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TRENTE-ET-UN
de
Dalou28
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Disclamer : Les personnages et le monde d'Harry Potter appartiennent à JKR.
Warning : Yaoï ! Relations entre hommes donc homophobes s'abstenir !
Note 1 : Aucun spoiler... C'est une fic donc tout est possible !
Note 2 : Les noms des personnages sont presque tous conservés dans leur version d'origine...
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Dans les épisodes précédents : ...Voldemort a enfin trouvé le moyen de passer les barrières de protection de Privet Drive. Hanté par de mauvais pressentiments, il est sûr de sa victoire... Mais lorsqu'il arrive sur place, Harry Potter gît déjà dans une marre de sang dans sa minable chambre moldue... Il l'emmène inconscient au Manoir Malfoy. L'Ordre du Phœnix arrive pour découvrir que leur héros a disparu... Severus, leur espion, reste leur dernier espoir pour revoir Harry vivant... Celui-ci leur apprend que l'adolescent est prisonnier du Lord qui l'a fait soigné en attendant de statuer sur son sort. Pendant ce temps, lors d'une violente altercation entre Fenrir et Théodore, ces deux ennemis finissent par céder à une passion inconsciente...
Les Malfoy obtiennent la garde de Harry. Dumbledore compte sur la réaction du Survivant à son réveil pour le récupérer mais celui-ci se réveille amnésique. Il a oublié tout ce qui s'est passé après la réception de sa lettre pour Poudlard. Voldemort le confie à Fenrir pour punir celui-ci de ses "chamailleries" avec Théodore... L'homme se retrouve à apprécier la présence de Harry qui admire son côté loup-garou, inconscient de la menace qu'il représente. Lucius voyant d'un mauvaise œil cette prise de pouvoir sur le Survivant tente aussi de se faire une place auprès de l'adolescent...
Mais Harry se réveille. Il rejette dans un premier temps Fenrir pour suivre Lucius qui lui explique sa situation. Pensant à un stratagème de Dumbledore, il se prend pour un espion et se lie avec Fenrir pour lui soutirer des informations mais il finit par lui promettre de l'aider à trouver ce qu'il y a derrière le mur d'oubli dans la tête du loup-garou et de Théodore... Jusqu'à l'attaque des Aurors où Remus le laisse entre les mains des Malfoy pour capturer Fenrir et l'enfermer à Azkaban. Mais celui-ci a permis l'évasion de Bellatrix avant sa capture...
Draco, jaloux, tente de se débarrasser de Harry en l'aidant à s'évader, transformé en elfe de maison. L'évasion échoue...
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Chapitre 10 : Manipule
Au Manoir Malfoy, dans le bureau de Lucius...
Lucius perdit son air assuré et hautain d'aristocrate quand il vit le Seigneur des Ténèbres entrer comme un damné dans son bureau. Il s'était figé sur son fauteuil.
« Où est Potter ? »
Le blond se leva brusquement, droit comme un I.
« Où - Est - Potter ? Rugit de nouveau le Lord Noir.
- Sûrement dans sa chambre, Maître...
- Certainement pas ! Ton imbécile de fils l'a aidé à s'échapper ! »
L'imbécile en question était recroquevillé sur un des fauteuils. Avec un peu de chance, peut-être qu'il ne s'apercevrait pas de sa présence... C'était sans compter son père...
« Mais ce n'est pas possible. Mon fils discute avec moi... »
Voldemort se retourna vers le jeune blond qui ne put pas même déglutir de peur.
« Petit imbécile ! Tu vas me le payer très cher ! Mais pour l'instant, je veux que tu me dises où se trouve l'écervelé que tu as envoyé à une mort certaine ! »
Draco n'arrivait pas à répondre. Il n'arrivait à avoir aucune pensée cohérente tant la peur le paralysait. La situation ne s'améliora pas lorsque le Lord braqua sa baguette sur lui.
« Parle ou... »
Lucius était livide. Son fils unique risquait d'être tué et il ne pouvait rien faire. Il était figé d'horreur.
Dans le même état, Severus tenta de faire diversion pour sauver son filleul.
« Maître... Vous l'impressionnez beaucoup trop pour qu'il puisse vous répondre. Nous n'avons pas le temps de le raisonner. Je vais le ligilimencer... »
Le Lord se calma.
« Bien, mais je préfère le faire moi-même... »
Toujours aussi suspicieux... Mais Voldemort n'eut pas le temps de fouiller l'esprit du jeune homme qui s'était liquéfié dans son fauteuil que Bellatrix fit une entrée fracassante avec, dans ses bras, le Survivant qui continuait à l'être. Elle posa délicatement sa charge sur un des canapés de l'immense bureau.
« Bonjour Bella... Ma chère Bella... Siffla Voldemort. Toujours aussi surprenante et efficace, ma fidèle Mangemorte !
- Mes respects, Maître. J'ai trouvé Bébé Potter prisonnier des barrières sud...
- A-t-il été blessé ou l'as-tu assommé ?
- Je pense que c'est un peu des deux, Maître... »
Le Lord ricana.
« C'est bien, ma belle. Severus ! Ranime-le ! »
Le Maître des Potions s'exécuta.
« Bella... Reprit Voldemort. Où étais-tu passée tout ce temps ?
