Disclaimer: après 10 chapitre, vous connaissez la chanson, Harry, Drago et les autres ne sont pas à moi mais je m'amuse avec! (#^_^#)
Avertissement: scène gentiment citronnée à la fin, le chapitre suivant sera sous des hospices plus brûlant =P
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Hello vous tous, comme vous pouvez le voir, nouveau chapitre aujourd'hui et j'ai le plaisir d'annoncer que c'est le plus long jusqu'à maintenant. J'ai eu du mal à le sortir de ma tête et à formuler les différents événements pour qu'ils aient le punch qu'ils méritaient. Mais c'est désormais fait.
Comme toujours, merci à Nikushin pour sa correction patiente et rapide, une bêta pareille, ça n'a pas de prix.
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Chapitre dixième
Compréhension
Le retour dans son corps s'accompagnait toujours d'une abominable migraine et d'une sensation de désorientation. Il ne parvint pas à rester totalement immobile cette fois, car la sensation de décalage qu'il avait ressenti en tant qu'esprit était encore bien présente. Il mit donc une main lourde devant ses yeux, les frottas une ou deux fois et grogna. Enfin, il dégagea son bras et regarda où il se trouvait.
En un instant, il comprit d'où la sensation de nausée qu'il avait ressentie auparavant venait. Il se trouvait dans un immense lit, dévêtu jusqu'à la taille et, en se tournant, il vit un corps féminin. Il n'attendit pas de découvrir qui c'était pour sauter du lit, saisir la baguette reposant sur la table de nuit, ses lunettes gisant à côté et cibler la forme endormie. Il vit une crinière de cheveux d'un noir d'encre, lourdement ondulés et un profil fin et osseux et son esprit calcula deux et deux pour lui offrir le nom de la femme: Bellatrix.
La mangemorte avait utilisé son corps pour...Oh, Merlin! Cette fois la nausée revint en force, il se tourna et rendit le contenu de son estomac, enfin, ce fut surtout de la bile: on n'avait pas dû le nourrir beaucoup, comme la dernière fois.
Lorsqu'enfin son estomac se calma, il sentit les larmes se mettre à couler doucement sur ses joues. Il les ravala avec rage, batailla contre son esprit pour reléguer les conclusions évidentes et dérangeantes qui lui venaient, et essaya de réfléchir à son prochain mouvement. Il ne voyait pas très bien quoi faire avec la cheffe mangemorte malgré la baguette. Sa magie restait hors de sa portée et quand bien même il avait désormais une petite réserve de magie "empruntée", il était assez lucide pour savoir que cela ne suffirait pas à passer les protections du vieux château ou pour défaire une armée entière de mangemorts.
Si seulement Malefoy avait été là, ensemble ils auraient pu...
"Oh, Merlin...Drago!"
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Avec l'impression qu'un Billywig dansait la samba en tourbillonnant dans son cerveau, Drago s'éveilla. Son corps le lançait terriblement et son esprit de jeune médicomage lui souffla qu'une infection devait gentiment être en train de s'installer dans son corps. Il situa la douleur principale dans son épaule et les souvenirs de la journée lui revinrent... Par contre, il eut beau chercher, il ne comprenait pas comment il avait pu se retrouver inconscient dans...où était-il d'ailleurs? Et combien de temps avait bien pu passer alors qu'il était dans les vapes?
- Hermy, la princesse Blondie-je-parle-toute-seule est éveillée!
Drago se pétrifia au son de cette voix et il comprit qu'il ne s'était pas simplement évanoui en se promenant dans le parc du château; on l'avait piégé, et à dessein. Maintenant qu'il y pensait, il était attaché aux poignets et aux chevilles, ce qui, au passage, empirait encore la douleur de son épaule. Et qu'avait bien pu devenir Harry, avait-il rejoint son corps, où que puisse se trouver celui-ci?
- Ron, trouver de nouveaux surnoms à la fouine ne va guère nous aider à retrouver Harry.
Et la miss-je-sais-tout était là aussi? Parfait, vraiment par-fait! Drago parvint enfin à se retourner et put ainsi observer un feu vif au milieu de ce qui ressemblait à un campement confortable. La brunette sirotait une tasse de thé fumante, assise sur une souche, tout en observant son compagnon qui lui s'était levé pour s'approcher de leur prisonnier.
Ron ne s'embarrassa pas de préliminaires et flanqua un vicieux coup de pied dans le ventre du blond qui se replia immédiatement en position fœtale. Incapable de respirer correctement, le blond prenait de courtes inspirations. Il avait envie de hurler mais il s'abstint de laisser passer le moindre soupir.
- Ron, pose peut-être une question avant de frapper...
- Désolé, 'Mione mais là, c'était juste pour évacuer le trop-plein.
