Bonjour à tous !

Information inutile du jour : Les horaires de fac c'est quand même du bonheur.

Bonne lecture~

(Quoi ce chapeau introductif est inutile ? Oui et alors ? Je suis obligée de faire des chapeau introductif inéressant et intelligent à chaque fois ? J'savais pas ! 8D)


Musique de fond : Freddy Krueger, Theme Song

Chapitre 9 :

« Vienne la nuit, sonne l'heure, Des gens s'amusent, d'autres meurent. » Francis Blanche

Ce qui nous arrivait nous dépassait. Nous étions incapables de comprendre. Et incapables d'imaginer que ce n'était que le début. Je me souviens que ce jour là, je me posais des milliers de questions en moins d'une seconde, et que je tentais vainement de répondre à chacune d'entre elle en me creusant la tête. Ensuite, tout autant de questions fuseraient, mais je ne parviendrais même plus à penser les résoudre. On s'enfonçait petit à petit, toujours plus loin dans ce qui semble être l'obscurité même.

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Vint l'heure du repas. Calme. Peu de parole. Si ce n'est divers ordres de la part de Kakashi. Tour de garde. Barricade. Sécurité.

Puis l'heure de dormir. Tout le monde a fermé ses volets, les a renforcé, en extérieur et en intérieur. Fermé les portes à double tour, enfoui sous les draps, légers et semblant une protection bien fragile. Toute la maison était claquemurée. Gai avait insisté pour monter la garde dehors, sans relève. Il était parvenu à convaincre Kakashi à cause de ses cernes et son envie de sommeil atroce. Lee l'avait rejoint discrètement, pour l'épauler et lui tenir compagnie. La garde était donc divisée en trois. Un garde dans le couloir pour les habitants. Un garde aux pieds des escaliers veillant sur toute la maison. Et un dehors. Tous reliés par oreillettes.

Neji, lorsque tout le monde s'était enfermé dans sa chambre se laissa tomber sur son lit, sur le ventre, les quatre membres étendus, fatigué. Après une telle utilisation de ses byakugans, la battue de l'île, la crainte, et l'ambiance, il était lessivé de fatigue. Pourtant il réagit immédiatement à un bruit dans sa chambre bondissant sur ses pieds kunai en main. Il fixa Tenten, les mains en l'air en signe d'apaisement. Il avait le souffle court suite à l'adrénaline, baissa son arme en murmurant son nom… Puis il se jeta sur elle pour la serrer dans ses bras. Trouver du réconfort en humant le parfum de ce cou qu'il aimait tant. Elle murmurait pour tenter de le calmer. Elle lui expliqua qu'elle s'était faufilée dans sa chambre au lieu de la sienne. Elle ne voulait pas lui faire peur…

- Tant mieux… Reste avec moi… Reste ici cette nuit, je te protègerais de tout, du monde entier s'il le fallait.

Elle sourit et l'embrassa, délicatement. Elle savait que ce n'était pas pour la réconforter elle, mais lui. Aussi étrange que cela puisse paraître, le grand Neji Hyûga avait peur. Et il retenait sa petite amie avec lui pour le réconforter. Bien qu'il prétende inverser les rôles, Tenten n'était pas dupe. Elle n'avait pas peur. Du tout. Elle se fichait pas mal de se qui pouvait arriver demain tant qu'aujourd'hui et maintenant elle pouvait être avec lui. Elle voulait sa compagnie. Elle ne voulait pas rester seule ce soir. Elle qui détestait la solitude, la détestait encore plus aujourd'hui. Lui deviendrait-elle totalement insupportable demain ?

Par contre, elle voulait bien le croire lorsqu'il disait qu'il la protègerait. Jusqu'en enfer elle se sentirait en sécurité avec lui à ses côtés. Parce qu'ils s'aiment.

Avant d'aller dans sa chambre, Sakura pour sa part était allée voir Sasuke. Elle voulait vérifier ses blessures et l'avait trouvé assis sur son lit, face à la fenêtre close. Il lui tournait le dos. Elle ne bougea pas. Plantée devant la porte qui restait ouverte derrière elle. Elle regardait le dos de cet homme qui lui apparaissait toujours de la même façon. Grand, musclé, fort et inaccessible. Elle soupira. Il était temps que cette journée ce termine

- Je vais bien, mes plaies aussi. Dit-il en rompant le silence.

- Je ne te savais pas les connaissances en médecine requises pour en décider. Rétorqua-t-elle.

Il se laissa tomber en arrière, glissant sur le lit jusqu'à se retrouver coucher. Sakura prit cela comme une invitation à faire son travail. Elle s'approcha et ouvrit la commode d'un coup de pied. Sasuke aurait bien sourit à cette méthode, mais il conserva un masque impassible fixant toujours le plafond, les yeux mi-clos. Elle commença à défaire les bandages sur son torse, c'était l'endroit le plus atteint, le reste ne nécessitait plus vraiment de soins. Pendant ce temps, il avait complètement fermé les yeux.

- Au début, j'ai cru que tu avais changé du tout au tout. Puis ce matin je me suis dit que non. Et en réalité, j'ai maintenant compris que je n'en savais rien… Murmura-t-il.

- Quelle longue phrase ! Que me veut une telle gratification ?

Il tourna la tête vers elle, ouvrant les yeux il découvrit qu'elle était toute à son ouvrage. Elle ne lui accord qu'un regard très rapide. Tellement indifférent… Alors il se tut et recommença à regarder le plafond.

- Je n'ai pas changé, j'ai juste grandi. Répondit-elle finalement. Je ne suis plus une petite fille candide, insouciante et pleine de rêve, regardant autour d'elle comme dans un joli livre. Je suis adulte…

Il se revit enfant. Quand il jouait, heureux, dans le village avec sa famille, que son frère aujourd'hui mort n'avait pas encore massacré son clan. Et même après, au sein de cette Team 7 où il avait coulé des jours si agréables… Après cette pause où elle étalait la pommade sur son torse, il finit donc par lui dire :

- Parfois, j'aimerais être resté un gosse.

