Auteur : Lady Zalia

Type : Action/Aventure, Romance et j'espère un peu d'humour

Disclaimers : Slash (Drarry). Personnages et univers à J. K. Rowling.

Je suis fatiguéeee… Le premier qui me dit que les profs sont des fainéants je lui lance une chaise métaphorique.

Ce chapitre c'est le mariage de Bill et Fleur et le début de la chasse aux Horcruxes. À l'heure où je commence ce chapitre, on est déjà mercredi, il est 23h passé et j'ai un verre de rhum sur mon bureau. C'est parti !


***/+/*** Chapitre 10

Le mariage débutait en fin d'après-midi et malgré la proposition de Madame Weasley, je n'avais absolument aucune intention de m'y rendre. Déjà parce que voir Harry sous les effets du Polynectar m'était assez désagréable, mais ensuite parce qu'il était très compliqué de porter une cape d'invisibilité au milieu d'une foule, et que le cas contraire, de nombreux invités ne manqueraient pas de s'étonner des raisons de la présence d'un Malefoy à un mariage Weasley tant il était de notoriété publique que nos deux familles se haïssaient.

J'avais enfilé mes lunettes de soleil et couvert le sommet de mon crâne pour pouvoir observer le jardin depuis la chambre de Ron. D'ici je pouvais voir la zone de transplanage et le chapiteau blanc qui hébergeait la réception. Le soleil était haut dans le ciel et le gros des invités arriva vers trois heures de l'après-midi. Harry avait pris l'apparence d'un jeune moldu roux un peu enrobé et je n'avais pu réprimer une grimace en le voyant sous cet aspect. Malgré son manque de confiance, il était tellement séduisant sous sa vraie forme !

D'ailleurs je commençais déjà à être un peu jaloux… Tous ces gens étaient pressés autour de mon calice pendant que j'étais cloitré dans cette chambre… Heureusement que je savais Harry être un pur homo car Fleur Delacour avait invité ses cousines vélanes…

En revanche, lorsque je vis arriver Victor Krum près d'une heure plus tard, j'hésitais fortement à descendre. Krum, le célèbre attrapeur bulgare, était vraiment beau gosse, brun comme Harry, mais plus massif et avec une petite barbe parfaitement taillée. Il était aussi un sorcier puissant qui avait été sélectionné par la Coupe de Feu pour représenter Durmstrang. Personnellement, Harry était le seul qui occupait mes pensées les moins chastes, mais qu'en était-il pour lui ? Je secouai la tête. Harry était mon calice et j'avais totalement confiance en sa fidélité : il était bien trop épris de moi pour songer à Krum ne serait-ce qu'une seconde autrement qu'avec une amitié polie.

J'espérai qu'il ne serait pas trop fatigué lorsqu'il rejoindrait notre couche dans plusieurs heures…