Il saisit alors le Serpentard par l'épaule afin de le mettre à sa hauteur et celui-ci gémit et tenta vainement de se dégager.
- Okay, la fouine, la question est simple, où se trouve Harry?
- Parce que maltraiter mon épaule déjà blessée est le meilleur moyen de demander, je suppose?
Ron eut un sourire en coin qui se transforma soudain en rictus malveillant et c'est sans pitié qu'il enfonça les doigts dans l'épaule de Drago tout en pointant sa baguette sur son bras. Le Serpentard s'insulta mentalement: provoquer celui qui se tenait du bon côté de la baguette n'était pas sa plus brillante idée.
- Un simple trou dans l'épaule? Vraiment, Malefoy, il me semblait qu'il avait fallu une blessure mortelle d'hippogriffe pour te mettre à genoux la dernière fois, non? Remédions-y, n'est-ce pas? Fracturae!
Le blond cria sincèrement cette fois lorsque l'os de son bras se rompit net.
- Putain! Je... J'sais pas!
Hermione s'approcha tranquillement et saisissant les mèches blondes, elle tira dessus pour tourner le visage du blessé dans sa direction. Malgré le brouillard de douleur qui semblait voiler ses yeux, Drago nota son regard déterminé et quelques traces légères sur ses joues qui étaient sans le moindre doute des cicatrices anciennes. La gentille et douce souris de bibliothèque n'avait peut-être pas disparu mais elle était désormais enfouie sous une personnalité forgée par la guerre.
- Tu sais, Malefoy, tu pourrais simplement nous dire tout ce que tu sais sur notre ami depuis sa capture, ça nous épargnerait quelques actions sanglantes dont tu serais l'unique victime.
Disparue l'intelligente Gryffondor, il lui semblait avoir une de ses comparses de Serpentard en face de lui. Drago retenait les sanglots qui menaçaient de le submerger. Il avait protégé Potter au maximum de ses moyens, tout fait pour protéger ses amis et il était récompensé par la torture et la douleur. Il en avait assez de tenir, d'être fort, d'être solide. Il dégagea sa tête et plongea le regard dans celui de la jeune sorcière.
- Je ne sais pas où il est, je le jure.
- Tu veux vraiment recevoir des coups, hein, la fouine?
Ce sobriquet fit tiquer le blond et lorsque Ron leva sa baguette encore une fois, il écarquilla les yeux et serra les dents, attendant la déferlante de douleur. Mais celle-ci ne vint pas. Ron semblait hésiter et jetait des coups d'œil à sa partenaire, dubitative, elle aussi.
- ...fouine, non, quand même pas?
- Hermione, tu n'es pas sérieuse?
Drago était tendu à l'extrême mais c'était avec curiosité qu'il observait les deux amants discuter d'un sujet qui lui échappait totalement. Son esprit était brouillon. La baguette du roux, à quelques centimètres de son visage, ne l'aidait pas à se focaliser sur leur discours.
- Je...
Le regard de Ron se tourna immédiatement dans sa direction et Drago déglutit. La douleur dans son épaule était lancinante et la position dans laquelle il se trouvait, suspendu au bras de Ron, incapable de se tenir debout en raison de ses chevilles liées, n'était pas des plus confortables.
Hermione soupira et demanda à Ron de le reposer sur le sol, ce que le rouquin fit en grommelant. Elle s'approcha tranquillement de leur prisonnier et le regarda droit dans les yeux. Le Serpentard refusa de briser le contact visuel. Malgré la douleur, il avait un espoir que la présence des deux Gryffondors permette de débloquer la situation avec Harry.
Il savait aussi pertinemment qu'une fois Bellatrix vaincue, il faudrait un gros effort de la part de la résistance pour reprendre les rênes du monde magique mais il pensait toujours que cela était possible.
Hermione le regardait attentivement, sans ciller une seule fois. Et c'est en étudiant précisément son visage et ses expressions, qu'elle lui demanda:
- Tu savais, Malefoy, qu'il y avait une taupe dans ton camp?
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Harry, agacé de rester assis sur le sol, se demandait maintenant quelle heure il pouvait bien être. Il savait qu'ils étaient sortis en début de soirée du château avec Drago mais il ignorait si son esprit, au moment de rejoindre son corps, mettait plus que quelques instants pour faire le "trajet". Il se releva avec un grognement: ses membres inférieurs étaient méchamment engourdis et toujours torse nu, la fraîcheur de l'air lui donnait la chair de poule. Sans trop réfléchir, il alla vers la porte et appuya sur la poignée.
