Kikou à tous ! Bon, alors pour ceux qui n'auraient toujours pas compris, je n'ai pas l'intention de précipiter les choses entre Rogue et Elodie. Pour une simple et bonne raison, cela dénaturerait le personnage, or c'est l'intérêt que je porte à sa personnalité qui a fait que j'ai pris plaisir à écrire cette fic, sans changer son caractère trop violemment. Pour la petite info, ma fic se compose de deux parties, la première fait 250 pages manuscrites et la seconde n'est pas achevée et en est déjà à 48 pages. Croyez-moi, c'est bien meilleur quand ça prend du temps à arriver. Et puis, entre temps, on apprendra plein de choses sur eux deux, enfin surtout sur la fille ! Et ne vous en faîtes pas, on verra les persos évoluer, progressivement, à leur rythme et leur manière. Merci pour toutes les reviews et en particulier à Phoenixgirl, je vois que tu es bien dedans et ça me fait trop plaisir ! Au fait, j'en profite pour dire que j'ai déjà trouvé mon style d'écriture depuis très longtemps, et bien qu'il ne soit pas très différent de celui-ci, c'est exprès qu'il ressemble à celui des livres, sinon les personnages auraient été dénaturés. Je remercierais donc Shalimar de garder ses conseils d'écrivain aboutie pour d'autres que cela intéresse et de cesser d'écrire la même remarque sur la vingtaine de fics que j'ai déjà pu lire sur ce site. Ceci en toute amicalité bien sûr !
De retour dans la grande salle, elle aperçut Hermione, Harry et Ron qui se précipitaient sur elle.
- Mais qu'est-ce que tu fichais ? lança le rouquin. Ca fait une heure qu'on te cherche partout !
- Désolée ! dit-elle en rougissant. Je…je…
- C'est bon Ron ! intervint Hermione qui s'était rendue compte de l'était de choc de son amie. Seulement, je pense savoir ce qui se passe en ce moment ! soupira-t-elle en tournant son regard vers Elodie.
- Eh ben tu en as de la chance ! Parce que moi… commença Ron.
- Je crois que tu as des ennuis, coupas Hermione d'un ton solennel (hommage à ma prof de philo et à ses « solennnnnnnel » à répétition, il faut dire qu'elle a un « ennnnemi très sérieux heinnn »! Ceux qui connaissent la reconnaîtront. ) et sans cesser de la fixer du regard.
- Je le pense aussi, intervint Harry jusque là resté silencieux, et je m'aperçois que tu ne veux pas m'en parler ! J'ai remarqué tes changements de comportement depuis un certain temps, toutefois, en voyant que les autres ne s'en rendaient pas compte et que tu ne voulais pas nous dire ce qui n'allait pas, je me suis dit que c'était peut-être de moi que venait le malaise !
Le jeune homme à la crinière rousse lançait des regards d'appel au secours à ses trois amis, l'air de chercher une âme charitable pour lui expliquer la situation. Seulement, personne ne lui fit cette joie. Ils se pressèrent de manger et regagnèrent la salle commune des Gryffondor sous l'œil suspicieux de Rogue qui les observait avec un regard noir. La jeune fille s'en était aperçue, cependant, elle se devait d'être franche envers ses amis et leur dire ce qui s'était passé. Eux ; lui avaient fait confiance dès le premier jour, elle se devait d'en faire autant. Arrivés dans la salle commune, ils s'installèrent dans des fauteuils au coin du feu. Elle était encore déserte, la plupart des élèves n'avaient pas encore terminé de manger. Puis, elle entama son récit, Et leur rapporta tout ce qui lui était arrivé dans l'après-midi, la conversation qu'elle avait surprise entre Rogue et le Mangemort et les menaces du professeur.
- Donc, il sait que c'est moi qui t'ai mise au courant de tout, en conclut Harry en se passant une main dans les cheveux à la manière de quelqu'un qui vient de vivre quelque chose d'éprouvant. Bah, de toute façon, ça ne modifiera pas beaucoup son comportement à mon égard ! soupira-t-il.
