Salut tout le monde.

Voilà un nouveau chapitre de « Comme avant ». Pour ceux qui lisent « Deux mondes… », non, je ne l'ai pas oublié…juste du mal à m'y remettre…

Merci à tous ceux qui ont reviewé ou tout simplement lu cette fic jusqu'à présent et j'espère que la suite continuera à vous plaire.

Que dire concernant ce chapitre ? Déjà, de nombreux changements de points de vue. Et, disons que, une fois de plus mon imagination a « dérapée », ce qui m'a obligé à modifier quelque peu mes plans d'écritures :D Rien de bien méchant, juste un chapitre qui n'a pas pris la tournure prévue à l'origine )

Disclaimer : Tout, ou presque (Dylan, Kimberley, Melody et la défunte Rebecca), est à JKR


Chapitre 9 – Complications

Une journée s'était écoulée. Harry soupira, le menton appuyé sur ses bras, croisés sur la table.

« Pourrais-je savoir ce qui me vaut ce gros soupir ? »

Le garçon leva les yeux vers son père alors qu'il le rejoignait, une tasse de café à la main, s'asseyant près de lui. Bien qu'encore un peu plus pâle que de coutume, l'adulte semblait s'être bien remis de l'attaque dont il avait fait l'objet, même si Harry en ignorait toujours la nature. Pour toute réponse l'enfant haussa les épaules.

« J'réfléchissais… »

James rit légèrement.

« Et ? Quelle est la raison de cette…réflexion ? »

Harry fit la moue.

« Ben… plein de choses. Dylan, Voldemort, maman, toi… »

Son père déposa la tasse sur la table et passa un bras autour de ses épaules.

« Je ne peux pas te promettre qu'il ne retentera pas de s'en prendre à toi, il essayera à nouveau, c'est certain. Par contre, tu as ma parole que je ferais tout pour qu'il ne s'en prenne plus à toi. »

Harry grimaça en constatant que, malgré tous ses efforts pour le convaincre du contraire, son père ne cessait de se reprocher d'être arrivé trop tard.

« Au début, j'avais peur, avoua-t-il, à voix basse, en jouant machinalement avec la chaînette qu'il portait au cou. Mais, après, j'étais convaincu que, quoi qu'il advienne, tu viendrais me chercher… Non seulement il y a eu le phénix qui m'a laissé la plume que je t'ai montré hier, mais en plus… »

Une quinte de toux l'interrompit bruyamment. James fronça les sourcils.

«- C'est rien, protesta l'enfant en remarquant son expression. J'ai juste…

- Tu as probablement pris froid…

- Et ça va passer tout seul, marmonna Harry. C'est pas la première fois que ça m'arrive, alors…

- Raison de plus pour ne pas prendre ça à la légère, rétorqua son père. J'ai appris à mes dépends qu'il ne fallait jamais négliger le moindre symptôme, aussi insignifiant soit-il.

- Oh, ça va, on dirait maman, grogna l'enfant. Je vais bien. D'ailleurs, en parlant de maman… »

James leva les yeux au ciel.

«- Tu devrais apprendre à changer de sujet correctement, mon gars. Si tu penses que…

- Non mais, sérieusement, où est maman ? »

L'adulte croisa le regard émeraude de l'enfant qui le fixait avec gravité. James soupira, incapable de résister à l'intensité des iris verts de son fils.

« Je ne sais pas. »

Harry plissa les yeux.

« Elle est vraiment retournée là-bas, alors ? »

Silence.

«- Mais…je lui ai dit que…

- Harry… »

Le garçon se tût. Son père inspira, hésitant.

«- Vendredi matin, ta mère est venue me voir au Ministère, elle m'a demandé de vous garder chez moi, ta demi-sœur et toi… Elle craignait que les choses tournent mal et, de toute évidence, ce qui s'est passé avec Dylan lui a donné raison.

- Mais pourquoi elle est pas restée ici avec nous alors ? »

James soupira face à l'entêtement de l'enfant.

«- Elle ne veut pas rester ici, Harry. Elle a ses raisons et rien ne pourra la faire changer d'avis tant qu'elle ne l'aura pas décidé par elle-même.

- Il n'empêche…

- Harry, s'il te plaît… Tu as vécu dix ans sous le même toit que ta mère, tu devrais savoir comment elle réagit. »

L'enfant se rembrunit, reportant son attention sur la table.

«- Mouais, mais il n'empêche, qu'elle préfère l'écouter, lui, plutôt que moi, marmonna-t-il en se levant brutalement.

- Harry… »

Mais le garçon avait déjà quitté la salle à manger.


Quelques heures s'étaient écoulées, lorsqu'on frappa doucement à la porte de sa chambre. Harry s'arracha à la contemplation du parc qui s'étendait à l'arrière du manoir et se retourna vers la porte de sa chambre.

« Entrez. » marmonna-t-il

Le battant s'ouvrit prudemment. L'enfant leva les yeux au ciel en découvrant Kaly et Kimberley dans l'encadrement de la porte.

« Maître Harry, commença l'Elfe en s'inclinant. Je vous ai fait porter une collation de mon invention. »

Elle claqua des doigts et un plateau surchargé apparu au dessus d'elle et alla se poser, en douceur sur le bureau du garçon, sous le regard incertain de la fillette qui l'accompagnait. Harry eut un maigre sourire. Kimberley n'était pas vraiment habituée aux manifestations magiques en tout genre, même si elle avait plutôt bien accepté la présence des quatre Elfes de maison qui s'occupaient du manoir. Les petites créatures, quant à elles, avaient rapidement fait en sorte de la mettre à l'aise en ce lieu qui lui était étranger et se montraient, dans l'ensemble, parfaitement disponibles pour satisfaire le moindre de ses besoins. Seule Minsy conservait une certaine distance envers la fillette mais Harry pensait avoir compris la raison de son attitude. Après tout, il avait conscience de la dévotion de l'Elfe envers son Maître. Elle était la plus âgée des quatre créatures magiques et, de ce fait, la plus attachée à son père mais aussi la plus soucieuse de son bien-être, physique et moral. C'était probablement la raison pour laquelle elle avait acceptée aisément Harry, le fils légitime de son Maître, alors qu'elle semblait vouloir rejeter tout ce qui concernait la mère des deux enfants. Après tout, l'enfant se souvenait du malaise de la petite créature lorsqu'elle avait fait face à sa mère, quelques temps auparavant. Et Minsy ne s'était pas montrée lors du bref séjour de sa mère au manoir, lorsqu'elle avait ramené Harry, puis Kimberley. Le seul moment où le garçon avait aperçu l'Elfe avait été au moment où sa mère l'avait laissé sous la garde de Remus pour aller récupérer Kimberley.

« Si vous avez besoin de quoi que ce soit d'autre, n'hésitez pas à nous le faire savoir. » rappela Kaly, le ramenant à la réalité, en s'inclinant à nouveau avant de disposer dans un claquement sec.

Un bref silence s'ensuivit.

« Tu devrais t'asseoir. » suggéra Harry à l'intention de la fillette.

La petite acquiesça timidement, inhabituellement réservée, et vint s'installer sur le lit de son aîné, alors qu'il refermait la porte de la chambre avant de prendre le plateau laissé par Kaly. Les deux enfants étudièrent avec intérêt les plats préparés à leur intention par la petite créature.

« Ah, tiens, essaye ça, proposa le garçon, en désignant une tasse de la spécialité de l'Elfe. C'est excellent. »

Kimberley lui adressa un regard curieux mais obtempéra, confiante.

«- Qu'est-ce que c'est ? s'enquit-elle en portant la tasse à son nez.

- Papa appelle ça l'Ambre de Kaly, c'est une des spécialités de l'Elfe qui t'a accompagné ici. »

La petite opina.

