*toum* tim* toum* *tim* *tam*
*Essaie d'entrer discrètement*
SBAFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF!
Oups.
Loupé.
Hellooooooo ! C'est moi ! NON, comme d'habitude, je ne suis pas morte, OUI, j'ai mis du temps à poster la suite, PARDON de vous avoir fait attendre, et EN PISTE pour le départ !
Tôsen : Juste comme ça ? Pas même une explication à fournir ? Ce n'est pas juste…
Rhaaaarf, lui et la justice…D'ailleurs tu devrais apparaître bientôt, mon grand ! Désolée pour l'attente, mais entre les cours/ le travail/ les problèmes d'orientation/ les problèmes skyzophréniques, le chap', écrit depuis un moment quand même, est à la bourre \o/
Nnoitra : et elle sourit. Ça, c'est de l'imbécile heureuse.
J'avais prévu une longue absence au vu de mon été chargé, ce qui explique la longueur du dernier chapitre. Cela dit, j'espère qu'il n'était pas trop indigeste quand même, ça restera exceptionnel cette longueur là (voir unique, l'histoire approchant de son terme).
Sauf exception, je devrais m'en tenir à ma volonté première, c'est-à-dire, une fic' à quinze chapitre.
Saurez-vous me motiver à faire plus ? Mfu fu…
*SBAAAFFF*
Aïe…Pardooooon, ouiiiiiin T.T
MERCI à la crème de la crème, les super-sayan que sont mes revieweurs,j'ai nommé Loupiote, Koba54, Siphirith H-V-A-S Jr. ,Geasseur, Chaussy, sasa57, et A. Doctor !
Loupiote :Yosh ! Meuh noooooon, nous n'avons pas besoin de longues phrases pour nous comprendre, un mot nous permet de laisser filtrer mille émotions ! Et j'ai reçu un tas d'ondes négatives en lisant ton comm', alors merci d'avoir laissé un mot, je suis heureuse que les clins d'œil cinématographiques t'aient parlés ! J'espère que le chapitre sera à ton goût )
Navire :Un seul mot d'ordre : COULE ! (t'aime, Chaussy :333 )
Et comme ça fait longtemps, histoire de vous remettre dans le contexte, p'tit résumé !
Ocha Yume est une Shinigami de la première division, sans zanpakuto, ni pouvoirs particuliers. Sur les ordres du Capitaine Commandant, elle s'est vue nommée « secrétaire », chargée des comptes rendus, pour une patrouille, dirigée par le Vice-Capitaine de la treizième –Kaien Shiba- et du troisième siège de la première division, la parfaite et pulpeuse Magsu Aozora –avec qui elle entretient des rapports assez conflictuels.
L'expédition tournant au vinaigre suite à l'attaque d'une mystérieuse organisation –l'A.C.N.E-, Ocha se retrouve à devoir coopérer avec un chat parlant –Yoruichi- et son scientifique d'ami –Kisuke- qui semblent cacher pas mal de chose. Ocha a d'ailleurs conclut un pacte avec le scientifique, aux termes duquel elle doit récupérer un objet très important, détenu par un garçon du nom de Jinta, quelque part dans le monde des esprits. De fil en aiguille, elle sera amenée à constituer autour d'elle une drôle d'équipe, avec notamment deux garçons de la patrouille initiale, Ha Hakusho, sympathique –si on omet son obsession inquiétante pour les animaux-, et Ichijiku Kaju –avec qui il semble y avoir un houleux passé commun.
Aux dernières nouvelles, ils sont venus chez la sœur de Kaien, Kuukaku, car le manoir constitue une passerelle vers le prochain point d'évolution. Le groupe s'organise, tandis qu'à l'extérieur, tous les intérêts se mettent en branle, au Seireitei…
Je demeurais bouche bée. Encore. C'est vrai que j'ai eu cette réaction là beaucoup de fois dans l'histoire, mais il faut me comprendre. J'ai enchaîné évènement whatthefuckesque sur évènement whatthefuckesque, et pas la peine de faire comme si vous n'aviez jamais été choqués, bande d'hippocrates !
On dit hypocrites.
Hippocrates.
Je disais donc, que je n'en revenais pas. Aux dernières nouvelles, la situation avait regagné un peu en normalité (mis à part Kuukaku Shiba, femme définitivement hors de toute norme). Bavarder gaiment autour d'un thé, voilà une activité saine et qui m'avait manqué depuis tout ce temps. Un panache de fumée et une porte qui s'ouvre plus tard, me voilà rappelée à la dure réalité de ma nouvelle vie de cinglés.
Pourquoi moi ?
Je mentirais si je disais que je ne m'étais pas attendue à voir Yoruichi réapparaître à un moment ou à un autre. Et je n'ai pas oublié la façon avec laquelle Kaien Shiba l'avait regardée, en des temps bénis où elle ne représentait pour moi qu'un simple chat errant. Même moi j'arrive à faire quelques conjectures dans ma lente caboche. Le gradé avait l'air de trop bien accepter tout ça pour que ça ne dissimule pas un ou deux millions de secrets.
Par contre, je ne m'attendais absolument pas à ça.
Revoir Yoru, certes. Mais je parlais de la boule de poils, à l'adorable frimousse féline et aux griffes bien aiguisées (j'en sais quelque chose pour y avoir goûté plus souvent qu'à mon tour).
Or, la porte s'est ouverte sur un tout autre spectacle. Dans l'embrasure, se tenait une jeune femme que je n'avais jamais vu auparavant, et dont pourtant je savais -et je l'aurais su même si on ne m'avait pas prévenu-, qu'elle était Ru. Élancée, la peau basanée et de longs cheveux noirs aux reflets violets. Son visage a un je-ne-sais-quoi de mutin qui rappelle irrépressiblement sa condition féline, et ses prunelles dorées ajoutent à cette impression de malice bienveillante. Elle dégage une impression d'intelligence immédiate, et ses mouvements fluides laissent percevoir les réflexes d'une grande combattante.
Ai-je omis quelque chose dans ma description ? Mmh…oui, oui, messieurs. Les formes. Elle en a, où il faut, bien comme il faut. Satisfaits ?
La nouvelle invitée avançait donc parmi nous, complètement à poil dans le salon.
Pas en fourrure. A poil.
-Qu'est-ce…commençait 'Ju, le teint virant pivoine.
Kuukaku éclata de rire, exhalant par le nez la bouffée qu'elle avait tirée quelques secondes auparavant.
-Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, fit remarquer Ha, laconique.
-Sacrée Yoruichi, j'adore quand tu fais ça. Cela dit, tu devrais mettre quelques vêtements, ou ces messieurs risquent de mourir d'hémorragie nasale avant même d'avoir commencés à combattre.
Je vous passe bien sûr le moment où les deux valets bizarres de la famille sont venus fournir des habits à Yoruichi, du reste pas franchement ravie d'avoir à se couvrir.
-Kisuke me laisse me balader comme ça au Shop ! Râla-t-elle, finissant d'ajuster un haut qui me faisait penser à un justaucorps moulant.
Je marquais un temps d'arrêt au son de sa voix. Rien à voir avec celle qu'elle avait en étant transformée, et qui pour moi avait un accent résolument masculin. Mélodieuse, joueuse. Cette baraque n'a pas finit de me faire des surprises.
Oui, c'est pour ça que je marque un temps d'arrêt. Je ne relèverai même pas ce qu'elle a dit concernant cet hurluberlu aux bob et aux ghettas, j'avais vu en lui un pervers depuis bien longtemps.
-Hum, hum, intervint Kaien, face au mur depuis longtemps, comme s'il avait sagement deviné ce qui allait suivre. Je ne veux pas jouer les troubles-fêtes, mais est-ce que la séance d'habillage de Shihouin-sama est terminée ?
-Je t'en prie, Kaien, répond Yoruichi, s'affalant avec élégance sur une pile de coussin. Mais tu dois me promettre de ne plus m'appeler comme ça, reprend-t-elle, ponctuant cette phrase d'un clin d'œil sournois en direction de Ha et de 'Ju.
