AHHH! Je l'ai fait, j'ai terminé le chapitre. C'est incroyable comment quelques simples correction se transforment si facilement en changements drastiques pour la suite de l'histoire. Merci encore pour la review, ça fait énormément plaisir!

Bonne lecture!


And I sat alone in bed till the morning (Et je me suis assise seule sur le lit jusqu'au matin)*
And crying "they're coming for me" (En sanglotant "ils viennent pour moi")
And I tried to hold these secrets inside me (Et j'ai essayé de garder ces secrets en moi)
My mind's like a deadly disease (Ma conscience est telle une maladie mortelle)

Halsey - Control


Chapitre 10 - Élancée


Le nouvel an passe et la neige tombe sur le village.

L'examen pour entrer à l'Académie a lieu dans trois mois et la rentrée à l'Académie dans quatre. Ça nous donne énormément de temps pour visiter et vivre dans le village, je me demande si c'est fait exprès, ce ne doit pas être si difficile que ça de nous intégrer dans les classes déjà en cours mais ils préfèrent attendre et c'est vrai que ça m'arrange.

Je me demande aussi si Toshio trouvera quelqu'un pour lui enseigner l'écriture, je sais que j'ai commencé à le délaisser un peu depuis notre lourde conversation. Je mange toujours mes repas avec lui mais c'est dans un silence gênant, j'attends qu'il se fasse des amis pour le laisser tranquille. Personnellement, me socialiser est la dernière de mes priorités, l'avenir va me demander d'avoir bien plus de connaissances académiques que j'en possède présentement. Daikoku y participe mais il est de plus en plus occupé avec sa fin d'année qui approche, j'évite de lui imposer ma présence avec ses révisions.

Mon apprentissage de la langue des signes a cessé probablement pour cette raison, Daikoku a estimé que j'en savais assez pour me débrouiller, je n'ai pas insisté pour reprendre un entraînement physique de mon côté.

Après deux jours, j'ai découvert qu'il n'y a pas grand chose à reprendre au final, je ne peux pas améliorer le peu de techniques que je possède, excepté en endurance et précision, pas ce dont j'ai besoin pour l'examen d'entrée à l'Académie. Cependant il y a une chose dans laquelle je n'ai pas d'expérience et c'est les armes blanches.

Il est vrai que je ne serais pas examinée pour ça à mon entrée à l'Académie, mais il faut que j'arrive à me hisser en dernière année au plus tôt pour pouvoir passer l'examen Genin et obtenir le statut ninja. Et ce n'est qu'avec des compétences exceptionnelles que l'on me laissera sauter des classes. Il faut que j'impressionne dès le début et mon manque de compétence en shurikenjutsu pourrait être détrimental à ça.

Je n'ai pas les moyens de me payer les armes pour le moment, non seulement on ne laissera pas m'en acheter mais de toute façon personne n'acceptera d'embaucher une enfant de 5 ans et le peu que l'on peut gagner aux petits boulots de l'orphelinat ne sera jamais assez.

Je décide donc dans un premier temps de partir à la recherche d'armes perdues dans les différents terrains d'entraînement du village. Il m'a fallu un bon moment pour trouver ceux auxquels j'avais accès et qui étaient visitables tard le soir. En effet, les civils n'y ont pas accès mais avec le peu de compétences que je possède, je suis capable de m'introduire aux moins protégés du lot, notamment le terrain numéro 3, 6, 13 et 25. Ils semblent être réservés à des équipes génin et sont donc vides la nuit. Le loot obtenu est composé surtout d'armes relativement neuves ou cassés, rien ou presque de rouillé ou de pourri, j'en déduis qu'il arrive que ces terrains soient nettoyés -des missions de rang D probablement-. Dans tous les cas je me fais une petite collection que je dissimule dans mon sac à bandoulière que je garde sur moi en permanence.

C'est un travail relativement dangereux d'éviter les pièges oubliés mais je me retrouve à m'en amuser, ça développe mon sens de l'observation et un parchemin explosif est une motivation comme une autre de travailler dur et ne pas commettre d'erreurs.

C'est vrai que perdre une main vaut la peine d'apprendre une leçon.

Dans un second temps je me balade autour de l'Académie pour essayer d'espionner quelques cours de tirs à l'arme blanche. J'espionne d'abord une classe d'enfants de 5/7 ans et je finis assez vite par me rendre compte que ces cours ne sont pas tout à fait pris au sérieux. Pour des enfants utilisant des armes blanches, ils sont très détendus et voient clairement les choses comme un jeu, je comprends mieux l'utilisation d'armes en bois dans un premier temps.