« T'arrive à les reconnaître ? »

Harry sourit.

«- J'avoue que ça a pas toujours été évident, commenta-t-il. Mais finalement, on s'y retrouve vite. Alvy est le seul « garçon » et Eldora est la plus jeune du groupe. Minsy est la plus âgée, elle est un peu le chef des Elfes du manoir. Elle est aussi la plus protectrice envers mon père et moi. Quant à Kaly…

- C'est la plus gentille, conclut Kimberley avant de goûter le contenu de tasse. Et, c'est qui le monsieur à la barbe blanche ? »

Harry fronça les sourcils.

« Qui ? »

Kimberley haussa les épaules.

« Y avait un vieux monsieur avec une grande barbe blanche qui discutait avec ton papa dans le hall d'entrée, tout à l'heure. Même qu'il m'a proposé un sorbet citron, mais j'ai pas osé accepter. »

Harry la fixa, intrigué.

« Jamais vu mais… ça peut s'arranger, il me semble. »

Kimberley écarquilla les yeux.

«- C'est pas bien d'espionner les gens.

- Qui te parle d'espionner ? répliqua Harry en souriant malicieusement. On peut tout simplement tenter de voir si il a vraiment des sorbets citron pour toi. »


Lily soupira, assise à même le sol, adossée contre le lit de la chambre qu'elle avait réservée dans un petit hôtel moldu de Londres. Elle était, une fois de plus, partie en toute discrétion, mais c'était la seule solution qui s'était imposé à elle à ce moment-là. Elle ferma les yeux, repensant à ce qu'il s'était passé la veille, en fin de matinée.

Le manoir était étrangement silencieux. Lily se redressa sur le canapé, tendant machinalement l'oreille. Mais rien, pas un bruit, en dehors des respirations mesurées des occupants du salon et du crépitement subtil du feu qui s'élevait dans la cheminée. A l'autre bout du canapé, Harry s'était endormi, la tête sur l'accoudoir et, les jambes repliées contre lui. La nuit avait été courte pour lui et certainement riche en émotions. Entre eux deux, James s'était lui aussi endormi, affaiblit par sa blessure et sous l'effet de la potion de sommeil qu'elle était parvenue, non sans mal, à lui faire boire un peu plus tôt. Elle grimaça en songeant à la raison pour laquelle il était réticent à absorber la moindre potion et fit la moue en réalisant que, malgré toutes ces années, elle parvenait encore à se souvenir de choses pareilles, alors qu'elle avait tout fait pour bannir de ses pensées tout ce qui avait trait à son ancien mari. Elle secoua la tête et reporta à nouveau son attention sur son fils…avant d'observer à nouveau le père…puis l'enfant. En cet instant, la ressemblance était plus troublante que jamais. Le même abandon dans leur sommeil, les mêmes mèches sombres et désordonnées qui retombaient devant leurs yeux fermés. Elle secoua la tête, chassant ces réflexions de son esprit, pour revenir à ses préoccupations du moment. Harry avait été enlevé et livré à Voldemort… Et, mis à part à Poudlard, elle ne voyait pas d'autres endroits où le garder en lieu sûr qu'au manoir... Kim et lui seraient à l'abri entre ces murs… Mais quant à y rester elle-même, il n'en était pas question. Trop de souvenirs, trop d'occasions de se retrouver face-à-face avec James, trop d'opportunités d'être confrontée à des choses qu'elle préférait oublier. Sans oublier qu'elle devait obtenir des réponses à des questions essentielles… et qu'elle avait des comptes à régler avec Dylan. La révélation de son fils quant à l'identité de son kidnappeur ne l'avait, au final, pas autant surpris qu'elle l'aurait imaginé. Comme si une part d'elle avait, inconsciemment, deviné l'identité du Mangemort… Mais il lui fallait en avoir le cœur net. Elle devait comprendre les raisons qui l'avaient poussé à agir ainsi, à trahir sa confiance en se mettant au service du Seigneur des Ténèbres. Et peut-être qu'ainsi, elle pourrait soulager sa conscience, se dégager de cette horrible impression d'avoir offert son fils, sur un plateau, à Voldemort. Elle avait eu tout faux, elle s'était fourvoyée en beauté…Et sa bêtise aurait pû coûter la vie à Harry…mais aussi à James. Elle ferma les yeux, inspirant profondément, alors qu'elle parvenait à la seule solution qui lui venait à l'esprit : Elle devait partir, s'éloigner d'eux au plus vite… Elle se leva prudemment du canapé, s'efforçant de ne pas réveiller l'un d'eux. Elle se figea lorsque Harry marmonna dans son sommeil, mais l'enfant continua à dormir. Elle s'écarta d'eux, les étudiant du regard puis, n'y tenant plus, elle se rapprocha, faisant apparaître deux couvertures d'un sort informulé et les recouvrit prudemment. D'abord le garçon,qu'elle borda affectueusement avant de lui enlever ses lunettes, les posant machinalement sur la table basse, et l'embrasser sur le front, puis l'adulte, lui retirant également ses lunettes. Ce faisant, elle s'attarda un instant sur son teint blafard et sur la mince cicatrice qui se dessinait sous son œil droit, presque invisible à quiconque aurait ignoré son existence.

« Prend soin de toi, murmura-t-elle. Et veille bien sur eux. » conclut-elle dans un souffle avant de se redresser et quitter le salon sans un regard en arrière.

Et c'est ainsi qu'elle s'était rendue à Londres, se réfugiant, une fois de plus, dans le monde moldu, le temps de trouver la meilleure façon de procéder. D'ailleurs... Elle allait devoir agir dans les plus brefs délais.


«- Son seul témoignage ne suffira pas, je le crains.

- Pourtant, Albus…

- Le témoignage d'un enfant, qui plus est connu pour être en mauvais terme avec lui, un dignitaire exemplaire et respecté, n'aura que peu de valeur aux yeux du Ministère de la Magie, malheureusement. »

Bref silence.

«- Je comprend ta frustration à l'idée de le laisser en liberté et j'approuve le fait que nous devons trouver le moyen de le neutraliser au plus tôt mais, à moins de le prendre sur le fait, il demeure hors d'atteinte. Et, honnêtement, je doute fort que Voldemort l'envoie sur le terrain pour des actions offensives, il lui est trop précieux, sachant qu'il occupe une place stratégique. Grâce à lui, Voldemort peut être informé de tous les déplacements effectués par les voies magiques. Et tant qu'il conserve ne serais-ce qu'un semblant d'influence sur Lily, ce Dylan Hunter demeure un moyen comme un autre d'atteindre ton fils. Et je ne te cache pas que son échec ne fera que le rendre plus déterminé à y parvenir.

- Je sais… et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour l'en empêcher, décréta James.

- Je n'en doute pas, et c'est bien ce qui m'inquiète. T'exposer inutilement ne lui rendra pas service non plus. Après tout, ce garçon aura besoin de toute l'aide que nous pourrons, tous, lui apporter et la présence de ses parents ne lui sera que bénéfique…

- Mouais, il n'empêche que, pour l'instant, ce n'est pas moi qui m'expose inutilement comme vous le dites.

- Autant que je le sache, elle n'a encore rien tentée, tempéra son interlocuteur. Certes, elle a, une fois de plus, réussi à se soustraire à notre surveillance mais si elle tente d'entrer en contact, pour quelques raisons que ce soit, avec lui, nous le saurons aussitôt. »

Silence.