- Je suis vraiment désolée ! Murmura Elodie. Depuis que tu me connais, je ne suis bonne qu'à t'apporter des ennuis.
- Moi, je ne pense pas que ce soit pour moi que tu doives t'en faire. Il me semble que tu as des ennuis disproportionnés avec Rogue alors que tu ne le connais que depuis peu !
- C'est dingue d'être aussi mauvais ! cracha Ron avec dégoût.
- Non ! intervint la jeune file. Je suis sûre qu'il n'est pas mauvais au fond !
- Tu plaisantes Elo, ce type est pourri jusqu'à la moelle des os !
- NON ! Je te prouverai que tu as tort, cria-t-elle avec ferveur, ne se rendant pas bien compte qu'elle se couvrait de ridicule en défendant avec tant de véhémence, cet individu tant haï de ses amis.
Tous se retournèrent vers elle, surpris de cette intervention, et Hermione, la voyant plongée dans l'embarras, tenta de la tirer de ce mauvais pas :
- Je pense que ce qu'elle veut dire, c'est qu'il ne faut pas juger les gens sans bien les connaître !
La jeune femme la remercia du regard. Cependant, elle avait l'étrange impression que son amie avait percé à jour ses sentiments. A onze heure moins le quart, alors qu'elle se dirigeait vers le portrait de la grosse dame pour aller assister à son cours de Potions privé, Harry l'arrêta. Il eut l'air de vérifier que personne dans les parages ne pouvait l'entendre.
- Tu as raison, commença-t-il comme si ce qu'il s'apprêtait à dire, lui coûtait beaucoup. Le sale caractère de Rogue n'est pas dû au hasard ! Tu… tu m'as l'air de… pas mal t'intéresser à lui ! fit-il d'une voix hésitante.
Elle rougit violemment mais il continua avant qu'elle n'ait pu ouvrir la bouche pour protester.
- En conséquence, il vaut mieux que je te raconte quelque chose à son sujet ! Maintenant, tu n'as pas le temps et avec ce qu'il t'est arrivé aujourd'hui, il ne vaut mieux pas que tu arrives en retard à son cours ! Alors… je t'attendrai !
- Mais…
- Il ne faudra par contre, sous aucun prétexte, le répéter à Ron ni même à Hermione, parce que cela fait deux ans que j'ai découvert ce dont je vais te faire part et que je ne les ai toujours pas mis au courant. C'est en partie parce que cela impliquait mon père quand il était jeune et que j'en avais honte ! Enfin…je n'en étais pas très fier et Rogue est au courant que je sais… bref… d'ailleurs, il a failli m'écorcher vif !
La jeune fille, sous le coup de l'étonnement, ne sut que répondre et se contenta de dire :
- Je vais être en retard !
Sur ces derniers mots qui laissèrent Harry sans voix, elle fit pivoter le tableau qui bouchait l'entrée de la salle commune des Gryffondor et quitta la pièce. Elle se dirigea vers les cachots, l'estomac plus noué que jamais. Elle était terrorisée à l'idée de se retrouver encore une fois face à l'homme qui semblait sur le point de la tuer quelques heures auparavant. En arrivant devant la porte, elle jeta un œil à sa montre et se mit à hésiter. Il lui restait deux minutes et trente trois secondes pour faire demi-tour et s'enfuir en courant. Ses jambes faillirent se dérober sous elle lorsqu'elle entendit une voix glaciale :
- Entrez ! fit celle-ci.
Elle se demandait comment il pouvait savoir qu'elle était derrière la porte, quand en se retournant, elle crut mourir d'un infarctus en le voyant derrière elle. Sa haute et écrasante silhouette noire était à peine à une trentaine de centimètres derrière la sienne. Le regard noir s'intensifia et fixait la fille dans les yeux avec un regard de profond mépris.
- Je vous ai dit d'entrer, continua-t-il toujours avec la même intonation froide et rigide.