Ces derniers semblent bloqués. Je crois que j'ai buggé aussi en entendant ça. Pour preuve, ma lèvre supérieure ne cesse de se soulever en un tic aussi disgracieux qu'incontrôlable.
Shihouin ?
-Vous êtes…YORUICHI SHIHOUIN ?! S'exclama Kaju, se levant complètement pour mieux reculer de quelques pas.
-'Ju, reste calme... commence son ami, le teint encore plus blême que d'habitude -si cela est possible-, visiblement tout aussi secoué par la nouvelle.
-Je vais rester calme, répondit le cinquième siège de la treizième division, le visage soudain fermé, le ton dur. Mais je vais m'en aller d'ici sur le champ. Pardonnez-moi, Vice-Capitaine, poursuivit-il tourné vers Kaien, il semble que je ne sois pas digne de la confiance que vous avez placée en moi en m'appelant ici. Vous m'avez surestimé, je crois que je ferais mieux de rejoindre les autres pour finir la patrouille. Comptez que je ne divulguerait jamais à personne ce que j'ai vu ici, bien entendu.
-Qu'est-ce que c'est que ce charabia ? s'agace Kuukaku mordillant son porte-cigarette, réajustant le bandage autour de son crâne, tu…
Kaien lui lance un regard apaisant, auquel elle répond par un haussement d'épaule. Tiquant toujours, je regarde le Lieutenant se lever et quitter la pièce sur les talons de 'Ju, dont je ne peux m'empêcher de suivre l'ombre jusqu'à ce que la porte se referme.
Je reste pensive un moment, devenant hermétique à la discussion qui s'entame entre les protagonistes restant dans la pièce. C'est vrai qu'on vient d'enchaîner les nouvelles, non pas surprises, mais coup de poing. Si la personne présente dans cette pièce est bien Yoruichi Shihoin, alors cette histoire prend une ampleur complètement autre, une dimension sans précédent et sans rapport avec ce à quoi je m'attendais. Je n'ai pas beaucoup d'informations sur ce personnage, mais j'en ai maintes fois entendu parler, en cours surtout. Elle a toujours été présentée comme le modèle absolu, le maître à copier pour pouvoir atteindre la perfection en matière de vitesse. Elle a modestement été surnommée « Déesse du Shunpo ». Il paraît que le Capitaine Kuchiki l'a eu mauvaise. Il y a tout un folklore qui circule sur les relations conflictuelles qu'ils entretenaient. Son nom a marqué la conscience collective également du fait de sa disparition soudaine, il y a un peu plus de cinquante ans de cela, je crois…Elle était…enfin, elle est l'héritière d'une des quatre grandes familles nobles du Seireitei. Rien que ça. Une personne disparue on-ne-sait-pas-trop-comment, déclarée morte, et qui revient sous la forme d'un chat, on-ne-sait-pas-trop-pourquoi… Plus le temps passe, plus je me dis que le bob de Kisuke n'est que la partie émergée de l'iceberg.
En regard de tout cela, je ne peux pas blâmer sa réaction, ni la caractériser d'excessive. J'aurais eu la même, voire pire, il y a encore peu. A l'époque bénie où je ne trempais pas dans les affaires et les projets secrets jusqu'au cou. Me concernant, j'ai été trop loin pour ne pas continuer. Et puis j'ai passé un contrat…une fois ma part du marché remplie, j'irais exiger mon dû. Et puis, s'il faut sauver le Seireitei et le monde des esprits en passant…bah, pourquoi pas ? Après tout, s'il n'y a plus de monde, il n'y a plus d'épices pour cuisiner. Et s'il n'y a plus de gens, il n'y a plus personne avec qui partager la gastronomie.
…
Est-ce que je viens vraiment d'avoir cette pensée niaise au possible? Ô Dieu de la Déveine, frappez-moi de votre courroux céleste, s'il-vous-plaît, je croie que je perds le sens des réalités.
Sur ces entrefaites, la porte s'ouvrit de nouveau, dévoilant Kaien et 'Ju, apparemment apaisé. Arf, j'ai demandé une punition, mais je n'en demandais pas tant que ça non plus. Dieu de la Déveine, vous faites encore dans la démesure.
Je fus soudain aspergée d'un liquide transparent, bouillant et parfumé. Compris, je ne pense plus rien.
-Je te parle Yume ! râle Kuukaku, une théière vide à la main, et tu n'es pas autorisée à faire des black-out pendant mon temps de parole !
-Au thé…euh, au temps pour moi, marmonnais-je, tentant de deviner en palpant mon visage où se formeront les plus grosses cloques.
J'ai perdu le fil. Autour de moi, je constate que Hakusho, Ichijiku, Kaien, Ganjyu, Kuukaku et Yoruichi se sont installés en cercle, autour de la table basse, à l'autre bout de la pièce. Un espace à côté de Hakusho semble m'indiquer qu'une place est là pour moi. Que le regard menaçant du vrai chef de clan Shiba me confirme. Je me dépêche et me lève, nettoyant ma figure à l'aide de mon kimono et m'installe à mon tour.
-Je m'appelle Shihouin Yoruichi, commence la brune, jouant distraitement avec une pelote de laine.
-Bonjour Yoruichiiiiiii…
*SBAF*
Aïe. C'était plus fort que moi, ça ressemble tellement à une réunion des Shinig-alcooliques anonymes…
-Vous avez dû entendre parler de moi, malgré une absence de quelques décennies au Seireitei…poursuit-elle, espièglement. Je suis partie de mon plein gré pour apporter mon soutien à un ami, pour des raisons qui, si je vous les donnais, vous mettrais tous en danger de mort.
Ou comment jeter un froid sur l'assemblée. Enfin, je dis ça…il n'y a que nous trois, néophytes, qui paraissons étonnés. Aah, la belle bande conspiratrice que voilà…
-Pour faire simple, je suis ici pour aider Ocha, qui aide elle-même Kisuke Urahara à récupérer un objet qui peut faire beaucoup de dégâts s'il est placé entre de mauvaises mains…
-Ne me dites tout de même pas, qu'en plus de la noble disparue, on se retrouve complice d'une histoire impliquant Urahara Kisuke ? S'insurge froidement 'Ju, les mâchoires serrées.
Mmh ? De quoi ? Il aurait un problème avec notre type louche préféré? Je balaye tout ce p'tit monde du regard et voit Kaien et Kuukaku échanger un regard de connivence, du style « Évidemment qu'ils allaient réagir comme ça ».
-Qu'est-ce qui pose problème avec Kisuke ? Interrogeais-je, à voix haute.
Je vis Ha se facepalmer et Ganjyu me regarder, atterré.
-J'oublie, parfois, soupire mon Némésis avec un soupir à fendre l'âme, que tu as une capacité mémorielle inférieure à celle d'une conserve de haricots. Urahara Kisuke. Il est l'ancien Capitaine de la douzième division…
-Aaah…
-...le fondateur et premier président de l'institut technologique du Seireitei…
-Oooh…
-…et a également été condamné à mort pour avoir mené des expérimentations ayant conduit à la perte de centaines de Shinigami, dont trois Lieutenants et quatre Capitaines, achève glacialement 'Ju.
-Il ne les a pas tués, répliquais-je sèchement, l'image des patients d'Urahara m'ayant si souvent hanté l'esprit venant se greffer de nouveau sur ma rétine.
-Le Central 46 ne partage pas ton avis. Et moi non plus.
-Je me tape bien de l'opinion de l'un comme de l'autre.
-Que tu aies un avis ou non sur la question ne change rien à la réalité des faits. C'est un assassin.
Je me retiens à grande peine de ne pas me lever pour saisir cet abruti par le col et le rouer de coups. Non pas que j'ai une chance d'arriver jusqu'à lui sans me rendre ridicule d'une façon ou d'une autre, mais ses mots me piquent tellement au vif que j'ai du mal à rester en place. Je ne sais même pas pourquoi je défends Urahara avec tant d'ardeur. Je sais qu'il n'a rien fait de tout ça, je l'ai vu. Je suis également consciente de son intellect incroyable, et du fait qu'il pourrait n'être qu'un Magsu de plus…mais je me sens étrangement liée à lui pour une raison qui m'est inconnue. Incroyablement attachée, aussi. Mais je n'arrive pas à déterminer pourquoi, et ce n'est pas faute d'y avoir pensé…
Je concentre de nouveau mon regard sur 'Ju, qui me toise les bras croisés, avec l'air de celui qui est convaincu d'avoir raison.
