Me revoilà ! Désolée pour ce…léger retard. ^^" J'avoue que c'était cruel, surtout vu la position dans laquelle je laisse ces chers personnages dans le chapitre précédent… Mais cette période de doute et d'incertitude est terminée mes amis ! Aujourd'hui commence une nouvelle ère de paix, de prospérité et de lemon ! Gloire à moi ! \o/ /PAF!/ (mes chevilles vont très bien merci ^^)
Hum…pour en revenir à des choses plus sérieuses : ni les personnages, ni les lieux ne m'appartiennent (sauf Naito… j'adore me souvenir qu'il est à moi x3).
Dernière petite chose (dont tout le monde devait se douter après le chapitre précédent) : âmes pure et innocentes, passez votre chemin.
Les autres, bonne lecture !
chapitre 10 : Subduction
Izaya entra à nouveau dans l'appartement, comme si de rien n'était, et observa avec un air amusé Shizuo qui dormait paisiblement sur le sofa. Il récupéra tranquillement le micro et le remit dans sa poche, avant de revenir à son point de départ et de se demander comment faire pour emmener le blond jusqu'à la chambre sans trop se fatiguer*. Son attention se porta un instant sur Naito, qui observait son maître d'un air presque perplexe.
« Comment je suis censé transporter ça, tu as une idée toi ? » Demanda-t-il autant pour le félin que pour lui même.
Le chat se contenta de le regarder, ne lui apportant évidemment aucune réponse. Puis, comme s'il avait compris qu'il ne pourrait rien obtenir des deux humains présents, il sortit tranquillement de la pièce sans leur prêter attention plus longtemps.
Pendant ce temps, Izaya avait commencé à soulever un Shizu-chan inerte et par conséquent très lourd. Il le transporta avec difficultés jusqu'au lit, en le tenant par les aisselles et en laissant les jambes trainer au sol, tout en se disant qu'il était décidément trop gentil et qu'il ferait mieux de faire l'inverse en espérant que l'autre se cogne la tête quelque part…
Puis, arrivé à destination, il se débrouilla tant bien que mal pour l'immobiliser du mieux possible, en prévision de son réveil qui ne manquerait pas d'être agité. Quoique, si la drogue était suffisamment efficace, Shizu-chan ne retrouverait pas immédiatement toute sa liberté de mouvement : ses membres resteraient lourds pendant un temps, ce qui limitait encore les risques déjà considérablement réduits par le fait qu'il serait attaché.
Lorsqu'il eut terminé, Izaya s'assit sur le rebord du lit pour se reposer un instant, en se demandant de quelle manière il pourrait s'occuper pour patienter jusqu'au réveil du "bel endormi". Son regard se tourna vers l'endormi en question qui pour le moment était paisiblement allongé sur le dos (quoique d'une manière fort peu naturelle), et un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. Pourquoi ne s'amuserait-il pas un peu avec lui en attendant de pouvoir passer aux choses sérieuses ?
Il s'approcha doucement de lui, à quatre pattes, d'une manière presque féline, et s'assit à califourchon sur son abdomen. Puis, il sortit sa lame à cran d'arrêt et fit sauter un à un les boutons de la chemise de Shizu-chan. Évidemment, il aurait largement eu le temps et les moyens de les défaire. Néanmoins, il ne pouvait pas lutter face la tentation de massacrer ses vêtements pour le mettre en colère. C'était trop irrésistible pour qu'il ne le fasse pas… D'autant plus que l'autre ne s'était pas gêné pour déchirer les siens la dernière fois, donc ce n'était que justice.
Il écarta les pans de sa chemise, révélant son torse musclé et lisse. Dépourvu de cicatrices, constata le brun avec déception. À quoi cela servait-il qu'il prenne la peine de le blesser s'il ne lui en restait jamais aucune marque, pensa-t-il avec irritation ? Il glissa ses doigts sur toute la surface à portée, à la recherche d'une quelconque trace de leurs rencontres sur le corps de son ennemi. Mais force était de constater qu'aucun cicatrice n'était restée : au mieux il pouvait observer une légère ligne dépigmenté, mais rien de très visible. S'il mourait avant lui (ce qu'il ne voulait bien sûr en aucun cas), Shizu-chan n'aurait même pas de marque dont il ne pourrait pas se débarrasser pour l'obliger à se souvenir de lui. Et alors, que resterait-il de leur relation ? Évidemment, si l'inverse se produisait, Izaya était certain qu'il n'oublierait pas le blond. Il avait une trop bonne mémoire pour oublier aussi facilement plusieurs années de courses poursuites où celui qu'on poursuivait n'était pas forcément celui qu'on croit. D'ailleurs, il avait une trop bonne mémoire tout court. Mais le cerveau de protozoaire de l'autre aurait besoin de quelque chose de visible, évident (et pourquoi pas gênant) pour ne pas l'oublier, sinon ses rares neurones allaient rapidement l'effacer de son esprit pour laisser place à de nouveaux événements ! Et ça, c'était parfaitement hors de question ! Shizu-chan n'avait pas le droit de l'oublier, jamais. C'était pour cette raison qu'il faisait tout pour rester à proximité de lui et lui pourrir la vie, outre le fait qu'il l'exécrait : s'il ne le faisait pas, comment se souviendrait-il de lui ? Et s'il l'oubliait…s'il l'oubliait…quoi ?