Elle poussa la porte du bureau et y pénétra suivie de près par le Maître des Potions. Elle sentait le regard de glace posé sur sa nuque et se retourna. Leurs yeux se rencontrèrent à nouveau, elle cilla et rougit vivement. Il eut un sourire mauvais et dit calmement sans détourner son regard :
- Avancez ! Ce soir, nous travaillerons sur la potion d'amnésie ! siffla-t-il d'un air féroce.
Elle avait un mauvais pressentiment, un très mauvais pressentiment. Avait-il l'intention de lui faire oublier tout ce qu'elle n'aurait pas dû savoir ? Non, c'était impensable ! Il ne pouvait pas, il n'en avait certainement pas le droit ! Oui…mais… utiliser les sorts impardonnables était également interdit et puni par une détention à vie à la prison d'Azkaban. Remarque, il l'avait utilisé sur un Mangemort. Oui, mais, lui-même en était un. Elle ne savait plus du tout où elle en était, et se sentait totalement perdue.
- Prévenez-moi lorsque vous aurez terminé ! dit la voix cinglante.
Elle revint brusquement à la réalité. L'homme se tenait devant elle, les bras croisés sur sa poitrine d'un air impatient. Elle le fixait également mais son regard à elle était dans le vague. Quand elle comprit qu'il faisait allusion à l'inspection dont il était l'objet, elle rougit vivement et baissa la tête. L'homme eut un sourire triomphant. Elle se dirigea vers une table où des fioles et divers ingrédients étaient soigneusement disposés. Il y avait également un vieux grimoire ouvert ainsi qu'un gros chaudron en étain posé par terre.
- Vous savez quoi faire ? lança-t-il en s'asseyant à son bureau pour corriger un tas de copies.
La perspective de rester de dos à cet homme durant de heures l'effrayait au plus haut point. De temps à autres, elle se retournait pour voir ce qu'il faisait. Et chaque fois, elle le voyait raturer les feuilles de bas en haut avec un air sournois. Elle en oubliait de tourner sa mixture. Une quinzaine de minutes après, elle entendit un ricanement à peine audible et le crissement d'une plume qui glissait sur toute la longueur d'une copie.
- Miss Merson, il me semblerait judicieux de revoir vos notions sur les potions de guérison ! ironisa-t-il.
Elle ne tarda pas à comprendre qu'il s'agissait de son propre devoir. Elle lâcha la louche et serra les dents de rage contenue. Elle entendait la voix se rapprocher doucement d'elle.
- On ne vous a jamais appris à mélanger le contenu d'un chaudron, Miss Merson ?
Elle reprit la louche en main avec un tressaillement et remua fébrilement le liquide. Elle ne se retourna pas à la remarque et bientôt sentit le courant d'air que provoqua la cape du Maître des Potions en s'approchant d'elle. Elle sentait sa présence juste derrière elle mais n'osa pas se retourner. Pourtant, cela lui aurait évité une sacrée peur. Elle sentit une longue main blanche se poser sur son épaule et se resserrer telle les griffes d'un oiseau de proie, pour se presser contre elle afin de glisser sa main droite jusqu'à la sienne. Elle se contrôla pour ne pas sursauter. Il la referma par-dessus la main tremblante qui tenait la louche et se mit à faire de petits mouvements circulaires pour mélanger peu à peu les ingrédients du chaudron. Elle se sentit rougir comme jamais en regardant la grande main pâle qui cachait la sienne en elle. Elle sentait la haute silhouette contre son dos et se mit à trembler, elle sentait même la respiration de l'homme sur sa nuque. Un moment plus tard, il lâcha sa main, gardant toujours la sienne fermement posée sur son épaule. Elle se retourna alors et le vit juste derrière elle, bras croisés, un sourire au coin des lèvres.
- C'est mieux comme cela, vint la remarque cinglante. S'il faut aussi vous enseigner comment mélanger les ingrédients d'une potion, vous n'êtes pas prête d'avoir vos ASPICs ! dit-il avec cynisme.
Il posa sur la jeune femme un regard amusé et cruel.
- C'est fini pour ce soir. déclara-t-il. Juste par curiosité, dans quelles matières comptez-vous passer vos ASPICs ?
- Je…euh…
- Faîtes des phrases complètes, Miss Merson !
