Je ne sais plus si j'ai répondu à tous les commentaires qui m'ont été adressés. Si ce n'est pas le cas, je m'en excuse ; j'ai eu deux semaines très chargées qui m'ont laissé peu de temps pour écrire/répondre aux reviews... Un grand merci en tous cas. J'ignore si je serai en mesure de poster le prochain chapitre plus rapidement, merci donc de votre patience et de votre fidélité :)

Enjoy !

~ Réunion ~

George Hammond prit place dans le fauteuil du bureau qu'il occupait de nouveau provisoirement et passa une main sur son visage las : l'interminable journée qu'il avait vécue s'était achevée moins de cinq minutes plus tôt, lorsqu'il avait lui-même raccompagné Païos et les deux prêtresses dans leurs quartiers.

Il se laissa aller en arrière et s'appuya contre le dossier de son siège, un léger sourire peint sur le visage : Samantha Carter était en vie. Après trois semaines passées à se résigner et à accepter la perte de celle qu'il considérait comme sa fille, il avait encore du mal à croire que c'était vrai. Il n'avait pas la moindre idée de la façon dont l'équipe de secours parviendrait à la sortir de la caverne dans laquelle elle était apparemment enfermée, mais il lui tardait néanmoins de pouvoir annoncer la nouvelle à Jacob de vive voix, et de voir l'ombre qui s'était installée dans les yeux de son ami disparaître.

Deux coups brefs furent frappés contre le bois de sa porte ouverte et il se redressa, accueillant ses visiteurs tardifs d'un léger signe de tête. Daniel entra dans le bureau, l'air songeur, et Teal'c vint se placer à côté de lui, les mains dans le dos. Le regard du général passa de l'un à l'autre, tentant de déterminer ce qui les ramenait vers lui si rapidement. Il pria intérieurement pour qu'ils n'aient pas découvert un nouvel élément dans cette affaire qui viendrait compliquer davantage le fragile accord qu'il était parvenu à maintenir avec la délégation perséphopolienne.

- Quelque chose ne va pas, messieurs ?

Il regardait plus particulièrement Daniel et c'est en effet lui qui prit la parole.

- Eh bien, nous avons pensé... puisque nous savons maintenant de façon certaine que Sam est vivante...

Il hésita. Teal'c compléta sa phrase.

- Il serait honnête de tenir le général O'Neill au courant et de l'autoriser à revenir au SG-C dans la mesure où il avait raison depuis le début.

Hammond se pencha en avant et posa les coudes sur le bureau, les mains croisées devant lui. S'il n'avait pas connu Teal'c depuis aussi longtemps et s'il ne savait pas le profond respect que le Jaffa lui portait, il aurait sans doute été effrayé par le ton intransigeant qu'il avait employé. Teal'c était manifestement – mais en avait-il jamais douté ? – d'une loyauté sans faille lorsqu'il s'agissait d'O'Neill.

Le général soupira, s'adossa finalement de nouveau contre le dossier du fauteuil, adoptant ainsi une position beaucoup moins officielle, et il joignit ses mains sur son estomac. La requête des deux hommes présents face à lui était amplement justifiée : il n'avait en effet plus aucune raison de tenir O'Neill éloigné. Il était évident que l'état semi-dépressif dans lequel se trouvait Jack était dû à la disparition du colonel. Maintenant qu'ils savaient qu'elle était en vie, Hammond n'avait aucun doute que son ancien second redeviendrait lui-même.

Néanmoins, une crainte subsistait. Le lien qui unissait O'Neill et Carter avait toujours été un sujet délicat qu'il avait refusé d'aborder tout au long de sa carrière au sein du SG-C. L'histoire lui avait donné raison, puisque les deux soldats n'avaient jamais mis en danger leurs vies ou celles d'autres hommes à cause des sentiments qu'ils nourrissaient l'un envers l'autre. Mais les choses avaient changé : Jack était maintenant général de la base et il était en pouvoir de prendre le genre de décision qui consisterait à foncer tête baissée pour libérer Carter, détruisant ainsi les relations avec Héliocore et, au passage, sa carrière.

