Yeux De Nacre Et Cœur Noir

Au bout de quelques jours, Gai parvint à obtenir une approbation de la famille Hyuuga pour que Lee et ses compagnons viennent leur rendre visite. Sai et Naruto étaient partis à pied en début de matinée afin de rejoindre le lieu de rendez-vous où se trouvaient Shikamaru et Lee. A eux quatre, ils prirent finalement une voiture pour ne pas attirer l'attention sur le maoh et partirent en direction du manoir des Hyuuga. Le blond se sentit angoissé dans la voiture tirée par deux énormes chevaux de traits à l'air penaud. Le Second pensa qu'il se souvenait peut-être de cette fois où il était arrivé au manoir des Uchiha lorsqu'ils avaient eu l'occasion de quitter le Bastion après que le pacte ait été rompu grâce à Naruto lui-même. Finalement, Naruto, assis aux côtés de Shikamaru, se détendit, emporté par la respiration du stratège qui dormait fermement, n'ayant toujours pas l'habitude de se lever si tôt. Lee babillait à côté de Sai qui l'écoutait, feignant d'être ennuyé alors qu'il finit par participer vivement lui aussi à la conversation. Lee était toujours habillé en vert, bien que dans un costume plus formel, et l'on pouvait presque supposer sans se tromper qu'il avait dû se lever bien plus tôt qu'eux afin de s'entraîner pour ne pas perdre une journée d'exercice.

Durant le trajet, Lee regarda le blond un moment.

« Je ne pense pas que sa tenue soit appropriée… »

« Pardon ? fit Sai, un peu vexé. »

Lui trouvait Naruto élégant dans sa chemise et son pantalon blanc. Il s'était rendu compte que n'importe quel vêtement pouvait le mettre en valeur, car l'adolescent avait une grâce naturelle qui s'accordait à toutes ses tenues.

« Il ne serait pas bien vu d'emmener un prisonnier comme ça, poursuivit Lee. Je pense que nous allons devoir te débarrasser de ta chaîne Naruto ! C'est trop étrange de te voir la porter en notre compagnie ! »

Lee se baissa pour attraper la cheville du blond, et enleva la chaîne pour la déposer dans un coin de la calèche. Il se retourna vers le « prisonnier » afin de lui faire un grand sourire auquel le maoh répondit par son petit sourire timide. Depuis le début, Lee et son maître ne l'avait jamais considéré comme un ennemi, mais comme un égal. Lee paraissait être écervelé, mais il savait à quel point le blond était touché par son comportement, et il faisait tout pour agir normalement, pour lui faire sentir qu'il n'avait pas à se sentir rabaissé. Après tout, lui-même aurait pu se sentir inférieur. Il ne faisait pas parti d'une famille noble, tout comme son maître qui l'avait recueillit des années auparavant. Juste un clan déjà oublié et dont il ne restait plus que lui.

« Je crois que nous arrivons ! annonça Lee à l'approche d'une route plus large. »

Le domaine des Hyuuga était déjà visible. Aussitôt, Sai se rendit compte qu'il était aussi imposant que celui des Uchiha. Placé un peu à l'écart pourtant, il semblait vouloir se différencier, comme s'il n'était pas sous les bons ordres de la famille Uchiha. Et pour cause, les deux familles se valaient sur le plan de leurs hommes, de leur fortune et de leur renommée.

Le Second dut réveiller Shikamaru, qui lui lança d'abord un regard meurtrier, tiré de son sommeil réparateur, avant de s'excuser mollement et de sortir de la voiture, la bouche pâteuse. Il prit appui sur l'épaule de Naruto pour s'aider à marcher, celui-ci étant trop soufflé pour esquisser le moindre mouvement, suivant les pas du Nara pour le soutenir. Ils furent alors reçus par le personnel du manoir, et attendirent dans un petit bureau jusqu'à ce que quelqu'un n'ouvre finalement la porte.

« Bonjour. Veuillez m'excuser de mon retard. Je suis Hanabi Hyuuga, débita la jeune fille qui ouvrit. »

Elle avait de longs cheveux bruns, et la peau très pâle. Ses yeux gris clairs lui donnait un air mystérieux alors que son sourire était tendre et pétillant à la fois. Dès qu'il vit ce visage, Naruto sursauta intérieurement, reconnaissant ces traits qu'il avait déjà vus auparavant. Seulement, la fille devant lui était bien plus jeune que celle qui s'était occupée de lui, lorsqu'il était sortit de sa cellule. Les invitant poliment à les suivre, elle les guida à travers la demeure de plein pied mais qui semblait s'étaler sur plusieurs hectares. Ils arrivèrent dans un couloir extérieur, éclairé par la lumière filtrant dans la cours, alors que les salles de l'autre côté était toutes ouvertes pour aérer. Le petit groupe entendit finalement des coups retentir violemment en provenance de l'endroit vers lequel ils se dirigeaient. Ils pénétrèrent dans la salle spacieuse dont les murs écrus étaient recouverts d'armes et d'estampes montrant des positions de combat, et aperçurent enfin leur hôte. Le jeune homme qui se tenait au bout de la pièce arborait les mêmes cheveux longs qu'Hanabi. Sa carrure était musclée et plutôt sèche, à la façon dont les muscles de son dos roulaient aisément à chacun des mouvements de son torse nu. Ayant achevé son entraînement matinal, le brun repassa sa longue queue de cheval négligée derrière son dos, avant de remettre dans son fourreau le sabre avec lequel il venait de se battre contre un autre homme qui semblait être son maître. Le sabre glissa silencieusement dans l'étui, alors que le garçon semblait avoir sentit les présences dans son dos. Pourtant, il ne se retourna pas, et alla chercher un linge pour s'essuyer le visage. Sa démarche était féline, une pointe agressive tout en restant fluide.

« Je suppose que maître Gai a envoyé son élève. »

Enfin, il se retourna, jaugeant les arrivants, s'arrêtant sur le visage ensommeillé de Shikamaru et toisant par la même occasion Hanabi, comme si d'amener des invités alors qu'il s'entraînait encore le dérangeait particulièrement. La jeune fille s'inclina respectueusement et présenta Lee qui s'inclina à son tour sous le regard clairement désintéressé du brun.

« Je suis Neji Hyuuga, le premier héritier de la famille Hyuuga. Il m'a été dit que tu venais m'apporter quelque chose. »

« C'est exact, répondit Lee, soudain sérieux, certainement impressionné par la froideur du Hyuuga. »

« Malheureusement, ma chère cousine n'a pas vraiment choisi son moment. Suis-moi, nous en discuterons dans mes appartements. »

Sans un mot de plus, Neji partit, suivis de près par Lee qui lança un sourire embarrassé au quatuor restant qui n'était visiblement pas invité à les suivre. Lorsqu'ils furent vraiment partis, Hanabi s'avança vers les garçons restants, le visage troublé.

« Je m'excuse de vous avoir fait venir ici pour rien. Je suppose que vous étiez venu accompagner votre ami, s'excusa-t-elle d'une toute petite voix. »

« Oh, mais la famille Hyuuga au complet est très intéressante. Je ne refuserais pas une coupe de thé pour en savoir plus sur votre histoire, lança Shikamaru pour mettre à l'aise la brunette. »

« Oh, je- Oui, bien sûr ! Si vous voulez bien me suivre ! »

La jeune Hanabi retrouva vite le sourire grâce à Sai et au Nara qui entamèrent la discussion avec elle, tentant de dissiper le malaise qui s'était installé plus tôt. Elle leur fit une courte visite du domaine, se limitant aux quartiers qu'elle avait elle-même le droit de les fréquenter, puis les fit sortir dans une autre cours, faisant demander une table et du thé pour ses invités. Des servantes vinrent préparer une véritable collation dont les mets raffinés mirent l'eau à la bouche de Sai. Shikamaru, lui, se fit servir trois tasses de thé fort, se réveillant progressivement, alors qu'Hanabi tentait d'en apprendre un peu plus sur ses invités. Elle semblait fascinée par la gentillesse des deux bruns qui conversait naturellement avec elle. Elle en fut si touchée qu'à plusieurs reprises, elle manqua de renverser du thé ou manqua de s'étouffer en mangeant, devenant maladroite alors même que sa timidité disparaissait pourtant.