Au final, l'instructeur semble passer son temps à remettre l'ordre et je n'apprends pas grand chose pendant cet après-midi là. Je tente néanmoins de commencer à prendre en main les différentes armes ramassés. Le métal est sombre et lourd, ça se voit que c'est de la fabrication de masse, certaines armes sont cependant de meilleure qualité que d'autres, un métal plus lourd, des poignées plus droites. Je n'aurais jamais cru qu'il y avait différentes "gammes" de kunai et d'armes ninja. Je fais quelques pauvres tentatives pour apprendre à les lancer sans trop de succès. Je me sens maladroite et embarrassée à utiliser un outil auquel je ne suis pas habituée.

Après deux heures je remarque que j'ai des ampoules aux mains, sans compter mon dos qui est douloureux à force de me pencher pour récupérer le peu d'armes que j'ai trouvé. Je décide sagement de m'arrêter là pour aujourd'hui. Du coup, les bandages sur les mains que j'ai toujours cru inutiles semblent être une excellente idée.

Je parviens à amadouer une des nonnes, Sœur Akao, de me soigner les mains et me fournir un peu de tissu pour un bandage. Elle est très gentille mais est de toute évidence maladroite face à une enfant si sérieuse et anormale. Je n'ai pas envie de jouer la comédie d'une petite fille blessée cette fois. C'était un rôle nécessaire à Ame mais à Konoha je veux me faire passer pour une surdouée.

Les cours d'enfants plus âgés, notamment ceux des 9/12 ans sont bien plus éducatifs, les instructeurs passent plus de temps à corriger les positions des élèves, j'observe attentivement pour retenir ce qu'il se passe. Je ne peux pas trop entendre ce qu'il se dit mais un modèle me suffit pour l'instant.

La semaine passe assez paisiblement et je continue mes entraînements le soir. Je m'améliore pas mal dans mon lancer, mais mon poignet commence à me faire souffrir à trop forcer. Cela dit je suis enfin capable de lancer les kunai de sorte qu'il touchent le rondin de bois cinq fois sur dix. Pas suffisant pour le niveau que je souhaite atteindre mais suffisant pour le moment (le temps que mon poignet dégonfle un peu).

Pour me reposer, je me contente de me remettre en forme en courant un peu autour de l'orphelinat et dans le village, essayant de découvrir les différents quartiers et reprenant les leçons de contrôle de chakra dont je me souviens de Uta-sensei.

Le village est divisé en section et est bien plus compartimenté que je l'aurais cru, l'orphelinat se trouve au nord de Konoha et le chemin normal pour y accéder passe par les portes principales -à l'est- ce qui serait juste un détour ridiculement long pour accéder à l'intérieur du village, par conséquent, je passe par les murailles en marchant dessus. En passant par ce chemin, j'arrive au Quartier des Senju, heureusement, j'ai vite réalisé que Tsunade est l'une des seules résidente de cet énorme bout de Konoha et elle est probablement trop occupée à l'hôpital pour venir m'engueuler d'empiéter sur sa pelouse. J'ai une fois croisé une petite fille brune que je n'ai pas reconnu, assise sous un arbre à lire je me suis brièvement demandée qui c'était et ce qu'elle faisait chez Tsunade avant de décidé que ça ne regardait pas.

Au début, j'ai visité une partie des infrastructures comme le cimetière -je n'ai pas accès à la morgue d'à coté et des ninjas gardent l'entrée-, l'hôpital -je suis pas restée longtemps, on m'a assez vite mise dehors- et l'Académie (pour espionner les entraînements) mais ce n'était pas si intéressant que ça. J'évite avec ardeur les quartiers de la plupart des clans ninja, je ne tiens pas à attirer d'attention. Je passe plus te temps à me balader dans les rues pour retenir la topographie de l'endroit pour travailler un peu mon endurance.

Cependant plus le temps passe, plus je réalise à quel point j'ai vraiment besoin d'un professeur pour aller plus vite. Je fais mes katas et mes exercices mais je suis incapable de dire si je fais les choses correctement. Il me faut trouver un moyen de convaincre -ou cajoler, je suis pas difficile- un ninja à me servir de professeur. L'objectif final est de parvenir à impressionner les examinateurs assez pour pouvoir avancer de quatre années de l'Académie afin de finir mes études au plus vite, il faut que mon taijutsu soit impeccable et il est bien loin de l'être.