Les invités étant tous arrivés et la cérémonie se déroulant dorénavant hors de ma vue, je retournai à l'observation du legs de Dumbledore que j'avais rangé dans mon sac. Je ne l'avais qu'à peine observé face à Scrimgeour mais j'avais vraiment envie d'en percer les secrets. J'étais certes l'un, si ce n'est le meilleur étudiant en potion de Poudlard, mais ce n'étais pas suffisamment exceptionnel pour motiver le don de Dumbledore, d'autant que Slughorn ne m'avait guère complimenté l'année passée. La seule raison crédible pour laquelle le vieux fou m'avait fait un tel cadeau était ma relation avec Harry. Et si Harry ne lui en avait rien dit, était-il possible que ce soit Rogue ?! Dans tous les cas, il était manifeste qu'il approuvait ma présence à ses côtés. Et pourtant Dumbledore connaissait ma nature… Posant la fiole sur le bureau, je la scrutai sous toutes les coutures sans parvenir à en percer le secret. Je ne connaissais pas cette rune et je ne l'avais trouvé dans aucun de mes manuels… Finalement en désespoir de cause, je retirai le bouchon qui se détacha avec un plop sonore. Quelle ne fut pas ma stupeur en sentant l'odeur qui se dégageait à présent de la fiole ! Du sang ! Je ne pouvais m'y tromper, tous mes sens vampiriques étaient à présent dirigés sur ce parfum. La fiole de Dumbledore avait contenu du sang et l'odeur était aussi puissante que si elle en avait été remplie alors qu'elle semblait propre et vide. Je lorgnais à travers le goulot sans percevoir le moindre changement. Quel était cet enchantement apposé par le vieux fou !? Je glissai mon petit doigt dans le récipient sans sentir la moindre trace d'un liquide, je la retournai carrément… Puis je me remémorai les paroles apposées sur le testament… Il avait parlé d' « expérimentation audacieuse »… Pour le coup il fallait vraiment être inconscient pour faire ce que j'avais en tête, mais je doute que Dumbledore, aussi dément soit-il, aurait voulu m'empoisonner. D'un geste, je portais la fiole à mes lèvres et penchais la tête en arrière, utilisant ma langue pour maîtriser l'écoulement de la potentielle potion qui en sortirait. Une gorgée, une simple gorgée… Mes jambes cédèrent sous la surprise et je me retrouvais au sol. Le liquide qui en sortit était indubitablement du sang. Le sang d'Albus Dumbledore. Je percevais ses souvenirs. Toutes ses pensées étaient tournées vers Harry et les Horcruxes… Mieux qu'un fragment de mémoire dans une Pensive, ces souvenirs avaient été préparés pour moi et moi seul. Je reportai mon regard sur la fiole. Impossible de savoir combien elle en contenait ni de deviner combien il en restait. Je n'en avais bu qu'une petite gorgée mais il fallait absolument que je conserve ces pensées pour pouvoir les interroger en cas de besoin. Je me concentrai à nouveau sur les quelques souvenirs que j'avais lu… Rogue… Dumbledore ressentait une confiance absolue en Severus. C'était bien lui qui lui avait dévoilé la nature de ma relation avec Harry. Mais pour quelle raison ? De quel camp était-il le traitre ?! Etait-il possible que Rogue ait tué Dumbledore sur son ordre ? La fiole me brûlait la main, je voulais tant avoir la réponse à cette question égoïste… Mais il fallait que je me montre digne du présent, Dumbldore m'avait remis son propre sang pour nous aider dans la chasse aux Horcruxes et non pas soulager l'esprit d'un filleul pour son parrain.

Je sortis une feuille de parchemin pour noter les informations que j'avais pu récolter :

- Dumbledore avait une confiance absolue en Rogue

- Rogue a dit à Dumbledore que je voulais faire d'Harry mon calice et j'étais sincère dans mes sentiments

- Les Horcruxes sont difficiles à détruire, Dumbledore a perdu sa main dans le processus et aurait pu perdre davantage si Rogue n'était pas intervenu

donc... - Rogue est probablement au courant pour les Horcruxes...

- Dumbledore savait qu'il allait mourir à brève échéance. Son testament a été rédigé récemment en prenant en compte ma nouvelle alliance avec Harry, la méfiance de Scrimgeour et la montée en puissance de Voldemort.

Je reposais mon crayon. Je ne pouvais que reconnaître l'intelligence du vieil homme, même si ses manipulations n'en devenaient que plus visibles. Nous étions tous les pions soit de Dumbledore, soit de Voldemort…

Les heures passaient et la fenêtre ouverte m'apportait les bruits de la fête. Le soleil déclinait lentement à présent mais le brouhaha provoqué par l'orchestre et les conversations mêlées ne s'était pas atténué. De quoi pouvaient-ils bien parler ? Je sondais un instant l'esprit de mon calice pour palper ses émotions et fus atterré de ne pas y avoir prêté plus tôt attention, tant j'étais absorbé par mon étude. Harry était manifestement mal à l'aise, et ce pour une raison que j'ignorais. Il émanait de lui un mélange de fatigue, mais aussi… un sentiment de trahison ?

Bien décidé à en comprendre la cause, je descendis les marches à toute vitesse et traversa le jardin pour rejoindre le chapiteau. La réception était bondée et je bénis notre lien pour me permettre de le localiser en un clin d'œil. Me faufilant dans sa direction, je me calmais instantanément en l'apercevant. Il avait l'air maussade mais discutait avec Hermione, ses états d'âme ne devaient donc pas être si graves... En revanche, je n'eus qu'à peine le temps de parvenir jusqu'à lui qu'un Patronous en forme de lynx atterrit au beau milieu de la piste de danse. La voix de Kinglsey Shacklebolt retentit alors :

- Le ministère est tombé. Scrimgeour est mort. Ils arrivent !

Une ou deux secondes de silence suivirent cette annonce, puis un capharnaüm épouvantable déchira l'atmosphère. Les invités criaient, gémissaient, fuyaient le chapiteau en une foule désordonnée. Les parois du tissu se déchirèrent et les gens commencèrent à transplaner, signe que les sortilèges de Protection venaient de tomber.

D- Accio mon sac à dos ! Accio sac à dos d'Harry !