-Tu l'as déjà rencontré.
-Qui ?
-Urahara Kisuke.
Le ton de Kaju était assuré et convaincu. Je réalisai que ce n'était pas une question. Je marque un temps d'arrêt et décide de lui dire la vérité, au moins partiellement.
-Effectivement, marmonnais-je en mâchonnant mes lèvres.
-Et comment a-t-il réussi à te convaincre d'embarquer dans cette histoire périlleuse pour lui ?
-Disons que nous avons passé un marché. Échange de bons procédés, un service contre un autre.
Je sentis soudainement le regard perçant de Kaien me brûler, mais je choisis de ne pas tourner la tête vers lui pour l'instant.
-Un marché ? répète Ju', clairement sceptique. Quel genre de marché une personne telle que toi peut bien passer avec quelqu'un ? Cela sous-entend tout de même qu'il faut quelque chose de valable à percevoir en échange du service…Et toi, petit plant de thé, que peux-tu bien avoir à demander en retour ?
Je suis soudainement consciente que tout le monde dans la pièce est à notre écoute. Je n'ai pas l'habitude d'avoir tant de personnes suspendues à mes lèvres, les yeux emplis de questions plus inquisitrices les unes que les autres. Seule Yoruichi garde sa contenance, le nez légèrement plissé, un sourire goguenard flottant sur la bouche. Elle, sait, bien sûr, ce que j'ai demandé à Urahara en échange de son aide. Et s'il avait un minimum de recul et de considération pour ma sensibilité, n'importe qui ici se rendrait compte qu'il connaît déjà la réponse. Même vous, vous la connaissez. Voyons-voir, qu'aurais-je pu demander à un scientifique fou mais ultra-intelligent et pour qui le Seireitei et ses tortueux desseins n'ont pas de secrets ?
-Ça, répondis-je, lentement, sentant le pouvoir des mots m'appesantir les muscles de la mâchoire, c'est une affaire entre lui et moi.
De l'incompréhension teintée (majoritairement) de mépris passe dans les yeux de Kaju, et se reflète (pour l'incompréhension) dans ceux de Ganjyu et d'Ha. Eux non plus n'ont pas devinés. Kuukaku me lance un regard perplexe, chassant distraitement des cendres de sa robe. Yoruichi reste malicieusement insondable. L'aîné des Shiba ne me regarde plus, mais son regard est assombri d'un froncement de sourcils. Mon estomac se tort en apercevant cette grimace de mécontentement, si rare sur la belle figure du Lieutenant. Je suis d'autant plus déconcertée par cette sensation inédite que par la pensée que j'en suis à l'origine. Déplaire aux autres ne me dérange pas d'habitude, c'est mon pain quotidien. Mais étrangement, là, ça me trouble.
Raaaaaah, et puis zut ! Ils n'avaient pas qu'à être aussi curieux. Qu'ils l'apprennent et désapprouvent ou pas me laisse de marbre de toute façon. J'irais réclamer mon dû, et rien ne pourra me faire reculer.
A ce moment, la seule personne encore noble de la pièce (mais probablement morte sur les registres d'Etat civil) eût un bâillement, plus qu'ostensible et dont le but était manifestement de ramener tout le monde sur Terre, en ramenant l'attention à elle. A ce qu'elle incarnait. Etrange, l'effet qu'un tout petit bâillement peut avoir sur toute une assemblée, surtout si c'est une jolie femme qui l'a émit. Cette dernière se redresse et toise en position du lotus, le regard brillant. Je crois que tout le monde dans la pièce fut à ce moment conscient que la récréation était terminée. Même Kaien semble se ranger derrière le leadership de ce regard, bien que sa position, et même sa simple personne (et tout ce qu'elle implique) pourraient justifier une réaction de rejet.
Tout le monde pourtant retient sa bile et écoute ce que la féline a à faire entendre.
-La jeunesse…commença-t-elle par soupirer. Les années de fougue et d'impétuosité me reviennent en tête quand je vous regarde vous…Taquiner. Et pourtant, elles sont déjà si loin…
-Parce que tu ne te considères plus comme impétueuse et fougueuse ? Demande innocemment Kaien, trahit par ses yeux brillant et son sourire en coin.
Le visage de Yoru se fit miroir de celui du lieutenant.
-J'ai dû prendre un repos un peu forcé qui a tempéré, si pas mon caractère, au moins mes agissements. Il y a des années que Byakuya Kuchiki n'a plus eu à se plaindre de moi…
Cette fois-ci, ce fut au tour de Kuukaku d'échanger un regard complice avec son amie, réminiscence d'une annecdote dans d'autres lieux, dans un autre temps.
-Pour autant, disais-je, je n'ai pas oublié. Je me souvient surtout de la stupidité qui l'accompagne, conséquence directe et inévitable de l'inexpérience qui caractérise ce moment de la vie. Vous, les p'tits jeunots, n'êtes encore que de frêles pousses qui n'ont pas encore conscience de l'immensité de la forêt-monde. Ni de son implacabilité. Vous vous disputez encore sur des choses futiles parce que vous ne connaissez pas encore la valeur de l'esprit d'équipe, et l'importance du respect entre membres de la même communauté. Même communauté, répéta Ru, plus fort, en voyant les bouches d'Ocha et d'Ichijiku s'ouvrir tuant leurs protestations dans l'œuf. Au cas où vous ne l'auriez pas encore remarqués, vous êtes tous vêtus de noir. Vous portez la tenue des Shinigamis. Vous faites partie d'un corps, vous êtes membres de l'armée. Je me carre profondément des causes plus ou moins obscures de l'inimitié qu'il y a entre vous, mais une chose est sûre : vous allez devoir les mettre côté. Les querelles d'ego n'existent pas entre vous dès lors que vous portez cet habit uni. Et je tiens particulièrement à signaler que la haine viscérale qui semble être le moteur de votre relation n'est pas une raison au manque de respect mutuel. Quand on a un objectif commun, dont l'enjeu est aussi important, vous dépasse, on n'a pas le choix : on devient grandit. Et ensemble. Se faisant, alors seulement on grandit, et on peut prétendre à se grandir. Je ne condamne pas vos disputes puériles d'enfants: elles vous regardent. Néanmoins, en ma présence et tant que nous n'aurons pas remplis notre objectifs, elles ne doivent plus exister. Suis-je claire ?
L'éloquence de Yoruichi, pour surprenant qu'elle fut, fit place à un silence bourdonnant et à une atmosphère plus que lourde. Consciemment ou pas, explicitement ou implicitement, chacun était conscient d'en avoir pris pour son grade. Même les Shiba. Et il était autant plus difficile de contester que pour la première fois qu'elle avait fait sa rencontre, Ocha ressentait le poids du charisme et de la puissance d'une telle personnalité. Membre de la Haute Noblesse, ex-Capitaine et Commandante des forces spéciales, déesse du Shunpo. Non, en cet instant, écrasante d'impérialité, Yoruichi Shihoin n'était pas sans rappeler Byakuya Kuchiki. Et pourtant, le contraste entre les deux styles n'en paraissant pas moins saisissant...
Passée la surprise des premiers instants pourtant, Ocha se reprit vite, et si elle était impressionnée, son expression neutre n'en laissait rien paraître.
-Pour ma part, ce sont les discours au présent de vérité générale et à vocation universelle, qui plus encore que des conflits d'enfants, me paraissent puérils prononcés par vous, Shihoin-sama. Chaque plant a son propre code génétique et porte avec lui son histoire particulière, fruit de son cheminement vers la cime. En regard de cela, je vous pose ma question suivante : en vertu de quoi devrais-je me forcer à me faire assimiler par une masse qui a toujours rejeté la greffe ?