Il soupira profondément.

- J'y ai également pensé, avoua-t-il finalement. Vous avez carte blanche.

Il ne put empêcher une légère appréhension de s'emparer de lui lorsqu'il vit l'archéologue se saisir de son téléphone en sortant du bureau.

~O~O~O~

Les doigts de Jack pianotaient nerveusement sur le volant, alors que ses yeux étaient fixés sur son téléphone. Il savait que ça ne servait à rien et que le lent égrenage des minutes sur l'horloge de l'écran de veille ne faisait que rajouter à son impatience et à sa nervosité, mais ce n'était pas exactement comme s'il avait autre chose à faire. Il soupira pour la énième fois, allumant la radio pour l'éteindre aussitôt, ne supportant ni les mélodies trop enjouées qui étaient diffusées, ni les voix mornes des journalistes.

Après qu'il eut appris à Daniel qu'il avait ressenti un signal en fin d'après-midi, l'archéologue lui avait dit qu'il avait besoin de temps pour interroger Païos et les prêtresses. Jack avait tablé sur trois heures ; ça en faisait pratiquement quatre et il n'avait toujours aucune nouvelle. Il bascula la tête en arrière et se frotta les yeux ; combien de temps leur faudrait-il encore pour tirer les vers du nez de ces imposteurs ? Si seulement Hammond ne l'avait pas congédié...

Il savait que Carter était vivante, mais ça ne suffisait pas. Aussi porteur d'espoir que fut le bref signal qu'il était parvenu à capter, sa longue expérience le mettait en garde : tant qu'on ne lui confirmerait pas qu'elle était bel et bien en vie, il ne devait surtout pas s'habituer à l'idée que c'était le cas. D'autant plus que le fait qu'elle soit en vie ne signifiait pas qu'il la reverrait nécessairement un jour. De ce qu'il en savait, elle pouvait très bien avoir été téléportée sur une planète inaccessible.

Il enveloppa le volant de ses mains et posa le front sur le cuir qui le recouvrait, ne supportant plus d'être aussi inutile. La patience n'avait jamais été son fort, et ce qu'il traversait actuellement le mettait à l'épreuve comme jamais.

Lorsqu'enfin son téléphone sonna, lui indiquant un appel de Daniel, il s'en saisit avec une précipitation non feinte.

- O'Neill !

Au moins, sa voix ne le trahissait pas.

- Jack, nous avons la preuve que Sam est en vie.

Le général ferma les yeux, serrant inconsciemment ses doigts autour de l'appareil. Daniel ne venait pas exactement de lui livrer un scoop, mais la confirmation que son ami lui apportait déclencha en lui un élan de gratitude.

- Quand débute la mission de secours ? interrogea-t-il sans laisser ses émotions transparaître.

- Rien n'est encore défini, mais... Ecoutez, c'est compliqué à expliquer par téléphone. Hammond vous autorise à réintégrer le SG-C. Peut-être que l'on peut voir ça demain matin ?

- J'arrive tout de suite, répondit-il en coupant presque la parole à Daniel.

Il était hors de question qu'il la laisse là où elle était – peu importait le lieu ; bien trop loin de lui, de toutes façons – une minute de plus. Il y eut un court silence à l'autre bout de la ligne ; un court silence auquel il ne prêta pas la moindre attention. Il coupa la communication, sortit rapidement de son véhicule et se précipita vers les ascenseurs, présentant son badge au soldat de garde.

Jamais la descente dans les entrailles du Cheyenne Moutain Complex ne lui avait semblée aussi longue. Il prenait péniblement conscience pour la première fois depuis bien longtemps du nombre élevé de niveaux qui constituaient cette base. Lorsqu'enfin les portes métalliques s'écartèrent pour le libérer, il parcourut les quelques couloirs qui le séparaient du laboratoire de Daniel en courant.

