Ouf, je n'ai pas mis quatre ans à écrire ce nouveau chapitre...
à Tàri : Merci à toi d'être restée fidèle à ma fic. Voici la suite que tu attendais ;)
Chapitre 10 : Vois la vérité quand elle te regarde...
« Je peux le faire, tu sais !
- Si tu bouges de ce fauteuil je t'y attache ! »
Milo émit un léger grognement. Dix jours qu'il était sorti du coma et sa sœur continuait à le materner. Il fixa le lit de camp installé pour elle dans un coin du temple, pendant qu'elle débarrassait les couverts de la table. Il avait fortement insisté pour qu'elle reste près de lui après sa sortie de l'infirmerie. La nature renfermée du titan l'avait poussée à refuser de prime abords mais devant l'insistance de son frère et la nécessité de le surveiller pendant ses soins, elle avait capitulé.
Ils avaient pris naturellement leurs habitudes, tentant de rattrapé ce passé et l'absence de chacun qu'ils regrettaient tous les deux. Mais il y avait toujours cette distance entre eux que maintenait sa sœur même quand ils étaient seuls. Camus lui avait raconté ce qu'elle avait fait afin de le ramener du royaume des morts : elle avait risqué sa vie pour invoquer Gaïa. Elle l'avait déjà sauvé dans les arènes, alors il ne comprenait pas cette volonté de solitude, de ne pas vouloir trop nouer de liens.
Dans la cuisine, Tara poussa un profond soupir. Elle était ravie d'être là, de profiter de son frère. Pourtant elle avait farouchement refuser d'intégrer le temple du scorpion. Elle voulait garder ses distances avec Milo au cas où l'issue de ce combat serait dramatique. Elle ne voulait plus le faire souffrir. Mais elle n'avait pas pu résister aux petits yeux attristés de Milo quand il avait insisté. C'était typique, elle se faisait toujours avoir... Oh oui elle était ravie. Alors pourquoi ressentait-elle tant de colère ? Cette colère qui l'empêchait systématiquement de profiter du temps présent. Il y avait bien eu la réaction de la déesse Athéna à l'intrusion de Gaïa dans son sanctuaire...
Dix jours plus tôt.
Lorsque Tara ouvrit les yeux, elle n'était plus là. Gaïa avait disparu et le temps avait repris son cours. Les chevaliers qui se tenaient au fond de la pièce se regardaient tous avec un air rassuré. La puissance qui avait été dégagé pendant les dernières minutes les avaient éprouvés. Tara fut soulagée de les voir tous d'aplombs.
C'est alors qu'elle sentit un main serrer la sienne. Elle écarquilla les yeux et vit ceux de Milo s'ouvrir lentement. Une joie immense lui déchira les entrailles
« Oh Milo ! » s'écria-t-elle.
Le chevalier du scorpion se tourna vers elle et lui rendit son sourire : « salut petite sœur... » soupira-t-il. Les autres chevaliers s'approchèrent du lit, le premier étant celui du verseau qui lui prit l'autre main. Ils lui souhaitèrent tous la bienvenue. Une atmosphère de fête flottait dans la pièce : leur frère leur était rendu. Kanon fut le premier à quitter le chevet de Milo, allant chercher un médecin. Lorsqu'il revint, il avait une mine soucieuse.
« Tara, lui souffla-t-il dans l'oreille, veux-tu bien me suivre ? » Le titan hocha la tête et ensemble ils sortirent de la chambre.
Devant la scène, Milo fronça les sourcils et se tourna vers Camus : « Que se passe-t-il ?
- Et bien je pense que ta sœur va avoir quelques petits soucis à propos de l'aide qui lui a été offerte afin de te ramener. Mais ne t'en fais pas Milo, lui dit-il dans un sourire, tu sais mieux que personne que ce n'est pas ça qui va la perturber »
Milo hocha la tête et dit à son ami : « Maintenant racontes moi ce qu'il s'est passé ici. »
A l'extérieur de l'infirmerie, Kanon conduisit son amie à son dieu et à Athéna, qui attendait sous un olivier. Il s'inclina devant les deux divinités et s'en alla. Autant de déférence chez son ami indiqua à tara que l'affaire était sérieuse. La déesse s'avança vers le titan et la toisa.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? Demanda Athéna, en rage.
- Mon frère est sorti du coma. Réjouissez-vous vos prières ont été exhaussées et votre chevalier vous est rendu.
- De quel droit avez-vous fait intervenir Gaïa dans mon sanctuaire ?
- J'ai fait ce qui était le mieux pour mon frère, dit Tara calmement.
