Désolé pour la (longue, très longue) absence. J'ai toutefois pu avancer un peu, pour rassurer les rares qui ont trouvé ce crossover qui me tient encore à coeur. Je peux leur annoncer fièrement en être déjà au seizième chapitre, que j'essaierai de poster dès que je l'aurai fini, j'espère avant la Saint Glinglin. Continuez à soutenir Natsuki-chan et Shizuru-san !
Chapitre Dixième
Kami
Une ombre noire surgit de derrière le muret qui entourait la hutte et bondit instantanément sur lui. Reconnaissant envers ses réflexes, le Shinigami sauta de côté et évita de peu un coup qui fit trembler le sol. Il essaya d'identifier son agresseur, mais l'ombre ne lui en laissa pas l'occasion. Enchainant des attaques rapides tous azimuts, elle le forçait à se concentrer pour pouvoir esquiver les coups. Quand l'un d'eux lui frôla l'oreille, il put cependant confirmer les informations qu'il avait déjà devinées : son adversaire utilisait une sorte de bâton long surmonté d'un anneau en forme de tête de chat semblable à la structure architecturale qu'il venait d'observer et à laquelle pendaient deux anneaux en forme de losange.
La longue expérience du combat qu'avait Kenpachi l'empêcha de se précipiter afin de contre-attaquer, bien qu'il ait pu voir plusieurs ouvertures potentielles dans les attaques de cet ennemi inconnu. Malgré cela, son intuition lui disait que c'étaient des pièges et il se garda bien d'entrer dans le jeu adverse. Et un sourire lui vint aux lèvres quand l'ombre cessa enfin ses escarmouches. Il avait patiemment attendu qu'elle fatiguât et reprenne son souffle, et le moment de la contre-offensive était venu. Mais lorsqu'il leva la jambe pour la frapper à l'estomac, il s'aperçut de son erreur.
Se plaquant à quatre pattes contre le sol, elle évita la puissante attaque et frappa en se relevant, touchant le Shinigami de plein fouet, celui-ci étant déséquilibré sur sa jambe unique. Dès qu'il se rendit compte qu'il avait fait le jeu de son adversaire, Kenpachi s'était tordu vers l'arrière, dans le but d'amortir un peu un choc désormais imparable. Il ne put cependant pas éviter le vol plané qui s'en suivit. Donnant un violent coup de reins pour se redresser, il atterrit souplement, non sans surveiller le prochain mouvement de son vis-à-vis.
Mais l'ombre ne bougeait pas et il en profita, essayant d'obtenir d'autres informations par l'observation. Petite, elle ne devait guère dépasser son épaule. Mais ce qui l'intriguait le plus, c'était que ce qu'il avait pris pour une ombre en était réellement une : sombre et sans détails apparents sur le corps, on ne distinguait que sa silhouette. Seuls les yeux et l'aura qui l'entourait brillaient d'une couleur rouge sang. Le bâton qu'elle maniait ne la dépassait pas de beaucoup, et Kenpachi prit note instinctivement de la distance maximale à laquelle l'arme devait porter.
Soudain, l'ombre se ramassa sur elle-même et s'élança vers lui. Franchissant les quelques mètres qui les séparaient en un instant, elle restait néanmoins collée par terre et le bâton le long du corps. Sentant une attaque en oblique ascendante – migikiriage à ses yeux – qui l'obligerait à reculer encore, Kenpachi attendit le dernier moment et partit une nouvelle fois en arrière. Mais cette fois-ci, il était préparé. Il se pencha excessivement en arrière, et tandis que l'arme passait juste au-dessus de son ventre, il prenait appui au sol avec ses mains. Emporté par l'élan, il lança alors ses jambes en l'air pour donner un puissant coup à son adversaire tout en reculant. Quelle ne fut pas sa surprise de ne rien sentir ! Pourtant il aurait dû faire mouche, il en était sûr. Ce fut lorsqu'il reposa les pieds par terre qu'il comprit pourquoi. Relevant tout de suite la tête, il vit l'ombre rouler de côté.
Retenant un juron, il concentra un peu de reiatsu sous ses pieds et disparut, réapparaissant derrière l'ombre. Pendant son shunpo, Kenpachi avait aussi emmagasiné de l'énergie dans son bras puis enflammé cette dernière, décuplant ainsi sa force de frappe. Décidé à en finir rapidement et sûr de sa victoire, il fixa ses ikitabi noirs au sol avant d'abattre son poing à l'endroit où allait se trouver la tête de l'ombre, après en avoir anticipé la trajectoire. Mais elle ne releva pas la tête. Sautant sur le côté sitôt que ses jambes eurent touché terre, elle esquiva de justesse le poing brûlant. Elle bondit ensuite en arrière pour non seulement se mettre en sécurité au cas où le Shinigami enchainerait une autre attaque, mais également afin d'évaluer un peu mieux la situation.