- Euh… oui pardon, professeur, se hâta de dire la jeune femme qui sentait qu'elle ferait mieux de ne pas énerver Rogue. Je pensais les passer en Défense Contre les Forces du Mal, en Métamorphose, en Sorts et Enchantements et euh… en Potions Magiques !
Le sourire sardonique s'effaça aussitôt des fines lèvres et il fronça les sourcils.
- Eh bien, vous pensiez mal ! siffla-t-il.
- Mais… pourquoi ? demanda-t-elle surprise.
- Parce que vous n'avez même pas le niveau pour l'obtention d'un D en Potions !
- Mais…continua-t-elle, je n'ai pas besoin de votre consentement, dit-elle d'un ton innocent.
- …
Manifestement, il ne savait que répondre. Elle resta interdite un moment à le regarder, guettant la moindre de ses réactions. Elle avait commis un faux pas et décida de ne pas rester penchée sur le sujet, trop dangereux !
- Est-ce que ma potion est réussie ? hésita-t-elle à demander.
- « Réussie » est un bien grand mot ! ironisa Rogue.
- Mais… elle est correcte au moins ?
- N'exagérons rien ! grinça-t-il avec un rictus.
- Je… peux m'en aller ? hasarda-t-elle.
- Oui ! Sortez à présent. ! siffla-t-il.
- Bonne nuit professeur. Dit-elle en rougissant.
Il ne lui rendit pas son salut et resta le nez plongé dans sa pile de copies.
oOoOoOoOo
- Debout Potter ! Relevez-vous ! Si vous ne fournissez pas plus d'efforts, il sera facile pour le Seigneur des Ténèbres de pénétrer votre esprit ! s'écria le professeur de Potions l'air furieux.
C'était un lundi soir assez froid, à vingt trois heures. Les cours d'Occlumancie avaient repris pour Harry et Elodie y assistait en rattrapant ses cours de Potions dans un autre coin de la pièce. Le jeune garçon était complètement épuisé et ne parvenait plus à tenir debout face au pouvoir de Rogue. Quelques jours auparavant, le survivant lui avait fait part de la scolarité désastreuse de l'homme en ce qui concernait ses relations avec les autres. Il lui avait également raconté en détail ce qu'il avait vu dans la pensine de Rogue ainsi que dans sa tête ; le jour où le cours de Harry avait tourné au désastre. Cette nuit-là, sans qu'elle sache vraiment pour quelle raison, elle avait pleuré silencieusement ne parvenant à trouver le sommeil. Elle regardait, ce soir, cet homme sombre au regard de glace qui ne semblait ressentir rien d'autre qu'amertume, rancune et colère. C'était à priori, tout ce qu'il était capable d'exprimer, ça et le mépris qu'il lui portait.
BBBBBAAAAAAAAAAAAAAAAAMMMMMM !
Harry venait de tomber à nouveau sous le regard furieux de Rogue, dans sa chute sa tête avait percuté une armoire de plein fouet et il la tenait entre ses mains, grimaçant de douleur, assis sur le sol du bureau.
- DEBOUT !
- Attendez professeur ! intervint la jeune fille affolée qui venait de lacher un sachet d'herbes, laissez-le récupérer, il a l'air d'avoir très mal !
- Mêlez-vous de ce qui vous regarde petite idiote ! siffla ce dernier. Potter a parfaitement conscience de ce qu'il doit faire pour avoir le loisir de paresser ! N'est-ce pas Potter ? Mais je ne suis pas dupe !
Mais Harry ne faisait vraiment pas semblant de souffrir. Son visage était défiguré par une douleur si intense, qu'il ne pouvait répondre à Rogue.
- Debout Potter ! Nous reprenons, dit-il d'un ton qui ne permettait plus la moindre réplique.
Elle paniquait Harry était toujours à terre et Rogue allait tout de même lancer son sort.
- Un, deux, trois, Legilimens !
- NON !
