Aelynelle: Merci pour ta review, j'aime beaucoup tes commentaires, c'est rafraichissant entre deux révisions d'examens x) Et puis ta démonstration est épique! Pareil pour les prédictions sur le vocabulaire de Denzel et Marlène dans le futur, les commentaires cyniques pour Cloud et la dernière phrase que j'ai relu quatre fois tellement cétait génial! Alors comme ça, Reno veut faire certaines choses avec Genesis, hein.. Merci encore pour ta review!
J'vous poste en express le chapitre suivant, écrit par bouts entre trois ou quatre révisions xD
Bonne lecture!
Chapitre 9: Je suis un homme mort coincé entre quatre murs (Pilule – Damien Saez)
Ma tête heurte violemment le mur de planches derrière moi.
J'en peux plus.
Trois jours. Trois. Septante deux heures passées seul, dans une hutte de deux mètres carrés, à refuser le sommeil et quoi que ce soit de «mangeable». Une torture davantage mentale que physique. Je peux supporter une bonne semaine sans nourriture et presque autant sans dormir. Mais alors l'ennui... C'est une horreur, un poison que me bouffe de l'intérieur. Même si je n'aime pas forcément être accompagné en permanence, voir du monde de temps à autres ne m'a jamais dérangé. Et je n'ai rien d'autre à penser que ces souvenirs qui se sont fait la malle.
Il y a de cela une bonne douzaine d'heures, une constatation m'a fait remettre en question tout ce dont j'avais pu me souvenir ces derniers jours.
Avant cela, j'avais une idée précise de ce qui avait pu se passer à Nibelheim, du moins au début. J'ai retrouvé aux tréfonds de ma mémoire embrouillée le souvenir de l'ordre de mission. Nibelheim, avec Zack, deux miliciens, découvrir ce qui se tramait au réacteur, réparer si besoin, appeler renforts si besoin, revenir, permission.
Je me souviens parfaitement, au contraire, m'être dit que cette permission tombait à point nommé. Je voulais partir à Costa, peut-être avec Zack, parce que je me sentais mal, déjà. Perte de mémoire, insomnies, troubles de l'identité parfois, couplés à des éclairs de lucidité qu'à l'époque je nommais ''folie''. La disparition de Genesis et d'Angeal y avait été pour beaucoup.
Le trajet jusqu'à Nibelheim... Je ne m'en souviens pas. Sûrement parce qu'il ne s'est rien passé d'exceptionnel. Je me souviens juste... Avoir complètement craqué arrivé là-bas. Je me sentais plus mal que jamais.
À partir de là, l'amnésie me reprend. Je sais que j'ai dû, à un moment ou à un autre, me rendre au réacteur. Comment, ça reste un mystère. Il a dû se passer là-bas quelque chose d'important, et ma supposition était celle-ci; puisque je me souvenais de sa réapparition, c'était sûrement le retour de Genesis, cet événement. Je sais qu'il m'a demandé mon aide. Je la lui ai refusée, donc ça ne devait pas être important. En soi, ça n'avait rien... de marquant, et je me suis demandé pourquoi cet événement précis, si pas important, m'avait tout fait oublier. Et puis l'évidence m'a percuté. C'était à cause d'Elle. C'était Elle qui, déjà, avait fait de moi sa chose. Son arme. Et alors, qu'ils ont été repoussés loin, mes exploits de guerre. Qu'on l'a oublié, l'homme que j'étais. Qu'on m'a détesté pour des actes que je n'ai pas commis. Qu'on m'a détruit, descendu, brisé, sans chercher à comprendre. Et qu'est-ce que j'ai souffert à cause d'Elle. Elle m'a tout arraché, jusqu'à mes amis. Indirectement, elle a même perdu Zack, qui n'avait rien à voir.
J'ai dû revoir mes suppositions. Ce que j'en ai conclu ne m'a pas enchanté. A tel point que j'en suis revenu à mon point de départ. A savoir: ''C'est impossible. Que s'est-il véritablement passé?''
J'en était à ce stade de mes réflexions quand, excédé, j'ai laissé ma tête heurter les planches de bois au travers desquelles le jour perce et qui constituent ma prison. Les paupières fermées, je me laisse aller à la somnolence. Je suis épuisé. Je sais que je devrais dormir un peu, mais l'angoisse me tord les tripes à chaque fois que je m'évade dans le sommeil. C'était comme ça qu'Elle m'avait. Par surprise, dans un de mes rêves, et la peur de l'y croiser ne m'a jamais abandonné. Elle m'a rendu tellement fragile... Mais peut-être que cette fois... Et je m'endors sans même plus y penser.
-Ça y est? On est dans son rêve?
-Mais tais-toi, imbécile!