Malgré elle, Yume laisse filtrer une certains acidité en prononçant cette dernière phrase. Son surprise, Yoruichi ne paraît nullement impressionnée. Pas plus qu'offensée, d'ailleurs, ce qui est autrement inquiétant.
-Un ultime effort avant la … libération, cela ne t'apparaît-il pas comme un échange équitable ? Un vrai échange de bons procédés ? Quand on a des projets, soit c'est qu'on a les moyens de ses prétentions, soit on se les donne. Une victoire ne s'obtient pas facilement, petite Yume, et ce sera ta première véritable leçon. Travail et volonté. On ne gagne pas en un simple claquement de doigts. La victoire s'arrache avec les dents, dans le sang, la sueur, la mort et les larmes. Si tu n'acceptes pas de te dépasser pour les autres, fais-le au moins pour te sortir de ton misérabilisme. Tu ne pourras pas jouer les incomprises tout le temps.
-Yoruichi, intervient soudainement Kaien, une lueur de reproche dans les yeux. On essaye pédagogiquement de former un semblant d'esprit d'équipe. Pas de procès a personae.
La Shihoin haussa les épaules, l'air suprêmement indifférent.
-Je dis ça pour son bien.
Cette affirmation eut pu être démentie par le visage de Yume, toujours empreint de calme, mais trahit par sa pâleur fantomatique.
La main d'Hakusho –glacée, remarquais-je distraitement- vint se refermer autour de mon poignet pour le presser gentiment. Encore une fois, je fus surprise de la facilité avec laquelle un simple contact (que j'ai encore du mal à considérer comme « amical ») peut me remettre d'aplomb. Je sors de ma torpeur et glisse un regard interrogateur à l'intention de Ha.
-La conversation est finie depuis dix minutes maintenant. Tout le monde a quitté la pièce, et c'est du wasabi que tu essayes d'étaler sur tes gâteaux.
Je jetais un coup d'œil sur le sablé entre mes mains. Effectivement…
Je m'essuie les mains sur les plis de mon hakama (bouuuh, la sale ! vous entends-je hurler) , tellement recouvert de saleté que je ne vois pas la différence. Au niveau hygiène, moi, depuis quelques temps c'est pas trop ça…
-On aura le temps d'aller se laver et de prendre quelques soins complémentaires, me rassure Ha, comme s'il avait entendu mes pensées. Enfin, disons plutôt qu'il les a lues sur mon visage.
Me voyant toujours sans réaction, il poursuit :
-Tu as eu une…absence, on dirait. Pour faire simple, le débat a ensuite porté sur la marche à suivre. Il a été décidé que nous partirions trois heures après le coucher du soleil, afin de laisser la nuit s'installer, et pour qu'on puisse établir un minimum d'organisation pour l'opération « Canari ».
-Hanakari.
-C'est la même chose.
Je ne pus empêcher un coin de ma bouche de tressaillir, constatant à quel point la névrose de Hakusho vis-à-vis des animaux m'était devenue familière. Voyant cette ouverture, il s'y enfouffre sans hésitation.
-Ne prend pas trop à cœur ce que Yoruichi-san a dit. La réalité est beaucoup plus nuancée et trop mouvante pour prendre la forme d'un discours vrai et définitif. Sois en consciente. Toutefois…
Ha prit une pause et son regard noir d'encre vint accrocher le mien.
-Réfléchis- y tout de même.
Une brise, un shunpo, et voilà l'oiseau envolé.
SEIREITEI
Ugendô
Ukitake Juushiro avait fini son service quelques minutes auparavant. Il était plutôt satisfait du travail de ses hommes aujourd'hui. Il n'y avait plus de paperasse à remplir quand il avait quitté ses locaux, ce notamment grâce à la célérité de ses deux nouvelles recrues (dont la vitalité et le dévouement étaient parfois inquiétant, il devait l'avouer). Au moins, leur zèle lui permettait d'éviter de passer de longues soirées aussi épuisantes qu'ennuyeuses à remplir des formulaires en retard. Au contraire du Capitaine Kuchiki, souvent retenu à cause des étourdissement aussi attendrissant que délateurs de son troisième siège, qui lui servait de lieutenant de substitution en attendant d'être nommé Vice-capitaine.
Ce qui, connaissant Byakuya, devrait prendre encore trois décennies au moins.
Il n'était pas homme à accorder facilement et rapidement sa confiance. Intérieurement, Juushiro était conscient de la vraie raison pour laquelle il était si réticent à nommer un Lieutenant : le nouveau venu occuperait la place de feu son père, et il était évident que le jeune chef de clan n'y assignerait pas n'importe qui. Après sa mort tragique, Ginrei ne lui avait pas donné de remplaçant, ne trouvant personne digne d'être l'égal de son fils. Après avoir cédé sa place de Capitaine à son petit-fils, cette idée avait perduré. La sixième division était en vacance de deuxième homme, et il semblait que cela dû durer toujours. Il le trouvait méritant, pourtant, ce petit Abarai Renji. Un peu exubérant, certes, mais pas mauvais dans son genre. Son passage à la onzième division témoigne de son habilité de combattant. Il se débrouillait bien, sauf pour la paperasse. Ukitake pensa qu'il toucherait deux mots à Byakuya en faveur de l'avancement de ce brave garçon.
Il soupira. D'aucun, à la Soul Society, le trouvaient souvent trop gentil. La plupart du temps, il répondait à ces affirmations par un rire gêné, qui était interprété comme de la timidité. Juushiro seul, avec Shunsui –évidemment-, savait à quel point pourtant cela le mettait mal à l'aise. Il aurait aimé complaire à cette description. Toutefois, c'était l'armée, la dure réalité du terrain faisait qu'il n'était pas, qu'il ne pouvait pas, être gentil. Le bien commun était un objectif pour lequel il fallait consentir à certains…sacrifices.
A certaines manipulations.
Prit d'une soudaine pulsion, il se leva et sorti, submergé par la nécessité de respirer un peu d'air frais. Rester confiné lui faisait redouter l'imminence d'une nouvelle attaque de sa maladie, toujours à se manifester aux moments les moins opportuns.
Les rayons du soleil couchant vinrent lui caresser le visage, et apaisèrent ses craintes de leur chaude caresse. Il traversa le pont de bois longeant sa maison et s'installa au bout, face au soleil couchant, au bord de l'eau. Un clapotis irrégulier lui indiqua la présence de carpes dans la mare. Riant, il sortit de la poche intérieure de son shihakusho quelques biscuits enveloppés dans du papier, qu'il émietta au dessus de l'étang. Nourrir les carpes lui apportait un ineffable moment de détente. Plaisir simple, sans calcul, en contraste avec la complexité de son quotidien de Capitaine. Il regrettait souvent, à cette place, d'être si vieux et de ne pouvoir jeter ses tabis au loin et plonger ses jambes jusqu'aux genoux dans l'eau fraîche et claire.
Quoique, il pourrait au contraire jouer de sa vieillesse et se faire passer pour gâteux…
Le visage ridé et réprobateur de Yama-jii lui vint à l'esprit, et il soupira. Pas besoin de rajouter de telles pitreries à ses déjà trop nombreux travers…
Il s'était rendu coupable de graves dissimulations, récemment. Le Capitaine Kurotsuchi, Magsu Aozora et…comment était-ce, son nom, à cette étrange Shinigami ? Ah, oui, ça lui revenait.
Ocha Yume.
La pièce principal d'un grand engrenage, dont elle n'était même pas consciente, et auquel elle ne comprenait certainement rien. Il était également responsable face à elle, peut être plus que quiconque d'autre ne l'avait jamais été. Au vu des récents évènements, il ne se doutait pas devoir affronter sa colère un jour. Il se surpris à envier soudainement son kohaï, et sa tranquille intransigeance face à tout manquement aux règles, qui l'avait tenu éloigné des chemins tortueux qu'Ukitake avait emprunté tout au long de sa vie. Il enviait encore plus Abarai Renji, troisième siège et certainement futur Lieutenant, enfermé dans son monde de travailleur acharné, obsédé par l'idée de prouver sa valeur à son Capitaine, cherchant à tout prix la reconnaissance du noble. Il l'enviait d'avoir un Capitaine si fiable, au contraire de lui envers son propre subordonné.