- Impossible. Dans ce monde où même les gosses sont confrontés à l'horreur. On est obligé de grandir de se sentir concerné, de prendre des responsabilités de se salir les mains… Que faire d'autre ? La vie, même au sein d'un village prospère et en paix est moche. Si elle est insouciante et légère un jour tout bascule forcément. Il y a la guerre, il y a les épidémies, la haine,… Tous les jours ce n'est que sang, mort et larmes.

- Quel pessimisme.

- Que je sache, le roi du pessimisme ici c'est plutôt toi.

- Hn.

Cela disant elle serrait du plus fort qu'elle pouvait les bandages. Il savait qu'elle le faisait exprès. Mais elle ne put lui arracher qu'une infime grimace.

- Quoique, Reprit-elle, au vu de sa tronche d'aujourd'hui, Naruto a dû nous battre tous les deux réunis.

- Hn.

Elle rangea ses affaires dans la commode qu'elle ferma aussi délicatement qu'à l'ouverture et elle sorti sans un mot. Aucun n'avait changé l'expression de son visage durant toute l'opération. Ils s'étaient parlé, mais ils étaient restés froids. Sakura en se glissant sous ses draps eut la même pensée que Sasuke qui ne bougeait toujours pas. Ils étaient comme des étrangers. Il était parti trop longtemps. Et pourtant, malgré tout ce qu'on pouvait bien dire, ils étaient toujours les mêmes.

Au milieu de la nuit, Shino se leva. Il se stoppa derrière sa porte et divisa son corps en insectes pour passer dessous la porte, de manière discrète. Il n'avait aucune envie qu'on le voit, qu'on lui parle. Juste d'aller aux toilettes. Pour ça, il fallait sortir de la maison, les derniers toilettes utilisable étant ceux de dehors. Grouillant au sol, il parvint à sortir de la maison sans attirer l'attention. Il ne voulait pas qu'on l'aborde. Il ne voulait pas qu'on lui parle. Ses parents lui répétaient souvent qu'il était asocial. Comment leur dire qu'en réalité, il haïssait les gens ? Tous les êtres qui l'entouraient, tous les être vivants lui étaient insupportables. Tous, même ceux de Konoha.

Dehors il guetta. Il ne vit pas Gai alors il reprit forme humaine et se dirigea d'un pas tranquille vers les toilettes. Bizarrement, il était habillé comme toujours, son manteau ses lunettes. Dormait-il avec ? Etait-il insomniaque et les lunettes de soleil lui permettaient de cacher ses cernes ? Allez savoir…

Tout était calme. Silencieux. La nuit était à son comble mais la lune donnait un peu de lumière, pâle. Il entendit un bruit. Se stoppa. Se retourna doucement, prêt à attaquer. Il n'y avait rien. Atrocement rien. Vide de vie, vide de bruit. C'était beaucoup trop calme. Cette île grouille de bruit normalement, celui des animaux, de petites vagues,… Là il n'entendait rien. Il crut rester de longues minutes ainsi, sans bouger à fixer l'obscurité, oreille tendu. Tendu lui-même. En réalité cela ne dura que quelques secondes. La tension trouble la notion du temps. Il voulu reprendre sa route vers les toilettes mais quand il se tourna, il vit.

Au denier moment, froidement et stoïquement, il pensa que, ces toilettes aussi, finiraient peut être par être inutilisables.

Quand vint son tour de garde, Kiba trouva Ino dans le couloir, en plein conversation avec Hinata, en bas, via leur oreillette. Il attendit hagard devant la porte, encore en parti dans son sommeil que l'autre garde de relève se lève. Un instant il envia Akamaru, qu'il avait laissé dans la chambre en train de ronfler. Naruto sorti. Il lui jeta un regard avant de bailler. Il descendit les escaliers, et Hinata paru alors qu'il venait de disparaître. Elle adressa un petit signe et parti se coucher. Ino enleva son oreillette pour la tendre à Kiba. Celui-ci la remercia. Mais attendit avant de la mettre puisqu'elle restait là. Elle regardait sa porte de chambre.

- Quelque chose ne va pas ? Demanda l'homme chien.

Que Kiba lui demande cela, que cet idiot fini s'aperçoive qu'elle ne se sentait pas bien, cela lui fit plaisir. Elle lui sourit en faisant non de la tête et entra. Il soupira. Il aurait bien aimait qu'elle lui parle. Qu'elle arrête de le voir comme un étranger dès qu'il s'agissait de choses plus sérieuses que se taquiner. Il enfila l'oreillette.

- Yo Naruto, tu m'entends mec ?

- Ouais. Trop à mon gout même.

- C'est ça, trouve le moyen de me faire comprendre que je te soul en plus. Gai-sensei ? Vous nous entendez aussi ?

Pas de réponse. Kiba appela de nouveau Géant vert comme lui et Naruto avait prit l'habitude de l'appeler.

- Tu crois qu'il s'est endormi ? Demanda Kiba au blond.

- Je préfèrerais.

La sécheresse de la réponse surprit le brun. C'est vrai qu'au vu des derniers jours, qu'il se soit assoupi paraissait innocent, candide. Mais que Naruto, qui était plus près de ce versant là, soit passé complètement à l'opposé, au fatalisme, c'était dur. Etait-ce inéluctable de penser que Gai était mort ? Non, il pouvait y avoir de nombreuses autres raisons ! Kiba hésitait à répondre. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait plus. Devait-il aller en bas ? En compagnie de Naruto ? Devait-il réveiller quelqu'un ? Ou bien rester là à ne pas bouger, se recroqueviller un peu plus la queue entre les jambes ?