Naruto, lui, regarda les alentours, appréciant l'architecture de l'endroit et découvrant une atmosphère pure et à la fois froide et dénuée de chaleur. Le manoir Hyuuga semblait être un lieu très spirituel et axé sur l'art des armes. Un peu austère, également. Et malgré la beauté du lieu, une sorte de tension semblait régner, probablement dû au rythme de vie très strict de la maison. Hanabi finit par porter son attention sur le blond, ayant été trop dans la lune pour se rendre compte qu'un maoh avait pris place à la même table qu'elle quelques minutes auparavant.

« Tu es le maoh, je suppose, commença-t-elle doucement. »

« … »

Le blond sortit de ses pensées et la regarda avec appréhension.

« J'ai entendu parler de toi par ma sœur. Hinata Hyuuga. Elle s'est occupée de toi, un jour au Bastion de ce qu'elle m'a dit. »

« C'est exact, lança une voix enjouée. »

Hinata arriva, agréablement surprise de voir Naruto dans sa demeure. Un large sourire éclaira son visage, alors qu'elle se précipita pour faire se lever le blond qui s'exécuta, docile.

« C'est vraiment toi ? Comme tu as changé ! Tu as grandi de quelques centimètres je pense ! Je suis vraiment heureuse de te voir ici. »

« J-Je… bafouilla le maoh, abasourdi par le comportement de la jeune femme qui resplendissait bien plus encore que lui. »

« Hinata, ne te montres-tu pas un peu trop familière ? demanda Hanabi, inquiète que sa sœur ne dépasse les limites de l'hospitalité. »

Hinata rit aux éclats, avant de regarder sa jeune sœur qui se tortillait sur sa chaise.

« Oh tu sais, j'ai mis des heures à lui coiffer les cheveux après sa toilette, je ne pense pas qu'on puisse faire plus intime pour une première rencontre ! »

Sai et Shikamaru retinrent un rire discret en voyant Hanabi rougir fortement à la nouvelle. Elle comprit l'allusion à la nudité de l'adolescent pendant leur entrevue. Les deux sœurs s'installèrent côte à côte, reprenant la conversation, alors qu'Hinata ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil à Naruto, constatant qu'il allait bien mieux maintenant. Aucune des deux filles ne semblait choquée qu'il se balade en toute liberté. Hinata le considérait déjà comme un ami proche, l'invitant à se joindre à la conservation.

« Je suis bien contente de vous voir, tous. Je ne suis pas sortie de cette demeure depuis bien longtemps, expliqua Hinata. Comment aurais-je pu savoir que le maoh avait délié sa langue ! »

« Hinata et moi-même sommes trop jeunes pour aller régulièrement au Bastion. Nous restons ici la plupart du temps à nous entraîner, précisa Hanabi. »

« Ainsi donc, les femmes Hyuuga sont de redoutables guerrières ! s'exclama Shikamaru, visiblement impressionné ! »

« N'est-ce pas le cas partout ? demanda la plus jeune des Hyuuga. »

« Les femmes de ma famille sont elles aussi stratèges… Et, à moins de développer une technique martiale impliquant une bouteille d'alcool pour arme, non… elles ne se battent pas, confessa Shikamaru, visiblement ennuyé. »

Le reste de l'assemblée lui jeta un regard perplexe avant de se concerter pour déterminer s'il mentait ou s'il disait la vérité. Le visage du Nara ne laissait rien transparaître, et ils préférèrent ne pas s'étaler sur le sujet plus longtemps.

« Je n'imaginais pas la famille Hyuuga aussi accueillante ! fit Sai pour changer de sujet. »

« Vraiment ? demanda Hanabi, visiblement choquée. »

« Hm, et bien… Votre cousin Neji n'est pas un modèle de chaleur humaine…Hum… »

« Ne retiens pas ta langue, Sai ! le rassura Hinata en riant. Mon cousin peut vous sembler froid et hautain, mais il est aussi un excellent guerrier qui prend soin de sa famille. Aussi… Je suis en partie responsable de son caractère… Alors veuillez ne pas trop le blâmer pour ça. »

« Vous ? demanda Shikamaru, arquant un sourcil. »

« Et bien… »

.

La belle saison était revenue plus rapidement que l'an précédent. Déjà, le ciel clair laissait briller le soleil dans toute sa splendeur, asséchant les sols. L'air était lourd, et l'on pouvait prédire de l'orage dans peu de temps. Ecrasée par tant de chaleur, Hinata Hyuuga avait pourtant décidé de sortir afin de prendre l'air. Sa peau désespérément pâle ne supportait pas bien la violence de l'astre solaire, mais elle aimait le vent, et ne pouvait passer une journée sans aller dans le jardin. Telle une princesse, elle ignorait les avertissements de sa nourrice avant de se précipiter dehors pour la semer. La vieille femme passait des heures à la chercher, alors qu'elle se cachait toujours au même endroit. Son lieu secret, rien qu'à elle.

« Ahhh ! Il fait bon ! Heureusement que ces arbres me protègent. Je ne vois vraiment pas pourquoi la vieille folle fait toute une histoire de mes sorties… Je ne suis plus une enfant ! »

Marmonnant dans sa barbe, la fillette de huit ans commença mollement à jouer avec des brins d'herbes. Allongée à plat ventre sur le sol, elle contemplait les fleurs en chantonnant, cessant lorsque les cris de sa nourrice lui semblaient trop proches pour continuer. Ainsi, elle passait ses journées cachée des yeux de tous. Pourtant, ni ses parents, si ses oncles et tantes ne s'en souciait. Les adultes de la famille Hyuuga n'avait guère le temps de s'occuper de leurs enfants. Ils en laissaient le soin aux nombreuses nourrices. La sœur d'Hinata était d'ailleurs surveillée en permanence à cause de ses problèmes de santé survenant avec la chute du pollen. Au final, il n'y avait que la nourrice, cette femme vieille et aigrie qui ne lui laissait aucune liberté, qui courrait encore partout dans le grand jardin dans l'espoir de la retrouver. Mais au fond d'elle, Hinata savait bien que la vieille dame à la peau défraîchie ne s'inquiétait pas pour elle, ni pour sa santé. Elle s'inquiétait pour sa place. Travailler pour les Hyuuga représentait de nombreux avantages que la petite fille aux yeux gris pâles n'ignorait pas malgré son jeune âge.

« Tu ne devrais pas disparaître ainsi ! intervint une voix dans son cou. »

Sursautant, la petite brune se retourna brusquement en couinant. Face à elle, son cousin la regardait, l'air inquisiteur. Reprenant ses esprits, elle se releva, époussetant gracieusement sa jupe, avant de lancer un regard mauvais à son cousin.

« Neji ! Que fais-tu ici ? Ne vois-tu pas que je désire être seule ? »

« Ta nourrice te cherche. Elle s'imagine que tu t'es fait mal. Elle ignore sans doute que tu es juste assez égoïste pour ignorer ses appels. »

« Egoïste ? Crois-tu vraiment qu'elle se soucie de moi ? Mon pauvre Neji, tu n'as rien compris. D'ailleurs, il semblerait que tu ais également fait faux bond à ta propre nourrice. »

« Me crois-tu aussi mauvaise que toi ? Je l'ai prévenue que je venais te chercher. »

Le regard d'Hinata se fit plus dur, alors qu'elle avançait en direction de son cousin dont les yeux gris se firent plus perçants également.

« Et bien tu te donne beaucoup de peine pour rien, cracha-t-elle. Je désire être seule. Aussi, ce serait mieux que tu partes maintenant. »

« Je ne pense pas que ce soit possible. Après tout, TES parents ont décidé que je devais m'assurer que tout aille bien pour toi. Il faut croire que tu es trop gâtée. »

Prenant son souffle, le jeune Neji encercla sa bouche de ses mains avant de crier.

« NOUS SOMMES ICI ! JE L'AI RETROUVEE ! »

« Qu'est-ce-que tu fais ! piailla Hinata, hystérique. Il ne faut pas qu'elle me trouve ! Idiot ! »

Regardant sa cousine d'un regard qui la priait de dédramatiser, Neji attendit la venue des deux nourrices qui grondèrent Hinata, mortifiée de s'être fait prendre dans son endroit secret. Les larmes aux yeux, elle rejoignit la maison en courant.