- Vous l'avez fait pénétrer dans mon sanctuaire sans mon autorisation ! Vous ne m'avez pas laissé le choix et mise devant le fait accompli ! Si quelque chose avait dérapé et qu'elle s'en était prise à mes chevaliers, à moi ou à Poséidon ?...
- Elle est une déesse primitive, elle n'a besoin de l'autorisation de personne pour fouler cette terre, encore moins la vôtre. Je n'en reviens pas ! J'ai agi, moi, pendant que vous pleurnichiez sur votre sort ! Je fais tout ce que je peux pour vous donnez une chance et en retour vous me le reprochez ! C'est incroyable ça ! » hurla tara
Athéna, furieuse, se retourna et alla en direction de l'infirmerie.
« C'est ça ! Allez vous réjouir d'une chose pour laquelle vous n'avez absolument pas bouger le petit doigt ! » poursuivit tara. Elle fut surprise de sentir Poséidon lui saisir le bras et la forcer à se retourner.
« Elle a raison, lui dit-il. Vous êtes chez elle, vous devez vous plier à ses règles. Vous n'êtes qu'une invitée ici ! »
Tara fut choquée et attristée de la déclaration du Dieux des Océans, elle qui avait tout donné pour leur venir en aide. Elle dégagea son bras, planta son regard dans celui de Poséidon et déclara : « Soyez reconnaissant envers Gaïa car si elle n'était pas intervenue et que mon frère avait perdu la vie, je vous aurez tué tous les deux de mes propres mains. »
En pensant à cette discussion, une rage sourde envahit Tara. De colère, elle projeta une assiette contre le mur.
« Tout va bien ? Demanda Milo du salon
- Oui, ce n'est rien. Une assiette m'a échappé des mains c'est tout. »
Après avoir nettoyé les dégâts, Tara rejoignit son aîné et s'assit dans le fauteuil face à lui.
« Tu sais, si ça continue je vais devoir réclamer de la vaisselle supplémentaire au palais, dit doucement Milo.
- Je suis désolée, je suis affreusement maladroite, répliqua sa sœur.
- Mais bien sûr ! Eli, regardes moi et dis moi ce qu'il se passe dans cette petite tête pour que tu en viennes à jeter de la vaisselle à travers les pièces.
- Je n'aime pas que tu m'appelles comme ça, fit Tara avec une grimace.
- Désolé, je ne me suis pas encore habitué à l'autre prénom. Alors, tu vas te décider à me dire ce qu'il ne va pas, Tara ?
- Tu me l'as demandé plusieurs fois et je vais te faire la même réponse que les autres : rien!" dit-elle.
Elle avait souri face à la moue de son frère quand il avait prononcé son prénom. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, il l'avait toujours connu sous le nom d'Eliana. Ce n'est pas avec le peu de contact qu'ils avaient eu avant l'attaque de Déimos qu'il avait pu se faire à l'idée de l'appeler Tara. Elle n'aimait pas le prénom que lui avait donné ses parents. Il lui rappelait trop de souvenirs douloureux.
« Tu sais, poursuivit Milo, les médecins m'ont autorisé à reprendre l'entrainement.
- C'est cela, oui...
- Si je t'assure. Ils l'ont annoncé à Shion pas plus tard qu'hier.
- Il est hors de question que tu mettes un pied dans les arènes.
- Heureusement que je suis l'aîné, on pourrait croire que tu essaye de m'interdire d'y aller.
- Je suis sérieuse Milo, poursuivit-elle, ses yeux plongés dans les siens. Tu viens juste de subir les attaques d'un dieu, tu étais sans armure et les dégâts étaient tels qu'il a fallu l'intervention de Gaïa pour te ramener de ton coma. Ne te précipites pas dans ton rétablissement.
- Moi aussi je suis sérieux. Tu l'as dit toi-même, nous allons être attaqué par une armée dévastatrice et je dois être prêt, ne serait-ce que pour mes frères d'arme, et pour toi... »
Tara ferma les yeux, une grande lassitude l'envahit. Il avait raison et elle le savait. Il n'y avait pas eu de nouvelles de l'armée de Zeus depuis le jour du réveil de Milo. D'après Shion, l'apparition du cosmos de Gaïa sur les terres du sanctuaire les avaient sûrement obligés à envisager une alliance entre la déesse-mère et Athéna et à revoir leurs plans. Mais cela faisait dix jours et ils allaient bientôt se rendre compte de la supercherie. Le temps était compté et ils devaient se préparer. Oh oui, Milo avait raison.
« Soit, dit-elle. Mais à la première petite goutte de sueur, tu remontes illico au temple !