Je décide donc d'espionner les entraînements genin sur les terrains utilisés au nord du village. Je ne suis cependant pas très bonne en camouflage, je suis plutôt sûre que ça ne tromperait pas un jounin sensei, ceux-ci sont heureusement pas toujours présents aux entrainement de leurs élèves et si je passe assez vite ils ne se questionnent pas sur ma présence, ou en tout cas ne viennent pas me chercher.

Je ne reconnais pas vraiment de ninjas parmi ceux qui s'entrainement, certes certaines familles de ninjas sortent du lot, telles que les Aburame avec leurs lunettes et leurs vestes, ou encore les Hyuuga avec leurs longs cheveux pour la plupart et des yeux pâles et sans pupille.

Il m'arrive de me faire disputer par des ninjas qui me voient passer par là mais je prétends souvent être perdue, étant muette ils sont juste inconfortables à l'idée de me punir et me laissent généralement partir avec un avertissement. Avec les kunais cachés dans mon sac à bandoulière ils n'ont pas tellement de raisons de me surveiller de près et c'est rare que deux fois le même ninja vienne m'interpeller, et il n'y a pas de raison de m'inquiéter de quoi que ce soit.

C'est exactement le genre de pensée qui invoque la loi de Murphy et te met dans la merde.

~ 0 ~

Je suis encore en train ramasser quelques shuriken dans le terrain d'entraînement 6 cette nuit là, le soleil vient de se coucher et j'espère pouvoir retourner me coucher assez vite mais c'est là que je trouve un kunai spécial et je peux le reconnaître entre mille. Trois lames spécifiques et un sceau illisible sur la poignée. J'hésite à le prendre mais il faut admettre qu'il a l'air plutôt cool, qui sait je pourrais essayer de décrypter le sceau dans un lointain futur. Je range ma trouvaille dans mon sac et continue à chercher sous la neige, je dois faire le tour parce que je ne trouve plus grand chose et dans ma fatigue, je parviens à oublier l'existence du kunai jusqu'au lendemain soir.

Lorsque je m'installe au terrain d'entraînement 3, au coucher du soleil le jour suivant, je fais quelques lancers de shuriken (pas mes préférés), puis des kunai trouvés la veille. Je m'en sors vachement bien pour une fois avec un succès de 80%, 8 lancers sur 10 réussis, arriver à un 9 sur 10 serait exceptionnel. Machinalement ma main tombe sur le kunai à trois branches et je n'y pense pas plus que ça lorsque je le lance contre le rondin où les autres kunai sont déjà plantés.

Dans un bref flash jaune, un homme apparaît. Même dans l'obscurité sa tignasse est reconnaissable et je me laisse tomber sur les fesses de surprise.

"Ah! Bonjour! C'est toi qui l'avait? J'ai vraiment cru que je l'avais perdu."

Je fixe l'homme devant moi, bandeau, cheveux blonds, yeux bleus, yep c'est totalement lui, Minato Namikaze.

Exactement le genre d'attention que tu voulais éviter.

Il ramasse son arme et l'empoche immédiatement et je le fixe comme une idiote. Mes mains au sol, pas capable de parler ni lui faire signe.

Okay, tu dois admettre qu'il est pas moche du tout, ce mec irradie de charisme comme personne.

Il a l'air embarrassé devant mon silence.

"Je vois que tu t'entraînes, tu es un peu jeune pour utiliser ces armes, non? Qui te les a donnés?"

Son ton est un peu suspicieux et je bug encore pendant une seconde de plus.

Réponds lui bon sang.

Je me redresse pour répondre avec mes mains.

"Trouvés, terre, entraînement"

Il a l'air surpris mais me sourit d'un air rassuré, c'est vraiment un beau sourire.

Je te rappelle soit dit en passant qu'il appartient à une certaine rousse Uzumaki qui serait clairement pas impressionnée qu'une gamine de cinq ans aie des vues sur son futur époux.

Je secoue la tête pour me remettre de mon rougissement, les ninjas forts et leurs charisme, urgh. Namikaze Minato -le putain de Namikaze Minato- finit par s'approcher et m'aide à me relever.

"Je suis Minato Namikaze, comment tu t'appelles?"

"M-A-C-H-I." Extrêmement intimidée, je n'ose pas trop le regarder, il hoche la tête.

