Merci beaucoup pour vos reviews, comme d'habitude :'D Je tenais à m'excuser pour la bourde que j'ai fais dans le chapitre précédent, et que Lilyep m'a fait remarquer : le Visual Kei n'existait même pas à cette époque, et je m'en vais écrire que Yoshiki est le leader du plus grand groupe de Visual Kei mdr' ! Excusez-moi, je n'ai pas pris assez de recul en me relisant...
Sinon, le chapitre qui vient là devait en fait ne faire qu'un avec celui qui viendra ce week-end, mais comme il faisait trop long et que je voulais concentrer celui-ci sur les cauchemars de hide, j'ai coupé le chapitre en deux :) Ne me tuez pas lol
C'est donc dans le prochain chapitre que nous aurons les 'réactions' de hide, et les nouvelles péripéties qui les attendent, héhé :D
La musique de ton âme
X – Réveil difficile
Il marche au cœur de la nuit. Il a froid, il a peur… mais il continue à avancer, car il sait très bien que s'il s'arrête, ils le rattraperont… autour de lui, tout n'est qu'ombres mouvantes et cauchemardesques, qu'il cherche à fuir chaque fois que leurs contours se font un peu trop précis. Il déteste cet endroit glacial, il ne sait pas où il est, il est terrifié… il les sent qui se rapprochent insidieusement derrière lui, glissant et flottant dans l'air glacé… il accélère encore dans cette pénombre insensée qui a presque une consistance poisseuse. Elle glisse lentement sur lui, s'éloigne et se resserre à nouveau autour de lui… comme de la pluie. Il se noie, ou alors il s'étouffe, il ne sait plus… il a peur… soudain, il trébuche et s'étale sur le sol boueux. Il se sent mal, il se sent sale… il cherche à se relever, mais déjà les ombres s'avancent vers lui. Cette fois encore, elles l'ont rattrapé… elles se pressent tout autour de lui… l'obscurité transcendée par des sourires moqueurs et machiavéliques… il hurle. Des visages apparaissent, s'agitent autour de lui, l'encerclant, se rapprochant sans cesse…
« On t'a trouvé, Matsu', chantent-ils joyeusement. Tu vois, tu ne peux pas nous échapper, hein Matsu' ?... pauvre poupée désarticulée… on est là, Matsu'… et on le sera toujours, tu sais… »
Le petit garçon se recroqueville sur lui-même. Tous ces sourires terrifiants… ils sont insoutenables… L'un d'eux se précise encore, et un grand garçon s'avance, le regardant méchamment. La lueur qui brille dans ses yeux le terrifie, il rampe dans la boue, cherchant à lui échapper, mais il s'englue et ne parvient plus à avancer. Il s'immobilise en tremblant, affolé, tandis que l'autre se rapproche encore de lui. Un rictus de mépris se peint sur le visage de ce garçon là, et il lui crache au visage avant de retrouver son sempiternel sourire moqueur.
« Même pas le courage de te débattre, hein, Matsu' ? Tu n'es vraiment qu'un… »
Les insultes pleuvent à nouveau, comme autant de coups de poignard plantés dans son cœur souffrant. Le petit garçon ferme les yeux, comme pour les oublier, mais les ombres ne l'entendent pas ainsi ; les coups remplacent alors les insultes, coups de pieds, coups de poings, coups d'objets tranchants dont les lames sifflent devant lui et l'aveuglent. Son corps tout entier reflète maintenant la souffrance qui hante perpétuellement son âme... et sa main qui le brûle, fort, si fort… comme si elle tenait quelque chose d'interdit… quelqu'un lui tiendrait-il donc la main ?... ce simple contact suffit à brûler sa chaire. Une personne invisible lui tient la main, avec une telle douceur… elle ne devrait pas… elle va… se salir…
Les fantômes rient comme jamais encore, d'un rire malfaisant qui fait frissonner son corps endolori.