Quel rêve?
-Qu'est-ce qu'on lui fait voir?
-Il faut qu'il sache qu'il doit retrouver Genesis et Angeal.
Qu'est-ce qu'ils ont?
-Oui, mais si c'est trop irréel, il va croire à un stupide rêve.
Mais c'est un rêve...
-Il faut qu'il s'en rappelle, de ce rêve. C'est pas son fort, en ce moment...
-Arrête de te moquer.
-C'est vrai, la maladie d'Alzheimer, ça arrive à tout le monde.
-Zack!
Zack?
-Bon, d'accord, désolé.
-Je vais lui envoyer une image d'eux deux qui l'appellent. Tu crois que ça va marcher?
-Comme d'habitude, non.
-Arrête d'être pessimiste...
Qu'est-ce qu'il vous prend? Vous êtes où? Zack?
Sephiroth!
Arrête de m'appeler!
Sephiroth!
Qu'est-ce que tu veux à la fin?!
Sephiroth!
Pitié, arrête de hurler...
AVALANCHE, Sephiroth!
Eh bien quoi?
AVALANCHE!
Tu es à la montagne?
Retrouve-moi!
Où ça? Angeal? Attends! Angeal!
Sephiroth!
Oh non, mais qu'est-ce que vous avez tous, aujourd'hui?!
Sephiroth!
QUOI?
Aide-moi!
Et comment je fais? Je suis prisonnier aussi, pour ta gouverne!
AVALANCHE!
Vous êtes tous partis skier ou quoi?
A Midgar!
Skier à Midgar. T'en a d'autres comme ça? Genesis?
-Genesis!
Aïe.
Mon corps fatigué retombe lourdement contre le mur. Il s'est passé quoi, là?
-Qui est Genesis?
Si le sursaut de mon brusque réveil m'a secoué, celui que cette voix me tire me laisse le cœur battant à 230 et la respiration haletante. Depuis quand je perds mon calme comme ça, moi?
Une Amazone, devant moi, tient un plateau sur lequel se trouvent plusieurs fruits.
-Qui est Genesis? Répète-t-elle plus fort.
-Un ami, je répond.
-Tu dors mal, observe-t-elle en posant la plateau à terre et en s'asseyant.
-Quelle perspicacité...
-Approche.
-C'est hors de question.
Elle sourit, mais son regard ne me quitte pas. Sans son maquillage multicolore, je ne doute pas qu'elle doit être très jolie, avec sa longue chevelure noire et lisse et ses grands yeux sombres.
-Je vois. Je suis la sœur de notre chef.
Je garde le silence. Si seulement elle croit que ses histoires m'intéressent...
-Elle voudrait savoir qui tu es.
Toujours silencieux, je la fixe sans bouger.
-Tu sais, ce n'est pas parce que tu ne veux rien dire que personne ici ne te reconnait. On vit peut-être en marge du monde extérieur à cet forêt, mais les événements que tu as provoqués ne se sont pas arrêtés à nos frontières.
Je garde le silence encore quelques minutes puis, comme elle non plus ne parle pas, j'enchaine:
-Si vous savez tant qui je suis, pourquoi me poser cette question?
-Pure rhétorique, déclare l'Amazone en chassant ma remarque d'un geste négligent de la main et en se levant. Mange si tu le veux. Je ne vais pas rester plus longtemps. A demain.
Et sur ces mots, elle quitte ma hutte avec une rapidité telle que même si l'idée m'avait effleuré, jamais je n'aurais pu profiter de l'occasion pour tenter de me faire la belle. La porte de bois claque violemment contre le montant et le mouvement sec d'un verrou qu'on tire me parvient. Je me relaisse tomber contre la paroi.
Et c'est reparti pour un tour...
Je me demande sincèrement ce qui m'empêche de détruire cette cabane pathétique. J'en ai la force, n'est-ce pas? J'en ai encore la force? Peut-être est-ce parce que je ne saurais pas où aller si je m'en allais. Et puis de toute façon, on ne me brutalise pas, on me donne à manger, à boire, pourquoi me plaindrais-je?
...
Mais qu'est-ce que je m'ennuie. Avant, ça n'était pas un problème. Mais j'ai peur de ce que je pourrais découvrir si je m'enfonce de trop dans mes pensées. J'ai envie de retrouver la mémoire, mais j'en ai tellement peur en même temps.
J'en exploserais presque de rire tout seul dans mon trou. Le grand Général adulé comme un héros, qui a peur de souvenirs.
Je m'approche un peu des fruits, et en prends un dans ma main gantée. Une petite pomme violette. D'ailleurs il y en a trois. Sans vraiment réfléchir, je croque dedans. Tiens, je connais ce goût. J'ai déjà dû en manger par le passé. C'est curieux, ces petits fruits violets. Ça me rappelle...
