Salut tout le monde! :D Et oui, je suis toujours vivante! *^*
Nao-Sempa: Salut! :D Ah ça, pour une tension sexuelle, on peut dire qu'il y en a ;) (Kardia fait tout pour en tout cas ;p) Je suis heureuse que cette tension se ressente bien parce que c'est exactement ce que je cherchais à montrer dans ces quelques chapitres ;) (ou là! mais c'est que je spoilerais moi!) (mais oui voyons, c'est pour ça qu'on l'aime ce petit Scorpion ;3) Encore merci pour ta review et ton soutien et à très vite! :D Bisous! ;)
Athena: Salut salut! :D Haha, c'est ce qu'on verra :D Merci beaucoup! ^^Je suis heureuse que ça te plaise ;3 J'espère que ce chapitre te plaira tout autant ;) Encore merci pour ta gentille review (et ton soutien, par la même occasion) et à très bientôt! :D Gros bisous! :3
Sur ce, je ne vous retiens pas plus longtemps et je vous laisse avec nos deux zoulous! :D
On se retrouve en bas!
Enjoy! :3
Dégel avala une dernière gorgée d'eau et ferma les yeux un instant en poussant un léger soupir. Cela faisait maintenant huit jours complets qu'ils marchaient sans s'arrêter. Grâce au cosmos et à leurs entraînements, leurs corps pouvaient résister une semaine sans boire ni manger. (*)
Ni dormir.
Mais là, après huit jours de marche intensive, Dégel devait avouer qu'il commençait à fatiguer: ses yeux se faisaient lourds et ses jambes commençaient à l'élancer légèrement. Et, étrangement, plus le temps passait, plus Kardia semblait enjoué:
-Allez mon p'tit Dégel! On garde le rythme!
S'exclama justement l'arachnide doré en lui faisant un signe du bras, le devançant de quelques pas.
Le Verseau leva les yeux au ciel et rangea la gourde dans sa poche. Autant, après trois heures de marches, le Scorpion avait gardé les sourcils froncés et avait boudé à n'en plus finir, autant maintenant, il semblait reprendre du poil de la bête et marchait avec un entrain non feint.
Comme s'il n'était pas sensible à la fatigue.
Comme si, plus il avançait, plus il regagnait des forces.
Dégel repoussa une mèche de cheveux verts derrière son épaule et ajusta la lanière de sa Pandora Box, réfléchissant sur la chose à faire ce soir. En vérité, il ne voulait pas imposer cette marche épuisante.
En vérité… Il voulait juste retarder le moment où il devrait à nouveau se retrouver dans la tente, seul en compagnie de Kardia.
Seul face à cet espèce de psychopathe dangereux.
Un frisson parcourut les épaules du Verseau: oh non… Il n'en avait pas envie du tout.
Passant lentement l'index sur sa lèvre inférieure, il ne pouvait pas oublier l'étrange lueur dans les yeux de Kardia lorsqu'il l'avait mordu. Et puis, ce discours qu'il avait tenu à ce moment-là…
-C'est un avant-gout de la nuit à venir… Ose me dire que ça ne t'a pas plu. Crois-moi, mon Dégel, quand tu t'y seras fait, tu vas adorer ça. Tu vas adorer et tu me supplieras de t'en donner plus. On parie combien?
Dégel secoua légèrement la tête en fermant les yeux: ces paroles… La lueur malsaine dans les yeux de Kardia quand il avait dit ça, le sang qui tâchait légèrement ses lèvres, le sourire terrible qu'il avait esquissé… Tout le mettait mal à l'aise au plus haut des points.
Dégel en était venu à craindre encore plus qu'avant ce Chevalier qui était censé être son co-équipier…
Et avec qui il avait passé une nuit.
Qui l'avait aimé le temps d'un soir, l'avait tenu dans ses bras, embrassé, caressé,…
Nouveau frisson: Dégel s'asséna une claque mentale et secoua la tête, une légère rougeur ayant envahi ses joues à ce souvenir. Pourquoi est-ce qu'il avait été aussi faible au point de se laisser tomber dans les bras de Kardia, ce soir-là?
Pourquoi avait-il commit une erreur aussi grave?
Tout serait différent aujourd'hui, s'il n'avait pas fait ça.
Il aurait dû empêcher Kardia d'aller plus loin. Il aurait dû tout arrêter avant même de commencer.