"Ravi de te rencontrer... Fais attention aux armes que tu trouves Machi-chan, tu n'es pas à l'abri d'un kunai armé d'un parchemin explosif."

Oh je suis au courant, j'ai eu l'occasion d'expérimenter quelques plaisantes explosions surprise. Je hausse les épaules, j'ai survécu jusqu'à maintenant, je ne me sens pas en danger. Si des Genin fraîchement sortis de l'académie peuvent survivre à ces pièges, j'ai intérêt à pouvoir aussi.

Minato regarde mon rondin criblé de kunai.

"Tu t'en sors pas trop mal, tu es à l'Académie?"

Je secoue la tête, je pourrais essayer de mentir mais face à un ninja de son calibre, je n'en ai pas envie, pas avec ce que je sais de lui, je le respecte, même si ma réponse n'a pas trop l'air de lui plaire.

"Je vois, tu n'es pas supposée entrer dans les terrains d'entraînement, j'imagine qu'aucun adulte est au courant."

Je hausse à nouveau les épaules, les ninjas qui m'avaient vu ne m'y ont pas repris donc techniquement non. Le blond soupire alors que je garde mon regard baissé, je ne sais pas trop à quoi m'attendre de sa part.

"Bon, je vais devoir te demander de ne pas recommencer jusqu'à ce que tu sois à l'Académie mais je parie que je suis pas le premier à t'avoir trouvé vu ta réaction. C'est dangereux tu sais? Ta famille risque de s'inquiéter pour toi."

Je fronce mes sourcils et hausse mes épaules en lui donnant ma réponse, toujours aussi sincère.

"Négatif, parents, absent, maison, enfant, perdu"

Je connais pas le signe pour orphelinat, je ne sais même pas s'il y en a un. Mais je ne me blesse pas tant que ça, les bandages que j'ai aux mains me permettent de ne plus trop me couper, pour les exceptions explosives je m'en sors avec des égratignures et elles guérissent relativement vite.

Minato semble pensif pendant un moment, puis semble prendre sa décision.

"Je ne vais pas encourager ton comportement Machi-chan et je vais être obligé de prévenir le responsable de l'orphelinat."

Je lève ma tête d'un air surpris, c'est le premier à vouloir prévenir l'orphelinat, ce n'est pas une bonne nouvelle, je tente de protester.

"Négatif, besoin, entraînement, s'il te plaît "

Le blond hésite un peu mais ne cède pas et me raccompagne à l'orphelinat, ce kunai était carrément une mauvaise idée.

Comme quoi l'honnêteté n'a pas trop d'intérêt lorsque tu veux être ninja, oublie pas.

Je cesse de lui répondre pour le reste du trajet, ce n'est pas quelqu'un que je peux contredire, du coup je vais juste l'ignorer.

En gros tu vas bouder.

Il pose sa main sur mon épaule et m'emmène hors du terrain d'entraînement en direction des portes du village.

"Je suis navré mais c'est pour ton bien."

Je suis même pas énervée, juste un peu déçue. Je pense que au fond de moi j'espérais avoir "l'honneur" d'être reconnue par cet homme. Vous savez le classique "il sera siiii impressionné par mes compétences qu'il se sentira obligé de me prendre comme disciple". Dans la réalité ça ne marche pas comme ça, les gens ne font pas les choses ainsi, ils les font pour leurs intérêt personnel, les gestes altruistes sont rares et compter là-dessus est ridicule. On ne sera pas "gentil" avec moi parce que je suis une petite fille sympa.

Même Jiraiya n'a pris Naruto comme disciple après qu'il ait eu la preuve qu'il valait quelque chose, au début il était juste le fils de son talentueux disciple. L'entraînement procuré avait été une excuse pour l'emmener hors du village sans protestation pour le sauver de l'Akatsuki. Le vieillard s'est peut-être attaché ensuite au blond mais avant ça, il a fallu que Naruto prouve sa valeur.

En comparaison, je ne pense pas avoir prouvé la mienne pour le moment, Jiraiya ne me garde que pour mes prédictions. Qu'en sera-t-il lorsque le futur aura trop changé? Lorsque je n'aurais plus rien à révéler. Il faut que je garde des informations pour moi, je ne peux faire confiance à personne...

