Bonjour à tous.
Avant de vous laisser lire le chapitre j'ai une annonce à vous faire. Ceci est l'avant dernier chapitre commun entre les deux scénarii, à la fin du prochain, l'histoire va partir dans une direction et il sera impossible de revenir en arrière. Certain détails seront communs aux deux scénarii mais, ils seront différents et indépendants l'un de l'autre. Enfin, après avoir reçu de nombreuse demandes par reviews et par MP, le couple sera finalement GinChiyô (avec un peu de HitsuChiyô en toile de fond ^^ ), ce qui est peut-être mieux vu que c'est celui qui colle le plus au manga. Je suis désolée si cette décision vous déçoit, mais rappelez vous que je ferai le scénario HitsuChiyô dès que j'aurai terminé celui-là. J'espère que malgrè la déception, vous continuerez à suivre cette histoire avec moi.

Attention, changement de rating à cause d'une certaine scène. ^^

Fini de parler, place au chapitre.

Chapitre 9:

ATTENTES.

Les jours qui suivirent se passèrent dans une sorte de brouillard pour Yorichiyô qui n'en garda qu'un souvenir flou. Elle se retrouva un matin, attendant devant la porte du bureau d'Aizen en compagnie de Hinamori. Hitsugaya venait d'arriver et elles pouvaient l'entendre discuter avec le capitaine et le vice-capitaine. Elles étaient impatientes de le voir.

Tandis qu'elle l'attendait, Yorichiyô sentait son coeur battre de plus en plus rapidement dans sa poitrine. Quand Tôshirô sortit du bureau en compagnie de Gin, il lui lança un regard ardent qui l'atteignit en plein coeur. Elle se sentit rougir et vit aussitôt le sourire un peu moqueur s'agrandir sur le visage de Gin. Il allait être difficile de lui dire que Tôshirô n'était pas son petit ami, maintenant. Elle songea soudain que ça n'avait pas d'importance. Elle lui sourit quand il se posta devant elle. Il portait le shihakushô noir des shinigami et avait placé Hyôrinmaru dans son dos en le maintenant avec une écharpe verte fermée grâce à la broche qu'elle lui avait envoyé. A l'exception de l'haori de capitaine, il ressemblait au jeune capitaine du manga, en plus grand et un peu plus âgé.

- Shiro-chan, s'écria Hinamori avec enthousiasme.
Trop occupé à observer Yorichiyô, Tôshirô ne réagit même pas à son surnom.

- C'est gentil de te joindre à nous, Hitsugaya-kun.

- Kizaka, salua-t-il avec un petit sourire en coin.
Gin leur lança un regard amusé.

- Allons, les tourtereaux, attendez ce soir pour les retrouvailles.
Tôshirô lui lança un regard assassin tandis que Hinamori les observait tous les deux tours à tours en se demandant de quoi Gin pouvait parler.

- Alors vous venez! Appela Gin.
Les trois jeune gens lui emboîtèrent le pas alors qu'il partait dans le couloir.

Ils firent le tour de la caserne, exactement comme Yorichiyô et Hinamori l'avaient fait à leur arrivée. La brunette accaparait l'attention de Tôshirô, laissant Yorichiyô et Gin en tête à tête. Elle lui racontait un tas d'anecdotes idiotes qui lui étaient arrivées depuis son affectation à la cinquième division. Le gamin semblait sur le point d'exploser ce qui amusait beaucoup Gin.

- Aurais-tu une rivale, Chiyô-chan?
Yorichiyô lança un regard vers Hinamori par dessus son épaule. La voir tenant le bras de Tôshirô comme une pieuvre lui fit mal au coeur. Serait-elle jalouse?

- Bof, fit-elle d'une voix qu'elle parvint à rendre légère. Aucune chance.
Le sourire de Gin s'accentua au point de donner l'impression de diviser son visage en deux.

- Tiens, tu ne dis plus que ce cher Hitsugaya n'est pas ton petit ami.
Elle rougit instantanément.

- Vous vous moquez de moi, vice-capitaine, vous êtes méchant.
Sa réaction fit rire Gin qui se passa une main dans les cheveux pour se frotter la nuque.

- Tu as raison, admit-il.
Derrière eux, Tôshirô observait leur manège d'un regard noir, bien qu'il n'entendit pas ce qu'ils se disaient. Il aurait volontiers envoyé Hinamori promener pour pouvoir écraser Gin. Il éprouvait une violente envie d'attraper Yorichiyô dans ses bras et de l'emmener très loin de ce type répugnant. Il profita du moment où Hinamori lui lâchait le bras afin de lui montrer la porte de son bureau pour se précipiter vers les deux autres. Ils se plaça sciemment entre Yorichiyô et Gin et lança un regard assassin au vice-capitaine.

- Te voilà Hitsu-chan, fit Gin avec un sourire moqueur. Figures toi qu'on se demandait si tu allais réussir à échapper à cette chère Hinamori avant la fin de la visite.
Tôshirô ne répondit pas. Sa main frôla celle de Yorichiyô. Il fut un peu surpris quand il sentit la main de la jeune fille glisser dans la sienne, il resserra doucement ses doigts sur ceux de Yorichiyô et la regarda. Elle lui lança un petit sourire timide tandis que ses joues rosissaient joliment. Ils serra plus fort la main de Yorichiyô dans la sienne, comme s'il voulait la rassurer.

Ils passèrent la matinée à faire le tour de la division. Gin avait parfaitement remarqué que les deux jeunes shinigami se tenaient par la main. Il ne fit cependant aucune remarque à ce sujet, bien que son sourire se fit plus large et plus amusé que jamais. Hinamori, de son coté, ne remarqua rien, étant trop occupée par ses incessants bavardages, auxquels personne ne faisait attention.

A l'heure du déjeuner, Gin les abandonna un moment et ils se rendirent au réfectoire où ils retrouvèrent Kira et Abarai. Ils finirent la journée en faisant le tour des installations extérieurs de la caserne puis Tôshirô retourna au bureau du capitaine en compagnie de Gin afin d'y recevoir les instructions de Aizen.

Yorichiyô ne le revit que le lendemain quand elle l'accueillit dans son bureau avec Morikawa et Fukuda. Tous les trois passèrent la matinée à apprendre à Tôshirô comment traiter les papiers et dossiers qui transitaient par leur bureau. Il comprit rapidement le fonctionnement administratif de la division et fut bientôt capable de se débrouiller seul. L'après midi, il rejoignit Yorichiyô, Hinamori, Kira et Abarai pour l'entraînement. Il ne fallut guère de temps aux quatre autres pour comprendre que Tôshirô leur était supérieur dans tous les domaines. Le seul qui arrivait à lui faire mordre la poussière était Gin. Les autres ne pouvaient pas lutter contre lui, pas même Yorichiyô. Aizen en fut très satisfait.

Dans les semaines qui suivirent cette routine domina la vie des jeunes gens. Aizen ne leur confia que deux où trois missions sans grand intérêt auxquelles Tôshirô put aussi prendre part. Hinamori revint à la charge avec son idée de collocation et ennuya si bien les autres avec ça qu'ils finirent par lui céder pour avoir la paix. Ravie, la jeune fille entraîna alors Yorichiyô dans la visite des maisons libres des environs. Exaspérée par cette chasse et par le comportement de Hinamori, Yorichiyô se demandait dans quelle mesure elle pouvait être inquiétée si elle étranglait sa camarade et faisait passer ça pour une attaque de hollow.

- Ce n'est pas tout de trouver la maison, objecta-t-elle devant un jour devant Hinamori.
Elles étaient en train de visiter ce qui semblait être la cinquantième maison cette semaine là mais qui n'était que la troisième ou la quatrième.

