Petit blabla : Boonnjouuur ! Comment allez-vous aujourd'hui ? J'espère que vous ne mourrez pas de chaud, parce que moi, je crame ! Heureusement que les smooties existent... En tout cas, pour en revenir à ce chapitre, sachez qu'il est plus long que les précédents ( mais le prochain sera encore plus long, donc bon.) et que les choses sérieuses arrivent, si vous voyez ce que je veux dire ... :3 Enfin bref, Dean et Sam ne m'appartiennent pas, et je vous souhaite une bonne lecture !


Dean avala une gorgée de whisky. Heureusement que son petit frère ne connaissait pas toutes les cachettes de sa chambre. Heureusement que son petit frère lui faisait assez confiance pour qu'il aille faire les courses tout seul.

L'aîné savait qu'il piétinait la confiance de Sam. Mais, damn it, il ne pouvait pas faire autrement, il n'y arrivait pas. Le plus grand croyait dur comme fer que Dean allait mieux, et celui-ci faisait tout pour le persuader que c'était le cas. Alors, progressivement, les cernes avaient disparu du visage de son petit frère, qui portait en permanence un sourire sur les lèvres, et ce petit sourire attirait toutes les femmes à lui. Ainsi que son grand frère, par la même occasion. Dean se dégoûtait. Il se dégoûtait de ne pas supporter que Sam couche avec une femme au point d'en vomir, littéralement. Il se dégoûtait de baiser en imaginant son petit frère contre lui. Mais encore, pour ces raisons-là, Dean se dégoûtait seulement.

Parce que plus le temps passait, plus Dean se haïssait de vouloir tout faire pour que Sam lui adresse des sourires resplendissants. Il se haïssait de laisser son petit frère parler encore et encore juste parce qu'il aimait le son de sa voix. Dean se dégoûtait de vouloir Sam, mais Dean se haïssait encore plus de l'aimer d'amour.

Alors le chasseur s'enfonçait dans l'alcool comme il l'avait toujours fait, cachant avec précaution ses bouteilles, se lavant les dents et s'aspergeant de déodorant dès qu'il sortait de sa chambre après avoir bu. D'ailleurs, il ne s'était jamais douté que les pubs ventant les produits qui « embaumaient votre intérieur comme une saveur de printemps » pouvaient réellement marcher, jusqu'à ce qu'il les essaye.

Enfin.

Dean trompait Sam, Dean voulait se tromper lui-même, et il y arrivait tout de même plutôt bien. Après tout, il avait bien vu la réaction de son cadet quand, lors d'une chasse, le propriétaire du motel les avait crus en couple. Son Sammy avait écarquillé les yeux, son visage s'était progressivement empourpré de colère, et il avait fini par attraper brutalement la clé tendue en crachant qu'ils étaient frères, et que monsieur, je vous prierais de garder vos réflexions fausses et totalement déplacés pour vous-même. Damn it. Dean n'avait jamais vu son petit frère si agressif. Le soir même, il l'avait accompagné au bar, ce qui arrivait pourtant que très rarement.

Dean chassa ses souvenirs d'une gorgée d'alcool, avant de regarder l'heure. Le chasseur grogna avant de se relever, fermant sa bouteille sans le moindre problème. Chassez le naturel, il revient au galop. Après l'avoir caché dans son troisième placard, entre les boxers et les magasines pornos (non, il n'y avait pas un magazine gay qui se cachait entre les Busty Asian Beauties), Dean alla rendre discrètement vérifier sa tête dans le miroir, et se lava les dents tranquillement.

Il ne s'était rien passé, après tout. Rien du tout. Dean se frotta ses mains encore tremblantes et sortit de sa chambre pour rejoindre son petit frère dans la bibliothèque, plaquant un sourire satisfait sciemment travaillé sur les lèvres.

- Fuck, Dean ! Je n'ai pas besoin de savoir que tu viens de regarder un porno !


Dean ne comptait plus les jours. Cela faisait longtemps qu'il vivait sans faire attention au temps. Après tout, rien de vraiment gros ne leur était tombé dessus depuis des siècles, alors il avançait sans regarder où il allait. Tout cela lui convenait parfaitement. Agir comme si de rien était, séduire des femmes dans les bars, manger n'importe comment, vomir quand la pression était trop forte, enfouir ses sentiments sous des tonnes de sarcasme et de déni, il était vraiment un champion dans ce domaine.

