Disclaimer : Les personnages sont à JK Rowling et à Philip Pullman (à l'exception de certains qui sont à moi mais ne sont pas très importants). Bref, vous connaissez le refrain.

Chapitre 10 : Meurtre.

L'automne commençait à pointer ses branches dénudées dans le parc de Poudlard, et les feuilles mortes aux belles couleurs orangées commençaient à flotter paisiblement sur les eaux calmes du lac. Cette intrusion devait perturber le calamar puisqu'il arrivait que, chatouilleux, il refasse surface pour écarter un peu les feuilles vers la berge. Dehors, on voyait moins d'élèves se dorer au soleil car la fraîcheur pré-hivernale commençait à se faire sentir, les incitant plus à passer leur temps libre au coin du feu de la salle commune. Ce jour là, il y avait une atmosphère particulièrement humide qui s'étendait jusque dans le château. Et dans la grande salle, où les plus matinaux prenaient leur petit déjeuner, on en voyait beaucoup se geler dans leur pyjamas, les mains resserrées sur leurs tasses de thé brûlantes. Les bavardages allaient à un train modéré, eux aussi un peu refroidis par les préoccupations d'ordre thermiques des élèves.

- J'ai la dalle ! commenta Ginny en déposant dans son assiette quatre pains au chocolat bien enflés qu'elle couva d'un œil protecteur, un peu dissuasif, comme si elle craignait que l'on les lui enlève.

Crainte pas totalement dénuée de fondement puisque c'est ce qui faillit arriver quand à la distribution du courrier, un hibou un peu défraîchi voulu tenter l'opération. Il entama d'un coup de bec la viennoiserie, mais chassé par une main vengeresse, il dut se résoudre à achever sa course en déposant sa Gazette du Sorcier à Hermione.

- Maudits bestiaux, maugréa Ginny en contemplant d'un air mauvais son pain au chocolat diminué.

- Si tu protégeais mieux ton assiette, lui fit remarquer Ron qui, penché sur la table, gardait la sienne presque serrée contre son cœur.

Soudain, Hermione poussa un cri perçant. Quelques têtes surprises se retournèrent un instant vers elle avant de revenir à leurs occupations, pas très intéressées.

- Qu'est ce qui se passe ? questionna Ron en la voyant figée devant son exemplaire de la Gazette du Sorcier dont elle venait de toute évidence, de s'emparer.

- Amélia Bones a été assassinée, lâcha t-elle dans un souffle, les yeux rivés sur son journal.

Les rares personnes qui l'avaient entendue se tétanisèrent, restant suspendues dans leurs mouvements.

- C'est impossible ! se révolta Harry en lui arrachant le papier des mains.

La photo de l'ex-candidate à l'élection du premier ministre du ministère de la magie, se tenait, souriante, en première page, surmontée par l'horrible titre majuscule qui s'étalait sur toute la largeur de la feuille: MEURTRE AU MINISTERE

C'est un événement très sombre qui marquera pour probablement longtemps cette journée du 25 Septembre, écrivait la journaliste. Ce matin, le corps d'Amélia Bones, la très appréciée candidate à l'élection du premier ministre de la Magie, a été retrouvé sans vie à son domicile. Alertés par la présence de la marque des ténèbres au dessus de sa maison, les voisins ont rapidement fuis le quartier avant de prévenir la Commission de Sécurité. Quand les aurors sont arrivés sur les lieux, ils ont trouvé son salon chamboulé et son cadavre reposant à même le carrelage. A l'heure actuelle, il ne fait pour eux aucun doute que la cause du décès est l'un des trois sorts impardonnable : L'Avada Kedavra, celui qui donne la mort. Qui est l'auteur de ce crime ? Les circonstances de cet assassinat restent encore a établir et les aurors chargés de l'enquête n'en sont qu'aux tout premiers indices qu'ils refusent pour l'instant de nous dévoiler. Mais il fait peu de doutes que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ait une responsabilité cruciale dans les événements de cette nuit. L'ensemble du personnel ministériel est atterré : « C'est un scandale ! se révolte Dominique March responsable du département de la Santé publique. Quand tout cela va t-il s'arrêter ? Combien de morts de personnes honnêtes comme celle d'Amélia Bones devront nous encore subir ? Combien de crimes infâmes vont encore rester impunis ? Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom échappe à la justice et instaure une terreur inquiétante qui pousse beaucoup d'entre nous à se calfeutrer avec résignation. Comment allons nous le faire cesser ? ». Ces propos résument remarquable ment bien les préoccupations actuelles et…

