Bonne annéeeeeeee!
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Le doigt tremblant, Natsuki hésite à répondre. Son esprit est dans la tourmente. Elle a des sentiments pour Fujino Shizuru. Après 8 années, il était temps qu'elle le comprenne, mais la question importante est justement celle-ci : après 8 ans, Shizuru a-t-elle encore des sentiments pour elle ? Cette réponse la terrifie. Natsuki ne se souvient pas avoir eu des sentiments romantiques pour qui que ce soit et ce qui doit en découler par la suite elle l'ignore, mais elle est soudainement effrayée de ne jamais l'apprendre.
Alors c'est ça que ressentait Shizuru.
Imaginer comment elle a vécu son rejet lui est soudain particulièrement difficile, elle comprend et compatit pleinement à présent. C'est comme si prendre conscience de ses sentiments lui avait ouvert les yeux et lui permettait de mieux comprendre ce que les autres peuvent ressentir. Ces nouvelles connaissances la paniquent, elle a été un tel trou du cul qu'elle voit difficilement comment Shizuru pourrait passer outre. Elle a été tellement insensible dans son rejet et dans son comportement par la suite avant que Shizuru ne disparaisse. Elle se demande comment elle réagira elle-même si Shizuru la rejette : la fuite, le combat ou la simple acceptation de la situation.
Natsuki est incapable de répondre à cette question. Elle suppose qu'elle le découvrira si Shizuru la rejette.
En tout cas, ça n'arrivera pas aujourd'hui.
Nop certainement pas. Il lui faudra le temps de se préparer mentalement, de se préparer un petit discours ou quelque chose du genre. Ou de trouver le courage nécessaire, tout simplement.
En attendant, il lui faut répondre. Natsuki appuie donc sur la touche verte probablement à la dernière sonnerie, avant que sa messagerie ne prenne le relais.
« Hey, salue-t-elle précipitamment. »
Natsuki grimace déjà : intonation beaucoup trop joyeuse. Fausse.
« Est-ce que… Natsuki va bien ? »
Bien sûr que Shizuru noterait la présence d'un souci dans ce salut.
« Oui, grince-t-elle en réponse.
-Je te dérange ? continue-t-elle de s'inquiéter.
-Non, non, j'attendais ton appel. »
Un peu trop désespérée. Kami-sama pourquoi réfléchit-elle soudainement à tout ce qu'elle dit et à ce que Shizuru peut en penser.
« Je suis désolée d'avoir fait attendre Natsuki alors. »
Sa voix est beaucoup plus douce que ce matin-là. Plus apaisée. Cela rassure au moins Natsuki, rien d'irrémédiable n'a été dit samedi.
« Non c'est moi qui veut réitérer mes excuses, j'ai l'impression de me répéter mais je suis désolée pour samedi. Si tu es heureuse avec quelqu'un alors… c'est cool pour toi. »
C'est cool pour toi ? Non seulement cette phrase est tout simplement stupide, mais c'est aussi un mensonge éhonté. Avec cette mise à jour sur ses sentiments, Natsuki ne veut pas qu'elle soit heureuse avec quelqu'un, elle veut qu'elle soit célibataire, avec si possible la persistance d'au moins un légère engouement pour Natsuki. Ce serait déjà un bon début.
« Cool ? répète Shizuru a priori surprise elle aussi par le vocabulaire de Natsuki.
-Oui enfin tu vois ce que je veux dire… »
Elle espère que Shizuru « voit » parce que Natsuki n'arrivera pas à mieux mentir que cela.
« Alors es-tu heureuse avec quelqu'un ? »
Elle se mord la langue à sa question. Certes elle est curieuse et inquiète -elle pense qu'elle le sera aussi longtemps que Shizuru ne lui aura pas dit oui- mais elle aurait aimé être un peu plus subtile. En même temps, la subtilité n'a jamais été son fort.
Cependant, la réponse ne vient pas immédiatement. Shizuru se racle la gorge plutôt gênée.
« Je… Non, se décide-t-elle soudain. Le travail prend beaucoup de mon temps. »
L'hésitation derrière ce « non » semble lui indiquer qu'il y a plus que cela derrière cette réponse. Mais Natsuki ne creuse pas plus loin, elle n'est pas sûre de vouloir le savoir. Elle préfère se contenter de cette réponse et de la connaissance que Shizuru n'est liée à personne.