« Tu rêves… personne ne te tient la main, tu sais, Matsu'… comme si quelqu'un voulait te sauver ! Ce serait complètement stupide, hein, Matsu' ? Tu n'en vaux pas la peine… »
Les sourires s'élargissent, les uns après les autres. Ils lui font tellement peur… il se sent tellement seul, tellement perdu, abandonné à la cruauté de tous ces revenants bien trop réels, qui ondulent dans la nuit tels des cadavres décharnés… les cadavres de ceux qui ont fait l'erreur de croire en lui…
« Tu sais, Matsu', reprennent-ils d'une seule et même voix, même lui pense comme nous… il fait partie de nous, maintenant… regarde-le… regarde-le ! »
Un homme apparaît entre les ombres… lentement, il s'avance vers lui à son tour, et l'obscurité semble s'éloigner sur son passage…
Non… pas lui…
Le petit garçon réprime un cri de désespoir. Sa main le brûle de plus en plus fort – bien plus que toutes les blessures qui maculent son corps… les sourires se rapprochent, avides de sa souffrance… et le visage de l'homme mystérieux se dévoile enfin…
Non…
Yoshiki… Yoshiki marche vers lui, la tête baissée, ses cheveux lui balayant le front, comme pour lui dissimuler quelque chose… mais quoi donc ? Que lui caches-tu, Yoshiki… le pianiste s'immobilise à quelques pas de lui, surplombant de toute sa hauteur le petit garçon couché dans la boue, le petit garçon qui a maintenant un corps d'adulte, toujours ensanglanté… ses lèvres tremblent, son regard se trouble. Il a tellement peur…
Yoshiki… embrasse-moi…
Une ultime supplique, un tout dernier espoir. Comme s'il allait se baisser, le prendre dans ses bras et l'embrasser… ! Yoshiki éclate de rire, d'un rire qui sonne douloureusement moqueur aux oreilles du persécuté. Lentement, le batteur relève la tête, tandis que le rire diabolique continue à résonner tout autour de lui. Les yeux de celui qui a été traîné dans la boue s'agrandissent. La terreur la plus totale s'y lit.
Ce visage… sur ce visage tourné vers lui, ce visage habituellement superbe qu'il a appris à connaître par cœur, il n'y a plus que du dégoût… du dégoût… du rejet…
« Pourquoi t'embrasserait-il ? »
Yoshiki… Yoshiki, pas toi… ne m'abandonne pas… embrasse-moi…
La grimace de dégoût se mue lentement en un sourire moqueur – encore un … un sourire malsain, identique aux autres, qui vient s'y ajouter… Des sourires moqueurs… partout…
Yoshiki… Yoshiki, où es-tu ?
Des sourires grimaçants qui fondent sur lui en même temps que l'obscurité, comme s'ils appartenaient tous à une seule et même entité terrifiante… tout est froid… tout est sombre… le passé et le présent se mélangent confusément… il a mal… il se sent perdu… abandonné par celui qui compte tant pour lui…
Et pourtant. Pourtant, il y a toujours cette chaleur irréelle qui enveloppe sa main, cette chaleur douloureuse mais tellement réconfortante. Et la douce sensation de deux lèvres posées sur les siennes, avant que le néant ne le happe…
« Yoshiki… »
C'est en murmurant ce nom que hide se réveilla, plusieurs heures plus tard. Il demeura parfaitement immobile, la respiration saccadée, essayant de rassembler ses idées éparpillées dans son esprit ébranlé. Il sentait la sueur dégouliner lentement le long de son front et de son cou. Il remua lentement sa main, et constata qu'elle ne le brûlait plus – et que personne ne la tenait. Il geignit faiblement. Il ne savait plus où il en était. Il avait peur d'ouvrir les yeux, et de se retrouver à nouveau au beau milieu des ombres mouvantes qui hantaient ses cauchemars…
Il serra les lèvres. Il se sentait horriblement vaseux, et une désagréable envie de vomir le tenaillait. Sans parler de son mal de crâne persistant…
« C'est pire qu'une bonne cuite » songea t-il.
Il entendit soudain une porte s'ouvrir, et quelqu'un entrer dans la pièce. Mais où était-il donc ? Et qui était cette personne ? Il n'ouvrit pas les yeux, mais fronça les sourcils. Il sentit l'individu non-identifié s'asseoir sur le bord de son lit, et une voix inquiète lui parvint :
« Tu es réveillé, hide-kun ? »
Yoshiki… ? Etait-il encore prisonnier de son rêve ? Etait-ce réellement des sourires moqueurs et une souffrance infâme qui l'attendaient ?
« Ouvre les yeux… »
Pas de doute, c'était bel et bien la voix de Yoshiki. Etait-il chez lui ? Mais comment diable était-il arrivé là ? Il se rappelait vaguement avoir marché sous la pluie battante pendant de longues minutes, être même tombé dans une immense flaque, mais ensuite… « Faites que je n'ai pas fais de conneries ! » Si il en avait fait, Yoshiki ne serait pas là en train de lui demander d'ouvrir les yeux, si ?