Juushiro passa une main lasse dans ses longs cheveux, blanchit prématurément.
-Mon pauvre Kaien…dans quoi t'ai-je encore embarqué ?
Et il regarda avec angoisse le soleil disparaître à l'horizon, et l'air glacial de la nuit vint lui mordre le cœur, éteignant sa joie comme un brusque coup de vent éteint une chandelle.
RUKONGAI
Manoir Shiba
Je suis bien contente que soit enfin couché ce foutu soleil. La mégère Shiba nous a interdit de sortir de jour, de peur qu'on soit vu (genre, comme si sa maison annoncée par des mains en pierre faisant des signes obscènes aux passants incitaient à la curiosité ingénue). J'ai dons passé le reste de la journée cloîtrée dans cette baraque.
Bon, j'avoue, le terme « baraque » est inapproprié, j'ai eu le temps d'explorer un peu plus la maison et on ne peut vraiment pas parler de taudis. La salle de bain doit faire à elle seule la taille d'un gymnase, avec baignoire olympique, fontaines, jets d'eau massant, et tout le toutim. J'y ai passé un très long et relaxant moment, moins soucieuse de relever mon niveau d'hygiène que d'éviter les autres. Encore que cela serait plutôt du luxe, étant donné que Ha m'a esquivé toute la journée, que Kaien a le regard fuyant et semble plus que jamais indisposé par ma présence, et que Yoruichi me gratifie de longs regards inquisiteurs et mécontents. Je ne parle pas de cet ahuri de Kaju que je n'ai plus aperçu de la journée après notre petite altercation. Quant à Ganjyu et Kuukaku, ils sont restés normaux, c'est-à-dire, anormalement dingues.
Je gravis avec peine le millier de marches –au moins- qui mènent à la surface. J'émerge enfin, pantelante, chancelante, et haletante, après avoir rampé sur les cents dernière marches. Je sens la nuit à venir agréable moi, avec toutes ces crampes que je vois se profiler à l'horizon…
Parlant d'horizon, le ciel est particulièrement dégagé ce soir. Je regarde à gauche, puis à droite. R.A.S. Je me faufile dans les hautes herbes avec la discrétion d'un pachyderme boiteux vers un point un peu plus en hauteur que le reste de la vallée. Je m'y affale ruisselante de sueur, un râle régulier s'échappant de ma gorge. Kami-sama, je ne suis définitivement pas sportive.
Je m'installe confortablement sur ma colline et contemple le paysage éclairé par la faible lueur de la lune qui monte dans le ciel. Au loin, j'aperçois des lumières, qui correspondent certainement au village dans lequel nous devons aller chercher le petit Jinta. Aux dires de Kuukaku, le village placé sous surveillance, n'a pas donné de signes de détresse particuliers.
Pour l'instant, étant donné que nous allons bientôt lui rendre une petite visite. Au moins Magsu et ses sbires ne sont pas encore passés à l'action, et c'est l'essentiel.
Je soupire bruyamment et sors un paquet de gâteaux de ma poche intérieure. C'est malin, à force de se torcher dans les escaliers, les voilà en miettes. Inspiration crumble…mmh, mais non, dommage, pas le temps.
Je secoue le paquet au-dessus de ma bouche, de façon à ce que les morceaux de biscuits me tombent littéralement dans le bec. Mon regard s'attarde ce faisant sur le ciel, maintenant parfaitement éclairé par le combo pleine lune-étoiles. De nouveau, je pousse un soupire à fendre l'âme. Je ne réfléchis plus, et tout en expirant, je laisse ma tête hirsute venir toucher le sol.
Jambes et bras écartés, je continue de scruter le plafond de ce monde, en proie à une complexe mélancolie. Je ne me souvient plus complètement des paroles de Ru, comme si j'avais peur de les prendre en compte, et de laisser cette vague de reproches meurtrir mon cœur. Je refoule, à mon habitude, et par conséquent c'est mon cerveau qui fait des nœuds. Il y a eu plus d'action ces deux dernières semaines qu'il n'y en a jamais eu en cent ans de ma vie. De ce fait, je ressens le besoin de remettre pas mal de choses en question. La mort d'Okikiba a été l'élément déclencheur, et la plaie est encore vive. Mon impuissance m'insupporte encore plus. Impuissance ou inaction ? Selon Yoruichi, ce serait l'option deux…C'est quand même pas ma faute si je n'ai pas les capacités pour être Shinigami…non ?
Si ?
Aurais-je appuyé sur ces faiblesses jusqu'à tomber dans le pathos ? Serais-je aussi vulgaire et hypocrite que ces pimbêches de l'Académie, qui aiment à se dévaloriser juste pour le plaisir de s'entendre plaindre ?
-On dirait une étoile de mer dont le sommet d'une branche serait couvert de moisi.
Tiens, je n'ai pas entendu Hakusho arriver. Je ne répond pas, il semble que je n'en ai pas besoin. Un battement de cils, et il comprend que je ne vois pas d'inconvénient à ce qu'il reste. Il s'installe en Indien à mes côtés, et fixe un point invisible dans la nuit.
-Baisse de moral ?
-Ta bouche.
-Baisse de moral, conclut-il, professionnel. Raconte à Père Castor tes problèmes.
-C'est pas Père Castor qui doit raconter des histoires, normalement ?
-Il n'en a plus, depuis qu'une jeune femme amputée du bras droit a dévalisé sa tanière.
-Kuukaku aurait fait ça ?
-Je n'ai pas donné de nom.
-Stigmatiser les estropiés, tout de suite…
-Penser à cette femme à la douceur désarmante, pour un crime aussi atroce…
-Je n'irai pas jusqu'à la qualifier de désarmante. Percutante me semble plus approprié.
-C'est vrai qu'elle sait se faire entendre à grands coups d'arguments.
-Je dirais même plus, au moyen d'opérations coups de poings.
-Je dirais que c'est ce qu'il y a de plus frappant chez elle.
-Ses arguments ?
-Non, les poings.
Hakusho éclate de rire, fier de sa connerie apparemment. Je me laisse aller à sourire, et me décrispe peu à peu. Je me redresse dans la même position qu'Ha, côte-à-côte Il se rapproche imperceptiblement, et nos épaules s'entrechoquent. Mais ce contact, encore une fois, me fait du bien. Pour une raison que j'ignore d'ailleurs.
-Hakusho ? Commençais-je, hésitante.
-Ouais ? répond-t-il désinvolte, baillant sans vergogne.
Que d'élégance.
-Comment tu me trouves ?
-Hein !?
-Rien, soupirais-je, laisse tomber. C'était stupide, un moment d'égarement. Rentrons.
-Tu veux que je fasse ta description ? m'ignore-t-il.
-NooooOoooon…c'est juste que…tu crois franchement que je suis quelqu'un de …pathétique ?
Il semble considérer la question, tête légèrement penchée, main sur le menton.
-Eh bien…tu as souvent été pathétique, mais tu n'as jamais agi de façon à l'être. Je dois quand même dire que ta combativité relativement restreinte a quelque chose de légèrement pathétique en elle-même.
-C'est tellement plus clair, vu comme ça…rappelle-moi de te redemander conseil à l'avenir.
Il rit, de son rire de petit garçon mutin.
-Pour faire simple, ta situation un peu spéciale, a souvent fait de toi l'objet de nombreuses moqueries. Quand c'est toi contre le monde, le fait que tu sois seule et désarmée te rend naturellement pathétique.
-Je le savais. J'ai le chromosome péri-pathéticien en moi.
-Cependant, le fait que l'on ne t'entende jamais…comment dire…manifester une émotion plus haute que l'autre, que tu ne te plaignes jamais ni ne manifeste de signe extérieur de faiblesse, fait que tu n'es pas toujours pathétique. Ou pas à dessein.
-Oooohhhh…
-Cela dit, et je suis désolé d'avoir encore fui avant d'avoir fini de te le dire tout à l'heure…tu n'as pas franchement fait grand-chose pour te sortir de ce bordel…
-Tu crois que j'ai manqué de volonté ?