Dean trinqua à lui-même dans la salle principale du bunker avant de boire une longue rasade de vodka. Ouais, c'était plus fort que le whisky, et il avait vraiment besoin de quelque chose de puissant. Des larmes coulèrent sur ses joues, mais le chasseur ne prit même pas la peine de les essuyer. Il était seul dans le bunker pour une petite semaine normalement, Sam étant parti aidé un chasseur pas loin de Seattle, s'il se rappelait bien. Il était parti dans la matinée, et quelques minutes plus tard, Dean était allé acheter de l'alcool pour la semaine.

Mais là... Il n'était pas sûr d'en avoir assez. Envoyant au loin ce problème, il se remit à boire, laissant les images de son petit frère l'envahir tranquillement. Dans cet état, il ne pouvait pas faire grand-chose, mais il était tellement fatigué de se battre constamment contre lui-même que lâcher prise, comme en cet instant, était honteusement soulageant.

Et puis, il était seul. Alors il pouvait laisser couler les larmes sur son visage, personne ne le verrait. Avec un peu de chance, en même temps que des sanglots sortaient de sa bouche, la chape de plomb sur ses épaules diminuerait un peu. Dean n'y croyait pas vraiment, mais il espérait tout de même.

Au final, c'était sûrement ça le problème. Dean Winchester espérait. Il espérait que son frère allait se rendre compte de son état, il espérait que son frère ressente la même chose que lui, il espérait que son estomac cesse de rendre un repas sur trois à chaque fois qu'il pensait à Sam et ses conquêtes, il espérait beaucoup, mais rien n'arrivait. Dean secoua la tête en grognant, amenant une nouvelle fois la bouteille à sa bouche, avant de la balancer contre le mur en se rendant compte qu'elle était vide. Deux cadavres gisaient déjà là-bas, mais le chasseur s'en moquait un peu. Il avait réglé une alarme dans six jours au cas-où, ce qui lui permettrait de nettoyer la pièce – et de se nettoyer également – avant que Sam ne revienne. En attendant, Dean préférait se laisser glisser dans un sommeil incertain, mais au moins, il savait que l'alcool dans ses veines l'empêcherait de rêver, encore, de son petit frère.


- Dean ? Dean. Dean !

L'aîné gémit en se passant la main sur le visage, se rendant compte qu'elle était légèrement poisseuse. Un juron retentit, puis un tissu mouillé se posa sur sa tête, enlevant l'impression de viscosité. Dean papillonna des yeux un moment, puis le visage flou de son cadet se dessina devant son visage. Il le regarda un long moment, ne comprenant pas vraiment ce qu'il se passait. En tout cas, les sourcils de son petit frère étaient froncés d'inquiétude, et il se mordillait nerveusement la lèvre. Dean resta bloqué un instant dessus ce mouvement, avant de prendre conscience de ce que cela signifiait. Le flou dans son esprit sembla s'en aller, et une expression de stupeur se peint sur ses traits.

- Sam ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Tom n'avait pas besoin de mon aide, finalement, alors je suis revenu, répondit rapidement le cadet, avant d'exploser en voyant son aîné détourner le regard. C'est quoi ce bordel, Dean ? Qu'est-ce que foutent toutes ces bouteilles là ? Je croyais que tu en avais fini avec l'alcool ! Et – Dean !

Sam se précipita pour aider son frère à se surélever légèrement pour le tourner sur le côté. La tête de Dean le lança comme pas possible alors qu'il se mit à régurgiter les bouteilles qu'il avait avalées. Sa gorge le brûlait, et quelques larmes pointèrent dans le coin de ses yeux quand il n'eut plus rien à vomir. Le souffle court, il se laissa tomber en arrière, atterrissant contre le torse de Sam. Il eut à peine le temps d'entendre quelque chose ressemblant à Putain, Dean, je vais te tuer qu'il sombra dans un sommeil agité.