- Nous n'aurons jamais le temps de nous occuper de tout. Il nous faudrait aussi une cuisinière, une bonne, un jardinier, ce genre de personnes... Tu crois vraiment qu'on peut payer des domestiques et la location d'une maison avec les salaires de deux sièges et trois shinigami sans rang?

- On se débrouillera, Kizaka-chan, tu verras, ce sera génial, répondit Hinamori avec son enthousiasme habituel.
Et elles continuèrent la visite.

A la fin du mois, cependant, aucune maison visitée n'avait réussi à attirer leur attention: elles étaient toutes ou trop petites ou trop chères. Il semblait que le plan de la brunette allait tomber à l'eau, ce que tout le monde à l'exception de Kira, semblait apprécier quand Aizen décida d'entrer en jeu. Il avait appris par Gin le projet de Hinamori et de ses amis et décida, dans sa grande bonté, de les aider. Sur le coup, Yorichiyô se sentit soudain l'envie de les étriper tous les deux pour se mêler ainsi de ce qui ne les regardait pas. Une semaine plus tard, il leur trouvait une charmante maison dans les environs immédiats de la caserne, il leur trouva même une bonne et un jardinier dont le salaire serait payé en partie par le Gotei, puisque Tôshirô et Yorichiyô étaient des officiers. Hinamori fut séduite, autant par la maison que par l'attention de leur capitaine.

Un matin de la fin de mai, ils visitèrent la maison tous ensemble. Elle comprenait un petit jardin, pas très grand mais vraiment ravissant où Yorichiyô pensa qu'elle pourrait peut-être passer des heures tranquilles quand elle serait en congé. La maison ouvrait sur le jardin par de nombreux shoji donnant sur une large engawa. A l'intérieur, il y avait une petite cuisine et une grande salle qui servait à la fois de salon et de salle à manger, ainsi qu'une seule salle d'eau ce qui promettait une file d'attente devant la porte le matin. Le long du seul couloir, s'égrainaient les chambres. La maison n'était pas vraiment spacieuse mais elle était agréable et claire. Les tatami neufs répandaient une odeur de paille dans toutes les pièces.

- C'est pas mal! Concéda Yorichiyô tandis qu'ils visitaient.
Les autres semblaient partager son avis.

- Finalement ça ne dois pas être mal d'avoir sa propre maison, remarqua Renji. Je n'ai jamais eu d'endroit que je puisse considérer comme étant mon chez moi.

- Et puis ça nous changera des dortoirs d'avoir une chambre chacun, ajouta Kira.
Hinamori était ravie de voir que son idée semblait plaire à tout le monde.

- Alors, ça vous plaît? On la prend?
Tout le monde pensa qu'après tout le mal que le capitaine Aizen s'était donné pour les aider, ils n'avaient pas vraiment le choix.

- Je prends cette chambre, lança simplement Abarai en désignant une porte.

- Je prends la chambre du fond, annonça Yorichiyô en se dirigeant vers sa chambre.
Hinamori allait dire quelque chose mais Tôshirô ne lui en laissa pas le temps.

- Moi aussi, grogna-t-il.
Hinamori resta bouche bée en le regardant ouvrir la porte située face à celle de Yorichiyô.

- Bon eh bien, je prends celle d'à coté, fit-elle en se dirigeant vers la chambre voisine de celle de Yorichiyô.
Kira choisit la chambre située entre celle de Renji et celle de Tôshirô.

Ils emménagèrent dans les premiers jours de juin. Le début de leur cohabitation ne fut pas de tout repos alors que chacun d'eux cherchait ses marques. Des jeunes ayant des forts caractères comme Tôshirô, Yorichiyô et Renji ne pouvaient pas manquer de s'affronter de temps à autres. Ils déjeunaient ensemble le matin avant de partir à la caserne où ils passaient leur matinées à s'occuper de leur travail administratif et leurs après midi à s'entraîner avec Gin. Ils rentraient chez eux le soir où ils dînaient ensemble avant de passer leurs soirées à se distraire comme ils pouvaient. Ils ne tardèrent pas à se rendre compte que Tôshirô était aussi un surdoué du jeu de go et que personne ne pouvait le battre. Parfois, ils ramenaient du travail chez eux et passaient la soirée à finir ce qu'ils n'avaient pu faire dans la journée. Hinamori avait récemment découvert le magasine de l'association des femmes shinigami et adorait lire les potins et les faire partager à ses amis qui n'en avait souvent rien à faire.

Au fur et à mesure des jours, Tôshirô s'affirma comme leader du petit groupe. Ses progrès à l'entraînement étaient incroyables et il montrait déjà des prédispositions pour devenir le capitaine qu'il serait des années plus tard. Il ne parvenait toujours pas à battre Gin, et ce n'était pas faute de se démener pour y parvenir, mais il était évident qu'il était supérieur à tous les autres. Avec Tôshirô et Gin autour d'eux, les autres aussi faisaient des progrès impressionnants. Aizen en était très satisfait, à tel point qu'il prévoyait de leur donner d'avantages de responsabilités et des missions plus importantes. Les enfants qu'ils avait accueilli devenaient peu à peu des shinigami adultes.

En revanche les choses avançaient beaucoup moins rapidement entre Tôshirô et Yorichiyô. Ils discutaient souvent en tête à tête et passaient beaucoup de temps ensemble mais ça s'arrêtait là. Des regards échangés, des frôlements, des murmures étaient tout ce qu'ils partageaient. Il fallait dire que la maison ne prêtait guère à l'intimité. Il y avait toujours l'un de leurs colocataires pour les déranger. Yorichiyô ne savait plus très bien ce qu'il fallait faire. Elle aurait bien voulu que Tôshirô s'intéresse un peu plus à elle, mais il ne semblait pas décidé à faire le premier geste. Elle songea qu'il était peut-être trop tôt et décida de laisser faire, mais elle était un peu déçue. C'était comme si leur cohabitation dans cette maison avait mis un terme au rapprochement qui les poussait l'un vers l'autre. Ça la démoralisait un peu.

Après un mois de cohabitation, personne n'avait été assassiné, ce qui prouvait donc qu'ils pouvaient vivre ensemble sans s'étriper mutuellement. Heureusement pour eux, l'entraînement de plus en plus difficile de Gin suffisait à émousser l'agressivité des plus caractériels en les épuisant. Yorichiyô s'était habituée à la présence des autres autour d'elle et, si elle avait toujours du mal à supporter la bonne humeur et l'enthousiasme de Hinamori, il fallait dire qu'elle appréciait Kira pour sa discrétion et sa gentillesse. Renji était un agréable compagnon, mais il était un peu trop bruyant pour le goût de la jeune fille. Quand à Tôshirô, les trois mois écoulés depuis son arrivée à la cinquième division avait eu un effet stupéfiants sur lui. Il avait grandi de quelque centimètres et faisait à présent la même taille que Yorichiyô. Bien qu'il fut toujours plus petit que les autres shinigami mâle de la division, il n'avait plus cette allure d'enfant qu'il avait encore en arrivant. Sa silhouette s'était allongée et il avait pris du muscle et du poids. Il était svelte et souple et bougeait avec une aisance et une élégance insolente. Il ne ressemblait pas à l'enfant qu'il aurait dû être et avait d'avantage l'allure d'un adolescent de quinze ou seize ans. Yorichiyô n'en revenait pas. Elle se demandait ce qui pouvait être à l'origine d'un tel changement chez lui.

"C'est toi! Répondait inlassablement Taï à cette question.
Yorichiyô ne pouvait que penser qu'il avait raison en absence de toute autre cause connue. Et cette idée ne faisait que rendre plus frustrant pour elle l'absence de relation entre eux.