La jeune fille s'interposa avant que le sort ne frappe son ami. Elle eut à peine le temps de lancer un faible « protégo », seulement la force magique de Rogue était incomparablement plus puissante que la sienne et la totalité du sort ne fut pas entièrement détournée. Elle fut renversée sous le choc, et bientôt, sentit une présence dans son esprit. Elle comprit alors que le sort jeté par Rogue destiné à Harry l'avait touchée. Sa tête s'embruma, elle revivait toute une série de souvenirs humiliants datant de sa scolarité chez les moldus. Elle était assise dans la cour de son collège et un groupe d'élèves qui passaient la traitait de « sans amis », et autres horreurs. Elle sortait de cours et avait reçu une pierre derrière la tête et bientôt c'était tout un jet de cailloux qui l'assaillait. Elle tenait fermement un garçon de son école par le col et le rouait de coups, son cœur débordait de tristesse et de haine. N'importe qui en voyant ces scènes auraient compris qu'elle n'était guère très aimée dans son ancien établissement scolaire. Les situations plus cuisantes les unes que les autres dans lesquelles elle s'était retrouvée défilaient devant ses yeux. Soudain, son cerveau fut assailli par des images inconnues, des souvenirs qui n'étaient pas les siens s'offraient à son regard. Parmi eux, ceux que Harry lui avait racontés au sujet de Rogue. Elle en déduisit que son sort de défense n'avait pas été entièrement vain. Visiblement, il s'agissait de souvenirs qui avaient énormément marqué cet homme. Elle revivait certains moments de sa vie, de son enfance, comme de son passé de Mangemort. Son pouvoir d'empathie lui permettait en outre de ressentir ce que lui, avait ressenti lors des faits. Une scène la marqua tout particulièrement : une haute silhouette vêtue de noir et encapuchonnée, avançait vers une jeune femme blonde aux yeux azurs et larmoyants. La jeune fille entendit la femme supplier qu'on la laisse vivre. Elle ressentit alors comme une décharge de douleur pure en pleine poitrine et se mit à crier. Elle comprit que la douleur ne venait pas de la victime mais du Mangemort. Il portait un masque mais elle sut que c'était lui sans pouvoir se l'expliquer.
- S'il vous plaît…. Je … je vous en supplie… non ! Je porte un enfant ! implora la femme en passant une main sur son ventre d'un geste protecteur.
Il eut un rire effrayant, puis lança :
- Avada Kedavra !
La femme s'écroula alors sans prononcer un seul mot ni émettre un seul son. La douleur s'intensifia et la jeune fille se recroquevilla sur elle-même pour ne pas hurler. Cette souffrance… elle n'était pas externe, elle venait de l'intérieur, c'était celle du Mangemort au masque d'argent. Ce qu'il faisait lui causait tant de douleur, alors pourquoi l'avait-il fait ? Elle ne comprenait plus rien et comme en réponse à sa question, un autre flash se déroula sous ses yeux, un de ceux que Harry lui avait racontés. La différence étant que là, elle le vivait. Une femme était parterre et sanglotait, elle était d'une incroyable beauté. Devant elle, se tenait un homme aux cheveux noirs et dont les yeux, aussi sombres, lançaient des éclairs en sa direction. Il lui hurlait dessus. Visiblement, le couple se disputait. La ressemblance avec le Maître des Potions était frappante. La jeune fille aperçut, dans un coin, à l'autre bout de la pièce, un enfant d'une dizaine d'années, tout vêtu de noir, une chevelure aile de corbeau, et lui aussi comme sa mère, recroquevillé en position fœtale. Les larmes coulaient silencieusement de ses yeux noirs. Son teint était pâle et son regard exprimait une haine profonde. En s'approchant de l'enfant, elle ressentait de plus en plus ce qui semblait être ses émotions et douleurs physiques. Elle comprit alors. C'était Rogue. Elle commença à se tordre comme si on l'avait rouée de coups, ce qui avait d'ailleurs dû être le cas pour le jeune enfant. En le regardant plus attentivement, elle vit une goutte de sang couler le long de sa tempe pour venir se mêler aux larmes. Avec la douleur qu'elle ressentait, elle se demandait comment lui, pouvait rester immobile ; c'était plus qu'insoutenable. Elle crut qu'elle allait faire un malaise quand les émotions du jeune garçon se firent ressentir : une profonde tristesse envahit alors son cœur, bientôt remplacée par la haine et la fureur. Elle ne put empêcher ses larmes de couler. Elle avait tellement mal qu'elle ne parvenait même pas à crier. Même enfant, Rogue était déjà quelqu'un de très fort bien qu'une âme torturée comme personne n'aurait pu le croire possible. Elle ne voulait plus jamais ressentir cela.
