Comme tous les lundis, le nouveau chapitre de BBE est posté ! Je remercie comme toutes les semaines le merveilleux Picotti, et en espérant que ce chapitre vous plaise, bonne lecture !
Chapitre 9 : She'd found her way.
So this is permanence, love's shattered pride.
Alors c'est une permanence, la fierté brisée de l'amour.
What once was innocence, turned on its side.
Ce qui fut autrefois de l'innocence, s'est tourné de son côté.
[...]Oh how I realised how I wanted time,
Oh comme j'ai réalisé combien je voulais du temps,
Put into perspective, tried so hard to find,
J'ai relativisé, essayé si dur de trouver,
Just for one moment, thought I'd found my way.
Juste un instant, j'ai pensé que j'avais trouvé ma voie.
La période de Noël est celle que je préfère. C'est l'occasion d'être ensemble et de fêter les familles et les amis en même temps. Mais cette année, comme je l'ai déjà dit, rien n'est pareil comparé à tous les Noëls que j'ai pu passer depuis ma première année.
Blaise doit être en France à l'heure qu'il est, sûrement chez un de ses cousins lointains. Draco, lui est enfermé dans sa chambre et je ne verrai Théo que le lendemain de Noël, c'est-à-dire dans six jours. Des vacances pourries s'annoncent. Au moins, avant, quand ça n'allait pas, j'avais Draco, ce qui n'est bien évidemment plus le cas.
Bien sûr, j'adore n'importe quelle période puisque je revois Lou. Depuis que je suis rentrée de Poudlard, elle me fait un peu oublier tous mes problèmes. Ceux liés aux Gryffondor, à ma mission, à Draco …
-Anna, on fait un monsieur de neige s'il te plait ? Anna, les elfes ils peuvent nous faire pancakes ? Anna, c'est bientôt qu'il y aura les cadeaux sous l'arbre ?
Tout ça sonne bien mieux que les « Anna, tu en es où dans ta mission ? Anna, tu sais que pour l'instant tu es mal vis à vis de Voldemort ? »
Comme si je n'étais pas au courant. De tout façon, d'où je suis, je ne peux pas tellement avancer dans ma mission. C'est comme si je me reposais. Voilà, les vacances sont l'occasion de prendre du repos avec de me mettre à deux cent pour cent dans ma mission. Encore faut il que je tienne parole.
Peu après mon retour de Poudlard, je suis rentrée au manoir de mes parents. C'est vrai que c'est assez rare d'y être. Pour tout dire, je suis souvent chez les Malfoy. Il est plus grand, et je suis normalement tout le temps avec Draco. Mais je ne me voyais pas rester chez eux pour être enfermée dans la chambre qui m'est réservée pendant toutes les vacances. Mieux vaut être chez moi, comme ça Lou a tous ses jouets, et je peux me permettre des choses que je ne fais que chez moi, comme la grasse matinée.
Dehors, le gazon du parc est recouvert d'au moins dix centimètres de neige. On peut encore apercevoir mes traces et celles de ma sœur dans la neige, ainsi que le bonhomme de neige qu'on a fait ce matin. Maintenant nous sommes dans la véranda, et Lou se joue artiste avec quelques pinceaux et de la peinture. Sa langue est légèrement sortie par la coin de sa bouche, signe qu'elle s'applique sur son travail. Ses sourcils sont froncés et je souris devant sa petite moue attendrissante. Apparemment, quand elle se concentre, elle est mon portrait craché.
-Anna, le rouge sitoplé.
Je souris en remarquant ses fautes de prononciation et lui passe le petit pot de rouge. Elle trempe son pinceau dedans et fait de gros traits sur le dessus de sa feuille, qui représente un cœur, mais je n'en suis pas certaine.
-Voilà !
Elle me tend son dessin et quelques couleurs dégoulinent déjà.
-Tu peux l'éteindre pour qu'il sèche ?
-L'étendre ma puce, et oui ne t'inquiète pas, acquiesce-je en mettant son dessin sur le buffet du petit salon. Allez, maintenant au lit.