Tôshirô était devenu un jeune homme incroyablement séduisant et quelques jeunes filles de la division commençaient à lui courir après. Ils les envoyaient toutes balader en leur disant simplement qu'il n'avait pas de temps à perdre avec leurs enfantillages. Yorichiyô éprouvait toujours un pincement au coeur, quand elle le voyait assaillit par d'autres filles. Elle se rendit compte avec stupéfaction qu'elle était jalouse. Ça ne lui était encore jamais arrivé. Mais qu'est-ce que ce gamin avait pu lui faire pour la changer comme ça?

Pour éviter d'avoir à y penser, elle passait le plus de temps possible avec Gin qui lui offrait une pause dans ce tumulte sentimental. Elle s'était petit à petit rapprochée de lui et tous les deux s'entendaient très bien à la surprise de bon nombre de membres de la division. Elle aimait sa compagnie, même quand il passait son temps à la taquiner à propos de tout et de rien. Même quand il la taquinait à propos de Tôshirô ça n'avait pas la même saveur de déception que quand elle se retrouvait face au véritable Tôshirô. Aussi surprenant que ça puisse paraître, Gin ne la faisait pas souffrir, lui. Quand elle s'entraînait avec lui, elle laissait parler toute sa frustration et sa colère jusqu'à en tomber d'épuisement. Il y avait peu de risque qu'elle le blesse, elle pouvait se donner à fond. C'était pratique. Cependant, plus elle passait de temps avec Gin, plus Tôshirô en devenait jaloux sans qu'elle s'en rende compte.

Tôshirô ne savait pas lui même pourquoi il ne profitait pas d'avoir Yorichiyô près de lui pour lui avouer ce qu'il ressentait et envisager avec elle une relation plus profonde et plus mature que celle qu'ils avaient. Ça l'agaçait de ne pas pouvoir échanger autre chose avec elle que ce semblant de cache cache amoureux qu'ils avaient depuis son arrivée à la cinquième division. Il pensait pourtant qu'il allait enfin pouvoir avoir la jeune fille rien que pour lui mais ce n'était pas le cas, quelque chose l'en empêchait. Ce n'étaient pas ses sentiments, il savait parfaitement ce qu'il ressentait pour elle. C'était sa force qui l'en empêchait. Il n'était pas encore assez fort pour pouvoir la protéger. Pas assez fort pour prétendre devenir son amant. C'est la raison pour laquelle, il redoubla d'acharnement à l'entraînement, d'autant plus que avoir celui qu'il considérait somme son rival face à lui, lui donnait une motivation supplémentaire.

Il deviendrait plus fort que Ichimaru. Il protégerait Yorichiyô. Il protégerait leurs enfants. Il ne laisserait jamais personne toucher à sa femme et à sa famille. Il le jurait.

--

Gin mit fin à l'entraînement et regarda ses élèves avec un sourire en coin. Abarai et Kira étaient sur le dos, complètement crevés. Hinamori, à genoux sur le sol de pierre, luttait farouchement pour retrouver une respiration normale tant elle était essoufflée. Yorichiyô assise un peu à l'écart, essuyait son visage trempé de sueur avec une manche de son kimono. Finalement le seul qui tenait encore debout était Hitsugaya qui le fixait d'un oeil noir.

- C'est bien, fit Gin sans faire attention à Tôshirô. Je suis content de vous, vous travaillez bien et faites des progrès. Vous avez bien mérité deux jours de repos.
A ces mots, tout le monde leva la tête vers lui, l'air surpris.

- Je pars en mission demain, expliqua Gin en remettant Shinsô dans son fourreau. Je serai pas de retour avant deux ou trois jours, vous aurez donc pas d'entraînement. Reposez-vous bien.
Les jeunes shinigami quittèrent le terrain d'entraînement.

- Chiyô-chan, reste un peu j'ai à te parler.
Sous le regard de Tôshirô, Yorichiyô fit demi tour et revint vers Gin. Tôshirô s'éloigna du terrain d'entraînement et se trouva un endroit d'où il pouvait les observer sans être vu, bien qu'il ne put pas les entendre parler.

- Ça va pas, Chiyô-chan, je te trouve un peu pale en ce moment, commença Gin sans se soucier de la présence de Tôshirô, plaqué dans les parages. Et tu as l'air triste, je trouve.

- Tout va bien, vice-capitaine, je suis juste un peu fatiguée, c'est tout.

- T'es sûre. Ce n'est pas plutôt à cause de Hitsugaya.
Yorichiyô pâlit, ce qui changeait de d'habitude.

- Non, non, je vous assure.
Gin ne sembla pas dupe.

- Quoi qu'il se passe entre vous, laisse pas ce gamin te ruiner le moral. C'est très important pour un shinigami. Ton moral peut influer sur ta relation avec ton zanpakutô. Prends garde que ça te joue pas de mauvais tours.
Yorichiyô hocha silencieusement la tête.

- Alors, c'est quoi votre problème?

- Il ne se passe rien, c'est ça le problème, soupira la jeune fille.
Un petit sourire en coin apparut sur les lèvres de Gin.

- Tu veux dire que le petit génie est nul au lit.

- Vice capitaine, s'écria Yorichiyô indignée, rougissant vivement. Ce n'est pas ça, c'est juste que ... je ne sais pas ... On se comporte comme des gamins de maternelle. On se tient la main, on se regarde mais rien de plus.

- Et tu aimerais que ça devienne plus intime?
Yorichiyô hocha la tête en soupirant.

- Comment avez-vous fait avec Matsumoto-san, vice-capitaine?
Un sourire passa sur le visage de Gin.

- Je l'ai prise dans mes bras et elle s'est laisser faire, répondit-il d'une voix douce.
Il lança un regard vers Yorichiyô.

- Mais on a vécu longtemps ensemble en tant qu'amis avant de devenir amants. C'est le temps qui décidera. Tu peux rien forcer, même si tu le veux. Aller, cesse de déprimer et si le gamin ne veux rien comprendre, trouves toi quelqu'un d'autre.
Yorichiyô lui lança un regard blessé.

- Vous arriveriez à trouver quelqu'un d'autre si Matsumoto-san ne voulait plus de vous?
Gin ne répondit pas tout de suite. Il inclina la tête sur le coté visiblement troublé.

- Je pense l'avoir déjà trouvé, avoua-t-il franchement.
Il sourit à Yorichiyô, un sourire charmant et séducteur, très loin de celui qu'elle lui connaissait. Quelque chose dans son regard toucha la jeune fille en plein coeur, elle sentit ses entrailles se contracter douloureusement. Il ne parlait pas d'elle, n'est-ce pas?

- Mais j'aime Rangiku et elle m'aime également, assura-t-il.
Quelque chose de désagréable piqua le coeur de Yorichiyô. La déception? ...

- Mais si la vie nous sépare ...
Il n'acheva pas sa phrase. Yorichiyô se sentait trembler d'émotion. Elle ne comprit pas. Pourquoi les révélations de Gin lui faisaient cet effet? Elle aimait Tôshirô, non? C'était la raison pour laquelle son attitude distante la blessait tant. Comprenant visiblement son trouble, Gin se détourna d'elle, pour la libérer de son emprise.

- Allez, va. Laisse à Hitsugaya le temps de se rendre compte qu'il n'est plus un gamin.

- Je ... Je vais essayer, bégaya la jeune fille troublée. Merci Vice-capitaine.
Elle s'inclina maladroitement, chose qu'elle n'avait pas fait depuis longtemps, puis se hâta de rejoindre ses amis qui l'attendaient devant la caserne pour rentrer chez eux.

Après le dîner, qui fut relativement calme, Yorichiyô abandonna ses camarades pour aller prendre un bain. Elle était encore troublée par sa conversation avec Gin et ne voulait pas que les autres s'en rendent compte. Ils ne manqueraient certainement pas de lui poser des questions gênantes et elle ne voulait surtout pas leur parler de tout ça. Surtout devant Tôshirô. Elle avait besoin de calme pour y réfléchir, mais le calme n'était pas vraiment la caractéristique majeur de la maison et de ses occupants. Elle envisagea de se porter volontaire pour la prochaine garde afin de regagner quelques temps la calme solitude de ses quartiers à la caserne de la division.

