-Tyrion Lannister ! Veuillez présenter votre champion !

La voix mestre Pycelle, bien que pas trop vacillante pour son grand âge se perdit dans le vent et les murmures du public. Tywin regardait l'arène avec ennui, il avait envie que tout cela se finisse vite, très vite.

Tyrion était une épine plantée dans son pied depuis trop longtemps. Sans compter les trop nombreuses fois où il avait déshonoré son nom en se vautrant dans la vinasse et les catins, il était le plus grand danger de sa famille. Bien sûr qu'il n'avait pas tué Joffrey. Mais à quoi bon essayer de d'en dissuader Cersei, rongée de chagrin qu'elle était. Autant en profiter pour faire disparaitre cette erreur de la nature et éviter une guerre entre lui sa fille.

Finir le procès sur un duel judiciaire avait déjà été une très mauvaise chose, il n'avait pas songé à cette éventualité tant c'était une tradition ancienne. Le nain avait toujours été doué pour se tirer des pires situations. Le duel lui donnait sa chance.

En fait non, cela lui donnait un répit pour s'échapper, car nul ne pouvait vaincre La Montagne en duel. Sur un champ de bataille, peut-être, en profitant du chaos ou d'une flèche bien placée, le géant pouvait faillir, mais dans une arène vide sans possibilité de coup perfide, c'était joué d'avance. Il devrait ensuite doubler le nombre de garde devant la cellule de son abomination de fils pour être sûr qu'il ne s'échappe pas.

Restait à savoir qui était l'abruti qui allait se faire massacrer.

-Mon champion le voici ! déclara d'une voix forte le petit homme.

Il y eût un sifflement dans l'air, d'abord léger puis beaucoup plus puissant. Quelque chose se rapprochait comme un projectile de catapulte. Le public entier leva les yeux au ciel pour voir une ombre orange et rouge arriver beaucoup trop vite du ciel.

Il y eût un fracas assourdissant et un nuage de poussière monstrueux s'éleva là où la chose venait d'atterrir. Le souffle avait envoyé des graviers un peu partout, blessant légèrement quelques spectateurs. L'un d'eux avait creusé un sillon rouge le long de la joue de Tywin qui contemplait le sang sur main avec une incompréhension totale.

Lorsque le nuage disparût, il ne restait des marches menant à l'arène qu'un cratère fumant d'une dizaine de mètres de diamètre. En son centre se tenait un personnage atypique au sourire idiot : De taille moyenne, il n'était vêtu que d'une sorte de pantalon coupé à mi- tibias et ceinturé d'un tissu rouge où s'étalait un motif de croix. Ses cheveux, d'un roux flamboyant, formait un gigantesque chignon qui lui tombait jusqu'au bas du dos.

-Oups… Je crois que je viens d'éclater les escaliers. MOUAHAHAHAHAHA ! Désolé les gars.

Le public ne répondit pas et continua à le regarder comme l'apparition totalement improbable qu'il était.

-Bon mon petit Tyrion ça va bien ? Toujours rempli de plus de vin que d'eau. Lança-t-il au nain qui semblait être le seul à ne pas être étonné.

-Oh tu sais Goultard, le régime de prison m'aide un peu. Je crois que désormais un dixième de mon sang est composé d'eau, sachant que Podrick ne peut pas amener la moitié de la cave du palais dans ma geôle.

-Ha Podrick ! Ton écuyer c'est ça ? Il va bien ?

-Pas trop mal, il est parti en voyage avec une dame chevalier pour assurer une promesse que mon frère à faite.

L'homme éclata à nouveau d'un rire puissant qui fit sursauter l'assistance.

-On dirait Tristepaint ! Toujours à chercher le cœur des demoiselles. Oh d'ailleurs ça me fait penser ! Tu savais qu'il avait épousé Evangelyn ? La petite Cra blonde, et ils ont déjà deux gamins adorables. La petite est comme son père à toujours chercher la bagarre. Une vraie graine de Iop.

