Chapitre 10
Réponse à Sylne : Merci pour ta review, cela m'a fait très plaisir d'être lue et commentée. J'espère que la suite te plaira.
Note de l'auteur :
Je tiens à rappeler que tous rapports sexuels, qu'ils soient vaginaux, anaux ou buccaux sans protection sont des RAPPORTS A RISQUES ! N'imitez pas les protagonistes de cette histoire qui ont un comportement des plus dangereux. Ceci étant une fiction, aucun risque pour nos héros, mais héros à ne pas imiter sous aucun prétexte !
Dans tous les cas, le préservatif est votre meilleur copain !
Je m'excuse du long délai entre la publication de ce chapitre et du précédent mais j'ai eu une fin d'année très agitée et peu de temps pour écrire.
Bonne lecture!
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Katsumi rêva d'un songe d'ennui, de ce temps pourtant pas si lointain où, à peine âgée de seize ans, elle assistait aux banquets et aux fêtes fastueuses donnés par le Roi son père ; où les conversations glissaient sur elle, plates, futiles, comme un léger écho qui n'avait ni sens ni intérêt. Cet ennui qui, lui semblait-il, allait l'engloutir dans un gouffre de désespoir, dont elle essayait d'y échapper désespérément en déambulant sans fin à travers les corridors poussiéreux de son château, les yeux perdus à travers les fenêtres qui donnaient sur les vastes étendues des prairies s'étalant à perte de vue. Puis, comme la Belle au Bois dormant, on la tirait de ce songe, de ce monde qui lui apparut comme irréel pour la plonger dans ce brasier de souffrance passionnées, de jouissances douloureuses, de tourments exquis, de voluptueuses tortures. Comme si, par la seule force de son esprit en désirant tant ce destin, la belle avait réussi à l'appeler, à s'y fondre, à s'y dissoudre. Son corps enveloppé de rituels et de supplices était affamé par un désir sans fin. Mais ce n'était pas le Prince Consort Sanada qui l'éveillait de ce songe voluptueux dont elle se débattait vainement pour s'en échapper. C'était le visage à l'indicible mystère du Capitaine Yanagi, c'était les traits durcis par l'exigence du Seigneur Tokugawa. Elle cria et se tordit, les liens se raffermissant autours de ses poignets, de ses chevilles endoloris.
« Vous avez beaucoup dormi, lui chuchota le Prince Yukimura, à travers les images vaporeuses de ce rêve. Il faut vous réveiller. »
Ses lèvres frôlèrent celle de la blonde qui rejeta la tête en arrière, les yeux encore dans le vague.
« Non, ne m'embrassez pas, » geignit-elle.
Une douleur silencieuse se dessina sur le visage du Prince avant que Katsumi réalisa qu'il s'agissait de la réalité, paradoxalement une réalité qui avait les couleurs d'un rêve.
« Ce n'est que vous, chuchota-t-elle.
-Comment cela? S'enquit le Prince.
-Je croyais que tout ce qui m'est arrivé n'était qu'un rêve. Que mon passé avant d'arriver en ces lieux a perdu tout son lustre. Comme si j'avais enfin trouvé ce que je recherchais désespérément depuis de nombreuses années.
-Et tout ceci n'est que le début, mon tendre amour. Appartenez à tous.
-L'amour pur est cruauté, le désir assouvi source de souffrance, soupira la jeune fille. Mais c'est dans cette servitude que je trouvais les chemins de la liberté. Et un sens à mon destin. »
Yukimura ne lui répondit rien qu'avec un léger sourire avant de terminer de la délier. Il ne lui laissa pas le temps de se remettre de son réveil ; il lui désigna un bol de lait frais qu'elle lapa avec délice avant de rejoindre son Maître et le Capitaine de la Garde.