Les jours suivant, ne se remettant pas de l'incident, elle décida de prendre sa vengeance sur son stupide cousin qui avait gâché la seule occupation qui lui plaisait vraiment. Profiter de l'extérieur. La demeure Hyuuga était comme un labyrinthe, aussi étouffante que la chaleur au dehors, la lumière en moins. Alors, chaque jour, elle tourmentait son cousin qui se doutait bien de l'auteur qui créait toutes ces maladresses inopinées. Des objets retrouvés au sol pour le faire ensuite trébucher, des repas qui lui étaient servi avec un goût étrange, des affaires qui disparaissaient. Finalement lassé, Neji décida après une semaine que sa cousine devait arrêter d'agir de façon aussi puérile. Il décida de finir son entraînement avant d'aller lui parler, puis alla se changer pour faire quelques exercices, seul. Evidemment, sans qu'il ne s'en rende compte, Hinata l'observait, se demandant de quelle façon elle laisserait exploser sa colère aujourd'hui.

« Quel arrogant ! Toujours seul, à mépriser les autres… Pourquoi a-t-il fallu qu'il vienne vers moi juste pour tout gâcher… Je le déteste ! marmonnait-elle dans sa cachette. »

Mais bientôt, la stupéfaction remplaça la colère. Sans aucune once d'objectivité puisqu'elle voulait se prouver que Neji n'étais qu'un idiot, elle fut surprise de le découvrir sous un nouveau jour. Lui si froid et inexpressif, une épée à la main, semblait s'éveiller et s'ouvrir à la fois. Malgré son jeune âge, ses mouvements étaient précis, et son style de combat était loin de son image retenue. De l'extérieur, il semblait ne pas vouloir se mélanger avec les autres enfants de la demeure Hyuuga. Plus, il ne sortait que rarement dehors, comme si la possibilité de salir sa tenue le répugnait. Mais devant elle, elle voyait un garçon s'entraînant avec acharnement, chassant la sueur de son front de temps en temps avant de reprendre de plus belle. Neji n'avait pas peur de l'effort. Il était même doué. Et s'il ne sortait pas, c'est qu'il restait ici faire la seule chose qui lui plaisait. Tout comme elle lorsqu'elle partait se cacher dans les jardins. La vérité, c'est qu'il était aussi seul qu'elle. Peut-être même plus. Elle avait une jeune sœur dont elle s'occupait parfois. Mais Neji, qui avait-il ?

Enervée par ses pensées, la petite Hinata tenta de se ressaisir. Elle ne venait pas là pour avoir pitié de son cousin. Il avait un endroit où il aimait rester ? Grand bien lui en fasse, il venait de révéler à sa nourrice celui où ELLE aimait rester auparavant. Elle ne pouvait plus compter sur son endroit secret pour respirer un peu dans cette grande maison.

L'œil toujours rivé sur son cousin, elle réfléchit rapidement à la façon dont elle pourrait bien le compromettre. Fixant le bout fin et longiligne de l'épée qu'il tenait, une idée lui vint en tête. Avec un petit sourire malicieux, elle prit le pic retenant ses cheveux et tira dessus d'un coup sec, libérant sa chevelure déjà longue. Ses cheveux retombèrent sur ses épaules et dans son dos d'un mouvement fluide, alors qu'elle contemplait le pic reposant sur la paume de sa main. Pinçant les lèvres, elle approcha le pic de son visage, avant de donner un coup. Aussitôt, elle sentit sa peau la picoter, alors qu'elle retenait un petit cri de douleur. Elle sentit une goutte de sang couler le long de sa joue. Satisfaite d'elle-même, elle se releva, et se décida à sortir de sa cachette. Neji entendit un bruit, et se figea net en voyant sa cousine, le visage blessé et le regard empli de haine le fixant, alors qu'un sourire croisé avec une grimace de douleur trônait sur ses lèvres.

« Hinata ? Que fais-tu ici ? demanda-t-il, soudainement paniqué d'avoir été surpris dans cette salle. »

« Moi ? Je visite la maison, puisque le jardin m'est interdit… Oh, par ta faute, me semble-t-il ! cracha-t-elle en se rapprochant. »

« Ma pauvre cousine, tu m'en veux encore pour ça ? Ta nourrice pense à ton bien-être uni-«

« Foutaises ! hurla Hinata, les poings serrés. »

Le Hyuuga, soudain mal à l'aise, contempla Hinata, qui tremblait de rage, toujours en se rapprochant de lui. Il l'avait toujours vue distraite et fragile, et se sentait malgré lui gêné de la voir ainsi, dirigeant toute sa colère vers lui. Pas qu'il culpabilisait, mais il devait avouer que la jeune fille lui faisait un peu peur. Elle paraissait bloquée dans un état de colère noire. Et s'il n'avait tenu rigueur des mauvais tours qu'elle lui jouait depuis quelques temps, il sentait que la situation devenait inquiétante.

« Hinata, arrête de m'en vouloir. J'ai fait ça pour ton-«

« Tais-toi ! Sale déchet ! Toujours à prendre les autres de haut ! Tu pensais pouvoir me pourrir la vie sans que je ne fasse rien ? »

Un rire sinistre sortit de la gorge d'Hinata alors que Neji ne bougeait pas d'un millimètre, la main crispée sur son épée. Alerté par son haussement de ton qui n'était pas de coutume dans la demeure, les deux enfants entendirent des pas se rapprocher. Les servantes. Hinata en profita et se jeta, toutes griffes dehors, sur son cousin qui la repoussa un peu plus violement qu'il n'avait voulu. S'écrasant au sol, Hinata commença à pleurer. A ce moment-là, la nourrice de Neji et un valet firent irruption dans la pièce.

« Que se passe-t-il ici ? Ciel ! »

La nourrice se précipita aux côtés d'Hinata, relevant délicatement sa tête avant d'afficher une expression d'effroi. Elle regarda le sang qui perlait de la griffure sur la joue de la jeune fille, avant de se tourner vers Neji. Celui-ci comprit alors avec horreur la méprise que sa nourrice venait de faire, et la machination d'Hinata. La nourrice, le visage peiné et courroucé, cria au valet.

« Mais qu'attendez-vous ! Prenez-lui son arme des mains ! Ce petit a perdu la raison, il vient de blesser la jeune maîtresse ! »

« Non, je-«

Neji tenta de parler, mais la nourrice se leva d'un coup, le giflant sévèrement, avant de donner l'épée au valet qui la remis en place avant de montrer le chemin de la sortie à Neji, dont la joue rouge portait la trace de la gifle qu'il venait de recevoir. Lorsqu'il regarda en arrière avant de partir, il vit Hinata, dans les bras de sa nourrice, pleurnichant. Quand celle-ci remarqua le regard de son cousin sur elle, elle esquissa un sourire cruel avant de reprendre ses pleurs qui sonnaient légèrement faux désormais aux oreilles de Neji. Fronçant les sourcils, il partit sans un mot.

Le soir, les parents du garçon le punirent sévèrement pour avoir osé toucher à sa cousine. Cette dernière, derrière la porte, regardait le père de Neji élever le ton, tandis que sa mère semblait catastrophée. Etrangement, Neji ne répliquait pas. Et lorsque son père le frappa devant son manque de réaction et ses excuses qui ne venaient pas, il se laissa tomber au sol. Une sensation étrange parcourut le corps d'Hinata en voyant son cousin au sol, le regard peiné de décevoir autant son père qu'il ne voyait jamais. Bien qu'aucune larme ne coulait sur son visage, elle pouvait lire toute la tristesse qui habitait les yeux gris pâles de son cousin.

Plus tard dans la soirée, elle vint devant la chambre de Neji, voulant se déculpabiliser en préparant de nouvelles phrases méchantes à lui dire. Elle ne supportait pas le malaise qui s'était installé en elle depuis qu'elle avait espionné Neji et ses parents. La main sur la poignée, elle stoppa néanmoins son geste. Elle n'en était pas certaine, mais elle entendait de faibles bruits. Elle reconnut alors des sanglots.

« Neji est en train… de pleurer ? réalisa-t-elle, bouche bée. »

Sans savoir pourquoi, des larmes, réelles cette fois, s'accumulèrent au coin de ses yeux. Doucement, elle entra dans la chambre de son cousin. Celui-ci la vit aussitôt, et cacha son visage pour l'essuyer, avant de la regarder sévèrement.