- Qu'avez-vous appris ? interrogea-t-il sans préambule.

L'archéologue leva la tête vers lui, surpris. Il ne répondit pas tout de suite mais regarda sa montre.

- Comment avez-vous fait pour arriver ici en moins de cinq minutes ? demanda-t-il en retour.

Jack le regarda en haussant les sourcils, l'air visiblement agacé. Il s'assit face à son ami en silence.

- Vous avez attendu à l'extérieur de la base pendant tout ce temps... poursuivit Daniel.

Jack se releva, enfonça les mains dans ses poches et se détourna.

- Je ferais mieux d'aller voir directement Hammond, murmura-t-il d'un ton sec.

- Non ! s'exclama Daniel en se levant à son tour. Je suis désolé. C'est juste que … je crois que jusqu'à maintenant, je n'avais pas réalisé à quel point...

Il s'interrompit, tentant de capter le regard fuyant de Jack.

- Allons retrouver Teal'c, reprit-il finalement en sortant de son laboratoire.

~O~O~O~

- ... et d'après Génnaïodora, le colonel Carter ne pourra pas être libérée avant onze mois.

- Onze mois ? Ils se fichent de nous !

Daniel ne put s'empêcher de remarquer à quel point les tons employés par Teal'c puis par Jack étaient à l'opposé l'un de l'autre.

- C'est aussi ce que l'on s'est dit, répondit Daniel. C'est pourquoi j'ai contacté le professeur Bookman à l'issue de notre... entrevue avec la délégation. Je lui ai demandé s'il était en mesure de trouver un moyen de détruire les cactus qui bouchent l'entrée de la caverne.

Daniel s'interrompit un court instant ; Jack haussa les sourcils, l'incitant à poursuivre.

- Il ne peut pas s'avancer sans échantillon, mais selon lui, il faudra entre trois et six mois à son équipe pour fabriquer une solution capable d'en venir à bout. Le tout sans garantie de résultats.

- C'est trop long, murmura sombrement le général.

- Jack...

- Non, Daniel ! Il est hors de question de laisser Carter dans cette caverne plus longtemps !

- Jack... reprit-il, plus impatient.

Son ami apprendrait-il un jour à écouter ?

- Quoi ? répondit le général dans un état de fureur que reflétaient ses yeux.

- Le recours aux botanistes écarté, nous pensions faire appel aux Asgards, O'Neill, exposa Teal'c d'une voix toujours aussi calme.

- Oh...

Jack grimaça légèrement et passa une main dans ses cheveux avant de reprendre :

- Et vous les avez déjà prévenus ?

- Eh bien nous vous attendions pour le faire...

- Thor ! cria le général en s'adressant au plafond.

Daniel haussa les sourcils, alors que Jack réitérait son appel.

- Vous savez que Thor nous a laissé un communicateur... dit-il en désignant l'objet qu'il tenait en main.

Jack allait répondre d'un ton sans détour qu'il ne comprenait pas pourquoi Daniel ne l'avait pas encore activé, lorsqu'une voix familière le coupa.

- Ce ne sera pas nécessaire cette fois-ci, Daniel Jackson.

Le général se retourna alors que Teal'c inclinait la tête en signe de respect. Daniel regarda par-dessus l'épaule de Jack et adressa un salut de la main au petit être gris qui venait de faire son apparition.

- Thor ! s'exclama le général. C'est toujours un plaisir de vous voir !

Le Asgard inclina la tête alors que ses grands yeux s'ouvraient et se fermaient lentement.

- Salutations. Que puis-je faire pour vous, O'Neill ?

Le général lui résuma la situation.

- Nous sommes donc le seul espoir de Samantha Carter, exposa le Asgard pour être sûr d'avoir bien compris la situation.

- C'est tout à fait ça, répondit Jack en joignant ses mains devant lui dans un claquement sonore. Quand part-on ?

