Chapitre 9, Premier Arc

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On m'a souvent demandé ce qu'en temps que Noble j'ai pu gagner, outre l'argent et le pouvoir. Moi, je dirais qu'entre mes mains on a ajouté à ma spontanéité et mon espièglerie de l'arrogance et des mots pour faire de mes idées des armes aussi tranchante qu'un Zanpakuto acéré. Et j'ai appris à me défaire de mes poings pour utiliser ces précieux outils tout en gardant en tête les deux fils conducteurs de ma nouvelle vie tant haïe : Honnêteté de droiture.

Honnêteté et droiture sont les maîtres mots chez les aristocrates, même si dans l'ombre ils sont prêts à manipuler les événements pour qu'ils finissent par tourner à leur avantage. C'est avec cette même honnêteté que de tout son cœur, Byakuya avait souhaité sauver sa sœur de l'oubli. La petite sœur de sa défunte épouse qui avait gagné sa place dans son cœur, et qui occupait désormais son lit. Parce que, par droiture d'esprit, Byakuya voulait jouer le couple parfait et respecter les conventions sans tricher mais en imposant à sa seconde femme quelques règles, maintenant qu'elle faisait son entrée dans la cour des grands. Les mondanités se succédaient et bien préparée, la petite Rukia n'avait commis aucun faux pas. Pourtant Byakuya savait qu'au fond d'elle grondait une colère sourde et un profond sentiment d'injustice. Pourquoi avait-il décidé de l'épouser, au fait ? Se souvenant vaguement que ça avait un rapport avec le clan et son rejet des âmes issues du Rukongai, il se sentait intimement convaincu d'avoir fait le bon choix, même s'il arrivait à se dégouter lui-même pour en être en arrivé à de telles extrémités. Faîtes ce qu'on dit, pas ce qu'on fait…

« Byakuya-sama, vous joindrez vous à nous pour le repas ? Messire Kasumi-Oji nous attend. »

Dardant son regard glacé sur sa sœur, divinement bien habillée, engoncée dans le carcan du protocole et les corsets de l'étiquette, il devina son malaise et son incompréhension d'être là, avec lui, au milieu de toutes ces personnes si hypocrites qui ne manqueraient pas de jaser sur sa robe et son attitude dès le lendemain matin. Pourtant, droite et élégante, elle n'en laissait rien paraître.

Honnêtement, Rukia était plus mal à l'aise qu'en colère, cherchant sa place dans un monde qui ne voulait pas de l'insignifiante petite chose qu'elle était, son sang bourbeux entachant l'honneur des Kuchiki. Mais par droiture, et certainement par orgueil, elle voulait leur prouver, à tous qu'elle était capable des mêmes choses qu'eux en beaucoup mieux… Aristocrate par alliance, voilà une chose qui l'aurait longuement dégoutée si elle n'avait pas trouvé si jouissif de répondre à ces crétins par de jolis mots en face desquels ils devenaient peu à peu impuissants. C'était sa façon de se venger, de s'amuser de tout ça même si au fond de son cœur, la souffrance revenait au galop chaque soir, alors qu'elle se couchait dans le même lit que son frère. Par droiture sans doute, il ne l'avait jamais touchée. Pourtant, il la forçait à jouer leur délirante comédie d'un couple parfait face à leurs invités, comme maintenant.

« Dame Rukia, je crois savoir que vous avez quitté le Gotei 13…

L'intéressée soupira intérieurement, et c'est avec un flegme presque trop aristocratique qu'elle acheva de mâcher sa bouchée de riz, les yeux de son frère et de ses hôtes rivés sur elle qui semblait partie bien loin de toutes leurs futilités. Puis, elle s'essuya lentement le coin des lèvres, tapotant magistralement celle-ci avec une serviette immaculée elle darda ensuite son regard bleu foncé vers l'instigateur de cette question tout sauf innocente, réfléchissant déjà à comment contrer avec classe et sophistication une éventuelle pique cachée derrière un faux compliment.