- J'essayais de revenir vers vous, Maître. Mais le lieu où je me suis retrouvée pour échapper aux Aurors était difficile à localiser et je ne voulais pas me faire prendre bêtement à refaisant surface trop vite. »
Le Seigneur des Ténèbres goba cette explication somme toute fort possible. Seul Severus avait des doutes sur cette version des faits. Mais il n'en laissa rien paraître, se contentant pour prodiguer les soins demandés à Potter. Cet imbécile s'en était bien sorti encore. Sauvé par Bellatrix Lestrange ! Potter ne s'en remettrait pas. L'homme en noir jeta un bref coup d'œil aux personnes présentes. Bellatrix discutait avec le Lord à voix basse. Elle était calme et sûre d'elle et pour cause : elle avait gagné quelques barreaux dans l'échelle de valeur de leur Maître ! Ce n'était pas le cas pour les Malfoy... Lucius ne pouvait cacher son inquiétude et son filleul pouvait se considérer comme en sursis. Que dire ? Quel stratagème trouver pour tirer Draco de cette impasse ?
...
Harry gémit et ouvrit les yeux...
Où était-il ? Il tenta de se relever mais une main le maintint doucement mais fermement allongé. Il laissa glisser son regard de la main à la manche noire puis jusqu'à un visage qui lui était malheureuse familier : Snape !
« Qu'est-ce que vous faîtes là ? Demanda-t-il déçu car il venait rendre compte de l'échec de son évasion.
- J'essaie de vous garder en vie comme toujours... Murmura l'homme discrètement. Mais qu'est-ce qui vous a pris, Potter ?
- J'avais l'occasion de m'échapper un peu d'ici et je l'ai saisie... Mais je ne suis pas arrivé à temps à la barrière et je suis resté coincé dedans et quelqu'un m'a sauvé...
- Toujours en retard même pour faire une ânerie... Remarqua Snape avec un rictus narquois. Vous vous êtes encore mis dans le pétrin.
- Ce n'est pas un drame puisque vous m'avez dit que je ne risquais rien de Voldemort.
- Ne l'appelez pas comme cela... Siffla le Mangemort-espion entre ses dents. Il est dans la pièce.
- Et alors ? Il a besoin de me garder en vie...
- Ce n'est pas le cas de tout le monde alors ne l'agacez pas. »
Les chuchotements attirèrent l'attention et le Seigneur des Ténèbres s'avança.
« Bien, Potter. Je crois que nous avons de petites choses à remettre au point...
- Je n'ai que faire de vos mises au point ! Cracha le Gryffondor.
- Potter... Mon cher Harry, n'oublie pas une chose. Ce n'est pas parce que je veux te garder vivant que je ne peux te faire vivre un enfer ! Que dirais-tu si je capturais deux-trois Gryffondors et que je leur montrais notre hospitalité si particulière ? »
Harry se crispa. Peut-être qu'il ne devait pas fanfaronner. Il ne voulait causer de tord à personne ! À personne ! Il avait déjà fait assez de mal comme cela sans s'en rendre compte. De plus, il devait récolter le maximum d'informations. Oui, il le devait pour prouver qu'il était utile. Oui, il était utile ! Oui ! Oui ! Oui ! Alors tenir tête à ce psychopathe n'était peut-être pas la meilleure des solutions...
« Bien, je vous écoute...
- Voilà qui est mieux... Harry, tu as eu bien de la chance que Bellatrix te trouve sinon les barrières t'auraient immanquablement tué. Donc tu as une dette de vie envers elle... »
Oh Merlin ! Non ! Non ! Non ! Pas elle ! Non !
Voldemort ricana de le voir se décomposer ainsi. Il savait que devoir la vie à la meurtrière de son parrain était une dette intolérable.
« Elle pourra te demander le remboursement quand elle le voudra. Donc si tu ne veux contracter trop de dettes de vie envers des personnes dont tu ne supportes même pas la vue, je te conseille de rester sagement dans ta chambre ! Ou de mourir... Et pour l'instant, je ne t'autorise pas cette option ! »
Harry était mortifié. Il devait la vie à Bellatrix Lestrange ! Bellatrix Lestrange !
« Nous aurons une conversation plus tard, Harry. Seul à seul... Ajouta le Lord Noir énigmatique. Pour l'instant, j'ai deux traîtres à châtier. On ne désobéit pas mes ordres sans conséquences. Suis-je clair ?
- Oui... » Souffla Harry.
Il se demanda quels étaient les deux traîtres... Peu importait ! Deux Mangemorts en moins, c'étaient toujours bon à prendre !
« Severus ! Reprit le Seigneur des Ténèbres. Raccompagne notre invité jusque sa chambre.
- Oui, Maître. »
Le Maître des Potions se releva, aida l'adolescent à en faire de même et quitta avec lui la pièce, la mort dans l'âme. Il ne pouvait rien faire pour son filleul. Son erreur allait lui être fatale.
...
Le Lord se tourna vers Bellatrix.
« Bella, je te récompense comme il se doit de cette judicieuse intervention : je ne te punirai pas d'avoir failli te faire prendre et d'avoir abandonner Fenrir aux Aurors. Tu peux disposer.
- Merci, Maître... » Souffla la femme en s'inclinant avant de sortir.
Tant de générosité et de reconnaissance, cela ne s'inventait pas !
Puis Voldemort s'en même le regarder s'adressa à Lucius :
« Tu devras demander à Narcissa de te faire un autre héritier... Celui-ci n'est pas digne de faire partie de ta famille. Mais j'espère qu'il va m'amuser un peu avant de mourir... »
Et c'était avec effroi que Lucius vit Draco s'effondrer au sol au premier Doloris. Quant à lui, sa punition serait d'assister à la torture puis à la mort de son fils unique sans intervenir... Il ne pouvait laisser faire cela ! Il devait trouver une solution de le tirer de là ! Sans risquer de mourir lui-même...
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Au Manoir Malfoy, dans le couloir...