Il s'attendait à recevoir un sort quelconque, à la trouver fermée ou à déclencher une alarme mais lorsque la porte s'ouvrit sans rien de plus qu'un murmure, il leva un sourcil avant de hausser les épaules: après tout, le sort l'enchaînant à Drago était censé durer quatre ou cinq jours, Bellatrix n'avait pas envisagé qu'il reprenne le contrôle de son corps si vite.
Une fois dans le couloir, il regarda autour de lui, indécis quant à la meilleure direction à prendre. Il ne devait pas se faire prendre, de cela, il était sûr. Drago n'étant pas à ses côtés et n'étant pas trouvable, on lui mettrait la faute dessus et étrangement, malgré le manque de confiance, une fois de plus, Harry décida de prendre le parti de Drago. Il regarda le couloir sur sa droite et prit cette direction, attentif à ne pas marteler le sol et à ne pas respirer trop fort. Il semblait à ses oreilles que son cœur pouvait s'entendre à des lieues à la ronde.
Y avait-il un moyen de fuir? Une fenêtre non protégée? Une porte non surveillée? Il balaya ces questions naïves: il n'y croyait pas une seconde.
Etait-il le seul prisonnier ici? Il avait vu avec horreur que les mangemorts ne faisaient pas de prisonniers durant leurs raids mais peut-être avaient-ils capturé d'autres membres de la résistance, les gardant pour espérer obtenir des informations? N'ayant rien de mieux à faire et pas d'autres idées, il se décida à rechercher l'entrée des cachots. Après tout, il était dans un vieux château et ceux-ci avaient toujours un lieu où enfermer les invités non-consentants.
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Drago déglutit. Que pouvait-il répondre? S'il avouait que c'était lui, les deux membres du trio se méfieraient et s'il réfutait, il serait sans doute de nouveau la cible de quelques sorts vicieux.
Il n'eut cependant rien à dire car la brunette se redressa, pointa sa baguette sur son prisonnier et trancha proprement les liens qui le retenait. Elle se pencha ensuite vers lui, lui saisit l'épaule valide et l'aida à se redresser avant de le faire s'assoir sur la souche où elle sirotait quelques minutes auparavant son thé. L'héritier pur-sang se laissa faire, totalement perdu.
Ron grogna et alla chercher le nécessaire de premier soin en pestant. Bien que n'y prêtant pas attention, Drago put percevoir les mots "Malefoy", "blondie", "crétin" et "bipolaire". Il ne comprenait pas très bien ce qui avait pu faire changer de comportement le couple mais il ne s'en plaignit pas. Il berça doucement son bras brisé contre lui et ferma les yeux.
Une compresse fraiche pressée contre son front les lui fit rouvrir pour croiser des yeux noisettes soucieux. Hermione saisit délicatement son bras blessé et prit sa main valide pour lui faire tenir le patch frais contre son front. Elle remarqua son sourcil aristocratement levé et y répondit en retenant un gloussement.
- Tu sais, Malefoy, tu aurais pu nous contacter, faire connaître ton allégeance, cela aurait évité tellement de malentendus.
- Parce que vous m'auriez cru?
Ron s'agenouilla près de sa compagne et l'aida à prendre soin de Drago sans pour autant répondre. Il dénuda l'épaule du blond sans plus de mots et grimaça en voyant la vilaine blessure à cet endroit. Inquiet de la soudaine compassion des Gryffondor et soucieux de découvrir leurs intentions, Drago ne bougea pas un cil, se contentant de les regarder agir en écoutant leurs explications.
- On avait deviné que quelqu'un dans le camp de Bellatrix devait jouer double jeu. Alors qu'il était mourant, Rogue nous a dévoilé le meurtre de tes parents. Même moi, je me suis douté que cela avait dû te toucher d'une façon ou d'une autre.
- Rogue est mort?
Hermione acquiesça silencieusement et entreprit ensuite de lui expliquer la mort douloureusement lente de leur ancien professeur de potion. Il avait été touché par une malédiction lors d'un raid une demi-année plus tôt. Ayant rejoint le camp de la résistance après que Bellatrix ait finalement mis à jour son implication dans la mort de leur précédent maître ainsi que ses manipulations pour ralentir l'expansion de l'influence mangemoresque. Il avait mené plusieurs fois la rébellion sur les champs de bataille pour tenter de minimiser les dégâts, voire éventuellement reprendre le contrôle du monde sorcier. Ce fut un de leurs alliés qui le maudit, pensant atteindre un mangemort en fuite. Rogue s'était placé par accident sur la voie du sort et avait mis plusieurs semaines à mourir, le maléfice empoisonnant lentement son système sanguin.
Drago eut une pensée pour son ancien mentor. Rogue l'avait protégé de la folie de Bellatrix avec dévotion et c'est en voulant reprendre son flambeau que le blond s'était mis dans la situation délicate où il se trouvait désormais. Il sentit que c'était à son tour de parler à présent; il se racla la gorge, puis commença d'une voix un peu hésitante, qui prit cependant de la vigueur au fur et à mesure du récit.