Harry reposa le journal, une boule en travers de la gorge. Ron qui lisait par dessus son épaule, quant à lui, se rassit, l'estomac noué. Hermione serrait les dents. Il sembla à certains que le ciel magique s'était assombri et que les chandelles s'étaient éteintes. Il n'en était rien, mais l'ambiance oppressante d'affliction et de découragement était telle qu'il paraissait qu'il ne pouvait pas en être autrement. A d'autres tables, quelques élèves commençaient à lire la gazette avec insouciance mais bientôt un silence de plomb régna dans la Grande Salle. Brusquement interrompu par un fracas bruyant. La chaise de Susan Bones venait de s'écraser par terre. Le fait qu'elle était la nièce d'Amélia Bones sauta à la figure de Harry. Hannah Abbot voulut prendre son amie par les épaules, mais celle ci se dégagea brutalement et quitta la salle. Dumbledore fit un signe au professeur Chourave qui se levait, pour lui intimer de se rasseoir. Il voulait laisser du temps à Susan pour qu'elle se reprenne. Abattus par la nouvelle, tous étaient pendus aux lèvres du vieux directeur. Debout, au milieu de la table des professeurs, il embrassait la salle d'un doux regard triste :

- Nous savons tous ce que signifie cette mort soudaine, commença t-il d'une voix sombre dépourvue de toute trace de sa gaîté coutumière. Amélia Bones était candidate à l'élection du nouveau premier ministre et chacun a dû entendre parler ici des actions généreuses qu'elle a mené pour l'intégration des enfants de moldus dans la communauté. C'était une sorcière d'exception avec un courage qui a été beaucoup loué. Mais nous sommes tous conscient d'être entré dans une guerre étrange où un groupuscule dirigé par Lord Voldemort a décidé de semer la terreur et de supprimer ceux qui pouvaient se révéler être des adversaires contraignants pour sa montée au pouvoir. Voldemort ne voulait pas d'un ou d'une ministre de la magie loyale, généreuse et courageuse comme l'était Amélia Bones et voyez quels moyens il a employé pour s'en débarrasser. Nous savons tous quelles autres horreurs a commises Voldemort tout au long de sa vie et je suis convaincu que ce sont des choses qu'il est inimaginable de laisser faire. Je suis certain que l'événement d'aujourd'hui n'est pas sans vous rappeler la mort de Cédric Diggory et d'autres encore, et je vais maintenant vous répéter quelque chose que je vous ai déjà dit lors de cette occasion (il baissa un peu le nez de manière à pouvoir regarder ses élèves par dessus ses lunettes en demi lune. Son regard s'était fait plus perçant): Voldemort depuis toujours tente de diviser pour mieux détruire. C'est pourquoi nous devons tous autant que nous sommes nous unir contre les infamies qu'il a commises et commet encore, afin que ce genre de chose comme l'assassinat dont nous avons eu la nouvelle ce matin ne se reproduise plus. Beaucoup dirons que c'est inutile, que c'est perdu d'avance, j'aimerais dire à ceux-là qu'ils se rappellent certaines personnes qui ont choisis le bien à la facilité. Ce sont ce genre de personnes qui ont bâtis le monde dans lequel nous vivons et pas ceux qui résignés ont choisi de faire le mal pour se protéger.