Elle se rendit dans sa chambre et regroupa tout ce dont elle avait besoin puis se dirigea vers la salle d'eau à l'autre extrémité du couloir. Elle était fatiguée et son corps était perclus de crampes et de douleurs, Gin n'y avait pas été de main morte avec eux cette fois encore. Elle posa son yukata sur un meuble et se dirigea vers le coin douche. Elle se dévêtit avant de se laver dans le petit coin réservé à cet effet. Elle lava ses cheveux avant de se rincer soigneusement et d'entrer dans la baignoire. L'eau chaude lui fit du bien, elle détendit ses muscles fatigués et la délassa. Elle resta un moment dans la baignoire, les yeux fermés, profitant simplement de ce moment de détente et ne pensant à rien, surtout pas à Gin.

Elle ne sortit de l'eau qu'une heure plus tard. Elle s'essuya rapidement avant de sécher ses cheveux puis laissa le drap tomber sur le sol pour aller chercher son yukata sur le meuble. Elle n'avait pas fait trois pas que la porte de la salle d'eau s'ouvrit. Stupéfaite, Yorichiyô en resta figée, les yeux fixés sur Tôshirô. Lui aussi semblait paralysé par la surprise. Pendant un instant, ils s'observèrent. L'adolescent ne portait que son hakama, son torse nu exhibant ses abdominaux et ses pectoraux bien dessinés. Yorichiyô ne parvint pas à en détacher son regard. Une chaleur qui n'avait rien à voir avec le bain se répandit en elle. Le regard de Tôshirô se promena un instant sur le corps nu de la jeune fille, puis réalisant ce qu'il faisait, il secoua la tête et rougit vivement.

- Je... Je suis désolé, bégaya-t-il, visiblement gêné.
Il se retourna et referma la porte. Pas assez vite cependant pour empêcher Yorichiyô de remarquer la bosse évocatrice que formait son hakama. La réalité frappa soudain Yorichiyô comme un coup de poing. Elle rougit comme jamais tandis que ses joues commençaient à chauffer désagréablement.

- Il m'a vu nue, s'écria t-elle

"Du calme, ce n'est pas la première fois, rappela Taï.

- Mais il était ... Il... Il

"Il te voulait, constata Taï sans s'émouvoir.
Yorichiyô ne s'était jamais sentie aussi honteuse et gênée de sa vie.

"Quoi, fit Taï. Je croyais que c'était ce que tu voulais.

"N'en rajoute pas, ordonna-t-elle, furieuse.
Elle enfila rapidement son yukata et quitta la salle d'eau. Tôshirô n'était pas dans la salle avec les autres et il ne se montra plus de la soirée. Fatiguée, Yorichiyô décida de ne pas l'attendre et décida d'aller se coucher en se demandant pourquoi il ne revenait pas et ce qu'il pouvait bien faire. Aussitôt son esprit troublé lui montra ce qu'un adolescent pouvait faire tout seul dans sa chambre pour se débarrasser d'une raideur malvenue. Encore plus gênée, Yorichiyô se hâta de quitter la pièce avant que les autres ne voient ses joues rouge tomate.

--

Yorichiyô eut du mal à s'endormir ce soir là. Elle était énervée et la chaleur étouffante qui régnait sur la Soul Society depuis un mois n'arrangeait pas les choses. Elle passa beaucoup de temps à se tourner et se retourner dans son futon, essayant vainement de trouver une position confortable. Les shoji entrouverts ne laissaient passer que peu d'air frais malgré le vent qui commençait à souffler au dehors en rafales furieuses. Un éclair argenté fendit le ciel nocturne et un grondement se fit entendre. Le temps était lourd, moite et orageux. Yorichiyô eut l'impression de rester éveillée pendant des heures et les autres étaient endormis depuis longtemps quand elle commença à s'enfoncer dans le sommeil.

Un bruit la fit soudain sursauter. Furieuse, elle se redressa prête à râler contre l'imbécile qui faisait du bruit à cette heure. Elle sursauta en voyant une silhouette debout devant la porte de sa chambre. Grâce à un éclair dont la lumière brusque joua un instant dans ses cheveux de neige, elle reconnut Tôshirô. Un instant surprise, elle s 'assit dans le futon et le regarda l'observer.

- Tôshirô? Qu'est-ce qu'il y a? Tu veux quelque chose?
Il s'avança vers elle et avant de répondre:

- Oui, toi!
Un nouvel éclair éclata dans la nuit, illuminant un instant son visage. Yorichiyô fut clouée sur place par le regard qu'il lui lançait. Un regard plein de désir, de sensualité et de beaucoup d'autres choses que la jeune fille n'avait jamais vu jusque là dans le regard d'un homme et qu'elle n'était pas certaine de savoir interpréter. Sa respiration se figea dans sa poitrine et elle ne put que regarder l'adolescent s'approcher d'elle sans pouvoir bouger. Elle était comme hypnotisée par son regard et le magnétisme qui se dégageait de lui. Il s'agenouilla près d'elle alors que le tonnerre grondait au dessus d'eux.

- Tôshirô! ...

- Chut! Fit-il en posant son index sur les lèvres de Yorichiyô.
Elle sentit son coeur accélérer. Il se pencha vers elle et approcha ses lèvres de celle de la jeune fille. Yorichiyô, complètement paralysée, le laissa faire tandis qu'un étrange bien être s'emparait de son corps. Leurs lèvres se touchèrent doucement. Elle ferma les yeux. Le baiser fut d'abord doux et chaste mais il se fit bientôt plus passionné. Tôshirô mordilla la lèvre inférieure de Yorichiyô en une demande silencieuse. Instinctivement, elle entrouvrit les lèvres et il profita de l'ouverture pour glisser doucement sa langue dans la bouche de sa partenaire. Pendant un instant leurs langues se cherchèrent et jouèrent en un balais fiévreux où se mêlaient amour et désir charnel. Une chaleur étrange se diffusa dans le corps de Yorichiyô. Elle ne put retenir un gémissement alors que son corps anticipait ce qui allait se passer. Tôshirô sourit.

Ils se séparèrent pour reprendre leur souffle. Tandis que Yorichiyô essayait de se calmer, Tôshirô plongea vers sa nuque et déposa des petits baisers le long de la courbe de son cou en descendant lentement vers ses épaules. L'une de ses mains se glissa doucement dans le yukata de Yorichiyô et caressa son sein gauche. Un hoquet de surprise lui échappa suivit d'un gémissement. La main remonta doucement vers l'épaule de Yorichiyô et ouvrit le vêtement pour dénuder son épaule et dévoiler un peu plus la poitrine de la jeune fille. Les lèvres de Tôshirô descendirent lentement dans le creux de son épaule et plongèrent vers son sein dénudé en un long et langoureux ballet. Yorichiyô sentait son bas ventre se réchauffer.

- Tô ... Tôshirô! Gémit-elle.
L'une des mains de l'adolescent glissa le long du flanc de la jeune fille et caressa un instant son ventre avant de prendre l'une des extrémités du obi et de le dénouer. Le vêtement s'ouvrit dévoilant le corps magnifique de la jeune fille, parfaitement sculpté par l'entraînement. Tôshirô plongea les mains sous le vêtement et doucement, ses mains caressant le corps de la jeune fille avec une délicatesse et une sensualité incroyable, il le fit tomber de ses épaules la déshabillant. Elle ne portait rien en dessous. Ça fit sourire Tôshirô. Ses lèvres avides descendirent lentement vers la poitrine de la jeune fille et se saisirent de l'un de ses mamelons durcis. Yorichiyô laissa échapper un hoquet qui se mua en un long gémissement lorsque la langue de son amant joua avec le petit morceau de chair sensible, envoyant des frissons de plaisir dans tout son corps. Abandonnant le mamelon, les lèvres du jeune homme remontèrent doucement vers le cou de Yorichiyô avant de se saisir de ses lèvres en un nouveau baiser passionné.