Le cadet souffla un grand coup, essayant de trier les pensées qui se battaient dans son esprit, avant de finalement enlever les vêtements de son grand frère. Il aurait d'abord voulu aller le mettre dans un lit, mais après, cela allait être compliqué. Une fois que son frère fut nu, à l'exception de son boxer, il passa le linge qu'il avait pris en le voyant dans cet état lorsqu'il était rentré, et le passa doucement sur toutes les traces de vomi qui salissaient Dean.

Cela ne le réveilla même pas, et Sam essaya de mettre en sourdine la voix qui s'inquiétait. Il prit son frère dans ses bras pour l'amener dans sa chambre et le déposa doucement sur le lit, pour ensuite rabattre les couvertures sur lui. Damn it. Pourquoi son frère avait-il fait ça ? Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Il avait bien vu que Dean s'éloignait de lui ces derniers temps, mais il n'avait rien dit, peu importe à quel point cela lui faisait mal. Après tout, son grand frère n'aimait pas être dépendant des autres, et pendant des mois, c'était Sam qui s'était occupé de lui.

Et puis, il avait volontairement agrandi l'espace entre eux. Il ne voulait pas étouffer son frère avec les sentiments toujours plus fort putain de fort bien trop forts qu'il lui portait, qui avait dépassé le stade la fraternité depuis des mois déjà – et franchement, Sam se demandait parfois si en fait, il ne devait pas plutôt en parler en années.

Fuck. Dean ne devait jamais le savoir, sinon, il allait le tuer. Alors il avait ravalé ses questions, le laissant prendre de l'espace. Il n'aurait pas dû. La culpabilité lui serra les tripes et le cadet déposa un baiser sur le front de son frère avant d'aller nettoyer la salle du bunker, effaçant toutes les traces de ce qu'il s'était passé. Ceci fut rapidement expédié, Sam étant trop inquiet pour rester longtemps loin de son grand frère. Il revint immédiatement dans sa chambre et s'assit sur une chaise pour attendre en se rongeant les ongles jusqu'au sang le réveil de son frère.


Sam revint avec un café qu'il posa sur sa commode et changea le linge sur le front de Dean. Cela faisait quelques heures qu'il avait commencé à s'agiter, et la fièvre était rapidement montée. Le cadet avait enlevé les couvertures et disposé quelques serviettes humides sur le corps de Dean, qu'il avait progressivement enlevé au fur et à mesure que son corps reprenait une température normale.

Sam s'assit encore une fois, ne faisant pas attention aux protestations de ses fesses qui avaient passé bien trop de temps assises à leur goût. La scène lui rappelait douloureusement une qui s'était produite il y avait maintenant bientôt un an et quelques mois, et la pensée qu'il n'arrêtait pas d'échouer en temps que petit frère lui bouffait les entrailles et lui mangeait la tête et lui donnait envie de se frapper et de se tuer et de se -

- Dean !

Sam se releva pour serrer son grand frère qui venait tout juste de papillonner des paupières contre lui, se sentant brusquement à court de mot. Certes, il avait toujours été plus à l'aise que Dean pour parler des émotions, mais il restait tout de même un Winchester. Cependant, il ne s'attendit pas à être brutalement repoussé.

- Ne t'approche pas !

Sam resta silencieux face à ce brusque et incompréhensible mouvement de colère, et, désemparé, il regarda, les bras ballants, son grand frère se frotter les tempes. Aussitôt, le cadet se reprit et donna un cachet d'aspirine à Dean, accompagné d'un verre d'eau, et celui-ci les fixa un instant avant de les avaler. Sam ne savait pas qui du rejet ou du regard que son frère lui avait lancé lui avait fait le plus mal, mais son cœur se serra et il se mordilla la lèvre nerveusement. Dean releva les yeux sur l'autre chasseur seulement une fois que le tambour dans sa tête se fut calmé, et l'expression pleine de tristesse et de douleur de son petit frère le frappa brusquement. Il ouvrit la bouche pour parler, puis finalement, se passa la main dans les cheveux en détournant le regard.

- Désolé, lança-t-il entre ses dents. Gueule de bois, tout ça.