Pestant et rageant contre sa suffisance, Kenpachi ne s'attendait pas à de tels réflexes. Mais il avait pu observer pendant sa charge que l'ombre n'était pas aussi rapide que lui et son shunpo. Le coup précédemment reçu ne l'inquiétait pas vraiment étant donné ses propres capacités défensives, et lui donnait une idée de sa puissance, sensiblement proche de la sienne. Restait le problème de son incroyable agilité. Il lui faudrait probablement lui couper toute voie de retraite, mais le terrain sur lequel ils se trouvaient semblait vaste et plat, d'après ce qu'il en vit avant de se faire attaquer. Le relief le plus proche était le porche à la tête de chat, mais la distance qui les séparait semblait de toute manière trop grande pour espérer s'en servir. Et attirer un tel adversaire à cet endroit précis n'allait pas être une partie de plaisir, il le sentait.
Pendant qu'il réfléchissait ainsi, il ne quittait pas des yeux l'ombre, qui en faisait de même de son côté. Kenpachi réalisa alors ce que le motif de la tête qu'il voyait depuis un moment devait représenter : à quatre pattes sur le sol, l'ombre soufflait et crachait comme le petit félin. Souriant intérieurement, il baissa la garde un instant à peine. Suffisamment pour que son adversaire disparaisse de sa vue dans une accélération fulgurante. Il suivit néanmoins assez le mouvement et se retourna, créant instantanément dans la foulée un kekkai salvateur. Le bruit de gong grave qui retentit dans l'air sous l'impact l'impressionna quelque peu, et alors que l'arme de son agresseur était encore immobilisée, il en profita pour la saisir à travers son mur d'énergie.
La faisant tournoyer deux ou trois fois, le Shinigami y vit une occasion inespérée. Il projeta l'ombre vers le grand porche, dans le but de lui couper ensuite toute retraite en la plaquant contre le mur. Il la suivit donc mais une mauvaise surprise l'attendait. N'attendant pas de reprendre un quelconque appui, l'ombre contre-attaqua alors qu'elle se trouvait encore dans les airs et Kenpachi comprit qu'à l'instar des Otome, elle pouvait voler, ou à défaut flotter dans les airs. Ce qui n'arrangeait pas ses affaires, lui qui ne pouvait plus en faire autant. Il évita le bâton en s'écrasant le plus possible sur ses jambes, et attrapa de nouveau l'arme au vol. La main gauche bien serrée autour de l'anneau au bout de l'arme et l'autre par terre, l'homme profita de l'inertie due à sa course et fournit un violent effort qui brisa l'élan de l'ombre au-dessus de lui. S'abattant avec force sur le sol, elle ne put se rétablir à temps et atterrit brutalement sur le dos.
Le Shinigami utilisa alors la même technique que précédemment et enflamma son poing. Exécutant son Hô-oh no Tekken une seconde fois, il bondit pour tenter à nouveau d'écraser son adversaire. Les options contre un ennemi au sol ne sont pas nombreuses, et si celle-ci manquait certes d'élégance, elle lui permettrait cependant de terminer rapidement ce combat qu'il considérait déjà comme inutile. Mais encore une fois, il retint un autre juron de colère quand l'ombre para son coup à l'aide de ses pieds. Le sol sous son dos forma un petit cratère sous le puissant impact, mais elle ne reçut pas de dommages significatifs suite à la technique du Shinigami. Détendant brusquement les jambes, elle le repoussa avant de se remettre sur le ventre, bâton toujours en main. Reprenant sa stratégie initiale, qui était d'étouffer toute attaque adverse en la noyant sous les siennes, elle y ajoutait à présent des séries de coups de pieds, ce qui gênait encore plus son adversaire.
Déconcerté et furieux, Kenpachi tentait de trouver une parade tout en évitant les coups les plus dangereux et parant du mieux qu'il pouvait tous les autres. Mais plus il subissait d'assauts, plus il s'énervait. Il ne pouvait plus compter sur sa vitesse dans un combat aussi rapproché, et l'agilité de son agresseur l'exaspérait au plus haut point. Il savait en plus qu'attendre ne serait maintenant plus d'aucune utilité dans ce combat. Irrité, il mit la main sur son sabre, l'autre saisissant le fourreau sous sa ceinture.
- Iikagen ni… commença-t-il.
Écartant vivement les bras, il dégaina son Zanpakutô à une vitesse faramineuse.
- … shinasaï, ça suffit !
L'ombre, qui était pourtant en train de porter un coup au moment où le Shinigami prenait son sabre en main, fut littéralement tranchée en deux. Surpris par sa consistance, Kenpachi ne vit pas tout de suite la masse cachée derrière l'ombre, qui s'apprêtait elle aussi à le frapper. Il se félicita néanmoins de sa prudence lorsqu'il se rendit compte de sa présence. Pivotant les hanches, puis les épaules, il frappa avec son fourreau dans ce qui apparaissait comme les côtes de ce nouvel agresseur. Cette fois-ci, il sentit un impact qui lui amena un sourire aux lèvres.