Parce que dorénavant, le Scorpion s'était fait à l'idée que Dégel et lui formaient (le Verseau grimaça) un couple.
Et il pensait également avoir le droit de faire ce qu'il voulait de lui et de son corps.
Le Français poussa un nouveau soupir: ce genre de désir possessif ne le mettait vraiment pas à l'aise!
Tout ce qu'il espérait, c'est que Kardia se lasse d'attendre et le laisse tranquille.
…
Ouais… Bizarrement, Dégel n'y croyait pas trop.
Il retint un bâillement disgracieux et poussa une exclamation surprise lorsqu'il trébucha sur un caillou qui s'était traîtreusement mis en travers de son chemin. Il se sentit partir en avant et, avant même qu'il n'ait songé à se rattraper, une main puissante le rattrapait par le bras:
-Hé!
Kardia le redressa et le soutint doucement en l'appuyant contre lui, presque tendrement, l'air inquiet:
-Est-ce que ça va?
Dégel cligna vivement des yeux pour tenter de chasser le flou qui obscurcissait sa vue et il se dégagea de l'étreinte de son frère d'arme.
L'air sceptique de Kardia aurait presque pu le faire sourire s'il n'était pas si mal à l'aise: bizarrement…
Alors que tout contact avec le Scorpion aurait dû lui procurer un dégoût irrépressible…
Il n'avait pas réussi à s'empêcher de frémir rien qu'à ce contact.
Comme si la peau de Kardia contre ses vêtements avait électrisé son corps tout entier… Comme si la nuit passée ensemble l'avait rendu dépendant de ce contact. De la chaleur du Scorpion, de sa peau, de ses caresses,…
Comme si, à ce simple contact, toutes les émotions et sensations de cette fameuse nuit lui étaient revenues de plein fouet.
Dégel secoua la tête: allons! Il devait absolument se reprendre! Il savait pertinemment bien ce qu'il ressentait! Cet espèce de sentiment de danger qui, bien que presque imperceptible, lui tordait le ventre, cette lueur qu'il n'arrivait pas à comprendre dans les yeux si clairs de Kardia…
-Ca va… J'ai juste trébuché.
-A d'autres, ouais (souffla le Grec d'un air condescendant) : tu sais vraiment pas mentir, mec.
-Laisse-moi tranquille: je vais bien.
Grommela Dégel en se reculant et en portant la main à son front: bon…
Il était en fait… assez fatigué.
Son royaume pour dormir ne fût-ce que cinq petites minutes! Et pour un bout de pain.
Juste se reposer quelques instants...
Il se secoua mentalement: il ne devait pas être faible! Il s'était juré d'être plus fort!
D'être l'impénétrable maître des glaces et de ne plus jamais se montrer faible ou dépendant de quiconque!
Il ferma les yeux un instant et inspira profondément: respirer… Calmement… Tout allait bien.
Et pourtant, même si ça lui faisait mal de l'avouer, il voyait trouble et sa tête tournait légèrement.
Vraiment, ce n'était pas le moment de se sentir mal!
Kardia l'attrapa doucement sur le bras, sans violence aucune:
-Non: tu vas pas bien mais tu fais le fier et tu t'obstines à vouloir continuer à marcher! Allez, on a déjà pris énormément d'avance sur le timing initial: on va s'arrêter pour cette nuit et se repo…
-Non!
S'écria rageusement Dégel en se reculant une fois de plus, beaucoup plus violemment que la fois précédente. Le Verseau lança un regard hargneux à son frère d'armes et Kardia sursauta de surprise lorsque, dans les yeux améthystes de Dégel, il perçut un éclat nouveau.
Peur? Colère? Epuisement?
Les trois à la fois peut-être.
Le Scorpion fronça les sourcils et fit un pas en avant:
-Qu'est-ce qui t'arrive?
-Rien. Tout va bien: continuons d'avancer.
Mais, comme il faisait un pas en avant, le Scorpion se dressa devant lui, poings sur les hanches:
-Je bouge pas d'ici tant que tu m'as pas dit ce qui t'arrivait.
-Je vais…
-Mal. T'as vraiment cru que tu saurais me le cacher? T'as oublié qu'on était lié ou quoi?