-Je crois surtout que jusqu'à présent, tu n'as pas eu d'occasion pour montrer que tu en avais. Alors ne te décourage pas, d'accord ? Tu apprend la vie en même temps que nous, et sur certains aspects du moins, et c'est pas forcément évident quand on a toujours été tout seul. Pour autant, ce n'est pas parce que tu as toujours vécu ainsi que cela doit le rester. Tu es très forte mentalement, pour avancer dans la vie toute seule je dirais que tu serais rapide.
Il marque une pause, comme pour me laisser digérer sa tirade.
-Yoruichi a raison, reprend-t-il. Seul, on va vite. Mais à plusieurs, on va loin. Il y a peut être quelque chose que tu peux encore apprendre des gens en général, ne désespère pas d'eux et n'ait pas peur de te remettre en question. Le décès de Genhairo te pèsera longtemps. Mais maintenant, il faut que tu te débrides un peu.
-Avec cet émouvant plaidoyer philanthropique, tu voudrais me faire croire que tu n'essayes pas de service ton intérêt ?
-Je suis ton ami. Mon intérêt réside dans le tien.
-Tch, il a réponse à tout, l'animal…
Je tente de faire la synthèse de la tirade de Ha. Personne n'avait jamais autant parlé dans cette fic', en dix chapitres. Personne ne m'avait jamais parlé aussi longtemps, à bien regarder. Il a raison. Ils ont raison. Les choses ne peuvent pas demeurer éternellement comme elles étaient. Je me remémore l'ardeur avec laquelle j'avais déclaré à un chat que l'abandon n'était pas ma tasse de thé...
…
Une petite minute…Un…chat…des oreilles de chats…de la fourrure… Et des…PATTES DE CHAT !
Seigneur. Vous vous demandez le pourquoi du comment de cet enchaînement apparemment sans aucune logique ?
Apprenez que Yume Ocha vient d'avoir le sursaut de génie le plus important de toute sa vie.
Pourquoi n'ai-je pas fait le lien plus tôt?
Ça va barder dans le Rukongai.
Prise d'une énergie aussi nouvelle que soudaine, Ocha se releva, et épousseta son kimono avec énergie. Elle claqua le paquet de gâteaux vides dans une poche, et déclara :
-Allez, Hakusho Ha. Plus de temps à perdre, on a une Shinigami fond-de-teintée à arrêter, et un gamin à sortir du Rukongai. Plus le temps de s'apitoyer.
-Euh...Yume? T'es sûre que ça va, parce que t'as une lueur vachement inquiétante dans les yeux. Je voulais te motiver un peu, mais...
La voix d'Ha mourut dans sa gorge. Ocha lui tendait la main en un geste impérieux, pour l'aider à se relever. Il accepte son aide dans un état second, et, encore sous le choc, suivit la chevelure verte et ébouriffée qui fonçait vers le Manoir Shiba.
-Temps mort.
-De quoi ?
Ichijiku Kaju, suite à une après midi d'entraînement, un bain et un repas léger, avait entamé une micro-sieste réparatrice d'une demi-heure, en prévision du combat à venir. Il n'avait pas prévu d'être subitement réveillé au bout d'un tout petit quart d'heure par une…
-Espèce de tête de laitue en furie ! Fulminait-il, c'est pour quoi, ce réveil brutal ?
-Paix.
-Avec ton cerveau petit pois, c'est pas facile, je sais, mais fait un effort pour construire des phrases !
-On arrête tout, Ichijiku Kaju. On enterre la hache de guerre. Drapeau blanc.
Kaju me regarde, comme d'habitude. C'est-à-dire, comme si j'étais folle.
-T'es tombée sur la tête ? Toi, fiche-moi la paix.
Il se lève, méprisant et hautain, et se dirige avec dédain vers la porte. D'un signe du menton, j'indique à Hakusho de ne pas intervenir. C'est mon combat. Cette tête de mule l'aura bien cherché.
Je choppe, plus que je n'attrape, le col de Kaju et agit rapidement, profitant de l'incontestable effet de surprise.
-Qu'est-ce qu…
-YAHAAAAA! !
D'un vigoureux mouvement de hanche, je me juche sur son dos, puis sur ses épaules, et lui talonne les côtes avec opiniâtreté.
-Cré-thé-ine ! Descends immédiatement !
-Oh que non, répliquais-je férocement, lui pinçant la peau du cou et du visage sans cesse de lui chatouiller les côtes, pas tant que tu n'auras pas accepté de pacifier nos rapport le temps d'une nuit.
-C'est quoi ce charabia à connotation douteuse ? Vire de mes épaules, t'es lourde !
-Tu ne veux rien comprendre, soupirais-je. Aux grands maux, les grands remèdes.
J'attrape fermement chacune de ses joues et les tire le plus fort possible, avant de relâcher brutalement la pression.
-Cha fait mal ! Lâââche moiiii !
Il se met à tourner dans tous les sens et à ruer comme un taureau fou, mais je tiens bon. Pour combien de temps, je ne sais pas, mais je tiens, je tiens…
-Tu m'laisses pas le choix, halète-t-il après quelques minutes, le teint rouge, inondé de sueur.
Je le vois porter la main en direction de sa hanche, là où dort pour l'instant son épée. Il est à bout, c'est le bon moment pour jouer ma carte maîtresse.
-Ichijiku Kaju, grondé-je d'une voix que je peine moi-même à reconnaître et qui le force malgré lui à interrompre son mouvement, j'ai enfin compris pourquoi tu nourrissais cette haine particulière à mon égard.
Bingo. Il a eu la réaction que j'escomptai. Il bloque tous ses mouvements et ses yeux s'exorbitent dans leur effort pour rencontrer les miens. Ses muscles, sous mon corps, deviennent raides, caractéristique de la tension que j'espérais provoquer.
Distraite par ce calme soudain, je ne vois pas le coup venir : un puissant mouvement du bassin me désarçonne, et je m'écrase lamentablement, le nez contre le parquet. Je me redresse faiblement, mais il semble que j'ai produit mon petit effet. 'Ju se rassoit, parfaitement calme, parfaitement neutre; un miroir.
-Puis-je savoir, de quoi nous sommes en train de parler ?
Je sursaute presque. C'est la première fois de ma vie qu'il me parle poliment. La balle est dans mon camp, je le sens, autant jouer pendant que je possède encore l'avantage.
-Honnêtement, je n'avais jamais fais le rapprochement. Et je n'aurais pas pu le faire si Ha ne m'en avait pas parlé. Ça remonte à l'Académie, souvenir particulièrement lointain et trop peu plaisant pour que je m'attache à y repenser…
-Je ne comprends strictement rien. En quoi cela est-il sensé me convaincre de faire une trêve ?
Parce que le sermon de Yoruichi ne l'a même pas atteint? Jusqu'où va l'arrogance de ce type? Pluton? L'infini et au-delà?
-Des oreilles de tigre, des menottes en fourrure, et un pagne-plutôt déshabillant que l'inverse. C'est suffisamment convainquant pour toi ?
-J'accepte, balbutie précipitamment 'Ju, le teint blême. C'est bon. Tu as gagné. On fait ce foutu sauvetage d'enfant, on venge Genhairo, et sans que je ne me montre hostile envers toi.
-Et en équipe.
-Et en…équipe, articule-t-il finalement, au prix d'un effort surhumain.
-J'aurais autant de plaisir à bosser avec toi qu'à avaler une cuve d'acide. Et ma fierté est tout aussi écorchée d'avoir eu à te le demander que toi à l'accepter.
Fière de mon petit effet, je quitte la pièce (en me prenant les pieds dans le tapis au passage). Alors que j'avais presque fermé la porte, un pied vint arrêter le mécanisme coulissant. Les yeux verts-marrons de Kaju me regardent avec une intensité inédite, dépourvus de leur ressentiment habituel.
-Une fois que ça sera fait…on sera quittes ? murmure-t-il, presque suppliant.
Je le sens tout à coup vulnérable, presque…Fragile.
En tout cas, mon silence surpris semble l'angoisser, il est suspendu à mes lèvres. Son regard semble tenter de me faire comprendre quelque chose. Je remarque qu'il se tient près, beaucoup trop près.