La technique de battô, appelée également "ïaï" ou "nuki" selon les écoles, consiste essentiellement à dégainer très rapidement. On multiplie ainsi la vitesse de frappe par deux ou trois et le katana "saute" littéralement hors de son fourreau. Attaquer après son adversaire et le toucher avant lui ne pose alors plus de problème, le mouvement faisant atteindre à la lame sa vitesse maximale alors même qu'elle se trouve dans son fourreau. La seule faiblesse de cette technique, outre le fait qu'il faille rengainer avant de pouvoir l'exécuter à nouveau, est qu'il s'agit plus d'une coupe que d'une réelle technique. Par conséquent, si elle est ratée, son utilisateur se retrouve sans aucune défense.
- Hiten Mitsurugi Ôgi, Sôryûsen, dit le Shinigami après un temps d'arrêt, les deux bras encore écartés. Bien vu. Après avoir utilisé son battôjutsu, un kenjutsuka comme moi se retrouve à découvert. Mais je suis un pratiquant du kenjutsu de l'école Hiten Mitsurugi-Ryû, et le double emploi du sabre et du fourreau du sôryûsen, le "double dragon", efface ce défaut.
Ce faisant, il remettait son fourreau à la ceinture tout en s'adressant au corps allongé au sol à quelques pas de lui. Il savait que l'ombre ne pouvait être apparue par enchantement, et il était sûr d'avoir à présent son créateur devant lui. Il ressemblait à ce que Kenpachi s'imaginait : à l'image de son ombre, les couleurs en plus et l'aura sanglante en moins. Mais il fut surpris en le regardant mieux. Sa tenue présentait d'étranges similitudes avec son shihakusho. Il portait une veste blanche à manches courtes, révélant des manchons moulants sur les avant-bras et un hakama blanc resserré au niveau des tibias par des guêtres noires ainsi que des waruji de paille sur des chaussettes blanches. Le haori gris foncé sur ses épaules s'ouvrait complètement sur les deux côtés et n'était maintenu que par une large ceinture parcourue de deux fils dorés. Un collier de prière aux grosses boules rouges pendait à son cou, ce qui fit comprendre un peu mieux au Shinigami pourquoi on l'avait attaqué. Il remarqua ensuite les cheveux courts et bruns de son agresseur et les deux tresses devant ses oreilles qui retombaient sur sa poitrine.
Recroquevillé au sol, il se tenait le côté droit, ce qui semblait naturel après avoir reçu un tel coup de fourreau. Kenpachi regardait le bâton doré tombé près de son propriétaire et se disait que l'ombre ne devait être qu'une simple effigie de son créateur quand l'arme disparut sous ses yeux. Aussitôt, il ressentit une vive douleur à l'estomac et avant qu'il n'ait pu réagir, reçut un second choc sous le menton qui le souleva de terre.
Le cerveau cognant dans tous les sens à l'intérieur de la boîte crânienne, Kenpachi présenta un bref instant tous les symptômes de la perte de conscience. Il ne se rendit donc pas compte qu'un coup de pied l'envoya s'écraser violemment contre le porche devant la grande hutte blanche, ce qui eut comme effet de le réveiller. Mais lorsqu'il ouvrit un œil, ce fut pour se retrouver à terre sur le dos et voir un bâton doré qui s'abattait sur son visage. Tordant le cou, il évita de justesse la dure pointe métallique, qui lui causa néanmoins une estafilade sur la joue gauche. Il se releva prestement, non sans s'être d'abord éloigné de l'endroit de l'impact, et se rendit compte qu'il tenait toujours son katana à la main alors qu'un filet de sang coulait dans son cou.
Sa vue encore brouillée, ce furent son ouïe et son sens du toucher qui le sauvèrent. Il entendit le bruit des boules du collier de prière s'entrechoquant s'approcher rapidement et quelque chose effleurer son haori. Sans prendre le temps de réfléchir, il exécuta un senka et se retrouva à deux pas dans le dos de son adversaire, esquivant ainsi un nouvel assaut mortel. Sachant qu'il ne pourrait plus compter sur ses yeux pendant un moment, il les ferma et leva la jambe droite pour repousser son vis-à-vis. Sachant que Kenpachi chercherait à l'attaquer dans son angle mort, sa cible repoussa le pied avec l'arrière de son bâton, mais ne put rien contre le coup de sabre qui le suivit. Le Shinigami avait en effet levé sabre et jambe de pair, exécutant une attaque en deux temps, réussissant par là même à mettre son agresseur en sérieuse difficulté.