Le corps de Yorichiyô répondait à ses caresses avec tant de flamme que Tôshirô en était un peu étourdit. Sa main droite glissa doucement le long du flanc de la jeune fille avant de remonter le long de son bras. D'un geste doux, il prit une main de Yorichiyô et la posa sur son obi. Il se pencha vers elle et susurra à son oreille.

- Déshabille moi.
Il attrapa le lobe de l'oreille de la jeune fille entre ses dent et le mordilla gentiment tandis que les doigts de Yorichiyô cherchaient maladroitement le noeud. Ses doigts tremblants se serrèrent autour de l'extrémité du obi et elle tira doucement dessus. La ceinture se dénoua doucement et glissa des hanches de l'adolescent, laissant son yukata s'ouvrir. Lui non plus ne portait rien en dessous et le regard de Yorichiyô voyagea librement sur son corps svelte et finement musclé jusqu'à tomber sur son sexe partiellement dressé. Elle sentit le rouge lui monter aux joues et remercia le ciel que l'obscurité le cache aux yeux de son amant.

La pluie tombait lourdement au dehors, raisonnant avec force sur les toits et sur le sol. Des grondements et des éclairs se succédaient à un rythme effréné. D'un geste, Tôshirô se débarrassa de son vêtement et repoussa le drap tandis que Yorichiyô mettait son yukata de coté. Lorsqu'elle se tourna vers lui elle vit qu'il la regardait. Le désir qu'elle lu dans ses yeux lui coupa le souffle un instant. Il s'approcha d'elle et l'embrassa tout en l'allongeant doucement sur le matelas. Sa main droite descendit le long de la hanche de la jeune fille et caressa doucement sa cuisse tandis que de la gauche il serra Yorichiyô contre lui. Sa main caressa le genoux de la jeune fille avant de s'insinuer lentement entre ses cuisses. Yorichiyô lâcha un hoquet sonore lorsqu'elle sentit les doigts chauds de son amant se glisser entre ses lèvres et commencer à la caresser. Elle gémit tandis qu'une délicieuse chaleur s'emparait de son corps.

Tôshirô se redressa sur un coude au dessus d'elle et, un sourire aux lèvres, l'observa un instant à la lueur des éclairs qui se superposaient les uns aux autres. Les yeux fermés et la bouche entrouverte, la jeune fille essayait de retenir ses gémissements mais le plaisir était évident sur son visage. Elle haletait et gémissait, se cambrait, se mordait la lèvre pour s'empêcher de crier. Elle était entièrement soumise au plaisir qu'il lui donnait et c'était une vue qui le réjouissait. Il se pencha vers elle et murmura à son oreille.

- J'aime te voir comme ça.
Yorichiyô rougit instantanément. S'appuyant sur le matelas, Tôshirô se plaça entre les jambes de son amante. Un instant, elle sentit son érection faire pression contre son intimité.

- Prête? Demanda simplement Tôshirô.
Elle hocha simplement la tête. Il lui sourit avant de l'embrasser. Tandis que leurs lèvres étaient toujours scellées, il poussa lentement pour entrer en elle. Yorichiyô cria de douleur et de plaisir tandis que le sang de sa virginité tâchait les draps blanc. Tôshirô commença à aller et venir en elle , lentement d'abord, puis de plus en plus rapidement. Il couvrait son visage et sa poitrine de baiser, caressait sa peau et massait ses seins. Yorichiyô haletait et gémissait en essayant d'étouffer ses cris de plaisir dans le creux de l'épaule de son amant pour ne pas attirer l'attention de leurs colocataires. Elle se cambra pour mieux le sentir en elle. La douleur s'était évanouie au profit d'un plaisir si intense qu'il remplaçait tout autre chose dans son esprit. Elle n'aurait jamais pensé que ce genre de sensations existaient. Plus rien n'existait autour d'elle, que Tôshirô, elle et ces sensations incroyables. Elle se fichait qu'on les entende ou qu'on les découvre.

- Tô ... Tôshirô, je ... je vais ...

- Je sais ... Moi aussi ....
Après quelques vas et viens, Yorichiyô fut emportée par un tel déferlement qu'elle cru que son coeur allait s'arrêter. Elle ne s'entendit même pas crier. Tôshirô la suivit après quelques secondes et se libéra en elle avec un grognement. Après quelques coups de reins supplémentaires, il s'immobilisa et se retira doucement avant de rouler sur le coté. Essoufflés, ils restèrent un instant muets. Dehors, l'orage grondait toujours avec une force destructrice incroyable. Un éclair luisant traversa la nuit avec une violence inouïe et il fit un instant aussi clair qu'en plein jour. Une explosion d'une puissance incroyable raisonna dans la nuit ...

--

Yorichiyô fut réveillée en sursaut par un bruit assourdissant. Pendant un instant elle se demanda ce qui se passait et où elle se trouvait. Son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine. La tempête faisait rage au dehors. Elle regarda autour d'elle. Tôshirô n'était visible nulle part. Aucune trace de lui. Elle était seule dans sa chambre et elle portait son yukata. Elle entendit des bruits dans le couloir et la voix de Renji s'exclamer:

- Wahoo! Il était beau celui là et il est tombé sur le toit de la caserne.

- Silence, imbécile, fit une voix. Tu vas réveiller les filles.
C'était Tôshirô.

- Hitsugaya-kun, ça fait plus d'une heure qu'on regarde cet orage. Si quelque chose devait les réveiller, ce serait fait depuis longtemps non? Répliqua Abarai.

"Plus d'une heure? Songea Yorichiyô. Mais alors ... Tout ça n'était un rêve!

"Un rêve bien agréable n'est-ce pas, fit Taï, un peu moqueur.
Yorichiyô ne lui répondit pas. Déçue, elle se tourna sur le coté et ferma les yeux. Comment allait-elle pouvoir faire face à Hitsugaya à présent. C'était si gênant.

"Ne t'en fais pas, tout se passera bien. Hitsugaya-kun n'est pas capable de lire dans ton esprit ce que tu fais durant la nuit.
Mais ça ne la rassura pas le moins du monde. Bon sang, qu'est-ce qui lui arrivait? Pourquoi à elle? Pourquoi rien n'était resté comme avant?

"Parce que tu grandis, répondis Taï.
Yorichiyô soupira et essaya de se rendormir malgré l'orage qui hurlait de colère au dehors. Un sentiment de vide s'empara d'elle et elle eut du mal à refouler ses larmes. Inutile de dire qu'elle ne parvint pas à se rendormir cette nuit là.

Dans les jours qui suivirent, Yorichiyô, terriblement gênée, passa la majeur partie de son temps libre à essayer d'éviter Tôshirô qui semblait trop occupé par ses propres problèmes pour s'en rendre compte. Elle n'avait pas fait d'autres rêves érotiques pourtant Hitsugaya ne cessait de passer et repasser dans ses rêves, comme s'il voulait la tourmenter aussi durant la nuit. Elle préférait passer le plus de temps possible loin de la maison et de ses habitants et restait souvent tard à la caserne pour aider Gin dans sa paperasserie. Elle finit par en savoir autant que lui sur le travail administratif d'un vice-capitaine. Malgré les révélations inattendues que Gin lui avait fait quelques jours plus tôt, sa présence l'apaisait et elle appréciait vraiment sa compagnie. Il ne faisait rien pour la mettre mal à l'aise ni pour la mettre dans son lit, ce dont elle le remerciait. Ils ne reparlèrent plus non plus de leur conversation plutôt gênante.