À cette pensée, il marqua une pause, interloqué. Si Shizu-chan l'oubliait, pourquoi cela serait-il plus grave que si quelqu'un d'autre le faisait ? … Parce qu'il en avait décidé ainsi, c'était tout, conclut-il en ignorant fièrement et consciemment les véritables motifs de son comportement. C'était juste une raison de plus pour faire de sa vie un enfer, une raison de plus pour l'empêcher d'être heureux, rien de plus. Il était tout simplement hors de question que l'autre l'oublie, et d'ailleurs, il était bien connu qu'Orihara Izaya n'avait en aucun cas besoin de justifier son comportement à quiconque, lui-même inclus !
Il se pencha vers le corps en dessous de lui, et murmura dans le creux de son oreille :
« Décidément, tu feras toujours tout pour m'irriter, n'est-ce pas Shizu-chan ? ».
Puis, dans un soupir, il ajouta en se redressant :
« Tu es tellement agaçant. »
Pour l'instant, l'autre était totalement inoffensif. S'il voulait le marquer à vie, c'était le moment idéal : un petit coup de couteau dans le ventre, et peut-être la blessure serait-elle suffisamment profonde pour qu'il en reste quelque chose de durable ? Mais de toutes façons, il allait faire bien mieux. Parce que ce qu'il avait l'intention de lui faire subir plus tard devrait laisser une telle trace dans son esprit qu'il ne serait pas prêt de l'oublier…
Son regard se posa sur le cou du blond, et il ressentit une nouvelle pointe de déception en voyant que sa marque la plus récente, la morsure qu'il lui avait infligée lorsque…son dernier plan avait malencontreusement échoué, avait déjà totalement disparue. Mais il ne tenait qu'à lui de la faire réapparaître, songea-t-il malicieusement en s'inclinant à nouveau pour lécher du bout de la langue sa position approximative.
Il planta violemment ses dents dans la chair de Shizuo, et il sentit le goût métallique du sang de ce dernier envahir sa bouche, se disant avec un certain amusement que pour une fois il ne s'agissait pas du sien. Néanmoins, leur goût était similaire et Izaya ne l'appréciait pas réellement. Il faudrait être un vampire pour cela, songea-t-il incidemment avant de constater avec une certaine consternation l'absurdité de cette remarque. Finalement, ses mâchoires lâchèrent prise, et il lécha les quelques gouttes de liquide vermeil qui perlaient sur la peau du blond avant de se redresser pour admirer son œuvre. Le cou de Shizu-chan s'ornait désormais d'une magnifique trace rouge, très nettement visible. Izaya eut un sourire satisfait, avant de se demander un instant combien de temps cela allait rester.
Peu après, il recommença à s'ennuyer. L'autre n'avait pas bronché lorsqu'il l'avait mordu, et il était tout à fait certain que quand bien même il se ferait sauter dessus, il n'aurait aucune réaction. Décidément, on aurait réellement pu croire que tout ce qu'il faisait, et même ce qu'il ne faisait pas, avait pour but de l'irriter… Puis, alors qu'Izaya soupirait d'ennui, une idée éclata soudain dans son esprit : pourquoi ne finirait-il pas de le déshabiller, pour voir comment il réagirait à son réveil ? Peut-être imaginerait-il que le brun avait abusé de lui pendant son sommeil ? C'était à tenter…il ne pouvait tout de même pas rater une telle occasion de semer le doute dans son esprit pour ensuite pouvoir se moquer de lui ! Vu ses capacités mentales limitées, il était presque certain qu'il y croirait. Cela promettait d'être amusant, se dit-il avec enthousiasme en mettant son idée à exécution.
Dès qu'il eut terminé, il n'eut guère le temps de s'ennuyer à nouveau : Shizu-chan avait déjà commencé à se réveiller.
Shizuo se sentait mal : il avait l'impression de sortir d'un genre de long coma cotonneux, et ses membres lui semblaient tellement lourds qu'il ne parvenait pas à les bouger correctement. Il ouvrit les yeux avec un grognement nauséeux, et les cligna paresseusement plusieurs fois pour ajuster sa vue à la luminosité. Néanmoins, les dernières bribes de sommeil disparurent brutalement au moment où il aperçut la tête de l'asticot à proximité de la sienne.
Il était nonchalamment positionné à califourchon sur son ventre, sa tête reposant dans le creux de sa main tandis que son coude s'enfonçait de manière désagréable dans la cage thoracique du garde du corps. Son visage était situé à peine à quelques centimètres du sien, et ses yeux couleur grenat l'observaient avec un amusement non dissimulé. Son air narquois était amplifié par le sourire qu'il arborait, ce sourire malsain et suffisant qui avait le don de mettre le blond hors de ses gonds.
« Alors Shizu-chan, tu te réveilles enfin ? Demanda-t-il d'un ton moqueur.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ? » Répondit le blond d'un ton un peu pâteux malgré son état d'agitation intérieure.
Cela n'était pas possible…c'était sûrement un rêve ! Qu'est-ce que le vermisseau ferait, dans sa chambre, tranquillement allongé sur lui sinon ?