Lentement, il finit par obtempérer. Un plafond couleur crème s'offrit à son regard incertain, et en tournant légèrement la tête, le visage soucieux de son leader entra dans son champ de vision. Il était bien dans l'appartement de Yoshiki, à en juger par le décor quelque peu trop sobre pour être celui du sien. « A moins que Yoshi-chan ne se soit amusé à changer la disposition de ma chambre et qu'il l'ait passablement agrandie, et ben je suis dans son appart'… mais qu'est-ce que j'fais là, moi ? »
La nausée le reprit et il referma les yeux en grimaçant.
« hide-kun ?
- … m'sens mal… »
Un sourire amusé se peignit sur les lèvres du batteur.
« Tu m'étonnes ! Quand on s'amuse à plonger dans les flaques et à déclamer sous la pluie… »
hide ne releva pas, bien trop concentré à réfréner les envolées de la voluptueuse danse que s'amusait à inventer son estomac. Le sourire de Yoshiki devint doux, et il posa doucement sa main sur le front du guitariste, qui l'observa d'un œil légèrement vitreux.
« La fièvre est tombée, c'est déjà ça.
- La fièvre ? Quelle fièvre ?
- La tienne, andouille ! »
Alors comme ça, il avait eu de la fièvre ? Avait-il déliré ? Et était-ce pour cela qu'il ne se rappelait de rien ? « C'que c'est compliqué… »
« Qu'est-c'que j'ai fais ? Qu'est-c'qui m'est arrivé ? »
Il se redressa vivement, un peu trop sans doute, car sa nausée revint en force.
« Calme-toi, gronda Yoshiki. T'es pas encore en état de t'exciter…
- Yoshi-chan, réponds !
- Tss ! Repose-toi, tu en as bien besoin.
- Je vais très bien !
- … dit-il, pâle comme la mort, tout en se tenant l'estomac à deux mains…
- N'importe quoi. »
Boudeur, hide attrapa son oreiller et le jeta sur Yoshiki, qui le réceptionna avec un nouveau sourire.
« Me lancer un de mes coussins dans ma propre maison… odieux gamin ! »
hide lui tira la langue et sourit. Puis il rejeta ses couvertures, dévoilant le haut de pyjama parme que Yoshiki lui avait passé au-dessus de son jean, et fit une moue déplorée.
« Allez, Yoshi-chan… dis-moi… »
Yoshiki poussa un discret soupir. hide ne lui facilitait vraiment pas l'existence… il ne se souvenait même pas de ce qu'il s'était passé entre eux ! Comment allait-il lui annoncer cela, lui ?... « J'espère au moins que tu ne le prendras pas mal… »
Rejetant nerveusement ses cheveux en arrière, il se lança.
« Et bien… hier, car tu as dormi un sacré bout de temps…
- Et tu me dis encore de me reposer !
- … nous nous sommes rencontrés au restaurant…
- Au restau' ? Lequel ?
- Commence pas à m'interrompre toutes les deux secondes ! Comme si je me souvenais du nom, aussi… j'ai choisis le premier qui se présentait… j'avais d'autres préoccupations en tête, figure-toi ! »
hide prit un petit air malicieux.
« Ha oui ? Lesquelles ? »
Yoshiki détourna la tête pour lui cacher le rougissement intempestif de ses joues. Il n'allait quand même pas lui avouer maintenant que justement, c'était à lui, et à lui seul qu'il ne cessait de penser…
« T'occupe. Bref, on s'est retrouvé là, je t'ai invité à dîner… »
hide ouvrit des yeux ronds.
« … et tu as accepté » poursuivit Yoshiki.
Silence. Puis un petit rire nerveux.
« Qu'est-c'qui a ?
- Non, rien. Je redoute juste la suite… » murmura le guitariste.
Ils évitèrent soigneusement le regard de l'autre. Une gêne diffuse venait de s'installer entre eux, et Yoshiki se racla la gorge pour se redonner un semblant de contenance avant de poursuivre son hasardeux récit.
« … bon, on a mangé, et après on est sorti. J'avais prévu de te raccompagner chez toi, vu les trombes qu'il tombait…
- Et qu'est-ce qui s'est passé ? »
Yoshiki ne répondit pas.
« Yo… Yoshi-chan ? »
Le batteur eut alors un léger sourire, qui décontenança totalement le guitariste tant il était inattendu.