- Il y a six mois, peu après le départ de Severus pour le côté de la lumière, j'ai voulu vous prévenir d'un raid de grande envergure.
- Le raid sur Pré-au-lard?
Drago grimaça lorsque le rouquin utilisa un désinfectant sur la coupure de son épaule. Il n'était pas particulièrement doux dans ses gestes mais il semblait vraiment se donner de la peine pour nettoyer la blessure. Détournant son attention de Ron, il répondit à la question de la brunette.
- Oui, j'ai envoyé mon patronus, une fouine...
Ron ricana mais ne releva pas la tête pour rester concentré sur sa tâche.
- Ahah, très fin, Weasley... Bref, ma tante m'a surpris et me l'a fait payer très cher...
- Elle a tué des gens à qui tu tenais?
Drago sentit ses yeux se remplir de larme en repensant à la mort de Théo alors même qu'il était un fidèle mangemort. Sa cheffe l'avait torturé à l'aide du doloris pendant des heures devant un Drago démuni et suppliant, puis avait mis fin à sa vie en lui infligeant de multiples coupures. Lorsqu'elle avait permis à Drago d'aller vers son ami pour tenter de le sauver, Théodore Nott n'avait murmuré que quelques mots incohérents avant de rendre l'âme, la perte de sang lui étant fatale.
Avec et malgré tout son art de jeune guérisseur, Drago avait été impuissant.
Il avait bien sûr voulu venger son ami mais Bellatrix avait alors menacé de tuer Blaise et Pansy, recrues mangemortes, eux aussi, s'assurant la loyauté du blond.
Drago hocha la tête mais ne raconta pas la mort de Théo. Il parla cependant brièvement de ses amis enfermés dans les cachots.
Lorsqu'il eut fini, Ron pointa sa baguette sur sa blessure.
- Episkey.
Drago grogna puis regarda le résultat. Ce n'était pas parfait et il garderait une cicatrice mais il pouvait à nouveau bouger son épaule. Il remercia Ron d'un simple hochement de tête.
- Et Harry?
Drago soupira et décida de tout raconter aux deux Gryffondors à propos du sort de lien qu'il avait reconstitué, de la résistance d'Harry au-dit enchantement et aux événements récents qui avaient eu lieu dans la journée. Il garda pour lui les avances peu subtiles du rouge et or. Pour la première fois depuis longtemps, il eut l'impression qu'un poids se libérait de ses épaules et il parla longtemps, éclairé par le feu de camp.
A la fin, Ron lui tendit sa baguette puis, sans un mot, entra dans la tente et ne réapparut pas. Hermione lui donna un petit sourire et lui rendit son bras. Drago se rendit compte que la fracture n'était plus et il haussa, de nouveau, un sourcil typiquement Malefoyen.
- La rébellion donnera bientôt l'assaut, Sirius et le reste sont en route. Va rejoindre Harry, il aura besoin de toi.
Elle se redressa, s'étira et alla rejoindre son compagnon après avoir jeté un sort au feu de camp dont les flammes disparurent, ne laissant que des braises rougeoyante. Draco les regarda quelques instant, soupira puis prit le chemin du château.
- Par Merlin, Potter, ne fait pas de bêtises...
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Harry avait mal au crâne et avait l'impression que les couloirs dansaient autour de lui. Il se doutait que ces sensations avaient pour origine son estomac vide depuis trop longtemps. Il lui semblait aussi que la vieille bâtisse se déroulait devant lui comme un labyrinthe, lui montrant sans cesse de nouveaux couloirs dont chacun ressemblait au précédent.
Il avait envie de hurler, de frapper et de finalement se rouler en boule pour pleurer . Il en avait assez. Lui ne demandait que la paix et celle-ci s'obstinait à le fuir. Il n'avait rien fait pour encombrer le chemin de Bellatrix, voulant laisser le monde magique nettoyer ses problèmes par lui-même. Il voulait vivre, vivre pour lui-même et pas selon les attentes des autres.
Il avait vite compris que ce n'était pas possible, pas maintenant que la population moldue connaissait l'existence de la magie et qu'il était lui-même recherché. De la puissance magique, il en avait à revendre mais pour quoi faire s'il ne pouvait localiser le nid des Mangemorts? En être prisonnier lui offrait la possibilité d'agir de l'intérieur mais comment?
Il soupira pour la centième fois au moins et plaqua son front contre les pierres fraiches du mur, respirant l'odeur de la vieille roche et d'un semblant de moisissure. Il se redressa à l'aide de ses deux mains et regarda autour de lui. Des murs en pierre succédaient aux murs en pierre et il grogna. Il avait essayé une trentaine de portes, avait manqué se faire attraper une cinquantaine de fois et toujours pas de satanée porte des cachots.
