Bonne année à tous ! :)
« Par les barreaux puissants de la porte, Daniel apercevait juste en face, la cellule de haute sécurité dans laquelle serait sûrement emmené Hugh… après la torture. »
Hugh était sur une planète, seul. Cette planète abritait un désert aride dans lequel aucune vie ne pouvait naître. Il était sur une dune, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Du sable volait dans tous les sens, une tempête de sable faisait rage. Une confusion d'une extrême violence s'abattait sur lui, et il avait un mal de crâne horrible. Mais au fur et à mesure, des pierres sortaient de la terre, d'étranges formes rectangulaires émergeaient de cette planète vide. En s'approchant de l'une d'elles, des milliers apparurent et il pouvait lire sur une d'elles un nom et une phrase.
« Jucus Tobinson. En mémoire au 783ème mort. »
Ces personnes, symbolisées par un numéro ? C'était horrible, autant de morts. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Non, ce n'était pas possible. La planète où il aurait tué tout le monde ? Non ce n'était pas lui, il n'avait pas tué ces gens sur la planète, ils les avaient épargnés. Et maintenant, il voyait des fantômes autour de lui, qui venaient vers lui. Tous avaient des vêtements sombres et déchirés, et des faces qui auraient fait trembler la mort elle-même. Une petite fille s'avançait avec eux, et Hugh la regarda fixement. Elle portait dans sa main un vase, avec une fleur, et souriait. Une fois arrivée à lui, elle le lui tendit, mais la fleur se fana soudain et le vase éclata. Tous les fantômes étaient autour de lui. Tous, là. Il cria.
Il se réveilla en sueur dans une cellule sombre. Ce n'était qu'un rêve, mais quel rêve ! Il en tremblait encore, et son cœur battait à une vitesse folle, une vitesse à laquelle jamais il n'avait cru que son cœur pourrait battre. La cellule était toute grise, et complètement vide. Il n'avait rien, même pas des toilettes. Le sol était recouvert d'un métal dense et gelé qui effrayait Hugh et l'empêchait de mettre ses pieds nus à terre, l'obligeant à rester blotti sur le petit banc sur lequel il était. Les murs étaient recouverts d'une peinture grise qui faisait froid dans le dos. Surtout qu'il n'y avait pour lumière que la simple lueur d'une lampe au plafond, protégée avec soin par une coque en verre. La porte, seule ouverture sur l'extérieur, avait un petit cadre avec des barreaux, d'où venait une petite lumière bleue.
S'efforçant de ne pas sentir le froid glacial, il alla jusqu'à elle et vit en face de sa triste cellule une autre porte, semblable, d'où dépassaient deux mains, accrochées aux barreaux. Le froid l'emportait, et Hugh éternua. La personne qui se tenait aux barres juste à côté sursauta et laissa apparaître son visage.
« Hugh, c'est toi ! Oh, tu vas bien ? Tu es en vie Dieu merci. Comment te sens-tu ?
- Daniel, est-ce bien vous ?
Mais je suis où ?
- Dans une cellule de haute sécurité, on nous a enfermé.
- Pourquoi ai-je si mal à la tête ?
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept.
- Tu es sûr que ça va ? Tu parles étrangement ! Ils font des tests sur toi, tu le sais bien…
- Mis à part la douleur incessante,
Et la froideur douloureuse,
Je ne ressens pas d'épouvante,
Et la situation n'est pas désastreuse.
- D'accord, il y a un problème. Ecoute-moi, tu vas faire…
- Hé oh, on se tait là-dedans ! cria un garde. »
Décidément, Hugh avait un problème, et Daniel, sûr qu'il pouvait l'aider, devait se taire, à cause du garde, qui était chargé d'empêcher tout échange. Hugh, ne comprenait rien, et alla se rasseoir sur le banc, certes froid, mais moins que le sol.
Soudain, la lumière qui était bleue devint rouge, et une forte alarme retentit.
« Pouvez-vous m'aider Daniel Jackson ?
Voilà qu'une alarme sonne.
- Hugh, c'est le moment ! Ecoute-moi. Tous les soldats vont aller vers la Porte des Etoiles, c'est une ouverture non programmée. Nous avons du temps pour nous parler. Va t'asseoir et concentre-toi sur ma voix. C'est bon ? Bien. Ferme les yeux, et commences à te rappeler tes souvenirs d'enfance, tes parents, remet en place tout dans ton esprit. Pense au passé, et oublie le présent.
- Mais pourquoi je dois faire ça ? Je l'ai fait et je ne vois pas de changement.
- Moi oui, tu parlais en rimes, comme tes ancêtres, c'était étrange. C'est à cause de ces tests et de toutes ces machines qu'on te met dans le cerveau. Bref, on doit se dépêcher. Tu as des toilettes toi ?
- Euh non, pourquoi ?
- Parce que tu iras forcément à un moment aux toilettes, et à ce moment là tu profiteras pour t'enfuir. Ils sont juste au bout du couloir. Tu ne pourras pas utiliser tes pouvoirs, il y a des perturbateurs d'ondes cérébrales partout dans les murs. Regarde, ce sont ces petites lueurs violettes. Moi, je vais être emmené, on va me sortir d'ici. Tu n'auras qu'à dire que tu veux aller aux toilettes à ce moment-là. Tu me suivras et m'aideras à sortir. Je sais que je ne vais plus être dans ce bâtiment dans quelques temps, mais on ne peut pas me libérer comme ça, j'en sais trop. Non oublie, tu me suivras en silence. Au bout d'une cinquantaine de mètres tu pourras de nouveau utiliser tes pouvoirs, cache toi alors, mais fait attention car tous te chercheront.