- Oui maman ! »
Le soleil était haut dans le ciel et la chaleur accablante. Tara restait à l'ombre des gradins, près de son frère et de Camus. Shun les avait rejoint quand les bronzes avaient fait leur apparition. Elle était d'une humeur massacrante et cette parodie de combat l'exaspérait au plus haut point. Pour finir, Athéna s'était décidée à assister à l'entrainement et sa présence irritait le titan. L'entrainement de Milo s'était bien déroulé, surtout grâce à son ami du verseau qui avait tout fait pour le ménager. Maintenant s'avançait sur le sable des arènes Shura, le chevalier du capricorne ainsi que Seiya. En les regardant, Tara poussa un soupir : Dieux que c'était long...
Après les courtoisies d'usage, Shura se décida enfin à passer à l'attaque. En voyant excalibur se diriger sur lui, Seiya ne se contenta pas de la contrer mais il la renvoya à son propriétaire. Rien de plus simple en apparence pour Shura sauf que ce dernier ne se prépara pas à parer l'attaque. Il restait là, attendant que le coup l'atteigne. Qu'est-ce qui traversait la tête du chevalier ? Tout le monde se posait la même question.
L'attaque allait l'atteindre quand une main l'attrapa au vol et l'empêcha d'atteindre sa destination. Shura écarquilla les yeux et vit que le titan l'avait stoppée. Elle n'avait pas d'armure pourtant la technique du capricorne ne semblait pas l'affecter le moins du monde. Certes il n'avait pas donné trop de puissance à son excalibur mais elle aurait du tout de même être bien assommée.
Tara serra le poing et se débarrassa de l'énergie de l'attaque de Shura. Elle fixa Seiya et dit : « Imbécile ! » puis elle se retourna vers Shura.
Tara toisa le chevalier du capricorne puis fit exploser sa cosmo-énergie. Shura s'attendait à être propulsé par le champs de force mais ce ne fut pas le cas. Le cosmos du titan était doux et calme identique à celui qu'elle avait employé au moment de réveiller Milo. Il fut d'autant plus surpris qu'il vit Tara s'approcher et le prendre dans ses bras.
Elle ne savait pas ce qui lui prenait. Elle avait réagit dans l'urgence en voyant que personne ne bougeait. Puis elle se dit qu'il y avait vraiment un problème chez ces chevaliers et pour avancer il lui faudrait le régler afin qu'ils mènent leur mission à terme. Elle avait décider d'utiliser cette vieille technique employée lors de leurs formation par Cronos. Ca n'allait probablement pas marcher mais il fallait bien commencer quelque part. Elle sentit le chevalier du capricorne se détendre dans ces bras. Elle ferma les yeux et se concentra.
Lorsqu'elle les rouvrit, elle su qu'elle avait réussi. Le chevalier du capricorne se trouvait près d'elle et elle lui effleura l'épaule afin qu'il ouvre les yeux. Il lâcha un hoquet de surprise quand il se rendit compte qu'il n'était plus dans les arènes du sanctuaire. Il se tourna vers le titan et lui demanda : « Où sommes nous ?
- dans un de mes souvenirs » répondit-elle.
Elle vit les yeux du chevalier s'arrondir et il se mit à scruter l'environnement. Le sol ocre, le ciel parsemées de lourds nuages gris foncé, aucune végétation aux alentours, il sut immédiatement où le titan l'avait emmené.
« Est-ce que c'est..., commença-t-il
- Oui, nous sommes dans le tartare, il y a trois ans, lors de la dernière titanomachie. Suis-moi. »
Ensemble, ils se mirent à gravir une petite colline. Shura pouvait entendre de plus en plus distinctement les échos d'une bataille qui se déroulait au loin. Son impression se confirma lorsqu'ils arrivèrent au sommet. Un immense combat se déroulait devant leurs yeux. Deux armées luttaient dans un affrontement épique. Shura distingua parfaitement les titans par leurs armures noires comme le charbon, ainsi que les chevaliers divins de Zeus, qui, eux, portaient des cuirasses claires. Les autres devaient être de simples soldats. Il fut impressionné par la cruauté qui avait cours à ses pieds.