« Oooh, tu n'as donc pas deviné, Shizu-chan ? Se moqua-t-il encore. Tu es bien lent… Le somnifère que j'ai mis dans ton lait t'aurait donc assommé à ce point ? Quoique, même avec tes pleines capacités de réflexion, je doute que tu sois capable de comprendre quoi que ce soit. »
Somnifère…dans le lait, intégra-t-il avec difficulté. C'était donc ça… Il allait le tuer !
Il tenta d'envoyer son poing dans la figure de l'asticot, avant de se rendre compte que s'il ne pouvait pas bouger, ce n'était pas uniquement parce qu'il était encore à moitié endormi et que ses membres étaient engourdis, mais aussi parce qu'il était solidement attaché. L'autre avait décidément pensé à tout. Avec un grognement de colère, il commença à tenter de se libérer. Mais il s'aperçut rapidement que dans son état actuel, c'était peine perdue. Et cela semblait beaucoup amuser le vermisseau au dessus de lui, ce qui l'énervait encore plus… C'était tellement rageant.
Néanmoins, il cessa rapidement de se débattre lorsqu'il réalisa une chose : non content d'avoir été drogué et attaché, il ne portait plus aucun vêtement ! Ce qui signifiait certainement que…que…
« I-Izaya, mais…mais qu'est-ce que tu m'as fait ? Espèce d'asticot pervers, tu…
- Allons, Shizu-chan. Après tout, ce n'est que justice… »
- Alors…il avait vraiment…
À cet instant, le cerveau de Shizuo décida de partir en vacances. Il était absolument hors de question qu'il pense à une chose pareille… C'était tout simplement trop affreux à concevoir pour lui.
Izaya éclata de rire face à l'expression choquée qu'arborait l'autre homme. Malgré ce qu'il avait pu dire, il était surpris. En théorie, Shizu-chan n'aurait pas dû se réveiller avant une bonne demi heure au moins… (sachant qu'une personne normale en aurait eu pour plusieurs heures). Décidément, il ne cesserait jamais de l'étonner. Mais après tout, il n'allait pas s'en plaindre : cela lui évitait d'attendre sans rien avoir d'intéressant à faire. D'autant plus que, comme dit précédemment, les réactions de l'autre étaient tout simplement hilarantes. Il avait réellement marché…et son expression était tellement comique, avec ses grands yeux effrayés par la possible vérité et son air traumatisé ! Il ne pouvait décemment pas s'arrêter en si bon chemin, cela aurait été un pur gâchis.
Dès l'instant où son cerveau reprit un semblant d'activité, Shizuo gronda d'un ton menaçant :
« Iiiizaaayaaaaaa… QU'EST-CE… »
Néanmoins, sa réplique, qui n'aurait pas manqué d'être passionnée et assourdissante si elle avait eu une fin, fut brutalement interrompue par le brun qui avait entrepris de l'embrasser pour le faire taire. Cette fois, ce dernier eut un contrôle total sur leur baiser, profitant honteusement de la surprise et du choc de Shizu-chan pour prendre l'avantage, et lorsqu'il y mit fin, il murmura avec un sourire narquois, gardant son visage à quelques millimètres de celui du blond :
« Tu ne devrais pas crier aussi fort, Shizu-chan. Pense à ce que diront les voisins. »
Puis, il fut forcé de se redresser prestement pour éviter la tête que le destinataire de ces mots projetait violemment vers la sienne. Il ne put s'empêcher de rire encore face au comportement rebelle du blond. Sans se soucier du volume sonore de sa voix, ce dernier reprit en hurlant avec fureur :
« Et tu crois sincèrement que ça va suffire pour que j… »
Il fut de nouveau interrompu, pour la même raison que la fois précédente, à la différence près que ce baiser-ci dura plus longtemps, Shizuo n'ayant pu s'empêcher d'y répondre. Il ne parvenait pas à y résister : Izaya avait un goût trop addictif. (Et après tout, pourquoi devrait-il résister ?)
« Tss…tu n'es pas très obéissant dis moi, déclara finalement ce dernier d'un ton faussement ennuyé. Et tu as décidément l'air de beaucoup trop apprécier cette manière de te faire taire… C'est vraiment dommage, il va falloir que je trouve autre chose maintenant. »
Puis, il commença à lui mordiller le lobe de l'oreille en murmurant sensuellement :
« Dis moi, Shizu-chan…que dirais-tu de jouer à un nouveau jeu ? »
À cet instant, Shizuo était certain que ses joues auraient pu briller dans le noir…et ses oreilles aussi. Mais pourquoi fallait-il que l'autre ait une voix aussi sexy ? Et pourquoi devait-il l'associer avec… Mais il ne devrait en aucun cas ressentir une telle chose ! Il ne devrait pas aimer ce que l'asticot était en train de faire ! Certes, son récent comportement l'empêchait de nier que peut-être, il éprouverait du désir pour lui. Certes, au vu de ses actuelles réactions, notamment au niveau de son bas ventre, il ne pouvait pas non plus nier qu'il avait violemment envie d'inverser leurs positions pour lui montrer encore une fois qui dominait lorsque la lutte n'était pas aussi déloyale. (Et certes, il ne pensait bien évidemment pas consciemment à tout cela dans sa position actuelle). Néanmoins, ce qui était certain, c'était que quand bien même l'informateur était très doué avec sa bouche, toutes ses réactions n'étaient pas normales du tout, et il ne devrait absolument pas être en train de…
L'interrompant subitement dans sa faible tentative de dénégation, Izaya venait juste de lui pincer le téton, ce qui suffit à le ramener dans le monde réel.