Ce qui était absolument faux, mais son cadet n'avait pas, ne devait pas savoir que c'était le désespoir qui l'avait fait réagir comme ça. Dean ne pouvait pas avoir une relation d'amant avec son petit frère, alors il préférait ne rien avoir du tout plutôt que de se résigner à être un simple frère pour Sam, parce que cela lui faisait bien trop mal. C'était un peu tordu, mais c'était Dean. Sauf que visiblement, cela ne convenait pas à Sam. Pas du tout. Surtout quand il voyait clairement que Dean lui mentait, en face-à-face, consciemment. Toute sa peine partit d'un seul coup, remplacée par de la colère et de l'incompréhension.

- Bordel, Dean ! Cria-t-il en claquant son poing contre le matelas. Quel est le putain de problème, cette fois ? Je croyais que tout allait mieux ! Tu avais l'air de t'être repris, d'avoir un mode de vie plus sain, de vivre aussi normalement que l'on puisse ! Mais depuis quelque temps, je ne sais pas, on dirait que tu passes ton temps à me fuir. Qu'est-ce que j'ai fait pour que les choses se barrent à nouveau comme ça ? Fuck it, qu'est ce qu'il s'est passé pour que je doive te récupérer comme une épave ? ET N'ESSAYE PAS DE TE DÉFILER, BORDEL !

Le hurlement de Sam fit presque sursauter Dean qui avait détourné le regard en s'apprêtant à se lever pour lâcher quelque chose comme raaah, mais tout va bien Samantha, arrête de voir le mal partout ! L'aîné leva les yeux sur son frère, et ce qu'il vit faillit lui faire perdre le masque qu'il avait déposé sur son visage. Et cela, Sam le vit pendant une fraction de seconde où tout le désespoir et la peur et la tristesse et l'angoisse et la colère et la honte de Dean s'affichèrent sur ses traits. Le cadet fut encore plus certain de son choix, les choses ne pouvaient décidément pas continuer comme ça, dans une relation de non-dits constants qui les bouffait petit à petit.

- Je veux une réponse, dit-il plus calmement.

D'une pression sur les épaules de Dean, il l'obligea à se rasseoir sur le lit alors que lui-même s'installa en tailleur juste en face, ne laissant que peu d'espace entre eux, ce qui ne le gênait de toute façon pas plus que cela.

- S'il te plaît... Grand frère.

Sam, qui avait hésité un instant, appuya sur les deux derniers mots, ayant remarqué la dernière fois que cela avait débloqué son frère. Et le cadet avait bien raison, car en entendant cela, le masque de Dean se brisa complètement, et pendant un instant, la colère et le désespoir s'affrontèrent en lui, avant que la première ne prenne le pas.

- Putain, tu veux vraiment savoir, Sam ? Tu veux vraiment savoir à quel point j'ai envie de démonter la gueule à toutes les pétasses qui tournent autour de toi ? Cracha-t-il, les yeux pleins d'éclairs. Qu'à chaque fois où l'une d'elles s'approche de toi, je veux leur faire comprendre que tu es à moi et à personne d'autre ? Tu veux sérieusement savoir que ton putain de grand frère bande sur toi quand tu sors de la douche ? Quand on dort dans le même lit dans un motel ? Quand tu souris parce que tu as vu un chien adorable ? Nan, Sammy, tu veux pas savoir tout ça crois moi, tu veux pas savoir à quel point je suis dingue de toi alors que tu es mon petit frère et que je suis censé te protéger et pas foutre le bordel autour de toi.

Il y eut un instant de flottement, puis, d'un bond, Dean se leva, étant déterminé à fuir Sam maintenant que sa bombe avait été lâchée. Il ne voulait pas voir le dégoût dans le regard de son petit frère, pas plus qu'il ne désirait sentir un coup de poing qu'il aurait pourtant bien mérité. Mais Dean se mit en marche bien trop rapidement, et dès son premier pas, sa tête lui tourna brusquement, le faisait trébucher.

Il ne sut pas comment, mais le chasseur se retrouva dans les bras de son petit frère qui l'avait récupéré, le plaquant à moitié sous lui. Oui, décidément, Dean ne savait pas quelle acrobatie avait fait Sam pour qu'ils se retrouvent dans cette position, lui évitant de se rétamer au sol comme la merde qu'il était. Cependant, toutes ces questions s'arrêtèrent lorsqu'il vit son frère s'approcher de son visage, fermer les yeux et l'embrasser, comme si tout était... Normal.