Il n'avait pas peur, il redoutait. C'est différent. Il redoutait de nouvelles morts parmi ses proches. Quoi de plus normal... ? Gai… Il ne l'appréciait pas forcément mais… Gai… Il était toujours de bonne humeur. Toujours partant et plein d'entrain… Il n'avait pas peur. Il était terrifié à l'idée que dehors, l'un de ses sensei était peut être mort alors qu'ils avaient montés la garde, qu'ils avaient fermés qu'ils s'étaient protégés du mieux qu'ils pouvaient ! Il tremblait. Seul dans le couloir, il ne voulait pas bouger de là, pas y aller. Qui sait quelle scène horrible cette fois encore ils allaient découvrir ? Il ne voulait la découvrir lui. Qu'on le traite de lâche, de froussard cela lui était égal. Il aurait mit sa main à couper que personne dans cette maison n'avait pas un peu peur au fond de lui. Gai… Mais il ne sentait pas l'odeur du sang. Il se raccrocha à cette maigre espérance pour parvenir à répondre à Naruto.

Il se leva et inspira à fond. Ce n'était pas le moment de trembler comme une femmelette. Etait-il un fier ninja de Konoha ? Il lui fallait se battre ! Il descendit les escaliers et trouva Naruto juste au pied, il fixait la porte de la salle avec intensité. On aurait dit qu'il fixait quelqu'un qui risquait de s'envoler et disparaître à tout moment.

- Hey ?

Il tourna la tête vers Kiba suite à cette interpellation et se mit en route. L'homme chien soupira. Il n'avait jamais vu tant de lassitude dans ses yeux là. Tous deux sortirent de la maison, ils appelaient Gai à pleine voix mais ne reçurent aucune réponse. Kiba humait l'air, il ne sentait rien. Ils n'y voyaient pas grand choses non plus, le jour n'était pas encore levé bien que le ciel à l'horizon commence à pointer une lueur pâle.

- C'est quoi ça là bas ? Demanda Naruto.

Kiba se tourna dans la direction indiquée. La forêt. Il dû plisser les yeux pour voir en effet une masse non loin de l'orée. Il se tourna vers Naruto pour lui adresser un signe de tête. Ils s'approchèrent. Mais plus ils avançaient plus Kiba voulait reculer. La masse n'en était pas une. Elle avait forme humaine. Une double forme humaine. Ses lèvres bougeaient alors qu'aucun son n'en sortait. Il tentait de dire « non », de le répéter de plus en plus pour le croire. Finalement ils y arrivèrent et ils restèrent plantés là. Dégouté. Voyant ce qu'ils savaient déjà. Refuser l'évidence c'est inutile. Mais tenter de nier ce que l'on a sous les yeux c'est pire encore. Vert sur vert, cela avait été dur de les distinguer. Vert de leurs tenues sur le vert de la forêt. Gai mais aussi Lee. Assis par terre et dos à dos. L'on ne croirait pas comme ça, juste à les voir ainsi… Qu'ils étaient déjà morts.

Naruto ne bougeait plus d'un cil, il semblait totalement abstrait, parti dans un monde différent de cette pénible réalité. Kiba lui tremblait. Il tomba à genou et se mit à frapper le sol de son poing en hurlant.

- Pourquoi ? Pourquoi ! Nous nous étions mis à l'abri ! Nous montions la garde ! Il n'y a personne sur cette putain d'île ! Alors quoi ? On est maudit ou un putain truc de ce genre ? Qu'est ce qui se passe bordel de merde ?! Pourquoi… Lee... Gai… Pourquoi ?!

Son poing allait s'écraser une nouvelle fois dans le sol lorsqu'il fut retenu. Il releva la tête et rencontra les yeux d'Ino. Elle tenait sa main dans les siennes et le fixait en murmurant.

- Arrête…

- Quand est ce…

- Je vous ai entendu, Naruto et toi dans le couloir. Je vous ai suivi avant de faire demi-tour pour réveiller les autres.

Elle murmurait. Il aurait voulu continuer, crier sa rage et son malheur. Il était ainsi, il avait besoin d'hurler et de jurer pour se calmer. Mais dans son regard… Dans ce regard il vit une copie de toute sa détresse. Elle avait peur elle aussi. Elle avait envie de pleurer elle aussi. Kiba se redressa et il regarda derrière lui, les autres. Les autres aussi… Se répétait-il pour se rassurer.

Seul Kakashi, Anko et Sakura s'étaient avancé jusqu'ici, les autres étaient juste un peu plus loin derrière.

- Comment cela a-t-il pu arriver encore ? Et qu'est ce qu'on est sensé faire maintenant ? Gronda Kiba entre ses dents serrées de colère.

- J'en sais rien. Répondit Kakashi.

- Dites, on peut vraiment faire ça avec ses bras…? Demanda Anko tout bas.

L'attention se reporta sur les deux corps. Leurs bras étaient tendus dans leur dos et noués l'un à l'autre. Mais véritablement noué, d'un nœud de base comme s'ils n'avaient été faits que de caoutchouc.

- Bien sûr que non. Répondit Sakura. Tous les os de leur bras ont été brisés en milles morceaux. En miette, au sens strict du terme.

Ces mots finirent par faire mouche dans la tête de Naruto. Il se tourna si brusquement que tout le monde le vit faire, et il s'éloigna à grands pas. Un pas ferme et dur, martelant le sol. En plus de cela, ses poings étaient tellement serrés qu'il était aisé de deviner son état d'esprit. Kakashi le suivit du regard et il regarda la petite troupe derrière lui. C'est Sasuke qui se mit à suivre le ninja ambitieux. De loin, vraiment loin. Mais cela suffit pour calmer l'esprit de l'adulte.

