeux que pour elle. Elle se sentait exister à ses côtés, elle ne s'était pas senti aussi bien depuis longtemps. Elle le lui avait même dit la veille de cette fameuse soirée où tout avait basculé.
Ils étaient venu la chercher chez elle, à l'heure comme toujours. Enfin, c'est ce qu'elle croyait ... en réalité , il était toujours très en avance de peur d'être en retard , il attendait devant l'immeuble , faisant les cent pas , la voyant parfois passer en courant par la fenêtre du salon , ça le faisait sourire de la voir stresser alors que même en jogging il la trouvait superbe .
Elle le trouva, sublime, sur le pas de la porte, là où le souvenir de Jasper ne s'estompait pas malgré les jours qui passaient. Il l'embrassa tendrement. Elle le fit entrer.
_ Alors, prête à y aller ?
_ Je ne me sens tellement pas à la hauteur à côté de toi.
En le regardant, n'importe qu'elle femme serait tombée en pamoison devant lui. Edward était tout simplement superbe dans son costume noir. Il le portait très bien, peut-être même trop.
_ Bella, tu es parfaite et ce, peu importe ce que tu portes.
Elle rougit avant de fredonner un petit merci.
Quand ils sortirent de la maison, Bella ne pu s'empêcher de frémir en traversant le fantôme de Jasper. Edward sentit sa main se raidir dans la sienne ...
_ Ça va ?
_ Oui, oui. Pourquoi ça n'irait pas ?
Elle se força à sourire un instant et l'embrassa rapidement pour confirmer que tout allait bien.
_ Bella, tu es sûre que ça va ? Je te connais assez pour reconnaître la différence entre un faux et vrai sourire.
_ Non, non, j'étais perdue dans mes pensées.... Alors, vas-tu enfin te décider à me dire où tu compte m'amener ? Tu sais que je n'aime pas les surprises !
Edward avait évidemment remarqué qu'elle voulait changer de sujet, et il savait qu'elle pensait à Jasper. Chaque fois qu'ils avaient passé cette porte ensemble au cours de la semaine qui s'était écoulée, elle avait réagit de la même manière. Mais il le comprenait et fit comme si de rien n'était, comme les fois précédentes.
_ Je t'amène dans un restaurant que j'affectionne tout particulièrement. Ne demande rien d'autre, tu n'en sauras pas plus !
Elle savait que toute résistance était inutile mais elle se mit à bouder pour la forme afin de lui montrer son mécontentement qui n'en était pas vraiment un, car elle aimait toutes les petites attentions qu'Edward avait envers elle. Ça faisait un certain temps que quelqu'un ne s'était pas occupé d'elle comme ça.
Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Bella tressaillit en voyant l'enseigne du restaurant « Chez Antonio ! ». Les souvenirs commencèrent tout de suite à affluer. Deux ans auparavant, elle aurait dit que c'était son restaurant préféré et aurait sauté de joie, mais ça avait changé.
Elle ne se rendit même pas compte des larmes chaudes qui coulaient le long de ses joues et elle ne pu les arrêter. Quand Edward s'aperçut de la tristesse de sa bien-aimée, il se trouva désemparer et se posa des questions sur le pourquoi de sa réaction. Avait-il fait une bêtise en l'amenant dans ce restaurant ? Pourtant Alex lui avait bien spécifié que c'était le préféré de sa sœur.
_ Bella, ça ne va pas… Désolé, je n'aurais pas du t'amener ici, mais je pensais que ça te ferait plaisir.
_ Non, ça va. Je t'assure ça va.
A ces mots ses larmes se dédoublèrent sans qu'elle puisse les contrôler.
_Bella, parle-moi… On s'en va si tu préfères !
_Non, non, je te dois la vérité. Entrons et je t'expliquerai tout.
_ D'accord.
Ils entrèrent dans le restaurant alors qu'elle séchait ses larmes comme elle pouvait. Une fois assis, Edward qui voyait sa chérie dévastée, ne pu attendre plus :
_ Vas-tu enfin m'expliquer ce qui se passe !
_ Il faut que tu saches que j'ai un passé amoureux peu glorieux, voir honteux ... Je vais tout t'expliquer parce que je te le dois avant que ça devienne plus sérieux entre nous. La seule chose que je te demande, c'est de ne pas m'interrompre parce que je ne sais pas si je serais capable de continuer si tu le fais. Aussi, si tu veux mettre fin à notre histoire quand j'aurai terminé, je comprendrais.
_ Vas-y, je t'écoute.
_ Voilà. Il y a de cela deux ans, j'étais partenaire en danse avec James Gigandet.