« N'en as-tu pas déjà fait assez ? Va-t-en ! chuchota-t-il sèchement. »

« Je… »

Une larme. Puis une autre. Et finalement, la jeune fille se jeta dans les bras de son cousin qui l'accueillit malgré lui, trop abasourdi pour expliquer le changement de comportement de sa cousine.

« Je suis tellement désolée ! baragouina Hinata dans la chemise de nuit de son cousin. »

Celui-ci se méfia d'abords, mais comprit qu'elle était cette fois sincère. Hinata pleurait pour lui, pour sa douleur. Elle comme lui n'avaient qu'une obsession inscrite dans leur gène : ne pas décevoir leurs parents. Et elle avait tout gâché en se comportant égoïstement. D'un geste inhabituellement doux, il posa sa main sur la tête de sa cousine, avant de caresser ses cheveux en lui demandant d'arrêter de pleurer.

« Je suppose… que tu avais vraiment besoin d'air… Tu as raison, nous avons tous nos endroits pour se retrouver seul et souffler… »

« Je…Je… »

La brune se redressa fixant son cousin.

« Je ne recommencerai plus, promit-elle d'une voix ferme. »

« Mais où vas-tu aller, maintenant ? la questionna doucement Neji. »

Sa cousine sembla réfléchir un moment, avant de relever timidement la tête. Des rougeurs apparurent sur ses joues.

« Tu… m'apprendrais ? »

« Quoi donc ? »

« L'épée… »

« Ma délicate cousine voudrait se transformer en fine bretteuse ? s'étonna Neji, riant discrètement. »

La dite cousine tapa gentiment son épaule pour qu'il cesse de se moquer. D'un regard, Neji lui fit comprendre qu'il la laisserait venir avec lui pour s'entraîner.

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« En fait, il n'a jamais été très sociale, maintenant que je raconte cette histoire ! rit Hinata, les yeux légèrement embués après avoir révélé combien elle avait été terrible avec son cousin. »

« Neji s'ouvre aux autres ! En réalité… Du moment que la personne est forte et a de la volonté, il pourra se lier d'amitié ! compléta Hanabi, caressant gentiment l'épaule de sa sœur. »

Shikamaru, voyant sous un autre jour la gentille et pure Hinata, ne put s'empêcher de rire, surprenant l'assemblée.

« Vraiment ! Je savais que les enfants étaient vilains, mais vous, ma chère Hinata, vous me surprenez ! »

Hinata essuya une larme au coin de ses yeux en riant faiblement, avant de reprendre la discussion. Peu de temps après, Neji revint, les sourcils toujours froncés, suivit par Lee qui ne cachait pas son soulagement de retrouver les autres garçons. Il s'assit en soupirant, remerciant d'un signe de tête Hanabi qui lui servit du thé dans une tasse. Celle-ci fixa le brun d'un regard suspicieux, la théière en main, alors que Lee engageait la conversation avec Shikamaru. Son geste s'arrêta une fraction de seconde, avant qu'elle ne se retire une fois le thé versé.

« Alors, cher cousin. Comment te sens-tu de pouvoir enfin tenir en main une épée légendaire ? demanda Hinata, tout sourire. »

« Hm, répondit simplement le Hyuuga. »

Sai nota immédiatement la ressemblance de langage entre Neji et Sasuke et lâcha un rire désabusé qui attira le regard noir de Neji.

« Et vous êtes… »

« Le Seconde du Capitaine Uchiha. Sai, enchanté ! »

Le sourire de Sai s'élargit en voyant Neji jauger sa main tendue, avant de la serrer de dépit. Naruto semblait aussi avoir remarqué les points communs entre les deux héritiers des plus grandes familles. Il baissa un peu la tête et salua tout de même Neji dont les pupilles s'étrécirent à la vue du maoh. Prêt à lancer une remarque cinglante, il fut coupé par sa jeune cousine qui s'adressa à l'assemblée.

« Je propose que nous nous amusions à l'intérieur ! lança-t-elle, le regard mystérieux. »

« Et que ferions-nous ? demanda innocemment Hinata qui rentrait dans le jeu de sa petite sœur. »

« Et bien, voyez-vous, nous ne sommes pas autorisés à sortir. Aussi, nous ne nous entraînons qu'avec les maîtres d'armes qu'on veut bien nous accorder. Je souhaiterais… que nous organisions des défis. »

« Inintéressant au possible, cousine, lâcha Neji. »

« Oh ! Ne me dis pas que tu as peur d'affronter nos invités, cousin ! nargua Hinata avec un clin d'œil coquin. »

Après avoir lâché un soupir de mécontentement bien marqué, Neji suivit le groupe guidé par les deux sœurs qui s'étaient déjà mises en route. Naruto sentit ses muscles le titiller. Il savait qu'il ne participerait pas, mais, depuis son entraînement avec Gai, il avait repris goût pour les matchs amicaux. Ils arrivèrent bientôt dans la salle utilisée par Neji le matin-même. Les Hyuuga se mirent alors en ligne, accueillant face à eux leurs invités qui s'étonnèrent de la grandeur de la salle. Shikamaru, lui, semblait déjà s'ennuyer, alors que le blond s'était mis en retrait derrière lui, restant sagement assis sur un banc en bois adossé au mur.

« Nous voilà à trois contre trois, déclara solennellement Hanabi, souriante. Me laisserez-vous choisir les combats ? »

« N'allons-nous pas tous défier Neji ? s'étonna Lee, prêt à se mesurer au terrible guerrier que semblait être le Hyuuga. »

Silencieusement, Hanabi s'avança seule, son épée à la main. Ses yeux se posèrent sur Lee.

« Je me battrai donc en premier…contre Lee. Il semble que vous êtes un excellent combattant, mais que vous n'utilisez que rarement des armes, non ? Cela me donnera un petit avantage. »

Shikamamaru et Sai, tous les deux surpris, regardèrent la jeune Hanabi se mettre en position, attendant que Lee n'avance à son tour. Ni Neji, ni Hinata ne semblait se soucier de voir la jeune fille vouloir se battre contre Lee. Peut-être ignoraient-ils la puissance dévastatrice du brun en costume vert.

« Bien, je donnerai le signal. »

D'un clappement de mains, Hinata lança le départ. Sans attendre, Hanabi fonça sur Lee, perturbé par cet affront. Esquivant d'un mouvement souple, il alla chercher une épée, échappant aux coups furieux d'Hanabi. Cette dernière se révélait plutôt rapide, et Lee, lui, se révéla bien moins à l'aise avec une épée à la main qu'à mains nues. Il semblait hésiter, et se contentait d'esquiver. Hanabi, quant à elle, ne se départageait pas de son sourire troublant. Le son de leurs armes s'entrechoquant s'atténua dans les oreilles de Lee. La salle elle-même sembla fondre en arrière plan, ne laissant plus que la jeune fille dans son champ de vision, aussi hargneuse qu'une vraie guerrière. Son regard pâle s'enflammait progressivement, et Lee ne voyait plus que ces yeux, et ce sourire. Lentement, une image s'imposa dans son esprit.

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'A partir de maintenant, nous suivrons un nouvel entraînement ensemble, garçon. Jamais plus nous n'utiliseront d'armes blanches. Laissons cette barbarie de côté. Il faut se battre pour protéger, pas pour tuer. Combattre sans blesser, afin de sauver des vies.' Lee repensait aux paroles de son maître. Après l'incident sanglant au manoir des Hyuuga, Gai, son maître, avait totalement repensé son mode de vie. Mais Lee, lui, était encore plongé dans le massacre qui avait eu lieu. Il revoyait la famille Hyuuga. Les aînés, leurs visages peinés en les voyant partir. Et en arrière-plan, loin, au seuil de la porte, il voyait les deux sœurs de la première branche Hyuuga.

« Encore cent pompes, et nous commencerost l'entraînement au bâton, Lee ! »

Lee, toujours volontaire, s'entraînait dans la salle que la famille Hyuuga leur avait donnée. D'autres membres de la garde s'y entraînaient, mais personne n'y passait plus de temps que lui et son maître. Seulement, depuis quelques temps, il sentait un regard dans son dos. Et aujourd'hui, il était bien décidé à débusquer cette personne. Profitant d'un ordre de Gai, il feinta de continuer son entraînement, surveillant la présence toujours là, à promximité. Puis, attrapant son bâton, il le lança subitement comme un javelot sur l'une des poutres qui maintenait l'un des coins de la pièce. Un bruit mat retentit.

