Hm. Vous allez me haïr. En plus, la suite n'est pas vraiment prête. Et en plus, Levy est un peu OOC. Mais, vous savez que j'vous aime, hein ?
Ah, oui, petite note pour ceux qui trouvent que parfois, Gajeel et Levy parlent trop. La loi du silence s'applique avant tout à leur relation, pas aux faits triviaux, ou aux dialogues avec les autres personnages. Je tiens à préciser, au cas où. ^^
Bonne lecture,

Pleurs

Un choc.

Levy se sentait comme transportée dans un monde de douleur vive, cette agonie singulière qui caractérisait la perte d'un être cher. Elle se sentait mourir à petit feu, plongée dans le néant, inapte et impuissante. La culpabilité et la rancœur lui nouaient les trippes dans un bal furieux. Nauséeuse, elle se sentait incapable de bouger. Elle demeurait assise sur le banc de la salle commune, incapable de se mouvoir, incapable de parler. Seuls les sanglots l'étreignaient, inutiles et affligeants. Autour d'elle s'étaient amassés divers membres de Fairy Tail, tous soucieux de son état. Lucy se tordait les mains, embarrassée et triste, d'autant plus qu'elle était celle qui avait annoncé la nouvelle à son amie. Elle ne savait comment la consoler; beaucoup de membres de la guilde étaient partis en mission et il était impossible de rassembler une expédition digne de ce nom dans l'immédiat. Mais bientôt, promettait-elle à mi-voix, tandis que Mirajane acquiesçait. À Fairy Tail, on n'abandonnait pas ses camarades à son sort. Macao, plus loin, approuva d'un signe de tête déterminé, se remémorant sans doute son propre sauvetage par Natsu et Lucy. S'il le fallait, ils partiraient sans les membres les plus forts – et après tout, Mirajane n'était-elle pas un mage de rang S ?

Nouveaux sanglots. Levy était incapable d'exprimer sa gratitude pour les efforts de ses amis, trop immergée dans son propre désespoir pour parvenir à assembler des idées cohérentes. Plus que tout, le risque de perdre l'un d'entre eux dans cette entreprise pour ensuite découvrir la mort de… Non, elle ne pourrait jamais le supporter.

C'était de sa faute. Elle devait faire quelque chose, mais rien de sensé lui venait à l'esprit.

C'était de sa faute. Elle se le répétait sans cesse, rongée par cette culpabilité maladive qui la poussait à rejouer chaque scène dans sa tête. Jett et Droy qui lui proposaient une quête, pour faire renaître un peu leur équipe. Elle qui refusait gentiment, leur rappelant qu'elle avait une traduction de documents anciens à renvoyer la semaine qui suivait à une célèbre maison d'édition de la ville. Et elle les contemplait des milliers de fois avec leurs sourires encourageants, lui promettant de revenir vite et triomphants. Elle se souvint avoir furtivement caressé l'idée de leur demander d'attendre une petite semaine, le temps qu'elle finît afin de pouvoir partir avec eux. Puis, ne voulant pas leur retirer cette joie si jamais la mission était prise par quelqu'un d'autre, elle s'était ravisée.

Jett et Droy n'étaient jamais revenus. Ils venaient tout juste de recevoir un rapport de l'employeur comme quoi la créature sévissait toujours après que les deux mages se furent aventurés dans son repaire. Silence radio. Disparus. Probablement décédés.

Morts.

Et s'ils étaient tous les deux follement amoureux d'elle, ils demeuraient ses amis de toujours, ses compagnons dans les coups durs, les membres de son équipe. Ils l'avaient toujours protégée à leurs risques et périls. Ensemble, ils avaient vécu de folles aventures, des expériences inoubliables, enduré des situations improbables.

Ils étaient ses amis de toujours.

Disparus.

— Hé, Crevette.

Elle leva un regard larmoyant sur Gajeel qui s'agenouilla devant elle. Il posa fermement ses mains sur les épaules de la jeune mage, plantant ses prunelles ardentes dans les siennes, évaluant l'étendue de son chagrin. Il poussa un soupir bref, communiqua sa décision en serrant brièvement les mains de son amante. Et il se releva, lui ébouriffa les cheveux. Il y avait dans ces simples gestes une promesse qui remua Levy. Elle était partagée entre lui hurler de ne pas y aller et le supplier de les retrouver.

Gajeel se détourna sans qu'elle parvînt à esquisser le moindre mouvement. Elle sentait le Dragon Slayer lui échapper un peu plus chaque seconde. Elle devait réagir. Et pourtant, elle restait sourde au monde autour d'elle, incapable de discerner les mouvements, les consolations, les conversations autour d'elle.

Quand elle trouva enfin la force de quitter l'étreinte de Mirajane pour franchir les portes de la guilde en silence, la certitude que Gajeel prendrait le premier train s'était ancrée en elle. Elle put percevoir le sifflement d'une locomotive qui s'élançait.

Trop tard.