_ James Gigandet ?? Je…
_ Edward, je t'ai demandé de ne pas m'interrompre, tu parleras autant que tu le souhaites après. Donc, mon partenaire de danse était James Gigandet et il était aussi mon petit ami. Notre relation était vraiment fusionnelle autant sur la piste de danse que dans notre vie. Je l'aimais vraiment et je n'aurais pas vu ma vie sans lui. Nous venions souvent dans ce restaurant qui était mon préféré et nous avions une table qui nous était réservée tellement nous venions souvent jusqu'à cette journée ...
FLASHBACK
Bella se leva comme tous les matins et se prépara pour se rendre dans le gymnase où elle devait répéter avec James. Elle était vraiment stressée ces derniers temps, dans deux jours aurait lieu le concours de danse national qui lui ferait réalisé son rêve s'ils gagnaient : ils seraient nommés les meilleurs danseurs des États-Unis et ça lui permettrait d'entrer à la Julliard School of Art de New York par la suite. Elle était préparée à tout sauf à ce qu'elle vit lorsqu'elle arriva dans la salle de répétition cette fois-là…
Victoria, sa meilleure amie à ce moment là ; l'avait prévenu qu'elle arriverait avant elle à la salle pour venir la soutenir dans ses dernières répétitions. Bella était très touchée qu'elle s'intéresse autant à elle, ces derniers temps elle s'occupait vraiment bien d'elle et était très présente pour elle dans la préparation du concours.
Arrivée à la salle, elle fût surprise de ne voir personne, elle appela une première fois, espérant avoir une réponse, mais rien. Elle se dirigea vers le vestiaire pour y déposer ses affaires et fût attirée par des bruits qui provenaient de l'arrière-salle, un lieu où personne n'allait jamais. Elle s'approcha et eut une vision qu'elle n'oublierait jamais par la suite… Victoria plaquée contre le mur par James qui l'embrassait passionnément, une main dans le creux de ses reins et l'autre lui ébouriffant les cheveux, les bruits qu'elle avait entendus n'étaient autres que les gémissements de cette dernière. Bella sentit son cœur se briser… Tout était flou, elle ne sentait plus ses jambes, elle voulait crier mais aucun son ne sortait de sa bouche, elle les fixait, eux qui n'avaient même pas remarqué sa présence. Comment avaient-ils pu lui faire ça ? Eux qui étaient les deux personnes qui comptaient le plus pour elle ...
Ils finirent par remarquer sa présence après un instant. A sa surprise, ils ne furent même pas gênés d'avoir été pris sur le fait. James sourit, et Victoria éclata littéralement de rire en remettant ses cheveux et sa robe en place.
_ Ah Bella ! Te voilà enfin ! Nous t'attendions.
_ Vous m'attendiez ? Vous m'attendez en vous embrassant ! Drôle de façon d'attendre ...
_ Bella chérie… Tu as l'air mal qu'est ce qui se passe ? Je sors avec Victoria.
_ Non, tu sors avec moi. Depuis quand est-ce que tu me trompes ?
_ Victoria et moi, nous sommes ensemble depuis plus longtemps que tu ne peux oser le penser. Je sortais avec elle bien avant de te connaître, donc en pratique c'est avec toi que je LA trompe ...
Victoria coupa la conversation alors qu'elle se regardait toujours dans le miroir pour dire :
_ D'ailleurs Bells, je ne t'en tiens pas rigueur ! Mais en tant que ma meilleure amie, tu aurais pu éviter de coucher avec mon copain !
_ Je ne comprends pas, c'est quoi votre intérêt là-dedans ! Vic, comment ... enfin, tu es ma meilleure amie !
Elle s'approcha d'elle, sourire aux lèvres, telle une tigresse tournant autour de sa proie.
_ Pourquoi ? POURQUOI ? Tu oses me demander POURQUOI ? Mais tout simplement parce que tout le monde aime Bella. Elle est tellement PARFAITE !!! C'était toujours Bella par ci et Bella par là. Qu'est-ce que Bella danse bien !! Il n'y en avait que pour toi et je passais tout simplement inaperçue à côté de toi !! J'en avais assez et j'ai décidé de me venger. James, ici présent et en passant mon petit ami depuis maintenant 4 ans, a décidé de m'aider. On ne pensait pas que tu tomberais dans le piège, mais ça a été tellement facile ! La pauvre petite Bella ! Tu as tout cru, même que James pouvait t'aimer et que je t'appréciais ! Je dois dire que je m'amusais beaucoup à t'entendre parler de ta relation et voir que tu tombais de plus en plus amoureuse de James.
_ Pourquoi me dévoiler la vérité aujourd'hui ?
_ Parce que c'était la meilleure date pour le faire. Je te détruis intérieurement ma belle, c'est le but premier de mon plan, et je fais ça à deux jours du concours national. Ainsi tu perds ton partenaire, ton copain, ta soit disant meilleure amie et ta confiance en toi ! Et tu vas devoir renoncer à ton grand rêve. J'ai enfin pris ma revanche sur toi ! C'est tellement jouissif !