« Aouch ! »

« Qui es-tu ! cria Lee, s'approchant prudemment du corps perdu dans les tatamis. »

Il débusqua finalement une jeune fille, plus jeune que lui, qui toussotait bruyamment. A ses yeux, il reconnut un enfant de la famille Hyuuga. Paniqué, il vint aussitôt la relever et épousseta sa robe.

« Ah ! C'est bon, lâche-moi ! Je ne me suis pas fait mal ! protesta la fillette. »

« Je-Je suis désolé ! s'excusa Lee, prenant un air de chien battu. »

« Bah… Je suis en faute. Je t'espionnais. »

« Alors c'est toi ? Depuis une semaine, tu… »

La jeune fille prit des couleurs.

« Alors tu savais… ? marmonna-t-elle. »

« Hm, confirma Lee. »

Devant l'embarras de la jeune fille, il posa sa main sur son épaule et lui sourit gentiment.

« Comment tu t'appelles ? »

« …Ha…Hanabi… »

« C'est un joli prénom ! Moi, c'est Lee ! Je vais devenir moi aussi un garde pour protéger ta famille ! »

« Ah ? »

« Oui ! Je m'entraîne tous les jours pour devenir encore plus fort ! »

Hanabi semblait fasciné par la volonté du jeune garçon.

« Tu penses que tu pourras être mon garde ? le questionna la jeune fille, curieuse. »

Lee, pris au dépourvu, prit à son tour des couleurs, avant de hocher timidement la tête. Il remarqua avec gêne que sa main était toujours sur l'épaule de la brunette, et la retira vivement. Une nourrice appelait son nom à l'autre bout du couloir.

« Oh… Je dois y aller ! »

La Hyuuga s'approcha de Lee, avant de lui déposer rapidement un baiser sur la joue. Riant nerveusement, elle s'inclina avant de partir en courant. Les bras ballant, Lee était rouge pivoine et n'osa pas esquisser le moindre mouvement.

« Alors, on se relâche petit ? beugla Gai qui était revenu. Il va falloir être plus coriace si tu penses à devenir un bon garde. »

.

Le jour où Lee et son maître partirent, Hanabi versa une larme unique. Son chagrin déchirait encore son cœur. Elle mourait de tristesse de le voir partir après qu'autant de gens soient morts alors qu'elle avait été protégée dans une chambre remplit d'hommes. La seconde attaque contre le clan avait été dévastatrice, l'une des plus importantes de tout la Grande Séparation. Il ne restait plus que la moitié à peine des habitants de la famille Hyuuga. Son univers se vidait brusquement, et le garçon brun la quittait, marchant aux côté de son maître, la tête baissée. Un unique regard en arrière. Il la vit, elle le vit. Et il continua sa marche. Hanabi se sentait trembler tant la douleur qui parcourait son corps pesait dans chacun de ses membres. Elle serra les dents, s'empêchant de flancher, et prit la main de sa sœur dans la sienne.

« Hinata, murmura-t-elle, la gorge serrée. »

« Oui, Hanabi, fit sa sœur d'une voix éteinte. »

« Apprenez-moi. Cousin Neji et toi. Apprenez-moi à me battre… Je ne veux pas… rester à attende que l'on me protège… Plus jamais… »

Ses sanglots s'étouffèrent dans le cou de sa sœur qui l'avait prise contre elle pour la réconforter.

.

Ses souvenirs étaient revenus à la surface d'un coup, alors qu'il venait de manquer de blesser Hanabi. Celle-ci, furieusement agile, avait accéléré la cadence pour gagner ce combat au plus vite. Lee, perturbé, eu du mal à reprendre ses esprits. Mais sa joue lui brûlait, alors qu'il se contrôlait pour ne pas avoir l'air trop hagard. Les journées d'entraînement intensif, son changement de vie, avait balayé ses vieux souvenirs de son enfance. Hanabi avait bien grandi. Elle était devenue une jeune fille magnifique. Ses cheveux volaient dans son dos, la rendant plus imposante, et plus féline aussi. Elle magnait bien l'épée, et avait acquis une vitesse époustouflante. Mais derrière l'innocence de ce combat, ses coups démontraient bien la rancœur qu'elle avait envers lui. Il l'avait abandonné après l'attaque du manoir. Hanabi avait dû se sentir seule, et il avait manqué à sa promesse de devenir son garde. En apparence, elle se battait pour l'honneur de sa famille. Lee sentait pourtant qu'elle défendait son propre honneur, qu'elle lui prouvait qu'elle n'avait nullement besoin de lui. Le brun se sentit mal à l'aise, juste assez pour que la brune trouve une ouverture suffisante. D'un coup, elle défit Lee de son arme qui vola au loin, avant de pointer le bout de sa lame vers le torse de son opposant. Un sourire fier aux lèvres, elle le jaugea du regard. Après un petit silence, Lee rit finalement. Agacée par le comportement du perdant, Hanabi appuya du bout de sa lame sur le torse du brun.

« Vous avez gagné, déclara-t-il, un sourire serein sur les lèvres, le pouce levé. »

« Evidemment ! lança-t-elle sarcastiquement en rabattant son arme. »

« Vous n'avez finalement nullement besoin de quelqu'un pour vous protéger… »

Hanabi ouvrit les yeux.

« Tu… »

Un seul regard lui fit comprendre que Lee se souvenait d'elle. Ses joues roses après l'effort virèrent au rouge, juste un instant. Le sourire calme de Lee l'ébranla. Reprenant une moue hautaine, elle tourna brusquement sur elle-même, allant ranger son épée. Se faisant, un sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle sentait ses yeux devenir humides. Elle était heureuse. Des papillons dansaient dans son ventre.

« Bien, cela fait donc une victoire pour nous ! déclara joyeusement Hinata. »

Elle lança un clin d'œil à sa jeune sœur, ne remarquant pas l'euphorie qui habitait cette dernière. D'un mouvement brusque, la Hyuuga se tourna vers Sai.

« Ma sœur, je crois qu'un combat contre Sai nous montrera à quel point ce cher Sasuke Uchiha l'a entraîné ! »

Hanabi fit un petit signe de tête, se préparant à donner le signal. Sai, piqué au vif, s'était approché, arme à la main. Son esprit combattif s'étant réveillé, son visage d'ordinaire neutre prit une teinte de défis qui plut à Hinata dont les lèvres formèrent un petit sourire mutin alors que son excitation dansait dans ses yeux gris.

« C'est parti ! lança Hanabi, se reculant pour faire place aux deux opposants. »

Au bout de quelques secondes, Lee et Naruto échangèrent un regard. Sai si effacé et épuisé lors de l'entraînement de Gai, était en réalité réellement doué à l'épée. Ses talents cachés furent dévoilés au grand jour, et ses mouvements souples et agiles éblouirent à Hinata. Rapidement, un hoquet de surprise de la part d'Hanabi rendit la situation plus intéressante encore. A vue d'œil, les coups souples, précis et les mouvements gracieux des deux combattants devinrent totalement similaires.

« Qui aurait cru qu'ils auraient un style de combat en commun ! fit Hanabi, qui avait rejoint Lee et Naruto, laissant Neji s'ennuyer dans son coin. »

« On a l'impression de les voir danser… souffla Lee. »

« Oui, une danse très gracieuse et très dangereuse à la fois. Elle repose sur la souplesse du corps et la force des poignets. J'aime beaucoup la façon de se battre de ma sœur. »

« Une danse… médita Naruto. »

Les yeux du maohs étaient rivés sur Sai qu'il n'avait vu que comme assistant de Sasuke. Mais aujourd'hui, il s'était éveillé, démontrant toute sa puissance. Hinata n'était pas en reste, et offrait un spectacle magnifique. Tous les deux maîtrisaient parfaitement leur technique.