Il continua donc son chemin et poussa doucement la porte suivante, passa juste le côté de son visage par le fin espace généré. Un escalier faisant route vers le bas s'offrit à sa vue et Harry poussa immédiatement la porte grande ouverte avec un léger rictus: ça ressemblait enfin à un chemin vers les cachots ! Il passa l'encoignure et referma le battant en bois derrière lui pour se retrouver immédiatement dans le noir complet.
Il tâtonna du bout du pied et trouva la première marche. Se guidant d'une main sur le mur, l'autre tendue devant lui, avec des pas prudents, il entama sa descente dans les profondeurs du château.
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Après ce qui lui semblait être des heures alors que seulement quelques longues minutes s'étaient écoulées, une lumière diffuse lui fit discerner le bord des marches. Il avait atteint un palier, semblait-il. Il continua donc son chemin plus rapidement, en raison de la présence d'éclairage mais d'un pas tout de même mesuré et léger: il ne voulait pas déclencher une alarme ou se faire surprendre.
Il entendit un léger bruit de claquement et des respirations courtes et fronça les sourcils. La curiosité l'emporta et il regarda derrière le coin du mur bloquant la vue.
Il y avait un large couloir dont une paroi était tapissé de torche alors que l'autre côté présentait quelques grilles, fermées pour la plupart. Il retint un soupir: il avait trouvé sa destination. Les cachots et aucun garde ne peuplait le couloir. Il sortit donc de la cage d'escalier et s'approcha de la grille d'où venait le bruit, la troisième.
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Il avait froid, si froid mais ce n'était pas grave, se disait-il en regardant le corps blotti contre lui. Les lèvres de Pansy étaient bleues, son front était moite de sueur et elle claquait sans cesse des dents, brisant le silence oppressant des cachots.
Un garde était passé plus tôt dans la journée et alors qu'il s'était promis de rester fort pour son ami blond, Blaise avait cédé et avait supplié le mangemort de leur céder une couverture, arguant la santé de sa compagne et la température glaciale régnant autour d'eux. Un reniflement de dédain avait été sa seule réponse, accompagnée d'un "soyez heureux qu'on vous nourrisse". Si on pouvait seulement appeler l'immonde bouillabaisse de la nourriture.
Il savait que le froid augmentant chaque jour indiquait l'approche de l'hiver et il en concluait que cela faisait plus d'un mois qu'ils étaient enfermés ici.
Oh, Pansy et lui avaient tenu facilement au début jusqu'au jour où sa partenaire avait commencé à vomir et à trembler. Depuis, tout était allé de mal en pis et voyant leurs conditions d'emprisonnement se dégrader doucement, il savait que, à moins d'un changement drastique et de soin médicaux attentifs, son amie mourrait très certainement.
Il ne partageait pas la couche de Pansy et n'avait d'ailleurs jamais échangé un baiser avec elle. IL l'aimait comme une petite sœur, avec son caractère explosif, sa répartie mordante et ses sourires communicatifs. Tout ceci avait disparu et, alors que le temps passait, il tentait désespérément de garder l'étincelle de vie de la jeune Serpentarde active.
Il ne pleurait pas, gardait son esprit le plus vide possible et tentait de trouver une solution. Mais que pouvait-il bien faire? Ils étaient là parce qu'ils aimaient Drago et que celui-ci les chérissait tout autant en retour. Le blond n'avait rien fait de mal, il voulait juste aider à sauver des vies.
Un bruit très doux lui fit tendre l'oreille et il se redressa doucement, serrant un peu plus le corps de sa camarade contre lui, protecteur. Personne ne descendait le voir à cette heure habituellement, si ce n'était la patrouille de nuit. Mais cette dernière faisait toujours un bruit d'enfer.
Il se secoua doucement, posa son précieux fardeau contre le mur, la recouvrant de sa mince veste et s'approcha des barreaux, tentant de voir à travers la lourde grille barrant la sortie.
Il ne savait pas à quoi s'attendre, mais certainement pas à la vue de Harry Potter, marchant à pas feutré, le regard curieux, le torse nu et l'allure efflanquée.
Le Gryffondor n'avait pas l'air en très bon état s'il en jugeait à sa posture voûtée et à l'expression tirée de son visage. Il semblait plus maigre que dans son souvenir et sa coiffure longue et négligée failli l'empêcher de le reconnaître. Il croisa le regard du visiteur et y vit la surprise, la peur puis la reconnaissance ainsi que l'indignation passer dans les deux orbes vertes. Potter lui décocha un bref signe de tête en murmurant son nom.
- Tu es...Zabini, c'est ça?