Alors que dans la salle tout le monde avait fait silence pour écouter le discours de Dumbledore, Harry se tourna vers la table des Serpentard pour constater l'effet qu'il avait eu sur eux. Si là bas comme ailleurs personne ne parlait, Draco Malefoy, en revanche, affichait un large sourire satisfait qui frappa Harry comme s'il lui criait aux oreilles : « c'est mon père qui a fait ça ! » avec une fierté non dissimulée. Sentant la rage monter en lui à gros bouillons, Harry préféra détourner les yeux et il croisa le regard triste et pensif d'Hermione.

Poudlard avait cela de particulier d'être un peu coupé des fluctuations du monde et très vite, la vie repris son cours normal bien qu'il flotta un léger sentiment d'accablement. Peu de gens connaissaient personnellement Amélia Bones mais elle était soudainement devenue le symbole de la terreur qu'inspirait Voldemort et de l'inquiétude de tous quant à la suite des évènements. Susan quant à elle, manqua tous les cours de la journée et resta à l'infirmerie, ses amis Hannah et Justin à son chevet. Le professeur Chourave passa lui manifester son soutien comme Dumbledore, McGonnagal et de nombreux autres élèves. Le lendemain, ses parents vinrent la voir. Elle partit avec eux et ne revint qu'au bout d'une semaine, morne et peu encline à rire.

Les cours de potions continuaient à se passer très mal pour Harry. Il n'avait toujours pas appris la nouvelle nomenclature trop pressé lorsqu'il sortait des cours de Rogue, de se changer les idées. Les nouveaux symboles n'avaient toujours aucun sens pour lui et presque à chaque fin de cours, son professeur gratifiait sa potion ratée d'une dose de Jus de détraqueur. La fréquence des prises de la potion en augmentait les effets et Harry était de plus en plus souvent assailli par ses souvenirs douloureux. Il se maîtrisait, mais la nuit où son esprit était plus vulnérable, les cauchemars revenaient souvent. Aucune crise comme celle du premier soir ne se reproduisit cependant. Katie Bell l'aidait comme elle pouvait pendant les cours mais ce n'était pas suffisant. A défaut de pouvoir faire sa potion à sa place, elle savait trouver les mots réconfortants :

- Les sélections des joueurs de l'équipe auront lieu jeudi soir au stade. Ça te va ?

Ça convenait parfaitement à Harry qui alla s'entraîner avec Ron le soir même, ignorant délibérément les vociférations moralisantes d'Hermione qui criait dans leur dos alors qu'ils s'éloignaient leurs balais sur les épaules.

Il y eut beaucoup de monde au stade ce jeudi là. Le Quidditch était un sport qui remportait toujours un vif succès et il y avait beaucoup d'élèves qui souhaitaient faire partie de l'équipe représentant leur maison. Katie Bell allait avoir pas mal de candidats à gérer. Parmi eux, au grand damne de Harry, il y avait Colin Crivey qui lui adressait de grands signes enthousiastes.

- Il y a deux places de batteurs et une de poursuiveur de disponibles, annonça t-elle tout de go à son public. Alors que tous ceux qui postulent pour le poste de gardiens ou d'attrapeurs aillent se rhabiller.

Trois ou quatre élèves se retirèrent la mine dépitée. Déjà ça de moins ne put s'empêcher de penser Harry aux côtés de la capitaine de l'équipe avec Ron et Ginny alors qu'il se désespérait qu'il y ait tant de monde à qui faire passer les sélections. Katie divisa le groupe des postulants en deux : ceux qui souhaitaient intégrer l'équipe comme batteurs et ceux qui ambitionnaient de devenir poursuiveurs, puis elle décréta le début des épreuves.

Force était de constater qu'elle n'y était pas allé mollo avec ses exercices. Elle imposait des figures complexes qui réclamaient une grande habilité et elle demandait à ce qu'elles fussent parfaitement exécutées. Il fallait de l'adresse, de la témérité, de la rapidité et de l'astuce pour arriver au bout des épreuves de plus en plus ardues qu'elle avait concoctées pendant le week end. Colin, malheureusement, n'était pas mauvais. Et bien que Harry ne cessa de prier Katie pour qu'elle ne l'accepte pas dans l'équipe, celle ci trouvait qu'il ferait un bon batteur et ne voyait pas de raison de le recaler si tôt. Jusqu'au moment où :

- Eh Harry ! Je pourrais te prendre en photo pendant les matchs ?