-Et après, on sera quittes, le libère-je.
Yume finit par tourner le dos à la pièce. Kaju ne l'avait pas lâché des yeux.
SEIREITEI
Locaux de la cinquième division
-Et ce mystérieux combattant masqué t'as échappé, dis-tu ?
-Oui, Cap'taine Aizen. Il semblerait que je n'ai pas été assez…attentif.
-Gin. Quand cesseras-tu de n'en faire qu'à ta tête ? Tu as voulu t'amuser un peu avec lui, n'est-ce pas ?
Le large sourire d'Ichimaru s'agrandit un peu plus.
-Je suis désolé, Capitaine. Peut être souhaitez vous que je parte à sa recherche, pour finir le travail proprement ?
-Non, inutile. S'il n'a pas vu ton visage- comme tu me l'assure-, en ce cas il serait plus périlleux que salutaire de se lancer à la poursuite de cet assassin masqué. Du reste, s'il a rejoint la coalition d'Urahara, il s'agira peut être d'un ancien Shinigami.
-Un déserteur ?
-Absolument.
-Et s'il s'agissait d'un mort, de retour parmi les vivants... qu'en pensez-vous ?
Aizen gratifia son subordonné d'un regard acéré, les yeux imperceptiblement plissés, l'air presque mécontent par ce que sous-entendait le serpent. Celui-ci ne parut pas du tout impressionné par le regard de bronze.
-Certaines expériences à but transcendantal ont pour objectif même de tuer, tout au moins en partie, l'essence de ce qui fait l'être, de lui offrir de nouvelles caractéristiques afin de le régénérer. Un ressuscitation n'est pas à exclure…
-La hollowification est un phénomène plus complexe que tu ne le présentes. Et aucun de celles que j'ai contribué à expérimenter n'a pu laisser son sujet, aussi coriace fut-il, vivant.
-Aaah, cela est vrai, consentit malicieusement Gin. Cette piqûre de rappel était nécessaire, Capitaine. Après toutes ces années sans en voir une, j'en avait presque oublié le fléau implacable que c'était. Et il a montré son efficacité, en effet. Et sur des personnalités vraiment coriaces, comme vous dites…feu votre Capitaine méritait certainement ce qualificatif.
Cette fois-ci, Gin ne pouvait s'y tromper : Aizen, si habile à cacher ses pensées et émotions, avait le visage ouvert, pour la première fois depuis des années. On pouvait le lire clairement, et Gin aimait ce qu'il y lisait. Il contemplait sa main crispée sur la tasse de thé qui menaçait de céder à tout moment. Posant un regard ferme et orageux sur son complice, et articula doucereusement:
-Les morts ne reviennent pas à la vie, Gin.
Cette affirmation avait valeur de promesse, autant que de menace.
Il reprit vite de sa superbe, cependant, se morigénant intérieurement de s'être laissé aller. Travailler avec Ichimaru, même pour lui, n'était pas aisé. Il sentait le serpent s'enrouler autour de son bras, qu'il maîtrisait à son gré. Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'appréhender la morsure à venir de ce serpent. Une peur nécessaire à l'évolution, se rasséré , il préférait la peur lucide d'Ichimaru à la colère qui avait faillit le dominer et lui brouiller l'esprit, quand son comparse avait osé insinuer qu'Hirako Shinji aurait pu revenir d'entre les une raison qui lui échappait encore, cette pensée, plus que toute autre, lui était infecte.
Et lui glaçait le sang.
Gin fut rapidement congédié après cet échange, qui avait été exactement ce qu'il avait voulu. Et il avait de surcroît obtenu ce qu'il demandait : être rapidement rappelé à ses occupations personnelles. Très rapidement.
Il était rentré de mission et avait, sans attendre, été voir Aizen. Laisser passer un délai entre son retour de mission et son rapport aurait sans doute paru suspect au Capitaine, et Gin aurait alors dû user de mille artifices qu'il n'était pas certain de pouvoir maîtriser à la perfection dans son état actuel.
Arrivé à ses appartements, seul endroit où il se sentait en sécurité, il se dirigea vers la salle de bains. Il avait eu une surprise, pour ne pas dire un choc, lorsque la silhouette de Yoruichi Shihoin était apparue devant lui. Un choc tel qu'il en avait perdu le sourire, et entrouvert un œil. Effet de surprise glaçant, aussi froid que la courte lame qui avait mordu sa chair au niveau du flanc un dixième de secondes plus tard.
Il s'était aussitôt repris, et le combat s'était engagé. Engagé, puis enragé. Il l'avait regardé virevolter, maniant tour à tour kido et kendo, se rappelant petit à petit ce qu'il avait su sur ses techniques de combat. N'eût été l'incroyable vivacité de son esprit et la caractéristique vitesse de sa lame, il n'aurait pas su réchapper à ce combat en aussi bon état, il le savait. Mais il avait également cru remarquer qu'elle était parfois hésitante, et même carrément rouillée lors de certains contacts. Il en aurait tiré l'avantage, si sa blessure ne l'avais pas si gravement handicapé de prime abord.
D'ailleurs, au bout d'un moment, n'y tenant plus, il mit fin lui-même au combat. Il avait prit ses distances, et, perché sur la cime d'un pin, rétracté puis remit Shinzo au fourreau. Elle l'avait gratifié d'un regard curieusement calme et conciliant, comme si elle était consciente que le moment de leur affrontement n'était pas venu. Il avait pu observer à loisir, tandis qu'elle remettait sa propre lame en place, à quel point ce cours échange semblait l'avoir épuisé, bien qu'il ne doutât pas qu'elle avait encore des réserves.
Elle s'était ensuite littéralement envolée, non sans un dernier sourire en coin, narquois, tintant de défi. Parlera, parlera pas ?
Bien sûr qu'il ne dirait rien à personne. Surtout pas à Aizen. Il est un grand nombre de secrets importants qu'il lui avait caché, et celui-ci s'ajouterait simplement à la pile.
Il se débarrassa de son haori de Capitaine, qu'il accrocha soigneusement à un cintre. Il fit ensuite verser une eau bouillante dans l'immense espace circulaire qui faisait office de baignoire. Il enleva ensuite, avec mille précaution, son haut de kimono. Ce n'était pas aisé, car malgré les soins rapide qu'il avait su s'administrer pour limiter l'hémorragie, l'uniforme était poisseux de sang, et le tissu rugueux était par endroits collé à sa plaie. La blessure qui lui barrait le flanc gauche saignait encore. Plus beaucoup, mais suffisamment pour faire souffrir même un combattant de son acabit.
Soupirant, il enleva tout à fait son shihakusho et entreprit de nettoyer la plaie, avant de la soigner totalement à l'aide d'un onguent. Il observa, avec satisfaction, l'évolution visible à l'œil nu. Il n'aurait pas de cicatrice, un embarras de moins. Et ses muscles ne le feraient plus souffrir une fois détendus par un long bain chaud. Tout scrupule envolé, il largua bientôt les derniers de ses habits aux quatre coins de la pièce, et ce coula dans l'eau brûlante.
Il scruta un instant son corps à travers l'eau claire, frappé de sa maigreur et de la presque fragilité qu'il lui renvoyait dans sa nudité. Écartant une mèche humide de ses yeux, tout à fait ouverts, il eut un sourire étrange.
Qui aurait cru que Yoruichi pousserait le vice de la diversion au point de se battre complètement nue ?
MONDE HUMAIN
Urahara Shop
Urahara Kisuke bailla, à s'en décrocher la mâchoire. Il passa sa main sur sa joue mal rasée, et entreprit de frictionner sa peau là où elle le démangeait. Il observa son reflet dans le miroir de sa chambre. Il avait troqué son bob contre un bonnet de nuit à pompons que lui avait offert le chat qu'il hébergeait. Ce détail excentrique donnait un peu d'entrain à son visage fatigué. Le teint terne, les yeux cernés. Il avait beaucoup travaillé dernièrement, ne s'accordant que trois ou quatre heures de sommeil par nuit.
