Coucou ! Wahou, merci Effexor pour cette montagne de reviews ! Merci, merci, merci ! Du fond du cœur ! N'oubliez pas d'aller la lire !

Que dire ? Ce chapitre est très important, car il marque LE grand tournant scénaristique de l'histoire. C'est à partir de maintenant que l'attitude de Darcy sera décryptée, et que l'histoire va doucement de terminer. Remarquez donc bien que, même s'il semble être une pause, il n'en est pas du tout une.

Bonne lecture, et encore merci aux lecteurs qui me laissent une review ! :)

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Chapitre Dix : Paté de lapin aux mornilles.

Dans la tour des Griffondors, il y a un chat. Ce chat appartient à Elisabeth Bennet. Étant doté d'une magnifique fourrure rousse, elle avait trouvé parfaitement normal de le nommer Bingley. Ses condisciples n'y avaient pas vu de logique, jusqu'à ce qu'ils apprennent l'histoire de Jane Austen et d'Elisabeth trois ans auparavant.

Mais sans avoir eu besoin de cette nouvelle notoriété, Bingley avait toujours été un chat curieux et incapable de rester en place. Aussi, il se promenait souvent à travers les couloirs du château, entre fantômes pernicieux et sortilèges cachés. On disait de lui qu'il connaissait chacun des secrets de Poudlard mieux que quiconque.

Mais ce que les élèves ne savaient pas, c'est que Bingley aussi a un secret. Un secret que pour rien au monde il ne laisserait découvrir par ses autres amis félins. Car Monsieur Bingley était amoureux. Et pas de n'importe qui. D'une magnifique chatte au pelage doré plus soyeux que toutes les autres, et aux yeux bleus qui étincelaient dans le noir.

Oh, bien entendu, Bingley n'était pas le seul à s'être aperçu de sa grande beauté. Mais il se plaisait à penser que Jane, son amour si délicat, l'avait remarqué parmi sa foule de prétendants. Aussi, dès qu'il eut pris conscience de ses sentiments grandissants pour elle, il se mit en tête de pénétrer dans les dortoirs des Serdaigles.

Car c'était là-bas qu'elle vivait, auprès de son maître, un jeune homme très intelligent. Jane n'était pas de nature particulièrement curieuse, et, quand son maître lui demandait de ne pas quitter sa chambre, elle acceptait sans chercher à le contredire.

Ce que Bingley ne savait pas, par contre, c'était que Jane l'avait véritablement remarqué. Elle avait entendu ses exploits par d'autres amies félines, et ne rêvait que d'une chose, le rencontrer, cet aventurier si courageux venant de Griffondor. Aussi rêvait-elle elle aussi de son prince charmant, sans se douter qu'il campait toutes les nuits devant le mur aux énigmes qui ouvrait le chemin vers sa dulcinée, en se demandant comment il pourrait un jour répondre à ces délicates questions sans miauler.

En ce jour de bal, Bingley est donc devant la porte, espérant qu'un élève soit assez pressé pour ne pas le remarquer, et lui permettre de glisser silencieusement dans ce lieu interdit. Et pour une fois, le vœu de Bingley se réalisa, en la personne d'un beau jeune homme visiblement désappointé.

Renonçant à toute prudence, Bingley se décide à miauler pour avertir l'humain de sa présence. Étonné, celui-ci baisse les yeux, et découvre notre héros. Il lui sourit, s'abaisse pour le caresser, tout en lui murmurant :

- C'est Jane que tu viens voir, hein, coquin ? Je t'ai déjà vu attendre ici. Je me demandais si tu abandonnerais un jour. Mais non, tu es comme moi. Tu n'abandonneras jamais la femme que tu aimes, n'est-ce pas ?

Bingley, bien évidemment, ne comprenait rien à ce baragouinage humain. Il se contente de ronronner un peu plus, espérant que ce sympathique jeune homme lui ouvrira la caverne des merveilles. Celui-ci se redresse, et lui sourit à nouveau.

- Eh bien, pour ce soir, je te laisse entrer !

Après avoir répondu à l'énigme très compliquée du mur (« Un berger a 27 brebis. Toutes meurent, sauf neuf. Combien en reste-t-il ? »), le jeune homme s'efface pour laisser passer le Roméo si impatient. Qui se précipite tête baissée dans la salle commune, humant l'air à la recherche de sa Juliette bien aimée.

Il la découvre endormie sur un fauteuil, pelotonnée contre un coussin bleu roi. Bingley lève les yeux vers l'humain, qui secoue la tête de haut en bas en souriant.