Katsumi ne saisit pas l'ensemble de l'échange à voix basse entre Sire Tokugawa et Yanagi ; elle ne put déceler quelques brides de la conversation et les mots de « Princesse fugitive », « mercenaires aperçus à quelques lieues du Port » lui parvinrent. Un soupçon d'inquiétude s'immisça dans l'esprit de la blonde qui se demanda si c'était cela qui mettait son Maître et le Capitaine de la Garde dans cet état d'agitation. Elle perçut au son de leurs voix une certaine colère. Non, ce n'était pas de la colère, mais plutôt une sorte d'impatience anxieuse. Néanmoins, la belle ne s'en inquiéta pas, la Nuit de Fête des Soldats allait avoir lieu ce soir, pour récompenser les hommes de l'Armée du Roi pour leur courage et leur valeur et cette perspective aiguisait douloureusement son attente. Quel usage allait-on faire d'elle? Serait-elle promise à quelque supplice nouveau et spécial? C'était une telle torture que d'être ainsi tenue dans l'ignorance. On ne lui laissa pas le temps de réfléchir à tout cela ; Tokugawa la renversa sur ses genoux pour sa punition quotidienne. Elle accueillit ses gifles avec soulagement, noyant ses pensées dans les larmes ruisselant sur ses joues rosies.
La matinée passa rapidement. Katsumi eut à peine le temps de comprendre que son Maître partait au Port avec une escorte pour une inspection des troupes maritimes du Roi. Ce dernier ne pouvant l'emmener avec lui, Sire Tokugawa lui expliqua que Yanagi serait son Seigneur et Maître durant son absence. Le Prince Yukimura l'accompagnait pendant que la Princesse Katsumi, elle, aurait le privilège de participer à la Nuit de Fête des Soldats à l'auberge des Trois Poneys.
« Obéissez-lui comme vous le faites avec moi, mon lapin. Sans quoi, je m'assurerai que vous serez empalée sur la Croix des Châtiments pour y être encore plus sévèrement fouettée et promenée à travers le Village, comme le sont les fugitifs, » lui asséna-t-il en lui désignant une croix de Saint-André sur laquelle était fixé un imposant phallus de cuir.
Katsumi frissonna de terreur malgré son intérêt croissant pour ce nouveau tourment et s'imagina un instant attachée de la sorte, encore plus réduite à l'impuissance avant de se ressaisir ; le Capitaine Yanagi lui ordonna de la suivre à debout, les mains nouées derrière la nuque, pendant qu'il se rendait au Village. La jeune femme obtempéra alors qu'il lui donna l'habituelle légère claque sèche sur la croupe pour lui signifier d'avancer.
Ils avaient rendu d'abord visite à Inui le Chroniqueur du Roi où ce dernier et le Capitaine Yanagi lui fit part « d'une Princesse fugitive » à voix basse, ce qui intriga de plus en plus Katsumi. Puis, ils se rendirent à l'Auberge des Trois Poneys, celle tenue par Maîtresse Shiba.
« Vous préparez ma chambre, lui ordonna le Capitaine alors qu'il s'attablait, la jeune Princesse agenouillée à ses pieds. Que la chambre soit bien propre, que le lit soit fait et que le feu réchauffe la pièce. Cela exécuté, vous iriez vous reposer avec les esclaves de Maîtresse Shiba, pour les festivités de la nuit. »
Katsumi obéit, suivant un Prince aux cheveux argent qui la mena à la chambre réservée au Capitaine. Avec des gestes sûrs, sans un mot, toujours à genoux, elle nettoya le sol, mit du bois dans l'âtre, secoua les draps. Elle remarqua la Princesse Sakuno après son travail pour la mener dans le coin du jardin réservé au repos des esclaves. On la lava comme la veille des sucs de ses Maîtres, on brossa rapidement ses longs cheveux avant de lui indiquer un endroit où dormir un peu. Avec une certaine satisfaction, elle constata qu'elle serait à côté de la Princesse Sakuno. Katsumi était très curieuse à son endroit, surtout pour savoir si elle avait vu juste sur les raisons de sa rébellion inexplicable et de sa déchéance au Village. Alors qu'elle s'allongea, sa tête près de la sienne, la blonde murmura doucement son prénom. La petite rouquine se tourna légèrement vers Katsumi qui put y lire une sérénité évidente, comme si la Princesse avait trouvé quelque chose à l'égal de son âme.