Colin fut congédié.

Très vite et devant la difficulté du niveau requis, le terrain se vida peu à peu. Bientôt il ne resta plus que six personnes qui avaient à peu près réussi les tests. Harry reconnu le deuxième année qui lui avait demandé la date des sélections.

- Et maintenant ? demanda celui-là, qui postulait comme batteur.

- Je veux vous voir jouer vraiment, décréta Katie. Vous trois ! ( elle désigna les trois candidats au poste de poursuiveur) Vous allez prendre le souaffle et essayer de marquer un but contre Ron. (« moi ? » articula Ronald sans émettre un son) Ron, ton balai ! Va garder les anneaux du fond du terrain ! ordonna Katie. Les trois autres ! (elle se tourna vers les candidats au poste de batteur) Vous jouerez le rôle des poursuiveurs adverses. Allez y tout de suite !

Ils s'exécutèrent et prirent position devant les trois anneaux adverses. Pendant ce temps, Katie portait un sifflet à ses lèvres.

- Enfourchez vos balais ! commanda t-elle aux autres. A trois ! Un ! Deux ! Trois ! (Elle siffla.) Décollez !

Les trois candidats s'envolèrent d'un même mouvement. Une fille châtain tenait le souaffle et fonçait vers les buts, bien décidée à réussir sa manœuvre. Bloquée par un joueur adverse, elle passa à un autre poursuiveur qui se tenait prêt à ses côtés. Celui ci passa au troisième poursuiveur, un brun aux cheveux courts, qui poussa une forte accélération vers les anneaux d'or suivi de près par le deuxième, placé un peu en dessous au cas où le brun fut obligé de lâcher la balle. Force était de reconnaître qu'ils jouaient tous très bien. Les adversaires même déployaient des trésors d'inventivité pour bloquer les trois candidats au poste de poursuiveurs. Ils manquaient souvent mais y réussirent une fois reprenant le souaffle aussitôt récupéré par la fille aux cheveux châtain. Elle tenta de marquer mais Ron bloqua le tir de justesse sans réussir cependant à se saisir de la grosse balle rouge qui plongea vers le sol avant que la fille aux cheveux châtain et le deuxième année ne piquent une descente fulgurante pour la récupérer. Ce fut finalement elle qui plus rapide, le devança et s'empara de la balle. Remontant en chandelle elle fit une passe au brun de son équipe qui rata le tir, visant mal. Une troisième année du nom d'Emmanuelle et qui postulait comme batteuse récupéra le souaffle qu'elle envoya à un petit blond lui aussi candidat au même poste. Il voulu renvoyer au deuxième année, mais la fille châtain l'intercepta avant de marquer de façon totalement inattendue sous le nez de Ron qui ne l'avait pas vue venir.

Katie siffla la fin du mini pseudo match et tous redescendirent sur le terrain sablonneux au dessus duquel ils volaient depuis bien un quart d'heure déjà.

- Pourquoi on a joué comme poursuiveur ? demanda vindicativement le blond qui postulait comme batteur, à Katie.

- Ça m'a permis de voir ce que vous valiez sur des balais, rétorqua t-elle assez froidement. Mais ne t'inquiète vous allez maintenant jouer avec les battes et les cognards.

Elle lui envoya une batte qu'il attrapa adroitement. Puis elle fit de même avec les deux autres qu'Emmanuelle et le deuxième année récupérèrent tout aussi habilement. Satisfaite, Katie sourit.

- Les poursuiveurs ! lança t-elle en se retournant vers eux. Vous avez bien joué. Dommage que tu ne vise pas très bien, reprocha t-elle au brun. Victoria, tu es admise dans l'équipe, annonça t-elle à la fille au cheveux châtain. Désolée pour les autres, à l'année prochaine peut être.