Les choses continuèrent comme ça durant un moment puis tout rentra dans l'ordre. Yorichiyô ne fit pas d'autres rêves ce qui l'aida à se sentir plus à l'aise en compagnie de Tôshirô. Leur relation n'évoluait toujours pas et Yorichiyô commençait à s'en lasser. Elle se demandait si elle n'avait pas imaginé des choses qui n'avaient jamais existé. Elle ne savait plus très bien quoi en penser. Elle décida d'oublier tout ça et de faire comme si de rien n'était, les choses finiraient bien par se décanter d'elles même.

--

A la mi-Août, Aizen les convoqua tous dans son bureau pour leur confier une nouvelle mission. Ça faisait plusieurs jours que des rumeurs courraient concernant la collaboration de la cinquième et de la treizième afin d'éliminer un ou plusieurs hollow qui hanteraient un secteur placé sous la protection de la treizième division.

- Nous ne savons pas grand chose à propos de ce hollow, avoua Aizen. Il est très prudent ou dispose de capacités inconnues. Personne ne l'a jamais vu mais nous savons dans quel secteur doit se trouver sa tanière.
Il désigna un point sur la carte déroulée dans son bureau.

- C'est en pleine campagne. Vous pourrez ainsi vous battre sans risquer la vie d'innocents. Le problème c'est que nous n'avons pas pu découvrir l'emplacement exact de sa tanière, ce sera à vous de la trouver. Vous partez demain matin à l'aurore, une escouade de la treizième division vous attendra à la porte de l'ouest. Soyez prudents.
Le capitaine leur remit le rapport contenant tout ce qui était connu de ce hollow et les renvoya à leurs travaux. Ils quittèrent le bureau et discutèrent un instant dans le couloir. Renji était excité d'avoir une nouvelle mission mais les autres se montrèrent plus circonspects. Yorichiyô gardait un assez mauvais souvenir de sa dernière mission dans le Rukongai.

Le lendemain, à l'aube, l'équipe de la cinquième division, composée de Yorichiyô et de ses camarade, y comprit Hitsugaya, de Gin comme à chaque fois, de Fukuda et de Morikawa et d'une dizaine d'autre shinigami, rejoignit l'équipe envoyée par la treizième division. Elle comprenait une quinzaine de shinigami, parmi lesquelles Yorichiyô remarqua la petite silhouette solitaire de Rukia. Renji ne fit ni une ni deux, il s'élança vers son amie.

- Vice-capitaine Ichimaru, fit une jeune femme en s'approchant de Gin. Je suis Shiba Miyako, troisième siège de la treizième division.
Gin hocha silencieusement la tête.

- Vous êtes l'officier le plus haut placé, c'est donc vous qui prenez le commandement. Vous pouvez être assuré de notre entière coopération.

- Très bien, Shiba-san. Allons-y dans ce cas.
Les deux groupes se mirent en route et franchirent les portes du Seireitei.

Ils n'atteignirent la zone de recherche que vers midi. Gin ne leur laissa cependant pas le temps de se reposer. Il leur ordonna de se regrouper devant lui afin de prendre leurs ordres. Tous le monde obéit docilement mais Yorichiyô put se rendre compte que Rukia hésitait à s'approcher de lui. Elle devait certainement déjà être sous l'influence de la peur irraisonnée qu'elle éprouvait quand elle faisait face à Gin. Yorichiyô haussa les épaules avant de rejoindre son supérieur.

- Étant donné qu'on sait pas où se trouve la tanière du hollow, nous allons nous séparer en plusieurs équipes qui patrouilleront chacune dans une zone délimitée.
Il tira la carte de la région de son uniforme et la posa sur un rocher tout proche invitant les autres à le rejoindre. Il désigna plusieurs zones dessinées au crayon sur la carte.

- Hitsugaya, Kizaka, Shiba et Kuchiki, vous fouillerez les rives de la rivière. Abarai, Kira et Hinamori, vous et moi on se chargera du bois, ici. Fukuda et Morikawa, choisissez quelques hommes et occupez vous de cette zone de lande à l'est. Kotetsu et Kotsubaki, avec le reste des hommes de la treizième, vous fouillerez la zone nord.
Gin se redressa et replia la carte.

- Des questions?
Personne ne prononça mot.

- Très bien. Dans ce cas rejoignez vos positions. Faites moi votre rapport toutes les heures par papillon de l'enfer et restez sur vos gardes.
Les différents groupe se séparèrent et chacun se dirigea vers la zone qu'il devait fouiller.

Tout en marchant, Miyako se tourna vers Yorichiyô avec un sourire. La jeune fille le lui rendit avec chaleur. Elle se souvenait parfaitement de la douce et élégante jeune femme qu'elle avait rencontré durant son passage par la treizième division, quelques années plus tôt. Elle aimait bien Miyako qui était beaucoup plus calme et moins exubérante que son époux Kaien Shiba.

- Comment vas-tu, Kizaka-chan? Ça fait plaisir de te revoir.

- Je vais bien, lieutenant Shiba. Je suis contente de vous voir. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de rencontrer le vice capitaine Shiba, ces derniers mois.
La jeune femme hocha la tête.

- Oui, il me l'a dit. Il a été déçu que tu choisisses la cinquième division.
A ce moment, Yorichiyô entendit Rukia marmonner quelque chose dans son dos, mais elle n'y prêta pas attention.

- J'en suis désolée, soupira-t-elle.

- Ne le sois pas, tu as fais le bon choix.
Elles se turent et continuèrent leur marche en silence.

Yorichiyô n'était pas particulièrement ravie de se retrouver à faire équipe avec Rukia et Tôshirô. Ravalant sa mauvaise humeur, elle s'approcha de Miyako Shiba. Ils marchaient en silence, tous les sens en alerte. Le hollow qu'ils chassaient pouvait leur tomber dessus à n'importe quel moment. Yorichiyô essayait de ne pas prêter attention à la présence de Rukia dans son dos ni à celle de Tôshirô sur sa droite. Elle essayait de ne pas faire attention aux regards qu'il lui lançait régulièrement. Un soupir lui échappa, elle aurait nettement préféré faire équipe avec Gin.

Les abords de la rivière étaient calmes et sereins, jamais on aurait cru qu'un hollow pouvait vivre dans les parages. L'endroit était agréable et bucolique. Pendant un moment, les quatre shinigami, longèrent le cours d'eau en silence. On aurait pu les croire en balade s'ils n'avaient gardé la main sur la tsuka de leurs sabres et arboré un air méfiant et scrutateur. Il n'y avait rien de suspect dans le coin et tout était d'un calme reposant mais Yorichiyô sentait des frissons remonter le long de son dos. Elle se sentait mal à l'aise comme si un regard malveillant les épiait depuis les bosquets en retrait de la rive. Elle se tourna dans cette direction.

- Il y a quelque chose par là, annonça-t-elle.

- Tu le sens aussi? Demanda Miyako en se tournant dans la même direction.
Hitsugaya se contenta de hocher la tête. Seule Rukia semblait n'avoir rien repéré.

D'un commun accord, les shinigami abandonnèrent les berges pour remonter vers les épais bosquets. Il n'y avait pas plus de traces prouvant la présence d'un hollow dans le coin mais l'impression désagréable d'être observé persistait. Un bruit dans les arbustes se fit entendre et un pauvre écureuil se retrouva soudain avec quatre zanpakutô pointés sur lui.

- C'est le hollow le plus effrayant que j'ai rencontré, commenta Yorichiyô en remettant son sabre dans son fourreau.
Miyako répondit d'un sourire et Hitsugaya se contenta de froncer les sourcils. Rukia n'avait pas fait attention, son attention avait été attiré par autre chose.

- C'est quoi ça, là-bas? Demanda-t-elle en désignant quelque chose de la main.
Les trois autres se tournèrent dans la direction qu'elle indiquait et virent quelque chose voilé par les arbres du bosquet.