Kenpachi trouva le contact plus dur que ce à quoi il s'attendait. Reculant d'un bond, ne sachant pas s'il avait percuté une sorte de bouclier ou autre chose dans le même genre, il préférait éviter une contre-attaque en l'absence de sa vue pour confirmer ce que son instinct lui aurait dicté. Il profita de ce bref répit et secoua la tête afin de se remettre les esprits en place, non sans rester sur ses gardes. Quand il pensa s'être suffisamment remis, il regarda à nouveau son adversaire, et comprit pourquoi celui-ci ne réagissait toujours pas.
Les yeux grands ouverts fixés sur son épaule gauche, il regardait la fêlure de l'une des boules de son collier s'élargir, puis l'ornement lui-même s'effriter pour finalement tomber au sol dans un petit bruit. Pendant tristement, il ne restait que la corde qui reliait les boules entre elles autour de son cou. Observant attentivement ses réactions, le Shinigami vit ses mains trembler et se prépara aussitôt à subir un assaut sous le coup de la colère. Il ne fut pas déçu, car abandonnant son bâton, son adversaire se jeta sur lui dans un cri de rage. Kenpachi ne revint pas de sa surprise à l'instant où il reconnut une voix de jeune fille. Au vu de sa taille, il pensait avoir affaire à un jeune adolescent, fait qu'il s'était confirmé lorsqu'il ne constata pas de renflement au niveau de la poitrine quand il l'avait vu allongé sur le sol la première fois. L'agressivité dont son adversaire faisait preuve renforça sa conviction d'affronter un garçon. Mais la voix qu'il venait d'entendre appartenait clairement à une jeune fille.
Un peu perturbé, il révisa son premier choix qui était de blesser son agresseur avec son sabre, et opta pour une solution plus "douce". Courant en avant, il s'écarta au dernier moment, plaçant par la même occasion un ryûkansen en tournant sur lui-même. Il prit néanmoins la peine de retourner son sabre entre ses doigts afin de ne pas blesser la jeune fille. La frappant dans le dos avec sa contre-lame, il la projeta avec force à l'intérieur de la hutte à travers la porte d'entrée. Il se lança à sa poursuite et se rendit compte trop tard qu'avec les nombreux obstacles qu'ils allaient trouver et l'agilité féline de son adversaire, il venait de se compliquer la tâche.
Pénétrant dans le bâtiment, il remarqua tout de suite l'effet des petites ouvertures qu'il avait aperçues depuis l'extérieur. Elles servaient à réguler la chaleur du désert tout proche et il faisait donc étonnement frais une fois entre les murs de la hutte. Celle-ci était cependant bien éclairée mais il n'eut pas le temps de s'attarder davantage sur la décoration intérieure. Tombant du plafond, la demoiselle faillit assommer le Shinigami mais ne put que le désarmer. Le zanpakutô tomba à terre pendant qu'il s'écartait vivement de l'entrée où il se trouvait. Sans le laisser souffler, elle l'attaqua dès qu'elle put poser le pied par terre. A présent habitué à ces séries d'attaques rapides, Kenpachi ne se découragea pas et tenta de passer en force au travers de la garde de son adversaire. Et encore une fois, l'adolescente le prit en défaut. Elle ne chercha pas à se dégager de cette position où l'homme se trouvait anormalement proche d'elle pour revenir dans de meilleures conditions, mais saisit les longs cheveux noirs dépassant de son catogan à pleines mains. Abaissant brusquement les bras, elle lui fit faire une connaissance plus intime avec son genou. Satisfaite à la vue du petit flot sanguin qui jaillissait du nez de son adversaire, elle s'apprêta à continuer l'assaut lorsqu'elle s'aperçut qu'il tenait sa ceinture.
Au travers du filet rouge qui coulait au milieu de son visage, Kenpachi souriait. Il savait qu'en engageant le combat avec la créatrice de l'ombre qui lui avait donné tant de mal il n'y aurait que peu de chances pour qu'il s'en sortît sans blessure. Au contraire, il se sentait heureux de constater que de nombreuses personnes pouvaient lui tenir tête dans ce monde. La frustration ressentie auparavant s'était muée en plaisir. Cette nouvelle aventure pourrait se révéler riche en nouvelles expériences finalement, pensait-t-il. Revenant à la jeune demoiselle, il était bien décidé à ne pas laisser échapper sa proie, pas après avoir pris tous ces coups. Il serra le poing autour de sa prise et prépara un troisième Hô-oh no Tekken, ignorant les vaines tentatives de la jeune fille qui se tortillait dans tous les sens, essayant par là de se libérer.
L'espace d'un battement de cœur, elle craignit pour sa vie pour la première fois de son existence. Elle avait toujours été plus forte que chacun de ses adversaires, mais celui-là se révélait vraiment exceptionnel même si elle le savait depuis le début. Le sombre pressentiment ressenti lorsque Mai lui avait annoncé qu'elles allaient accueillir quelqu'un ne cessait de s'amplifier depuis jusqu'à ce jour. Malgré ses tentatives de dissuader son amie d'accéder à la demande de la Principale, celle-ci ne comprenait pas pourquoi cela la dérangeait tant. Elle-même n'aurait su le dire, mais le Shinigami ne devait pas l'approcher, elle le sentait. Tout en lui l'écœurait avant même qu'elle ne le vît, au point de détester jusqu'à son nom. Et lorsqu'elle le sentit tout proche, elle n'y tint plus et envoya une de ses ombres l'attaquer. Et pendant leur combat, un regard au kanji inscrit au dos de son haori la fit frissonner.