Dégel sentit son coeur s'emballer et il déglutit: Kardia avait raison… Il se sentait las, fatigué, affamé…
Mais il était déchiré entre son envie de se reposer au moins une nuit et sa crainte de devoir la passer avec Kardia.
Bon sang! Pourquoi est-ce qu'il devait se comporter ainsi?! Pourquoi est-ce que Kardia devait être aussi dangereux?!
Dégel détourna les yeux, ne parvenant pas à supporter le regard accusateur que le Scorpion portait sur lui:
-Ce n'est rien: juste une légère fatigue passagère.
-Qui ne va pas s'améliorer si on continue de marcher sans se reposer. Je suis pas médecin, Dégel, mais je sais de source sûre que le meilleur remède pour soigner la fatigue, c'est de dormir. (Il sourit, légèrement moqueur) Et crois-moi, je m'y connais en sommeil réparateur!
Le Verseau ne parvint même pas à sourire, trop mal à l'aise à l'idée de ne pas pouvoir échapper à cette nuit qu'il avait pourtant soigneusement planifié d'éviter! Mais, comme il allait à nouveau refuser, une légère douleur lui tarauda la tempe gauche et il porta la main à son front:
-Je… Je ne suis pas sûr qu'on ait le temps de s'arrêter…
-Dégel, (soupira le Scorpion en secouant la tête) on vient de marcher huit jours sans s'arrêter une seule fois: je pense qu'on peut se permettre de se reposer au moins une nuit! Même moi j'ai compris ça! Alors maintenant, t'arrête de te chercher des excuses débiles, on monte la tente et on dort jusqu'à demain! Vu?
Le Verseau retint un soupir: inutile de lutter… Tout son corps lui hurlait de s'allonger un instant et de pouvoir enfin se reposer sans se soucier perpétuellement de sa sécurité.
Juste dormir et…
Il secoua la tête:
-Instaurons un tour de garde: c'est plus sûr vu les nombreux bandits qui écument la région.
Kardia ricana:
-Comme s'ils pouvaient rivaliser avec nous! C'est presque ridicule, tu sais?
-Je suis très sérieux, Kardia (Dégel fronça les sourcils): on ne peut pas se permettre de mettre nos vies ou nos biens en danger.
-Pff! Nos vies et nos biens! Comme si on transportait des tonnes d'or!
-Sans argent: pas de bateau. Sans bateau: on perd une vingtaine de jours à devoir contourner l'Italie et nous n'aurons pas assez de provisions. Est-ce que tu comprends ça?
Le Grec passa une main lasse dans ses cheveux marines pour les repousser derrière son épaule, et poussa un long soupir:
-Franchement, ça m'emmerderais pas plus que ça de pas pouvoir prendre cette saloperie de bateau!
-Si ça ne te plaît pas: libre à toi de te farcir la centaine de kilomètres en bonus. Très peu pour moi!
-Moh! (S'attrista faussement le Scorpion en portant les mains à son visage) Tu me laisserais affronter ce danger tout seul?!
Dégel se tourna vers lui en esquissant un demi-sourire:
-Ne me tente pas.
Kardia éclata d'un rire surpris et attrapa le Verseau par la taille pour le plaquer contre lui et enfouir son visage dans sa gorge:
-P'tit comique va!
Le Grec fronça un sourcil et recula doucement le corps du Verseau en le tenant par les bras:
-Dégel?
Là, juste quand il l'avait serré contre lui, Dégel s'était brusquement tendu. Comme si ce contact le dégoûtait! Kardia haussa un sourcil:
-Qu'est-ce qui se passe?
-Rien. (Eluda le Verseau en se dégageant) Rien du tout: allons installer la tente.
-Hm… Mouais...
Grommela Kardia en passant la main dans sa nuque:
-Toi mon p'tit gars, tu m'caches quelque chose!
Il passa une langue gourmande sur ses lèvres tandis qu'il suivait le Verseau des yeux:
-Compte sur moi pour trouver ce qui te perturbes autant, mon Dégel…
$s$s$s$
Le feu luisait dans la nuit noire qui les entourait depuis déjà deux bonnes heures. L'odeur de viande embaumait l'entièreté de leur petit campement et Kardia ne pouvait s'empêcher de saliver à l'odeur alléchante qui se dégageait des lapins en train de rôtir tranquillement sur leurs petites broches.