Blaise était surpris que le brun le reconnaisse, après tout, la seule fois où il l'avait vu de près était lorsque celui-ci l'avait sauvé du feu infernal qui s'était déchainé dans la salle sur demande.
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Harry regarda derrière le Serpentard et eut un hoquet en voyant l'état de la jeune femme blottie contre le mur. Malgré la noirceur du cachot, il voyait son front briller de sueur et entendait clairement la respiration laborieuse ainsi que ses dents claquer, identifiant le bruit qui l'avait interpelé peu avant.
- Merlin, mais que faites-vous là tous les deux?
Il reconnaissait les visages des deux prisonniers et il aurait pu jurer les avoir vus dans les rangs des mangemorts. Il secoua la tête, confus, tentant également de chasser le vertige qui ne le quittait plus.
- ...de la magie...
Harry se rendit compte qu'il avait manqué d'attention lorsque la voix rauque du noiraud le ramena à la réalité. Il lui demanda de répéter.
- Peux-tu faire de la magie, Potter?
Harry hésita, et alors qu'il voulait répondre il entendu des pas lourds résonner dans l'escalier. Il paniqua, tournant la tête de tous les côtés, cherchant où se cacher et lorsqu'il croisa le regard du noir devant lui, celui-ci parut tout aussi désespéré. Se remémorant la baguette serrée dans son poing, il s'éloigna de la grille et se résolu à attendre l'inévitable.
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Ayant franchi les lourdes portes de l'entrée, et sans les faire grincer, merci à sa baguette, Drago s'arrêta et tenta de réfléchir. Il devait retrouver Harry et vite.
Il se gratta la tête et décida de fouiller le château, le brun avait sans doute mis la pagaille là où il était allé. Il demanda à sa baguette le chemin et lorsque celle-ci pointa vers le bas il grogna. S'il y avait bien un seul endroit dans le château où il ne pouvait aller, c'était bien les cachots. Sa tante n'aurait pourtant pas enfermé un prisonnier aussi précieux que Potter dans les cellules du sous-sol, il avait dû y aller par ses propres moyens.
Il ne lui restait plus qu'à attendre qu'il en ressorte par lui-même et il pourrait lui fournir des informations sur ses deux amis dont le sort l'inquiétait au plus haut point.
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Les voix se précisèrent et Harry réalisa qu'il en discernait deux. Il fouilla en lui et sentit l'étrange magie qui ne lui appartenait pas répondre immédiatement à son appel: Au moins, il n'était pas sans défense.
Lorsque Liam et Tim apparurent, il se retint de gémir. Il ne les aimait vraiment pas, ces deux-là, et apparemment ils le lui rendaient bien. Il effaça de son visage toute expression et se résolut à faire comme si son âme n'était bel et bien pas présente dans son corps.
Lorsqu'ils l'aperçurent, les deux hommes se figèrent avant de se précipiter sur lui. Harry se retint d'avoir un mouvement de recul et les regarda le saisir sans douceur en lui demandant ce qu'il fabriquait là. Il réussit à ne pas réagir lorsque la voix d'un des deux prisonniers retentit:
- Laissez-le tranquille, demanda Blaise, empoignant les barreaux.
Tim eut un sourire mauvais et il délaissa Harry pour regarder le jeune Serpentard. Il leva ensuite sa baguette et lança sans même hésiter une seconde un doloris. Blaise tomba sur le sol, hurlant aussi fort que lui permettait sa voix fatiguée. La torture cessa après quelques secondes et lorsque Tim revint vers Harry, celui-ci se retint se frapper le mangemort.
Ils allaient partir, l'emmenant Merlin sait où lorsque Blaise redemanda qu'on le laisse tranquille. Tim s'approcha de la cage, pointa sa baguette vers le noir qui recula, rampant en arrière sur le sol sale et humide. Il remarqua ensuite la silhouette immobile et eut un sourire cruel.
- Et si je m'amusais avec ton amie, huh?
Harry vit aussitôt la peur dans les yeux de Blaise qui tenta de balbutier une supplication et il vit Tim bouger doucement sa baguette de sa cible première vers la seconde, vulnérable. Harry n'hésita pas cette fois et d'un coup de genou vicieux puis d'un bon crochet du droit, il mit Liam K.O avant de tendre sa main armée de la baguette vers Tim. Il sentit la magie étrangère en lui bondir intégralement et rugir vers le tourmenteur.
Harry avait juste voulut l'assommer ou le projeter loin des deux prisonniers mais la couleur du rayon le poussa à vouloir annuler sa magie. Au contraire, il sentit toute la réserve se concentrer dans son attaque et le quitter d'un bloc. Sans doute les propriétaires originaux de cette magie étaient trop noirs pour que celle-ci soit neutre, sans parler de la baguette. Sans doute que l'intention meurtrière de Harry avait tout déclenché. Mais lorsque l'Avada Kedavra informulé frappa le corps de Tim, le figeant dans l'horreur de la mort prochaine, Harry poussa un cri d'animal blessé.