Un cœur à prendre.
Elle doit arrêter de trainer avec Mai si de telle phrase stupide doit à présent lui traverser l'esprit.
« Oh bien sûr. Je comprends, c'est à peine si j'ai le temps de voir nos amis du lycée tant je travaille. »
Elle n'est pas convaincue que Shizuru considère les ex-HiME comme ses amies, mais Shizuru ne relève pas et Natsuki enchaine aussitôt.
« Quand ton voyage d'affaire sera terminé, nous pourrons aller boire un café, propose-t-elle par crainte de voir la conversation se terminer. Pour rattraper la dernière fois.
-Autant aller déjeuner, lui répond Shizuru. »
Natsuki se sent sourire largement.
« Comme tu veux. »
La seule chose qui l'intéresse est de la voir.
Elle ne sait pas quoi dire d'autres. Elle ne veut parler de leur confrontation du samedi et certainement pas de la découverte de ses sentiments. Beaucoup trop tôt pour cela. Pourtant Shizuru ne cherche pas non plus particulièrement à relancer la conversation, comme si malgré tout, elle prenait certaine précaution et laissait à Natsuki le choix de leur discussion. C'était pourtant elle qui avait tout fait déraillé ce samedi-là.
« Dis, je me demandais, l'entreprise de Reito c'est quel genre ? »
Après tout, c'est une conversation comme une autre et Natsuki s'est déjà posée la question. En apprendre plus sur cette entreprise, c'est aussi en apprendre plus sur Shizuru et ce dans quoi elle ''travaille tant''.
« Tu veux dire, notre secteur d'activité ?
-Oui, voilà.
-Le matériel et fourniture médical et de recherche.
-Les centri et autres matos de labo ?
-Notamment, oui. On démarche surtout auprès des hôpitaux, cliniques, universités et laboratoires divers.
-C'est comme ça que vous connaissiez Peterson, comprend-t-elle. »
Natsuki se souvenait encore de ce repas à Fuuka où elle avait appris le nom de son patron de Reito et Shizuru –surtout de Shizuru compte tenu du fait que Reito s'était trompé dans le nom.
« Oui, c'est ainsi que l'on connait Peterson, répond-elle d'une voix fatiguée.
-C'est marrant, enchaine Natsuki. Je l'ai croisé pour la première fois aujourd'hui. Je le trouve un peu flippant. »
Cela semble tirer un petit rire de Shizuru mais c'est difficile à dire avec le son déformé par le téléphone.
« Je suppose qu'il n'est pas une personne très sympathique en effet.
-J'ai croisé sa fille aussi. Tu la connais ? »
Il y a un silence soudain sur la ligne mais rapidement la voix de Shizuru se fait à nouveau entendre.
« Désolée, je cherchais mes billets pour demain. Non je n'ai pas eu la chance de rencontrer la fille de Mr. Peterson. Mais il m'en a parlé… Parait-il que je lui ressemble. Natsuki le confirme-t-elle ? »
Sa voix parait tendue, Natsuki ne peut pas l'affirmer néanmoins. Par téléphone il est difficile de juger de la réaction des gens.
« Oh oui, j'ai cru que c'était toi ! s'exclame-t-elle. Sauf évidemment qu'elle est un peu plus vieille et totalement enceinte.
-Ah. »
Cette syllabe unique confond Natsuki. Ce n'est pas du désintérêt qu'elle perçoit chez Shizuru mais véritablement une tension qu'elle ne s'explique pas.
« Je me suis demandée si tu avais lien familiale avec eux.
-Non, je n'en ai pas.
-Elle te ressemble pourtant comme une sœur !
-Tu sais ce qu'on dit : tout le monde a un sosie.
-Oui je suppose. Le professeur Iroshi a dit quelque chose du genre aussi.
-Iroshi ? s'étonne-t-elle.
-Mon supérieur. Lui aussi a fait affaire avec vous ?
-Non, rit-elle légèrement bien que cela semble un peu forcé. Mr. Peterson a équipé la plupart de ces labos en une fois. Je n'ai pas eu l'occasion de traiter les commandes de labo au cas par cas.