Elle voyait le poing enflammé grandir au fur et à mesure qu'il s'approchait de son visage. Dans un incroyable réflexe, elle se contorsionna et l'évita, les langues de feu ne réussissant qu'à lui roussir quelques cheveux. Ayant repris ses esprits, elle attrapa d'une main celle qui tenait sa ceinture pendant que de l'autre elle lui saisissait la nuque. Croisant ensuite ses jambes derrière le cou de l'homme, elle bascula en arrière de tout son poids, tentant par là de l'amener au sol, mais fut étonnée de ne pouvoir y arriver. Jambes écartées et fléchies, il se retenait uniquement par la force physique. Elle ne se laissa pas impressionner pour autant malgré son admiration, et n'en regretta pas moins son faible poids. Lâchant le bras et le cou de son adversaire, elle se détendit et attrapa l'une des jambes du Shinigami qui se trouvaient derrière sa tête et tira d'un coup. Perdant enfin l'équilibre, il tomba lourdement sur le dos, le bras gauche toujours bloqué entre lui, la ceinture de la jeune fille et le bassin de celle-ci. Quand il se servit de son bras droit en tentant se relever par la force, elle appuya sur son coude de la main et l'essai fut un nouvel échec.
La situation ne pouvait être pire pour Kenpachi. Elle avait finalement réussi à le surprendre et il se retrouvait étendu sur le dos à contempler le plafond de paille d'une hutte en plein milieu d'un combat. Sa prise parfaitement verrouillée, la jeune fille savait son contrôle total. Un sourire victorieux se dessina sur son visage pendant qu'elle levait son poing, décidée à en finir avec cette menace qu'elle sentait depuis si longtemps. Mais il restait cependant une option au Shinigami. Lorsqu'elle l'entendit marmonner des mots indistincts, elle sut que le combat n'était pas terminé. Et au moment où elle sentit une grande chaleur le long d'une de ses jambes, puis une autre, plus intense encore et venant d'en-dessous, elle n'hésita pas. Se jetant sur le côté, elle s'éloigna rapidement de l'homme et écarquilla les yeux devant le spectacle qui se déroulait devant elle.
Deux grandes vagues de flammes rouge et orange partirent depuis la colonne vertébrale du Shinigami au niveau de ses omoplates et se déployaient en convergeant devant lui. Au moment où elles se rejoignaient, elles étaient assez grandes pour envelopper entièrement le corps de l'homme. Formant une boule de feu intense, les flammes ne durèrent que quelques instants, puis se dissipèrent. Elles laissaient la place à un Kenpachi debout, mais visiblement et physiquement transformé. Ses yeux avaient pris une teinte pareille au ciel lors d'un coucher de soleil et on aurait dit que ses cheveux étaient constitués de flammes ardentes comme s'ils étaient des restes de la grande boule de feu qui venait de disparaitre. Et il en allait de même pour le katana enflammé qu'il tenait à la main et qu'il avait récupéré sans que l'adolescente ne sache comment.
Il avait pourtant hésité avant de libérer le pouvoir de son Shikai. Mais devant la maîtrise du combat au sol que la jeune fille venait de lui démontrer, peu de possibilités s'étaient offertes à lui. Augmenter la force dans ses membres n'aurait pas suffi face à une clé parfaitement verrouillée, il le savait. Car peu importe sa puissance, son corps reste celui d'un humain, avec les faiblesses articulaires qui lui sont propres et que les clés au sol exploitaient avec une largesse dont Kenpachi se serait bien passé. Il avait tenté de la ménager, mais l'envie de tuer qu'il venait de ressentir chez elle le décida à en terminer définitivement. Levant son zanpakutô des deux mains loin au-dessus de sa tête, il prit une profonde inspiration.
- Isshiki, Homura Dama, annonça le Shinigami.
Les flammes du sabre s'intensifièrent d'un coup sous le regard de l'adolescente, atteignant presque le plafond situé pourtant à plusieurs mètres du sol. Elle remarqua également la disparition de toute trace de sang sur lui. Devinant que la mystérieuse transformation n'était pas étrangère à cette guérison miraculeuse, elle se renfrogna. Quel niveau de pouvoir avait-il atteint ? se demanda-t-elle. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas lui laisser le temps de me faire une autre mauvaise surprise comme celle-là. Mais serai-je capable de l'arrêter ? Oui, il le faut, se dit-elle après avoir marqué un temps d'arrêt. Cet homme représente une menace pour tout le monde, je le sens. Il me faut le battre, je n'ai pas le choix.