Je récupérais rapidement nos affaires avant de rejoindre mon calice.

Harry et Hermione avaient sortis leurs baguettes et s'étaient placé dos à dos, regardant frénétiquement autour d'eux, sans doute à la recherche de Ron. Puis des Mangemorts apparurent, plusieurs dizaines de silhouettes enveloppées de capes noires et au visage recouvert d'un masque sinistre. Mon estomac se serra à l'idée que mon père puisse être parmi eux.

H- Ron ! Ron, où es-tu ?!

Plusieurs Protego retentirent dans la foule et d'autres sortilèges leurs répondirent. Finalement, Ron tomba presque sur nous, attrapant d'instinct le bras tendu d'Hermione tandis que je tenais Harry fermement contre moi. La jeune femme nous fit transplaner et le temps de cligner des yeux, nous étions arrivés au beau milieu d'une rue dans une ville. De grands immeubles et des boutiques illuminées bordaient la rue de part et d'autre.

R- Où sommes-nous ?

He- Tottenham Court Road à Londres, c'est un quartier moldu. Marchez droit devant vous, il faut trouver un endroit où se changer.

Je tenais toujours Harry par le bras et nous suivîmes Ron et Hermione avec l'air le plus naturel dont j'étais capable, ce qui n'était facile avec l'angoisse qui étreignait mon calice.

J'avais remonté ma baguette dans ma manche pour ne pas interpeler les moldus qui nous entouraient mais restais sur le qui-vive, portant mon regard sur le moindre mouvement autour de moi. La rue dans laquelle nous avions atterri n'était heureusement peuplée que soulards qui ne prêtaient guère attention à l'accoutrement sorcier de Ron et Harry. Hermione portait une robe de soirée et pour ma part j'étais en pantalon et chemise.

R- Hermione, je n'ai rien pour me changer !

He- Ne t'inquiètes pas Ron, j'ai des vêtements. Ayez simplement l'air naturel. Dès qu'on trouve un endroit discret je sortirais tout de mon sac. J'y ai jeté un sortilège d'Extension indétectable.

Nous parvînmes à trouver une impasse assez sombre et Hermione sortit des jeans, t-shirts, sweats et baskets qu'elle tendit à Ron avant de se changer elle-même. Pour ma part j'avais fait de même pour Harry avant sortir sa cape d'invisibilité.

R- Tu es vraiment étonnante Hermione. Tu avais pensé à mettre tout ça dans ton sac !

He- Merci Ron.

D- Hermione m'avait parlé de son plan et je dois dire qu'elle a eu le nez fin. Mais maintenant, que fait-on ?

Harry avait terminé de s'habiller mais s'était mis à grelotter contre moi. Je le pris dans mes bras pour lui frotter le dos lorsqu'il prit la parole pour la première fois depuis notre départ.

H- Les autres… Les invités du mariage…

He- Nous n'avons pas le temps de nous en soucier pour l'instant. C'est toi qu'ils cherchent. Nous mettrions tout le monde encore plus en danger si nous retournions là-bas.

R- Elle a raison. Et la plupart des membres de l'Ordre étaient présents. Ils sauront se protéger sans nous.

Harry hocha la tête, toujours serré contre moi, mais je sentais que la peur lui enserrait le ventre. Désormais c'était concret. Voldemort avait pris le pouvoir. Et ses mangemorts pouvaient œuvrer au grand jour…

D- Trouvons un endroit pour se poser. Il nous faut un plan pour les heures qui viennent. Il est effectivement plus probable qu'ils nous cherchent avant tout dans des rues sorcières… Je nous vois mal louer des chambres au Chaudron Baveur ou encore moins à Pré-au-Lard…

He- J'imagine qu'on pourrait essayer la maison de mes parents mais il y a un risque que les Mangemorts aillent y faire un tour…

Un groupe d'ivrogne passa sur le trottoir d'en face et l'éclat de leurs voix fit immédiatement retourner Ron et Hermione.

Un peu plus à l'aise mais toujours à cran, nous marchâmes encore quelques minutes avant de trouver un café d'allure particulièrement miteuse mais qui avait l'avantage d'être désert. Nous nous installâmes tous les quatre dans un box, Ron et Hermione face à moi et Harry, toujours sous sa cape d'invisibilité. Hermione ne cessait de jeter des coups d'œil vers la porte et je levai les sourcils, lui faisant signe de la main de se calmer. J'avais déjà bien assez de l'angoisse d'Harry à gérer…

Elle plongea son regard un instant dans le mien et soupira tandis que la serveuse s'avançait vers nous. Hermione commanda trois cappuccinos qui nous furent rapidement servis et je glissai la commande discrètement sur ma droite pour qu'Harry puisse boire sous sa cape d'invisibilité. Ses mains me semblaient presque plus froides que les miennes…

H- Voldemort a tué Scrimgeour…

Personne ne répondit, Ron et Hermione gardant un instant le silence. Pour ma part j'haussai les épaules.