« Tu penses à autre chose, Shizu-chan…déclara-t-il d'un air presque déçu. »
Tss…tel qu'il le connaissait, il devait être en train d'essayer désespérément de se convaincre qu'il n'aimait pas du tout ce qu'il subissait, et que ses réactions gênantes n'étaient absolument pas dues à l'homme assis sur son abdomen… C'était tout à fait son genre. Néanmoins, cela ne lui plaisait pas du tout : il voulait que Shizu-chan se concentre uniquement sur lui. Alors, il commença à titiller du bout de la langue l'une des billes de chair, tout en rappelant muettement au blond qu'il ne pouvait pas cacher qu'il adorait ça, mouvant insidieusement ses hanches près de son érection. Puis, alors que ses mains avaient commencé à prendre leur relais, arrachant au blond des gémissements/grognements de plaisir qu'il avait beaucoup de mal à étouffer, sa passionnante occupation fut interrompue par un « Pourquoi ? » prononcé avec difficultés. Il releva la tête pour observer l'homme qui venait d'énoncer ce mot, n'abandonnant pas pour autant son activité manuelle.
« En…enfoiré. T-tu…n'as pas déjà eu…ce que tu voulais ? » Demanda-il d'une voix mal maîtrisée, entrecoupée de sons rauques et empreints d'un plaisir faiblement dissimulé.
Izaya éclata de rire. Sur le moment, il avait totalement oublié ce qu'il lui avait fait croire un peu plus tôt. Actuellement, il était absolument aux anges : c'était la première fois qu'il avait un tel contrôle sur Shizu-chan ! Il le dominait complètement, et l'autre semblait se soumettre sans problèmes. Triomphant, il pensa que Shiza avait définitivement eu tort. C'était lui qui devait le dominer, et cela serait bientôt un fait prouvé. Quant à l'échec précédent, il n'était rien de plus qu'une vulgaire erreur de calcul. Cette fois, il avait réussi. Et pour qu'à l'avenir sa victoire soit totale, une prochaine fois, il devrait parvenir au même résultat sans user d'artifices. Cela serait une partie de plaisir.
C'est pourquoi, pour le narguer, il décida de lui répondre franchement :
« Parce qu'en fait…je n'ai encore rien fait. Tu t'es emballé pour rien, Shizu-chan ! »
Rien fait… Ce misérable asticot…ce sale bâtard…lui avait MENTI ! La rage l'envahit, étouffant totalement le soulagement. Occultant comme d'ordinaire tout le reste, plaisir inclus, elle balaya impitoyablement toute pensée qui n'était pas "faire payer au vermisseau le prix de son mensonge". Et pour ce faire, il devrait d'abord se libérer de ses entraves.
Izaya observa l'homme recommencer à lutter, avec une surprise mêlée de curiosité. Il avait l'air d'être entré dans une colère noire… Et étrangement, cela ne l'amusait pas vraiment. Par ailleurs, sa certitude qu'il avait gagné et que Shizu-chan ne pourrait rien faire pour se détacher commençait sérieusement à vaciller…
À peine quelques secondes plus tard, elle vola définitivement en éclats. L'autre venait de briser les liens qui l'immobilisaient. Le brun n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit pour se défendre avant de se retrouver coincé sous son ex-captif, qui pesait sur lui de tout son poids pour l'empêcher de bouger, et qui avait fermement plaqué ses poignets contre le matelas. Sa nouvelle situation était définitivement mauvaise… Izaya se frappa mentalement pour avoir commis une telle erreur. Il n'aurait jamais dû pousser l'homme le plus fort d'Ikebukuro dans ses derniers retranchements…il n'aurait jamais dû oublier que ce dernier était capable de tout, surtout lorsqu'il était en colère…il l'avait sous-estimé et désormais, il allait devoir en payer les conséquences. Il se demanda brièvement s'il allait se faire tuer, ou si une situation similaire à celle de la dernière fois allait se produire*. Mais quoi qu'il arrive, il avait irrémédiablement échoué. S'il s'en sortait vivant, il aurait certainement du mal à se le pardonner. Certes, il lui était quelquefois arrivé de sous-estimer le blond, mais jamais d'une manière aussi…stupide ! Pour un peu, il aurait presque été prêt à admettre qu'il méritait ce qui allait lui arriver (mais bien sûr, il y avait un "presque", et cela changeait considérablement le sens de cette phrase). Il soupira pour exprimer sa contrariété, ne renonçant malgré tout pas à afficher son sourire habituel. Parce que quand bien même il admettait mentalement son échec, jamais il ne s'abaisserait à le montrer, et surtout pas face à l'être à l'intelligence sous-développée qu'était Shizu-chan ! Par ailleurs, il n'avait pas non plus entièrement renoncé à la lutte : même physiquement désarmé, il avait conscience qu'il pourrait au moins limiter les dégâts et peut-être même sauver les apparences. Car bien que cela fut difficile à croire au vu de sa position, sa marge de manœuvre était beaucoup moins réduite que la fois précédente.