« Pourquoi êtes-vous partie, Princesse Sakuno? Lui murmura l'esclave de Sire Tokugawa.
-Parce que j'aimais Maître Echizen comme je n'aurai jamais cru pouvoir aimer, lui répondit doucement la jeune fille. Mais il ne savait pas commander. Il parlait sèchement mais je le sentais incapable de se maîtriser. Cela me faisait tellement peur que j'étais toute aussi incapable d'obéir à ses ordres et à le servir avec finesse. Je courais toujours me réfugier dans un coin de sa chambre. La veille de mon châtiment, alors que je devais exécuter un tour devant le Roi, j'ai bien vu que mon Seigneur était dans un état terrible d'agitation et cela m'a fait peur. Sire Echizen m'a condamnée publiquement. »
Un doux sourire se dessina sur ses lèvres malgré l'ombre du regret qui se reflétait dans ses yeux.
« C'est ce qui me semblait, reprit Katsumi en hochant la tête. Les Maîtres hésitants et agités me font peur aussi.
-Il n'y a pas que ça, répliqua Sakuno. Avant d'arriver ici, Sire Echizen et moi, nous avions été des amis d'enfance… Et un peu plus, je pense. »
Sa compagne resta interloquée avant que la rousse reprenne tout aussi doucement.
« Mes parents et les siens étaient alliés et on pensait nous marier quand nous aurions l'âge pour être unis. Mais Sire Echizen est aussi un proche parent du Roi. Quand il y eut la guerre, sa famille se rangea du côté du Roi Sakaki. Je ne puis vous décrire par quels sentiments sommes-nous passés. Les lettres qu'on ne pouvait envoyer. Nous avons été amants lors d'une seule nuit, d'une nuit volée avant qu'il ne reparte au plus fort du conflit. Nous ne savions si nous pourrions nous revoir et même si c'était le cas, pourrions-nous oublier que c'était une guerre qui nous avait séparés. Et lorsque les armées du Roi sont entrées dans le château de mon père, j'ignorais encore que je serai livrée nue à sa Cour. Ni même, lorsqu'il vit les rougeurs sur les jours de mon Maître, le Roi décida de me donner à lui, comme esclave personnelle.
-Insupportable, concéda Katsumi. Avoir grandi à ses côtés… »
Pour la blonde, tous étaient de parfaits inconnus. Durant tout le conflit qu'évoquait la Princesse Sakuno, les parents de Katsumi étaient restés neutres. Et de sa jeunesse, la jeune fille n'avait jamais vu que les vassaux de son père ou ses femmes de chambre.
« Oui, confirma la petite Princesse. Sire Echizen était comme fou à l'idée de pouvoir me posséder, user de moi. Il me parlait avec raideur mais je sentais que cela lui était presque intolérable de ne plus pouvoir partager avec moi comme quand nous étions enfants. Nous sommes devenus de très jeunes adultes mais il n'a pas su maîtriser certaines de ses émotions. Je me suis rebellée pour triompher de lui, en l'abandonnant. Ici, au Village, c'est beaucoup plus simple, Maîtresse Shiba d'une dureté effroyable mais j'en suis folle. Je n'ai qu'une envie, lui plaire en toute chose, qu'elle m'emmène comme hier soir dans sa chambre où j'ai pu m'éveiller à une sensualité que j'ignorais jusqu'alors. Quand je retournerai au Château, j'espère que je pourrai redevenir la favorite de Maître Echizen… et peut être lui montrer comment être un bon Maître.
-Vous n'abandonnez pas l'amour que vous lui portez, souffla Katsumi.
-Non, et bien plus encore. Je n'attends pas impatiemment de le retrouver car je sais que je le reverrai, au Château ou après mes années de service. »
Un court silence tomba entre les deux Princesses, rompu de nouveau par Sakuno.