-Oui je- »
Natsuki s'interrompt quand elle entend derrière Shizuru la voix grave d'un homme.
« On y va, grommelle la voix étouffée.
-Natsuki, reprend Shizuru aussitôt, je te laisse quelques instants, d'accord ? »
Natsuki entend un bip, probablement que Shizuru a trifouillé son téléphone pour interrompre temporaire la conversation. Elle suppose parce que cela n'a rien changé et qu'elle continue d'entendre Shizuru et l'homme.
« Comment ça "on y va" ? répète Shizuru. »
Sa voix est dure presque indignée.
« Le temps ne s'améliore pas, répond la voix masculine. Si on attend demain comme prévu, on sera bloqué. Le départ a été avancé : on y va.
-J'ai des choses de prévu pour la soirée, grince Shizuru.
-Ce n'est pas mon problème, je ne prends pas mes ordres de toi Fujino. Où sont les dossiers ?
-Dans le tiroir en haut à gauche, indique Shizuru d'une voix presqu'abattue.
-Tu as deux minutes, ordonne une seconde voix masculine tout aussi bourrue.
-Bien, crache-t-elle venimeuse. »
Natsuki se renfrogne. Elle ignore qui sont ces hommes mais elle ne les aime pas. Ils n'ont visiblement aucune considération pour Shizuru. Elle se dit qu'elle va devoir parler avec Reito si c'est comme ça qu'il traite avec son « bras droit », en envoyant des sbires aussi rudes que bornés. Pour tout son maniérisme, Natsuki est étonnée qu'il ait engagé de tels hommes.
Un bip et elle entend à nouveau distinctement la voix de Shizuru.
« Je vais devoir te laisser Natsuki. Mon voyage d'affaire est visiblement avancé à cause des intempéries.
-Je comprends, répond-elle simplement.
-Prend soin de toi, salut-elle avant de raccrocher.
-Toi aussi, murmure Natsuki dans le vide. »
Shizuru a déjà raccroché.
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A part l'interruption des deux malabars, la conversation s'était plutôt bien déroulée. Natsuki se laissa donc aller dans son canapé, soulagée quoique la tête toujours emplie de question. La télévision tournait toujours, parlant de la météo, insistant sur le temps terrible du Mont Fuji et la situation plutôt calme de Tokyo. Natsuki zappa pour changer de chaine. Les émissions sans queue ni tête ne parvenaient pas à la distraire.
Cette journée était chargée en émotion, si bien qu'elle se sentait prise d'une énergie nerveuse l'empêchant de se reposer. S'il admettait avoir des sentiments pour Shizuru, elle ignorait comment en faire part. Elle n'était pas lâche et n'avait jamais hésité à sauter dans l'action lors du Carnaval, mais c'était là une toute autre histoire. Aucune habilité et adresse ne pourraient la sauver si Shizuru n'était plus intéressée par elle. C'était peut-être ça qui l'effrayait, ce n'était pas tant sa manière d'avouer qui déterminerait leur relation que ce qu'en pensait Shizuru.
« Shizuru, j'aimerai savoir si tu es intéressée par sortir avec moi. Non, c'est stupide elle considérerait que je parle d'une sortie entre amies. Intéressée par un rendez-vous avec moi ? lança-t-elle dans le vide de son appartement. »
Ok, elle était nulle à ça.
Elle ne se voyait pas demander de conseils à Mai. Les choses avec Tate s'étaient faites lors du Carnaval et elle n'avait pas eu à faire le premier pas à partir de là.
Chie aurait été la personne idéale : elle passait son temps à faire des déclarations au monde entier et à séduire quiconque passait à sa hauteur mais cela signifierait sans le moindre doute de laisser savoir à chaque connaissance commune ses sentiments. Chie ne savait pas tenir sa langue et parvenait au contraire à largement diffuser ce qu'elle apprenait. Lui demander le moindre conseil équivaudrait à ce que Shizuru l'apprenne dans l'instant.