J'avais vraiment oublié à quel point elle me manquait à Poudlard. Et j'ai dans mes intentions de profiter de chaque instant, de chaque moment.
Je ne me suis jamais autant ennuyée pendant les vacances. Je profite de Lou, mais pendant sa sieste, je m'occupe autrement. Les deux derniers jours, j'ai fait mes devoirs, et maintenant qu'ils sont finis, je tourne en rond comme un lion dans sa cage. J'ai fini d'installer toutes les décorations de Noël, et je vais essayer de m'occuper autrement. Je ne vois qu'une chose, la lecture. Je me dirige vers la bibliothèque se trouvant à l'étage. Elle est assez grande, même très grande. Mon père a toujours voulu avoir beaucoup de livres, et même s'il est loin de les avoir tous lus, il connaît au moins les noms, les auteurs et le sujet.
Je parcours des yeux la rangée se trouvant devant moi. Je la connais assez bien cette bibliothèque pendant que j'y pense. J'ai dévoré tous les contes étant enfant. J'espère que Lou aura la même passion que moi, histoire qu'on partage encore quelque chose.
Quelque chose d'anormal arrête mes pensées, et je ne sais toujours pas quoi. Je regarde à nouveau les titres des livres et je sais enfin la chose qui m'a interpellée : un des livres n'a pas de titres sur sa couverture. Je ne crois pas l'avoir déjà vu. Je le prends et il est vraiment très léger pour un livre. Surtout qu'il semble épais. Je l'ouvre et découvre en effet que ce n'est pas un livre mais une boîte contenant une fiole. Renaissance. Ce mot est inscrit sur la fiole et je me demande vraiment ce que cela signifie. En y regardant de plus près, quelque chose comme un liquide flotte dans le récipient. J'ai déjà vu ça quelque part, et maintenant j'en suis sûre. C'est un souvenir, et ma curiosité appelle une pensine. C'est mal je sais, mais maintenant que j'ai fais cette découverte, je ne pourrai pas ne pas regarder le souvenir. Renaissance. Ce mot résonne dans ma tête et il ne pourra pas en sortir tant que je ne l'aurai pas vu, tant que je n'aurai pas vécu le souvenir. Tant pis, c'est mal, mais c'est ce que je veux.
Je replace le livre et sors en vitesse de la bibliothèque. Avec un peu de chance, mes parents devraient rentrer tard, comme tous les soirs d'ailleurs. Le souvenir appartient à l'un d'eux, puisqu'il ne m'appartient pas. Je n'ai pas envie qu'ils me découvrent violant leur intimité. Je n'ose même pas imaginer ce qu'ils me feraient. J'arrive rapidement dans le bureau de mon père, et heureusement qu'il n'est pas fermé. J'ouvre la porte se trouvant derrière son bureau et découvre la pensine que Lucius lui a offert il y a quelques temps déjà. C'est maintenant.
Je dévisse la fiole et le souvenir coule en douceur dans le bassin. Et moi même, je bascule peu après.
Je suis dans un taudis. L'endroit est petit, humide, crasseux. Le genre d'endroit d'où l'on rêve de sortir rapidement. J'aperçois une personne dans le fauteuil miteux dans le coin de la pièce, sous une couverture. J'hallucine, devant moi se trouve ma mère, jeune. Elle doit avoir environ mon âge.
-Edith, bouge toi un peu, retentit une voix derrière mon dos.
Je n'ai entendu cette voix qu'une fois. C'était l'année dernière, et c'est celle de mon oncle Edgard, le seul frère de ma mère. Il est un peu plus vieux, et la seule fois où je l'ai vu, il s'est engueulé avec ma mère, m'a donné un petit papier avec des chiffres « En cas de besoin, je sais que tu es différente ». Et depuis plus rien.
Lui aussi a beaucoup changé. Ils ont tous deux l'air fatigué, mais ils n'ont pas en plus les rides d'aujourd'hui.
-Et tu veux que je fasse quoi au juste, réplique-t-elle d'une voix que je ne lui connais pas, beaucoup plus douce, et qui me fais frissonner.