« Mais vous-même, Princesse Katsumi, qu'avez-vous fait pour mériter de descendre au Village?
-J'accompagne simplement Sire Tokugawa pour la revue des troupes du Roi… Et participer à la récompense de leurs bons et loyaux services, répondit-elle avant de plonger dans un moment de réflexion. Si je me rebellais, supporterai-je les rigueurs du Village? Cela me semble si… attirant, si fascinant, être l'objet constant de l'attention des gens du commun.
-Mais pourquoi vouloir vous rebeller? S'enquit la rouquine. Vous n'aimez pas votre Maître?
-Pour porter mes expériences à des altitudes dont je n'ai pas idée, répliqua la blonde avec léger rire. J'aime bien Sire Tokugawa, mais parce qu'il est un bon Maître. Ni plus, ni moins. La chose qui me met en harmonie avec ce feu de passion, ce n'est pas tant le Maître ou la Maîtresse. Mais plutôt dans la façon dont il me tourmente, qu'il se délecte de la souffrance que je peux endurer. Pour moi, le défi n'est pas tant de plaire que d'éprouver chaque nouvelle sensation que leurs châtiments peuvent me faire subir. Peut être aussi, ne suis-je jamais tombée amoureuse, comme vous. »
Durant un instant, elle repensa au Prince Sanada et à ses deux frères, les Princes Tezuka et Atobe. Cela la faisait sourire. Elle n'avait pas eu le temps de ressentir l'étendue de leurs dominations sur sa personne. Et ne le regrettait pas. Dame Kaori avait été une des rares personnes qui l'avait vraiment intriguée. Parce qu'elle était passée par ces épreuves initiatiques en se livrant de son plein gré aux griffes du Sultan. La Princesse Katsumi n'éprouvait pas non plus de l'amour pour Sire Tokugawa. Il l'effrayait avec ses insatisfactions indicibles, ses silences sans fin, son organe qui était une douce punition. Mais elle ne lui céderait jamais que son corps. Quant au Capitaine Yanagi… La jeune femme soupira avant de rougir subitement. Le visage du Capitaine, ses traits énigmatiques, l'indifférence qu'il affectait, cela la troubla subitement. Et ce soir, elle était livrée au bon plaisir des soldats. Comme Sakuno, d'ailleurs, avait-elle appris lors de la conversation entre lui et Maîtresse Shiba.
Une odeur de vin aigre envahissait la salle de l'auberge, les soldats riaient, trinquaient pendant que les esclaves de Maîtresse Shiba s'activaient pour leur servir à boire et à grailler. Katsumi ne faisait pas exception et s'appliquait à verser le breuvage dans les pintes qui se présentaient à elle. De temps en temps, un des soldats lui pinçait les fesses ou les seins, ses joues rosissaient légèrement malgré le sang-froid dont la Princesse essayait de faire preuve. Après avoir servi le Capitaine, elle sentit se dernier lui saisir les poignets et la soulever, son visage s'enflammant et ses yeux fixant ses seins lourds se ballottant.
« A mes chers soldats qui ont si bien servi sa Majesté le Roi! » s'écria le Capitaine.
A ces mots, les hommes battirent des mains et quelques uns sifflèrent pour exprimer leur approbation. Du coin de l'œil, Katsumi vit la petite Princesse Sakuno et le Prince aux cheveux argentés du matin installés accroupis sur des tables, leurs organes crûment exposés. Les joues de la rouquine étaient écarlates, tout comme le membre plutôt imposant du jeune Prince.