- C'est le cas, en effet, répondit-elle posément, se réjouissant d'avance du piège dans lequel son vis-à-vis ne manquerait pas de tomber s'il pensait la sous-estimer. Mais dîtes-moi, vous êtes remarquablement bien informé, Seigneur Kasumi-Oji !

Un moment d'admiration égarée pour l'amadouer. Sa technique n'était jamais la même, mais les rouages et les détails différaient rarement… Tout est calculé, car ici, personne ne peut se permettre le moindre faux pas. Pas même Byakuya.

- Oh, et encore, vous ne me connaissiez pas pendant mes jeunes années ! Plaisanta le vieux noble d'un ton calme et avec un sourire serein. Mais revenons-en à vous deux, voulez-vous ? Toutes ces personnes qui s'agitent en permanence autour de votre récent mariage, ce doit être épuisant !

Comprenant bien que sa diversion n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, Rukia laissa à son frère et époux le soin de répondre à cette question épineuse, profitant de la discussion entre les deux hommes pour boire une petite gorgée de la liqueur que leurs hôtes avaient ouverte pour ce dîner. Ne jamais manger entre deux phrases qui peuvent revenir sur vous. D'une part, c'est très malpoli car cela montre votre désintérêt total du sujet et votre large préférence pour la nourriture plutôt que pour vos hôtes. D'autre part, mâcher en permanence n'est pas quelque chose d'esthétique et même les plus nobles peuvent être un peu top spontanés et parler la bouche pleine, ce qui à coup sûr sera pris pour de l'irrespect et un profond mépris.

Ah, et toujours boire avec modération.

Byakuya répondit de sa voix trainante, enchaînant toujours sur un sujet qu'il savait que Rukia maîtrisait mais sans jamais laisser à son interlocuteur l'occasion de faire un lien vers elle pour lui poser d'autres questions embarrassantes. Pourtant, il avait bien compris que si sa sœur n'était pas étrangère aux manœuvres des aristocrates pour la coincer et l'humilier, elle semblait s'amuser de la chose et même se moquer à son tour d'eux avec une vivacité d'esprit surprenante. Souvent, il se demandait dans quel affreux monde de faux semblants il avait emmené sa jeune sœur jadis si spontanée et volubile, dessinant à tout va, le remerciant d'un regard et déversant sur lui tout l'amour fraternel qu'il n'avait jamais pu connaître avant son arrivée dans la famille.

« Oh, je vois ! Dans ce cas… »

La conversation qu'il tenait avec le chef de famille Kasumi-Oji lui paraissait lointaine et il n'avait plus l'impression de la suivre… Son hôte sembla s'en rendre compte, mais décida de ne pas en profiter. Personne ne pouvait se le permettre, d'ailleurs lui, Byakuya, il n'avait rien à craindre de personne et tout le monde l'avait bien compris dans le cercle fermé des mondanités. Mais Rukia avait encore ses preuves à faire, et même si elle ne s'en sortait pas si mal, elle souffrirait à jamais de ses origines.

Le dîner venait de s'achever et Rukia partit se promener avec les autres femmes dans les jardins, histoire de profiter de la fraîcheur de cette fin de soirée, ou d'autres âneries féminines du même genre. Hisana n'avait jamais eu à en souffrir, lui-même ayant toujours veillé à être à ses côtés, la protégeant de sa famille, renonçant un temps à son avenir d'officier pour ne plus être qu'avec elle et vivre ensemble les derniers moments de leur amour condamné trop vite enterré par la maladie…

« Votre épouse est bien jeune pour ce genre de dîner, lui fit remarquer son hôte.

Le ton compatissant de sa voix n'amadoua pas Byakuya qui y vit une raison de plus pour rester prudent.

- Elle semble s'en accommoder sans trop de difficultés, tempéra Byakuya en jetant un regard polaire sur la frêle silhouette de Rukia qui se perdait entre les bosquets et les parterres de la propriété.