- On dirait une grotte, remarqua Tôshirô.
Ils avancèrent prudemment vers l'entrée et restèrent un instant sous le couvert des arbres pour observer les abords de la grotte.

- J'y vais, fit Miyako, restez ici les enfants.
Tôshirô lui lança un regard furieux. Sans sans apercevoir, Miyako s'avança en direction de la caverne. Yorichiyô l'observa, les sourcils froncés. Cet endroit ne lui était pas inconnu mais elle n'arrivait pas à se souvenir pour quelles raisons. Elle était certaine de n'être jamais venue dans ce secteur jusqu'à maintenant. Ce ne pouvait donc que provenir d'un épisode du manga ... Mais lequel?

Miyako n'était plus qu'à quelques pas de l'entrée de la grotte lorsqu'un ricanement lugubre se fit entendre. Une silhouette massive quitta l'ombre des arbres dans laquelle elle se camouflait et se révéla au grand jour. Le hollow!

- Bienvenue dans ma demeure, shinigami, ricana-t-il.
Aussitôt qu'elle le vit, un déclic se fit dans l'esprit de Yorichiyô et toutes les pièces du puzzle se mirent en place. Elle bondit hors de sa cachette comme un diable sortant de sa boite.

- Shiba, ne restez pas là, hurla-t-elle.
Un instant, Miyako sembla surprise par l'intervention de Yorichiyô. Elle hésita. Le hollow mit son hésitation à profit pour attaquer. De longs filaments surgirent de son corps pour foncer vers Miyako.

- Enkosen, lança Yorichiyô par réflexe.
Le bouclier protégea la shinigami de l'attaque avant de se briser comme du verre.

- Ne laissez pas ces filaments vous toucher, ordonna Yorichiyô en arrivant près d'elle.
Miyako se ressaisit. Elle bondit vers le hollow qui essaya de l'arrêter en lançant vers elle plusieurs des tentacules ornant sa tête. La shinigami les trancha d'un geste de son sabre avant de bondir sur lui. Yorichiyô n'eut pas le temps de la mettre en garde. Elle revoyait clairement le combat entre Kaien Shiba et ce hollow dans sa mémoire et se souvint qu'il avait un pouvoir sur les zanpakutô. Ne surtout pas le toucher! Elle allait se lancer au secours de Miyako quand celle-ci poussa un cri. L'un des tentacules du hollow l'avait attrapé par le bras au moment où elle allait frapper son masque de son sabre.

- Shiba!
Yorichiyô s'élança et trancha l'appendice remuant d'un coup de zanpakutô. Libérée, Miyako recula de quelques pas et arracha le tentacule encore enroulé autour de son bras. Avec un air dégoûté, elle le jeta dans l'herbe où il se tortilla quelques secondes avant de s'immobiliser. Miyako se remit en garde sous le regard goguenard du hollow.

- Quel dommage pour toi, petite shinigami, ricana-t-il. Je t'ai touché.
Miyako n'eut pas le temps de se demander ce qu'il voulait dire: son zanpakutô vola en éclats entre ses mains.

- Mais, qu'est-ce que ...
Le ricanement aiguë du hollow se fit entendre.

- Je ne t'ai pas dis? Oups, quel idiot je fais ... Lorsque je touche un shinigami, je peux détruire instantanément son zanpakutô. (1)

- Saleté! S'écria Miyako.

- Reculez, ordonna Yorichiyô en voyant que le hollow allait s'apprêtait à attaquer de nouveau.
Miyako prit son élan pour s'éloigner rapidement mais la bête ne lui en laissa pas le temps. Elle propulsa des filaments dans sa direction. Yorichiyô leva son sabre pour contre-attaquer lorsqu'un mur de glace s'éleva soudain entre le hollow et les shinigami, les protégeant. Yorichiyô cligna des yeux, surprise, et entendit juste la voix de Hitsugaya s'écrier:

- Enroule-toi sur les cieux gelés, Hyôrinmaru.
La température tomba instantanément, les feuilles et l'herbe haute se couvrirent de givre. Le dragon de glace fusa du ciel et s'abattit sur le hollow en rugissant. L'impact fit trembler le sol tandis qu'une véritable tempête de glace faisait rage autour d'eux. Yorichiyô protégea ses yeux derrière ses bras et attendit que le blizzard se calme. Quand elle sentit que ça s'apaisait, elle baissa les bras pour voir Tôshirô se diriger vers le hollow figé dans sa posture menaçante, prisonnier d'une gangue de glace. Elle le regarda transpercer le masque du hollow de son sabre en se disant qu'il avait encore des progrès à faire. Une telle attaque aurait dû pulvériser le hollow au lieu de simplement le congeler.

- C'est fini, annonça Tôshirô tandis que le hollow s'évaporait. Vous n'êtes pas blessées?
Yorichiyô s'approcha de Miyako et mit un point d'honneur à vérifier qu'elle n'était pas blessé et qu'elle n'avait aucune marque indiquant le transfert du hollow dans son corps. Tout était en ordre cependant et la jeune femme n'avait même pas une égratignure.

- Tout va bien, assura-t-elle en se relevant. Merci pour votre aide, lieutenant Hitsugaya, lieutenant Kizaka.
Rukia n'arriva qu'à ce moment. Elle était restée paralysée de peur dès que le hollow avait attaqué et n'avait rien pu faire d'autre que regarder avec horreur les trois autres se débrouiller pour l'éliminer.

- Je suis vraiment désolée, lieutenant Shiba, je n'ai rien pu faire, se lamenta-t-elle.

- Ce n'est rien, Kuchiki-chan. Ça arrive souvent la première fois. Ne t'en fais pas.

- J'avais tellement peur.
Miyako lui caressa doucement les cheveux, un sourire rassurant sur le visage.

- C'est normal d'avoir peur, Kuchiki. Moi aussi j'avais peur. Aller, arrête de te lamenter, ça ira mieux la prochaine fois.
Rukia releva la tête et refoula ses larmes.

- Nous devons prévenir le vice-capitaine Ichimaru, rappela Yorichiyô.
Miyako hocha la tête et invoqua un papillon de l'enfer auquel elle confia un message pour Gin.

"Félicitations, fit Taï dans l'esprit de Yorichiyô. Tu viens de sauver Miyako et Kaien Shiba et de détruire Aaronierro Alierri du même coup.

"Je sais.

"Première mission de sauvetage accomplie, claironna le phoenix. Je suis fier de toi.
Yorichiyô ne put s'empêcher de sourire. Elle rejoignit les trois autres qui discutaient de ce qu'ils allaient faire à présent.

Bien que Miyako n'eut plus son zanpakutô, le quatuor reprit sa patrouille sur les bords de la rivière et dans les alentours. Il était peu probable que deux hollow puissent vivre sur le même territoire sans s'entredévorer mais ils préféraient vérifier tout de même. Ils y passèrent une bonne partie de la journée mais ils ne trouvèrent aucun autre hollow. Une fois leur patrouille terminée, ils retournèrent vers le point de ralliement. Ils y retrouvèrent l'équipe de Fukuda et de Morikawa ainsi que celle de Kiyone Kotetsu et Sentarô Kotsubaki qui n'avaient rien trouvé. Ils écoutèrent avidement le récit des nouveaux venus et poussèrent des soupirs de dépit. Un peu plus d'une heure plus tard, l'équipe de Gin revint à son tour. Ils étaient tombés sur une meute de hollow franchement hargneux mais tellement faibles que Hinamori parvint à tous les détruire avec un seul sort. Chaque équipe fit son rapport à Gin, qui les écouta religieusement avant de décider de rentrer. Il faisait déjà nuit depuis longtemps lorsqu'ils arrivèrent au Seireitei.