Alors que Kenpachi levait son sabre, elle posa ses mains au sol et planta solidement ses waruji dans le sol afin de prendre le meilleur départ possible pour sa prochaine charge. Elle ne savait pas quel genre de technique il allait utiliser mais peu lui importait. Elle comptait sur son agilité dans le but de le surprendre une nouvelle fois. Se concentrant de son côté, elle fit apparaitre autour d'elle plusieurs ombres semblables à celle qu'elle avait envoyée plus tôt à l'encontre de son visiteur indésirable. A leur vue, l'homme comprit immédiatement le stratagème qu'elle prévoyait d'utiliser. Se cacher parmi des ombres capables de dégager une aura dans le but de dissimuler la sienne lui poserait effectivement des problèmes. Mais il est plus rapide qu'elle et sa Homura Dama multipliait sa puissance tout en créant un mur de chaleur intense autour de lui, garantissant ainsi une défense correcte à défaut d'imperméable. Qui de lui ou de la jeune fille sortirait vainqueur de ce dernier assaut ? Les ombres – ou la jeune fille elle-même – seraient-elles plus rapides que sa technique, ou l'inverse ? Il ne saurait le dire. La seule chose de certaine, c'est qu'il s'agissait certainement de la dernière attaque qu'ils auraient à porter. Et Kenpachi était bien déterminé à gagner.
Il examinait encore ses différentes options quand les ombres se mirent en mouvement. Bondissant dans tous les sens, elles embrouillaient sa vue et la vraie en avait profité pour disparaitre de son champ de vision. Il se rabattit donc sur ses autres sens afin de repérer sa cible. La tension montait alors que chacun des deux combattants attendait une faille dans la garde de son adversaire. L'atmosphère, oppressante, exacerbait les sensations. Chaque son, battement de cœur ou respiration, semblait résonner, multiplié par vingt dans leur esprit. Les secondes s'égrenaient si lentement que le temps semblait presque suspendu.
Saisissant un tremblement dans le mouvement qui l'entourait, Kenpachi se lança le premier. Abattant le sabre, il rencontra et élimina trois ombres dans cette première coupe. Un mouvement brusque lui indiquant qu'une attaque venait sur sa gauche, il resserra sa prise sur la poignée de son sabre et pivota sur ses jambes, se débarrassant de deux autres adversaires immatériels. Un bruit de pas dans son dos lui apprit la direction de la prochaine offensive. Se retournant à nouveau, il s'aperçut qu'elle se trouvait déjà trop près pour qu'il puisse la toucher avec la lame. Il devrait donc la stopper avec son pommeau. Tandis qu'un mur de chaleur se formait autour de l'homme sous l'effet de sa Homura Dama, il armait sa frappe à l'épaule, le sabre à l'horizontale et dégageant des flammes plus intenses que jamais. Son adversaire avait elle arrêté son choix sur une attaque ascendante – sakakaze cette fois, nota Kenpachi – et se préparait à sauter afin d'en augmenter la vitesse et la puissance.
- STOP !, tonna soudain une voix sur le côté.
Se figeant immédiatement dans leur position, les deux adversaires n'en continuaient pas moins de se jeter des regards emplis d'hostilité avant de se retourner vers l'entrée, d'où venait le cri. La forme d'une jeune femme aux cheveux courts et essoufflée par la course effrénée qu'elle venait de faire se découpait dans l'ouverture de la porte. Elle reprit, l'air furieux.
- Êtes-vous devenus fous ? Qu'est-ce qui vous prend de vous battre entre vous comme ça ? Mikoto, crois-tu vraiment que c'est une façon d'accueillir les gens ?
- Mais, Mai, c'est…
- Je ne veux pas le savoir, ton comportement est inexcusable ! Comme punition, tu n'auras droit qu'à une seule portion ce soir !
Les yeux étincelants, Mai coupa court d'un seul regard une autre timide tentative de la Princesse de Cristal pour se justifier. Elle se dirigea ensuite vers Kenpachi, qui avait repris de son côté une apparence normale. Fulminant toujours, elle se campa devant lui mais ne sachant que faire, se contenta de le fixer dans les yeux les poings sur les hanches. Finalement ce fut l'homme qui céda le premier et détourna le regard. Il savait qu'il n'aurait pas dû répondre aussi facilement à la provocation de celle qui s'appelait Mikoto, et encore moins attenter à sa vie. Il ne pouvait tromper Mai sur ses intentions, il le savait.
Reportant son attention sur Mikoto, il la vit tête baissée, la mine déconfite et les larmes au bord des yeux. Soudain, il prit conscience de sa jeunesse, et fut encore une fois étonné de ses capacités. Mais quand il croisa de nouveau le regard courroucé du Rubis Flamboyant, il sut qu'il lui faudrait attendre avant de pouvoir obtenir un début de réponse à ses interrogations. Il releva la tête lorsqu'il entendit un soupir. Il s'attendait à une tempête de vociférations ou à une gifle, mais cette réaction inattendue ne voulait pas dire qu'il était sorti d'affaire pour autant.