« Je pense qu'elle-même ne sait plus où elle en est. Ses convictions ont été fortement ébranlées ces derniers temps, elle a besoin de prendre du recul et tu le sais. Tu es, plus que quiconque, le plus à même de la comprendre. Elle est de notre côté, j'en suis certain, et elle ne pense pas à mal en souhaitant se confronter, malgré vos mises en gardes, à lui. Cela étant dit, reprit soudainement le vieux sorcier en adoptant un ton plus joyeux. Pourrai-je avoir le plaisir de rencontrer ton fils ? »

Harry qui, jusque là, avait, tant bien que mal, suivi la conversation, l'oreille plaquée contre la porte du salon, tressaillit et s'écarta du battant tout en échangeant un regard interrogateur avec sa demi-sœur.

« Ca serait l'occasion de satisfaire sa propre curiosité, je suppose. » commenta James, une nuance moqueuse dans la voix.

Harry plissa le nez. Apparemment, il s'était fait, une fois de plus, repéré… Mais comment faisaient-ils, toujours, pour savoir qu'il se trouvait à proximité ? La porte s'ouvrit devant lui sans lui laisser plus de temps pour s'interroger sur ce point.

« Entrez donc, tous les deux. » les encouragea le vieux sorcier à la barbe blanche qui se tenait dans le salon avec le maître des lieux en esquissant un sourire joyeux.

Harry hésita, déconcerté, et jeta un regard vers son père qui se tenait derrière le vieil homme. James lui fit signe d'entrer d'un mouvement de tête. Il sentit la main de Kimberley se glisser dans la sienne et tous deux s'avancèrent dans la pièce.

« Harry, je te présente Albus Dumbledore. » annonça son père en le rejoignant et en passant un bras autour de tes épaules.

Le garçon haussa les sourcils.

« Sérieux ? » s'étonna-t-il, bien plus enthousiaste.

Le vieux sorcier esquissa un sourire amusé.

« Lui-même, Albus Dumbledore, directeur de Poudlard, se présenta-t-il. J'ai beaucoup entendu parler de toi, Harry. J'aurai aimé pouvoir te rencontrer en d'autres circonstances mais il faut parfois savoir se satisfaire des opportunités qui s'offrent à nous, ajouta-t-il avant de farfouiller dans les pans de sa robe de sorcier. Un sorbet citron ?»

Le garçon inclina la tête sur le côté, adressant un regard interrogateur au vieux sorcier. Du coin de l'œil, il vit son père rire silencieusement.

« Euh, non merci, répliqua Harry. Mais je crois que ça ferait plaisir à Kim… » précisa-t-il en jetant un regard à sa demi-sœur.


Lily marqua un temps d'arrêt, la main sur le portail. Tout paraissait calme. La maison semblait déserte. Aucune fenêtre n'était éclairée. La voie était, en principe, libre. C'était maintenant ou jamais. Elle inspira, tira le loquet et ouvrit le battant, le refermant aussitôt derrière elle. Elle s'avança jusqu'au perron, le plus naturellement du monde, comme si de rien n'était. Là, elle eut une brève hésitation, portant la main à la poche de son jeans, s'assurant ainsi que sa baguette s'y trouvait toujours, à portée de main. Elle en profita pour en extraire son trousseau de clés, tout en espérant que Dylan n'avait pas eu la brillante idée de changer les serrures. Mais la clé tourna aisément et la porte d'entrée s'ouvrit sans la moindre résistance. Avait-il seulement pris la peine de rentrer chez eux depuis ? Avait-il préféré rester auprès de son Maître ? Non, cette possibilité était à proscrire. Après tout, Harry avait échappé au mage noir… Les Mangemorts présents, Dylan inclus, ce jour-là avaient certainement déjà été puni par Voldemort pour avoir laissé l'enfant s'enfuir. Et aucune personne saine d'esprit, ni même un de ses partisans, ne se risquerait à s'attarder auprès du Seigneur des Ténèbres lorsque celui-ci avait toutes les raisons d'être furieux. Donc soit il était au travail soit il avait payé de sa vie la fuite de sa prise, puisque la maison était on ne peut plus silencieuse.

Elle s'avança dans l'entrée, allumant la pièce, aux aguets, résistant à la tentation de prendre sa baguette. Mais rien. Pas un bruit, pas un mouvement qui aurait pû trahir la présence d'une autre personne. Elle fit le tour du rez-de-chaussée, contrôlant, tour à tour, chaque pièce, sans rien voir de suspect. Rien. Elle revint dans l'entrée et en profita pour verrouiller la porte avant de s'aventurer à l'étage. Là, elle renouvela la visite systématique de chaque pièce, allumant puis éteignant la lumière sur son passage. Même la porte menant au bureau de Dylan s'ouvrit sans aucune difficulté… Lily se figea sur le seuil, étudiant la pièce vidée de tout document. Seul restaient un bureau, une chaise, une bibliothèque et une cheminée. Rien d'autre. Pas un papier sur le bureau, pas un livre sur les étagères de la bibliothèque. La pièce avait été soigneusement nettoyée et vidée. Lily fronça les sourcils. Il ne devait pas avoir très bonne conscience sur le contenu des activités auxquelles il se consacrait en ces lieux pour avoir préféré tout enlever de la sorte. Malgré tout, par acquis de conscience, elle pris le temps de vérifier les tiroirs et sous les meubles, au cas où il aurait oublier quelque chose mais rien…

Elle soupira et quitta la pièce sans un regard en arrière pour poursuivre son exploration des lieux. Elle s'attarda d'avantage dans les chambres, pour y récupérer tout ce qui pouvait être utile à l'un ou l'autre de ses enfants, réduisant d'un sort informulé tous les vêtements, livres, peluches ou jouets qui lui paraissaient important, afin d'en emporter le plus possible.


« Elle n'a pas l'air trop perturbée. » commenta négligemment Sirius, adossé au mur extérieur.

Remus et lui étaient revenus au Manoir peu de temps avant que Dumbledore ne prenne congé, une heure plus tôt. Les adultes avaient rapidement entraînés les plus jeunes dans le jardin. James acquiesça distraitement, observant, lui aussi, les deux enfants. Harry et Kimberley étaient tous les deux assis dans l'herbe, un peu plus loin, écoutant Remus avec attention. Les deux amis ignoraient ce que le lycanthrope pouvait dire aux enfants mais ils avaient l'air fasciné.

« Après tout c'est qu'une gamine. Elle doit avoir, j'sais pas, cinq ou six ans et pourtant, elle n'a pas l'air particulièrement déstabilisée par les derniers évènements. Son demi-frère se fait enlever par son père, sa mère la largue en pleine nuit chez de parfaits inconnus, pour ensuite la récupérer et l'abandonner ici sans la moindre explication et elle, elle ne semble pas du tout inquiète. »

James haussa les épaules.

« Je suppose que la présence de Harry doit y jouer pour beaucoup, elle s'accroche d'autant plus à lui qu'il constitue son seul repère pour le moment. Et puisqu'il est parfaitement à l'aise ici, elle ne peut que l'imiter et agir de la même façon. » commenta-t-il.

Bref silence.

« Ca va durer combien de temps ? »

James haussa les sourcils et lui adressa un regard interrogateur. Sirius soupira, agacé.

« Combien de temps cette situation va-t-elle se prolonger ? Combien de temps compte-t-elle, une fois de plus, abuser de toi, et en profiter pour garder ses précieux rejetons, pendant qu'elle se balade je ne sais où ? »

Pas de réponse. Sirius grinça des dents.

« Non mais franchement, ça crève les yeux qu'elle se sert de toi, une fois de plus, s'indigna-t-il face à l'absence de réaction de son ami. Un jour, elle débarquera ici sans crier gare, elle les récupèrera et disparaîtra à nouveau dans la nature… Et, une fois de plus, elle te laissera seul, indifférente à la souffrance qu'elle risque, à nouveau, de t'infliger. Et si tu commençais par t'asseoir au lieu de rester planter là ? s'exclama-t-il en le voyant grimacer. Tu serais déjà remis sur pieds si tu te ménageais un peu, mais non, au lieu de ça, tu persistes à faire comme si de rien n'était. »

Le maître des lieux leva les yeux au ciel face à ce sermon.