Fort peu de temps cependant puisqu'il n'avait pas encore pu parler à Sakura que Kurenai accouru vers eux. Complètement paniquée, elle avait du mal à parler et on aurait pu croire, s'il on oubliait qu'elle était une ninja, que cette petite course d'à peine quelques mètres l'avait essoufflée. Il fallu qu'Asuma la saisisse fermement, d'une forte poigne exercée sur chacun de ses bras depuis son dos, pour qu'elle se calme subitement. Un peu trop subitement. A tel point que les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu'elle bafouilla de façon à peut près compréhensible :

- Shino… Shino n'est pas…

Kakashi aurait voulu soupirer. Il se retint. Encore, aurait-il voulu dire comme déjà las de ce petit manège macabre. Il s'en empêcha. Kiba lui ne voulu même pas partir à la recherche de son camarade. Il avait un goût âpre et amer dans la bouche, son palais était pâteux. Il aurait voulu crier par contre. Parce que cette fois, il ne parvenait plus à espérer une autre fin. A imaginer une quelconque raison plus joyeuse à cette disparition. Il ne portait pas particulièrement une affection énorme à Shino, mais il était son coéquipier, et il était mort, comme les autres.

Lorsque le corps du garçon fut découvert, il se trouvait dans la forêt, en plein milieu des arbres, une grosseur étrange sur la gorge. Sakura l'examina de plus près. C'était très gros et elle aurait dit que cela se trouvait plutôt à l'intérieur de sa gorge dans son œsophage. Comme s'il l'avait avalé… Mais avaler quelque chose de cette taille relevait de l'impossible. Il était donc certainement mort étouffé. Mais par quoi ? Elle demanda à tout le monde de reculer. De se tenir assez éloigner pour ne rien voir. Ils s'interrogèrent mais en voyant la jeune fille un scalpel à la main ils obtempérèrent le plus vite possible. Jusque là, déterminer comment les victimes étaient mortes avait été dur. Particulièrement quand cela avait commencé à être les corps de ses amis. Mais elle n'avait pas eut besoin d'autopsie… Là, c'était obligatoire. Obligatoire, répugnant et particulièrement abjecte ! Songeait-elle. Elle allait autopsier l'un de ses amis. Elle allait ouvrir sa gorge. C'était tellement différent que l'entraînement sur des poissons ou même la pratique bien réelle sur des inconnus. Déjà en arrivant, le col de son manteau était ouvert, une violation de l'intimité énorme pour quelqu'un comme Shino ! Mais ce n'était rien en comparaison à ce qu'elle s'apprêtait à faire. Le découper. Le cadavre de son ami. Elle avait beau tenter ce qu'elle faisait toujours, s'abstraire, rationaliser, se dire que ce n'est qu'un corps et rien d'autre, cela n'avait aucun effet.

Elle inspira à fond et entama son travail. Malgré tout, il le fallait. La peau pâle se coupait toute seule, l'entaille s'allongeait sans la moindre goutte de sang. Un cadavre ne saigne pas. Elle sentait sur le bout de son scalpel que cette grosseur était dure. Mais qu'est ce que cela pouvait bien être ? C'était trop gros. Impossible à sortir par une si fine entaille et difficile à identifier. Et pas question d'en faire une plus grande ou de le décapiter. Elle chercha à mieux voir, réfléchissant quand un bourdonnement la déconcentra. Une abeille voletait autour d'elle et du corps. Ce fut le déclic suffisant. C'était une ruche. Comment était elle arrivée là ? Impossible de l'avaler ! Impossible de l'avoir insérer sans endommager quoi que ce soit !

Alors qu'elle était à ses réflexions là, Kakashi s'était un peu rapproché, elle lui expliqua.

- Ce qui est sûr, c'est que le ou les coupables nous connaissent. Finit-il par dire.

- Comment ça ?

- Shino une ruche. Lee avec Gai. Sai et des pinceaux… Sans parler de toutes les mises en scène qui sont toujours bien choisies…

- Mais il n'y a personne sur l'île… Murmura Ino.

Ces deux idées, que tous relièrent immédiatement rependit un silence effroyable. Les regards inquiets et suspicieux se croisèrent.

Plus loin, Naruto frappait l'écorce d'un arbre de son poing nu. Des échardes s'étaient enfoncées dans sa chaire depuis longtemps et les coups répétés contre le tronc avaient ouvert ses phalanges. A quelques arbres de distance Sasuke avait l'épaule appuyé sur un tronc et contemplait silencieusement les poings sanglants. Quand ceux-ci s'arrêtèrent après de longues minutes, leur propriétaire était essoufflé. Pourtant, après une ou deux respirations saccadées il reprit.

- Tu compte faire ça longtemps ? Lâcha le brun.

Le blond ne lui répondit pas.

- Tu fais pitié à voir.

- Tu t'es regardé avant de me dire ça ?

Naruto avait crié en s'arrêtant de frapper. Sasuke fronça les sourcils et se redressa de son appui pou se tenir bien droit.

- Moi ? Demanda le brun.

- Ouais toi, le grand ninja qui n'était même pas foutu de marcher tout seul y'a même pas deux jours ! Tu crois que tu ne faisais pas pitié ?

- Je ne passais pas ma colère sur des choses inanimées en me faisant mal pour ne pas crier.

- Forcément, tu ne pouvais pas te lever de ton lit ! Alors t'as fait comme toujours, t'as regardé tout le monde de ton air froid et supérieur quand tu hurlais intérieurement !

- Qu'est ce que t'as dis ? Monsieur je veux devenir Hokage mais je pars en vacances et je trucide des arbres plutôt que le coupable parce que je ne suis pas capable de faire quoi que ce soit d'autre de parler ?