Elle fit signe aux recalés de partir ce qu'ils firent sans discuter mais avec un visible ressentiment. Victoria Regma (puisque c'était son nom) resta avec les autres, gonflée d'autosatisfaction.

- A vous autres, déclara Katie à ceux qui souhaitaient devenir batteur. Vous avez vos battes, je lâche les cognards. Je suis allée en chercher deux de plus dans la réserve puisque vous êtes trois. Ça fera donc quatre cognards pour trois batteurs au lieu de deux cognards pour deux batteurs comme cela se fait sur le terrain. Il n'y a pas de but du jeu particulier. Envoyez les vous les uns sur les autres, je veux voir ce que vous savez faire. Allez y !

Ils s'envolèrent leurs battes à la main et Katie libéra les offensives petites balles noires qui aussitôt entreprirent de s'attaquer aux candidats. Marc, le deuxième année, fut le premier à repousser un assaut qu'il renvoya au blond, qui le retourna à l'envoyeur, qui le rendit à Emmanuelle, qui le repoussa avec force vers le blond, qui n'eut pas le temps de frapper et dut l'éviter de justesse par une pirouette spectaculaire. Ils s'attaquèrent mutuellement ainsi un petit moment, tournant le plus souvent en cercle mais faisant quelques écarts parfois pour éviter un cognard qu'ils n'avaient pas le temps d'intercepter. Très vite il s'avéra que Marc et Emmanuelle était les plus forts à ce jeu là et l'esprit de compétition aidant, ils furent rapidement plus enthousiastes à l'idée de se battre contre un adversaire de leur trempe et ils oublièrent vite le blond. Ils ne s'envoyèrent bientôt plus les cognards que l'un vers l'autre. Le blond ne reçut alors plus que ceux qui déviaient d'eux même de leur trajectoires pour changer de cible arbitrairement.

Au bout de vingt minutes d'échanges intenses, Katie siffla la fin de l'exercice. Tous revinrent vers elle, exténués. Il était tard et même Harry et Ginny qui n'avaient pourtant pas joué commençaient à bailler. Katie annonça à Marc et à Emmanuelle qu'ils faisaient à présent partis de l'équipe et le blond, fatigué, se sentit à peine la force de répliquer. Il partit avant les autres mais tous eurent vite fait d'aller se coucher.


Lyra sortit du cours, Pantalaimon sur son épaule. Elle comptait réviser un peu ses symboles et voulait se dépêcher d'aller dans le jardin botanique afin de pouvoir s'asseoir sur son banc coutumier.

- Attends !

Elle fut arrêtée par la fille au démon lynx. La rousse, qui l'avait attrapée sans façon par la manche, se plaça en face d'elle pour la regarder dans les yeux. Elle avait l'œil perçant comme son daemon. Lyra la regarda à son tour, calme et sans ciller, attendant que son interlocutrice prenne la parole.

- Il paraît que tu as eu le don, dit elle tout de go.

- C'est vrai, lui répondit Lyra tranquillement.

Elle avait l'habitude de susciter ce genre de curiosité. Mais là, ce n'était pas du tout pareil.

- Comment tu as fait ? interrogea fébrilement la rousse l'œil soudain allumé d'une étrange lueur d'impatience.

- Je te demande pardon ?

- Comme tu as fait pour avoir le don ? Tu as bu une potion, quelque chose ? Il y a une épreuve à passer ? Comme les sorcières qui doivent traverser un certain lieu sans leur daemon et qui après peuvent mettre entre eux n'importe quelle distance. C'est la même chose ? C'est pour ça que ton daemon et toi vous pouvez vous éloignez l'un de l'autre ?

Lyra comprit que la fille voulait à tout prix être capable de lire l'aliéthomètre. Elle le voulait dans un espèce de désir de savoir qui passait outre toute considération de bien ou de mal, qui transcendait tout ce qui devait sûrement lui apparaître futile. Un léger frisson parcourut Lyra, quand elle songea que c'était ce genre de quête qui avait poussé son père à tuer Roger pour atteindre un autre monde. Son regard se durcit. Elle n'avait jamais volé son Don. Il avait été là. Parce que c'était ainsi. Il avait disparu de la même manière : il n'y avait rien à réclamer.