- Allez, vas-y !

Sûr à présent de son succès prochain, Bingley tente un léger miaulement pour réveiller la Belle aux Bois Dormant. Celle-ci remue un peu, pensant avoir rêvé. La deuxième tentative est la bonne. La belle, éveillée, cherche le propriétaire de cette voix mélodieuse, et découvre, au pied de son fauteuil, l'amoureux transi.

La suite, vous la devinerez peut-être. Une discussion, un baiser, un amour partagé. Tout est bien qui finit bien pour Jane et Bingley.

Le jeune homme amusé regarde la scène à l'autre bout de la salle. Et il se met à rêver que cet amour soit aussi sien …

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Le lendemain matin, tour de Griffondor.

- JE T'AI VUUUUE !

Charmant. Me voilà réveillée par un hurlement strident, ne pouvant appartenir qu'à ma pseudo meilleure amie.

- Moi aussi, et j'en fais pas une affaire d'état … grommelai-je, la tête enfoncé dans l'oreiller.

Qu'il est doux de se lever après midi, un Dimanche ! Se lever avec la satisfaction du devoir accompli, qui plus est ! La fête s'est terminée sans encombre, avec une MacGonagall ravie de voir qu'un projet pharaonique pouvait être accompli dans les plus brefs délais, tellement heureuse qu'elle s'était proposé de ranger la salle. Merveilleuse fin de soirée.

- Je t'ai vue … danser avec Darcy ! Hurla Charlotte, triomphante.

Heureusement que nous sommes les seules encore endormie dans le dortoir, sinon Marianne Dashwood aurait explosé de joie. Et je l'aurais faite exploser en plein de petits morceaux. Joie.

- Et alors ? Hasardai-je, encore à moitié endormie malgré les cris stridents.

- Et alors ? Tu oses me répondre un simple 'Et alors ?' !

- Et alors ? Répétai-je en baillant.

Laissez moi dormir encore un peu, pitié ! Mais ma couverture s'envole sans que je puisse me défendre contre l'attaque sournoise. Je lance un regard noir à la fautive, qui n'a pas l'air de vouloir se confondre en excuses.

- Mais enfin … C'est Darcy ! Tu imagines qu'il n'a dansé qu'avec toi, et toi seule, de toute la soirée ?

- Ah bon, lançai-je innocemment.

Comme si je ne le savais pas déjà ! J'avais passé la soirée à l'espionner, et la nuit à me demander pourquoi il était venu me voir moi et pas une autre.

- Oh, ce n'est pas comme si tu avais dansé avec ton pire ennemi. Ce n'est pas comme si tu avais adoré ça. Et ce n'est surtout pas comme si tu m'avais supplié de ne le dire à personne sitôt rentrées.

- Comme tu dis, répondis-je en étouffant un bâillement. On va manger ?

Charlotte me lance son célèbre regard 'Tu crois que je n'ai pas compris ton petit jeu ?', puis hausse les épaules.

- T'es un ventre sur pattes.

- J'ai pas eu le temps de manger hier soir. Les Gobelins m'ont collée toute la soirée, avec leurs questions débiles et leurs réclamations ridicules.

- C'est sûr que danser avec Darcy couperait l'appétit de n'importe qui, remarque perfidement Charlotte tout en se dirigeant vers la salle de bains.

- C'est ça … Va te faire cuire un œuf de Basilic ! Lui lançai-je une fois la porte fermée.

Un éclat de rire me répond. Je bougonne dans mon lit, assise en tailleur. J'ai dansé avec Darcy, et alors ? C'est pas un crime, à ce que je sache ! Et le fait qu'il m'ait appelée Elisabeth n'est qu'une pure et simple coïncidence !

- Tu sais, Lizzy, il y a une rumeur qui circule sur Darcy et ton autre chevalier servant, me lance Charlotte à travers la porte.

- Ah parce que j'en ai plusieurs ? Décidément, je fais collection.

- Willoughby, imbécile. Ton cher et tendre préfet.

Ah oui, c'est vrai. Il y a lui aussi. Je rougis en repensant au baise-main. Une vraie gamine.

- Oui. Il paraît que le père de Darcy a conduit en faillite les affaires des parents de Willoughby.

- Et on sait pourquoi ?

- Pourquoi, ça t'intéresse ? Fait-elle sur un ton innocent.

- Charlotte ! Lançai-je, exaspérée.