- Mais, je ne comprends rien !
- Ce n'est pas grave, fais juste ce que je te demande. Un garde arrive. »
Samantha était seule dans la pièce qu'on lui avait aménagée pour s'occuper des tests sur Hugh. Elle songeait à ce qu'elle faisait. Aux atrocités commises. Jamais en choisissant ce métier, elle ne pensait qu'elle ferait ainsi du mal à un être humain. Mais elle était obligée d'obéir aux ordres, ou il lui arriverait ce qu'il allait arriver à Daniel. Là, elle s'occupait d'un prototype permettant de calquer une mémoire sur une personne : elle pouvait et devrait changer la mémoire de Daniel en lui en implantant une autre. Un simple flash suffirait. Elle devait la paramétrer, choisir, et voulait aider cet ami et partenaire qu'elle connaissait depuis des années. Elle lui laisserait une chance. Il s'appellerait Julian Petterson, vivrait en colocation avec Francis Lancaster. Ce dernier était l'assistant de Daniel, et, tout comme lui, il devait recevoir une nouvelle mémoire pour continuer une vie tranquille, sans jamais éveiller les soupçons de son passé. Daniel serait un pigiste pour un petit journal local, et Francis serait à la recherche d'un emploi, avec des diplômes en psychologie. Chaque détail de la vie était décidé par Samantha, et elle s'appliquait à leur créer une vie confortable. Quelques fois, elle s'arrêtait, voulait aller libérer ses amis. Mais elle se souvenait de la discussion qu'elle avait eue avec le Général. Elle tentait de le dissuader de continuer cette mission, mais il lui répétait sans cesse qu'il s'agissait là des ordres du pentagone.
Une fois où elle s'arrêta, Cam était venu, et se tenait à côté de la porte, en la regardant.
« Toi aussi tu trouves ça moche hein ? demanda-t-il.
- En effet, je ne comprends pas pourquoi nous sommes obligés de faire tout ça, c'est inhumain.
- Tu penses à Daniel ?
- Oui, et surtout à Hugh, c'est une humain, il a des sentiments, on ne peut pas faire ça.
- Mais si on les aider il nous arrive la même chose. Donc on fait comme si de rien n'était… Tu as entièrement raison. Mais tu comptes faire comment ?
- On m'a attribué la responsabilité de leur façonner une vie, et je leur donnerai la possibilité de revenir en arrière. Un détail les libérera de leur mémoire. S'ils trouvent un jour ce détail. Et toi, tu vas faire quelque chose ?
- Je ne vois pas quoi faire, mais si je peux, je le ferai. Ce sont mes potes, je veux les aider, dit Cam. Tu as l'air fatiguée.
- Oui, je ne dors pas depuis des jours, je m'en veux trop.
- Pareil, des cauchemars, ils me hantent, j'ai honte de le dire. Ca ne me ressemble pas de me confier comme ça, mais bon.
- Tu peux faire quelque chose je pense. Interromps la caméra de la cellule de Hugh, et débranche les brouilleurs d'ondes cérébrales.
- Les petits machins violets sur le mur ? La caméra je sais faire, mais ces trucs là non.
- Il faut aller dans la salle de contrôle de ce secteur, tu accéderas à l'ordinateur et il y aura un interrupteur informatique, simple à trouver.
- J'y vais tout de suite. »
Hugh, dans sa cellule, demanda à aller aux toilettes. Mais on tenait des armes pointées sur lui, et au moindre geste on le tuerait… Il avait abandonné l'idée d'écouter Daniel, parce qu'il savait que cette fois il risquait la mort. Une fois rentré dans sa cellule, il se sentit mal, et regardait Daniel, en face, qui paraissait déçu. Juste à ce moment, on vint le chercher. Il allait partir, il le savait. Il le voyait être emmené, comme au ralenti, jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement. Daniel allait être conduit dans un véhicule dans lequel on lui implanterait sa nouvelle mémoire à lui et son assistant, puis ils partiraient ensemble, vers leur nouvelle vie.
Mais soudain, les lueurs violettes disparurent, et Hugh se sentait retrouver une énergie perdue, il n'avait plus froid, enfin. Il se sentait de nouveau puissant, et comprit tout de suite. Il alla vers la porte, et d'un simple geste de la main, il réussit à l'ouvrir. Il se rendit invisible, et suivit Daniel.
Ils arrivaient dans la petite camionnette. Hugh monta à bord, et observait Daniel, à l'avant, et son assistant, juste à côté. Sam était là, avec une sorte d'appareil photo. On voyait sur son visage qu'elle allait faire quelque chose à contre cœur. Sam appuya, et un long flash débuta. Tous les trois passagers restèrent abasourdis quelques secondes. Sam voulut tester les résultats.
« Daniel, Thomas, vous êtes là ?
- Vous devez faire erreur, je m'appelle Julian, répondit Daniel.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ? cria Thomas, l'assistant.
- Ca n'a pas marché sur lui, emmenez-le, et laissez partir Julian, il en apprendrait trop en restant ici. »
Le véhicule sortait de la base, et au fond, Hugh disait :
« Pourquoi a-t-il crié sur toi Julian ? Il n'avait pas le droit. Tu vas bien ?
- Oui Francis, et toi ?
- Oui, répondit Hugh. »