Je secoue la tête, cet incident n'est rien, ça va juste me forcer à être plus créative quand je sors de l'orphelinat. Je pense pas qu'on puisse m'empêcher de sortir tôt le matin, les murs entourant le bâtiment et la cour sont ridiculement faciles à escalader avec un peu de chakra et pareil pour me faufiler au village. Ce n'est pas comme ça qu'on m'empêchera de m'entraîner. Je lève la tête lorsqu'on arrive à la porte du bâtiment. Je suis surprise de la personne qui est devant, qu'est-ce qu'elle fait là? Elle nous a entendus arriver?

Le visage souriant de Nonô m'éblouit de sa fausseté incroyable, plus je passe de temps avec elle plus ce fait est devenu évident. Minato explique ce qu'il s'est passé et la Mère Supérieure prend une expression faussement surprise.

"Vraiment? Oh je suis désolée pour la petite Machi, malheureusement on ne peut pas tous les surveiller, vous comprenez Jounin-san, nous avons trop peu d'effectifs et peu de moyens, merci quand même pour l'avoir raccompagnée." Minato semble un peu confus par l'attitude de la femme.

Je ne sais pas déceler les mensonges mais je sais qu'elle ment. Les nonnes font très bien le travail et des revenus décents font tourner l'orphelinat sans problème, on manque ni de place (les nouveaux bâtiment ont fini d'être construits) ni de nourriture. Je ne m'y suis pas penchée puisque j'ai l'intention de quitter l'orphelinat mais je me demande si cela à quelque chose à voir avec Danzo et la Racine.

"Ah… je vois… Qu'est-ce qui va se passer pour Machi-chan?" Mère pose sa main sur mon épaule pour me tirer à l'intérieur avec délicatesse, je ne regarde pas Minato et suit la nonne avec obéissance.

"Il n'y a pas de problème, je m'occupe d'elle et de sa punition, bonne soirée Jounin-san."

Minato hoche la tête et la tourne vers moi, il doit s'attendre à un au revoir. On peut m'appeler têtue, je suis toujours vexée et je lui tourne le dos pour retirer mes sandales.

Ouep, tu bou-

Oui, je boude complètement et je l'assume.

La porte se referme derrière moi et mes pieds nus touchent le plancher de l'orphelinat. Nonô me parle d'une voix sereine.

"C'est donc là que tu disparaît chaque jour Machi-chan. Tu n'as pas le droit d'aller sur les terrains d'entraînement, je pensais te l'avoir dit."

Face à Nonô, j'hésite beaucoup moins à mentir, je suis sûre qu'elle était au courant depuis bien longtemps. Alors que Masumi et Akao m'ont parfois posé la question de mes activités pendant la journée. Mère ne le fait jamais alors que c'est celle qui passe le plus de temps avec moi en général. Je suis sûre que c'est celle qui rassure les autres que je ne fais rien de mal, les questions ont cessé après la première semaine. Je lui souris, c'est presque un jeu entre nous, elle ment puis je mens, une autre partie de mensonges et de prétentions.

"Pas, savoir, oublié "

"Je vois, pour ta punition, tu aideras en cuisine pendant une semaine. Rendez-vous à 10h à la salle. Masumi-san a un peu de mal depuis que Tsuki-kun est parti pour travailler à un restaurant. C'était le plus âgé ici depuis la création de l'orphelinat, il fallait qu'il continue sa vie"

Mère éteint les lumières du vestibule et nous marchons dans les couloirs sombres jusqu'à mon dortoir. Il m'arrive d'oublier que cet orphelinat a été construit relativement récemment, à la fin de la guerre. Nous ne sommes arrivés que quelques mois après son ouverture. J'ouvre la porte de mon dortoir et salue la Mère supérieure de manière respectueuse. A ma surprise elle se penche vers moi, posant sa main sur mon épaule pour me murmurer à l'oreille.

"Ne te fais plus attraper par Namikaze-san s'il te plait. Il risque de s'intéresser à des choses qui ne le regardent pas."

Je n'ai pas le temps de répondre qu'elle me ferme la porte du dortoir au nez, maintenant c'est moi qui suis curieuse. Je prends mon temps pour me changer silencieusement dans mon pyjama et m'allonge dans mon lit.

Qu'est-ce que cet orphelinat peut bien cacher? Est-ce que ça vaut le coup que je m'y intéresse ou est-ce trop dangereux? Je m'endors, pleine de questions.