« Ce jour là, commença tara, ils ont tué mes frères d'armes sous mes yeux. Tous, sans exception. Et ils feront pareil avec les tiens »
Shura se retourna vivement vers le chevalier d'Astéria : « Que dites vous là ? Il y a encore de l'espoir ! »
Tara eut un sourire laconique : « Et c'est toi qui me dit ça ? Tu es résigné Shura. Tout comme le sont tes camarades. Cela me fait mal de dire ça mais il n'y a que les chevaliers de bronze pour espérer une issue favorable au combat. Regardes-moi dans les yeux et dis moi que j'ai tort. »
Shura soutint le regard de Tara puis dans un souffle, il baissa la tête. Elle posa délicatement la main sur l'épaule du Capricorne et quand il releva la tête, la scène avait changé. Ils se trouvaient dans la plaine où avait eu lieu la bataille. Le sol étaient jonché de cadavres. Soudain un hurlement attira l'attention de Shura. Il se retourna et vit Tara, agenouillé au milieu d'un groupe d'hommes, non, de Dieux à en juger par leur apparence. C'est alors qu'il vit sur son avant bras la marque encore fumante.
« Moi aussi j'étais résignée à ce moment là. Je l'ai été pendant de longues années. Jusqu'à ce que Poséidon m'offre un peu de cette lumière que vous attendez tous. Je veux vous l'offrir, crois-moi, mais j'ai besoin de savoir ce qui vous ronge »
Shura lâcha le scène qui se déroulait sous ses yeux pour porter son attention sur le titan
« Il y a une bonne raison au fait que ce soient les bronzes les plus optimistes. Ils n'ont jamais connu que la victoire. Tandis que nous, nous avons toujours connu...
... que la défaite... poursuivit Tara.
… ou pire, la trahison. »
Tara ferma les yeux un instant. Alors voilà leur problème : ils n'arrivaient pas à s'absoudre de leurs pêchés.
« A la fin de cette bataille, je ne connaissais également que la défaite et la trahison. Mais j'avais trahi pour la bonne cause : sauver le Dieu auprès duquel j'avais prêté allégeance. Tu vois notre situation était similaire. Car vous aussi vous avez trahis certes, mais n'était-ce pas pour sauver Athéna ?
- Au départ nous n'avons pas cru que c'était elle...
- Alors vous l'avez combattu en pensant défendre votre déesse. Ce n'est pas de la trahison ça, Shura. Vous avez seulement été victimes de la duperie de Saga. Quand à la dernière guerre sainte contre Hadès, je ne pense pas qu'offrir une chance à votre déesse de vaincre son ennemi de toujours soit considéré comme de la trahison. »
Dans les yeux de Shura, Tara vit qu'elle avait fait mouche. Elle posa une main sur son épaule et dit : « oh non, vous n'êtes pas des traîtres, vous avez toujours défendu la cause qui vous tenait à cœur de la manière la plus honorable qui soit. » D'aise, Shura ferma les paupières un instant.
Lorsqu'il les rouvrit, ils se trouvaient à nouveau au sanctuaire. Il pensait s'être absenté pendant de longues minutes mais ici, au vu du positionnement de chacun, seulement quelques secondes s'était écoulées. Il fixa le titan et prit enfin conscience de la puissance qui émanait d'elle. Elle était cette lumière qu'elle leur avait promise. Il était impressionné mais encore plus reconnaissant de ce qu'elle avait fait pour lui. Il était enfin en paix avec lui-même. Il lui sourit puis apposa une main sur son cœur et dans un geste gracieux, il s'agenouilla à ses pieds.
Tara apposa doucement sa main sur la tête du chevalier du Capricorne, puis partit en direction des temples, sans un regard pour les personnes qui les entouraient.
« Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je me balade. Je n'ai pas franchi les limites du sanctuaire, alors j'ai le droit, non ?
- S'ils te trouvent ici, répondit Tara, tu sais ce qu'il adviendra de toi.
- Et moi qui pensait que dans ce monde vous étiez plus libre d'esprit. Je me serais trompé ? »
Tara fronça les sourcils. La présence de cette personne n'augurait rien de bon, surtout quand il se mettait à faire de l'esprit.
Elle avait marché longtemps afin de se calmer et de réfléchir à ce qu'elle avait découvert avec Shura. Le problème était là, dans le doute des chevaliers. Il ne fallait pas laisser perdurer cette situation sous peine de tomber dans le marasme. Il leur fallait une lueur d'espoir.
Alors qu'elle était perdue dans ces pensées, elle avait ressenti ce cosmos si familier. Son propriétaire ne cherchait pas à le dissimuler alors c'est tout naturellement qu'elle l'avait retrouvé, assis sur un petit mur de pierre.
« Sympa ton petit numéro avec le capricorne tout à l'heure. Tout à fait divertissant ! Reprit le visiteur.
- Les arènes ne sont pas visibles de l'extérieur, tu as donc bien franchi les limites du sanctuaire...