D- Dis-toi qu'il aura fini par reconnaître que tu avais raison en disant que la menace était réelle…

Quelques instant plus tard, deux hommes entrèrent dans le café et s'assirent dans le box juste derrière Ron et Hermione. Je fronçai les sourcils, ne les quittant pas des yeux. Ils avaient baissé la tête et ne semblaient pas prêter attention à nous mais je ne pouvais pas me départir d'une impression de malaise, comme lorsqu'on devine la présence d'un danger sous la surface de l'eau…

Je tapotai doucement la cuisse d'Harry pour lui montrer les deux hommes du regard et je le senti se tendre. Hermione avait baissé la voix.

He- Je propose qu'on trouve un endroit tranquille pour transplaner et qu'on aille quelque part à la campagne. De là on pourra envoyer un message à l'Ordre.

R- Tu sais faire le coup du Patronus qui parle ?

He- Je me suis entraînée et je crois que oui.

R- Très bien, du moment que ça ne leur attire pas d'ennuis, mais ils ont peut-être été arrêtés à l'heure qu'il est.

D- Je ne sais pas si c'est très prudent. S'ils n'ont pas été arrêtés ils sont forcément surveillés. Ron et Hermione, tout le monde vous a vu au mariage. N'importe qui pourra confirmer que vous n'êtes ni malade ni en Australie… Et s'ils sont venus aussi vite, c'est qu'ils devaient penser qu'Harry était présent. Scrimgeour leur a peut-être dit où on se trouvait. Je pense qu'il vaut mieux faire profil bas quelques jours et observer comment les choses évoluent. Si les Mangemorts ont pris le pouvoir, il faut s'attendre à pas mal de changement dans les semaines à venir…

Hermione hocha la tête tandis que Ron avait porté la tasse à ses lèvres. Il n'avala qu'une gorgée avant de la reposer un peu brusquement sur la table en grimaçant.

R-… Beurk, ce truc est dégoûtant ! Allons-y, je ne veux plus boire cette boue. Hermione tu as de l'argent moldu ?

He- Oui, j'ai pris tout ce que j'avais sur mon compte d'épargne avant de venir au Terrier…

Elle se pencha pour fouiller son sac, mais au même instant, les deux hommes s'étaient levés et avaient pointés leurs baguettes sur nous. Ron se jeta sur Hermione pour la coucher sur le siège tandis qu'un sortilège fusait entre Harry et moi. Harry lança un Stupéfix et le plus grand des hommes fut frappé en pleine tête avant de tomber inconscient. Le second jeta un sort de capture qui atteint Ron et je ripostais par un autre Stupéfix.

Le deuxième homme, qui était probablement un Mangemort, s'écroula derrière lui en renversant la table et son contenu s'écrasa sur le sol. La serveuse hurlait sans discontinuer, les deux mains sur la tête et je l'a visai de ma baguette :

D- Silencio ! Petrificus totalus !

Le café ressemblait à un champ de bataille. Le sortilège qui avait raté sa cible avait fracassé le carrelage au mur, deux tables étaient renversées, les tasses en morceau gisaient au sol avec le reste du café et un cendrier brisé. Hermione pointa sa baguette sur Ron pour le libérer mais tremblait tellement qu'elle lui entailla la jambe et dû s'y reprendre à deux fois. Je m'approchais du plus grand Mangemort qui était blond et avait une stature impressionnante.

D- Lui je le reconnais. C'est Thorfinn Rowle.

Harry retourna du pied l'autre Mangemort et Ron lui donna un coup de pied dans le ventre.

R- Celui-là c'est Dolohov. Sa tête était mise à prix sur les vieilles affiches.

He- Peu importe leurs noms ! Comment nous ont-ils trouvés ? Qu'allons-nous faire ?

Harry baissa la cape de son visage.

H- Que quelqu'un aille fermer la porte. Ron, éteins les lumières. Il nous faut un peu de temps, qui sait s'ils ont prévenus des renforts…

Hermione alla verrouiller le café tandis que Ron utilisait son Déluminateur.