De nouveau, Thor battit lentement des paupières.

- Le colonel Carter a beaucoup fait pour la sauvegarde de notre race, statua-t-il.

Un court silence s'installa.

- Donc... ? interrogea Jack.

- Nous vous aiderons, conclut Thor.

Les trois hommes présents dans la pièce laissèrent échapper un soupir de soulagement.

- Cependant, reprit le commandant, la délégation perséphopolienne présente sur Terre doit nous donner son autorisation.

Jack haussa les sourcils.

- Parce que vous croyez qu'ils nous ont demandé notre autorisation quand ils ont enlevé Carter ? dit-il en pointant le couloir.

- Jack, intervint Daniel. Je pense que ce serait… diplomatiquement correct. De plus, ils pourraient être intéressés pour entrer sous protectorat Asgard.

Thor marqua son approbation d'un nouveau hochement de tête, puis il actionna un dispositif placé autour de son bras et tous les quatre disparurent en un instant.

~O~O~O~

Jack laissa son regard parcourir le vaisseau Asgard et il se retourna au son de paroles affolées chuchotées derrière lui. Païos, Génnaïodora et Anataxie, que Thor avait manifestement téléportés en même temps qu'eux, étaient littéralement collés les uns aux autres ; ils ouvraient de grands yeux en observant le lieu qui les entourait désormais. Le regard de Païos croisa celui d'O'Neill et le sage sembla retrouver un peu de courage.

- Vous, hurla-t-il en pointant le général du doigt. Qu'est-ce que tout cela signifie ? Où nous avez-vous emmenés ? De quelle sorte de magie avez-vous usé ?

Jack ouvrit la bouche pour répondre mais une autre voix que la sienne s'éleva derrière lui.

- Vous êtes ici en sécurité.

O'Neill fit un pas sur le côté afin de permettre aux trois Perséphopoliens de voir Thor, se délectant par avance de la frayeur que provoquerait la vision du Asgard. Païos devint instantanément blanc comme un linge.

- Êtes-vous un Goa'Uld ? balbutia-t-il.

- Mon peuple n'aspire qu'à la paix, répondit Thor.

- Êtes-vous... êtes-vous Perséphone ? hasarda-t-il.

N'attendant pas de réponse de la part du petit être gris, il se tourna vers les deux prêtresses.

- Est-ce Perséphone ?

Génnaïodora et Anataxie niairent lentement d'un signe de tête. Daniel décida qu'il était temps de conclure le petit jeu auquel Jack semblait prendre un malin plaisir. L'archéologue soupçonnait Thor et Teal'c de ne pas être plus enclin à faire cesser la vague de panique qui avait envahi leurs hôtes.

- Je vous présente Thor, expliqua-t-il. C'est un Asgard ; les Asgards aident les peuples à combattre l'oppression des Goa'Uld. Il est là pour nous aider à libérer Sam.

Anataxie écarquilla les yeux et s'avança, la peur de l'alien l'ayant manifestement totalement désertée.

- Vous ne pouvez pas ! dit-elle d'une voix menaçante. Vous mettez en péril le sort de tout un peuple !

- Justement, non, intervint Jack. Si vous voulez bien oublier un instant le danger que nous pourrions représenter pour la préservation de votre « secret », Danny-boy ici présent se fera un plaisir de vous expliquer comment la technologie des Asgards nous permettra de récupérer Carter en toute discrétion !

Il essuya un regard froid de la part d'Anataxie, qui tourna néanmoins la tête vers Daniel. L'archéologue remonta ses lunettes sur son nez et exposa succinctement le principe du rayon de téléportation et la proposition de protectorat des Asgards. Les craintes des Perséphopoliens semblèrent se calmer peu à peu, même si leur attitude envers Jack restait distante.

- Mais... le vaisseau, intervint Génnaïodora. Les gens vont le voir ; ils vont poser des questions !