- Et toi ? T'as déserté pour tuer ton frangin, t'as trouvé son cadavre et tu va faire quoi maintenant ? Partir ? Encore ? Alors que tu venais de revenir ? Tu va te casser pour tuer le type qui t'as privé de vengeance ? Et après ? Qui tu poursuivras ?

Ils se hurlaient dessus en se rapprochant l'un de l'autre. Ils étaient quelques centimètres à peine lors de la dernière apostrophe de Naruto qui avait saisit Sasuke par le col. Maintenant, ils allaient se frapper. Ils étaient prêts à se battre. Leurs poings respectifs frappèrent la joue de leur opposant. Ils allaient recommencer, en y mettant plus de cœur, plus de puissance.

- Ca suffit !

Le hurlement les stoppa net. Bien qu'ils furent aidés par la propriétaire de la voix qui s'étaient interposée. Sakura les foudroya de regard, chacun leur tour. L'un à droite. L'autre à gauche.

- Je peux savoir ce qui vous prend ? Vous pensez que c'est le moment de se battre peut être ? Vous n'êtes vraiment que des gamins ! Cracha-t-elle.

Elle les regarda de nouveau. Et s'en alla en partant droit devant elle. Ils la suivirent du regard, hagards. Ils n'osaient se regarder en face.

- Même maintenant on n'est bons qu'à se disputer et être arrêtés par Sakura. Constata Sasuke.

Naruto lui, muet, se mit également en marche.

Les corps furent transportés comme les précédents. Cependant, quand Sakura sortie du cabanon, elle ne vit personne pour l'attendre. Elle soupira de fatigue. Elle avança et à quelque mètre de là tomba sur Temari appuyée contre un arbre.

- Je t'attendais.

Finalement, si. Il y avait bien quelqu'un. Elles marchèrent en cœur. Pas très vite, plutôt en traînant. Elles se doutaient bien qu'à l'intérieur il devait y avoir un conseil de guerre et n'avait aucune envie d'y participer. Sakura préféra raconter l'épisode de Naruto et Sasuke à la blonde.

- Vraiment, toute cette histoire m'épuise… Fit-elle en achevant.

- Effectivement, c'est plutôt exténuant pour des vacances.

Elles quittèrent la forêt sans prêter attention à ce qui les entourait. A peine eurent-elles ouvert la porte d'entrée qu'elles voulurent faire demi-tour. L'air lourd était difficilement respirable comme s'il avait été chargé de plomb. Elles rejoignirent pourtant les autres. Le silence produisait l'impossible, il épaississait encore davantage l'air. Dans cette pièce, la vie paraissait impossible.

Elles s'assirent en bout de table, n'osant rien dire, Elles furent accueillit par un petit sourire de Maïlys et un signe de tête d'Ino qui s'y trouvaient. Temari guetta les réactions de tout le monde, tenta de voir l'état d'esprit de tous. Elle remarqua notamment que Sasuke était toujours à la fenêtre. Que Naruto ne disait rien, regardant le vide comme s'il était absent. Hinata semblait inquiète pour lui mais elle se taisait. Des cernes apparaissaient vivement sur sa peau pâle. Kiba avait les jambes quii tressautaient en permanence sous le stress. Tenten avait la tête posée sur l'épaule de Neji et ses yeux déjà mi clos avaient tendance à se fermer tous seuls. Kakashi avait les mains jointes devant son visage hagard. La fatigue et la lassitude semblaient être le revers de la tristesse et de l'incompréhension. Tout va de paire.

Un long moment s'écoula ainsi. Moment qui parut d'autant plus long à ceux qui le vivaient. L'heure de passer à table sonnait déjà. La plupart n'avait pas faim. Les autres étaient prêts à s'en passer. Mais Kakashi rompit le silence.

- Allons-y.

Sans autres précision, ils comprirent pourtant tous qu'il s'agissait de refaire le tour de l'île. Ils obtempéraient sachant qu'ils n'avaient rien trouvé les deux fois précédentes. Parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire…

Sakura à l'étage enquêta, comment depuis le début les victimes avaient pu disparaître de leur chambre ? Sans bruit. Sans en sortir volontairement. Hinata et Neji, grâce au byakugan cherchèrent partout le moindre indice. On chercha des traces de pas. Des traces de sang. Ou n'importe quoi d'autre qui aurait pu être anormal. Maïlys avec un justsu sonda l'océan aux alentours de l'île. Il n'y avait pas le moindre bateau, pas un poisson. A croire que cette île était devenue répulsive à la vie. Kakashi renvoya une lettre sans conviction. Il testa les communications. Rien à faire. Kiba chercha toutes odeurs qu'il lui était inconnues sans résultats. Tous renvièrent bredouille. Il n'y avait rien. Rien.

Kakashi se planta sur le ponton. Il attendit encore le bateau de ravitaillement, ou une quelconque présence humaine qui lui aurait permit de soupirer de soulagement plutôt que d'avoir envie de hurler. Malgré les résultats, il attendait. Se raccrochant à un espoir fictif. Anko était encore et toujours à ses côtés. Mais le bateau ne vint pas.

- Rentrons. Finit par lui dire la jeune femme.

Il ne répondit pas de suite. Il semblait ne pas l'entendre. Mais pourtant, il se mit à parler, sans se tourner vers elle qui était assise dans le sable.

- Qu'est ce qu'on va faire ? Qui d'autre va y passer ce soir ?

- J'en sais rien.

- Dis-moi…

- Quoi ?

- N'importe quoi. J'ai juste besoin d'entendre une voix différente de celle de Gai qui me hante…

- Ah… Ca te le fait à toi aussi alors.