~ 0 ~

Après avoir terminé ma punition, ce midi-là, je reprends mon entrainement mais en dehors du village. Lorsque je suis retournée dans le terrain d'entraînement 3 pour essayer de récupérer les armes utilisés ce matin-là, elles n'y étaient plus. Namikaze s'en est probablement gentiment débarrassé. Par sécurité, je décide de ne plus utiliser ces terrains pour m'entraîner, me contentant d'une petite clairière en dehors du village pas trop loin de l'orphelinat. Le point positif est que je peux le faire en plein jour ici, le point négatif est que j'ai perdu mon loot de la nuit précédente et je ne pourrais pas refaire le stock pour l'instant. Il faut que je laisse la situation se tasser pour ne pas me faire voir par Namikaze à nouveau. Peu importe, j'avais déjà bien avancé de toute façon, je peux réviser mon taijutsu.

Après seulement une heure de travail, je m'arrête, essoufflée pour boire un coup de la gourde -je l'ai trouvée à un terrain d'entraînement-, je ne peux pas progresser au taijutsu toute seule. Le manque d'adversaire est une chose mais je suis incapable de dire si mes gestes sont corrects, c'est frustrant, même ce tortionnaire de Uta-sensei me manque.

Je m'assois dans l'herbe, et profite de ma pause.

La seule personne à qui je peux demander au final est Mère Nonô, il me semble qu'elle avait mentionné un passé ninja et qu'elle a un intérêt pour ma personne pour possiblement accepter. L'ennui est que ce n'est pas quelqu'un en qui je peux avoir confiance. Yakushi… le peu dont je me souvienne de l'histoire de Kabuto est qu'il avait tué sa mère -que j'assume être Nonô- a cause des machinations de Danzo. Je ne sais pas quel est son rôle dans l'histoire, ni pourquoi il aurait eu à tuer sa mère, j'aurais aimé porter plus d'attention à cette partie du récit. Mais avec Jiraiya parti, les gens à qui je peux demander de l'aide est limitée.

Je me lève pour reprendre l'entraînement et sors de mon sac les vieux shuriken utilisables -Minato a les kunai.

Seulement six sur dix, pas aussi bien que je le voudrais, je marche vers le tronc d'arbre pour récupérer les tirs manqués quand une idée me vient à l'esprit. Si j'attache un fil sur les armes, je pourrais récupérer celles qui n'ont pas touché la cible, ça m'évitera de me casser le dos la moitié du temps, l'ennui est que le fil métallique ninja ne peut être obtenu que par des ninjas, j'en ai bien trouvé dans mes recherches de kunai mais c'était trop abîmé ou trop court pour une quelconque utilisation. Je me demande si du fil de pêche ferait l'affaire. Mes armes rangés dans ma sacoche, je m'allonge à l'ombre de l'arbre pour réfléchir.

J'entends soudain un bruit mais je reconnais son aura, c'est Toshio.

"Machi! Je te cherchais!" Je tourne ma tête vers lui mais reste étalée sur le sol.

Autre inconvénient, les enfants des l'orphelinat ont aussi moins de difficultés à me trouver, il faudra que je m'éloigne un peu plus la prochaine fois.

Il s'assoit contre le tronc d'arbre à coté de moi, je me décide à me relever pour pouvoir avoir une sorte de conversation. En effet je ne prends pas mon ardoise pour mes entraînements m'empêchant de communiquer avec la plupart des gens, y compris mon frère.

"Je voulais te demander si tu pouvais m'apprendre à écrire, on m'a dit qu'on en avait besoin pour se faire prendre à l'Académie."

Cette demande me surprend moins qu'elle ne le devrait et je me mets à hésiter. D'un coté je ne veux pas qu'il entre à l'Académie mais de l'autre… Son visage semble embarrassé, il ne me regarde pas et fixe le sol, je n'ai probablement pas été sa première option... j'ai déjà un plan bien ficelé pour l'empêcher de devenir genin avant moi, puis d'un point de vue général ça ne peut pas lui desservir. Je hoche donc la tête, et son visage s'illumine avant qu'il ne me prenne dans ses bras.

C'est bien de le ramener près de toi pour mieux le trahir.

Je suis sûre que je trouverai un moyen d'enseigner malgré mon mutisme, après tout on apprend à écrire après d'innombrables heures de répétition, ça ne va pas lui plaire, je lui fais un grand sourire et le sien se dégonfle.

"Haha, j'aime pas quand tu fais ce sourire Nee-chan, on dirait que tu vas faire quelque chose de mal."