« Ce soir est Nuit de Fête! Reprit Yanagi. Qui veut commencer? »
Un jeune soldat s'approcha et saisit la blonde avant de l'allonger sur une des tables, les jambes laissant s'exposer son petit coquillage trempé. Une langue râpeuse semblait vouloir la dévorer pendant qu'elle vit le scrotum sombre d'un autre soldat au dessus d'elle, sa virilité commença une série d'allées et venues dans la bouche pulpeuse de la jeune femme qui aspira ce membre tendu de désir avec gourmandise. Peu après, elle sentit les sucs âcres de l'homme s'écouler contre ses lèvres. Pendant qu'un autre soldat remplaçait celui qui avait déversé en elle le fruit de sa jouissance, Katsumi sentit qu'on explorait son intimité pendant que des doigts pétrissaient les tétons tendus à l'extrême, presqu'à lui faire mal avant qu'on les lui tète avec avidité. A chaque coup de boutoir, la belle croyait atteindre la jouissance mais ce n'était que de puissantes palpitations qui la menait à des plages intenses de plaisirs sans qu'on lui permette de relâcher toute la tension qui brûlait à l'intérieur de son corps. Chaque sexe était un déferlement de couleurs qui lui faisait pousser de sourds gémissements, exprimant tout l'abandon dans lequel elle livrait son corps aux mains des soldats.
On la releva et, jetant un coup d'œil timide autours d'elle, la blonde remarqua Sakuno chevauchant un vigoureux jeune soldat pendant que le Prince aux cheveux argentés était littéralement pris d'assaut par un soldat légèrement plus âgé mais non moins robuste. Le membre turgescent de ce dernier allait et venait dans les entrailles du Prince dont le visage n'était plus que plaisir. Katsumi n'eut pas le temps de réaliser l'ampleur de la scène qu'on la porta à Yanagi qui la coucha sur le ventre avant de sentir l'organe nerveux du Capitaine fouiller à l'intérieur de son vagin trempé, mettant dans chaque coup de rein toute l'appétence de son désir. Un des soldats se plaça face à elle et, sans ménagement, s'empala dans sa bouche entrouverte, entamant sur le même rythme soutenu que le Capitaine, des allées et venues. Le corps de la belle n'avait plus ni poids ni équilibre ; ses pensées se dissolvaient dans le flot continu des plages intenses de volupté auxquelles elle était impitoyablement soumise, le Capitaine ayant ramené ses deux mains dans son dos. L'orgasme de Katsumi fut d'une incroyable violence, la laissant totalement pantelante, encore avide de ces sensations qui ne semblaient pas s'estomper malgré les premières passions assouvies.
Ils avaient emmené les esclaves dans la petite cour où chacun s'amusa à laver chaque esclave, caressant les cheveux des Princesses ou flattant les dos endoloris des Princes. La belle ne se préoccupait plus de rien, laissant toutes ses mains courir le long de son dos, de ses seins, pincer sa peau, taquiner gentiment sa petite rose qui pointait, encore affamée avant qu'elle ne remarque Yanagi, accoudé dans un coin plus sombre de la cour, l'observant de ses yeux clos, une expression indéfinissable se lisait dans les courbes de son visage. Il s'approcha finalement d'elle pendant que les soldats reculaient respectueusement avant de la prendre dans ses bras.
Il la porta encore vaporeuse dans la chambre. Les yeux mi-clos de la belle suivaient les mouvements du Capitaine, étudiaient les traits rudes de l'homme alors qu'il l'allongeait avec une tendresse inhabituelle dans le grand lit où il s'allongea à ses côtés. Encore engourdie, elle s'étira comme une chatte avant de sentir les mains fermes de Yanagi se refermer sur ses hanches, l'attirant à lui avant de s'endormir promptement. Lentement, ses yeux se fermèrent, apaisée par un sentiment de contentement.
Des murmures voilés tirèrent Katsumi de son sommeil. La chambre était encore plongée dans la pénombre quand elle ouvrit les yeux. Le Capitaine était en grande discussion avec un des soldats de la veille. Ce dernier roulait des yeux avant de s'incliner et de repartir de la chambre. La blonde se redressa, paniquée. Combien de temps avait-elle dormi? Elle n'aurait su le dire. D'autant qu'elle se sentait encore fatiguée. Yanagi remarqua que la jeune esclave était éveillée et s'approcha d'elle. Pensivement, il lui caressa les cheveux avant rompre le silence.