- Nous sommes en mesure de téléporter le colonel Carter depuis l'espace, expliqua Thor.

Génnaïodora acquiesça. Elle qui maîtrisait tous les secrets d'Héliocore se trouvait totalement perdue face aux révélations qui lui étaient faites.

- Et ensuite, poursuivit Génnaïodora, vous nous laisserez en paix ?

Thor inclina la tête.

- Si vous ne souhaitez pas entrer sous protectorat asgard, vous n'entendrez plus jamais parler de nous, confirma-t-il.

La prêtresse hocha lentement la tête et prit une profonde inspiration. Elle chercha le regard de ses amis, et ce fut Anataxie qui reprit la parole.

- Dans ce cas, dit-elle en évitant soigneusement le regard de Jack, c'est d'accord.

Thor salua ses trois hôtes et les téléporta de nouveau au SGC.

- Nous devrions rejoindre Héliocore d'ici deux jours, dit-il à Daniel, Teal'c et Jack en se dirigeant vers le poste de pilotage.

~O~O~O~

Allongée sur son lit, les bras croisés derrière la tête, Sam fixait le plafond de marbre blanc, les sourcils légèrement froncés. Elle n'avait pas à regarder sa montre pour savoir que si la caverne avait été éclairée par un soleil, celui-ci aurait déjà été déjà haut dans le ciel. Elle aurait donc dû, par conséquent, être levée et hors de sa chambre depuis longtemps. Elle n'avait pas beaucoup dormi cette nuit-là, mais le sommeil n'était néanmoins pas la raison pour laquelle elle était encore au lit ; deux choses la retenaient dans la petite pièce.

Premièrement, elle avait besoin de réfléchir, et son lit n'était pas moins approprié qu'un autre endroit pour se livrer à ce genre d'activité. Deuxièmement – et c'était sans doute la raison la plus importante – cette chambre était le seul lieu dans toute la caverne où Perséphone semblait respecter la notion d'intimité. La veille au soir, elle avait eu toutes les peines du monde à ce que la prétendue déesse la laisse seule, et elle n'était arrivée à son but qu'en franchissant la porte de la chambre.

Elle en était donc là, profitant d'un repos dont elle n'avait pas vraiment besoin, réfléchissant aux événements qui lui arrivaient. La perspective de rester enfermée pratiquement une année dans cette caverne l'avait tout d'abord terrifiée, mais elle avait très rapidement essayé de rationaliser les choses : elle avait connu des situations bien pires que celle-ci, elle n'était pas en danger de mort, il n'était pas question de se faire torturer, et d'après ce qu'elle savait, ses amis étaient sains et saufs.

Du moins voulait-elle s'en convaincre.

Elle n'avait pour ainsi dire aucun doute que Daniel et Teal'c avaient pu rentrer sur Terre sans problème ; il n'en était pas de même en ce qui concernait le général, et le fait que le signal transmis par son bracelet soit resté si faible à chaque fois qu'elle l'avait perçu ne la rassurait pas. Son cerveau hyperactif avait vite assemblé les divers éléments dont elle disposait pour faire émerger ses conclusions : si le général n'avait pas remis les pieds sur cette planète en plus de trois semaines, c'était nécessairement que quelque chose lui était arrivé. Quelque chose de grave, qui avait sans doute un lien avec la pierre qui avait heurté son crâne. Mais d'un autre côté, si le bracelet fonctionnait correctement, elle pouvait dire avec certitude qu'il n'était pas mort ; c'était déjà ça.

Elle tenta de se concentrer à nouveau sur la situation présente, décidant qu'il serait totalement contre nature de sa part de baisser les bras et d'accepter de perdre un an de sa vie simplement parce qu'on lui avait dit qu'il n'y avait pas de moyen de sortir. Elle s'était échappée d'un nombre incalculable de vaisseaux mères ; elle avait même fui les prisons de Sokar, pourtant intergalactiquement réputées... Une simple caverne ne pourrait pas la retenir si longtemps !