Il testait de nouveaux remèdes, toujours. Mais ce soir, il était dépité. Un projet sur lequel il avait porté beaucoup d'espoirs s'était avéré être une fausse piste.
Une de trop.
De dépit, il avait annoncé à Tessai qu'il se retirait pour la soirée. Voilà comment il en était arrivé à contempler son reflet d'un air pathétique. Il se glissa rapidement dans son futon, chassant les pensées fâcheuses comme elles venaient. Alors qu'il était dans un état de demi-sommeil, des coups frappés à sa porte le sortirent de sa torpeur.
-Urahara-san, entendit-on.
Tessai.
-Il y a du mouvement, je pense que vous devriez voir ça. Venez. Vite.
RUKONGAI
Manoir Shiba
-Les domestiques viennent de me dire que Kisuke t'a laissé un message. Tu ne veux pas aller voir de quoi il s'agit ?
-En rentrant. Plus le temps de faire des allez retour, il faut partir maintenant.
-Comme tu voudras…
Yoru sauta avec grâce de l'épaule de son amie. Elle avait repris sa forme féline pour le voyage qui, au grand déplaisir de Yume, ne se ferait pas en shunpo.
Tu n'as donc aucune honte à être l'assistée du groupe ?
Du tout, j'en serais même plutôt fière. Grâce à moi au moins le groupe est hétérogène au niveau des défauts. Ma paresse, la vanité de Kaju, la lâcheté de Ha, la nonchalance de Yoruichi, et le sourire de Kaien. Parce qu'un sourire aussi beau ne peut être qu'une source d'ennuis, assurément.
Je règle les sangles de mon sac à dos sans fond, quand on m'agrippe soudainement par les poignées de celui-ci. Kuukaku, forcément.
-Prend ça, gamine, me claque-t-elle en balançant quelque chose dans les mains.
Je contemple l'objet quelques secondes, perplexe, avant de le ranger.
-Ça te sera utile, au vu de la façon dont tu t'en es servi tout à l'heure, je n'en doute pas. Arranges-toi pour toujours avoir ça sur toi.
Je la dévisage, et elle me met un coup de poing sur le sommet du crâne, pour faire bonne mesure.
-Allez, cassez-vous ! Et tâchez de revenir en un seul morceau !
-Au-revois, Ocha-nee-chaaaan me salue Ganjyu, l'air un peu peiné.
Pauvre garçon. Il m'a prit en affection quand je lui ai cuisiné mes spécialités. Et puis, se faire injustement tabasser par la même bonne femme, à la longue, ça créé des liens.
Je hoche la tête, sans plus sourciller, mais ça semble lui convenir.
Quelque chose cloche. Je regarde avec incompréhension l'équipe partir, dans un sens qui n'est pas celui auquel je pensais.
-Euuuh...On va où là?
-Au Rukongai, répond calmement Ha.
-C'est par là, le Rukongai, fais-je en indiquant les lumières de la ville au loin. J'entends d'ici le son prometteur des rôtis en train de cuire.
-Et nous, on va dans l'autre sens.
De quoi? Mais...le petit village...les lumières charmantes, que je regardais de la colline...C'est pas là qu'on va?
...
Mais alors, on va où?
Je rejoint le groupe, et après un bref silence, nous entamons tous notre marche, nous enfonçant à chaque pas un peu plus dans la nuit.
Et dans les ennuis, ne pouvais-je m'empêcher de grimacer intérieurement.
-Voilà, c'est ici, chuchote le Vice-Capitaine.
J'observe le décor autour de moi. Nous avons marché quasiment deux heures. Au loin, la longue cheminée Shibaesque n'est plus qu'un petit point en relief de l'horizon. Nous sommes apparemment à la lisière des terres appartenant au clan, terres très étendues et qui bordent nombre de district du Rukongai, aux emplacements divers et variés. Ce doit être l'avantage de posséder une maison tout en galeries souterraines on s'implante où l'on veut et le plus souvent sans gêner personne, puisqu'ils ne savent pas que l'on gratte sous leurs pieds.
La rupture entre les deux frontières de la carte est assez nette. Là où nous sommes, l'herbe est tendre et le sol encore molletonneux sous nos pieds. Des arbustes, un bois, des fleurs.
Ce paysage sympathique est tranché en deux à quelques mètres de l'endroit où nous sommes. Au sol, en effet, une longue ligne s'étend à gauche comme à droite, bordant sans doute tout le long de ce district. De haut, on pourrait certainement croire à une longue cicatrice, barrant la carte sur des kilomètres, comme si un animal vivant en son sein avait voulu délimiter son territoire. Le trait est si profond, si net, qu'il paraît avoir été taillé à la règle.
Ou à l'épée, ne pus-je m'empêcher de penser. A voir les têtes sérieuses des autres, je crois savoir que la pensée a également traversé leur esprit. Pourtant, si troublant qu'il fut, ce marquage au sol n'est pas l'élément le plus intriguant qui marque l'entrée dans le district qui nous fait face.
Ce qui est le plus inquiétant, c'est le silence, anormal. Et l'absence totale de source de lumière. Les ténèbres devant nous semblent si profondes que même la lumière céleste n'a pas la force suffisante pour y pénétrer.
Si même la lumière céleste n'arrive pas à les vaincre pensez bien si nous avons une chance d'y arriver…
-Vous êtes…certains que c'est là ? Demande Hakusho, d'une voix blanche.
-Affirmatif, répondit calmement Ru, avançant la première sur ces nouvelles terres désolées.
Elle progresse jusqu'à franchir la ligne, et se retourne vers nous après quelques pas. Seuls ses yeux luisent sans l'obscurité.
-Je suppose que c'est un passage obligé, murmure 'Ju, la main empoignant fermement la poignée de son épée. Pour le Seireitei…et pour Genhairo.
Il traverse à son tour la ligne, pour se mettre certainement à la hauteur de Ru.
-Peur du noir ? Je demande en dévisageant la face livide de mon ami.
-Cette obscurité n'est pas normale, tu le vois bien. Ça ne te dis rien ?
-Beeeuuuh…non…Pourquoi, je devrais y voir une référence cinématographique ?
-Alors, vous traversez ou pas ? retentit la voix de 'Ju. S'il-vous-plaît, rajoute-t-il, percevant certainement même dans le noir le regard désabusé que je lui lance.
J'obtempère sans poser de question, Ha à ma suite.
-C'est moi où la nuit ne semble plus la même ? Interrogé-je brusquement, passée la limite.
L'ambiance n'a clairement plus rien à voir avec celle que nous quittons. La nuit chaude, rassurante et animée derrière moi, laisse place à un abîme froid, inquiétant, et silencieux.
Devant, les ténèbres sont totales. Pas de rire de vieillards, de sons de jeux d'enfants. Pas de chuchotement d'amoureux ou de clapotis de fontaines. Pas même le pas feutré des animaux errants ou des égorgeurs de coin de rue. Même pas un lointain écho de tout cela.
Je fronce les sourcils. C'est tellement anormal.
Une présence réconfortante se fait sentir dans mon dos.
-Vice-Capitaine, articulé-je lentement au dernier arrivé, où sommes nous exactement ?
-Dans une zone du Rukongai située au Nord par rapport au Seireitei, répond-il, pédagogue. Il s'agit du domaine quadrillé 80 sur 80.
-Quatre-vingt ? Répétais-je d'une voix que je ne reconnu pas.
Celle de Yoruichi, sépulcrale dans un tel silence et au milieu de toute cette noirceur, résonna en un morbide et amusé :
-Bienvenue … dans le Zaraki.
Voilà! Beaucoup de bla-bla, mais c'est nécessaire pour l'évolution de l'intrigue!
D'ailleurs on va aborder les noeuds du scénario au chapitre 11 normalement, avec le retour de Magsu, la divulgation de certains secrets, des actions héroïques, des twists, et de l'action à fond de blinde!
Portez-vous bien d'ici là, si vous avez aimé, alors je suis heureuse!
Pensez à laisser votre avis 3!
A plucheee!
*Largue les amarres de son drakar, vêtue seulemen de bas résilles et d'un justaucorps à fourrure*