- Certes… Mais croyez-vous qu'elle se fera sa place dans le monde où nous vivons ?

Nous voilà au cœur du problème, songea Byakuya avec amertume. La question la plus épineuse qu'on pouvait lui poser d'une façon directe et pourtant floue. Demander des précisions serait fuir et nul doute que le vieux noble endiguerait avec joie ses tentatives pour noyer le poisson et s'écarter du sujet. Répondre qu'il ne savait rien des sentiments de Rukia à ce sujet ferait jaser sur leur couple qu'on jugerait immédiatement de mal assorti, puisqu'aucune communication ne semblait traverser l'épais mur érigé entre eux deux. Nonobstant, répondre qu'elle s'en était particulièrement bien accommodé aurait été perçu comme un mensonge et c'est sur lui qu'on ne manquerait pas de faire des réflexions… Ce qui le discréditerait à coup sûr auprès des autres nobles mais également de sa propre famille qui pourrait en profiter pour répudier Rukia si l'erreur était suffisamment énorme et qu'elle commettait une seule bévue.

- Attendons de voir, répondit prudemment Byakuya. Elle ne connaît pas encore assez de monde pour qu'on puisse décemment parler de place, à moins que ce ne soit de sa position à mes côtés dont vous parliez ?

Peu satisfait de sa répartie, le chef du clan Kuchiki jugea néanmoins sa réponse suffisante en vue de tous les paramètres qui entraient en compte, car effectivement leur mariage était somme toute encore assez récent – quelques semaines – et qu'il faisait encore parler de lui dans les familles nobles. Ce petit subterfuge fonctionnerait encore quelques temps, jusqu'à ce que Rukia soit finalement devenue un membre à part entière – ceci étant à adapter à son cas un peu spécial, évidemment - du paysage aristocratique que formait le Seireitei.

- Vous avez parfaitement raison, approuva le Seigneur Kasumi-Oji. Pour le moment votre jeune épouse est encore peu détachée de son titre de jeune mariée pour être véritablement considérée comme une femme du monde. Mais ceci viendra avec le temps, je n'en doute pas ! »

Amer et à moitié satisfait, Byakuya se tourna vers les jardins alors que Rukia s'avançait, en tête de file, un sourire mauvais mais satisfait s'étirant sur ses lèvres fines son regard brillait d'une étincelle d'amusement malsaine, si bien que la culpabilité vint envahir son mari.

« Quel monstre ai-je donc engendré ? »

Rukia arriva à ses côtés lentement, avec une grâce insolente, se saisissant de son bras avec une douceur étudiée. Souriante et totalement sûre d'elle, il la regarda saluer leur hôte et prendre congé d'une manière irréprochable, tandis que Byakuya jetait un œil aux autres femmes dont le regard brillait de colère contenue malgré leurs traits apparemment impassibles.

Rukia, comme une poupée de porcelaine tenait son bras, prête à partir.

Elle semblait fragile, pourtant, alors qu'ils montaient dans le palanquin qui les conduirait jusqu'à leur manoir. Car si Rukia partageait son lit, elle partageait avec lui tout ses biens et pouvait en jouir à sa guise. Mais pas tout de suite, puisque pendant la première année de son mariage, elle se devrait d'être discrète et effacée derrière son mari, comme présentement. Pourtant, dès qu'elle fut assise face à Byakuya dans la litière, elle émit un léger ricanement, penchée vers les lumières et l'agitation, son regard curieusement allumé par les festivités semblait joueur et vengeur. Soupirant intérieurement, le chef de famille se dit qu'au profit d'une sœur qui lui disait ses malheurs et le respectait sans les mettre mal à l'aise, il avait gagné une épouse orgueilleuse et manipulatrice qui ne se laisserait jamais marcher sur les pieds, bien que l'étiquette lui imposa d'être écrasée de temps à autre par des femmes plus âgées.