Il avait tué Voldemort, tout le monde le savait, il avait mis hors d'état de nuire une bonne cinquantaine de mangemorts dans sa vie, parfois avec des moyens qui lui faisaient horreur mais jamais il n'avait utilisé ce sort-là.
Et il s'en sentit souillé à jamais.
Il jeta un regard paniqué à Blaise qui le fixait, éberlué et il fuit. Il tourna les talons, bondit en arrière, lâchant la baguette volée, oubliant Liam sur le sol, et s'enfonça dans la cage d'escalier, abandonnant l'horreur derrière lui, incapable d'affronter ce qu'il venait de se passer. Peu importe la noirceur, l'inégalité des marches qu'il franchissait quatre à quatre, il voulait fuir, courir jusqu'à tout oublier. Il percuta la porte dans son aveuglement, blessant ses paumes, tâtonna ensuite pour trouver la poignée, la saisit et ouvrit la porte à la volée pour se mettre à courir dans le couloir.
Fuir!
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Drago grognait d'agacement. Bien sûr, Potter ne faisait rien comme les autres. Il était dans un manoir empli de mangemort et il se rendait dans le seul endroit où ceux-ci pouvaient lui faire ce qu'ils voulaient.
Le blond regardait depuis maintenant presqu'une demie heure la porte fermée conduisant au cachot. Il ne pouvait même pas en approcher la main, un champ de force spécialement dirigé contre lui l'en empêchait. Et il savait que s'il devait essayer de le déconstruire, une alarme alerterait sa tante, qu'elle soit à l'autre bout de l'Angleterre ou dans son lit. Le fait d'avoir croisé Liam et Tim avant qu'ils ne descendent n'avait rien fait pour le rassurer.
Il croisait et décroisait ses jambes, faisait ensuite de même avec ses bras, regardait ses ongles, comptait les poutres au plafond ou les lézardes dans les murs lorsqu'enfin, il entendit des bruit de pas dans l'escalier. Si Harry avait été retrouvé, il pourrait utiliser son rang particulier pour le ramener à la sécurité de ses quartiers. Il ne s'attendait cependant pas à voir un Harry seul, paniqué et courant comme un fou, émerger de la lourde porte en bois.
Il se plaça devant lui et dans sa hâte, le Gryffondor le percuta violemment, les projetant tous les deux au sol. Drago jura copieusement et tenta de se redresser avant de voir qu'Harry semblait vraiment ne pas aller bien. Il avait le regard hagard, la peau d'un blanc maladif, ses mains éraflées tremblaient et des larmes coulaient librement sur ses joues.
- Bordel, Potter, mais qu'est-ce qui s'est passé?
Devant le silence de Harry, coupé par sa respiration hachée et le crissement de ses ongles sur le sol, il se releva, prit le bras du brun et le hissa à sa suite. Il prit ensuite le chemin de sa chambre, tirant un corps quasi amorphe derrière lui.
Il atteignit ses quartiers rapidement, ouvrit la porte, désactivant sans même y penser le sort qui empêchait quiconque d'y entrer lorsqu'il était absent et poussa Harry à l'intérieur. Il tenta à nouveau de comprendre mais le brun restait muet, semblant ailleurs.
Agacé, échevelé et finalement angoissé, Drago se décida pour une solution radicale, il entra dans la salle de bain, tirant son "invité" derrière lui, pénétra avec lui dans la douche et alluma sans attendre l'eau froide. Il retint un cri fort peu masculin et vit que le Gryffondor semblait retrouver un semblant de cohérence.
Il changea progressivement la chaleur de la douche et alors que l'eau restait tout de même fraîche, il entreprit de dévêtir le brun, peu désireux de lui faire attraper un rhume. Une fois que le brun en fut réduit à porter un simple boxer, il en fit de même pour lui-même. Il lava son corps du sang séché et remarqua que le balafré suivait ses mouvements, comme hypnotisé.
Malgré la sensation désagréable de ses blessures, il termina sa douche, sortit, prit une serviette pour se sécher avant de s'en servir pour essuyer le Gryffondor qui malgré une expression plus alerte restait inerte, fixant le blond, semblant sous le choc.
Drago lui suggéra de tomber le boxer en lui en tendant un propre (et surtout sec). Harry lui obéit en mode autopilote et le suivit ensuite dans le lit où ils s'assirent sur le bord. Là, le blondinet demanda de raconter ce qu'il s'était passé.