C'était lui qui les avait attrapés, tout seul comme un grand, pendant que Dégel montait la tente et allumait un feu. Et pendant qu'il avait traqué ces fameux lapinous, il avait bien réfléchi au comportement plus qu'étrange de Dégel envers lui.
Il avait peur.
Peur de lui.
Encore.
C'était un certitude.
Et étrangement, Kardia n'en était pas plus déçu que ça. Oh, ça lui avait quand même fait un peu mal de s'en rendre compte et de voir que Dégel n'osait toujours pas se fier à lui malgré la nuit passée ensemble.
Mais en même temps…
Un sourire avait étiré ses lèvres un court instant: si Dégel n'acceptait pas totalement leur relation, ça voulait dire que la chasse n'était pas encore terminée.
Le piège qu'il pensait refermé n'avait pas été pleinement efficace et le lapin tentait de s'échapper, traînant une patte blessée derrière lui.
Et ce lapin qui tentait d'échapper au loup qui le traquait n'était autre que ce cher Dégel lui-même…
Kardia sourit une nouvelle fois: quelle ironie, au vu de la situation…
Il se voyait contraint d'utiliser une nouvelle technique de chasse.
Et cette fois-ci, le piège se refermerait sur sa proie sans même qu'il ne s'en rende compte.
Il se jetterais de lui-même dans la gueule du loup qui le traquait.
Le Verseau ôta doucement deux broches du feu et en tendit une à son frère d'arme, le tirant de ses pensées:
-Merci bien!
S'exclama le Scorpion en la lui prenant calmement des mains, un sourire enjoué sur le visage. Il leva les yeux vers Dégel et mordit à pleine dents dans la viande chaude.
Il l'éloigna immédiatement de ses lèvres en poussant une exclamation mi-surprise, mi-douloureuse: brûlage de langue direct. Douloureux.
Merde!
-Ouch! T'ain, c'est chaud!
-Bien vu, l'artiste.
Commenta narquoisement le Verseau en soufflant doucement sur la viande fumante. Kardia leva les yeux vers lui, la langue à moitié sortie:
-Za z'étais vraiment zuper malin comme commentaire, Zeigneur Dézel!
-Articule: je ne comprends pas ce langage de barbare.
-Hin hin! Zuper comique!
Le Scorpion adressa une demi-grimace à son confrère puis sourit:
-P't'êt bien qu'j'ai b'soin d'un bisou magique, tu crois pas?
Il s'avança de quelques centimètres mais la main du Français sur son front l'arrêta subitement:
-Si ça fait si mal que ça: bois un coup. tu n'es plus un bébé, non?
Le Scorpion se laissa tomber en arrière en poussant un long soupir:
-Haaan… Sans coeur!
-C'est cela oui, c'est cela…
Soupira le jeune homme aux cheveux verts, las du comportement enfantin de son frère d'arme. Ce dernier porta de nouveau la viande à sa bouche et mordit avidement. Il poussa bien vite une exclamation de contentement: la peau, dorée à souhait, croquait sous la dent et la chair était, au contraire, tendre au possible.
Dé-li-cieux!
Kardia rit de plaisir (-purée, ça faisait vraiment trop longtemps qu'il avait plus rien mangé!-) et Dégel esquissa un sourire tendre devant le visage lumineux du Grec. Au fond, Kardia restait presque un enfant.
Un enfant qui avait dû grandir trop vite.
Une ombre de légère tristesse traversa les orbes améthystes du Français qui baissa légèrement la tête un court instant. Juste le temps d'avaler.
L'instant d'après, il releva les yeux et…
Esquissa une grimace dégoûtée:
-Heu… Kardia…
Le jeune homme aux cheveux bleus releva la tête de son repas, un morceau de viande à moitié englouti:
-Qu'est-che qui a?
Le Français posa son index sur son propre menton en grimaçant légèrement et Kardia pencha légèrement la tête sur le côté:
-Hein?
-Du jus. Sur ton menton.
Le Scorpion fronça légèrement les sourcils et baissa les yeux:
-Oh! Ca!
Il éclata d'un rire joyeux et passa simplement essuya son menton du dos de la main droite:
-J'pensais qu'il y aurait un truc grave! Haha!
-Certes… Mais avoue que ça manquait de… Classe?
-Bah ça va! C'est pas comme si on mangeait avec Athéna elle-même, hein!
Dégel poussa un nouveau soupir:
-Ce n'est pas une excuse valable, Kardia.