Mai avait observé le combat au premier rang des spectateurs depuis le début, d'abord stupéfiée par l'attaque-surprise de Mikoto par ombre interposée, ce qui n'était clairement pas son style habituel, puis ensuite curieuse. Curieuse de connaitre la réaction de Kenpachi. Curieuse de voir les techniques de Shinigami rapportées dans le dossier qui lui avait été remis lors de l'interrogatoire de celui-ci mais étant absente de Garderobe le soir des évènements, elle n'avait eu l'occasion de les observer en vrai. Curieuse enfin de savoir combien de temps son invité allait-il pouvoir tenir face à son Master. Mais il apparut rapidement que loin d'être dominé, il lui tenait tête et finissait même par avoir parfois l'avantage. Impressionnée, elle remarqua néanmoins presque tout de suite que l'affrontement devenait de plus en plus violent. Et lorsque les deux antagonistes pénétrèrent dans son restaurant, elle hésita quelques instants et quand les bruits de la bataille se firent plus importants, elle se mit à leur poursuite, craignant une destruction de son établissement. Elle accéléra quand de la lumière rouge-orangée lui parvint depuis l'intérieur de la salle.
En arrivant, elle sentit deux pulsions meurtrières très puissantes, et craignit d'arriver trop tard. La scène qu'elle vit en touchant de pas de sa porte la fit réagir instantanément. D'un côté, une Mikoto ramassée sur le sol et attaquant Kenpachi par-derrière qui lui se retournait pour la frapper de toutes ses forces avec son sabre. Elle ne remarqua pas tout de suite le changement physique de ce dernier, mais paniquée à l'idée de ce qui pourrait arriver s'ils arrivaient au bout de leurs intentions, elle hurla un ordre avec toute la puissance et l'autorité dont elle se sentait capable sur le moment.
Miraculeusement, ils s'arrêtèrent net. Soulagée, elle reprit son souffle et sentit la fureur monter en elle. Décidant rapidement d'une bonne punition pour Mikoto, elle se planta devant le Shinigami, incapable de statuer sur son sort dans l'immédiat. Elle se mit donc à réfléchir. Réussir à mettre Mikoto autant en difficulté est un soi un bel exploit auquel elle n'était jamais parvenue, mais il avait commis deux grandes fautes : il était certes l'agressé, mais il n'aurait pas dû aller aussi loin dans ses intentions ; et aurait probablement détruit son restaurant si cela lui avait paru nécessaire, elle en était certaine. D'un autre côté, elle avait pu voir des techniques inédites que Kenpachi n'avait pas encore utilisées et constata que finalement, le restaurant n'avait pas beaucoup souffert de l'affrontement. Seule la porte d'entrée devait être remplacée par une neuve et quelques meubles déplacés. Bref, rien de bien important. Elle s'adressa donc au Shinigami.
- Je comptais faire un grand repas ce soir pour fêter ton arrivée parmi nous mais finalement, je crois que ce sera quelque chose de bien plus modeste, fit-elle calmement. Comme punition, tu devras me réparer la porte d'entrée et nettoyer les traces de vos bêtises ici.
Regardant autour de lui, Kenpachi vit en effet que son Shikai avait passablement roussi le plafond et carbonisé une petite partie du sol. Un peu soulagé par la légèreté de sa peine, il ne chercha pas à la discuter, de peur que Mai ne revienne sur sa décision. Décidant de s'atteler tout de suite à sa tâche, il plongea sa main dans le revers de sa veste, ce qui déclencha une réaction défensive de la part de Mikoto. Sautant en arrière, elle s'apprêtait à bondir de nouveau sur lui quand un autre regard acéré de Mai l'arrêta.
- Tu souhaites vraiment te coucher sans rien manger, toi, marmonna-t-elle entre ses dents serrées.
- Il faut faire attention, Mai ! s'écria Mikoto, le doigt pointé sur l'homme. On ne peut pas lui faire confiance ! Je sens… une mauvaise odeur… et elle vient de lui…
Arrêtant son geste à ces paroles, Kenpachi se dépêcha de sentir son shihakusho et ses aisselles pour savoir s'il sentait vraiment aussi mauvais que ce que Mikoto venait de dire. Mais ne détectant rien de particulier, il leva un visage interrogateur vers la jeune fille, puis tira une longue lanière de tissu blanc de dessous son uniforme.
- Moi pas comprendre pourquoi toi me détester, jeune fille, commença Kenpachi en s'adressant à Mikoto, mais crois avoir idée. Tu es comme un dieu ici, non ?