D'une voix tremblante et un peu absente, le brun commença à parler. Il raconta son réveil dans le lit de Bellatrix, détail qui donna au neveu de celle-ci envie de vomir. Il parla de son envie de trouver les cachots puis la découverte de ceux-ci et de leur contenu. Drago sembla soucieux mais ne posa pas de questions. Puis il raconta comment Liam et Tim étaient descendus, comment Tim avait voulu attaquer Pansy et finalement, il bégaya:
-...la magie, pas la mienne, tu sais, l'autre dont on a parlé...elle a...elle a bondit, je n'ai pas pu la retenir et...elle était verte...je ne voulais pas...je...je...il est mort, Drago, j'ai...j'ai tué un homme...
La voix se brisa et Harry éclata en sanglot. Désemparé, Drago traça dans son dos de petits cercles, ne sachant pas vraiment quoi faire. Il décida que le moment était propice pour raconter à Harry sa propre mésaventure. Il parla du piège de Ron et Hermione, ce qui sembla réveiller le brun, de la torture et enfin, il décida de lui expliquer tout ce qu'il lui cachait depuis le début.
Lors de l'attaque du village, il n'avait pas tué qui que ce soit. Il avait mis au point un sort imitant la mort et causant de multiples coupures afin de faire jaillir le sang. Ainsi les corps restaient inanimé quelques heures et n'attiraient pas l'attention: qui se souciais d'un corps mort quand le but était de les accumuler? Il expliqua pourquoi il lui en avait voulu, par sa faute, quelques morts auraient pu être évitées. Il ne le lui dit pas ainsi, cependant, mais à son expression coupable, le balafré sembla comprendre sans peine.
Il expliqua pourquoi Blaise et Pansy étaient enfermés. Il parla de son désarroi, de son inefficacité. Harry était un espoir pour lui, et il tentait de lui montrer son soutien à sa façon.
- Je dois garder un certain visage, une apparence...
Harry comprenait et il se blottit contre le blond, cherchant le réconfort, se laissant charmer par la douce voix de son "hôte". Lorsque Drago se tut, Harry chercha ses lèvres et le Serpentard ne protesta pas. A quoi bon? Il avait besoin de ce contact, de cette confiance, aussi se laissa-t-il enlacer, plaquant même le brun plus contre lui en glissant une main dans les cheveux noirs et indisciplinés.
Cependant, le brun en voulait plus. Il poussa le blond sur le lit et attaqua sa bouche avec plus de ferveur encore. Il colla son corps mince à celui, plus massif, de son rival de toujours, plaquant celui-ci sur le lit de tout son poids. Le Serpentard paniqua, sentant le contrôle lui échapper et il utilisa alors toute sa force pour inverser leur position, clouant Harry au matelas, le dominant de sa taille, plaquant ses poignets de part et d'autre de sa tête.
Désorienté, le noiraud le fixa alors et ce qu'il vit dut lui plaire car un mince sourire ourla ses lèvres. Drago avait la respiration courte, hachée et ce sourire le remua profondément. Il réalisa alors sa position et constata l'excitation de Harry contre sa cuisse et à sa grande honte, il sentit un certain inconfort dans la région sud de son anatomie. Il regarda le brun et vit le sourire de celui-ci s'élargir.
- Potter, à quoi tu joues?
Harry tourna doucement la tête à droite, puis à gauche:
- Je ne joue pas, Malefoy.
Il ondula des hanches sous lui, tirant un sifflement des dents serrées du blond. Celui-ci sentit un frisson parcourir tout son corps. Harry était sous lui, Harry était à sa merci, Harry le voulait. Il n'était pas gay par Merlin, et pourtant, il sentit son pantalon devenir plus serré encore.
Le brun libéra une main et la posa sur son visage avec une douceur bouleversante. Il le regardait, ses yeux verts sondant ses traits. Il y trouva ce qu'il y cherchait sans le moindre doute car il arqua son corps, monta son visage contre celui de Drago et lui mordilla la lèvre, le menton, la mâchoire et enfin l'oreille avant de lui murmurer:
- Tu sais ce que je veux...
Il se laissa retomber doucement et d'une voix sensuelle qui enleva au blond tout sens commun, il susurra.
- S'il-te-plaît, Drago...
Et Drago ne put qu'obéir.
_OoO_
Pour celles (et ceux, on ne sait jamais) qui pensent que je termine ici pour échapper au lemon... Détrompez-vous! Celui-ci viendra dans le prochain chapitre! D'ici là, portez-vous bien et désolée d'avance pour l'attente, la vraie vie réclame son dû et le syndrome de la page blanche est un ennemi qui ne m'est pas inconnu...
Bref, n'hésitez pas à me laisser une review, bonne ou mauvaise et à très bientôt, j'espère !