D- Qu'est-ce que tu veux faire d'eux ? Le plus sage serait de les tuer, ça ferait deux Mangemorts de moins. Je peux m'en charger si tu ne veux pas le faire.

H- Non Drago. On va simplement effacer leurs souvenirs. Comme ça ils perdront notre piste. Si nous les tuons, il deviendra évident que nous étions ici.

Je haussais les épaules et Ron eut l'air soulagé.

R- J'aime autant ça. Mais je n'ai jamais pratiqué de sortilège d'Amnésie.

D- Je ne suis pas hyper convaincu moi je maîtrise ce sortilège. Il faudra aussi s'occuper de la serveuse…

Hermione s'occupa de la jeune moldue tandis que je jetais le sort sur les deux Mangemorts inanimés. De leur côté, Ron et Harry réparaient les dégâts pour effacer toute trace de notre passage.

R- Il faut qu'on trouve un endroit sûr où nous cacher. Il nous faut un plan pour chasser les tu-sais-quoi et il faut qu'on puisse réfléchir sans craindre une attaque toutes les 5 minutes…

H- Le square Grimmaurd… Techniquement il m'appartient, la maison a ses propres sortilèges pour défendre son propriétaire.

He- Ne sois pas stupide, Harry. Rogue connaît son existence et son emplacement, il peut y aller quand il veut et y a sans doute déjà conduit des Mangemorts !

H- Le père de Ron a dit que Fol Œil avait jeté des maléfices contre Rogue pour l'en empêcher. Et quand bien même il leur aurait donné l'adresse ils ne pourraient pas la voir ni y entrer. De toute façon tu vois une meilleure solution dans l'immédiat ? Il faut qu'on se repose. Drago montera la garde pendant notre sommeil, n'est-ce pas ? C'est la solution la plus sûre…

J'hochai la tête.

D- Je n'ai rien de mieux à proposer.

Hermione n'avait pas l'air convaincue mais ne répondit rien. Quand tout fut remis en ordre, les deux Mangemorts furent assis autour de la table et la serveuse sur une chaise derrière son comptoir. Hermione déverrouilla la porte du café et Ron rétablit la lumière en actionnant le Déluminateur. Enfin, les maléfices de stupéfixion furent annulés et l'instant d'après nous avions disparu. Je ne connaissais pas le manoir Black et ma mère ne m'en avait jamais parlé, je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre et ce fut Harry qui me fit transplaner. Nous arrivâmes à une place entourée de hautes maisons. Je compris au premier coup d'œil qu'il ne s'agissait pas d'un quartier sorcier, de part ce que je pouvais voir aux fenêtres environnantes et aux voitures garées contre les trottoirs.

H- La maison est dissimulée entre le 11 et le 13. Allons-y !

Je suivis sans attendre Harry, Ron et Hermione qui semblaient courir en direction d'un mur. À peine un mètre avant une petite grille en fer forgé, Harry m'attira contre lui.

H- 12 Square Grimmaurd. Répète.

À peine avais-je suivi sa consigne qu'une vieille porte délabrée était apparu sur le mur accompagnée de fenêtres sombres. C'était comme si les deux maisons précédentes s'étaient écartées pour laisser l'autre se glisser entre elles. La demeure semblait abandonnée et usée par le temps mais la poignée argentée de la porte brillait dans la nuit. Elle avait été sculptée en forme de serpent, comme il était commun dans les vieilles demeures de sorciers adeptes des théories suprématistes Sang Pur. Harry sortit sa baguette pour déverrouiller la porte et celle-ci s'ouvrit dans un cliquetis de métal. Nous nous précipitâmes à l'intérieur avant de refermer derrière nous tandis que des lampes à gaz accrochés aux murs s'allumaient toutes seules. Au plafond, un lustre en fer forgé représentant des serpents semblait être le nid d'une colonie d'araignées et au mur étaient accrochés plusieurs portraits de sorciers à l'air austères ainsi que, comble du mauvais goût, plusieurs têtes d'elfes de maison empaillées. Face à nous, un escalier montait vers un 1e étage plongé dans l'obscurité. Personne ne semblait oser s'avancer. Hermione montra un horrible porte-parapluie en forme de jambe de troll couché par terre.

He- Je crois que quelqu'un est venu ici.

R- Quelqu'un l'aura peut-être fait tomber quand l'Ordre a quitté la maison.

H- Où sont donc ces maléfices jetés contre Rogue ?

R- Peut-être qu'ils ne sont activés qu'en sa présence…

D- Il va falloir être sûr. Harry, si tu es ici chez toi, la maison devrait te reconnaître. Annonce ta présence. Normalement tu ne devrais avoir rien à craindre.