Reito était la troisième personne qui lui traversa l'esprit. Il avait dû faire sa déclaration à Mai et, même si ça n'avait pas mené à grand-chose, ce n'était pas dû à sa manière de faire mais plutôt au cœur déjà pris de sa dulcinée. Et puis Reito était discret.
Natsuki ne se sentait pas vraiment à l'aise avec lui pour lui demander de l'aide, mais d'un côté elle ne sentait mal à l'aise d'en parler tout court. Sauf que sans aide, elle ne trouverait jamais comment faire pour communiquer son intérêt à Shizuru. Les plus pragmatiques lui diraient certainement qu'il lui suffisait de se lancer et d'être direct. Natsuki s'en savait cependant incapable.
Reito, donc, pouvait lui être utile. Il pouvait même s'avérer d'une aide précieuse, une source d'information pour en savoir plus sur les sentiments de Shizuru. S'il acceptait du moins de parler avec elle sans en réfèrer à Shizuru par la suite. Elle supposait que ce fut la partie difficile de cette histoire, mais pas impossible : si Shizuru avait encore des sentiments pour elle, Reito serait probablement le premier à vouloir aider Natsuki à concrétiser les choses.
Natsuki pouvait donc profiter du voyage d'affaire de Shizuru pour interroger Reito et requérir son aide.
La soirée était arrivée sans qu'elle s'en rende compte et elle songeait qu'il devait avoir fini sa journée. Elle supposait que tout appel à Reito allait le surprendre, mais elle savait que, pour le sujet qu'elle comptait traiter, tout le monde serait surpris que Natsuki les appelle.
Natsuki elle-même se surprenait à vouloir chercher de l'aide, elle n'avait jamais été une personne très ouverte. Elle était peut être devenu suffisamment adulte pour comprendre qu'il n'y avait pas de mal à quérir de l'aide quand c'était nécessaire. Mai serait probablement fière, elle qui avait tant cherché à lui inculquer cette logique élémentaire. Bien sûr cela requérait une part de confiance en son interlocuteur, mais Natsuki se faisait à l'idée que malgré ses efforts, elle était finalement incapable de rester détacher et seul.
Shizuru était donc incapable de faire partie de sa vie sans chambouler toutes ses convictions.
Ça avait toujours été le cas. Ce n'était pas la première fois que Natsuki avait refusé de faire confiance aux gens. A l'époque Shizuru l'avait gagné par patience et persévérance. Elle était parvenue à lui redonner foi en l'être humain. Ça n'avait pas été facile et ils avaient dû être un peu moins ''abrutis'' que la moyenne, mais au final, Mai et ses rares amis, elle les devait à Shizuru.
Son départ avait toutefois emporté une bonne partie de cette confiance. Elle avait gardé un fil ténu d'amitié avec ceux de Gakuen Fuuka, mais n'était pas réellement parvenu à se connecter avec de nouvelles personnes. Son retour néanmoins remettait tout en perspective.
Et Shizuru n'avait rien eu à faire pour ça. Juste réapparaitre dans sa vie. C'était peut-être stupide, mais Natsuki voulait voir de la reconnaissance et de la fierté dans les yeux de Shizuru. Elle ne voulait pas que Shizuru la voit comme une personne aigrie et renfermée sur elle-même. Elle voulait devenir une meilleure personne pour elle.
Ce fut pour parvenir à cet objectif qu'elle composa le numéro de Mikoto.
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« Allooooooo ? »
Le cri à moitié étiré venait bien de Mikoto, mais sa voix semblait légèrement étouffée comme si elle ne parlait pas directement dans le téléphone.
« Meurs ! Meuuuuuurs !
-Mikoto ?
-Natsuki ? Désolée, je suis en train de mener un assaut plutôt compliqué. »
A l'information aléatoire, Natsuki comprit que la jeune femme jouait à la console. Natsuki ne pouvait rien reprocher à Mikoto. Dans le passé, elle n'aurait même pas pris la peine de répondre alors qu'elle jouait. Mikoto lui parlait donc par haut-parleur et serait probablement peu concentrée sur leur conversation. Ça n'avait pas grande importance compte tenu du fait qu'elle voulait parler au frère.