- Si on ne peut même plus rigoler. Enfin bref. Paraîtrait que c'est à propos de la mère de Darcy, mais je n'en sais pas plus. Pour plus de détails, demande à …

- Wickham, je sais, soupirai-je.

Tiens, je l'avais pas vu de la soirée, celui-là. D'ailleurs, je ne l'avais plus vu depuis cette fameuse sortie à Pré-au-Lard. Peut-être est-il toujours encastré dans le plancher de la maison, depuis que Darcy lui a marché dessus.

- Non, pas cet abruti fini. Les trois-quarts de ce qu'il raconte est totalement faux. Je pensais à Marianne Dashwood. Elle est la plus à même de te rapporter les ragots qui tournent dans le château en ce moment.

Je soupire à nouveau. Franchement, je me demande si parler à Marianne n'équivaudrait pas à me jeter de plein gré dans la gueule du loup.

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- Elisabeth ?

Je me retourne, étonnée de voir encore quelqu'un dans la Grande Salle. L'heure du repas était passée depuis longtemps, mais Charlotte et moi finissons à peu près tous les plats qui se trouvent seuls et démunis sur les tables. J'aperçois Willoughby, suivi par une grosse boule de poils orange.

Du coin de l'oeil, je vois Charlotte esquisser un large sourire. Traîtresse.

- Bingley !

La boule en question me saute dans les bras en miaulant affectueusement.

- Où étais-tu passé depuis un mois ? Je ne t'ai pas vu plus d'une minute dans ma chambre !

- Pour tout avouer, il attendait tous les soirs devant la porte de ma salle commune, déclare Willoughby, amusé.

- Et pourquoi donc ?

- Parce qu'il voulait désespérément voir ma petit Jane.

Je lève les yeux sur lui, abasourdie. Jane et Bingley ? Je suis poursuivie par une malédiction, c'est pas possible ...

- C'est mon animal de compagnie, s'explique-t-il. Elle l'a très bien accueilli, si ça peut te rassurer.

- Logique. Entre ces deux là, ça ne pouvait que coller.

Il me lance un regard intrigué. Forcément, j'allais encore devoir expliquer l'histoire. Une fois de plus.

- C'est dans 'Orgueil …'

- 'et Préjugés', je sais, me coupe-t-il.

C'est à moi de lui lancer un regard surpris. Depuis quand les Sang-Purs lisent-ils des livres de moldus ?

- Je l'ai lu. Depuis ton histoire avec Darcy, en fait.

- Comme tout le monde … grommelai-je, déçue.

Moi qui pensait être tombée sur une exception dans le monde des sorciers. Ne jamais faire de jugement prématuré, Lizzy ! Tu n'as pas retenu la leçon ?

- J'ai adoré.

- Vraiment ? Lui demandai-je, sceptique.

- Parce qu'il parlait de toi.

Je reste pétrifiée. Ai-je bien entendu ?

- De … moi ? Balbutiai-je.

J'entends Charlotte qui tente de s'enfuir discrètement derrière moi. Traîtresse, le retour.

- De toi, Elisabeth Bennet. Depuis trois ans déjà, tu hantes mes pensées. Et depuis cette danse hier soir, je n'ai pensé qu'à toi.

J'avoue. Je ne sais pas quoi lui répondre. Oui, non, peut-être. L'image de Darcy me traverse la tête, puis je le revois en deuxième année. 'Pauvre cloche'. Un sourire se dessine sur mes lèvres quand je vois une forme bouger à l'entrée de la salle. Parfait.

- Tu acceptes ?

Je sors de mes pensées pour regarder à nouveau Willoughby. Après tout, j'aurai peut-être dû aller à Serpentard, vu le plan qui me traverse l'esprit.

- Tu me laisses y réfléchir ? J'ai quelques petits problèmes à régler, toutes ces histoires de Préfet, de retenue. De James Potter et Sirius Black en particulier, ajoutai-je en grimaçant. Je n'ai pas envie de tout gâcher à cause d'un simple emploi du temps chargé.

Il me sourit, visiblement soulagé par ma réponse.

- Je peux prendre un acompte ?

- Je t'en prie, chuchotai-je en me penchant en avant.

Sa main effleure ma joue, repoussant une abondante masse de cheveux très mal coiffés au vu de la soirée de la veille. Son visage se rapproche du mien, et ses lèvres se posent à l'endroit ainsi dégagé de mon visage. Parfait.

A l'entrée de la salle, William Darcy tourne les talons, et s'en va sans jeter un regard en arrière.

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Ne sortez pas vos mouchoirs, Darcy a plus d'un tour dans sa manche ! ;)