Elle passa en revue ses différentes alternatives : maintenant qu'elle savait précisément où se trouvait la sortie, il était inutile qu'elle tente de créer une brèche au hasard dans l'une des parois : sans les détecteurs adéquats, ç'aurait été comme chercher un trésor sans carte.

Elle se focalisa alors sur les cactus. Des plantes aux propriétés intrigantes, lui avait avoué Perséphone : ils étaient indestructibles, mais en plus de cela, le seul jour de l'année où ils mourraient, ils libéraient dans un rayon de quelques mètres un gaz qui faisait oublier à quiconque le respirait les événements de l'année qu'il venait de vivre. Voilà pourquoi aucun habitant de la planète ne semblait se souvenir de s'être réfugié dans cette caverne par le passé.

- Détruire des cactus ne devrait pas être plus difficile que de faire exploser un soleil, murmura-t-elle en se redressant en position assise.

Elle savait qu'elle parviendrait à se débarrasser de ces cactus : elle avait dans son sac un certain nombre d'alliés qui pourraient sans doute l'y aider. En revanche, elle ignorait si le fait de les détruire libérerait le gaz ; si tel était le cas, elle perdrait d'une façon ou d'une autre un an de sa vie, perspective peu réjouissante.

Elle soupira profondément. Au même moment, son estomac se manifesta, et elle décida qu'il était temps pour elle de quitter son isolement.

~O~O~O~

Sam laissa échapper un grognement de frustration alors qu'elle lançait d'un geste rageur un morceau de cactus. Ces plantes s'avéraient finalement plus difficiles à détruire qu'un soleil, constata-t-elle amèrement.

Elle se laissa tomber sur un rocher et fit mentalement l'inventaire de ce qu'elle avait déjà testé. Elle avait commencé par tenter de couper les végétaux à divers endroits : d'abord les branches, qui avaient instantanément repoussé, puis la tête – même conséquence – et finalement le tronc. La repousse avait été plus lente, mais néanmoins spectaculaire. En moins de deux minutes, le cactus avait retrouvé sa taille et son aspect d'avant la coupe. Le « cadavre » qui gisait à terre s'était décomposé rapidement et le substrat avait été assimilé par le sol en une fraction de secondes. La seule bonne nouvelle était qu'aucun gaz ne semblait s'échapper des végétaux alors même qu'elle les blessait.

Elle avait ensuite essayé diverses armes : son P-90, son arme de poing, un zat. Rien n'y avait fait : les balles et les décharges étaient absorbées par la plante, qui n'en gardait pas la moindre cicatrice.

En désespoir de cause, elle avait placé quelques charges de C4 au pied d'un cactus, mais l'explosion n'était parvenue qu'à arracher quelques portions de la plante, qui avait de toutes façons immédiatement remplacé ses membres manquants.

Elle soupira et serra les mâchoires, les yeux fermés. Elle avait plus que jamais besoin de son équipe ; elle était persuadée que la force et la sagesse de Teal'c, l'esprit vif de Daniel et l'esprit tactique du général associés à ses propres qualités les auraient déjà sortis de là. Elle sentit un désagréable picotement au niveau de son nez, mais elle refoula les larmes qui menaçaient de couler. Ses amis n'étaient pas avec elle, mais ce n'était pas une raison pour se laisser aller : elle n'avait pas encore tout tenté.

- Je vous avais bien dit que vous n'y arriveriez pas.

La voix calme et posée de Perséphone ne la fit pas sursauter. Elle ne l'avait pas revue depuis la veille au soir et le fait que ses premiers mots soient des paroles de découragement la fit frissonner.

Dieu, comme le général lui manquait ! Il avait une telle foi en elle... A dire vrai, l'ensemble des gens avec qui elle travaillait semblaient avoir foi en elle. Mais elle n'y accordait pas autant d'importance ; il n'y avait que son opinion qui comptait vraiment. Elle ignorait s'il tenait toujours autant à elle après toutes ces années, mais elle savait avec certitude que la confiance qu'il plaçait en elle n'avait jamais faibli.