« La danse des poignards enflammés. C'est le nom de cette technique de combat. J'aurais voulu la maîtriser, mais je me suis finalement tournée vers une autre technique. C'est une version revisitée qu'ils pratiquent tous les deux, puisqu'ils se battent à l'épée, expliqua Hanabi. »

« Je me demande qui va gagner, confia Lee. Le visage de Shikamaru est impassible. Même lui ne doit pas savoir. »

Naruto se tourna vers Shikamaru qui ne bougeait effectivement pas d'un pouce, suivant des pupilles le combat qui se déroulait. Ses bras croisés sur sa poitrine et son visage immobile dénotaient effectivement d'une grande concentration, mais le Nara semblait ne pas pouvoir évaluer les chances de voir gagner Sai ou Hinata. D'un coup d'œil, le blond vit aussi Neji regarder sa cousine avec une pointe de fierté sur le visage. Après tout, il avait été le premier à l'entraîner. Ce ne fut que lorsqu'il sentit le regard d'un étranger que le Hyuuga fixa Naruto de son regard perçant avant de détourner la tête, le visage indéchiffrable.

Retournant au combat, Naruto s'approcha discrètement sur la pointe des pieds, longeant le mur. Ni Sai ni Hinata ne semblait faiblir. D'ailleurs, leur technique de combat semblait avoir été faite pour ne pas demander trop d'effort. C'était un match qui comptait sur la durée.

« Aucun de vous ne gagnera, lâcha le blond, comme s'il venait d'avoir une révélation. »

« Je pense que tu vois clair, Naruto, acquiesça Hinata. »

D'un hochement de tête commun, Sai et Hinata s'arrêtèrent et se saluèrent. Ils s'approchèrent de Naruto, ébouriffant chacun ses cheveux, faisant rougir le maoh qui se recroquevilla, alors que Lee se précipita sur Sai pour discuter de ses habilités remarquables.

« Tu as aimé ? demanda Hinata à Naruto. Je suis certaine que ce style de combat te conviendrait. Tu as un corps très souple, tu apprendrais sûrement très vite ! »

« Je… J'ai aimé. Beaucoup. Mais je ne dois pas me battre. »

Le blond lâcha un sourire gêné à Hinata, lui faisant comprendre qu'il était encore un prisonnier en pointant du doigt l'anneau à sa cheville. Neji s'approcha à ce moment, sans un regard pour le maoh. Il était visiblement contrarié de voir les deux seuls combattants à ses yeux se reposer sur les bancs, ayant terminé leurs combats. Se plantant devant sa cousine, il l'interrogea du regard. Voulait-elle créer un scandale en le faisant combattre le maoh ?

« Neji, mon cher cousin, n'a jamais perdu un seul affrontement ! annonça Hinata en haussant la voix pour attirer l'attention. Seulement, nous ne nous battons que contre des gens de la maison. Je pense que face à un style de combat totalement différent de celui que nous exerçons, cela peut néanmoins devenir intéressant. Te battras-tu pour l'honneur de ta famille, Shikamaru Nara ? »

Ce dernier soupira, regardant un coin le sourire malicieux d'Hinata, alors que Sai et Lee s'insurgèrent. Alors que le Nara bailla à s'en décrocher la mâchoire, ils accoururent vers Hinata.

« Shikamaru ? Se battre ? Mais… et cette histoire de saké ? »

Le sourcil de Neji s'arqua, perplexe. Se tournant vers Shikamaru, il vit son visage ensommeillé le narguer d'un petit sourire moqueur.

« Pourquoi pas. Les arrogants sont une espèce à remettre en place régulièrement, après tout. »

Offensé, Neji répondit par un regard glacial auquel le stratège répondit par un rire discret. Le combat avait déjà commencé pour le brun aux yeux de nacre.

« Ca tombe bien, je ne supporte pas non plus les incapables de ton espèce, dit-il d'une voix posée. »

Naruto dut rattraper Sai qui tombait à la renverse suite à la remarque du Hyuuga. Mais Shikamaru n'avait pas l'air de prendre cela personnellement, et prit une épée sur le mur, avant de s'avancer d'un pas traînant et légèrement inquiétant. Après ces jours d'affilés à se lever pour rejoindre Naruto et Sai, les cernes sous les yeux du Nara avaient doublé de volume, et son teint était celui blafard qu'avait abordé Naruto à son arrivée à l'ANBU. Le maoh regardait avec une pointe d'inquiétude au creux du ventre s'avancer le stratège qui semblait à bout de force, mais nullement inquiet de son sort. Le sourire carnassier de Neji le mettait mal à l'aise. Il se faisait du souci pour le Nara qu'il appréciait, et ne savait pas à quel point le caractère de son opposant pouvait être mauvais.

« Commençons ! lança presque théâtralement le Hyuuga. »

En un éclair, il atteignit la hauteur de Shikamaru, forçant celui-ci à se pencher soudainement pour évider la lame qui fonçait en direction de son torse. Pâteux, le Nara trébucha, laissant l'ouverture à Neji qui atteignit le visage du Nara, avant d'atteindre l'élastique retenant ses cheveux, le tranchant en même temps que sa joue sur laquelle une trainée de sang apparut. Naruto s'était agrippé machinalement au bras d'Hinata qui cessa aussitôt de plaisanter avec sa sœur pour prêter attention au dernier combat.

Le Hyuuga se remit en position, avant de contempler l'air ennuyé du Nara. Ce dernier s'essuyait la joue, alors que ses cheveux d'ordinaire toujours tirés et attachés en hauteur déferlaient par cascades sur ses épaules, encadrant son visage fin. Le Hyuuga nota ainsi que le stratège n'avait pas un si mauvais visage qu'il l'aurait pensé. Malgré l'air de cadavre que Shikamaru arborait à cause de la fatigue, ses cheveux encadraient un visage aux traits bien sculptés digne des grandes familles de l'ANBU.

« Ah… Je crois bien que je suis blessé au visage. »

Le stratège observait avec attention le sang sur sa main qu'il avait récupéré en se frottant le visage. Il était hagard, quand soudain son visage se transforma. Son regard se durcit, alors qu'un sourire presque effrayant prenait la place de sa moue embêtée. Le Hyuuga, préparé, repartit à l'assaut sans attendre. Mais alors qu'il s'apprêtait à toucher de nouveau son adversaire, celui-ci disparut tout simplement de sa vision, pour atterrir plusieurs mètres derrière lui. Son regard était sombre et menaçant. Mais cela ne découragea nullement Neji qui fit un saut acrobatique, se lançant à sa poursuite. A l'image du combat ayant opposé Lee et Naruto, les spectateurs voyaient Neji courir après Shikamaru, sans jamais le toucher. Bien que leur vitesse n'égale pas celle des deux élèves de Gai, leurs mouvements étaient impressionnants, alliant vitesse et puissance.

« Tu ne fais qu'éviter ! cria Neji, furieux. »

Effectivement, la plupart du temps, Shikamaru n'était que le miroir du Hyuuga, ou bien son ombre, mais jamais il ne cherchait à l'attaquer.

« J'aurais dû m'en douter, tu n'es qu'un sale lâche ! »

A cette phrase, l'aura du Nara s'obscurcit davantage. Il disparut à nouveau de la vision de Neji pour apparaître au plafond, accroché à une poutre. Son regard était meurtrier, et fit tiquer le brun qui le lui rendit. Shikamaru disparut une fois encore. A ce moment, seul Naruto perçut de ses yeux affutés le mouvement du stratège. Lorsque Neji situa le Nara, se fut lorsqu'il le sentit collé dans son dos, sa lame pointé sur sa gorge. Déglutissant amèrement, Neji comprit qu'il avait perdu en un seul coup, sans même que son adversaire n'ait songé à le blesser avant. Son style de combat n'était pas ordinaire. Il n'était qu'une ombre se mouvant, attendant le bon moment pour frapper.

Shikamaru libéra Neji de son emprise, laissant le brun le repousser brusquement, avant de lui faire face, le visage déformé par la colère.

« Tu appelles ça un combat ? Tu crois avoir gagné ? Tu n'es qu'un minable ! Vous les stratèges, vous vous amusez des arts martiaux en apprenant à vous cacher pour mieux frapper par derrière. Des lâches. Des faibles. Vous devriez vous considérer bénis de ne pas être envoyé à la mort. Je me demande par quel tour de passe-passe vous réussiriez à vous cacher sur un champ de bataille ! »

De rage, Neji lança son sabre, avant d'envoyer son poing au visage de Shikamaru. Celui-ci n'évita pas le coup, et saisit le bras du Hyuuga avant de l'attirer vers lui. Son regard était toujours sérieux, comme le jour où Naruto l'avait vu pour la première fois. D'un mouvement de bras, le stratège balança négligemment Neji sur son épaule, avant de quitter la salle. Il lança un regard à Hinata sur le seuil de la porte, faisant fi des cris de son prisonnier qui se débattait sans pouvoir se défaire de la poigne solide du Nara.