--

Aizen sembla satisfait de leur mission et les félicita pour leur performance. Après avoir entendu leurs rapports, il les laissa partir. Il leur accorda un jour de congé, le lendemain, pour leur permettre de se reposer. La petite troupe regagna la maison, épuisée. Tout le monde se coucha sans traîner même pour dîner. Il était près de deux heures du matin.

Trois jours plus tard, alors que Yorichiyô et Tôshirô travaillaient à leur paperasse dans leur bureau, en compagnie de Morikawa et de Fukuda, un shinigami vint les déranger en leur disant que le capitaine Aizen voulait les voir immédiatement dans son bureau et que c'était important. Après avoir échangé un regard, Tôshirô et Yorichiyô se levèrent et se rendirent au bureau du capitaine. Tôshirô frappa à la porte et attendit la réponse avant de la faire coulisser. A la surprise des deux jeunes shinigami, Aizen et Gin n'était pas seuls dans le bureau. Ukitake était assis dans un siège face à Aizen, une tasse de thé entre les mains, près de lui se tenaient Kaien et Miyako Shiba.

- Ah, voilà nos petits héros, sourit Aizen en les voyant.

- Capitaine, salua Tôshirô.
Il inclina la tête dans la direction de Aizen et de Ukitake, si bien qu'il était impossible de déterminer lequel des deux il venait de saluer.

- Bonjour, capitaine Ukitake, fit Yorichiyô avec un sourire. Bonjour, Vice-capitaine Shiba, lieutenant Shiba.
Elle gardait un bon souvenir de son passage par la treizième division alors qu'elle était encore étudiante. Ukitake sembla la reconnaître et lui rendit son sourire. Kaien aussi lui sourit.

- Hitsugaya-kun, Kizaka-chan, le capitaine Ukitake et le vice-capitaine Shiba sont venus vous parler, informa Aizen avec un petit sourire.
Les deux jeunes shinigami se tournèrent vers les deux hommes. A leur grande surprise, Kaien s'inclina profondément devant eux.

- Je vous remercie d'avoir protégé mon épouse durant votre mission. Si vous n'aviez pas été là, qui sait ce qui se serait produit.

- Je vous en prie vice-capitaine, c'était normal, n'importe qui l'aurait fait à notre place.
Hitsugaya se contenta d'approuver d'un signe de tête.
Kaien les regarda tous les deux.

- Vous ne comprenez pas, fit-il d'une voix douce. C'était la dernière mission de Miyako sur le terrain avant un bon moment.
Tôshirô et Yorichiyô lui lancèrent un regard interrogateur.

- Kaien, si tu leur dis comme ça, ils ne risquent pas de comprendre, intervint Miyako.
Elle s'avança vers eux.

- Je ne participe plus aux missions sur le terrain parce que je suis enceinte, les enfants.
Le coeur de Yorichiyô manqua un battement. Elle comprit alors toute l'horreur de la situation qui avait poussé Kaien à se lancer dans son expédition vengeresse. Son épouse bien aimée et leur enfant à naître tués par un hollow alors que Miyako effectuait sa dernière mission sur le terrain avant la naissance du bébé.

- On organise une fête pour vous, ce soir, reprit Kaien.

- Mais, ce n'est pas la peine, intervint Tôshirô, un peu gêné.

- Vous ne connaissez pas Kiyone et Sentarô vous, marmonna Kaien en se passant la main dans les cheveux. Si vous ne venez pas, c'est eux qui viendront vous chercher.
Yorichiyô songea que c'était une bonne idée. Si les deux idiots se pointaient chez eux pour les ramener, Tôshirô et elle, à leur fête, l'adolescent ne manquerait pas de les congeler sur place. Ce serait une bonne chose pour tout le monde au Seireitei, essentiellement pour Ukitake. Il aurait enfin la paix dont son corps avait besoin pour lutter contre la maladie.

- Tu ne leur demande pas le plus important, fit Miyako en posant une main sur le bras de Kaien.

- Ah oui, euh ...
Il semblait un peu gêné.

- Euh ... Vous savez que la loi du Seireitei exige que les enfants aient un parrain et une marraine qui puissent prendre soin d'eux s'il arrivait malheur à leurs parents. Enfin, à part Kiyone et Sentarô, il n'y a pas grand monde à qui on puisse demander. Alors, comme vous avez sauvé Miyako, on voulait vous demander si vous ne vouliez pas devenir le parrain et la marraine de notre enfant.
Yorichiyô songea que Kukaku n'allait certainement pas apprécier.

- C'est que ... commença Tôshirô.

- S'il vous plaît, insista Kaien en s'inclinant.
Les jeunes shinigami n'avaient pas le droit de refuser. La bienséance les en empêchait.

- Ce serait un honneur, répondit Yorichiyô avec un sourire.
Tôshirô se retourna et lui lança un regard furieux auquel elle répondit d'un haussement d'épaule imperceptible.

- Merci, fit Kaien en s'inclinant à nouveau.
Miyako l'imita.

- Vous avez de la chance Sosuke, fit Ukitake avec un sourire doux. Beaucoup de monde aimerait avoir Hitsugaya-kun et Kizaka-chan dans leur division. Vous avez toujours su voir le potentiel des plus jeunes.
Ukitake lança un regard vers Gin qui se contenta de répliquer par son sourire habituel.

- Merci à vous, jeunes gens d'avoir protéger Miyako.
Les deux jeunes shinigami s'inclinèrent devant le capitaine. Ukitake et Aizen discutèrent un instant puis Aizen permit à Tôshirô et Yorichiyô de regagner leur bureau. Ils se retirèrent après avoir salué les membres de la treizième division et retournèrent à leur paperasserie.

- Je peux savoir pourquoi tu n'as pas dit non, demanda soudain Tôshirô, de la colère dans la voix.

- Parce qu'on ne pouvait pas. Il y a des devoirs que les règles, la politesse et la bienséance t'obligent à accomplir même si tu ne le souhaites pas.
L'adolescent grogna quelque chose d'incompréhensible entre ses dents. Son mécontentement était évident. Yorichiyô se retourna vers lui si brusquement qu'il faillit lui rentrer dedans.

- Tu es l'être le plus associable que j'ai rencontré, siffla-t-elle, agacée. Tu ne peux pas continuer à vivre replié sur toi en te moquant de ceux qui t'entoure, Hitsugaya Tôshirô. Ouvre un peu les yeux et essais de comprendre ce que les autres peuvent ressentir.
Il la regarda avec des yeux ronds, ne comprenant pas pourquoi elle était soudain si fâchée.

- Ça veux dire quoi ça?
Une subite envie de l'étrangler passa dans l'esprit de la jeune fille. Elle lâcha un sifflement de chat furieux et tourna les talons d'un seul coup avant de partir dans le couloir d'un pas rageur. Si cet imbécile ne comprenait pas ce qu'elle voulait lui dire, c'était peut-être que Gin avait raison: elle devait trouver quelqu'un d'autre. A ce moment, une vision de Gin et de Rangiku enlacés passa dans sa mémoire et ça la déprima complètement. Elle poussa la porte de son bureau en lâchant un soupir de dépit.

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NOTE:

1- Je sais que les capacités de ce hollow sont différentes dans le manga et que son pouvoir de détruire les zanpakutô ne fonctionne que la nuit, mais j'ai dû l'adapter pour les besoins de l'histoire.

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Et voilà.
Pas trop déçus à cause du rêve?
Le premier lemon ne devait arriver si tôt dans la fic normalement mais j'ai trouvé un moyen de contourner la difficulté. ^^
Dans le prochain chapitre, un peu de GinChiyô et de HitsuChiyô aussi d'ailleurs. ^^

Mes examens sont presque terminés, j'aurai bientôt tout le temps de me consacrer à mes fics.

Bon week-end à tou(te)s.
Bises.