Ce fut au tour de la Princesse de Cristal d'être surprise par la voix du Shinigami. Grave et posée, elle réveillait des sensations très différentes de celles qu'elle ressentait jusque-là envers lui. C'était la première fois qu'elle l'entendait parler, et l'expérience ne semblait pas aussi déplaisante qu'elle aurait cru de prime abord. Un peu rassérénée, elle acquiesça à la question qu'on venait de lui poser mais sans baisser sa garde, n'ayant pas une totale confiance dans le nouveau venu.
- Les gens la surnomment Nekogami-sama, la Déesse des Chats, précisa Mai, qui avait suivi le changement d'humeur de sa protégée.
- Je vois, continua Kenpachi sur le même ton. Ai cru d'abord elle être garçon, avec cheveux très courts et peut-être moine, à cause collier. Pas inquiéter pour lui, ajouta-t-il précipitamment en voyant l'intéressée céder à nouveau à la colère, je réparer, promis.
Pendant qu'il parlait, il remontait rapidement les manches de son kimono avec la lanière qu'il croisait dans son dos pour finalement en attacher les deux extrémités sur son côté gauche. Ensuite, sous la directive de Mai, il entreprit de remettre de l'ordre dans le restaurant avant le service, le tout sous le regard encore suspicieux de la Déesse des Chats.
- Quand compris Mikoto être fille, suis surpris, reprit Kenpachi après un moment. Tu es forte, très forte, je vois. Comment elle, toute petite, être forte comme ça ? Alors pensé collier, lui comme ceux des prêtres et des moines des dieux dans mon monde. Moi être Shinigami, Dieu de la Mort et toi Déesse des Chats. Donc normal que toi crois moi être menace. Nous être comme deux faces d'une pièce. Toi dieu pour vivants, et moi représenter fin de la vie, monde des morts, et pas sûr que tout le monde d'accord pour aller là-bas.
Attentive, Mikoto s'était installée sur l'un des sièges se trouvant près du comptoir circulaire autour de la cuisine, située au centre de la pièce. Les hypothèses qu'il lui fournissait trouvaient écho chez elle, répondant en partie à ses peurs inexpliquées à son égard. Néanmoins peu rassurée, puisqu'il représentait toujours un certain danger à ses yeux, elle ne le quittait pas du regard. Elle observait chaque geste de Kenpachi, prête à se jeter sur lui au moindre mouvement suspect. A chaque fois qu'il croisait son regard, elle ne pouvait retenir un frisson qui parcourait tout son dos tout en prenant un air hostile. La tension qui émanait d'elle ne semblait cependant pas troubler le moins du monde le Shinigami.
Armé par l'Otome, Kenpachi remettait en ordre tout ce qui avait été dérangé dans la salle avec un zèle et une ferveur rarement vues. Mai elle-même se sentit presque mal de le voir s'activer ainsi alors qu'elle ne faisait que de lui donner des ordres et le regarder travailler. Quand il s'attaqua à la porte, elle lui fit savoir qu'il leur faudrait sortir pour en trouver une nouvelle. Laissant à Mikoto le soin de garder la grande hutte, ils partirent. Et au retour, alors que le soleil de fin d'après-midi embrasait le ciel, Mai craignit un instant un nouvel affrontement alors qu'ils approchaient de sa maison. Mais fort heureusement, la Déesse des Chats se retint cette fois-ci, échaudée par sa punition.
L'homme batailla avec les fixations de la porte d'entrée brisée, qu'il n'avait jamais rencontrées et dont il trouva la conception simple et ingénieuse après observation. Habitué aux portes de papier coulissantes de la Soul Society, dont les bâtiments ressemblaient tous au style du Japon médiéval, il n'avait en effet jamais rencontré le type de fixations dont bénéficiait cette porte. Une fois celle-ci réparée, il s'attaqua ensuite au sol carbonisé, et fit s'écarter Mai et Mikoto qui s'étaient rapprochées de lui. Penché sur les marques sombres, il leur tournait le dos. Elles le virent apposer les mains sur le sol, puis presque aussitôt une brève lueur bleutée apparaitre devant lui. Se relevant, il demanda à Mai de venir constater si la réparation qu'il venait d'effectuer lui semblait suffisante. La curiosité piquée au vif, elle ne se fit pas prier. Ses yeux s'écarquillèrent : la réparation était parfaite. Aucun défaut visible, comme si la brûlure n'avait jamais existé. Se retournant vers Kenpachi, elle s'apprêtait à lui demander sa méthode pour effacer ces traces quand deux borborygmes sonores issus d'estomacs vides interrompirent ses pensées.
- C'est bien la première fois que je vous vois d'accord sur la même chose, dit Mai en souriant. C'est d'accord, je vais vous préparer à manger, ajouta-t-elle encore avant d'éclater de rire.
C'était la première fois que Kenpachi la voyait sourire, et, emporté par la jovialité de celle-ci, sourit d'abord avant de céder et de rire à gorge déployée. Et il songeait toutefois en s'esclaffant de concert avec la Légendaire Otome, qu'un œil noir le regardait et que d'autres personnes, à Garderobe, l'attendaient.