« Si tu crois duper ton fils, tu te trompes royalement, insista, plus calmement, son ami. Même s'il n'en parle pas et qu'il fait mine de rien, il sait que tu ne vas pas aussi bien que tu le prétends. Sa mère et Dumbledore lui cachent déjà bien assez de choses comme ça, inutile de t'y mettre toi aussi, tu ne crois pas ? » conclut-il en posant la main sur son épaule.

Effectivement, vu sous cet angle… Lily semblait être passée maître dans l'art de manipuler les autres à sa convenance, ne laissant filtrer que quelques rares informations quand bon lui semblait. Et quant à Dumbledore… il agissait de façon similaire. Harry avait paru peu convaincu par les propos énigmatiques du vieux sorcier lorsqu'il lui avait demandé la raison pour laquelle on avait voulu le livrer à Voldemort. Il n'avait que dix ans et, malgré tout, il avait déjà compris qu'il n'obtiendrait pas de réponses claires et précises du directeur de Poudlard… Dumbledore était resté très nébuleux dans ses propos et s'était borné à répondre que des mesures seraient prises dans les plus brefs délais pour éviter que cette situation se reproduise. Ce à quoi James avait fait remarqué que la moindre des choses serait d'attendre que Lily revienne avant de décider quoi que ce soit, concernant le devenir de l'enfant.


Des hurlements. Un corps qui se tord de douleur sur le sol. La baguette à l'origine du sortilège s'abaisse. Les cris cessent aussitôt. Un silence pesant s'abat alors dans la pièce obscure, seulement troublé par la respiration haletante de l'homme étalé sur le sol. Les hommes en noir qui assistent à la scène demeurent muets, tendus, craignant de s'attirer, à leur tour, les foudres de leur Maître

« Ceci n'est qu'un avant-goût de ce que je vous réserve, à l'avenir, en cas d'échec. » annonça, froidement, la créature qui occupait le fauteuil placé au centre de la pièce.

Un frémissement parcouru les rangs des Mangemorts présents dans la salle.

« Vous n'êtes qu'une bande d'incapables ! siffla Voldemort. L'enfant se trouve à présent hors d'atteinte, sous la protection de ce vieux fou de Dumbledore. »

Un sifflement se fit entendre, alors qu'un long serpent aux écailles luisantes pénétrait dans la pièce, glissant entre les pieds des Mangemorts. Le Seigneur des Ténèbres se tût, prêtant toute son attention aux stridulations du reptile, alors qu'il venait se lover au pied du fauteuil. Un sourire malsain étira la bouche sans lèvres de l'être difforme.

« Intéressant…, murmura-t-il. Toi ! aboya-t-il à l'attention de l'homme qu'il venait de torturer. Tu vas peut-être avoir l'occasion de rattraper ton erreur. »


Harry soupira, allongé sur son lit, les mains derrière la tête, les yeux rivés au plafond. Cela faisait quelques heures qu'il avait rejoint sa chambre, mais sans parvenir à trouver le sommeil pour autant. Trop de choses en tête. Trop de questions sans réponses. Le garçon soupira une fois de plus et se redressa, dans l'intention de faire un tour à la cuisine. Peut-être qu'une tasse d'Ambre lui permettrait de penser à autre chose et de trouver le sommeil ? Il quitta silencieusement sa chambre et traversa le couloir, passant devant la chambre qu'occupait désormais sa demi-soeur, pour rejoindre l'escalier menant au rez-de-chaussée. Là, il se faufila discrètement dans la cuisine…du moins jusqu'à ce qu'il soit pris d'une quinte de toux mal venue.

« Maître Harry ? »

Kaly et Eldora cessèrent aussitôt leur activité (elles nettoyaient magiquement la vaisselle) pour rejoindre le garçon, le fixant avec curiosité.

«- Le jeune maître désire-t-il quelque chose ? s'enquit Eldora.

- Euh, désolé de vous déranger à une heure pareille mais…

- Mais vous ne nous dérangez pas, Maître Harry, protesta vivement Kaly. Voulez-vous boire quelque chose ? Ou manger quelque chose ? »

Eldora s'affairait déjà près de la cheminée, pendant que la deuxième petite créature entraînait le garçon vers la table.

« Je pourrais avoir une tasse de ton Ambre, s'il te plaît ? »

L'Elfe redressa les oreilles, flattée d'apprendre que le garçon appréciait sa spécialité, et s'inclina avant de se mettre au travail. Harry soupira et croisa les bras sur la table, observant les deux créatures magiques.

« Bonsoir, Maître Harry. »

L'enfant tressaillit et pris alors conscience de la présence d'un troisième Elfe de maison. Il ne l'avait pas vu, ni même entendu, approcher.

« Bonsoir, Minsy. » répliqua-t-il en esquissant un maigre sourire.

Elle inclina la tête, l'observant avec attention.

« Vous non plus, vous n'arrivez pas à trouver le sommeil. » commenta-t-elle.

Harry haussa les épaules.

« J'pensais à… quoi ? » s'enquit-il.

Minsy avait déjà disparue dans un claquement sec. Harry fronça les sourcils mais il n'eut guère le temps de s'attarder sur la question.

« Harry ? »

L'enfant se tourna vivement vers la porte alors que son père faisait irruption dans la pièce.

«- J'arrivais pas à dormir, se justifia aussitôt le garçon.

- Eh, je ne te reprochais rien. » rétorqua l'adulte, un sourire amusé aux lèvres.

Minsy se glissa dans la pièce à la suite de son maître, apparemment satisfaite.

« Alors, qu'est-ce qui te tracasse ? » s'enquit James en s'asseyant près de l'enfant.

Harry grimaça.

« Je…je pensais à maman et… »

Son père s'assombrit brièvement.

« Je suis sûr qu'elle va bien. »

Harry fit la moue, peu convaincu. L'adulte soupira, visiblement conscient de son scepticisme.

« Ta mère n'en donne peut-être pas l'air comme ça mais c'est une sorcière brillante et hautement qualifiée. Elle est parfaitement capable de se défendre et de se préserver, le cas échéant. »

Harry acquiesça distraitement, suivant machinalement des doigts les nervures qui s'étendaient sur la surface de la table en bois. Il y eut un bref silence, seulement troublé par les Elfes de maison qui s'affairaient un peu plus loin pour leur préparer un encas. L'enfant leva finalement les yeux vers son père. Celui-ci observait pensivement les trois créatures magiques.

« Papa ? »

Le concerné lui adressa un regard interrogateur.

«- Je…peux te poser une question ?

- Bien sûr. » répliqua son père en souriant.

Harry hésita.

« Pourquoi t'as pas refait ta vie avec quelqu'un d'autre, comme maman ? »

Silence incertain. Même les Elfes de maisons s'étaient figés, jusqu'à ce que Minsy rappelle à l'ordre les deux autres d'un claquement de langue réprobateur. James les fixa un instant, les sourcils froncés, avant de reporter son attention sur son fils.

« Bonne question…Disons que je n'y tenais pas vraiment et, au risque de te paraître vieux jeu et te tenir des propos trop « clichés », ta mère était…est la seule que j'aie jamais aimé, commença-t-il posément. Aussi loin que je m'en souvienne, ça a toujours été elle et personne d'autre. Et, même maintenant, je... »

Il grimaça légèrement.