-Mouais… Bah, en mille, on s'en fout, nan?
-Un Chevalier d'or se doit de montrer l'exemple.
-Et où vois-tu un jeunot à qui je devrais servir d'exemple, Seigneur Dégel?
Le Français leva les yeux au ciel et, comme pour confirmer ses dires, le Scorpion se lécha goulûment les doigts en poussant des « Hmm! » exagérés. Dégel mordit doucement dans la viande, veillant à ne pas tâcher ses vêtements: il fallait avouer que oui, ça faisait vraiment un bien fou de manger enfin quelque chose de consistant et de se reposer.
Pourtant, ce sentiment de légère appréhension ne le quittait pas, se renforçant au fur et à mesure que la soirée avançait. Dégel ne savait pas encore comment il allait faire comprendre à Kardia qu'il n'avait pas envie de réitérer « l'expérience », qu'il avait besoin de temps,…
Il déglutit et retint un soupir: jamais le Grec ne comprendrait.
Jamais il n'accepterait de le laisser.
Comment allait-il pouvoir…
Un léger mouvement le fit sursauter: Kardia s'était subitement rapproché, le visage indéchiffrable. Dégel se recula:
-Qu'est-ce que tu…
-Et tu oses me faire des remarques sur ma manière de manger?
Dégel cligna des yeux, rougit de honte et baissa les yeux vers sa chemise: oh non! Pas une tache de gras sur le blanc! Pitié! Rien de pire qu'une tache de gr…
Kardia leva la main et l'approcha doucement de son visage, murmurant calmement:
-Bouge pas…
Le jeune homme aux cheveux verts ouvrit la bouche pour protester, le faire reculer…
Ne put pas se dégager lorsque la paume du Scorpion se posa doucement sur sa joue, lorsque ses doigts glissèrent jusqu'à ses lèvres,…
Le souffle de Dégel s'arrêta un instant tandis que son coeur s'emballait dans sa poitrine: les yeux voilés, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi il n'empêchait pas Kardia d'agir! Lui qui refusait à tout prix qu'il ne tente à nouveau quelque chose, il était là, attendant bêtement que ces lèvres se posent sur les siennes, que ces mains le serrent à nouveau contre lui…
Le pouce glissa le long de la commissure de ses lèvres et s'écarta soudain. Dégel, surpris, cligna des yeux:
-Hu?
Kardia porta son pouce à sa propre bouche et sourit:
-T'avais un morceau de viande sur le coin de la bouche. Ne me remercie surtout pas de t'avoir donné un air plus présentable.
Le Français porta machinalement la main à ses lèvres, le rouge aux joues: quoi?
Est-ce que Kardia avait réellement fait ça pour lui donner meilleur air ou bien n'était-ce qu'une vulgaire excuse pour pouvoir l'approcher et le toucher?
Le coeur battant, Dégel n'arrivait pas à se calmer: il n'arrivait pas à réfléchir! Comme si, en le touchant si tendrement, le Scorpion l'avait ensorcelé, charmé. Il avait l'impression que, pendant un instant, son corps entier s'était tendu en avant, frémissant, prêt à s'abandonner dans les bras de son frère d'arme.
Alors que son esprit lui avait hurlé de s'écarter!
Dégel se leva brusquement : il avait besoin de réfléchir! Besoin de calme et de solitude!
-Bah, tu fais quoi?
S'étonna le Scorpion sans cesser de manger, l'air surpris par le mouvement soudain du Verseau:
-J'ai… Je dois…
-Oh! (Rit Kardia) Ok j'ai pigé!
Il désigna les buissons environnants:
-Allez, va donc!
Dégel ne put même pas esquisser lorsqu'il comprit que son confrère se méprisait absolument sur son véritable objectif:
-Ce n'est pas ça…
-Oh ça va hein! C'est un besoin naturel tu sais, mon p'tit Dégel!
Le Français se pinça l'arête du nez, à peine embarrassé:
-Certes…
-Mais fais gaffe: je risque de tout manger si tu reviens pas assez vite!