« Pourquoi obéissez-vous? » lui demanda-t-il abruptement.
La belle resta muette de surprise et d'étonnement. Ses grands yeux s'ouvrirent plus grand quand il lui s'assit à côté d'elle, comme si elle était son égal.
« Répondez-moi honnêtement, reprit le Capitaine. Je ne veux pas d'une réponse pour me plaire, je veux une réponse franche. Venant du fond de vous-même. »
Katsumi mit quelques instants avant de formuler lentement, d'une voix se raffermissant, une réponse qui la surprit elle-même. La question en elle-même, pourtant simple, la désarçonnait. Elle n'y avait jamais vraiment réfléchi, à dire vrai. Après tout, elle restait une Princesse avec tous les droits et les obligeances dus à son rang et à sa lignée et malgré cela, il ne lui était jamais venue à l'idée de se rebeller pour cette raison-là, raison qu'elle avait jugée sotte dès le départ. Le jeune Capitaine saisit le menton de la belle et plongea ses yeux dans les siens, la libérant d'une sorte de poids.
« J'obéis pour éprouver mon corps, murmura la jeune esclave. Comme si une part de moi-même était née esclave et non de sang royal. J'obéis pour atteindre la perfection, pour faire plaisir à mes Maîtres et mes Maîtresses, bien sûr. Mais j'obéis avant tout…
-Oui?
-…Dans les humiliations les plus atroces, comme le Sentier de la Bride Abattue ou avant-hier soir, quand vous m'avez fait courir à travers le campement… J'obéis parce que j'espère au plus profond de moi-même pouvoir vraiment aimer mes Maîtres et mes Maîtresses mais…
-Ils vous laissent aussi indifférente? L'interrogea Yanagi.
-Oui, admit Katsumi, enhardie. Je les aime bien, parce qu'ils me punissent bien. Mais ni plus ni moins. La Princesse Sakuno, au contraire, aime vraiment celui qui a été son Maître au Château, le Seigneur Echizen. Mais il ne savait pas commander, d'après ses dires. J'aime celui qui me punit bien, ajouta-t-elle effrontément avec un rapide coup d'œil un peu insolent. Mais j'ai très envie de quelque chose. De quelque chose que je n'ai pas encore eu.
-C'est pour cette raison que vous avez enfermé votre cœur à vos Maîtres et vos Maîtresses au Château. Sire Tokugawa disait tantôt qu'il y a un noyau que personne n'avait su encore mettre à nu, que votre âme est un monde de mystère. C'est pour ça que tous ont été fasciné par vous, votre soumission, par votre passion et votre incapacité à dissimuler les émotions. Parce que personne ne sait comment vous contenter. »
Katsumi resta quelques instants à réfléchir aux paroles du Capitaine qui reprit la parole.
« Avant-hier, une Princesse s'est échappée du Château. A l'heure qu'il est, elle a probablement atteint le Royaume du souverain Krauser où on offre l'asile aux esclaves en fuite. Les recherches seront probablement abandonnées dans la journée. C'est très rare qu'un esclave fugitif parvienne à déserter réellement le Château et encore moins le Village. La plupart du temps, un esclave s'enfuit par défi. Non celui de s'extraire de ce monde de plaisir, mais plutôt par esprit d'aventure. Ceux qui désirent vraiment s'enfuir par peur, doivent passer par toute une palette d'épreuves, ils doivent parvenir à endormir la vigilance de leurs Maîtres ou de leurs Maîtresses, ne pas avoir peur de voler des vêtements et de l'argent pour mener à bien leur entreprise. Mais ils sont rares. »
Il se leva et d'une claque sèche sur les seins de la Princesse, il lui ordonna de se lever et de le suivre.
« Nous allons retrouver votre Maître, Sire Tokugawa. Il faut que vous soyez prête rapidement. »