- Ça n'a rien à voir, répondit elle froidement. Je n'ai rien fait pour avoir le Don. D'ailleurs je ne l'ai plus.

- Mais moi, je saurais le garder ! s'emporta la fille au daemon lynx. Je suis forte et je serais capable, et de l'acquérir et de le conserver ! Je n'ai pas peur de souffrir et quand je l'obtiendrais, je ne le lâcherais plus à aucun prix. Mais dis moi comment tu as fais ! Moi, je saurais m'en servir !

Lyra repris sa marche :

- Laisse tomber, il n'y a rien à faire. Aucune épreuve, aucune potion. Je n'ai pas perdu le Don parce que je n'arrivais pas à contenir des souffrances ni rien d'autre du même genre. Maintenant laisse moi passer.

Mais la rousse continuait de lui barrer le passage et Lyra dut s'arrêter à nouveau, un peu irritée.

- Dis moi ! ordonna la rousse les bras étendus de chaque coté de son corps pour empêcher Lyra de passer.

La détermination était clairement peinte sur son visage alors que ses yeux transperçaient son interlocutrice.

- Je suis prête à tout ! Dis moi ! Faut il se séparer de son daemon ? J'ai entendu parler d'une lame capable de trancher le lien. Est ce que c'est ça qu'il faut faire pour avoir le don ?

- Ne fais pas ça. J'ai vu ce qui arrivait à des enfants à qui l'on avait fait subir cette opération. Je vais te dire ce qu'ils étaient devenus : des fantômes ! Des êtres… comme… inertes ! Ce n'était même plus des êtres vivants ! Ce n'était pas encore des morts ! Tu veux finir comme ça ? s'énerva Lyra. Il n'y a rien à faire ! La particularité du lien que j'ai avec mon daemon n'a rien à voir avec l'aliéthomètre pas plus qu'avec le Don ! Maintenant, LAISSE MOI PASSER !

Elle bouscula la rousse qui heurta le mur du couloir. Le lynx bondit et tenta d'agripper Pantalaimon qui vif comme l'éclair, avait déjà déserté l'épaule de Lyra pour se placer sur sa tête et cracher rageusement du haut de son perchoir, découvrant de petites dents pointues acérées. Lyra qui s'était déjà éloignée fit volte face pour faire front au félin. La fille rousse s'était replacée au milieu du couloir et elle restait la main sur l'échine de son lynx, chacune bien campée sur ses positions. Le fauve ne pouvait rien tenter contre Lyra, empêché par le grand tabou, tout contact entre un humain et un daemon autre que le sien étant unanimement inconcevable. Ses yeux était rivés à ceux de Pantalaimon qui du sommet de la tête de Lyra, le fixait en retour avec un air impérieux tout hérité de sa moitié. Les deux filles savaient que tout allait se jouer là. Il s'écoula un long moment pendant lequel humains et daemons se fixèrent sans ciller puis le lynx détourna le regard. Cela sembla être comme un coup de poignard pour la rousse qui eut comme spasme. Elle gratifia Lyra d'un regard particulièrement vénéneux avant de cracher :

- Je ne te lâcherais pas !

Puis elle fit demi tour et disparut son lynx sur les talons.


- Je veux rejoindre l'Ordre du Phénix.

Ron tourna la tête vers Harry, surpris. Les trois amis étaient dans la cour, assis sur un banc de pierre juste devant les pilliers et les arcades qui menaient à l'intérieur. Ils révisaient leurs cours tranquillement.

- Quoi ?

- Je veux rejoindre l'Ordre du Phénix, répéta Harry. Je vais demander à Dumbledore, j'insisterais jusqu'à ce qu'il…

- C'est inutile, l'interrompit Hermione la mine grave. Il ne voudra jamais.