« Je n'arrive pas à lui en vouloir…tout comme je n'ai pas pût tourner la page sur toutes ces années passées à tenter de la conquérir, ces quelques mois où elle a fait de moi le plus heureux des hommes en acceptant de me donner une chance… Je n'ai pas réussi à l'oublier, malgré les efforts de Sirius et Remus qui ont tout fait pour m'inciter à passer à autre chose. »

Bref silence, durant lequel Minsy déposa sur la table un plateau surchargé, contenant tout ce qui plaisait habituellement aux deux Potter. Tous deux remercièrent les trois petites créatures qui s'inclinèrent respectueusement avant de quitter les lieux dans un claquement sec.

Harry hésita puis s'empara da la tasse posée bien en évidence sur le plateau, contenant la spécialité de Kaly. Il en bu une gorgée, tout en réfléchissant à ce que l'adulte venait de lui dire.

«- Papa ? tenta, à nouveau, Harry, en reposant la tasse sur la table.

- Hum ?

- Tu…tu crois que Dylan pourrait s'en prendre à maman ? »

L'adulte tressaillit à cette question mais se ressaisit rapidement.

« Même si c'était le cas, ta mère saura se défendre. »

Harry le fixa avec intensité et plissa le nez.

« Donc, il risque de s'en prendre à elle, déduisit-il. Puisqu'il ne peut plus s'en prendre directement à moi, il va régler ses comptes avec…mes proches, c'est bien ça ? »

James hésita, d'autant plus lorsqu'il rencontra les iris vert émeraude de son fils.

« Tu es sûr de n'avoir que dix ans ? » commenta-t-il, moqueur.

Harry leva les yeux au ciel.

«- Dix ans, trois mois et quelques jours, rétorqua-t-il. Mais maman…

- Sait se défendre, l'interrompit l'adulte. Et je suis convaincu que ce lâche ne s'en prendra à elle qu'en tout dernier recours. Après tout, bien qu'il m'en coûte de l'admettre, il semble très attaché à ta mère et à leur fille. Je ne pense pas qu'il leur fera délibérément du mal. »

Harry se mordit les lèvres. James fronça les sourcils et déplaça sa chaise, de façon à se rapprocher de l'enfant.

«- Qu'est-ce qui te tracasse, Harry ?

« Je…je veux pas qu'ils s'en prennent à vous à cause de moi. » murmura-t-il, semblant trouver un intérêt soudain à sa tasse.

Bref silence.

« Harry, ce n'est pas à cause de toi que… »

L'enfant se redressa brutalement, les yeux brillants.

« Bien sûr que si, s'exclama-t-il. Bien sûr que si c'est de ma faute. C'est à cause de moi que tu as été blessé, c'est à cause de moi si Dylan risque de vouloir s'en prendre à maman, c'est à cause de moi que… »

Il se tut, incapable de prononcer un mot de plus, la gorge nouée.

« Harry. » souffla son père avant de se redresser pour l'attirer à lui.

Le garçon se laissa faire, enfouissant son visage au creux de l'épaule de son père, cédant ainsi à la tension accumulée ces derniers jours. L'adulte resserra sa prise, serrant l'enfant contre lui en le voyant ainsi baisser les armes, incapable de maintenir plus longtemps le masque d'indifférence qu'il avait affiché jusque là. L'enfant avait fait preuve d'un courage admirable, autant lors de son enlèvement qu'après, une fois revenu au manoir. James passa la main dans le dos de son fils dans un geste qui se voulait apaisant. Ils restèrent ainsi un long moment, le temps que l'enfant se calme, que ses sanglots s'espacent peu à peu.

« Ce n'est pas ta faute, Harry, commenta finalement l'adulte à voix basse. Ce n'est pas à cause de toi que nous… »

Le garçon secoua négativement la tête, pas convaincu. L'adulte sourit faiblement, face à son obstination. Lorsqu'il avait une idée en tête, il n'en démordait pas facilement.

«- Laisse-moi finir, veux-tu, reprit James. Ce n'est pas à cause de toi mais pour toi. Ce n'est pas ta faute si Voldemort a décidé de s'en prendre à toi. Mais ni ta mère, ni moi, ni aucune autre personne de ton entourage ne le laissera faire sans rien dire. C'est pour toi, pour te protéger que…

- Donc c'est ma faute. » marmonna l'enfant.

James soupira.

« Bien sûr que non, rétorqua-t-il. C'est parce que nous ne voulons pas qu'il s'en prenne à toi, de quelque façon que ce soit, qu'il risque de s'en prendre à nous. Parce que nous voulons l'empêcher de t'atteindre et que nous tenons à assurer au mieux ta protection… même au péril de nos vies. »

L'enfant s'écarta vivement, le teint pâle, les yeux brillants de colère. L'adulte regretta aussitôt d'avoir formulé les choses ainsi.

« Mais je veux pas que vous mettiez vos vies en danger pour moi, je ne veux pas, s'écria-t-il. Je ne veux pas… » répéta-t-il d'une voix plus incertaine.

Son père le serra à nouveau contre lui et l'embrassa brièvement sur le front.

« Ne t'inquiètes pas pour ça, mon grand. De toute façon, je n'ai pas l'intention de te laisser tomber et tu le sais. Je t'ai promis de revenir et je ferais tout mon possible pour toujours tenir ma promesse…quoi qu'il advienne. »

Le garçon renifla et ferma les yeux, vaguement apaisé. Oui, jusqu'à présent, son père avait toujours fait en sorte de tenir ses promesses. Il n'y avait pas de raison qu'il en soit autrement. Son père ne l'abandonnerait pas, il en était convaincu.


A genoux sur le sol de la chambre, Lily tira le coffret en ébène d'une cache qu'elle avait réalisée magiquement sous le parquet, sous le lit, n'ayant pas eu le courage de le remettre dans la malle, jusqu'à présent. Elle avait, délibérément, fait en sorte de terminer par cette pièce. Elle effleura la surface finement gravée, songeuse, puis souleva le couvercle, étudiant machinalement son contenu, profitant de la lueur émise par sa baguette. Les photos de tout ce qui précédait sa fuite aux Etats-Unis, tous les petits objets importants qui se rattachaient à cette période qu'elle avait tenté d'oublier. Elle marqua un temps d'hésitation en apercevant la petite bourse en velours noir qui occupait un coin de la boîte. Elle se mordit les lèvres, sachant parfaitement ce qui s'y trouvait. Elle la tira malgré tout du coffret qu'elle referma soigneusement, avant de le soumettre, à son tour, au sort de réduction. Elle le glissa dans sa poche, ne conservant que la pochette, dont elle tritura machinalement le fin cordon blanc qui fermait la bourse.

Elle en était là, en conflit avec elle-même, lorsqu'un étrange pressentiment s'empara d'elle. Un frisson la parcouru et elle se redressa brutalement, fourrant la pochette dans sa poche de sa main gauche tout en resserrant instinctivement sa prise sur sa baguette de sa main droite et en se retournant vivement vers la porte, se maudissant pour sa distraction : Elle avait inconsciemment tourné le dos à la porte, la seule issue de la pièce, le seul endroit d'où pouvait venir une menace, quelle qu'elle soit. Mais rien. Pas un bruit, pas un mouvement. Pas un son ne venait rompre le silence qui régnait sur la maison. Elle soupira de soulagement mais jugea préférable de ne pas s'attarder plus longtemps en ces lieux. Elle avait déjà trop traîné.

Elle rejoignit la porte de la chambre, s'engagea dans le couloir, éteignant la lumière en sortant… et se figea brutalement en se retrouvant face à une silhouette familière qui se détachait clairement dans la pénombre. Par réflexe, elle tendit la main gauche pour activer l'interrupteur du couloir, éclairant aussitôt la pièce, serrant si fort sa baguette que les jointures de sa main droite en étaient douloureuses.