Severus courait presque pour ramener Potter dans la chambre qu'il n'aurait jamais dû quitter. Il voulait revenir pour tenter... Il ne savait quoi mais tenter de sauver la vie de Draco car il était sûr qu'il allait payer son erreur de sa vie. Le Lord ne supportait pas que son autorité soit bafouée et qui plus est par un adolescent. Il allait reporter toute sa colère de ne pas pouvoir tuer Potter sur son filleul. Il fallait un miracle ou une diversion pour que le jeune homme puisse s'enfuir...
« Snape ! Attendez ! Je ne peux pas aller si vite ! Cria le Gryffondor essoufflé.
- Dépêchez-vous, Potter. Je n'ai pas que ça à faire...
- Apparemment si puisqu'on vous en a donné l'ordre ! » Coupa l'adolescent.
Severus stoppa net sa course et se retourna.
« Écoutez, Potter. Si le sort de Draco vous est égal, ce n'est pas le cas de tout le monde, ici. Alors vous allez rapidement dans votre chambre et vous me laissez retourner dans l'arène pour tenter de sauver mon filleul qui a eu le malheur de croiser votre chemin ! »
L'homme savait qu'il allait faire mouche avec cette dernière pique. Le Gryffondor n'aimait pas être la cause du malheur des autres d'après ce qu'il avait compris.
« Pourquoi Malfoy serait en danger ? Son père est là...
- Vous croyez réellement que cela gêne le Seigneur des Ténèbres. Bien au contraire, ce sera un excellent exemple pour que personne ne recommence ! »
Severus fulminait mais il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit que Potter rebroussait chemin en courant. Mais qu'est-ce qui lui passait encore par la tête ? Il se lança à sa poursuite.
Il arriva pour trouver le Gryffondor immobile face à Bellatrix.
« Où vas-tu, Bébé Potter ?
- Cela ne vous regarde pas ! Cracha le Survivant.
- Tu devrais me montrer un peu plus de reconnaissant. Je t'ai sauvé après tout.
- Je ne vous ai rien demandé !
- Et le "Au secours ! Venez m'aidez !", c'était pour qui ?
- Pas pour vous en tout cas ! Et poussez-vous sinon vous perdrez votre neveu ! Ou peut-être que votre cœur est trop froid pour avoir un peu d'inquiétude pour lui ?
- Écoute, Bébé Potter. Si tu arrives à tirer Draco de là vivant. J'efface ta dette envers moi. »
Harry pesa rapidement le pour et le contre... Très rapidement. C'était l'occasion de se débarrasser de cette horrible situation. Il scella son accord avec la Mangemorte sous le regard ébahi de Severus puis il fonça dans le bureau de Lucius.
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Au Manoir Malfoy, dans le bureau de Lucius...
« Endoloris ! »
Draco se tordit de nouveau sous les regards désespérés de son père. Il n'y avait rien à faire. Le Lord n'aurait accepté aucune interruption, aucune excuse, aucun compromis !
Le sort s'arrêta et le jeune blond tenta de reprendre son souffle. Que c'était stupide de mourir ainsi ! Tout était de la faute de Potter ! Des larmes coulèrent sur ses joues. De rage ? De douleur ? Qu'importait ! Il mit une main sur le sol. Elle s'enfonça dans l'élégant tapis persan. À quoi lui servait maintenant la fortune, le pouvoir, la notoriété de sa famille si c'était pour crever ainsi pour un petit écart de conduite ? Jamais il n'aurait dû aidé le crétin ! Et maintenant, il pouvait bien se l'avouer, jamais il n'aurait dû prendre tant de risque pour une simple jalousie ! Il était étonnamment lucide à ce moment critique de sa vie : il avait été trop sûr de lui en pensant qu'il n'allait pas se faire pincer ou tout du moins qu'il n'aurait pas à en subir les conséquences. Les gens qui l'entouraient avaient beaucoup trop passé l'éponge sur ses incartades. Il avait toujours échappé aux punitions qu'il aurait dues avoir pour ses bêtises... Toujours... Sauf là ! Une unique fois... Qui lui serait fatale...
« Endoloris ! »
Ses remords furent remplacés par des éclairs blancs de douleur. C'était insupportable ! Il voulait que cela s'arrête ! Il voulait retourner s'ennuyer dans sa chambre ! Merlin, il ne voulait pas mourir !!!
« Endoloris ! »
Le sort fut lancé mais il n'eut aucune douleur. Un répit ? Était-il au-delà de la douleur ? Son corps ne ressentait-il plus rien tant le sort était puissant ? Était-il déjà mort ?
Il essaya de se relever et la douleur que provoqua chaque mouvement lui prouva qu'il était encore bel et bien en vie. Des gouttes de sueur perlaient sur son front et descendaient se mêler à ses larmes, lui piquant les yeux. Il était curieux de sentir cela quand tout son corps hurler de douleur... Le bourdonnement de ses oreilles l'empêchait d'entendre correctement ce qui se passait dans la pièce. On se disputait. Son père avait-il pris le risque fou d'intervenir dans la punition du Lord ?
Il releva la tête. Sa vision était floue. Prenant appui sur son coude, il se stabilisa et fit la mise au point sur la scène qui se déroulait dans la pièce : Severus et Bellatrix étaient de retour et se tenaient, derrière le Lord, près de son père qui cachait sa baguette le long de sa robe... Et là, il le vit : Potter était face au Seigneur des Ténèbres qui fulminait de rage...
Draco se concentra pour écouter ce qui se disait.
« Potter, ne te mêle pas de ça et retourne dans ta chambre ! Hurlait le Lord.
- Hors de question ! »
Le Survivant recula de quelques pas et vint s'interposer entre Draco et son bourreau.
« Potter ! Sors de cette pièce ! Vociféra le Lord.