Bella sentit le monde s'écrouler autour d'elle, ses tempes arrachaient ses oreilles, elle avait l'impression que sa tête allait exploser. James prit Victoria par la taille, l'embrassa comme s'il lui mangeait la bouche et ils sortirent de la salle, laissant Bella seule face à la dure réalité. Elle mit quelques secondes à réaliser ce qui venait de se passer et se laissa tomber à genoux en poussant un hurlement à vous glacer le sang. Elle ne sortit de la salle qu'à la tombée de la nuit, et s'enferma chez elle pendant deux semaines sans parler ni manger si son frère ne l'y obligeait pas.
_ Voilà tu sais tout. J'ai mis plusieurs mois avant de pouvoir faire confiance de nouveau à une fille , c'est Alice qui m'a sortit de là et je n'ai plus jamais été capable de faire confiance à un garçon jusqu'à ce que Jasper entre dans ma vie , et maintenant toi .... J'aurai du t'en parler plus tôt, j'espérais être capable d'oublier, mais il faut croire que le destin refuse que je passe à autre chose. Tu peux crier si tu veux, vas-y énerve-toi un coup ; je suis prête à tout entendre …
Bella fermait les yeux et attendait d'entendre quelque chose, un cri, un soupir, un signe quelconque d'énervement, ou même le raclement de la chaise qui lui indiquerait le départ d'Edward. Quand le dernier son tant attendu se fit entendre, les larmes commencèrent à couler le long de ses joues, incontrôlables. Elle fût surprise quand elle sentit la chaleur de sa main sur ses joues .Il lui essuya tout doucement les larmes qui envahissaient son visage et l'embrassa sur le front pour descendre tout doucement jusqu'à ses lèvres.
_ Bella, je ne sais pas pourquoi ni comment tu as pu penser que j'allais m'énerver pour ça… Jamais je ne te ferais ce que James t'a fait, et si seulement, je pouvais l'avoir sous la main, je te jure qu'il regretterait d'être venu au monde.
_ Non, Edward, jure-moi que, si nous devons croiser leur chemin, tu ne feras rien contre eux. La meilleure façon pour moi de prendre ma revanche serait de les battre sur le plancher de danse et ça se fera lors du concours pour Julliard. Victoria ne laissera pas passer une autre occasion de me surpasser, mais je ne la laisserai pas faire cette fois-ci.
_ J'aimerais te le promettre mais tu ne peux pas savoir à quel point, ma promesse est dure à tenir à ce moment précis.
_ Comment ça ?
_Si c'est bien le James Gigandet que je connaissais, et vu la description que tu m'as faite de Victoria, ils sont juste derrière toi…
Edward avait malheureusement vu juste. Bella eut à peine le temps de tourner la tête qu'elle les vit, toujours les mêmes, se dirigeant vers eux. Rien n'avait changé : ils avaient l'air fou amoureux l'un de l'autre et elle les haïssait toujours autant. Elle serra la main d'Edward et pris une profonde inspiration. Ce fut James qui parla le premier :
_ Oh Bella chérie ! Ça faisait longtemps !
_ Pour toi, ce sera ISAbella et oublie le chérie, ça c'était l'époque où tu te foutais de moi. Une époque révolue ! D'ailleurs si vous pouviez décamper avant de gâcher ma soirée avec mon petit ami.
Ils rirent tous deux aux éclats alors qu'Edward se cramponnait à la table pour ne pas bondir.
_ Nous allons laisser passer pour cette fois-ci. Je n'ai pas le goût de déclencher une émeute dans le restaurant, j'aime trop cet endroit ! Mais tiens bien ton Roméo, on dirait qu'il veut me sauter dessus.
_ Gigandet, que je ne te vois pas t'approcher de Bella, sinon tu passeras un mauvais quart d'heure.
_ On règlera ça sur le plancher de danse, on se voit dans un mois pour les présélections du concours pour la Julliard et je ne compte pas laisser ISAbella prendre la place tant méritée de Vicky. Salut les nazes.
Sur ces derniers mots, Satan et sa compagne quittèrent le restaurant.
Nos deux tourtereaux finirent leur soirée en beauté et Edward, en fin gentlemen, raccompagna Bella chez elle et la laissa sur le pas de la porte avec un baiser passionné.
_ Bonne nuit ma belle.
_ Tu ne rentres pas ?
_ Non, tu as eu assez d'émotions pour ce soir. On se voit demain.
Arrivée dans son appartement elle se dit qu'il était temps qu'elle arrête de vivre dans le passé, et se dirigea derechef vers son ordinateur. Elle ouvrit sa boîte mail, et cliqua sur le message « À toi… » qui l'attendait depuis des jours…