- C'est tout de même mieux que de rester assis là sans rien faire ! tempêta Harry.

- Tu es mineur ! (elle insista bien sur le mot) Tu es un gosse, Harry ! Que crois tu qu'ils vont te laisser faire ? Tu crois vraiment que l'on t'enverra en mission ?

- Amélia Bones a été assassinée ! s'écria le survivant. Assassinée, Hermione ! Tu crois vraiment que je peux rester là, à réviser ma botanique pendant que des gens se font tuer ?

Il s'était levé et se mit à marcher en arpentant de long en large un petit espace devant le banc.

- Qu'est ce que je peux faire ? Hein ? Dis moi Hermione puisque tu es si forte ! attaqua t-il avec hargne. Si je ne peux pas rejoindre l'Ordre, si Dumbledore continue à me le refuser, qu'est ce que je peux faire d'autre ?

- Tu peux reprendre la DA, proposa t-elle calmement.

Harry s'arrêta de marcher.

- Encore ce fichu club ! Mais ça ne sert à rien ! Apprendre à quelques élèves les principes de l'autodéfense : je ne suis même pas sûr que ça les aidera si un jour ils ont à se battre contre Voldemort. Moi même qui leur enseigne, il peut réussir à me tuer à n'importe quel moment ! Je ne suis pas fichu moi même de pouvoir me défendre alors l'apprendre aux autres ! Ça ne rime à rien Hermione !

Cette fois, c'est Hermione qui se leva, furieuse.

- Et tu crois que les membres de l'Ordre sont aptes, eux, à survivre contre Voldemort ? Tu crois qu'ils sont plus forts que toi ? Enfin, tu crois qu'ils sont sûr que chaque action sera utile ? Tu crois que chaque intervention de leur part suscite un retrait immédiat de Voldemort ? Non ! Regarde les choses en face ! Ils font de leur mieux mais ils sont presque aussi impuissants ! A chaque coup d'éclat, ils perdent des membres. Ils se démènent, en meurent parfois, mais pour l'instant, Voldemort domine toujours. Pourtant, ils n'abandonnent pas ! A chaque coup, pour minime qu'il soit, ils espèrent que ça n'aura pas été pour rien. Et si l'effet ne se fait pas sentir immédiatement, alors ils espèrent qu'un jour la graine semée grandira et que l'arbre portera ses fruits. Moi aussi, j'ai l'intention de rejoindre l'Ordre, une fois que j'aurais finie ma scolarité, mais pour l'instant, il faut se contenter de petites choses comme la DA. Crois tu vraiment que ça ne serve à rien ? Si tu veux qu'ils deviennent plus forts que Voldemort au point que celui ci ne puisse pas les tuer, oui, c'est inutile : parce que c'est impossible. Crois tu vraiment que le fait que tu sois sans arrêt susceptible de mourir à cause de Voldemort face de toi un mauvais professeur ? Objectivement, tu ne sais rien de plus qu'eux, mais tu as beaucoup à leur apprendre. Tu as une expérience que tu peux faire partager pour que si un jour ils en ont besoin, ils ne soient pas totalement démunis. L'effet ne sera pas immédiat mais c'est comme une fleur qui grandira. Et peut être que tes cours ne les sauveront pas ! Tu ne peux pas être sûr que ça aboutira, c'est vrai ! Mais peut être aussi qu'un jour, si l'un d'eux se retrouve face à Voldemort, les réflexes qu'il aura acquis le sauveront. Si la chance s'en mêle, si…

Elle s'interrompit à bout de souffle.

- C'est ton choix Harry. Mais c'est trop tôt pour l'Ordre. Ils auront besoin d'un étudiant accompli, qui a terminé ses études. En attendant il faut se contenter des petites choses…

La proposition fut finalement acceptée et à peine une heure plus tard, Hermione demandait son accord à Mcgonagall qui ne fit pas de difficultés. Peu après, comme il était à prévoir les affiches « Dumbledore's Army : Venez apprendre à vous défendre avec Harry Potter ! » jonchaient les murs de Poudlard.