-Oh vraiment ? Et je n'ai pas été invité au mariage ? Je suis déçu, ça devait être bien mieux que celui de mon neveu. Tu sais, celui que je suis sensé avoir assassiné.

-C'est sûr que nos mariages sont plus conventionnels ! rit le Iop. C'est dommage parce qu'apparemment chez vous il y a toujours des drôles d'imprévus.

-Vas chez les dothrakis, conseilla le nain. Ils se battent pour rendre honneur aux mariés.

Ils continuèrent à discuter comme cela pendant plusieurs minutes. Echangeant ragots et blagues salaces sans se soucier des regards ahuris du public, des gardes et de La Montagne qui ne comprenait décidément absolument rien de ce qui se passait.

-Tyrion a décidément des amis surprenants. Lâcha Jaime avec un petit sourire.

-Tu…connais cet homme ? demanda Tywin surpris de voir que son ainé ne semblait pas du tout être impacté par ce qui se passait.

-Bien sûr. Lui et une vingtaine d'autres sont venus le voir en apprenant qu'il avait besoin d'un champion pour ce duel. Apparemment il y a eu quelques disputes et désaccords, ils parlaient de « dette à rembourser » et de « fête royale ». En fait ils voulaient tous combattre pour lui et ils ont dû décider à une sorte de jeu étrange qui se joue avec un plateau, de l'argent en papier et des maisons à acheter. J'avoue que je n'ai pas bien compris le principe mais c'est cet homme qui a tenu le plus de temps avant d'en avoir assez et de partir frapper sur quelque chose, ce qui fait de lui le vainqueur.

-Une vingtaine comme lui ? Mais comment sont-ils entrés sans que personne ne les voit ?

-Aucune idée. Quand je les ai rencontrés ils étaient déjà dans sa cellule et les gardes avaient disparus.

Tywin se contenta d'hocher la tête en entendant ça, il n'y avait rien de plus à faire. Pendant ce temps-là, le fameux Goultard et Tyrion avaient fini de papoter et le guerrier roux s'échauffait en vue du combat, étirant ses muscles et faisait craquer les vertèbres de son cou.

-Bien ! Je me présente, je suis Goultard le barbare ! Et je vais éclater ce gros tas en armure comme ça on pourra retourner faire la fête avec le petit Tyrion.

Le public ne bougea pas, pas plus que le gros tas en question et le mestre censé faire débuter le combat. Goultard se retrouva donc seul au milieu d'un silence de plomb, à se demander ce qu'il avait mal fait. Il était pourtant d'une clarté Iopienne. Lui venir tuer gros tas pour sauver ami et aller faire la fête.

Voyant que son père ne réagissait pas plus que les autres, Jaime se leva et alla voir les trompettistes qui attendaient eux aussi complètement abasourdis au bord des barrières.

Il écarta l'un de musiciens et lui prit son instrument. Prenant une longue inspiration et portant le tube de cuivre à ses lèvres, il joua ce qui devait être la note la plus laide jamais entendue dans tous Westeros.

Et Goultard n'attendit pas, son sang Iop bouillant dans ses veines.

Il fondit sur la Montagne à une vitesse ahurissante, trop rapide pour le commun des mortels qui ne vit qu'une téléportation d'une dizaine de mètres.

Et un Gregor Clegan s'envoler vers le mur et s'y fracasser après avoir pris le coup de poing du Iop. Il mourut sur le coup, le haut du corps écrasé par l'impact de l'attaque, et son cadavre s'enfonça profondément dans la pierre. Ne restait plus du colosse qu'une bouillie d'armure qui pissait le sang.

-Ben… C'est déjà fini ? lâcha Goultard,un sourcil levé, surpris de la faiblesse de son adversaire.

Tyrion eu un rire fort en le voyant peiné de cette façon. Puis il se tourna vers les gardes et demanda d'un air innocent : Bon, est-ce qu'on peut m'enlever ces menottes maintenant ?

Ha Goultard, quel bourrin ce mec, le combat a été rapide mais bon, c'est pas de ma faute c'est lui qui a « gagné » au Monopoly. Bref laissez de Reviews en son honneur pauvres mortels !