Hermione referma la porte de son appartement et poussa un long soupir. Elle venait de passer une journée exécrable ! Pour couronner le tout, elle n'avait pas reçu de fleur de Ron. Cela faisait deux semaines à présent, que chaque matin depuis son retour de mission, un hibou lui apportait une rose d'une couleur différente mais aujourd'hui, rien ! Le fait d'être déçu de n'avoir rien reçu la mettait encore plus en rogne que tout le reste.

Hermione s'affala sur le canapé et eu tout juste le temps de quitter ses chaussures qu'on frappa à la porte.

- C'est pas vrai ! Bougonna-t-elle avant d'aller ouvrir.

Elle fut très surprise de découvrir Harry.

- Bonsoir !Qu'est-ce qui t'amène ?

- Je dois te parler de Ron…

- Oh non s'il te plaît, j'ai eu une journée horrible, ce n'est vraiment pas le moment de…

Il l'interrompit :

- Ce n'est pas ça.

Hermione se rendit compte qu'Harry avait un air très sombre. Elle demanda, inquiète :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Il y a eu une bagarre avec des mangemorts. Des représailles en rapport avec les arrestations de l'autre jour. Ron a été blessé, c'est grave.

Hermione mit quelques temps à digérer l'information.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- On a été pris en embuscade. Ron a reçu plusieurs sorts et ils ont finis en lui faisant subir un doloris.

Hermione plaqua une main contre sa bouche. Il lui sembla que le sol se dérobait sous ses pieds et elle dû s'accrocher au chambranle de la porte pour ne pas tomber. Ron allait peut-être mourir. C'était impossible, elle n'y survivrait pas. Soudain les querelles des derniers jours, la rancune qu'elle éprouvait envers lui, tout devenait futile. Il n'y avait plus que la survie de Ron qui comptait. Sans mot dire elle suivit Harry jusqu'à St Mangouste en priant pour qu'il soit encore vivant lorsqu'elle arriverait…

Il était là, allongé dans un lit, endormi, pâle. Il semblait faible et son visage tuméfié témoignait de la violence des mangemorts. Hermione était horrifiée. Ron, son Ron avait été battu. Les guérisseurs avaient certifié qu'il s'en sortirait avec des côtes cassés et quelques cicatrices mais Hermione ne pouvait s'empêcher de penser qu'il aurait pu mourir sans que tout deux aient pu se réconcilier. Elle s'approcha du lit, caressa la joue du rouquin puis se pencha pour l'embrasser du bout des lèvres. Ron bougea la tête dans son sommeil. La jeune femme s'assit au bord du lit et Harry tira une chaise pour s'installer près d'elle. Ils restèrent un long moment ainsi.

Hermione était fatiguée. Elle sentit une vague de nausée et un vertige l'obligea à fermer les yeux. Harry la regarda, inquiet.

- Tu devrais aller te reposer…Murmura-t-il. Je viendrais te chercher si il y a du nouveau…

Mais Hermione refusa :

- J'attends qu'il se réveille…

- Ron ne serait pas d'accord pour que tu t'épuises…Dans ton état.

Hermione leva la tête, surprise.

- Tu es au courant ?

- Il me l'a dit. Tu sais, il est très heureux à l'idée de devenir papa. Il aurait juste aimé que tout ça se passe dans d'autres circonstances…

- Je sais. Moi aussi.

Il y eu un silence.

- Hermione, va te reposer.

- Non Harry, je n'irais pas. dit-elle avec un sourire las sur le visage.

- Je sais que tu es anxieuse mais ce n'est pas une raison pour…

- N'insiste pas s'il te plaît.

- Très bien.

Le silence retomba dans la chambre.

Ron ouvrit péniblement les yeux. Il sentait une douleur aigue lui traverser les côtes à chaque inspiration et sa tête semblait peser le poids d'une enclume. Il aperçut Harry qui le fixait, l'air réjoui :

- Salut vieux !Comment te sens-tu ?

- Hormis le fait que j'ai l'impression de m'être fait piétiner par une horde de centaures en colère, je dirais que ça va plutôt bien.

Harry sourit et Ron remarqua qu'une jeune femme brune aux cheveux ébouriffés se tenait juste derrière son ami.

- Tiens tu es là aussi Granger ?

- Salut Ron.

- Tu es venue voir si les mangemorts avaient bien fait leur travail ?

- Exactement. Et je constate que ce n'est pas le cas il va donc falloir que je t'achève de mes propres mains !

Ron eu un sourire qui se transforma rapidement en grimace de douleur.

- Je vais me chercher un café. Fit Harry avant de sortir de la chambre en laissant ses deux meilleurs amis seuls.

- Alors, reprit Ron, si tu es là, c'est parce que tu t'es quand même un peu inquiétée pour moi, non ?

- Pas du tout. Je passais par hasard dans le quartier…

Ron observa Hermione avec insistance : sa mine défaite, ses yeux cernés et ses cheveux décoiffés montraient qu'elle avait dû le veiller toute la nuit et il sentit son cœur se réchauffer. Il lui sourit d'un air reconnaissant et elle répondit à son sourire. Ils n'avaient pas besoin de mots pour se dire ce qui était important.

- Tu sais ce qui m'aurais le plus déçu si j'étais mort hier ? lui demanda-t-il en tendant la main dans sa direction.

Elle fit un pas et la lui pris.

- Non.

- J'aurais été déçu de ne pas avoir pu te faire l'amour une dernière fois…

- Ron, tu n'es pas mort.

- Je peux donc espérer te refaire l'amour un jour ?

- Tu sais ce qu'on dit, l'espoir fait vivre…Répondit Hermione avec un petit sourire.

Harry suivit de Ginny, entra dans la chambre.

- Regardez qui est-ce que j'ai trouvé dans le couloir !Annonça-t-il.

- Salut grand frère !S'écria Ginny avant de se jeter sur Ron qui retint un cri de douleur.

- Ginny !J'ai des côtes cassées !

- Oups Pardon !Mais je suis tellement soulagée de te voir ! Alors de quoi parliez-vous ?Demanda-t-elle en se tournant vers Hermione.

- Hermione refuse d'admettre qu'elle me désire.

- Ron !

- Je vois que cette attaque ne t'a pas fait perdre le Nord !Constata Ginny.

- Et toi, tu ne me fais plus la tête ?Demanda son frère.

- Non ! J'ai eu trop peur de te perdre !

Elle serra Ron dans ses bras.

- Tu entends ça, Hermione ?Reprit Ron. Ginny ne me fais plus la tête car elle a eu trop peur de me perdre.

- J'ai entendu.

Mr et Mme Weasley choisirent cet instant pour entrer dans la pièce. Molly était si heureuse de voir le dernier de ses fils vivant qu'elle sautait presque de joie. L'après-midi se déroula paisiblement dans la chambre d'hôpital dans un atmosphère de soulagement général.