- Non !
- Dernier avertissement !
- Sinon quoi ? Vous allez me torturer ? Me tuer ? Cela ne changera pas grand-chose ! C'est ce qui est prévu à plus ou moins long terme ! Alors autant que cela soit maintenant et pour une raison valable ! je ne vous laisserai pas le tuer parce qu'il m'a aidé ! »
L'adolescent ne hurlait pas, il rugissait. Tout le Gryffondor qui était en lui était ressorti pour tenir tête au plus maléfique des mages noirs du monde sorcier. C'était un acte hautement stupide et suicidaire mais les adultes présents ne purent empêcher une pointe d'admiration pour ce jeune homme qui était sensé être leur ennemi... Quant à Draco, il ne comprenait pas tout court ce comportement. Il n'y avait aucune raison pour que Potter le défende et encore moins en risquant sa vie. Il était dos à lui. Il ne pouvait donc pas voir son expression. Mais avec son corps bien droit, ses poings serrés, campé sur ses jambes bien écartées, il crut un instant à son salut... Le Survivant prenait sa défense. Et alors ? Il n'avait ni puissance magique ni puissance physique ni force morale pas même l'ombre d'un argument pour le tirer de là. Il aurait voulu penser qu'il en était mieux ainsi et qu'il ne voulait rien devoir à Potter mais... Mais il voulait vivre !
« Potter, reprit le Lord, je punis mes traîtres comme bon il me semble !
- Malfoy ne vous a pas trahi ! » Affirma Potter avec assurance.
Lucius sursauta. C'était une ouverture. Il se targuait de reconnaître une opportunité quand il en voyait une ! Harry avait une idée et il devait l'appuyer dans sa tentative de sauvetage à laquelle il lui serait infiniment reconnaissant s'il réussissait.
« Bien sûr, Maître. C'est ce que j'essayais de vous expliquer...
- Tais-toi, Lucius ! Je t'écoute, Potter... » Siffla suspicieusement le mage noir.
Draco avait toujours le souffle court mais en entendant cela, il retint sa respiration. Il pouvait entendre les battements de son propre cœur comme s'ils résonnaient dans toute la pièce. Merlin, pourvu que ce crétin trouve une raison qui le tire de cette impasse fatale. N'importe quoi pour qu'il puisse rester vivant !
« Malfoy est amoureux de moi ! »
Le silence s'abattit sur la pièce.
Lucius était sans voix. Bellatrix se demandait si l'incident avec la barrière n'avait aggravé la commotion du Gryffondor. Et pour ajouter à l'étrangeté de la situation, Severus éclata de rire puis se mordit la lèvre pour retrouver un semblant de sérieux...
Draco était pâle comme un mort. Il allait s'évanouir. N'importe quoi pour qu'il puisse rester vivant mais pas ça !
Voldemort ne laissa rien paraître.
« Et ?
- Draco n'osait pas me dire qu'il était fou amoureux de moi... Hier, il m'a déclaré sa flamme et, pour me prouver sa sincérité, il a voulu me permettre d'aller revoir mes amis, seul, en toute confiance. Je serais revenu après ma visite...
- Et ?
- Et il espère pouvoir me faire passer dans son camp... Le vôtre donc... »
Le Lord réfléchissait à cette situation totalement inattendue. Était-ce vrai ? Pour Potter sûrement. Le représentant du camp de la lumière était trop pure pour ce genre de mensonges. Mais pour Malfoy, il en était tout autrement. Voulait-il manipuler le Survivant ? Son père lui avait-il demandé de simuler un amour fou pour pouvoir mieux arriver à ses fins ? C'était plausible. Le Survivant devait avoir une raison chevaleresque pour pouvoir justifier moralement son changement de camp... Il devait le laisser le défendre. Cela resserrait les liens entre les deux jeunes hommes et il pourrait se servir de cela. Si Potter lui échappait d'une manière ou d'une autre, il pourrait garder le fils Malfoy en otage...
De son côté, Potter se retourna et chercha le regard de Draco. Puis après un clin d'œil, il lui demanda :
« Dis-lui Draco.
- ...
- Allez, courage ! Maintenant que tu es avec un Gryffondor, tu ne peux qu'en trouver !
- ...
- Je pense que vous y êtes aller trop fort sur les Doloris. Mais sachez que s'il lui arrivait malheur, je ne m'en remettrais pas...
- Pourquoi donc ? Siffla le descendant de Serpentard.
- Car moi aussi, je l'aime... »
Si quelque chose n'était pas crédible, c'était bien ça ! Lucius intervint avant que son Maître ne voit la supercherie et ne punisse tous les êtres présents dans la pièce pour se venger.
« Harry... Je t'avais dit de faire le Serment avant ce genre de sorties. Moi, j'ai entièrement confiance en toi... Tout comme mon fils... Mais le Lord exige des garanties car il ne te connait que dans la confrontation...
- Oui, bien sûr... »
Le blond frétillait. Il allait en un coup accomplir sa mission et sauver son fils !
« Maître, vous permettez ? »
Le Seigneur des Ténèbres resta silencieux quelques instants. Il avait déjà pris sa décision mais il fallait instaurer un climat de peur. De plus, il aurait voulu fouiller dans l'esprit du Survivant ou lui donner du Veritaserum mais son état ne le permettait pas. Quant aux autres, ils étaient pourris jusqu'à la moelle, il était sûr qu'ils ne pensaient pas un traître mot de leurs dires mais que tout était fait pour manipuler ce Gryffondor dans l'âme... Bien mais ils auraient pu le prévenir ? Peut-être pour plus de réalisme ? Mais de là à subir des Doloris pour accomplir une mission... Puis il se souvint qu'il y avait eu beaucoup de masochistes notoires dans leurs ancêtres et ce, depuis la création même de Poudlard par les fondateurs. Les notes de son ancêtre Salazar mentionnait un certain Philalgue... Mais là, il s'égarait. Il n'était pas là pour étudier les sombres secrets de cette famille tordue !