« Je trouve votre cousin fort mal informé… et fort mal éduqué. Si vous permettez. »

« Je te fais confiance, marmonna simplement Hinata, tout de même préoccupée. »

.

.

Cela faisait plusieurs minutes que Shikamaru repoussait les assauts de Neji qui ne pensait qu'à lui sauter à la gorge. Il l'avait traité de tous les noms au moins trois fois, perdant totalement son sang-froid, ne voulant rien entendre. Le Nara avait l'impression de voir un enfant rebelle, mais il savait très bien que ce Neji n'était pas le Neji qu'il aurait dû voir, dans toute sa perfection, cachant jusqu'à son ressentiment. Pour être tout à fait honnête, il était un peu vexé d'avoir déclenché la colère du Hyuuga qui frôlait faussement la haine.

Un nouveau coup se dirigea vers son visage. Lassé, il saisit le bras du Hyuuga, le plaquant contre le mur de sa propre chambre.

« Tu paieras l'humiliation que tu m'a fais subir ! »

Les mots du brun aux yeux pâles étaient durs. Mais le regard du Nara l'était encore plus.

« Tu ne payes que ton mauvais jugement. Apprend à ne pas sous-estimer. »

« Tu n'as eu que de la chance ! cracha Neji. »

« Ah tu crois ça ? »

La poigne de Shikamaru se resserra sur le bras de Neji. Ce dernier couina, ressentant une douleur vive dans son articulation. Le stratège savait qu'il était allé trop fort, mais il ne pouvait pas laisser le Hyuuga cracher sur sa famille. Question d'honneur. Et de fierté. Il aurait pu recommencer ce combat contre lui dix fois, il aurait gagné à chaque fois. Shikamaru n'avait jamais voulu être un stratège. Ni un guerrier, d'ailleurs. Mais il n'aimait pas qu'on le critique sur ses compétences après avoir été forcé de s'entraîner à quoi que ce soit.

Sortant de ses pensées, il remarqua que les yeux de Neji étaient humides, alors que son regard semblait le foudroyer sur place. Il avait sans s'en rendre compte serré plus fort encore le bras du Hyuuga. Leurs visages étaient proches, et il pouvait clairement y lire tout le ressentiment du brun. Puis, ses yeux changèrent d'expression. Une pointe de douleur, à cause de son bras. De l'inquiétude, car il ne pouvait se défaire. De l'agacement, de ne pas pouvoir changer de position. Et soudain, de la gêne. Shikamaru était si proche de lui que leurs souffles se mélangeaient furieusement.

« Lâche-moi, souffla Neji. »

« Sinon quoi… répliqua le Nara. »

Avec surprise, il sentit le Hyuuga se jeter sur ses lèvres. Profitant qu'il ait parlé, Neji avait saisit l'occasion pour embrasser à pleine bouche le Nara. Celui-ci, ahuri, recula sa tête, sans toutefois le lâcher. Neji en profita pour avancer, et se décolla enfin du mur. Shikamaru partit alors violemment en arrière, lâchant définitivement le bretteur. Ses yeux arrondis traduisaient son choc. Il était incapable de réfléchir. Il considéra Néji, et remarqua que celui-ci était aussi catastrophé que lui, n'ayant pas cru qu'il serait prêt à faire une telle chose pour se libérer.

La bouche de Shikamaru lâcha un souffle rauque. Neji frissonna. En un éclair, ils se rejoignirent, s'enlaçant de toutes leur force alors qu'ils se dévoraient mutuellement la bouche. Le contact était sauvage, né d'une pulsion. Ils surent tous les deux qu'ils ne parviendraient pas à s'arrêter. Shikamaru jeta Neji sur son lit, lui laissant à peine le temps de se redresser, avant de le rejoindre, grimpant au-dessus de lui. Leurs gestes brouillons étaient dévastateurs.

« Sale malade, souffla Shikamaru. »

« P…Pervers….Vire tes sales pattes de là ! »

Epluchant leurs vêtements, ils se griffèrent, s'emmêlèrent et piaffèrent. Neji se cogna à la tête du lit, reculant d'un coup pour accueillir le Nara contre lui. Leurs pupilles s'étrécirent, comme s'ils étaient dans un état second, voyant sans voir le corps de l'autre, brûlant, se mouvant.

« Pas mal… lâcha le stratège en admirant le corps d'un Neji furieux mais pas farouche. »

Shikamaru dévora sa clavicule lui faisant pousser un cri proche de celui d'une bête et lui faisant basculer sa tête derrière, ne se préoccupant même pas de ses longs cheveux qui se coincèrent sous son épaule.

« Ahnnn…Ouiiii…. »

Ses mains empoignèrent le stratège au niveau des omoplates, laissant des marques rougies alors que ses ongles se plantaient dans la chaire. Ses jambes vinrent naturellement entourer le bassin du Nara, le rapprochant plus encore de son propre corps. Il avait l'impression de brûler de l'intérieur, ne sentant pas la douleur l'envahir alors qu'il était en train d'inciter de ses mouvements de bassins le stratège à le prendre maintenant. Il ne sentit rien non plus lorsque ce dernier s'exécuta, embrassant tout son corps du sien. Ses yeux virent blanc un moment, avant que le feu ne se répande plus brutalement encore, lui faisant perdre le contrôle. Il n'avait jamais ressentit de pareilles sensations et son corps allait sans doute imploser de cette vague incontrôlable qui s'emparait du moindre de ses muscles.

« Aaaaaahh… »

Une fois que leurs voix s'exprimèrent, elles ne s'arrêtèrent plus. Coupées, presque silencieuses, et coincés au fond de leur gorge, elles traduisaient l'avalanche de sensations qui traversaient le corps des deux jeunes hommes. Shikamaru suivait les ondulations des hanches de Neji qui semblait sur le point de perdre connaissance face à toute cette brutalité qui lui semblait pourtant exquise. Ils avaient l'impression de souffrir, et de n'avoir jamais rien ressenti d'aussi bon à la fois. C'était un enfer, et un paradis en même temps. Une morsure et une caresse dans la seconde suivante. Une main qui glisse à cause de la sueur se transformant en coup fatal. Un baiser qui devenait subitement le plus savoureux des péchés. Une douce folie, un plaisir incommensurable.

« Neji… »

Le Hyuuga sentit son esprit s'évader, alors qu'il s'accrochait désespérément au corps aussi tremblant que le sien qui le surplombait.

.

.

Hinata, Sai et Naruto s'étaient quant à eux déplacés dans la chambre qu'occuperait l'adolescent blond pour la nuit. Mais au lieu de se sentir exclu dans une chambre à part, le maoh comprenait que la brune ne désirait que lui offrir sa propre chambre, comme à n'importe quel invité. Sai avait déplacé deux chaises près du lit où le blond attendait, sagement assit, suivant la conversation de ses deux amis.

« Je pense qu'Hanabi à réussit à convaincre Lee de la suivre dans un entraînement nocturne à cette heure-ci, commenta Hinata en regardant la pleine lune par la fenêtre. »

« Je ne pense pas qu'elle ait eu beaucoup à insister, remarqua Sai. Tu peux prendre Naruto comme témoin, Lee et son maître n'arrêtent jamais l'entraînement ! »

« Dis comme ça, il semblerait que même toi tu aies eu droit à une petite démonstration… Non, tu as même suivis cet entraînement, ai-je tord ? »

« Non, tu as raison. »

Sai raconta les séances qu'avait suivit Naruto auprès de Gai pendant ces dernières semaines, expliquant sa remise en forme miracle. Le blond, lui, sentait à quel point les deux s'entendaient bien. En réalité, Hinata devait connaître Sai et son maître depuis plus longtemps qu'il ne le pensait. Après tout, dans tous ses souvenirs flous, elle les avait appelé par leur prénom lorsqu'il avait été sorti des cachots. La Hyuuga avait dû suivre une formation d'aide soignante au Bastion pendant un moment une occasion de sortir pendant quelques semaines de la demeure des Hyuuga.

Plus la conversation se poursuivait, plus Naruto se sentait à l'aise. La même chaleur et la même sympathie se dégageait de ses deux sauveurs. Son avis ne fut que renforcé quand Sai évoqua le jour où elle avait accepté de prendre soin de lui.