Sans un mot, elle se leva et se saisit d'une assiette en terre qu'elle avait trouvée dans la cuisine. Elle s'agenouilla au pied du cactus le plus proche et entreprit de creuser. Atteindre les racines serait peut-être la solution...

- Samantha..., murmura Perséphone en apparaissant devant elle. Ça ne sert à rien.

Les mâchoires toujours serrées, ignorant résolument Perséphone, le colonel redoubla d'efforts. Sa respiration se fit de plus en plus profonde à mesure que les minutes s'égrenaient.

Une heure passa ; Perséphone s'était assise sur le rocher précédemment occupé par Sam et elle faisait jouer un fruit rouge dans ses mains. Refusant de se déclarer vaincue, Sam continuait à creuser, essuyant régulièrement la sueur qui perlait sur son front.

- Pourquoi refusez-vous de m'écouter ? reprit la déesse.

Son ton calme et prévenant ne faisait qu'exacerber la colère de Sam.

- Pourquoi ne me laissez-vous pas tranquille ? répondit-elle d'un ton sourd.

Elle n'était pas sûre que son hôte l'aie entendue mais l'espace d'un instant, elle se crut seule. Elle arrêta de déblayer la terre, constatant avec désolation que ces cactus étaient très profondément enracinés. Elle émit l'hypothèse qu'il était possible que leurs racines soient en contact avec du naquadah pur, ce qui expliquerait leurs facultés de régénération.

- Vous abandonnez ?

Sam leva la tête, surprise de voir Perséphone accroupie au bord de la tranchée dans laquelle elle-même était agenouillée. Elle posa l'assiette, appuya une main sur le bord du trou et se redressa, passant à nouveau le revers de sa main sur son front moite.

- Provisoirement, dit-elle sourdement.

Elle s'assit à même le sol et fut bientôt rejointe par l'Ancienne.

- Vous apprendrez à apprécier cet endroit... et à m'apprécier, murmura-t-elle.

Sam haussa les sourcils et une moue dubitative se dessina sur son visage.

- Un endroit où je vais perdre une année de ma vie. Waouh, comment ne pas déjà l'apprécier ? répondit-elle d'un ton cynique.

Perséphone sourit faiblement et posa une main sur celle du colonel.

- Venez, dit-elle en se relevant et en l'entraînant à sa suite. Je vais vous montrer quelque chose.

La scientifique considéra un instant l'idée de refuser, mais elle reconnut qu'une pause lui ferait le plus grand bien. Elle dégagea néanmoins sa main de celle de Perséphone et elle la suivit sur le chemin de terre qui faisait le tour de la caverne. L'Ancienne tourna soudainement sur sa gauche et coupa à travers champs. Sam la suivit, interloquée, jusqu'à la lisière d'un bosquet auquel elle n'avait jamais prêté attention. Elle écarta les quelques branches qui lui barraient le chemin et retint un hoquet de surprise en découvrant une source chaude bordée de verdure.

- J'ai pensé qu'après tous vos efforts de la journée, un moment de détente ne serait pas superflus, expliqua Perséphone.

Sam hocha légèrement la tête, en conflit avec elle-même. Elle détestait cette caverne pour tout ce qu'elle représentait : une année d'ennui, de perte de temps, de séparations. Mais son corps tout entier était attiré vers la source d'eau, et elle se surprit à penser qu'elle pourrait commencer à apprécier ce lieu s'il lui réservait d'autres surprises de la sorte. Elle regarda autour d'elle ; Perspéhone avait disparu. Elle ôta prudemment ses vêtements, laissant son arme de poing à proximité de la source, et entra dans l'eau, appréciant instantanément les bienfaits de la chaleur sur ses muscles noués.