« Je ne vais pas te déranger longtemps, lui indiqua-t-elle. Reito ne serait pas là par hasard ? »
Natsuki se demanda soudainement si Shizuru n'était pas partie à ce voyage d'affaire avec Reito. Elle n'oserait pas lui téléphoner si c'était le cas, par peur que Shizuru ne laisse trainer une oreille indiscrète sur leur conversation. Mikoto la rassura sur ce point lorsqu'elle indiqua que Reito était bel et bien rentré et qu'il finissait de passer une commande auprès du restaurant du coin.
« Pourquoi veux-tu parler à Ani-ue ?
-C'est pour… euh…
-Ah, il a fini son appel, lui indiqua distraitement Mikoto toujours en frappant violemment les boutons de sa manettes de jeu et sa question oubliée. Ani-ue, Natsuki veut te parler. »
Natsuki distingua vaguement une voix en arrière-plan.
« Je ne sais pas, répondit-elle à la question inaudible de son frère. Bye Natsuki. »
Sur ce, il eut un bruissement avant que les échos du haut-parleur ne cesse et qu'une voix claire ne la salue.
« Kuga-san que me vaut le plaisir de ton appel ?
-Salut Kanzaki. »
Et voilà où s'arrêtait ce qu'elle s'était préparée à dire. Entre l'hésitante et timide discussion sur les sentiments de Shizuru à son égard et la manière de lui faire par des siens, et la discussion plus virulente sur les rudes employés engagés pour participer au voyage d'affaire de Shizuru, son choix fut vite fait.
« En fait, de plusieurs choses, commença-t-elle. Tout d'abord, tu es bien le supérieur de Shizuru non ?
-En effet, même si je ne la considère pas vraiment comme mon employé mais plus comme mon associée.
-Alors pourquoi travaille-t-elle avec de tels abrutis ?
-Comment ça ? sembla-t-il s'inquiéter. Elle s'est plainte de quelque chose ? J'ai parfois peur qu'elle n'ose pas me dire ce qui lui déplait, qu'elle craint d'augmenter ma charge de travail en faisant part de ses récriminations. De quoi s'est-elle plainte ? »
Natsuki grimaça intérieurement. Heureusement que Shizuru avait confirmé qu'ils ne sortaient pas ensemble, elle aurait pu en croire autrement vu l'empressement de Reito à vouloir lui faire plaisir. Mais après tout, elle connaissait peu Reito et en 8 ans, il avait très bien pu développer des sentiments pour Shizuru sans que celle-ci en soit consciente. Quoique Shizuru était plutôt perspicace en règle général…
Evite les suppositions Kuga et va droit au but, s'admonesta-t-elle.
« Ouais, grogna-t-elle, j'ignore les noms des deux types que tu as envoyé chez elle pour son voyage d'affaire mais ils avaient la politesse de babouins.
-Que j'ai envoyé ? répéta Reito en faisant fi de son étrange comparaison.
-Ou qui travaillent avec vous. Je ne connais pas spécialement comment vous vous organisez pour vos voyages d'affaires.
-Attend, attend. De quel voyage d'affaires parlons-nous ici ?
-Celui d'aujourd'hui. Ou plutôt de demain qui a été avancé à cause des intempéries. »
Elle fut surprise de ne rien entendre de Reito et elle se demanda quelles excuses il cherchait à former dans son esprit. Elle fut surprise du résultat.
« Tu dois te tromper, répondit-il finalement.
-A quel sujet ? J'ai bien entendu ces abrutis…
-Non non, l'interrompit-il. Au sujet du voyage d'affaires. Shizuru a demandé quelques jours de congés cette semaine. Elle a pris quelques dossiers pour travailler, mais tous les voyages d'affaires en question sont programmés à des dates ultérieures.
-Je l'ai eu au téléphone deux fois aujourd'hui où elle m'a parlé de ce voyage, grinça Natsuki. Il faudrait un peu mieux savoir ce qui se passe dans ton entreprise Kanzaki.
-Je t'assure qu'aucun voyage d'affaire n'est programmé cette semaine. La seule option que je vois ici, c'est qu'elle t'a menti Natsuki. »
Natsuki n'aurait su dire ce qui la perturba le plus : que Reito d'une voix presque compatissante l'appel par son prénom ou que Shizuru lui eut menti.