Vexée par sa remarque je lui donne un coup amical sur son épaule, il rit en réponse. Je me sens pas si mal, l'avenir sera probablement plus cruel mais je profite de mes moments avec lui.

~ 0 ~

Trois semaines passent et Toshio est enfin capable de lire et écrire. C'était un travail laborieux, j'ai fait une pause dans mon entrainement physique pour travailler avec mon frère et rattraper un peu de lecture académique avec Daikoku-kun. Il a accepté de me prêter quelques uns de ses vieux livres à condition que je les rende. Tout ça pour m'occuper pendant que mon frère recopie des textes incessamment. Toshio a parfois menacé d'abandonner sous la difficulté mais les Hiragana ne sont pas si difficiles, c'est la base de la base, tout ce dont il aura besoin pour être ninja et je lui ai dit exactement ça avec l'ardoise. Il a un peu râlé mais a continué de travailler ses pattes de mouche et recopier les livres d'enfant que je lui ai obtenu à la bibliothèque. A y réfléchir, je tiens probablement mon attitude implacable de Uta-sensei, il ne me laissait jamais abandonner une tâche commencée, il fallait que j'apprenne jusqu'au bout.

Lorsque je décide que Toshio est assez bon pour pouvoir entrer à l'Académie (et même plus), je décide d'arrêter mes études pour le temps donné. Il ne me reste plus que deux mois avant l'examen et sans meilleur entraînement physique, je n'irai nulle part.

Je trouve donc Nonô dans son bureau, dans le bâtiment principal où se font les repas et où se trouve la bibliothèque. Je frappe à ma porte et elle m'autorise à entrer.

"Machi-kun, ravie de te voir, laisse-moi juste finir ce document et je suis toute à toi."

Elle a retiré sa coiffe et elle porte juste la robe habituelle, il fait assez chaud dans la pièce après tout. Je m'assois devant son bureau d'un air un peu nonchalant, ce n'est pas la première fois que j'entre ici. Je n'ai pas tant de gens que ça à qui faire la conversation dans cet orphelinat, et la Mère Supérieure connaît très bien le langage des signes. Je observe le bureau et remarque un cadre photo qui n'était pas présent avant, je le prends pour voir ce qui est dessus. C'est une photo de Nonô avec plein d'autres enfants et quelques autres adultes dont Masumi et Akao, d'après l'inscription c'est l'inauguration de l'ouverture de l'orphelinat. Je regarde attentivement pour voir si je reconnais des enfants. Daikoku est dans un coin à côté d'une fille rousse qui a l'air d'avoir mon âge. Je la fixe intensément avant d'arriver à une réalisation. Après quelques secondes de recherche je réalise que je ne l'ai jamais vue à l'orphelinat, elle, un autre garçon aux cheveux bruns avec des yeux rouges, et un garçon aux cheveux noirs qui lui cachent le visage. Ils ne me disent rien, et pourtant ils ont un visage reconnaissable. Je ne me suis pas tellement liée à mes pairs mais je les connais au moins de faciès, peut-être ont-ils été adoptés?

"Qu'y a-t-il?" Je retourne mon attention à Mère et repose le cadre là où je l'ai pris.

"Bonjour, demande, entraînement, professeur, ninja, toi."

"Mmh… Tu me demandes si je connais un professeur ou tu souhaites m'avoir comme professeur?" Son sourire est joueur, elle se paye de ma tête, je lève les yeux au ciel.

"Toi, évidemment" Mère fait mine de réfléchir mais je me souviens de notre première conversation, elle avait envie d'en savoir plus sur mes capacités, je pense avoir mes chances.

La jeune femme se lève et prend une boite posée sur la bibliothèque à sa droite, elle la pose sur le bureau et j'étire un peu mon cou pour tenter d'entrevoir ce qu'il y a dedans.

"C'est mon ancien équipement ninja, je faisais partie de l'ANBU, des forces spéciales." Elle ajoute au cas où je ne saurais pas ce que c'est.

"Il est vrai que j'ai plus ou moins abandonné cette perspective pour l'orphelinat mais… en réalité, ça ne m'embêterait pas d'entraîner une élève."

Je lui lance un sourire ravi mais avant que je puisse la remercier, elle lève un doigt.

"Cependant, il y a des conditions."

Je fronce un peu mes sourcils mais accepte de les entendre.

"D'abord je veux te tester. Si tu n'as pas le talent ou la motivation de travailler dur, je ne t'entraînerais pas, compris?" Je hoche la tête avec détermination, cette condition est correcte.