Comme il ne répondait pas elle se leva et s'approcha. Son masque était trempe, cachant un visage ruisselant de larme. Gai était son meilleur ami. Et son rival. S'il était mort, que tous les membres de l'Akatsuki étaient morts, personne sur cette île ne parviendrait à survivre. Mais surtout pas lui… Qu'allait-il devenir sans Gai ? Alors qu'il portait ses mains à son visage pour l'y enfouir, l'une d'elle fut retenue par Anko qui se mit à le mordre férocement. Il poussa un petit cri de douleur et de surprise. Il la fixa sans comprendre son air boudeur.

- Non mais tu me demande de te parler mais tu ne m'écoute pas ! Râla-t-elle.

Il eut encore plus envie de pleurer, il n'était pas encore complètement seul. Elle était là ! Kurenai et Asuma aussi ! Et tous ses élèves et…

- Aïe ! S'écria-t-il. Pourquoi tu me frappe ?

- Pour que t'arrête de pleurer comme une madeleine, ça ne te va pas.

Effectivement, ses larmes ayant reprise elle lui avait administré une baffe. Il était sidéré.

- Maintenant tu m'écoutes ? Ce soir, tous les adultes montent la garde ensemble, et demain, on se tire d'ici. Y'a assez de bois pour que des ninjas tels que nous parviennent à se faire de quoi partir non ?

Il fit oui d'un signe de tête.

- Alors arrête. Arrête de pleurer s'il te plait…

Il devait bien reconnaître qu'en réalité, la morsure ou la baffe, c'était bien Anko tout craché. Et c'était toujours aussi efficace. Violente et sadique mais lucide et efficace. Il en avait été étonné mais il en était surtout ravi et reconnaissant, qu'elle puisse rester elle-même, un repère dans ce monde où il perdait pied. Il se calma. Il parvint même à esquisser un sourire sous son masque. Oui, sans elle il n'y arriverait pas.

- A toi de m'écouter. Je t'interdis de mourir. C'est un ordre.

- Il ne manquerait plus que ça ! Que tu me donne des ordres et qu'en plus je meurs ! Le monde serait bien mal en point !

Quelques minutes plus tard, lorsqu'ils rentrèrent, le repas était prêt, on n'attendait plus qu'eux. Rare furent ceux qui avaient de l'appétit, mais par politesse pour ceux qui avaient préparés le repas tout le monde mangea quand même un peu. La discussion fut calme, peu fournie et banale pour ne pas dire plate. Une question trottait dans toutes les têtes : Qui mourrait ce soir ?

Kakashi exposa la situation et les nouvelles résolutions, et rappela les règles en vigueur. Quelques secondes de silence suivirent avant qu'une agitation soudaine ne se déclenche…

- Je propose d'instaurer également la règle suivante : Interdit de fumer dans cette maison ! S'exclama Kurenai en arrachant la cigarette de la bouche d'Asuma.

- Mais…

- Je t'ai déjà dit que c'était mauvais pour ta santé.

- Tu m'as aussi dit que tu aimais me voir clope au bec, que cela me donnait un air viril… Et que l'odeur de la cendre froide te…

- Mais tais-toi ! S'empressa-t-elle de le couper en lui plaqua les deux mains sur la bouche, rouge de gêne.

Cette scène fit sourire et même rire légèrement. Mais ce n'était pas le gout de tous. Kiba se leva d'un bond.

- Comment pouvez-vous rire ?!

Son hurlement jeta un froid. Sakura soupira, alors que ce grain de bonne humeur survenait pile au bon moment…

- Est-ce que vous avez oubliez que quelqu'un d'autre va y passer ce soir ? C'est bien beau de vouloir partir demain… Mais d'ici demain la liste se sera réduite bordel !

- Kiba… Murmura Kurenai.

- Non !

- Que veux-tu faire ? Demanda Kakashi. Je t'écoute si tu as une idée.

- J'peux juste pas reste assis là comme si d'rien n'était ! Et encore moins rire ! Comment tu fais toi hein ? Fit-il à l'adresse de Maïlys. Comment tu peux sourire et rire tout l'temps ? Est-ce que t'es insensible à la mort de tous nos potes ?

- Non je… Voulu-t-elle se défendre.

- Ou bien est ce que tu t'en fou parce que c'est toi qui les a tous butés ? Coupa-t-il hors de lui.

- Qu'est ce que tu raconte ? S'exclama Temari choquée.

- J'raconte ce que personne n'ose dire ! On est tous seul sur cette putain d'île ! Tous seuls ! Répéta-t-il. Vous comprenez donc pas que ça pourrait être n'importe qui d'entre nous ?

Le silence qui suivit contrastait déjà beaucoup trop avec les hurlements du jeune homme, mais le pire venait de ce que c'était vrai. Tout le monde y avait pensé. Personne ne l'avait dit. Ils étaient seuls. L'un d'entre eux pouvait les avoir tous tué… Mais cette idée, tous l'avaient rejeté aussi vite qu'ils y avaient pensé la première fois. C'était absurde et beaucoup trop dur à croire… Beaucoup trop dur d'imaginer remettre en questions tous ceux qu'ils connaissaient… Tellement plus simple de maudire le ciel de leur infortune et d'assassiner mentalement le coupable. Un tiers, un inconnu.

- Ah ouais ? Comment cette personne aurait-elle fait sans être vue ? Lâcha Sakura.

- J'sais pas moi. Mais comment quelqu'un qu'on connaît pas et qui semble inexistant sur cette île aurait fait lui ? Hein ? Dans tout les cas quelqu'un l'a bien fait non ? Donc c'est possible ! Et j'pense que c'est plus simple pour l'un d'entre nous de passer inaperçu… Mais je pense surtout qu'on est seuls putain de merde ! Il vous faut quoi pour vous en convaincre ? On a cherché trois fois !