Pour sa part, Shizuo jubilait. Il était parvenu à se défaire de ses liens, et le vermisseau était désormais totalement à sa merci. Il pouvait en faire ce qu'il voulait. Il pouvait le tuer s'il le désirait. Il le pouvait, mais…en fait, il n'en avait pas envie. Parce que pour le moment, ce qu'il voulait réellement, c'était violer l'asticot sur place. Lui faire regretter d'être entré chez lui et d'avoir gâché son lait, lui faire payer pour ses mensonges, et au passage lui faire payer pour tout le reste… Et surtout, il n'avait pas envie de lutter contre ce désir il ne le pouvait pas vraiment non plus. Pas avec l'état d'excitation dans lequel l'avait mis l'informateur.
« Shizu-chan…commença ce dernier, je suis surpris de voir à quel… »
Mais, de la même manière qu'il avait lui même été interrompu un peu plus tôt, il bâillonna le jeune homme en capturant ses lèvres. Dans leur position actuelle, il ne pouvait de toutes façons pas vraiment faire autrement. Le contact fut relativement bref quoique cela ne l'empêchât pas d'en profiter, et lorsque Shizuo y mit fin, il se redressa un peu en éructant d'un ton menaçant :
« Tais toi.
- Dis moi, Shizu-chan, continua néanmoins l'autre…qu'est-ce que tu as l'intention de faire maintenant ?
- Me venger bien sûr, répondit le blond d'un ton de mauvais augure. »
Il lécha sensuellement sa jugulaire, tel un prédateur s'apprêtant à mettre à mort sa proie en l'égorgeant d'un coup de dent vif et précis, remontant lentement jusqu'au niveau de sa mâchoire.
« C'était un mensonge de trop, Izaya-kun.
- Mais je n'ai pas menti, se défendit l'informateur ! J'ai juste éludé la question et c'est toi qui as tiré des conclusions hât… »
Sa phrase prit fin dans un glapissement de douleur. Shizuo venait de mordre hargneusement son muscle sterno-cléido-mastoïdien.
« La ferme ! » Ordonna-t-il avant d'emprisonner les deux poignets d'Izaya dans une seule main, se servant de la seconde pour remonter lentement la ligne de la mâchoire du brun, avec une douceur qui n'annonçait rien de bon. « Vu ta situation, tu ferais mieux de moins la ramener, tu ne crois pas ? »
Le jeune homme ricana :
« C'est bien mal me connaître.
- Tu es plus mignon quand tu ne parles pas, déclara sèchement l'autre en plaçant son index sur la bouche de son interlocuteur. »
Izaya ne sut que répondre à cette déclaration. Ou du moins…il en perdit ses mots pendant environ une dizaine de secondes, ce qui pour lui était déjà long, avant de répliquer d'un ton suave lorsque l'autre retira son doigt :
« Alors comme ça, tu me trouves mignon ? Je savais que tu ne pouvais pas résister à mon charme… »
Shizuo se contenta de sourire. Puis, il abaissa sa main au niveau de l'entrejambe de l'autre homme, et frôla son érection à travers le tissu de ses sous-vêtements, ce dernier ayant déjà dégrafé son pantalon pour que sa mise en scène de tantôt paraisse plus réelle. Puis, il eut un mouvement plus marqué et Izaya laissa un gémissement lui échapper, faisant s'agrandir le sourire du blond. Le premier se mordit la lèvre inférieure, se maudissant pour cette évidente preuve de relâchement.
À cet instant, Izaya réfléchissait, alignant les pensées avec la rapidité d'une calculatrice sous l'influence de la cocaïne. Ou du moins, il était activement en train de réfléchir, jusqu'à ce que Shizu-chan l'interrompe de la manière honteuse et déloyale citée précédemment. Pour faire un court résumé de ses réflexions, il s'interrogeait sur le comportement à adopter. Il avait pleinement conscience qu'il serait incapable de reprendre l'avantage : il avait déjà eu à maintes reprises la preuve que, lorsque la lutte devenait purement physique, il lui était pratiquement impossible faire quoi que ce soit pour se défendre efficacement contre l'autre homme. Alors, il cherchait un moyen de sauver son honneur, ou au moins le moyen qui lui permettrait de le conserver du mieux possible. Et étrangement, celui qui lui semblait le meilleur pour le moment était…se soumettre. Mais seulement en apparence bien sûr !
C'était à peu près à cet instant qu'il avait été interrompu. Il était donc revenu avec irritation à la réalité et avait à peine pris le temps d'envoyer un regard haineux à Shizu-chan pour lui montrer son agacement avant de tranquillement replonger dans ses pensées.