Puis les années s'écoulèrent, toutes les mêmes, comme une chanson qu'on écouterait en boucle. Rukia se faisait plus posée et calme avec le temps, même si ses absences répétées aux côtés de son mari en firent jaser plus d'une. Pourtant, Byakuya lui cédait à chaque fois, conscient des efforts croissants qu'il lui demandait pour maintenir leur illusion d'un couple parfait, toujours habillé d'un blanc noble et immaculé, loin de son uniforme de Shinigami raccroché quelques jours seulement avant son mariage. C'était les larmes aux yeux qu'elle avait remis sa démission à son Capitaine malade, Ukitake Juushiro, qui avait vu avec amertume cette gentille demoiselle et digne membre de sa Division disparaître au profit d'une femme froide et manipulatrice. Mais lui-même avait trop à faire pour empêcher cela. Et qu'aurait-il pu faire ? Seul un mariage peut empêcher un mariage, et lui n'avait rien à offrir qui puisse sauver Rukia, et il avait suffisamment confiance en Byakuya pour savoir qu'il ne ferait jamais de mal intentionnellement à sa jeune sœur. Mais alors, qu'est-ce qui aurait pu justifier un mariage aux yeux de Byakuya ? La situation devait être extrême, sans aucun doute…

« Capitaine Ukitake, vous avez de la visite ! »

Se redressant dans son lit d'hôpital pour accueillir ses visiteurs, Juushiro s'étala un sourire amical et serein sur les lèvres, pour ne pas inquiéter son meilleur ami qui devait de nouveau lui rendre visite… La moyenne étant de deux à trois fois par jour.

« Oh, Rukia ! C'est une bonne surprise, lui sourit son ancien Capitaine.

Visiblement fatiguée, la jeune fille s'approcha de lui avec un pâle sourire. Elle avait toujours l'air épuisée, à chaque fois qu'ils s'apercevaient dans les rues du Seireitei, les rares fois où elle sortait du Manoir. La cage était dorée, mais les ailes étaient en sang. Ukitake songea avec culpabilité qu'il aurait pu en écarter les barreaux de temps à autre, mais qu'il ne l'avait pas fait. Un curieux sentiment poussait tout le monde, à la Soul Society, au nombrilisme le plus aiguë. Chacun ne se souciait plus que de lui, et le sentiment de cohésion qui régissait jadis leur monde semblait avoir été curieusement ébranlé depuis l'attaque au Hueco Mundo et leur sauvetage de l'humaine, Inoue Orihime.

- Je suis contente de vous revoir, Capitaine Ukitake. Vous avez l'air de bien vous porter, répondit Rukia tout en politesse.

Raide, elle restait debout et semblait regarder un point derrière lui, loin, très loin de la chambre d'hôpital. Elle semblait lutter pour conserver un masque impassible pourtant salement ébréché de ce que le Capitaine malade pouvait en voir. Pris d'un mauvais pressentiment, il saisit la main de sa subordonnée et la poussa gentiment à s'asseoir, tentant de ne pas laisser transparaître une trop grande inquiétude.

- Raconte-moi, lui dit-il tout doucement.

Le masque, lentement, commença à glisser de son visage.

- Oh, mais tout va bien, se rattrapa-t-elle avec un sourire aimable. Je me suis permise de venir vous voir car j'ai ouïe dire que votre état de santé se détériorait peu à peu. Allez-vous mieux ?

Ukitake grinça des dents, conscient des subterfuges et des tentatives pour endiguer le mal qui l'envahissait et éviter les questions douloureuses, Rukia s'enlisait dans une politesse glaciale, inhumaine. Où était passée la jeune fille spontanée et pleine de vie qu'il avait eu la joie d'avoir jadis sous ses ordres ?

- Rukia, si ça ne va pas tu peux m'en parler, tenta-t-il de nouveau, alors que les mains jointes de la jeune fille autour de la sienne commençaient à trembler.

- Tout va bien, Capitaine. Je suis juste un peu fatiguée par ces réceptions un peu longues auxquelles je me dois d'assister pour mon époux, mais rien de grave.

Une longue fissure craqua sur son œil. Du coin de son œil libéré une larme roula.