Le silence s'imposa encore. Que tout le monde en ait conscience fit peser encre plus les parole du jeune homme enragé. Quelques regards coulèrent de droite et de gauche. Pouvait-on faire confiance à son voisin ? A son ami d'enfance… Son frère ? Son amant ?

- Mais pourquoi l'un d'entre nous ferait ça ? S'écria Neji en serrant encore plus fort Tenten contre lui.

- Pourquoi un autre ? Lui répondit Kiba.

- Et pourquoi t'accuse Maïlys ? Grogna Kankurô.

- Parce qu'elle ne paraît pas affecté ! On tire tous la tronche, on a tous envie des crier et de pleurer et l'autre elle se marre ! Moi ça me paraît bizarre !

- N'importe quoi ! Hurla Kankurô en se levant à son tour.

- Calme-toi… Tenta Temari en voulant le faire s'assoir.

- Et toi alors ! La furie qu'est prête à tuer Shika toutes les trente secondes ça doit pas être complexe pour toi de tuer ?

- Mais tu vas la fermer un peu ? Assena Sakura pour empêcher que Temari ne commette réellement un meurtre.

- Ah ! Dit celle qui ne rit pas mais qui est assez insensible pour trifouiller sur tous les cadavres même ceux de ses amis ! Madame qui est habitué à la mort et à l'hémoglobine pourrait bien avoir tué tout le monde non ?

- Je fais mon métier ! Si tu veux me remplacer va y !

- Ton métier, c'est aussi ce que tu fais tous les soirs, quand tu sors de ta chambre pour aller voir Sasuke soit disant ? Ou bien c'est là que tu comment ce qui semble impossible ?

- Elle vient bel et bien me soigner. Trancha froidement Sasuke.

- La belle affaire. De toute façon ça pourrait aussi bien être toi non ? Le ninja déserteur qui se serait en plus déjà débarrassé de son frère ! Ou alors Kakashi ? Celui qui nous fait chercher toute la journée un coupable inexistant puisqu'il s'agit de lui-même ?

Naruto se lava brusquement, interrompant Kiba et ramenant le silence. Sans un mot, sans un regard, il se tourna et s'éloigna. Son nom fut prononcé dans un cri aigu à cause de l'inquiétude et l'émotion. C'était Hinata qui se leva et parti elle aussi, pour le suivre.

L'ambiance était très mauvaise. Electrique et pourrie par le doute, la colère et l'énervement. Kakashi n'en revenait pas d'être accusé ainsi mais il comprenait aussi ces doutes qui l'assaillaient aussi parfois… Souvent… Pourquoi ne pouvait-il pas joindre Konoha ? C'est l'Hokage qui les avait envoyés ici… Que faisaient les autres pays actuellement ? Le monde entier finissait par devenir suspect.

Mais comment quand ils étaient seuls ?

- Putain c'est galère… T'es content de tes conneries mec ? Dit Shikamaru.

- Ces pas des conneries… Personne ici ne peut être tout blanc et digne de confiance !

- Et toi alors dans ce cas… Demanda Asuma. Si tout le monde est suspect, tu es où dans tout ça ? Toi qui accuse chaque personne une par une. Le corps d''Itachi à bien était déchiqueté par un animal et ses os rongés non ?

- Asuma, s'il te plait tais toi…

Le sensei regarda sa voisine, Kurenai. Il fut surprit. Très même.

- Ouais, et Hidan on lui a arraché le cœur à la petite cuillère ! Répliqua Kiba en pointant Maïlys du doigt.

- A ce rythme là on peut tous s'accuser mutuellement mais cela ne nous fera avancer à rien. Déclara Sakura.

- De toute façon on va tous crever ici si ça continue ! S'écria Ino.

L'attention se reporta sur elle. Elle était au bord des larmes et semblait prête à éclater. Elle en avait marre. Elle était fatiguée, ivre de tristesse et de douleur. Mais c'était cette ambiance qui lui pesait le plus. Mais c'est Tenten qui prit le relais.

- Franchement, je pense qu'une bonne nuit de sommeil ne serait pas de trop. On dit que ça porte conseil, et si elle ne nous porte que la mort, il faudra faire avec… On s'en va demain, on réglera nos comptes, tous ces reproches et ces non dits, à Konoha.

Et sur ce elle se leva, tirant Neji avec elle puisqu'elle le tenait par la main qu'elle n'avait pas l'intention de le lâcher. Ino la suivit presque en courant tout comme Temari, Kankurô, Maïlys et Sakura. Shikamaru prit le temps de bailler avant de dire « ouais c'est vrai » et d'y aller aussi. Finalement, les derniers à rester dans la pièce furent Kurenai et Asuma. La jeune femme s'étant arrêtée sur le pas de la porte du salon où les sensei voulaient rester. Elle regarda son élève avec tristesse. Il ne put soutenir son regard et se trouva stupide. Il savait que dans le fond il n'avait pas tort, tout le monde le savait. Mais il s'y était prit comme un pied, comme d'habitude.

Cependant, à l'étage, quand ils ont montés les escaliers, les regards discrets n'étaient pas ceux d'amis. Pas ceux remplis de confiance et d'espoir qu'ils avaient entre eux. Pas ces yeux pleins de joie. C'était froid. Distant. On aurait pu voir les soupçons et les doutes voleter dans l'air entre eux. Ils avaient commencés à s'éloigner… Au fond de l'horreur, il avait commencé à se détruire eux même.

Hinata avait trouvé Naruto. Il n'était pas bien loin, il était juste sorti. Il s'était assis dehors sur le pas de la porte.

- Tu es là… Fit-elle soulagée en le rejoigant.

- Ouais, je serais bien allé plus loin mais je sais que si je le fais Kakashi va gueuler et vous autres vous serez inquiets.