La rébellion ne lui avait rien apporté de bon, avait-il intérieurement repris, et au niveau de la dignité, "se faire violer par" le blond était beaucoup plus dévalorisant que "coucher avec" lui, quand bien même le simple fait d'être consentant était relativement honteux. En fait, ce qui l'avait surtout énervé la dernière fois avait été le fait que l'autre tente de le contraindre à lui obéir. Or, Orihara Izaya n'obéissait à personne, et encore moins à des être dotés d'un unique neurone inefficace et grillé ! Néanmoins, l'idée d'avoir le rôle du uke devenait nettement moins déplaisante si, en plus de lui laisser une certaine liberté, elle lui offrait un relatif contrôle sur les actions de l'autre. S'il faisait semblant de se montrer docile, peut-être que l'autre serait plus complaisant ? C'était à tenter. Et de toutes façons, il doutait fortement que Shizu-chan se vanterait de ce qui risquait fortement de se passer plus tard. Par conséquent, sa réputation n'en pâtirait pas si eux seuls étaient au courant. Donc, cette solution était pour le moment la meilleure qu'il avait trouvée. Et il n'aurait de toutes façons pas l'occasion d'en trouver d'autres…
Pendant ce temps, profitant de la visible déconnexion de la réalité d'Izaya, Shizuo avait congédié les derniers obstacles le séparant de son but. Autrement dit : Izaya était actuellement en tee-shirt. Seulement en tee-shirt. Satisfait de son travail, le blond décida de ramener l'autre à la réalité. Il était absolument hors de question que ce dernier soit en mesure de penser à autre chose qu'à l'homme au dessus de lui !*
Alors, il commença à lui dévorer le cou, cheminant tranquillement vers la clavicule en s'attardant bien sûr vers le creux de son épaule qui semblait lui faire tant d'effet. C'est à cet instant qu'Izaya revint durablement dans le monde réel, gémissant doucement avant de murmurer lascivement « Shizu-chan… ». Malgré l'effet que cela eu sur son désir qui grimpa en flèche, l'être susmentionné ne put s'empêcher de se sentir irrité en entendant encore ce surnom stupide. Mais il saurait bien le lui faire oublier, se dit-il avec un sourire carnassier…
Sa main passa sous l'unique vêtement survivant du brun et frôla ses côtes, le faisant frissonner et se recroqueviller légèrement. Il serait donc chatouilleux ? se demanda Shizuo avec amusement. Il leva les yeux pour lui en faire la remarque, mais au moment où son regard plongea dans le sien, il fut incapable de dire quoi que ce soit. Les yeux d'Izaya avaient actuellement une nuance inédite, empreinte de luxure. Ils semblaient l'appeler, l'inviter à venir plus près…un peu plus près…
Comme envoûté, il ne put rien faire d'autre qu'obéir à cet ordre muet. Il approcha son visage de celui du brun, lentement, ayant presque peur de briser le charme. Il n'aimait pas Izaya. Il le haïssait. Mais à cet instant, cela n'avait plus aucune importance pour lui. Tout ce qu'il voulait, c'était le faire sien. Juste pour cette fois, même si le lendemain il devait une fois de plus tenter de le tuer à coup de distributeurs, il voulait que son asticot lui appartienne. Leurs lèvres se rencontrèrent, presque chastement. Néanmoins, toute cette pureté ne dura pas très longtemps elle fut rapidement effacée par le désir et la luxure qui émanaient de ces deux êtres, dont la relation présente pouvait être définie de bien des façons, mais dont toute trace d'innocence était exclue. Une énième lutte pour la domination commença, prenant plus d'ampleur au fur et à mesure que leur concupiscence augmentait. Mais finalement, le gagnant importait peu, pour l'un comme pour l'autre. Shizuo finit par lâcher les mains du brun, qui s'empressa de les enfouir dans sa blonde chevelure pour approfondir encore le contact.
Izaya exultait. En un regard, il était parvenu à plier Shizu-chan à sa volonté. Peut-être la domination physique était-elle sans réelle importance, finalement ? Si l'autre se montrait aussi docile lorsqu'il faisait preuve d'un semblant de soumission, alors cela en valait largement la peine. Lorsque ses mains furent libérées de l'emprise de celle du blond, il songea brièvement à retourner la situation à son avantage. Mais s'il le faisait, il ne pourrait pas mener plus loin sa nouvelle expérience…et Shizu-chan avait une manière de l'embrasser qui l'intoxiquait complètement. Quel gâchis ce serait s'il devait s'en priver maintenant pour se lancer dans une tentative hasardeuse ayant peu de chances de réussites… Alors, il se contenta de poursuivre sur sa lancée et de sombrer un peu plus dans la passion du moment. Mais il gardait le contrôle, alors quelle importance…
Finalement, à bout de souffle, ils se séparèrent. Le regard de Shizuo s'attarda sur les lèvres purpurines du brun, encore légèrement entrouvertes. Ses joues étaient légèrement rouges, ses cheveux un peu ébouriffés et ses yeux… Il ne pouvait décidément pas résister à la tentation que ce dernier représentait. Lorsqu'il osa finalement perturber cette image magnifique et briser le charme presque irréel provoqué par cette vision, il présenta presque avec méfiance ses doigts au responsable.
« Devrais-je prendre ce risque ? » Interrogea-t-il autant pour l'autre que pour lui même.
Pour toute réponse, Izaya les happa, les léchant et les humidifiant avec ardeur tout en s'amusant à les mordiller.