- Suis-je bête ! Voilà que je me trahis moi-même ! Dit-il avec un enthousiasme plus que feint.
- Sérieusement, que viens-tu faire ici Eaque ?... »
Le garuda reprit son sérieux devant la mine soucieuse du titan. Il se leva et fixa le sanctuaire pendant de longues secondes puis il se retourna vers Tara : « Tu n'as pas l'air surprise de me voir, lui lança-t-il
- Je me doutais bien que l'esprit d'équité de Zeus le forcerait à vous ramener vous aussi.
- Son esprit d'équité peut-être. Son esprit pratique c'est certain.
- Un allié de plus à ses côté lors de sa vendetta contre les humains.
- Mais vous aussi vous avez des alliés cachés dans vos manches ! Lui dit Eaque. Nous avons tous senti le cosmos de Gaïa sur ces terres.
- Un coup de main fortuit et isolé qui plus est... »
Eaque lui fit un léger sourire en coin, lui faisant comprendre qu'elle lui avait dit ce qu'il voulait entendre. Tara fit la moue en voyant ce geste. Il savait trop bien comment obtenir d'elle ce qu'il voulait. Qu'importe, ils sauraient tous bientôt que l'aide que la déesse-mère leur avait apporté était le fruit du hasard et qu'elle n'interviendrait pas dans le conflit opposant ses descendants. Elle reprit ses esprits et s'adressa au juge : « En vous ressuscitant, Zeus récupère également votre armée et peut l'intégrer à la sienne. »
Eaque revint s'asseoir sur le petit muret, à côté de Tara. « Sauf qu'il n'a pas ressuscité l'armée, ni même les spectres. Il n'y a qu'Hadès, ses juges et quelques gardiens »
Tara fut surprise d'entendre ça. Ce n'était pas un bon choix stratégique de la part du roi des dieux. Mais un éclair de lucidité traversa son esprit : « Attends, dit-elle. S'il n'a pas ressuscité l'armée, c'est qu'il n'a pas confiance en vous et qu'il a peur que vous passiez à l'ennemi.
- Il doit y avoir de ça, oui. Même si je vois mal Hadès se battre aux côtés d'Athéna.
- C'est certain, il la déteste.
- Mais il hait encore plus Déméter » conclut Eaque
Tara se redressa tout d'un coup : voilà bien un détail qu'elle avait oublié de prendre en compte. Elle se tourna vers Eaque qui continuait à lui sourire. Il se leva puis prit le visage de Tara dans ses mains et déposa un doux baiser sur les lèvres du titan.
« Eaque..., soupira-t-elle.
- Je sais... »
Le garuda fit mine de se relever et planta son regard dans celui du titan.
« Tu sais, déclara-t-il. Je n'aime pas te voir comme ça.
- comme quoi ? Demanda Tara.
- Entravée... »
Le choc fut rude pour Tara. Elle se leva et regarda son amant partir en direction du village en contrebas. Elle resta là, défaite, pendant de longues minutes.
Lorsque Milo retrouva son temple, il fut surpris de retrouver sa sœur. Il pensait qu'elle aurait besoin de solitude après son départ précipité des arènes. Dès l'instant où il posa ses yeux sur elle, il sut qu'il y avait un problème. Elle restait, dans un coin, à fixer sa sôma, les poings serrés.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Milo
- je crois que je vais te décevoir une fois de plus, » déclara Tara, sans se retourner vers son frère.
Sur ses paroles, Shion fit son entrée dans le temple et se posta près du titan.
« Vous souhaitiez me voir ? Lui demanda-t-elle
- Oui, convoquez tout le monde dans le palais d'Athèna. Je veux les voir tous dans une heure.
- Tous ? Même Athéna et Poséidon ?
- Surtout Athéna et Poséidon ! S'écria-t-elle
- je ne suis pas à même de convoquer des divinités... poursuivit Shion, désespéré.
- Débrouillez-vous comme vous voulez mais je veux les voir dans une heure.
- Soit, je vais voir ce que je peux faire, » déclara le pope avant de sortir du temple.
Milo n'osa pas s'approcher de sa sœur. Le ton qu'elle avait employé était glacial. Elle ne s'était même pas retournée pour regarder le grand Pope dans les yeux. Il savait que le comportement du titan signifiait que l'affaire était de la plus haute importance.
« Qu'est-ce que tu comptes faire ? » Se risqua-t-il à lui demander. Lorsque sa sœur se retourna enfin vers lui, Milo fut impressionné par la determination et la froideur qu'il pouvait lire dans son regard.
Un frisson lui parcourut l'échine quand elle dit enfin : « Reprendre les chose en main. »