« Tiens donc… Tu t'es enfin décidée à rentrer ? » commenta l'homme en esquissant un sourire moqueur.

Lily recula d'un pas, instinctivement.


Harry s'était finalement endormi, épuisé. Lorsqu'il avait été persuadé que l'enfant ne se réveillerait pas dans l'immédiat, il l'avait porté jusqu'à sa chambre et l'avait installé dans son lit, le recouvrant de sa couverture et lui enlevant ses lunettes. Le garçon marmonna dans son sommeil et toussa. James fronça les sourcils, s'assit au bord du lit et posa la main sur son front. Peut-être un peu plus chaud que d'habitude mais sans plus. Ses doigts s'attardèrent sur la fine cicatrice de l'enfant avant de passer dans ses cheveux noirs en bataille.

« Repose-toi bien, mon grand. » murmura-t-il.

Il resta un long moment au chevet de l'enfant, laissant libre cours à ses réflexions alors qu'il le veillait. James repensa à la discussion qu'ils avaient eue dans la cuisine. Comme il l'avait dit à son fils, il était convaincu que ce type, ce Dylan, était trop attaché à Lily ou à la petite pour s'en prendre à l'une ou à l'autre. Mais c'était sans compter Voldemort. Le mage noir était passé maître dans l'art de la manipulation et du mensonge pour parvenir à ses fins. Or, s'en prendre à Lily ou Kimberley serait l'un des moyens les plus efficaces pour atteindre Harry. En s'en prenant à sa famille, Voldemort pourrait facilement attirer le garçon dans un piège meurtrier. Et qui mieux que Dylan pouvait s'acquitter de cette tâche ? Après tout, il était celui qui connaissait le mieux Lily et Kimberley. Il connaissait leurs points forts et leurs points faibles…

James hésita, jetant un regard à son fils. Finalement, il remonta sa manche et murmura quelques mots qui s'étalèrent brièvement sur sa peau, en lettres écarlates avant de disparaître : Retrouve-moi au manoir, c'est urgent. Il soupira et remis sa manche en place.


Le ciel était parfaitement dégagé. La lune, presque pleine, projetait sur le parc de Poudlard une lueur argentée et se reflétait sur la surface paisible du lac. Immobile sur la berge, Dumbledore contemplait la vaste étendue sombre, seulement troublée par de faibles ridules. Un nouvel éclat argenté, plus intense, attira soudain l'attention du vieil homme vers la forêt interdite, là où les arbres se dressaient au plus près du lac. Un Patronus. Une biche qu'il ne connaissait que trop bien et dont il guettait la venue. Voldemort tentait, déjà, une nouvelle offensive... Comme pour confirmer ses suppositions, le Patronus inclina la tête.

« Hunter vient de transplaner au coin de la rue. Evans est toujours à l'intérieur. » annonça l'animal en utilisant la voix de son propriétaire, avant de disparaître sans plus de cérémonie.

Dumbledore soupira. Il avait chargé Severus de surveiller discrètement les abords de la maison où habitaient, jusque là, Dylan Hunter, Lily Evans et les deux enfants. C'est ainsi qu'il avait aperçu la jeune femme s'introduire dans la propriété en début de soirée… mais ne l'avait pas vu ressortir. Et voilà que, en plein milieu de la nuit, le serviteur de Voldemort arrivait sur les lieux alors que, aux dernières nouvelles, le mage noir avait fait en sorte de garder dans son repaire ceux qu'il considérait comme responsable de son échec. Alors pourquoi lui avoir permis, à lui, de retourner chez lui ? La réponse était évidente : Lily finirait, inévitablement, par revenir en ces lieux. Sauf qu'elle s'y trouvait déjà…


« Tu en es sûr ? »

Sirius se tenait sur le seuil de la chambre de son meilleur ami, sceptique. Il n'était convaincu ni par sa décision ni par les raisons qui l'avaient incité à faire ce choix. Mais James se garda bien de lui répondre, lui tournant ostensiblement le dos alors qu'il se débarrassait du tee-shirt qu'il portait jusque là, pour vêtir une tenue plus appropriée pour ce qu'il s'apprêtait à faire. Sirius grimaça en apercevant les deux longues estafilades écarlates qui marquaient son dos, partant de l'épaule gauche et descendait jusqu'à sa hanche droite, alors qu'une troisième, plus ancienne, s'étirait presque perpendiculairement à sa colonne vertébrale à travers son dos, à hauteur des côtes.

«- Tu ferais mieux de rester ici avec les enfants, commenta prudemment Sirius. Dumbledore prendra les mesures adéquates, dès qu'on l'aura mis au courant, s'il ne le sait pas déjà, le connaissant…

- Personne ne sait où elle se trouve, à commencer par Dumbledore. Pourtant, je suis convaincu qu'elle va faire quelque chose d'idiot sous peu, si ce n'est pas déjà trop tard… Mais si je peux l'en empêcher, je le ferai. Harry a besoin d'elle… »

Sirius renifla dédaigneusement.

« Ben voyons… »

James se figea, le fixant étrangement.

« T'en as pas assez de souffrir par sa faute ? lâcha sèchement Sirius. Depuis des années, depuis que tu as jeté ton dévolu sur elle, elle n'a jamais cessé de te faire du mal, de te blesser plus profondément à chaque fois, jusqu'à te briser totalement quand… »

Il se tût, réalisant qu'il était allé trop loin, en notant l'expression blessée qu'affichait désormais le maître des lieux.

«- Quand elle m'a plaqué du jour au lendemain, acheva James d'une voix sourde. Merci de me le rappeler…

- James, ce n'est pas…

- Laisse tomber. » gronda-t-il en récupérant sa baguette magique, qu'il avait laissé sur son lit le temps de se changer.

Sirius se plaça en travers de la porte, barrant ainsi la route à son ami.

« Je comprend parfaitement ton attachement à votre fils, je comprend parfaitement que tu te soucies autant de son bien-être et c'est probablement une des meilleures choses qui te soient arrivé dernièrement mais… Je ne veux plus te voir souffrir…pas comme ça…pas pour elle ! Pas après ce qu'elle t'a fait. Tu t'obstines à lui être agréable, à satisfaire tous ses caprices, tout ça pour quoi ? Pour qu'elle te jette à nouveau lorsqu'elle aura eu ce qu'elle voulait ? Et si… »

James passa de force, le bousculant sans ménagement.

« Harry et la petite dorment. Tu ne devrais pas avoir trop de mal à les surveiller en mon absence, déclara-t-il une fois dans le couloir, sans même prendre le temps de se retourner. Je ne serais pas long. » conclut-il en s'éloignant, ignorant les appels de son ami.

Sirius soupira.

« Il finira par se faire tuer, marmonna-t-il. Et ça, il n'en est pas question. »


« Dylan. »

Son sourire s'élargit.

« Bien évidemment. Qui d'autre ? »

Lily fronça les sourcils, étudiant son interlocuteur. Il avait les bras croisés mais ses mains demeuraient visibles : il n'avait pas estimé nécessaire de prendre sa baguette. Elle abaissa lentement la sienne, sans pour autant la ranger. Dylan surpris son geste et plissa les yeux un bref instant avant de reprendre une expression plus décontractée.

«- Tu es rentrée seule… Où sont les enfants ? s'enquit-il aimablement.

- D'après toi ? » riposta-t-elle, sèchement.

Il hocha lentement la tête, l'étudiant d'un air songeur.

«- J'imagine que ton fils se trouve chez son cher père… et notre fille y serait également ? ajouta-t-il en lui adressant un regard interrogateur.

- Je n'avais pas l'intention de les laisser ici après ce qu'il s'est passé, répliqua-t-elle. Et je pense que tu sais pourquoi… »

Il fronça les sourcils et se raidit brièvement. Il finit cependant par se détendre et esquissa un sourire amusé.