Encore quelques secondes où tous retenaient leur souffle et d'un geste du menton, il accepta.
Lucius, tout de même étonné, sauta sur l'occasion pour sauver son héritier. Sous le regard de son Maître, il fit prononcer à Harry le Serment Inviolable suivant : quoiqu'il se passe, il devait revenir au Manoir Malfoy s'il le lui demandait. Cela paraissait bénin pour quiconque apprenait cette promesse tout en enchaînant le jeune homme à sa personne. Bien. Très bien. Et ce devant le Lord ! Cela effacerait bien l'incartade de son fils, non ?
Le Seigneur des Ténèbres attendit la fin du sort puis sans un autre mot s'en alla... Sauvé ou en sursis ?
...
Ce fut Snape qui fut le premier à parler après le départ du Lord :
« Je dois bien reconnaître, Potter, que vous avez un sacré talent de comédien. Vous auriez eu votre place à Serpentard après une telle manipulation.
- Si vous saviez... » Murmura Harry.
Bellatrix s'avança, lança un sort puis annonça :
« Tu es libéré de ta dette de vie comme promis, Bébé Potter. J'avoue que je suis moi-aussi impressionnée par ta stratégie... Mais sauras-tu jouer le rôle à long terme pour berner le Lord ? »
Et ce fut en ricanant qu'elle sortit de la pièce, laissant un Gryffondor dans une totale incompréhension de sa réplique.
« Qu'a-t-elle voulu dire par là ? Demanda celui-ci.
- Eh bien, nous allons organiser des fiançailles pour parfaire la comédie, bien évidemment. Annonça le plus naturellement du monde le chef de la famille Malfoy.
- C'est une plaisanterie ?
- Absolument pas mais rassure-toi ce ne sera qu'une mise en scène pour entériner ton mensonge. »
Draco se releva et en claudicant sortit de la pièce sans un mot sans un regard pour qui que ce soit...
« Quelle reconnaissance ! Cela fait plaisir d'avoir risqué ma vie pour lui !
- Il le fera, Harry... Quand il aura repris ses esprits. Sois en sûr. » Lui répondit Lucius.
Harry soupira. Dans quel pétrin s'était-il encore mis ? Mais il ne regrettait pas son geste. Même Malfoy ne méritait pas de mourir à cause de lui.
« Harry...
- Oui, Monsieur Malfoy.
- Je croyais t'avoir dit de m'appeler Lucius.
- Oui, Lucius... Reprit le jeune homme doucement.
- Je voulais te remercier d'avoir sauvé mon fils.
- De rien... De toute façon, je préfère qu'il n'y ait aucune animosité entre nous puisque je dois rester ici un certain temps.
- Tu aurais pu refuser le Serment... Remarqua le blond.
- Cela aurait-il réellement changé quelque chose étant donné que vous êtes mon tuteur et que quoi qu'il arrive, on me ramènera ici ? Ai-je eu réellement le choix ?
- On a toujours le choix... Tu aurais pu laisser Draco mourir, retenter de t'échapper et demander un autre tuteur au Ministère jusqu'à ta majorité...
- Ma seule présence est un danger, même pour des Mangemorts. Qui voudait me recueillir chez lui ? Ma famille qui me déteste et qui a été prise d'un soudain accès de rage violente qui m'a laissé pour mort ? Dumbledore qui m'a laisser à vous sans aucun scrupule ? Remus qui m'a abandonné sans un mot ? La seule personne qui aurait pu me prendre réellement avec elle, vous avez assisté à sa mort. Vous savez, Sirius Black ? »
Harry se voulait ironique, impression qu'il aurait pu donnée si sa voix ne s'était pas brisée à la mention de son parrain.
« Allez-y moquez-vous C'est l'occasion ou jamais. Je suis à votre merci et je le sais !
- Oui… Enfin,… Non, ce n'est pas comme cela que tu dois le voir…
- Ne vous donnez pas cette peine. Je me doute que ce Serment faisait partie de votre mission. Je n'ai rien contre. De toute façon, mes chances de survie sont à peu près les mêmes où que je sois, maintenant. Ne me prenez pas pour un imbécile. Je peux maintenant interpréter tout ce que j'ai entendu pendant mon amnésie.
- Alors pourquoi avoir accepté ce marché ?
- Pour sauver quelqu'un qui n'y ait pour rien dans mon combat contre votre Maître. De plus, ici, au moins je peux manger et dormir. »
La phrase mit un temps infini à être analysée par cet homme si intelligent habituellement… Harry en profita pour tenter de sortir, laissant Lucius totalement décontenancé. Severus barra le chemin au jeune homme. Il ne pouvait le laisser partir dans cet état. Il devait lui donner un espoir, quelque chose, voir Dumbledore peut-être pour clarifier la situation ? C'était le moment d'obtenir ce genre d'entretien. Lucius était un peu déboussolé par les événements.
« Lucius est votre tuteur, Potter. Il est normal qu'il subvienne à vos besoins. Vous vous seriez retrouvé prisonnier au Manoir Riddle, il en aurait été de même.
- Qui vous dit que je faisais référence à mon état de prisonnier de votre Maître ? »
Le jeune homme semblait plus désemparé que jamais.
« Peut-être qu'une conversation avec votre directeur vous ferez du bien. Qu'en penses-tu, Lucius ?
