Merci pour vos commentaires! Ce chapitre est plus court, vous allez comprendre pourquoi. PATAPER L'AUTEUR.


La vie avait reprit son cours, doucement, calmement, mais le naturel d'autrefois s'était fissuré pour laisser place a une ambiance étrange, parfois désagréable, difficile a cerner. Reid observait avec anxiété les attitudes diverses de ses collègues. Rossi était encore absent, Garcia tapotait sur ses ordinateurs et les deux jeunes femmes planchaient sur différents dossiers. Le génie avait les clefs de l'appartement du métis dans ses mains, et il jouait avec une petite figurine en terre cuite étonnamment lourde. La blonde replète lui fit un discret signe du menton, et Reid accouru :

« Mon chou…Je crois bien que ton bonheur récent t'empêche de voir qu'autour, tout n'est pas si rose. Hotchner a eu des problèmes, on l'accuse de ne pas avoir décelé la folie chez Lauris. Et David qui est malade…Je n'aime pas ça.

-Au…Au moins JJ et Prentiss se reparlent. C'est déjà bien, non ?

-Bien ? C'est un gâchis sans nom, Reid ! Elles passent a côté de quelque chose d'exceptionnel, tout simplement. Enfin… »

Elle posa ses doigts sur la joue pâle du génie qui rougit instantanément, et eut un grand sourire. Au moins, pour celui-là, les choses étaient réglées. Il avait bien mérité tout cet amour qui débordait du métis.

« Au fait, ou est-il, mon gros sucre d'orge ?

-Il…Il n'a pas voulu m'écouter, il a voulu courir plus d'une demi-heure, alors…J'ai préféré venir au bureau. »

Reid semblait légèrement triste de ne pas avoir plus d'autorité que ça sur son amant, ce qui ne surprit pas tellement Garcia. Elle savait a quel point le métis pouvait être têtu. Et lorsqu'il décidait quelque chose, peu importait qu'il ait tors ou non, il s'enfonçait dans ses idées, pataugeait, s'y noyait parfois. La blonde glissa qu'il faudrait tout de même le surveiller, pour éviter qu'il ne se fasse du mal en s'épuisant.

« Il veut être sur d'avoir un corps parfait pour plaire à son petit génie, roucoula t-elle en titillant l'épaule du jeune homme, j'en connais un qui est chanceux ! »

Reid gloussait malgré lui, gêné et heureux à la fois de cette constatation. La porte s'ouvrit sèchement sur Aaron, blanc et sérieux, sans une ombre de sourire. Il s'avança, hésitant, chercha Rossi des yeux, ne le trouva pas, et s'apprêtait a faire demi tour quand Reid osa se présenter devant lui, interrogateur et inquiet. Il n'aimait pas l'attitude de son supérieur. Quelque chose clochait, visiblement. D'une voix faible, Aaron demanda ou se trouvait Rossi, et le génie répondit qu'il ne se sentait pas bien, une fois de plus, et qu'il faudrait songer a le faire consulter un professionnel. Hotchner soupira.

« H…Hotch ? J…Je ne suis peut être pas le mieux placer pour vous comprendre, je le sais très bien, mais je voudrais , dans la limite du possible, d'avoir accès à votre raisonnement concernant la probabilité de…

-Je vais être viré, Reid. Tout le monde a remarqué que l'équipe bat de l'aile. Et pire encore, Ils vous accusent d'avoir relâché votre vigilance, de…

-Viré ? »

Reid accusa le coup, et sentit sa cage thoracique se gonfler sous la violence de l'aveu. Ce n'était pas possible. Pas Hotchner. Surtout pas lui. Sans sa présence, l'équipe n'était plus rien. Il voyait les lèvres de son supérieur remuer, mais il ne comprenait pas. Reid secouait négativement la tête. Non.

« Ils…Ils n'ont pas le droit. Vous ne pouvez pas nous laisser. Non…On a besoin de vous… »

Une main se posa sur son épaule. Hotchner lui sourit d'un air las, et remarqua que ses autres agents le dévisageaient avec stupeur. Allait-il réellement lâcher l'affaire ainsi ? Alors que tout allait mal ? Morgan n'était pas guéri, Rossi était malade…Ce n'était pas le moment de quitter le navire, surtout quand on représentait le capitaine. Reid s'accrochait au bras du bel homme.

« Hotchner, vous ne… »

Le téléphone du génie se mit a vibrer. Il s'excusa, s'en saisit, et eut un imperceptible sourire en identifiant l'appel. Il porta le mobil a son oreille alors que Garcia, s'étant levé, se mettait a crier qu'elle ne laisserait pas faire ça. Prentiss et JJ, oubliant un instant leurs différents, se joignirent à elle, au plus grand plaisir d'Hotchner qui les regardait paisiblement jurer contre Ceux d'en haut et leurs noirs desseins. Puis, les yeux du supérieur tombèrent de nouveau sur le génie. Un génie qui avait ouvert de grands yeux fixes.

« Reid ? »

Reid raccrocha. Reid se retourna, et de vilaines tâches rouges apparurent sur ses pommettes alors que son pouls s'affolait.

« Dereck est dans la rue ! Il…Il vient de me dire qu'il est tombé, qu'il voit des étoiles, il…Il a trop forcé bon sang, il faut l'emmener a l'hôpital !