« Ah, évidemment… le gosse s'est empressé de tout vous raconter. »

Lily haussa un sourcil, déconcertée. Elle s'était attendue à ce qu'il cherche, au moins, à démentir les propos de l'enfant.

« Bien sûr… »

Dylan ricana.

«- Et une fois de plus, je passe pour le méchant de l'histoire, commenta-t-il, désabusé.

- Parce que tu ne l'es pas, évidemment, rétorqua Lily, sarcastique.

- Je n'ai pas dit ça, rétorqua calmement l'homme. Je reconnais ne pas avoir fait que de bonnes choses dans ma vie mais…

- Laisse tomber tes boniments, Dylan, le coupa sèchement la jeune femme. J'ai trop longtemps fermé les yeux sur tes actions. Tu as livré mon fils à Voldemort… »

Il esquissa un sourire amusé.

« Tu as des preuves de ce que tu avances ? En dehors des dires de ton précieux fils, bien sûr. »

Lily fronça les sourcils.

« Non mais… »

Le sourire de l'homme s'élargit.

«- C'est bien ce qu'il me semblait, commenta-t-il, triomphant.

- Mais je le crois… Et ça expliquerait bien des choses. »

Dylan fronça les sourcils.

«- Dans ce cas, pourquoi es-tu là…et seule ?

- J'avais des choses à récupérer… »

Bref silence.

«- Pourquoi ? s'enquit-elle finalement.

- Pourquoi quoi ? »

Lily leva les yeux au ciel.

«- Pourquoi as-tu fais ça ? Pourquoi t'es-tu mis au service de Voldemort ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? »

Il semblait agacé, à présent.

« Tu as trahis ma confiance, rétorqua-t-elle sèchement. Je pense être en droit de savoir les raisons qui t'ont poussé à faire ça. »

Il esquissa un sourire suffisant.

« Et tu t'imaginais vraiment que je te le dirais ? ironisa-t-il. Tu es vraiment naïve, Lily. Je n'ai… »

Il se tût, une baguette pointée sous le menton.

« Non mais je pense avoir des arguments assez persuasifs. » rétorqua-t-elle froidement, les yeux rivés sur lui.


Sirius se cala dans le canapé, un verre de whisky pur feu à la main, la mine sombre, scrutant les flammes d'un air absent, en priant silencieusement que son ami ne fasse rien de stupide. Cela faisait déjà deux heures que James avait quitté le manoir, indifférent à ses mises en gardes. Il ne comprenait pas ce qui poussait son meilleur ami à tout faire pour Lily, alors qu'elle n'en avait toujours fait qu'à sa tête et l'avait impitoyablement brisé en le quittant du jour au lendemain… Elle n'avait jamais cessé de le blesser et lui continuait, inlassablement, à espérer et à faire tout son possible pour lui être agréable… même au péril de sa propre vie.

Sirius but une gorgée de whisky et ferma les yeux, perdu dans ses réflexions, sans remarquer la petite silhouette qui se tenait sur le seuil du salon, le surveillant discrètement avant de tourner les talons.


Une certaine agitation régnait dans la cuisine. Alvy et Kaly s'affairaient, fébriles. Ils cessèrent de nettoyer les plans de travail lorsqu'Eldora surgit précipitamment dans la pièce.

« Monsieur Sirius est toujours dans la salon. » commenta-t-elle.

Les deux autres Elfes de maison échangèrent un regard.

« Il n'a rien remarqué ? »

Eldora secoua la tête.

«- Pas que je sache. Et il vaut mieux qu'il ne se rende compte de rien, murmura-t-elle. Nous n'aurions pas dû faire ça…

- Minsy pensait que…

- Minsy finira par avoir des problèmes à force de trop se mêler des affaires de nos maîtres, rétorqua Alvy. Et nous aussi…

- Surtout s'il découvre ce qu'on a mis dans son verre, acquiesça Eldora.

- Mais ça n'arrivera pas, assura Kaly. Le whisky pur feu va masquer le goût de la potion de sommeil.

- J'espère… »

Un claquement sec retentit dans la cuisine et Minsy les rejoignit.

«- Alors ? s'enquirent les trois autres.

- Reprenez vos activités, intima aussitôt la nouvelle venue. Faites comme si de rien n'était. »


Adossée au tronc d'un des arbres qui se dressaient de part et d'autre de la rue, une silhouette encagoulée observait les lieux d'un air las. Il aurait préféré pouvoir disposer de sa soirée autrement mais non, il fallait qu'il reste sous cet arbre jusqu'à ce que l'autre vieux cinglé prenne une décision. Il soupira, agacé, et reporta son attention sur la maison qu'il était sensé surveiller. Ni Hunter ni Evans n'avait quitté la bâtisse, même si rien ne laissait entendre qu'ils s'y trouvaient encore : il avait vu une pièce s'éteindre à l'étage et, depuis plus rien. Un claquement sec le tira de ses réflexions. Une ombre apparue à l'angle de la rue et s'avança rapidement sur le trottoir. Severus se plaqua contre le tronc de l'arbre et plissa les yeux. Il leva les yeux au ciel en identifiant le nouveau venu.

« Il ne manquait plus que ça, grommela-t-il. Il faut toujours qu'il joue les héros, celui-là. »

Il suivit des yeux le nouveau venu alors qu'il atteignait le portail de la propriété. Severus tourna les talons, il ne lui restait plus qu'à en informer Albus…en espérant qu'il se déciderait enfin à agir avant que la situation ne dégénère.

S'étant assuré que la voie était libre, il invoqua une fois de plus son Patronus.

« Potter s'en mêle. » murmura-t-il simplement.

Inutile d'en dire plus. Le directeur de Poudlard aviserait en conséquence. La biche argentée disparue aussitôt.


Dylan haussa les sourcils.

« J'avoue qu'il s'agit d'un argument…intéressant, observa-t-il. Mais insuffisant je le crains… »

Sans prévenir, il lui pris le poignet et le tordit sans ménagement, lui arrachant une exclamation douloureuse alors que sa baguette lui échappait. L'homme se hâta d'écarter l'item magique du pied, la faisant rouler hors de portée. Lily écarquilla les yeux et tenta de s'arracher à sa prise, en vain.

« Lâche-moi. »

Un sourire carnassier étira les lèvres de l'homme. Il resserra sa prise et l'attira à lui, la serrant contre lui de son bras libre, emprisonnant ses bras au passage. Elle frissonna

« Alors… qu'est-ce qu'on fait maintenant ? murmura-t-il à son oreille. Qui est en position de force à présent ? »

Silence. Lily se raidit, s'enfermant dans un silence obstiné. Dylan rit doucement.

« J'adore…, commenta-t-il en l'embrassant dans le cou. Alors, comment va Potter ? »

La jeune femme se garda bien de répondre.

« Il parait qu'il s'en est fallut de peu que le Seigneur des Ténèbres le tue. » reprit l'homme, un sourire sadique aux lèvres.

Lily se mordit les lèvres et fit la première chose qui lui vient à l'esprit, elle rejeta la tête en arrière avec violence, le heurtant au menton. Sonné, il la relâcha, portant instinctivement la main à son visage. La jeune femme en profita pour se dégager et se précipiter sur sa baguette mais il crocheta ses jambes au passage et elle s'étala sur le sol, le souffle coupé par sa chute.

« Tu n'espérais quand même pas me fausser compagnie aussi facilement, j'espère. » commenta froidement Dylan, derrière elle.

Elle se redressa lentement, reprenant ses esprits, et sentit aussitôt une baguette contre sa nuque.