- Bien sûr... Si tu veux lui parler, il peut venir... »
Harry hocha simplement la tête. Cela ne changerait pas grand-chose à sa situation mais il pourrait enfin savoir qu'elle était sa mission exacte chez les Malfoy.
« Severus, peux-tu prévenir le directeur pour organiser le rendez-vous ici ?
- Bien sûr.
- Maintenant, je voudrais parler un instant avec Harry, seul à seul... »
Le Maître des Potions prit congé en s'interrogeant sur l'entretien que Lucius voulait avoir avec le Gryffondor. Mais après tout, il avait passé des heures à lui parler. Une discussion de plus ne pouvait bouleverser les événements...
...
« Maintenant que nous sommes seuls, Harry. J'ai besoin de savoir. Pourquoi as-tu défendu Draco, réellement ?
- je vous l'ai dit pour...
- Non, ne me sers pas ses excuses. Ton courage de Gryffondor, ton complexe du héros, le fait que tu n'aies pas le choix, la dette envers Bellatrix,... Rien ne tient. J'ai le pressentiment qu'il y avait autre chose... »
Le blond plongea un regard sincèrement curieux dans celui du Survivant. Ils restèrent ainsi quelques instants puis Harry soupira et finit par dire :
« Vous avez dit que je faisais partie de votre famille et que vous défendiez celle-ci coûte que coûte...
- Oui...
- Eh bien, même si je n'apprécie pas ce que vous êtes, vous avez pris soin de moi avec beaucoup d'attention et de patience. Je me suis senti très seul et abandonné mais vous avez toujours été là pour me soutenir, même quand je refusais de vous répondre. Vous avez fait en sorte que je me sente protégé même au milieu de ce camp ennemi... »
Lucius était fier que son plan de présence constante ait si bien fonctionné. Il fallait maintenant la jouer modeste.
« Je suis votre tuteur Harry. C'est normal.
- Les Dursley aussi et pourtant...
- Les Moldus n'ont pas de vrais valeurs... Commença l'homme avec une moue de dégoût.
- Pas tous...
- Peut-être mais tout cela ne me donne pas la raison de...
- Je vous ai accepté en tant que tuteurs légaux donc... Je vous considère dorénavant comme ma famille... Je sais que vous me trouvez stupide mais... »
Harry hésita. Il finit par lâcher :
« Moi aussi, je défends les miens ! »
Avant que Lucius ne réponde, l'adolescent s'était éclipsé en courant pour rejoindre la relative sécurité de sa chambre, mortifié d'avoir montré tant de faiblesse en une seule conversation...
Dans le bureau, il laissa un homme impressionné, bien plus touché par ses paroles qu'il ne l'aurait voulu...
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À Azkaban, dans la cellule de Greyback...
Dans un coin de sa geôle, Fenrir était assis par terre les genoux remontés contre sa poitrine. Le fatalisme avait fait place à une sombre terreur... Celle que ressentait tout prisonnier d'Azkaban. L'homme venait de se rendre compte de sa vulnérabilité de la plus terrible des manières qui soit. En quelques instants, il avait gagné et perdu un bonheur auquel il avait toujours aspiré sans pouvoir y accéder. C'était le supplice de Tantale... Et le Détraqueur revenait tous les jours lui rappelait ses souvenirs d'un heureux passé lointain pour mieux les lui volait...
Le loup-garou trembla encore plus violemment. Il avait si froid, si froid ! Il comprenait maintenant la réaction de Bellatrix quand ils s'étaient retrouvés acculés dans la bibliothèque. Ce n'était pas un vent glacé qui vous brûlait la peau, qui vous paralysait petit à petit en commençant par vos doigts et remontait le long de vos membres jusqu'à vous emporter dans une inconscience fatale. Non, ce n'était pas ça. C'était bien pire ! C'était un froid intense qui s'immisçait dans vos entrailles, dans votre cœur, dans votre tête. Un froid qui vous gardait bien éveillé pour que vous ressentiez la douleur de chaque perte de parcelle de bonheur qui se cachait en vous ! Oui, il comprenait maintenant pourquoi tout était préférable à c'était endroit maudit...
La porte grinça. il gémit comme jamais il ne pensait pouvoir exprimait sa détresse. Le Détraqueur s'avança et se pencha vers lui pour plonger au plus profond de son âme. Les souvenirs rejaillirent...
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Fenrir était devant la porte du Manoir Nott. Il était particulièrement nerveux mais excité à l'idée de revoir Théodore... Il l'avait rencontré à une soirée chez les Black qui étaient dans l'obligation d'inviter officiellement tous les héritiers des grandes familles de Sang-pur, lui y compris même s'il était un loup-garou. Tout le monde avait évité de lui parler mais pas Théodore. Il l'avait abordé le plus naturellement du monde et avait parlé pour deux sans se plaindre du manque de réponse de son interlocuteur. Il ne cessait notamment de s'extasier sur un nouveau leader qui les sortirait de ce carcan de traditions qui lui rognait les ailes et l'empêchait de faire ce qu'il voulait. Fenrir lui avait alors demander ce qu'il voulait et Théodore avait répondu "faire ce que bon lui semblait quand il le désirait" comme par exemple inviter chez lui un homme qu'il trouvait très séduisant malgré son état de loup-garou. Le loup-garou en question avait rougi comme une jeune fille à qui l'on fait la cour pour la première fois. Il était si perturbé qu'il avait accepté sans réfléchir de le revoir le lendemain...