Harry s'avança d'un pas et je me collais soigneusement à lui. C'est alors que la voix de Maugrey Fol Œil résonna dans la pénombre, nous faisant tous sursauter.

- Severus Rogue ?

H- Je suis Harry Potter, légataire Black, propriétaire de cette demeure !

Un sortilège siffla et je sentis ma langue s'enrouler sur elle-même mais je n'eus pas le temps de faire un geste que l'effet se dissipa. L'expression affichée par les autres indiquait qu'ils devaient avoir ressentis la même chose et je commençai à rire en voyant Harry, louchant sur un doigt qu'il s'apprêtait à mettre dans sa bouche tandis que Ron semblait sur le point de vomir.

He- Ce… Ce doit ê… être un sor… sortilège de Langue de Plomb que Fol Œil destinait à Rogue !

D- Dans ce cas heureusement que nous sommes venus ensembles car il est possible qu'aucun d'entre nous ne puisse désormais plus parler de cette demeure à qui que ce soit.

Harry fit un pas de plus et l'instant d'après, une haute silhouette grise apparu, que je reconnu immédiatement comme Albus Dumbledore, mais tel qu'il devait paraître dans sa tombe, le visage émacié, décharné et les orbites vides. Il leva un bras squelettique vers Harry et je m'interposais immédiatement, mu par mon instinct.

H- Non ! Drago…

Il avait sorti sa baguette mais ne savais manifestement pas quoi faire avec. Je tâchais de réfléchir à toute vitesse. La silhouette ne semblait pas tangible et je doutais que le moindre sort lui fasse quoi que ce soit. Hermione avait poussé un hurlement strident et son cri avait réveillé le portrait d'une vieille sorcière à l'air revêche.

D- Albus Dumbledore nous ne sommes pas vos meurtriers !

H- Ce n'est pas nous qui vous avons tué !

Harry et moi avions parlé en même temps et je ne sais pas lequel de nous deux avait prononcé la formule adéquate mais la silhouette explosa dans un grand nuage de poussière qui fit tousser mes trois camarades. Hermione était accroupie par terre, les bras sur sa tête et Ron s'était baissé pour la prendre dans ses bras.

R- Tout va b… bien… C'est f… fini…

- Sang-de-Bourbe ! Vermine ! Opprobre et déshonneur, honteuses salissures dans la maison de mes ancêtres !

Je pointais le portrait du menton, plutôt amusé par la vieille harpie qui s'époumonait dans son cadre.

D- C'est qui celle-là ?

H- Vous, TAISEZ-VOUS !

Harry pointa sa baguette sur elle et les rideaux qui l'entouraient se refermèrent sur elle, la réduisant au silence.

H-… Il s'agit de Walburga Black, la mère de Sirius. Ce qui en fait ta grande tante si je ne me trompe pas.

D- Une femme charmante, je regrette de ne pas l'avoir connue plus tôt !

H- Oh elle aurait sans doute eu une autre réaction face à un petit neveu qui représentait aussi fièrement Serpentard !

Harry fit quelques pas dans le hall mais rien d'autre ne se manifesta.

H-… J'ai l'impression qu'il n'y a plus rien.

He- Avant d'aller plus loin, je pense qu'il vaudrait mieux vérifier…

Elle agita sa baguette et prononça la formule :

He-… Hominium revelio !

R- Et c'était sensé faire quoi ça ?

He- Ça comme tu dis, est sensé indiquer toute présence humaine. S'il y avait eu une personne d'autre que nous ici, le sortilège me l'aurait indiqué. Désormais je peux vous assurer que nous sommes seuls ici.

D- Et comme son nom l'indique, ça n'indique que les humains. Je ne suis pas certain que cela fonctionne pour les lycans et les vampires mais j'aurais détecté l'un ou l'autre en entrant. En tout cas cela ne fonctionne ni pour les goules, ni pour les elfes de maison, mais j'imagine que nous sommes hors de danger désormais…

He- Allons là-haut.

Nous montâmes au premier étage où se trouvaient un salon, une salle de bain et une chambre. Le salon était une pièce assez vaste, éclairée par de vieilles lampes à gaz qu'Hermione alluma et qui possédait aussi un lustre poussiéreux à son haut plafond. Les murs étaient recouverts d'une peinture verte passée et ornés de tapisseries sales. De lourds rideaux de velours vert obstruaient les fenêtres et Ron en écarta un pour observer la rue.