-Reid, calme toi, ou est-il ? Qu'a-t-il dit ? »

Morgan était assit a même le trottoir, les deux mains plaquées sur son cœur, se penchant d'avant en arrière sans vraiment s'en rendre compte. Il courait tranquillement quand quelque chose dans son abdomen avait comme cédé. Il était tombé à genoux, le souffle coupé, les yeux vitreux. Il avait appelé le génie dans un état second, lui donnant presqu'uniquement le nom de la rue. Puis, son téléphone avait rejoint l'asphalte. C'était trop bête, ce qui lui arrivait. Il était a peine a cinq minutes du bureau, et voila qu'il ne pouvait plus se relever. Il n'aurait pas du courir autant. Il le savait, au fond.

"..."

« DERECK ! »

Reid criait, Reid pleurait, Reid paniquait, une fois encore. Cela ne faisait pas si longtemps. Aaron se mit au volant. Il fallait le transporter aux urgences le plus rapidement possible. Reid, a l'arrière, tenait contre lui un métis étrangement pâle qui essayait encore de plaisanter. Le génie, a bout de nerfs, lui criait de la fermer , n'essayant même pas d'essuyer les grosses larmes de nacre qui coulaient sur ses joues. C'était parfaitement injuste.

« T…Tu n'es qu'un EGOISTE ! Comment as-tu pu me faire ça, merde…Pas ça Dereck pas ça…Pas maintenant…Pas maintenant…Pas encore…Tu m'as déjà fais le coup… »

Dereck voulait s'excuser d'être aussi con. De jouer avec la vie. D'inquiéter son génie. Il se redressa, lui montrant qu'il n'était pas si mal en poing, saisit son visage et l'embrassa tendrement, se fichant pas mal de la présence d'Hotchner. Il ne voulait que s'excuser encore et encore, dire a Reid qu'il l'aimait, qu'il allait guérir, et faire attention cette fois, qu'il serait sage, le plus sage de tous les hommes. Les lèvres se détachèrent. Reid hoquetait un peu.

« Je t'aime, Spencer. »

Reid n'eut pas le temps de répondre. Un camion, venu de la gauche, grilla la priorité, et alla s'encastrer dans leur voiture, la projetant sur le côté.

"..."

Bip…Bip…Bip…Bip…

« A…Alors, docteur ?

-Mr Hotchner à un bras cassé et deux côtes fêlées. Le grand métis, Mr…

-Morgan. Dereck Morgan.

-Mr Morgan a subit une opération du a son ancienne blessure. C'est un succès, il n'y a pas a s'inquiéter, c'est un homme bien bâtit. Quand au jeunot…

-Spencer Reid.

-Reid. Et bien sa tête a heurté la portière, mais je crois pouvoir dire que quelqu'un l'a étonnamment bien protégé du choc. Mr Morgan, à n'en pas douter. »

Garcia soupire de soulagement, pressant un mouchoir blanc contre ses lèvres. Le sort s'acharnait-il contre eux ? Etaient-ils victimes d'une malédiction ? Ou de tueurs a gage ? Le médecin consulta ses notes. Déglutit, fronça les sourcils. Prentiss n'aima pas cette réaction :

« Quelque chose ne va pas ?

-Les deux patients qui étaient a l'arrière de la voiture ont subit un choc plus violent au niveau du crâne. Ils se sont réveillés tout a l'heure, et présentent en effet le même symptôme. Une perte de mémoire virulente. »

Garcia sentit ses doigts se raidirent.

« Perte de mémoire ?

-Ne vous inquiétez pas, ce n'est que temporaire, j'ai vu ce genre de cas des millions de fois. Dans quelques mois ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir. »

Quelques mois ? Non. Cela ne pouvait pas être possible. Mais, quand les agents allèrent rendre visite aux deux hommes, le doute ne fut plus permit. Ils ne se souvenaient que de très peu de choses, et ils n'en faisaient pas parti. Reid avait gardé ses connaissances gargantuesques, mais ne se remémorait plus le prénom du métis. A l'inverse, Dereck essayait déjà de forcer sa sortie de l'hopital, sans même jeter un œil a son amant, qu'il ne connaissait désormais plus.

Garcia se tenait contre le mur, les larmes aux yeux.

« Que va-t-on faire ? Que va-t-on faire ? »

Personne n'avait la réponse, évidemment. Une semaine plus tard, les deux hommes sortaient de leurs lits blancs, réparés. En apparence seulement, car leur mémoire ne daignait pas revenir. Ils n'étaient plus rien l'un pour l'autre. Plus rien du tout.

...To be continued.


ALORS! Je sais, je sais, vous voulez une fin heureux, qui se termine dans un lit. Mais je n'aime pas la facilité. N'allez pas croire que je vais refaire une fic retraçant la même histoire entre les deux, se serait stupide et mal me connaître! Je vais donc, si vous l'acceptez, vous proposer une fiction complètement délirante : le voyage de Morgan qui retourne dans son village natal, une espèce de truc aborigène sur les bords, avec Reid qui le suit grâce aux indications d'un livre donné par Garcia. JE SAIS BIEN que Morgan n'a jamais eu de racines "aborigènes", mais cette idée de fiction me trotte dans la tête depuis longtemps et j'avais envie de la faire. Je vous promet que vous ne le regretterez pas :)

Etes vous prêts/prêtes a tenter l'aventure? Car si vous pensez que la "rencontre" entre nos deux profilers sera douce et digne d'un conte de fée, vous avez tort . Ce sera haut en couleur. Par contre, l'histoire se fera LOIN de Quantico. Il y aura des réfèrences aux autres agents, mais tout sera centré sur Dereck et Spencer ( ainsi que d'autres personnages de mon cru) .

Je peux comprendre que le fait d'implanter ces personnages dans un autre milieu ( et donc les éloigner des histoires policières) peut ne pas vous enchanter. Mais bon, je demande une chance :)

SINON, A PART CA, j'espère que Kiss Or Kill vous a plu :)

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