Dégel esquissa un demi-sourire et s'éloigna d'un pas lent vers les bois, son sourire disparaissant peu à peu de ses lèvres. Assis, le regard perdu dans les flammes, les lèvres de Kardia s'étirèrent en un sourire mauvais:
-Echec et mat, Seigneur Dégel…
$s$s$s$
Dégel s'appuya contre un arbre et poussa un long soupir:
-Bon… On se calme… Tout va bien…
Le coeur encore battant de cette proximité si soudaine, le Verseau passa une main légèrement tremblante sur son visage: que lui arrivait-il donc?
Pourquoi, alors qu'il souhaitait plus que tout éviter le contact du Scorpion, avait-il failli céder de nouveau?!
Pourquoi avait-il été incapable de se reculer et de le repousser?!
Pourquoi était-il devenu dépendant de ce contact qui lui avait (apparemment) tant manqué?!
Pourquoi?!
Dégel ferma les yeux et leva la tête: sans doute que Kardia voulait le tester, le faire craquer en premier. Oui, ça devait être ça. Un nouveau jeu de sa part.
Ou bien…
Ou bien se faisait-il des idées?
Avait-il juste voulu ôter ce bout de viande?
Nouveau soupir: Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire.
Absolument aucune…
Pourquoi était-il… Heureux?
Et bizarrement, alors que cette incertitude le mettait terriblement mal à l'aise, il se rendit compte qu'il souriait.
$s$s$s$
Dégel se retourna sur sa couchette et poussa un léger soupir agacé: impossible de fermer l'oeil et ce malgré la fatigue qui pesait de plus en plus sur ses yeux épuisés.
Il cligna des yeux et passa la main dans sa mèche de devant, réfléchissant au comportement de Kardia…
Comportement plus qu'exemplaire en vérité…
Le Scorpion s'était étonnement bien comporté, ne tentant rien, ne faisant aucune allusion à leur relation, allant même jusqu'à lui céder sa place et à le laisser dormir pour faire le premier tour de garde.
Quand Dégel lui avait dit qu'ils pouvaient tirer à la courte-paille, Kardia avait soupiré et levé les yeux au ciel:
-Ca va, ça va… Je vais le faire ce premier ton tour de garde à la con: va dormir, t'es épuisé.
Le jeune homme aux cheveux verts avait cligné des yeux, surpris: est-ce que Kardia venait de… De se « sacrifier » pour lui?!
Naan! Il devait avoir mal compris!
Impossible que Kardia ait dit une chose pareille?!
-…. Excuse-moi mais, qu'est-ce que tu as dit?
Le Scorpion s'était retourné vers lui, les sourcils froncés:
-J'ai dit que je prenais le premier parce que t'étais crevé. Alors va dormir.
Il l'avait gentiment poussé vers la tente, insistant sur le fait que de toute façon il n'était pas fatigué! Et Dégel était resté muet de stupeur devant ce subit élan d'altruisme.
Incapable de refuser, il s'était enfoui dans sa couverture, le cerveau chamboulé par ce changement de mentalité soudain.
Le Français poussa un nouveau soupir, plus las, et enfouit son visage dans les paumes de ses mains.
Pourtant, juste avant que Dégel ne rentre dans la tente, Kardia avait effleuré sa main. Juste effleuré.
A peine. Et pourtant…
Et pourtant…
Le jeune homme ferma les yeux, les joues légèrement rouges: son coeur s'était de nouveau emballé.
Et son corps avait fait de même. Est-ce que le venin d'un Scorpion pouvait produire ces effets?
Est-ce que du poison pouvait rendre dépendant d'un simple contact?
Le sang pulsant dans ses oreilles, il inspira profondément:
-Qu'est-ce qu'il m'arrive?…
Dégel posa le bras sur ses yeux:
-Qu'est-ce que tu m'as fait?…
Assis en face du feu, Kardia esquissa un sourire.
$s$s$s$
Dans les brumes du sommeil qui l'avait finalement emporté, Dégel sentit ses draps glisser et il frissonna lorsque le froid remplaça la douce chaleur de sa couchette.
Sans pour autant le réveiller totalement…
Le Français soupira et se retourna dans son semi-sommeil, sombra lentement,…
Frémit soudain lorsqu'un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.
Quelque chose l'avait effleuré.
Quelque chose… ou quelqu'un.
Dégel hésita, l'esprit encore embrumé par le sommeil dont il ne parvenait pas à sortir, il sentit pourtant clairement une main glisser sur son bras. Une main douce et chaude.
Il poussa un soupir et fronça légèrement les sourcils.