R- Je ne vois personne dehors. Ils ne peuvent pas entrer mais j'imagine qu'ils nous auraient quand même suivis s'ils savaient où on était.

Soudain, sans le moindre signe avant coureur, une violente douleur traversa Harry et un gémissement s'échappa de ses lèvres. Je me précipitai sur lui pour le soutenir alors que ses jambes cédaient sous son poids et que tout son corps exprimait l'intensité de la souffrance dont il était victime.

H- Aaah… ma cicatrice…

R- Harry, tu vois quelque chose ? Est-ce qu'il est chez moi ?!

Je repoussais sans ménagement le rouquin qui s'était approché. Harry était au bord de l'évanouissement. Je ne l'avais jamais vu expérimenter son lien avec Voldemort avec une telle intensité.

H- Non… il est furieux… Il est vraiment fou de rage…

R- Et s'il était au Terrier ! Quoi d'autre ? Est-ce qu'il est en train de torturer quelqu'un ?

He- Harry ! Je croyais que c'était terminé ! Qu'il ne pouvait plus accéder à ton esprit ! Tu ne dois pas le laisser faire !

H- Je pense… que le lien se rétablit… quand il perd le contrôle… ses émotions… si violentes…

He- Mais ferme ton esprit ! Dumbledore ne voulait pas que tu utilises cette connexion ! C'est pourquoi tu étais censé apprendre l'occlumancie !

Cette fois, c'en était trop ! Je grognais et retroussais instinctivement mes lèvres sur mes crocs, entraînant mon calice en arrière.

D- Mais ferme là Granger ! Tous les deux, lâchez-le ! Vous voyez pas qu'il souffre ! Toi, tu crois que si c'était si simple il ne l'aurait pas fermé depuis longtemps cette connexion ! Il a l'air de s'amuser là peut-être ?!

Des larmes perlaient à ses yeux et il ressemblait à une poupée de chiffon entre mes bras. Pourtant, quand Hermione poussa un nouveau cri, il se redressa, la baguette à la main. J'admirai sa réactivité malgré que sa douleur n'ait pas baissé en intensité. Un Patronus en forme de belette venait d'apparaître dans le salon et je reconnaissais celui du père de Ron qui avait annoncé la venue de Scrimgeour quelques jours plus tôt.

- Famille saine et sauve, ne répondez pas, sommes surveillés.

L'animal de lumière se volatilisa en un instant et Ron s'affala sur le canapé, partagé entre le soulagement et un autre sentiment, sans doute la peine de ne pouvoir être à leurs côtés. Hermione s'approcha et lui prit le bras avec affection. Ils semblaient avoir tous deux oublié ma diatribe…

He- Ils vont bien, ils vont bien…

Harry s'effondra de nouveau dans mes bras, fermant les yeux, mais je ressentais un certain soulagement dans sa détresse. Il considérait véritablement les Weasley comme sa famille.

R- Harry… Je suis désolé...

H- T'inquiète. Je comprends. Famille…

La douleur ne semblait pas baisser en intensité, bien au contraire. Il plongea un regard suppliant vers moi.

H-… Drago… Salle de bain…

Le lien me hurlait sa souffrance mais je savais que seul Voldemort en était la cause et il n'en était sans doute même pas conscient ! Je redressai Harry de force, le portant presque jusqu'à une salle de bain de marbre noir. Je n'avais pas le temps d'admirer l'architecture. Harry était brulant de fièvre, ses pupilles dilatées montrant à quel point son esprit était au bord du gouffre.

D'ailleurs, à peine avais-je refermé la porte de la salle de bain derrière nous qu'il se laissa aller, poussant un long gémissement, son regard vide preuve qu'il s'était abandonné à la vision. Je l'allongeai au sol mais il se recroquevilla en position fœtale à peine l'avais-je lâché. Je retirai ma chemise et m'assis contre la baignoire avant de l'attirer à moi, sa tête contre mon torse nu. La froideur de ma peau de vampire ne manquerait pas de le soulager au moins de cette fièvre qui le vrillait.

D- Je suis là Harry.

Ses halètements s'apaisèrent doucement et je reposai mon menton sur sa tête tout en continuant mes caresses sur son dos. Même si je l'avais déjà fait, je refusais de le mordre durant sa vision. C'était un moment privilégié entre moi et Harry et je refusais que Voldemort souille cela. Je le lui avais expliqué et il avait été d'accord avec moi, pourtant il me coûtait tellement de le voir souffrir ! J'étais là pour lui, en toute circonstance, mais là j'étais impuissant… La pommade de Murlap n'était pas adaptée à ce genre de douleur… Peut-être un Philtre de Paix… Dans tous les cas, il pourrait toujours être utile de fabriquer ici quelques potions que je n'avais pu faire dans la cave de Ron, comme un Philtre Revigorant… La voix de mon calice interrompit mes pensées.