Shizu-chan n'allait pas le laisser partir en grognant que c'était trop facile… Il n'allait pas le laisser obtenir ce qu'il voulait, à la base… Mais tant pis, songea-t-il alors que ce dernier retirait sa main et écartait ses jambes pour avoir un meilleur accès à son antre, cela en valait presque la peine. Il fut néanmoins très tenté de remettre cette dernière pensée en question au moment où l'autre y introduisit un premier doigt, mettant abruptement et définitivement fin à tous les précédents espoirs qu'il aurait pu avoir. Il se crispa légèrement. La sensation qui en résultait n'avait rien de franchement agréable…
Lorsqu'un second vint le rejoindre, il fut contraint d'assouplir encore un peu sa morale pour cesser de se soucier de sa fierté. "Non, ceci n'est pas une défaite, je maîtrise la situation donc tout va bien. Après tout, Shizu-chan ne fait que m'obéir, vu que c'est moi qui ai gracieusement accepté ce qui se passe." se persuadait-il avec un certain succès. D'ailleurs, il n'avait pas forcément tort…
Enfin, lorsque le troisième vint compléter le groupe et que par chance, ils touchèrent l'endroit le plus intéressant, il cessa complètement de penser à autre chose qu'au plaisir que cela pouvait provoquer. Néanmoins, au moment où il fut libéré de leur présence, il ne les regretta pas. De toutes façons, il savait pertinemment que l'autre ne s'arrêterait pas en si bon chemin…
Shizuo se positionna de manière à ce que son pénis prenne la place de ses doigts. Puis, lentement, il commença à le pénétrer. Il observa presque avec inquiétude le visage de son…amant ? se contracter à cause de la douleur, et ses mains s'agripper désespérément aux draps. À cet instant, il se sentait comme un enfant qui aurait peur de serrer un petit animal dans ses bras par crainte de lui faire du mal. À cause de sa force qu'il avait parfois (voire souvent) du mal à maîtriser, il éprouvait toujours ce type de sentiment lorsqu'il avait des contacts physiques avec des gens qu'il n'avait pas envie de blesser…mais c'était tout à fait inédit concernant le brun, à qui il avait justement toujours voulu faire le plus de mal possible. Néanmoins, en l'occurrence, peut-être précisément parce que l'autre était consentant et qu'il n'était par conséquent pas dans une situation où sa colère le dominait, il ne voulait pas se laisser aller à la violence. Il ne voulait pas que cela se déroule comme la dernière fois. Même s'il sentait que sa férocité demeurait derrière ce mince voile de prévenance. Même s'il avait vaguement conscience du fait que si l'autre avait émis le désir de s'arrêter, il aurait été dans l'incapacité totale de répondre à sa demande.
Il attendit un peu que l'autre s'habitue à sa présence, mordillant sa clavicule tant pour le distraire et lui faire oublier la douleur que pour lui-même résister à la tentation de le prendre comme ça, sans se soucier du reste. Néanmoins, il était connu que la résistance mentale de Shizuo était du genre très limitée…surtout lorsqu'Izaya éclata d'un rire moqueur en déclarant avec amusement, quoique d'un ton légèrement haché :
« Shizu-chan…on dirait que tu es en compagnie d'un être fragile et innocent. Serais-je donc devenu si précieux à tes yeux pour que tu aies soudain peur de me casser ? »
Il avait décidément le don de le faire enrager… Le semblant de contrôle qu'avait l'ex-barman vola en éclats, et tel un lion somnolent qu'on aurait caressé à rebrousse poil, il réagit au quart de tour, commençant brutalement à se mouvoir en imprimant un rythme violent et soutenu. Dans un feulement à peine étouffé, Izaya se cambra en rejetant la tête en arrière, lui offrant ainsi un parfait accès à sa gorge. C'était comme une invitation à venir se servir… Une invitation que Shizuo s'empressa d'accepter, mordant, léchant, embrassant, marquant chaque centimètre carré de peau à sa porté.
Leur vocabulaire à tous les deux se réduisit presque instantanément à des sons, indescriptibles et dépourvus de sens bien que suffisant à exprimer le plaisir le plus intense, ainsi qu'au prénom de l'autre qui semblait alors représenter tout leur univers. Puis, au bout de quelques instants, dans un hurlement de pur jouissance exprimant une volupté qui semblait dépasser tout ce qu'il avait ressenti précédemment, le brun s'exclama : « Là ! ». Shizuo n'eut besoin de rien d'autre pour comprendre qu'il venait de toucher ce point. Il recommença donc, encore et encore, se délectant de la voix d'Izaya, dont les gémissements et les cris de plaisir étaient parfois entrecoupés de « Shizu-chan » scandés avec débauche et prononcés avec difficulté. Lorsqu'il l'entendit articuler dans un souffle « Plus… », il répondit avec enthousiasme à sa demande, atteignant un rythme endiablé et se noyant complètement dans le corps de son ennemi de toujours. Tout son esprit, rendu brumeux par le plaisir, était tourné vers l'autre : il n'entendait plus que les sons haletants et merveilleusement sexy qui sortaient de sa bouche, ne sentait plus que l'anneau de chair se resserrer convulsivement autour de son membre et ses ongles lui griffer les épaules quoique il ne ressentît aucune douleur. Il se rendait à peine compte de ce qu'il faisait, au point d'ignorer totalement si lui-même exprimait sa jouissance aussi vocalement ou non. Mais il s'en moquait. Se sentant entièrement aspiré par le brun, se perdant dans la nébuleuse volupté de l'instant présent, il se pencha pour l'embrasser, l'autre répondant avec ardeur. Tout son corps le brûlait, comme s'il se consumait de l'intérieur. C'était proche de la perfection.