« Tu m'as embrassé. »
La mâchoire de hide se décrocha. Il ne parvenait visiblement pas à y croire. Peut être y croyait-il bien trop… il resta silencieux pendant quelques minutes, probablement occupé à fouiller sa mémoire. Yoshiki guettait ses réactions, sans rien dire. Finalement, le guitariste eut à son tour un petit sourire.
« On était complètement bourrés. C'est ça, hein ? »
Le visage de Yoshiki se décomposa, et il détourna la tête. Alors c'était donc ça… hide cherchait juste un prétexte, juste un petit quelque chose pour justifier son comportement… « Pourtant, c'est lui qui m'a embrassé, cette fois, songea t-il amèrement. C'est qu'il devait le vouloir au moins un peu, non ?... »
« Non. Tu avais une fièvre pas possible, mais tu n'étais pas bourré…
- Ah. »
Cela semblait surprendre le guitariste, qui finit par fermer les yeux, en poussant un profond soupir.
« Je suppose que je dois m'excuser, alors… souffla t-il en un murmure.
- Pas si tu n'y tiens pas. Mais je suppose que…
- Que quoi ? »
« Que tu ne le voulais pas vraiment, hein… »
Voyant que le silence du batteur s'éternisait, hide rouvrit lentement les yeux et chercha son regard. Lorsqu'il l'eut enfin accroché, il lui fit un petit sourire doux.
« Je ne m'excuserais pas. Si je l'ai fais, c'est probablement que j'en avais envie… et comme je t'ai demandé de ne plus t'excuser, je ne vois pas pourquoi moi, je le ferais. »
Il semblait déterminé. Le batteur était quelque peu étonné par ses propos, mais soulagé aussi, sans doute. hide croisa les bras derrière la tête et se laissa retomber sur le lit, fermant à nouveau les yeux, l'ai serein.
« Et ensuite ?
- … ensuite… tu as un peu… dérapé…
- … ?
- Disons que… tu t'es mis à parler de choses et d'autres, debout sous la pluie, avec un air assez… fou… »
hide éclata de rire, arrachant un sourire au pianiste.
« Je devais être terrifiant… »
Yoshiki hocha la tête, faussement fataliste. hide rouvrit un œil.
« Tu as dis que je t'avais parlé 'de choses et d'autres'… qu'entends-tu par là ?
- … et bien… tu as parlé de notre premier baiser. »
« Si on peut appeler ça un baiser, comme le dit si bien Toshi. » songea Yoshiki en baissant la tête.
« Ah…
- … tu riais. Tu riais, tout en parlant, et tu avais l'air un peu… mélancolique… et pourtant, tu continuais à rire… »
« Et ça me faisait tellement mal, de te voir comme ça… » Le batteur n'ajouta pas sa pensée, et se mit à pianoter sur les draps, l'air absent, tout en murmurant :
« … c'était assez dérangeant.
- Désolé.
- Pour finir, tu m'as dis que tu avais eu ton baiser, et tu t'es mis à me parler de princesse… je t'avoue que je n'ai pas compris grand-chose… »
hide se redressa à nouveau, hilare.
« De princesse ? Je devais vraiment être atteint…
- C'est aussi l'impression que ça m'a fait » plaisanta Yoshiki.
Le silence s'installa, un silence pendant lequel hide semblait réfléchir à tout ce qu'il venait d'apprendre. Finalement, Yoshiki se releva, étirant ses muscles fatigués.
« Bon… la salle de bain, c'est la troisième porte à droite, si tu veux aller y faire un tour. Je t'ai préparé des vêtements, j'espère qu'ils te conviendront. On mange d'ici une heure… j'ai commandé une pizza. »
Yoshiki avait déjà atteint la porte lorsque hide l'interpella, visiblement mal à l'aise.
« Yoshi-chan…
- Oui ?
- C'est toi qui… qui me tenais la main, pendant que je dormais ? »
Yoshiki ouvrit de grands yeux, surpris. Il s'en était aperçu ? « Pourquoi me demande t-il ça ? »
« Oui… »
hide hocha la tête, et continua en le regardant intensément.
« Et… c'est toi qui m'a embrassé ? »
Yoshiki, troublé, ne répondit pas immédiatement.
« … oublie ma question, soupira hide.
- Oui… murmura enfin le pianiste. Oui, c'est moi. Parce que… parce que tu me l'avais demandé, et que j'en avais envie. »
hide le dévisagea un instant, surpris, puis répondit à son sourire avant que le batteur ne quitte la pièce.