H- Voldemort… Il est en train de torturer Rowle… pour nous avoir laissé s'échapper… Il sait que nous étions là-bas…

Je me gardais de lui rappeler que j'avais raison. Cela dit je me promettais de tuer le prochain Mangemort qui s'en prendrait à lui. Les laisser vivre n'avait vraiment aucun bénéfice. Harry rouvrit les yeux et des larmes coulèrent le long de ses joues.

D- Ça y est, c'est finit ?

Il hocha la tête mais ne se redressa pas, enserrant au contraire mon torse comme une peluche géante.

H- Laisse… ici… encore un peu…

Je compris qu'il ne voulait pas encore affronter le regard de ses amis. Malgré leur bonne volonté, ils ne pouvaient pas comprendre ce qu'il vivait. Trop prompts à juger, trop humains aussi… D'ailleurs de petits pas derrière la porte m'informèrent de l'arrivée d'au moins l'un d'entre eux.

He- Harry… Est-ce que ça va ?

D- Je suis avec lui Gr… Hermione. Inutile de rester là.

Ma mauvaise humeur me faisait reprendre mes anciennes habitudes. Ne comptait-elle pas s'excuser pour avoir crié sur Harry quelques minutes plus tôt ?!

He- Je comprends. J'ai proposé à Ron de tous dormir dans le salon avec les duvets. Je ne me sens pas à dormir seule dans une chambre. Vous nous direz quand la salle de bain sera libre…

J'allais répliquer qu'elle pourrait bien être occupée toute la nuit et que je ne comptais pas forcer Harry à bouger mais mon amant se redressa et entrepris de se relever.

H- C'est bon Hermione…

Son visage était presque aussi pâle que le mien et pourtant je ne lui avais pas prélevé la moindre goutte de sang. D'ailleurs Hermione ne manqua pas d'en faire la remarque.

He- Tu as une mine épouvantable Harry. Drago, était-ce bien raisonnable de boire autant !

Je levais les mains pour signaler que je n'avais rien fait mais ce fut Harry qui lui répondit.

H- Il ne m'a pas mordu Hermione, je ne me sentais pas bien et Drago a simplement veillé sur moi.

Cette fois, elle soupira, reconnaissant ses erreurs.

He- Oh je suis désolé Harry. Pardon Drago. Toute cette situation me terrifie… Je m'y attendais mais on peut pas imaginer comment ce serait avant d'y être j'imagine… Je tâcherais de faire attention… Il faut qu'on reste soudés.

Elle hocha la tête, sans doute plus pour elle-même, et je ne pus m'empêcher d'amplifier sa culpabilité.

D- J'imagine que ce sont des excuses acceptables. Ce n'est pas comme si tu t'étais mise à hurler comme une hystérique alors qu'Harry était au bord de l'évanouissement. Et je te rappelle que mon seul souci est sa santé et son bien-être donc cesse de me faire la leçon comme si tu savais mieux que moi car je ne l'accepterais pas indéfiniment.

Harry lui lança un regard contrit mais n'ajouta rien. Je savais qu'il était d'accord avec moi. Nous rejoignîmes le salon où Ron avait commencé à dérouler les duvets à même le sol. J'allais de nouveau lâcher une remarque cinglante mais le sourire d'Harry m'en dissuada. Il avait l'air remis de sa vision et semblait très amusé à l'idée de camper dans une maison. Nous assemblâmes deux duvets en un seul et Harry ne tarda pas à s'endormir contre moi, aidé par la foultitude d'émotions qui l'avaient assailli au cours des dernières heures...


Fin du chapitre 10 avec quelques jours de retard… J'ai encore eu de grosses journées récemment mais c'est bientôt les vacances… (Je sais qu'on dit que les profs en ont trop, mais j'en ai tellement besoin ! _ ) La semaine prochaine j'aurais déjà plus de temps pour écrire. J'ai l'impression que ce chapitre est un peu court mais j'espère qu'il vous plaira. J'aimerais m'éloigner un peu du livre pour donner plus de profondeur à mon histoire. C'est le début de l'aventure !

Gros bisous à tous et merci pour les reviews ! 3 Une pensée pour les guest auxquelles je ne peux pas répondre !