« Si j'étais toi, je me tiendrais tranquille, rétorqua l'homme. Je ne tiens pas à te tuer mais je le ferai si tu ne me laisses pas d'autres choix. »

Lily se figea, à genoux sur le sol, ne quittant pas des yeux sa baguette, désespérément hors de portée.

« Pourquoi a-t-il fallut que tu t'entiches de ce crétin ? grogna Dylan. Pourquoi a-t-il fallut que tu accordes tant d'importance à ce morveux ? Tout aurait pu être tellement plus simple sans lui. »

La jeune femme écarquilla les yeux mais s'abstint de tout commentaire. Agacé, Dylan grommela et la saisit par les cheveux, lui tirant la tête en arrière et lui arrachant, bien malgré elle, un cri de douleur.

«- Réponds ! intima-t-il en se penchant au-dessus d'elle.

- Il n'y a rien à répondre à cela, rétorqua-t-elle sèchement. Et, de toute façon, tu ne comprendrais pas. Mais s'il y a bien une chose que je ne regretterai jamais c'est de lui avoir donné la vie.

Il la gratifia d'un coup de pied dans le dos. Lily serra les dents, bien décidée à ne pas lui donner d'avantage satisfaction.

« Harry est la plus belle chose qui me soit arrivée et c'est pour cela que jamais plus je ne te laisserai le toucher. » continua-t-elle en s'efforçant d'adopter un ton le plus provocateur possible, malgré sa situation plus que précaire.

Dylan ricana.

« Ah oui ? Je serais curieux de voir comment tu comptes t'y prendre pour m'en empêcher… »


Soupir. Severus secoua la tête, agacé. Cette surveillance commençait à l'irriter. Il se frotta machinalement l'avant-bras gauche, cherchant vainement à dissiper le picotement qui parcourait sa peau, là où la marque des ténèbres avait été tatouée, des années auparavant. Quelque chose se préparait…mais quoi ? Des claquements secs retentirent, le tirant de ses sombres réflexions. Instinctivement, l'homme se plaqua contre le tronc de l'arbre, se fondant dans son ombre, alors que plusieurs silhouettes noires s'avançaient dans la rue. Une, deux, trois, quatre, cinq… Cinq Mangemorts. La situation se compliquait… Severus jeta un bref regard vers la maison qui se dressait un peu plus loin et qui semblait être devenue le centre de l'attention générale. Toujours aucun signe de vie à l'intérieur mais la venue de partisans de Voldemort laissait entendre que Evans, Hunter, et certainement Potter s'y trouvaient encore.

Quoi qu'il advienne, il ne pouvait pas intervenir, au risque de se faire démasquer… Chose qu'il devait à tout prix éviter puisque le professeur Dumbledore avait encore besoin de ses services. Et, de toute façon, il n'était pas là pour ça… Les Mangemorts disparurent de sa vue, s'introduisant à leur tour dans la bâtisse. S'assurant que la voie était désormais libre, Severus se hâta d'envoyer un nouveau message à Dumbledore.

« Ils ont de la compagnie. Le Seigneur des Ténèbres vient d'envoyer cinq de ses partisans. » murmura-t-il à la biche argentée.

Une fois son Patronus partit, l'homme reprit sa position au pied de l'arbre, les yeux rivés sur la propriété.

« Bougez-vous. » marmonna-t-il.


« Expelliarmus. »

Dylan fut violemment projeté en travers du couloir, alors que sa baguette lui était arrachée des mains par le sort. Lily eut juste le temps de se plaquer au sol, évitant de peu le corps de l'homme alors qu'il basculait au-dessus d'elle, pour finir sa course contre le mur du couloir. Le temps qu'elle se redresse, une main s'était déjà posée sur son épaule.

« Tu vas bien ? »

Lily acquiesça, sans même prendre la peine de se retourner vers le nouveau venu. Elle aurait reconnu sa voix entre mille.

« Mais toi, qu'est-ce que tu fais là ? Et où est Harry ? »

Il soupira et elle se doutait, même en lui tournant le dos, qu'il avait levé les yeux au ciel.

« Franchement, Lily, crois-tu vraiment que le moment est bien choisi pour parler de ça ? » commenta-t-il en la contournant et en s'avançant rapidement vers l'autre homme, qui gisait à présent, inconscient, au pied du mur.

« Cela étant, j'ai confié les enfants à la garde de Sirius…même si je pense que Minsy, Kaly, Eldora ou Alvy s'en serait volontiers chargé, précisa-t-il en retournant l'ennemi. Bon, au moins, il est hors d'état de nuire. »

A présent, c'était à lui de lui tourner le dos, alors qu'il contrôlait l'état de Dylan avant de ramasser les baguettes qui traînaient sur le sol du couloir.

« J'espère que cela t'a au moins ouvert les yeux sur ce type… » marmonna-t-il, en continuant, délibérément, à lui tourner le dos.

Bref silence. Elle se leva lentement, grimaçant alors qu'un élancement lui parcourait le poignet alors qu'elle prenait appui sur le sol pour se relever.

«- Ce n'est pas ce que tu crois, James.

- Ah oui ? »

Il se retourna vivement vers elle, les yeux brillants de colère. Lily écarquilla les yeux, prise au dépourvu par son expression.

« Il aurait pu te tuer, j'espère que tu en as conscience. Tu étais en très mauvaise posture et tout ça pour quoi ? Parce que tu es trop fière pour reconnaître ton erreur. »

Lily fronça les sourcils, piquée au vif.

« Mais mêle-toi un peu de tes affaires, pour une fois… »

Il fronça à son tour les sourcils et s'avança vivement vers elle, se plantant à moins d'un mètre d'elle.

« Tu fais partie de mes affaires, que tu le veuilles ou non, rétorqua-t-il en lui tendant sa baguette. Des miennes et celles de tes enfants, précisa-t-il alors qu'elle prenait possession de l'item magique. Alors, arrête tes bêtises et rentrons au manoir. » ajouta-t-il en tournant les talons pour rejoindre l'escalier.

Lily secoua négativement la tête, même s'il ne pouvait pas la voir.

« Non… »

Il se figea.

« Non, toi tu rentres chez toi… mais pas moi. »

Elle se mordit les lèvres, regrettant déjà ses propos, en le voyant se raidir. Une fois de plus, elle lui faisait du mal…mais c'était mieux ainsi.

Un silence pesant s'instaura.

« Alors… C'est tout ? demanda-t-il finalement, d'une voix sourde. Du moment que tes enfants sont à l'abri, tu comptes te volatiliser à nouveau dans la nature sans même prendre la peine de justifier tes actes ? Je ne crois pas… »

Il se retourna vivement et Lily fut troublée par son expression indéfinissable.

« Je ne te laisserai pas t'en tirer aussi facilement, Lily, reprit-il froidement. Pas après tout ce que tu m'as déjà fait subir. Pas en sachant que Harry et ta fille vont s'inquiéter. Tu me… tu nous dois des explications… Ils ont le droit de savoir pourquoi tu les abandonnes ainsi… Et…j'aimerai comprendre pourquoi…nous en sommes arrivés là. » conclut-il après une brève hésitation.

Nouveau silence. Lily détourna les yeux, incapable de soutenir son regard inflexible.

« Pas maintenant… » rétorqua-t-elle.

Il renifla dédaigneusement.

« Ben voyons… Comme si… »

Un bruissement feutré. Des sorts fusèrent soudainement dans le couloir, le manquant de peu.

« James… » s'exclama-t-elle en le voyant grimacer alors qu'il se jetait sur le côté.

Elle écarquilla les yeux, effarée, en découvrant les cinq silhouettes encagoulées qui, profitant visiblement de leur inattention, s'étaient introduits dans la maison à leur insu, les prenant ainsi par surprise.


Et voilà pour le chapitre 9…