Et il était devant cette lourde et magnifique porte à piétiner en se demandant si ce qu'il faisait était bien raisonnable. Ce mot faisait-il partie de son vocabulaire habituel ? Théodore ouvrit lui-même la porte avec un sourire moqueur. Fenrir pensa immédiatement à un piège, un traquenard pour se moquer de lui, comme si, lui, le vilain loup-garou pouvait avoir un rendez-vous. Mais en était-ce un tout d'abord ? Son hôte l'emmena dans une bibliothèque prétextant qu'il y serait plus à l'aise que dans les luxueux mais étouffants salons du manoir. Fenrir était de plus en plus sur ses gardes. Il écoutait à peine Théodore qui lui parlait des origines de son prénom qu'il connaissait bien de toute façon : Fenrir, le loup géant du dieu de la nuit, Loki, dans la mythologie nordique. Il était prédestiné à être à devenir loup-garou. À croire que ses défunts parents étaient voyants... Il écoutait d'une oreille distraite s'attendant à tout moment à voir débarquer un groupe de crétins qui se moqueraient de sa naïveté de croire que l'on pouvait désirer sa compagnie. Son attention fut attirée par le blason de la famille que lui présentait son jeune hôte : une nuit de pleine lune. Il frissonna. Les Nott étaient une famille d'origine scandinave. Leurs caractéristiques physiques s'étaient quelque peu perdus mais et ils tenaient à garder un souvenir de leurs ancêtres avec leur blason et le deuxième prénom de chaque membre de la famille. Théodore Nott se nommait en fait Théodore Narfi Nott car Narfi était le fils de Loki.
Tout à son étonnement, Fenrir ne vit pas le homme s'approchait de lui et lorsqu'il se retrouva dans ses bras, il réagit violemment. Il se débattit et repoussa Théodore qui s'affala de tout son long sur le canapé juste derrière lui. Il allait hurler sa rage quand il se rendit compte que le jeune homme ne bougeait plus. Il paniqua. Comment expliquerait-il qu'il ne faisait que se défendre ? Personne le croirait ! Surtout pas les Aurors ! Il se précipita sur Théodore en espérant pouvoir le ranimer de ce qu'il espérait être un simple petit étourdissement. Il s'excuserait dans son geste de pur réflexe et prendrait congé avant d'envenimer encore plus la situation. Il ne devait fréquenter personne ! C'était le sort des loups-garous : Vivre en solitaire puisque le Ministère avait formellement interdit les "meutes" et les "accouplements". Les termes étaient humiliants mais parfaitement clairs...
Mais Lorsqu'il se pencha sur le jeune homme celui-ci le saisit avec ses bras et ses jambes.
« Je t'ai fait prisonnier, petit loup. Si tu veux que je te libère, donne-moi un baiser. »
Tendu comme un arc, Fenrir plongea son regard étonné dans celui narquois de son "agresseur". Que lui voulait-il ?
« Alors ? Tu es trop bien dans mes bras pour vouloir tant défaire ? Se moqua Théodore.
- ... »
Que faire ? Théodore décida pour lui. Il mit une main sur sa tête pour l'approcher de la sienne. Et avant même de pouvoir faire le moindre geste, ses lèvres se retrouvèrent prises dans un baiser passionné avec des mains qui fourrageaient sensuellement dans ses cheveux...
Fenrir se releva brusquement et alla se plaquer contre le premier mur qu'il put trouver. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Son cœur battait la chamade. Sa vision était trouble. Il ne pouvait contrôler les tremblements de son corps.
« Fenrir ? »
Il posa ses yeux sur Théodore qui le regardait un peu inquiet. Il l'avait embrassé.
« Fenrir ? ça va ? »
Il devait se reprendre. Ce n'était qu'un baiser ! Un baiser... Un baiser passionné... Cela avait vraiment une autre saveur que ceux qu'il payait ou volait. Il eut la seule réaction qu'il savait avoir : de l'agressivité !
« Alors ? Ils sont où, tes camarades qui vont se moquer de moi ?
- Nous sommes seuls... Répondit doucement Théodore en se relevant pour rejoindre son invité.
- Qu'est-ce que tu veux ?! Hurla le loup-garou.
- Toi... Murmura le jeune brun.
- Qu'as-tu dit ?
- Je croyais que les loups-garous avait une ouïe très fine...
- Ne te moque pas !
- Je ne me moque pas. Je suis intéressé.
- Pourquoi ?!
- Parce que tu me plais ! »
Théodore n'était plus qu'à quelques millimètres. Il devait se méfier. Les animaux sauvages deviennent très agressifs quand ils se sentent piégés. Mais il n'hésita pas. Il se coula contre le corps tendu de Fenrir, se pencha à son oreille et lui murmura :
« Ai-je une chance de te plaire ? »
Où était le piège ? Le jeune brun posa ses lèvres sur les siennes mais ne tenta pas de les franchir. Il sentait qu'il fallait apprivoisé ce loup-garou fier mais blessé. Il savait qu'il saurait lui faire comprendre qu'il ne risquait rien avec lui... Il passa doucement sa langue sur cette barrière tremblante. L'homme frissonna ce qui le fit sourire. Oui, il ne lui était pas indifférent...
« S'il te plaît... Laisse-moi une chance... J'ai envie de te connaître. j'ai envie d'être avec toi. J'ai envie de toi... »
Fenrir déglutit. Jamais on ne lui avait fait une telle déclaration. Cela ne pouvait être vrai. Son regard fouilla la pièce rapidement. Personne ! Il hésita quelques secondes encore puis entrouvrit doucement les lèvres. Le jeune brun contre lui comprit l'invitation silencieuse. Une langue curieuse vint doucement caresser la sienne puis l'emmener dans une danse bien plus passionnée...
...