Il sentit un souffle chaud se glisser dans son cou, des lèvres déposer des baisers sur sa clavicule,…
Le coeur battant et le corps soudain brûlant de désir, le Verseau se cambra légèrement tandis que ses lèvres laissaient échapper un gémissement traître.
Le tissu de son vêtement glissa sur sa peau et il l'entendit à peine tomber sur le sol, le visage et le corps en feu. Les mains parcoururent son torse, glissèrent sur ses hanches, remontèrent pour glisser le long de ses bras,…
Le souffle du Verseau se fit saccadé, haletant:
-Ka…
Les lèvres effleurèrent sa joue, embrassèrent son front et, enfin, rencontrèrent les siennes.
Dégel referma les bras sur le corps brûlant qui le collait contre lui, comme pour se fondre en lui et se laisser emporter par l'incendie. Par la chaleur qui lui avait tellement manqué.
Par cette douce lueur qu'il n'avait pu effacer de sa mémoire…
Le Français haleta et serra le corps de son amant contre le sien, laissant échapper son nom en un soupir lascif:
-Kardia…
$s$s$s$
Dégel ouvrit brusquement les yeux, les mains pressées sur sa chemise et les joues en feu.
Il haleta et s'assit vivement, les yeux fiévreux et le coeur battant:
-Ka…?
Il écarquilla les yeux: la tente était vide.
Il était seul?!
Mais… Et ces mains qu'il avait senties? Et ces baisers? Et ces caresses?!
Et ce…
Le rouge aux joues, il sursauta violemment lorsque la voix de Kardia lui parvint de l'extérieur:
-Heu… Mec, ça va?
-Je… Oui, ça va… Il se passe quelque chose?
-C'est à toi de me dire ça, c'est toi qui viens de m'appeler.
Dégel se tut un instant et son coeur rata un battement:
-Je dois avoir parlé dans mon sommeil…
-Ha ok…
Silence interrogatif.
-T'as fait un cauchemar?
Dégel déglutit et passa une main tremblante sur le bas de son visage:
-Je… Non… Peut-être…
-Ha…
Puis, après un court instant de silence, Kardia souffla, un sourire dans la voix:
-Tu veux un câlin magique pour te rendormir?
Dégel balança son oreiller contre la paroi de la tente en grommelant:
-Dégage!
Kardia éclata de rire et s'éloigna de quelques pas:
-Je te taquine hein! Agressif, va!
Il y eut un court instant de silence puis, de nouveau, la voix de Kardia lui parvint:
-Dégel?
-Quoi encore?!
-Si t'as besoin de parler de ce qui te turlupine…
-Nul besoin. Réveille-moi quand c'est à mon tour de veiller. Bonne nuit.
Léger silence.
Sans doute déçu.
-Comme tu le sens… Bonne nuit…
Les pas s'éloignèrent et Dégel se laissa tomber sur sa couchette, la main sur sa poitrine:
-Un rêve?…
Ce n'était donc qu'un rêve?
Oui… Kardia avait mis trop de temps à se rapprocher de la tente pour l'avoir quittée à l'instant.
Mais alors?…
Il avait rêvé que Kardia passait la nuit avec lui.
Il avait rêvé de sa chaleur.
Et il en avait ressenti un immense plaisir…
Dégel plaqua les mains sur son visage, le corps encore tremblants des sensations que lui avait procuré ce rêve portant si réaliste.
-Pourquoi?…
Si il pouvait tromper son esprit en étant éveillé, son inconscient venait de lui prouver que, contrairement à ce qu'il croyait, cette nuit passée dans les bras de Kardia avait eu un impact majeur sur lui.
Comme ce rêve lui avait plu! Comme il avait cru que c'était réel!
C'était comme si cette nuit était devenu un drogue…
Ou plutôt…
Une obsession…
Les yeux voilés et le coeur encore battant, Dégel ferma les yeux et poussa un soupir:
-Qu'est-ce que tu m'as fait?…
(*) C'est dit tel quel dans je ne sais plus quel épisode XD
Alors voilà ;) C'est pas super long, c'est pas super génial mais j'espère que ça vous a plu quand même ;) Comme dit plus haut, pendant encore un (ou deux?) chapitre(s), le point de vue sera basé sur la tension croissante entre Kardia et Dégel: l'action revient après ;)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et à bientôt!
Je vous aime! 3