En reprenant ses esprits, elle s'aperçut que Harry était accroupi derrière elle et la tenait par les épaules. Elle était prise de convulsions et ne cessait de pleurer. Rogue se tenait debout derrière son bureau, les sourcils froncés, il observait Elodie avec surprise et surtout avec horreur. Il avait compris ce que la jeune fille venait de vivre et tout ce que cela impliquait. Soudain, se recroquevillant sur elle-même, elle plaqua ses mains sur ses tempes. Elle n'avait jamais rien ressenti d'aussi fort. Une vive douleur au bras droit et une autre au front la frappèrent. De l'inquiétude, de la colère, de la compassion et de la frustration s'insinuaient en elle, mais il ne s'agissait pas de ses propres émotions, elle en était certaine, tout comme les douleurs physiques qu'elle éprouvait. Une sensation dure et froide envahit son cœur, chassant tout le reste, la force de ce sentiment était incomparable. Elle tourna son regard humide vers Rogue et se mit à gémir, ce que c'était désagréable…. Douloureux. En tout instant, le Maître des Potions n'avait jamais la conscience tranquille. Les inquiétudes de Harry étaient fortes, mais ce n'était rien en comparaison de l'ignoble douleur qui dévorait littéralement l'esprit de l'homme. Jamais on n'aurait pu imaginer que cet individu si froid avait un esprit si complexe et tourmenté. Il fit un pas vers son élève et la douleur s'intensifia. Elle se renferma un peu plus en hurlant. L'homme fronça davantage les sourcils et fit quelques pas vers elle.
- NE M'APPROCHEZ PAS ! hurla-t-elle en crispant ses mains dans sa chevelure.
- Allez chercher Dumbledore, Potter ! dit calmement Rogue d'une voix rauque, inhabituelle.
- Il vaudrait peut-être mieux aller chercher Madame Pomfresh, dit Harry.
- ALLEZ CHERCHER DUMBLEDORE, s'énerva Rogue, TOUT DE SUITE !
Harry sortit en trombe de la pièce pour aller chercher le directeur. Le Maître des Potions en profita alors pour s'approcher de la jeune femme malgré ses supplications et ses gémissements.
- Je vous en prie, sanglotait-elle, j'ai mal ! Vous… VOUS ME FAÎTES MAL !
Il haussa un sourcil.
- Ne soyez pas ridicule, siffla-t-il, je ne vous ai même pas touchée !
Elle parvint tant bien que mal à calmer un peu ses convulsions et ses pleurs. Elle enfouit sa tête dans ses genoux et les entoura de ses bras comme pour créer un cocon impossible d'accès à toute intrusion externe.
- De quoi je me plains ? chuchota-t-elle. Je ne fais que ressentir ce que vous éprouvez chaque jour.
Il allait lui demander des explications plus précises mais n'en n'eut pas le temps, car la porte de son bureau s'ouvrit et Dumbledore entra précipitamment, suivi de Harry. La jeune fille sentit une vague de tourments supplémentaires l'envahir et ses convulsions devinrent incontrôlables. Elle se remit à se tordre et à hurler.
- SORTEZ ! …S'il vous plaît !
Le vieux sorcier fit signe à Rogue et Harry de sortir de la pièce et de s'en éloigner le plus possible. Immédiatement, toute douleur s'effaça de son corps et de son esprit. Seul un goût amer lui restait. Elle releva la tête, les yeux embrumés, et vit le directeur qui se tenait accroupi devant elle. Elle ne sentait plus rien et se demandait bien pourquoi.