Le froid intense revint d'un coup. Fenrir était de retour dans le présent, dans sa lugubre cellule à Azkaban. Le Détraqueur était plus que rassasié par son souvenir. L'homme se roula en boule sur le sol. Il ne pouvait empêcher ses larmes et ses sanglots. La créature sortit laissant le prisonnier gémir de désespoir...
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LVTR . SSDD . HPDM . NMLM . SBRL . BLRL . FGTN . ADGG . HGRW . RBER
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Au Manoir Malfoy, dans la chambre de Harry...
Le courageux Gryffondor était caché sous ses couvertures depuis plus d'une heure... Comment avait-il pu se rendre aussi ridicule ? Comment avait-il pu dire à Lucius Malfoy que son attitude le touchait car personne n'avait pris autant soin de lui dans sa vie ? Avait-il bien dit cela ? Avait-il été assez évasif pour que l'homme ne comprenne pas dans quelle détresse affectif il était ? Franchement, il ne pouvait prendre l'intelligent Mangemort, bras de Voldemort pour un imbécile. Bien sûr qu'il avait compris et bien sûr qu'il allait s'en servir contre lui ! Harry en fonça sa tête dans son oreiller pour étouffer son gémissement... Et en plus, une partie de la conversation s'était passée en présence de Snape ! S'il survivait à tout cela et qu'il retournait à Poudlard, il serait la risée de toute l'école ! Mais comment avait-il pu se mettre dans un tel pétrin alors qu'il ne voulait au départ qu'éviter à une personne de se faire tuer à cause de lui ?
Quelques coups se firent entendre à la porte. Il ne prit pas la peine de demander d'entrer. Qui que ce soit, il ne voulait pas parler. Il ne voulait pas de compagnie. Il voulait qu'on l'oublie... Qu'on l'oublie un moment... Qu'on l'oublie pour toujours... Mais la porte s'ouvrit et on entra. Il n'aurait pas le bonheur qu'on le laisse tranquille, ne serait-ce qu'un moment !
« Harry ? »
Le jeune homme sursauta et se redressa violemment. Dumbledore !
« Directeur !
- Oui, Harry. Reste allongé. Tu dois te reposer.
- Je suis si content de vous voir ! »
Son cœur battait à tout rompre. Enfin !
« Mais qu'est-ce que vous faites là ?
- J'ai eu l'autorisation de te rendre une courte visite. Le professeur Snape a tout organisé... Il semblerait, mon garçon, que tu aies encore brillé par ton bon cœur, tout en prenant un risque inconsidéré. »
Il rougit et le vieil homme lui sourit avec bienveillance et lança un sort de Collaporta et de Silencio sur la porte.
« Je suis fier de toi, Harry. Tu ne dois pas regretter tes actions. Je te rassure : tu as fait les bons choix même s'ils étaient risqués. Nous sommes en guerre et tu es prisonnier du camp adverse. Au lieu de se morfondre, nous devons faire de ce problème une force.
- Je savais que vous m'aviez laissé là pour une mission ! Jubila le Gryffondor.
- Et ton action va dans le sens de mon plan. »
Harry ne se tenait plus de joie. Il allait être utile au camp de la lumière. Il allait être aussi utile que les membres de l'Ordre du Phœnix. Il allait pouvoir sauver des gens au lieu de provoquer leur mort, même si c'était souvent indirectement...
« Qu'est-ce que je dois faire ?
- Pas grand-chose en fait... Tu dois avoir une attitude de jeune homme parfait pour tout le monde. Je ne veux aucune dispute, aucune animosité. Il faut que l'on sache que tu es ravi d'appartenir à la famille Malfoy.
- Et en quoi cela peut aider l'ordre ? Demanda Harry très étonné.
- Nous attendrons un certain temps puis il arrivera un grand malheur chez les Malfoy. Si nous arrivons à couper les vivres à Voldemort, nous l'affaiblirons...
- Mais... Mais... Je ne comprends pas...
- C'est une guerre, Harry. Les Malfoy doivent mourir et tu seras leur seul héritier... »
Le vieux directeur vit sans grande surprise l'horreur se peindre sur le visage de son protégé...
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Au Manoir Malfoy, dans une pièce attenante à la chambre de Harry...
Regardant par le judas, Lucius écoutait l'échange entre Dumbledore et Harry, une main sur sa bouche, les yeux écarquillés de stupeur...
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Fin du chapitre 10
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Rar : . Adénoïde (Bien sûr, tous les Malfoy s'en sortent toujours ! lol Pour la part d'ombre en chacun, tu ne crois pas si bien dire... ;).), Anonyme (Voilà tu sais ce qu'il y avait derrière le mur et tu en sauras plus au prochain chapitre...), Cyber (Ce n'est pas grave mais cela fait toujours plaisir...), Hypnos (lol la bonne blague ! re-lol), Kizu, (Oui ! Des souvenirs de Fenrir, tu en auras dans ce chapitre et dans le suivant...), Lune Bleue (Non mais ne t'inquiète pas pour lui ! Il s'en sortira !), Mel (Oui dans les deux cas et Draco, je viens de le suaver ! lol), Paprika Star (J'ai donné la réponse à ceux qui me laissait une adresse. Désolée pour les autres, ils doivent attendre le mercredi... Ce n'est pas trop, trop long, si ? Beaucoup vont se faire plus que taper sur les doigts ! Théodore est le prochain !), Rêve, Snapy (Pas de crise cardiaque ! Je ne suis pas médecin, je ne pourrais rien faire pour toi ! lol), Sombral (Oui et le blond sera au prochain épisode... peut-être), Yanlua (Merci !!! J'adore ce genre de fins... et les lecteurs aussi ! lol),...
Note : Merci à tous les lecteurs ! ;)
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