Elle sourit. Puis elle hésita un instant avant de se ressaisir. Elle était partie déterminée, pas timide. Alors elle s'assit à côté de lui.

- Tu… Tu es bizarre ces derniers jours Naruto… Je sais que c'est normal ! S'empressa-t-elle d'ajouter. Avec ce qui nous arrive… Mais je…

- Tu t'inquiètes.

- Oui.

- J'ai horreur de ça.

- De quoi ?

- Qu'on s'inquiète pour moi… C'est vrai quoi, je suis grand je peux me débrouiller ! Et puis, si je veux devenir Hokage j'ai pas besoin que tout le monde soit toujours sur mon dos ! Au contraire ! C'est moi qui devrais m'inquiéter pour eux et leur redonner confiance ! Mais… Pourtant… D'un autre côté cela me fait plaisir. Moi qui avais toujours été seul, avoir des gens qui s'inquiètent pour moi, c'est… Rassurant.

Ces derniers jours… Reprit-il après une pause. Je me suis senti petit. Ridiculement petit et faible. J'ai été incapable de protéger qui que ce soit, incapable de faire quoi que ce soit. Ce sentiment d'impuissance alors que j'ai vu ceux que j'aimais mourir est insupportable. Ca me rend fou ! Je me sens tellement mal… Comment pourrais-je devenir Hokage ? Je suis si faible ! Si nul que je ne suis pas capable de lever le petit doigt pour sauver tout le monde ! Un bon à rien !

Il avait fini par crier. Hurler son malheur, son mal être. Il s'était même mit debout et serrait ses poings le plus possible. Cette impression de ne servir à rien le tenaillait en permanence. Le faisait sortir de la réalité en l'obsédant totalement.

- J'en arrive à me dire que je ferais mieux de mourir ce soir… D'abandonner mon rêve stupide et de…

- Ne dis pas ça ! L'interrompit-elle en criant d'effroi.

- Hinata ?

Il se tourna vers elle surprit. Elle tremblait légèrement. Ces mots dans la bouche de Naruto étaient une véritable torture, une peur atroce.

- Ne dis pas ça… Murmura-t-elle à nouveau. Je… je crois que c'est normal de se sentir mal… Avec ce qui nous arrive… On en est tous là. Ses sentir seul, trop seul et impuissant. C'est normal non ? Moi aussi j'aurais voulu que ce soit moi plutôt que Shino. Mais… Je pense qu'on peut s'en sortir après tout, on est tous ensemble hein ? Si seul on est faible, ensemble on est plus fort. Ensemble on se rend espoir… Et toi, tu es le prochain Hokage, alors tu ne devrais pas vouloir abandonner. Surtout que les ninjas de Konoha n'abandonnent jamais n'est ce pas ?

Elle cherchait ses mots frénétiquement et il vit bien à quel point elle mettait tout son cœur et toute son énergie à tenter de lui remonter le moral, le réconforter. Aussi s'était-il rassis et écoutait en souriant la jeune fille à côté de lui. Elle avait réussit à le calmer et à le ramener dans la réalité. Mais ses demandes d'accord, de confirmation, prouvait également qu'elle tentait de s'en convaincre elle aussi.

- De toute façon… Tu n'as pas le droit d'abandonner. Qu'est ce que je deviendrais moi hein ? Tu… Tu es mon modèle Naruto… Qu'est ce que je ferai si toi tu craque ? Comment… Comment pourrais-je continuer si tu abandonne ? Et… Et si tu te sens faible, toi le plus fort d'entre nous, imagine… Imagine-moi… Imagine combien nous tous on doit être… Être... Nous qui t'arrivons à la cheville ! Alors si tu venais à perdre espoir ou à mourir… Je… Moi je…

Il la serra soudainement dans ses bras. Sa voix était devenue rauque et éraillé à force qu'elle retienne les larmes qui perlaient à ses yeux. La tête enfouie, contre le torse de Naruto elle les laissa couler. Elle se mit à pleurer, laissant aller tout ce qui était retenu depuis trop longtemps. Elle se trouvait encore plus nulle de ne pas avoir véritable réussit à expliquer ce qu'elle ressentait. De ne pas avoir réussit à le consoler. Elle se calma un peu et Naruto l'écarta de lui, en gardant chacune de ses deux mains sur ses épaules. Il la regardait en souriant doucement pendant qu'elle essuyait les larmes de ses yeux avec sa manche, elle bafouilla entre ses sanglots :

- Ca finit toujours comme ça, c'est toi qui me réconforte.

- C'est faux, c'est bel et bien toi.

- Um…

- Merci, Hinata.

Il ne mentait pas. D'aussi loin qu'il se souvienne, il avait souvent puisé courage et force chez la brune. L'examen chunin… Quand elle s'était battue elle lui avait donné la détermination. Et quand il avait vacillé avant de se battre contre Neji, elle lui avait redonné confiance. C'était pareil aujourd'hui. Elle était toujours là, discrète présence, pour l'épauler. Il le savait déjà, mais qu'elle le lui rappelle lui faisait plaisir. Parce qu'il se sentait mieux. Il se sentait à nouveau lui-même.

- Dis, Naruto…

- Um ?

- On va s'en sortir hein ?

- Bien sûr.

- Vraiment ?

- Je te le promets. Demain, on part d'ici, et je te protègerais, quoi qu'il advienne.

Elle acquiesça en souriant. Le jeune homme se leva et il lui tendit la main pour l'aider. Une main douce et chaleureuse qui ne la lâcha pas. Il ne la lâcha pas avant d'être arrivé en haut des escaliers. C'est pleine de joie et d'espoir nouveaux que la jeune femme se coucha. Quelques minutes avaient suffit à effacer tout ce qui la tourmentait.