La première à se présenter pour rejoindre la DA fut Susan Bones. Le soir même alors que tout le monde allait dîner, elle se présenta devant Harry pour demander à participer. Depuis la mort de sa tante, elle semblait ravagée mais là ses yeux brillaient d'une nouvelle lueur. Un peu plus tard, Neville vint aussi, puis Ginny et Luna, une demi pastèque évidée en guise de chapeau. Bientôt, Seamus, Dean, Colin et Denis Crivey, Hannah Abbot, Justin Fin Fletchey, Ernie Macmillan, Parvarti, Padma, Lavande, Zacharias Smith, Katie Bell, Marc Sullie (le deuxième année qui avait été admis comme batteur), Victoria, Emmanuelle, et quelques autres nouveaux rejoignirent la bande. Ni Cho, ni Marietta ne se manifestèrent. Quant à Michael Corner, Terry Boot et leurs amis : ils semblaient totalement indifférents.

Il fut décidé que la première réunion se tiendrait le vendredi de la semaine suivante, le lendemain des élections. La salle sur demande fut adoptée comme lieu attitré du club, en souvenir du mouvement de rébellion clandestin de l'année précédente. Ils se donnèrent rendez vous à neuf heures trente.

Dumbledore avait organisé une journée spéciale pour les élections. Si les étudiants encore mineurs devaient assister aux cours normalement, ceux qui étaient majeurs en revanche avaient une dérogation spéciale et dehors, il y avait une petite demi-douzaine de diligences qui les attendaient pour les conduire au ministère de la Magie. Hermione qui avait fêté son anniversaire le 19 septembre était parmi eux. La plupart étaient des septième années mais il y avait aussi comme elle quelques sixième années un peu plus âgés que la moyenne. Dumbledore et Hagrid les accompagnait et il n'y avait donc pas cours de soin aux créatures magiques ce jour là. Harry aurait bien aimé que Rogue s'absente aussi mais il dût se résoudre à rejoindre son cours de potion.

Les cours terminés, Ron et Harry étaient dans la salle commune à jouer aux échecs quand Hermione et les autres partis le matin même au Ministère, revinrent.

- Alors ? s'exclama Ron en se levant d'un bond alors qu'Hermione se débarrassait de son manteau.

- Alors on a déposé nos bulletin dans les urnes, c'est tout. Et Cornélius Fudge nous a fait un discours magnifique sur le bonheur qu'il avait à nous recevoir et sur le plaisir que ça lui procurait de voir des petits jeunes comme nous s'intéresser dès maintenant à la bonne marche de la communauté. Ils nous a dit tout ça avant que l'on vote bien sûr, mais je ne suis pas certaine que ça change grand chose à la situation. Le souvenir d'Ombrage est bien trop présent et les seuls regards qu'il a reçu des élèves étaient plutôt froids. Quoiqu'il en soit, ils ouvrent les bulletins ce soir et on aura le verdict demain. Dumbledore a dit qu'il l'annoncerait au petit déjeuner.

Elle s'assit avec eux à une table et commença à sortir ses devoirs de son sac.

- Et toi ? Tu as voté pour qui ? l'interrogea Harry.

- Mrs Marchebank, mais j'aurais voté Amélia Bones si elle était toujours là.

Sur ce, ils se remirent à leur travail.

A suivre….

Bâclée ? La fin de mon chapitre ? Bâclée ? Bon d'accord mais je ne savais pas comment conclure ! (et puis j'en avais un peu marre…) (et puis je ne voulais pas trop traîner pour le poster non plus…) Bref, la fin de ce chapitre est particulièrement nulle mais je ferais mieux la prochaine fois ! (Si ! si ! Promis !) Dites moi votre avis s'il vous plait ! Même si vous n'avez pas aimé, si c'est nul, si ça pue, si vous n'avez jamais lu une fic aussi minable de toute votre vie, s y vous pansez quil faus que je prènne des cour de grameir et d'ortaugrafe, faites le moi savoir !