J'écarquille les yeux et lance la pommesotte -parce que je sais que c'en est une- contre le mur. Je sais où je suis, maintenant. L'arbre qui faisait un arc autour duquel je tournais avant de me faire capturer. Cette pommesotte. Je dois être près de l'ancien Banora. Je me retiens à grand peine de m'écraser la paume de ma main sur le front. Et ces bribes de souvenirs que je ne sais pas remettre bout-à-bout! Je ferme les yeux. Finalement, il faut que je parte. J'attrape la fragile porte de bois et l'arrache doucement de ses gonds. Je jette un regard à l'extérieur. Personne ne garde ma prison, seules deux Amazones discutent joyeusement sur un petit banc de bois, entre deux cabanes plus grandes que la mienne, une bonne centaine de mètres plus loin. A part les éclats de leur conversation lointaine, le silence règne en maitre dans le camp.
Discrètement, je me glisse par l'ouverture et contourne ma hutte. Je me penche un peu pour vérifier si la voie est libre à l'angle du mur quand un hurlement me fait sursauter, et me tasser immédiatement sur moi-même.
-TIGRE! TIGRE!
Je lève les yeux pour apercevoir, perchée sur une espèce de tour de garde branlante, une Amazone affolée qui hurle en pointant du doigt les portes du camp.
Comme pour faire écho à ses cris, un rugissement terrible retentit. Les deux Amazones sautent sur leurs pieds et dégainent déjà leurs arcs.
Je souris. Là voilà, ma diversion.
Sans un bruit, je me tasse dans un renfoncement et regarde les Amazones hurler dans tous les sens et se rassembler aux portes. Elle s'organisent rapidement et je les regarde un instant. De vraies guerrières. Est-ce qu'on avait des femmes, dans le SOLDAT? Du moins, pas dans les gradés, il me semble.
J'interromps là mes pensées, j'ai mieux à faire.
Retrouver Masamune.
C'est à ce moment que la chef des Amazones passe en courant devant moi. Masamune en main. D'accord, ça va être compliqué. Je la suis prestement et au moment où elle se prépare à appeler ses Amazones, je l'attrape par surprise et l'entraine à l'abri des regards.
Elle se débat dans mon étreinte, mais je ne la lâche pas. Masamune fend l'air dans tous les sens et sous aucun geste précis, et je souris. Elle ne sait pas s'en servir. C'est elle qui l'a pour prouver sa supériorité, mais aucune Amazone n'est douée au combat rapproché, même si Masamune est démesurément longue. Je la plaque sans douceur contre le premier mur que je vois et lui arrache ma lame des mains.
-Excuse-moi, dis-je, mais ceci est à moi.
Ses hurlements alors que je m'éloigne tentent de couvrir ceux de ses sœurs qui se font déchirer par la bête puissante qui est entrée en ces murs. Je trace mon chemin parmi les corps, sans même prendre garde aux potentielles flèches qu'on pourrait me tirer dans le dos. Mais les Amazones n'ont que faire d'un homme qui s'en va calmement, sans montrer d'animosité, alors qu'une bête féroce est en train de décimer leurs pairs. Le tigre lui-même me laisse passer, et j'ai l'impression qu'il me regarde longuement avant de se replonger dans sa bataille féroce.
A peine ai-je passé les portes qu'un brouhaha intense retentit derrière moi. Les cris de douleur et de peur se sont transformés en cris d'allégresse. Ont-elles abattu le tigre? Je n'en ai que faire, à vrai dire, mais un coup violent au creux des reins me fait me plier en deux vers l'arrière alors que je tente de m'accrocher à ce que je peux. C'est doux et chaud, et surtout très remuant.
Le tigre m'a lancé sur dos. Et il court à présent loin des flèches que les Amazones tirent encore, farouches et déterminées.
Avec surprise, j'entends une voix dans ma tête, et je suis sûr sur l'instant que c'est sa voix à lui, à l'animal.
''Tu as eu de la chance, humain. Je n'aurais pas été te chercher plus loin. Un combat contre les Amazones ne pardonne pas souvent.''
Je suis censé répondre quoi, là?
-Hum... Désolé, je tente.
''Cesse là tes excuses. Il y avait longtemps que je ne m'étais plus défoulé ainsi. Alors, on m'a dit que ton voyage ne sera pas de tout repos.''
A vive allure, nous passons devant un arbre qui décrit un arc de cercle au dessus du sol, et mes yeux restent fixés le plus longtemps possible sur lui.
-Sûrement pas, non, je murmure.
Voilà voilà, merci d'avoir lu et n'hésitez pas à laisser vos avis! ;)
A la prochaine!