"Ensuite, je vais te demander de venir aider à la salle de soin. Oui je sais, normalement seuls les élèves plus âgés y sont autorisés mais je ferais une exception pour toi."

J'hésite un peu plus, ça me prendra du temps de l'entraînement. Je n'ai jamais spécialement voulu être médecin mais… apprendre les techniques de soin serait intéressant, ça a l'air d'être un domaine utile, puis soigner avec le chakra me permettrait certainement d'atteindre un meilleur contrôle de mon chakra. Je hoche la tête.

"La dernière est que ton frère n'est pas concerné par la proposition, je t'interdis de lui en parler ou de l'inviter aux entraînements ou même de lui enseigner ce que je t'apprends. S'il veut un professeur il doit venir le chercher par lui-même, pas compter toujours sur sa petite sœur."

J'écarquille un peu les yeux à cette troisième condition, mon frère voudrait très certainement que je lui enseigne ce que j'apprends. D'un autre côté Nonô a pas tord, il faut que Toshio apprenne un peu à se débrouiller tout seul. Et j'ai vraiment besoin d'un professeur.

"J'accepte, merci" Elle hoche la tête, son sourire faux sur les lèvres.

"Parfait, nous allons commencer maintenant, attends moi au bord de la rivière dans la forêt Nara, après le pont Geta, je t'y retrouverais, tu as dix minutes pour y être."

Je hoche la tête et la salue avant de courir hors du bureau, dix minutes n'est vraiment pas beaucoup mais ma nouvelle endurance me permettra, normalement d'y être à temps. Cependant, lorsque je passe les portes de l'orphelinat, j'ai l'impression d'avoir été entraînée dans plus que je voulais. Mère a réussi à … me manipuler pour que j'accepte ses conditions et il ne m'est même pas venu à l'esprit de refuser. Je me repasse la conversation dans ma tête.

La technique du pied dans la porte consiste à progressivement introduire une demande simple suivie de demandes plus lourdes et celles-ci seront plus facilement acceptés. Tu t'es bien faite avoir.

Non, elle n'a… je préfère lui donne le bénéfice du doute pour le moment, sa proposition m'intéresse toujours et j'ai besoin d'elle pour réussir. J'arrive au bord de la rivière, essoufflée, je suis à peine surprise de la voir déjà présente.

Ou tu abandonnes la perspective d'être ninja, mais de toute évidence rien ne te fera changer d'avis.

Nonô porte une tenue de combat que je n'ai vu que dans d'anciens souvenirs de l'anime, elle sourit d'un air paisible.

"Six minutes et trente trois secondes, ce n'est pas trop mal. Commençons.

~ 0 ~

Sa tenue d'ANBU complète lui va étonnamment bien, même s'il lui manque le masque. J'aurais presque préféré qu'il soit là, la dissonance avec la personne amicale dont j'ai l'habitude serait plus simple à gérer.

Ici, elle me regarde d'un air toujours aussi calme, son expression est souriante et sa voix est douce comme tout. Le visage contre le sol, j'ai bien peur de ne pas trop pouvoir apprécier tout ça, elle a passé les vingt dernières minutes à m'écraser contre le sol sans pitié et ce malgré toutes mes techniques et tentatives de me défendre. J'ai mal et je veux juste qu'elle en finisse.

"Ton taijutsu est pitoyable, tes compétences faiblardes et incomplètes..."

Je grimace, ça sonne comme un refus mais je tente quand même de me relever, à ma surprise, Nonô vient m'aider.

"Il va falloir reprendre tout ça à la base." Un sourire réveille un peu la douleur de ma joue mais je suis soulagée, j'ai enfin un professeur!

"Merci"

Elle m'applique les premiers soins, mon œil au beurre noir dégonfle, mon coude est remis en place, mon épaule remboîtée et en moins de cinq minutes elle me demande si je suis prête à recommencer. Je déglutis mais la douleur est derrière moi, déjà oubliée pour avancer.

"Positif" Son faux sourire illumine son visage et je me remets debout.

Je savais que tu étais une putain de masochiste.


*Et je me suis assise seule sur le lit jusqu'au matin
En sanglotant "ils viennent pour moi"
Et j'ai essayé de garder ces secrets en moi
Ma conscience est telle une maladie mortelle


Je risque d'avoir un peu de retard pour la suite mais je sens que je suis en train de tomber malade, c'est nul.

A la prochaine!