Il jouit finalement, grognant une ultime fois le prénom d'Izaya. Ce dernier le rejoignit peu après, criant pour la première fois "Shizuo" au lieu de "Shizu-chan". Cela eut pour effet de prolonger encore un peu son plaisir, et un sentiment de triomphe se profila avec difficulté dans son esprit embrumé pour lui faire remarquer que pendant un instant, il était réellement parvenu à lui faire oublier cet humiliant surnom.
Il se retira finalement, essoufflé, et s'écroula aux côtés du brun, un bras demeurant paresseusement enroulé autour de sa taille. Il leva les yeux et observa le profil d'Izaya, les joues rougies, un mince filet de bave s'écoulant de ses lèvres gonflées tandis que ses yeux mi-clos se perdaient dans le vague. Shizuo réalisa soudain que lorsqu'il était dans cet état, l'informateur représentait définitivement un appel au viol, un genre de fantasme ambulant. À cet instant, alors qu'il fermait les yeux en soupirant, il avait totalement digéré l'inexplicable désir qu'il éprouvait pour l'autre homme, et pour la première fois depuis l'incident de la ruelle, il se sentait comme en paix avec lui même (enfin…au moins sur ce point).
Néanmoins, il n'en était pas tout à fait de même pour ce dernier. Évidemment, son échec était nettement moins cuisant et humiliant que la première fois. Évidemment, Shizu-chan lui avait obéi, ce qui signifiait que d'une certaine manière, c'était bel et bien lui qui l'avait dominé et non l'inverse. Le seul problème était que…il s'était encore laissé prendre, ce qui signifiait que son plan n'avait une fois de plus pas fonctionné comme prévu. Et pire, il avait aimé ça. Cette fois, il ne pouvait absolument plus le nier. Il avait adoré coucher avec Shizu-chan à un point qu'il n'aurait jamais osé imaginer, et cette idée ne lui plaisait définitivement pas. Vouloir le faire pour avoir la preuve qu'il le dominait était une chose, apprécier cela en était une autre.
« Ne me touche pas, lança-t-il à l'autre d'un air absent. »
Il fallait qu'il parte…tout de suite.
Cette phrase mit subitement fin au sentiment de calme qu'éprouvait Shizuo à peine quelques secondes auparavant. Il rouvrit les yeux avec une surprise mêlée de contrariété, et observa Izaya se dégager de son semblant d'étreinte avant de se lever pour se rhabiller. Il imagina sans peine, bien qu'il ne la vit pas, la grimace que ce mouvement provoqua. Lorsque ce fut fait, le brun franchit la porte et s'en alla sans un mot, laissant Shizuo seul avec son étonnement. Mais finalement, alors qu'il se retournait sur le dos en passant nonchalamment un bras derrière sa tête, il se dit simplement que l'autre devait encore avoir des doutes, ou quelque chose du genre. Contrairement à lui, l'asticot avait beaucoup trop tendance à réfléchir. Pour sa part, il n'en n'avait plus envie. Cela le fatiguait sans lui donner de réponses et, pour en avoir fait l'expérience il y avait peu, massacrer son environnement proche pour calmer la fureur provoquée par le doute ne lui apportait rien. Donc, le plus simple était une fois de plus de ne plus se poser de questions et de laisser les choses se faire toutes seules en attendant que la situation se règle d'elle-même. Après tout, cela ne lui réussissait pas si mal…
Et enfin, quand bien même il semblait violemment désirer l'asticot, il ne l'aimait pas pour autant. Ses sentiments à son égard n'avaient pas changés et il savait que la prochaine fois qu'il le verrait, il aurait encore envie de le massacrer. Ce qu'il éprouvait n'était pas de l'amour, c'était certain. Alors…
Il s'interrompit brutalement, au moment où un détail attira son attention. Il s'agissait d'un bouton de chemise. Qui était d'ailleurs, constata-t-il après un examen plus approfondi, entouré de ses congénères. Il baissa les yeux vers la potentielle propriétaire des fameux boutons, et conclut que son hypothèse était bonne. Cette sale vermine…avait osé…
57… 58… 59…
« IIIIIIZAAAAYAAAAAA ! »
L'informateur éclata d'un rire joyeux, retrouvant miraculeusement sa bonne humeur après avoir allègrement massacré celle du blond. L'autre avait donc enfin remarqué la petite rectification qu'il avait apporté à sa chemise adorée, cadeau de son petit frère chéri… Avec un sourire satisfait, il s'éloigna des lieux du crime et rentra paisiblement à Shinjuku.
* Parce qu'il aura besoin d'énergie plus tard ! Fufufufu…
* D'ailleurs, je suis certaine que tout le monde se pose la même question ! x)
* Au final, ils sont bien pareils tous les deux…
J'espère que les presque deux semaines d'attente en valaient la peine. Surtout que j'ai eu un mal fou à écrire ce chapitre : j'avais beau avoir toute l'action en tête, j'arrêtais pas de bloquer… D'autant plus qu'il m'a fallu des heures de réflexion pour essayer de les garder IC en leur faisant faire ce que je voulais et… /SBAM!/
… Bon, d'accord, j'arrête de me plaindre… -"