-Tu pourrais ranger, ou au moins faire autre chose que d'être écrasée à ne rien faire.
-J'ai le droit de me reposer,grogne ma mère, je viens de rentrer de Poudlard, j'ai quand même le droit de m'accorder une pause !
-Et tu crois que c'est plus facile pour moi ? J'ai deux boulots en plus de mes études pour qu'on arrive à vivre convenablement, alors si quelqu'un doit avoir une pause ici, c'est moi.
-Vivre convenablement, se moque-t-elle. Tu rigoles, tu as vu dans quelle merde on vit ?
-Et bah si tu n'es pas contente, propose-t-il d'une voix plus calme, tu n'as qu'à aller ailleurs, voir si c'est mieux.
Quelqu'un toquant à la porte met fin à leur dispute. Le frère de ma mère ouvre la porte et je l'entends parler avec l'invité, puis s'effacer pour le laisser entrer. Cette tête me dit quelque chose. C'est Yaxley, un mangemort. Je devine assez simplement ce qu'il vient faire ici.
-Vous vous doutez pourquoi je fais le déplacement, annonce-t-il. Vous intéressez beaucoup le maître. Vous êtes les héritiers d'une famille de sang-purs et vous parents étaient respectés dans notre société.
-On voit bien où cela nous a mené, continue Edgard avec ironie.
-Toujours est il que la maître vous offre une place dans ses rangs, ce qui est un honneur que vous ne pouvez refuser.
-Donc nous n'avons pas le choix, ose ma mère.
Le mangemort se retourne vers elle.
-Vous ne devriez même pas hésiter normalement. Vous avez tout de même cinq jours pour donner votre réponse. Si elle est positive, retrouvez nous à l'heure et au lieu indiqués sur la carte.
Il lui tend cette carte avant de quitter le taudis en un coup de vent. Mon oncle quitte le coin de l'unique salle pour arracher la carte des mains de ma mère.
-Hors de question qu'on rejoigne ce groupe de malade mentaux, déclare-t-il en voulant mettre la carte à la poubelle.
Mais ma mère ne doit pas l'entendre de cette oreille car elle la lui reprend des mains et l'approche de son visage en la fixant, comme pour la déchiffrer, voir si cela est vrai.
-Edgard, comme tu peux dire ça ? Tu te rends compte de la chance qu'on nous offre ? On va enfin faire partie de quelque chose d'important, et j'ai entendu dire qu'on avait de grandes chances d'avoir un travail après avoir rejoint leur rang …
-Et tu sais ce qu'on devra faire pour ça ? Mais tu t'entends parler ! T-U-E-R, c'est ça que tu veux faire pour avoir un poste ?
-C'est la seule chance que j'ai, finit elle.
Et elle quitte la pièce, par la seule porte possible, celle de sortie.
Et je quitte moi même le souvenir et me retrouve en moins de temps qu'il ne faut pour le dire devant la pensine. Je reprends le flacon après avoir remis le souvenir dedans et repars en vitesse vers la bibliothèque. Je range tout, ne laissant aucune trace de mon passage et ensuite je pourrai réfléchir à ce dont j'ai découvert. Je remets le fameux flacon dans le livre que je remets ensuite dans la bibliothèque. J'entends du bruit en bas. Merde, l'un d'eux doit être rentré et je me dépêche de rejoindre ma chambre avant qu'il ne monte.
Une fois arrivée, je ferme la porte et ma laisse glisser jusqu'en bas. Je ne crois toujours pas à ce que j'ai découvert. Je sais maintenant comment ma mère est entrée chez les mangemort, et pourquoi elle s'est séparée de son frère. Voldemort lui avait probablement donné un travail, un nom, une place dans la société. Et même si je ne comprenais pas la folie de ma mère envers lui, je pouvais enfin l'expliquer. Voldemort lui avait donné une nouvelle et belle vie.
J'espère que ça expliquera en partie le comportement de la mère de Anna, et à se retrouve la semaine prochaine.
Chanson : Twenty four hours de Joy Division.