« Après tout, tout le monde les craint. »

« Ca n'a pas l'air d'être ton cas, pourtant, répliqua Hinata en riant. Me diras-tu d'où te viens cette gentillesse spontanée pour Naruto, si je t'explique mes raisons ? »

« C'est étrange… Dans mes souvenirs, Hinata Hyuuga n'était pas aussi indiscrète ! »

La demoiselle rit davantage, frappant gentiment l'épaule de Sai.

« Mais je suis d'une nature terriblement curieuse ! C'est même comme ça qu'il y a longtemps, j'ai découvert un livre dans les appartements de mes parents. Oh bien sûr, j'étais terrorisée et excitée à la fois de fouiller partout dans cette demeure ennuyante à mourir. Mais cela en valait la peine. »

« Un livre ? De quoi parlait-il ? demanda Sai. »

« C'était de la poésie. La plupart des textes n'étaient que des chants et des poèmes classiques. Mais certains… »

La brune lança un regard mystérieux au Second, faisant durer le suspense un peu plus longtemps. Naruto lui-même était accroché à la bouche de la demoiselle, attendant la suite.

« Certains parlaient des maohs ! Et comme on peut s'en douter maintenant, ça ne parlait pas vraiment de chaos et de fin du monde. Ces poèmes faisaient l'éloge de ta race, Naruto ! Je pense qu'ils étaient destinés à devenir des offrandes de cérémonie. »

« Hm… Etrange. Tes parents l'ont probablement lu. Mais, comme par hasard, au Bastion, tout le monde semblait détester Naruto. Comme il est étrange de constater que tous les adultes qui ont vécu dans le monde avant la Grande Séparation suivent le mouvement de haine envers les maohs. »

« Oui, et comme il est étrange de constater que la première mesure de l'ANBU ait été d'interdire l'accès aux bibliothèques, et de brûler la majorité des livres pour ne garder que ceux de guerre. Je ne peux que me poser de plus en plus de questions. Comprends-moi, Sai, je suis manipulée au sein de cette maison. Mais à quoi cela servirait-il de fuir, si ce n'est que pour être contrôlée une fois encore à l'extérieur ? »

« J'ai parcouru la bibliothèque des Uchiha avec Shikamaru. Lui sait tout ce qu'i savoir sur les maohs, l'ancien monde, et leur place prédominante. Naruto ne peut pas parler, un sort l'en empêche. »

Hinata se tourna vers le blond qui acquiesça, visiblement énervé de ne pas pouvoir s'exprimer librement.

« Les livres ne disent rien. Les maohs non plus. Quelque chose cloche, Sai. Dis-moi comment tu as su, avant d'aller dans la bibliothèque, que Naruto ne te ferais pas de mal. »

« Avant la grande séparation… Je m'enfuyais également… près du Jardin Céleste. Il était à l'écart. Aucun enfant ne le connaissait, mais j'avais découvert un passage. C'est le lieu où sont élevé tous les maohs. »

« Le…Jardin… »

Hinata et Sai se tournèrent vers Naruto, qui semblait avoir réalisé quelque chose.

« Je me souviens… Je me souviens du Jardin… avant… »

L'adolescent couvrit sa bouche, de peur d'en dire trop et d'activer le sort qui l'empêchait de parler de Danzou et de tout ce qui concernait les maohs aujourd'hui.

« Tu les as vus étant enfant ? demanda Hinata, une pointe d'espoir dans la voix. »

« Non… J'ai rencontré une maoh là-bas, confia Sai. Nous avons fait connaissance et joué pendant quelques semaines, avant que tout ne s'arrête… Et que la guerre ne commence. »

Hinata sembla saisir l'importance de la méprise sur les maohs qui était faite depuis le début de la guerre. Ses yeux prirent une lueur désabusée, alors qu'elle comprenait que, si autrefois les maohs avaient été les guides et les gardiens des gens, ont les avaient subitement déchus de leur place lorsque l'ère prospère été apparue loin des guerres. Et quand leurs rôles auraient pu en éviter une, la guerre avait effacé les maohs des mémoires. Quelque chose s'était passé, et les Protecteurs du peuple étaient devenus les monstres d'aujourd'hui détruisant tout sans âme sur leur passage.

« Naruto… »

Sai n'avait jamais vue Hinata si émotive, et fut presque choqué de la voir se jeter sur le blond, en pleur, s'excusant que les humains soient aussi bête. L'adolescent, paralysé, ne savait pas comment répondre à l'affection de la brune, et se sentit de plus en plus gêné, n'osant pas même cligner des yeux. Soudain, en regardant tour à tour Hinata dans ses bras et Sai qui tentait de l'éloigner pour le laisser respirer, une idée germa dans son esprit. Il n'était pas très doué pour ça, mais rien ne l'empêchait de tester, après tout.

Sans prévenir, il ferma les yeux et se concentra. Sai nota son geste, perplexe, mais ne l'interrompit pas. Lorsqu'il les rouvrit, les yeux bleu océan de Naruto avaient pris une teinte plus lumineuse. Hinata cessa enfin de s'accrocher à l'adolescent, et se détacha de lui pour le fixer. En même temps, elle est Sai sentirent comme une aura les envelopper, avant de disparaitre aussi subitement. Les iris de Naruto reprirent leur teinte habituelle, et celui-ci baissa la tête, partagé entre la déception et la fierté.

« Naruto ? appela Sai, pour le ramener à la réalité. »

« Vous avez l'âme des Gardiens… tous les deux… confessa-t-il. »

« Vrai-vraiment ? balbutia Hinata, qui ne comprit pas. »

« Les Gardiens protègent les maohs…, expliqua vaguement Sai. Naruto, l'un de nous est le tiens ? demanda le second. »

« … Non… »

Encadrant le blond, les deux amis s'assirent, passant leur main derrière son dos, avant de lui dire qu'ils auraient aimé être le sien s'ils avaient pu choisir. Les deux amis restèrent un moment auprès de lui. Mais rapidement, ils comprirent que d'avoir dépisté leur âme avait coûté de l'énergie à Naruto qui s'endormait sur place. Ils quittèrent la chambre, regardant une dernière fois leur petit protégé. Etonnement, de savoir qu'ils pourraient se retrouver face à leur maoh un jour les remplissait de fierté, même s'ils ne se voyaient plus quitter Naruto.

.

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Le blond s'était endormi comme une pierre. Au milieu de la nuit pourtant, un sentiment troublant s'empara de lui, le faisant se réveiller subitement. Redressé dans son lit, il passa son poignet sur son front brûlant. Celui-ci était couvert de sueur, comme le reste de son corps.

« C'est… »

Il comprit aussitôt qu'il refaisait un de ces malaises inexpliqués. Grinçant des dents, il se recroquevilla, prenant ses genoux entre ses bras, alors que son corps se réchauffait comme un brasier ardent. Les rires sadiques et rauques revinrent dans sa tête.

« Gnnn… »

La peur s'installa en lui. Jamais il n'avait réagit aussi violement. Ses yeux voyaient presque trouble, et la chaleur ne cessait pas d'augmenter, comme si son corps allait imploser d'un moment à l'autre. Il tourna la tête vers l'extérieur et fixa la pleine lune par la fenêtre, fiévreux. Il sembla y voir le visage d'Haku, riant de lui. N'y tenant plus, il se leva, testant ses jambes maladroites, avant de s'élancer vers la fenêtre. Il ne pouvait plus lutter. Il devait savoir ce qu'il se passait. D'un bond, il quitta le manoir Hyuuga au beau milieu de la nuit.

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Salut ! Vous avez deux flash-backs pour le prix d'un aujourd'hui !

Alors, qu'avez-vous pensé des Hyuugas ?

Une ampoule s'est-elle allumée vers la fin du chapitre ?

Mais quel genre de sorcellerie Haku utilise-t-il, bon sang ?

Je tiens à remercier Une inconnue et Magnum92. Vos commentaires sont une dose hebdomadaire de joie très appréciée !

A vous autres, âmes silencieuse, quand allez-vous vous manifester, que je puisse vous remercier de suivre mon histoire ? :3

Merci d'avoir luuuu ! A la prochaine !

PS: Désolée pour le retard et la fausse annonce dimanche. Je me suis battue contre le site pour uploader T.T