- Tout va bien, sanglota-t-elle, penchée en avant sur le bord du lit. Tout va… Très bien… »

Des gouttes s'écrasèrent sur leurs mains jointes, alors que le dos de Rukia était secoué de tremblements perdu devant un tel désespoir, le Capitaine malade tenta du mieux qu'il put d'aider Rukia, en l'écoutant et en lui offrant une épaule secourable pour parler, raconter ses malheurs. Mais la jeune femme demeurait muette, et tête baissée reniflait pour faire cesser ses larmes.

« Tu n'en peux plus, Rukia, arrête de te voiler la face, lui dit-il d'une voix douce.

Elle se mordait les lèvres alors que le masque continuait de se craqueler jusqu'à la fissure de trop.

- Je veux rentrer à la maison, avoua-t-elle entre ses larmes.

Elle renifla encore et se frotta les yeux du dos de sa main. Soulagé de la voir lâcher son rôle d'épouse parfaite, Ukitake s'autorisa un sourire confiant et laissa Rukia épancher sa peine sur les draps de son lit.

- J'en peux plus de tout ça… Faîtes quelque chose, glapit-elle.

- Tu en as parlé à Byakuya ?

Lentement, le masque qui s'était brisé se remit en place et les fissures cicatrisèrent.

- Non et il ne doit pas savoir. Il a mieux à faire, et j'ai… Je lui dois ma place, répondit-elle en plantant un regard déterminé sur son ancien Capitaine.

Désemparé par ce soudain changement de réaction, celui-ci se figea et regarda le sourire de Rukia, qui s'était fané, soudain reprendre vie comme si elle avait réfléchi à un nouveau plan pour panser ses blessures.

Un plan.

- Il faut que je le remercie pour ça, poursuivit-elle.

Un plan pour remercie Byakuya de son initiative pourtant salvatrice.

- Et je sais que la maison Kuchiki a besoin d'un héritier. Je pourrais lui faire ce cadeau pour… Rembourser ma dette, non ?

Elle paraissait réellement convaincue de son idée et Ukitake, interdit par ce qu'il venait de comprendre, resta silencieux. Ses pensées tournaient à toute vitesse, alors que Rukia se levait lentement pour prendre congé, ses yeux encore rougis mais son visage déterminé.

- Je vous souhaite un prompt rétablissement, Capitaine. »

Le masque était en place et le plan bientôt à l'œuvre.

Ukitake releva lentement les yeux vers la porte alors que la silhouette frêle de son ancienne subordonnée disparaissait lentement, un sourire conquérant et calculateur plaqué sur son visage pâle.

« Rukia, que t'ont-ils fait ? »

Longuement, souriant, Rukia s'éloigna des quartiers de la Quatrième Division, quittant l'hôpital pour rejoindre la Cinquième Division.

Qu'est-ce que les nobles m'ont apporté, alors, si je les déteste tant et que dans le secret de mon cœur, je pleure ma vie disparue ?

Les aristocrates sont des personnes intouchables. J'ai longtemps cru ce vieil adage, mais maintenant je connais tous leurs secrets, toutes leurs intrigues. Chacun d'eux a ses techniques, ses usages, et sans le savoir, tous, Ils m'ont donné les cartes, les moyens et les outils de réaliser la pire et la plus vieille traîtrise au monde.

L'adultère.

Et ce qui me réjouissait le plus dans tout ça, c'est qu'il saurait. Il me verrait grossir, changer, savoir qu'il n'en était pas la cause et il vivrait la peur au ventre sans savoir qui serait le père, serait forcé de l'élever comme le sien. Mais il ne pourrait rien dire, par droiture. Et elle, honnête et droite, dirait à tous que c'est le sien.

« Dame Rukia, que faîtes-vous ici ?

- Je viens rendre visite à mon vieil ami, le Capitaine Abaraï. Puis-je le voir ? »

La vengeance est un plat qui se mange froid.

Même quinze ans après.