~O~O~O~

Elle laissait tomber. Deux jours avaient passé, durant lesquels elle n'avait cessé de creuser au pied du cactus, pour rien.

La plupart du temps, Perséphone restait auprès d'elle, silencieuse. Elle ne cherchait plus à la décourager et Sam commençait à avoir de l'empathie pour l'Ancienne. En un sens, elle comprenait son besoin de compagnie, même si elle-même n'était pas prête à se sacrifier pour cette cause.

Elle frotta ses mains recouvertes d'une fine pellicule de terre sèche et accepta avec gratitude le gobelet d'eau que Perséphone lui tendait.

- Vous n'abandonnez jamais..., dit-elle avec un faible sourire.

Les lèvres de Sam s'étirèrent légèrement.

- Ce n'est pas dans ma nature, répondit-elle en haussant les épaules. Cependant, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus...

Ses yeux se posèrent sur le ZPM. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Perséphone reprit la parole.

- Vous feriez exploser la caverne, murmura-t-elle.

- Pas nécessairement. Si je réduis la puissance et que je répartis correctement les impulsions, seule cette partie de la caverne serait soufflée par l'explosion.

Perséphone se leva, dos à elle, les bras croisés.

- Ce générateur est tout ce qu'il me reste pour garder le peuple en sécurité, Samantha.

Le colonel acquiesça.

- J'en suis consciente, soupira-t-elle. C'est pour ça que je ne le ferai pas.

L'Ancienne se retourna en souriant, mais très vite, elle fronça les sourcils : la scientifique Samantha Carter avait disparu.

~O~O~O~

Ce fut d'abord une sensation discrète au moment où le vaisseau sortait de l'hyperespace.

Le bracelet, muet durant des jours, reprenait vie. Jack ferma les yeux et laissa échapper un soupir qu'il avait l'impression de retenir depuis des semaines. Ils approchaient, et à mesure que les mètres, les kilomètres ou peut-être les années-lumières passaient – après tout, qu'en savait-il, lui ? C'était Carter, l'astrophysicienne ! – les palpitations se faisaient de plus en plus fortes contre l'intérieur de son poignet. S'il n'avait pas été un général de l'US Air Force en service, il aurait sans doute pu avouer que ces palpitations trouvaient un écho à l'intérieur de sa poitrine. A ses côtés, Teal'c et Daniel discutaient à mi-voix, tout à fait ignorants du signal qu'il recevait et qui lui envoyait un message porteur d'espoir : elle serait bientôt là, parmi eux, à ses côtés.

Thor avait été peu loquace quant à la façon dont il s'y prendrait pour téléporter Sam alors qu'ils ignoraient sa position exacte, mais Jack n'était pas homme à remettre en question les capacités d'un Asgard. Il bascula la tête en arrière, contre le mur, et se concentra sur son poignet. Un léger sourire apparut sur son visage à l'idée que Carter devait également le sentir approcher.

Et puis soudain, il eut l'impression que la moindre terminaison nerveuse de son corps répercutait l'intensité de la pulsation relayée par le bracelet. Il ouvrit les yeux et elle était là, dos à eux. Thor ne leur avait rien dit et Jack n'avait pas remarqué que le vaisseau s'était arrêté. Les trois hommes se levèrent d'un même mouvement.

Elle se retourna au même instant et posa ses yeux sur lui, accrochant son regard et ne le lâchant plus.

C'était terminé ; elle était là, sans explosions, ni batailles, ni sang qui coule.

Il soutint son regard alors que Daniel l'entourait de ses bras. Elle ne le quitta pas des yeux, pas même lorsque Teal'c s'approcha et passa également ses bras puissants et protecteurs autour d'elle. Il aurait voulu pouvoir faire deux pas en avant et imiter le geste de ses amis, mais il s'abstint.

A la place, il continua de la fixer jusqu'à ce qu'elle détourne le regard, ne pouvant plus éviter de répondre aux effusions de joie de Teal'c et Daniel.