Je me prosterne devant vous pour m'excuser. Une absence pareille... vraiment je suis désolée. J'espère que ce nouveau chapitre vous fera plaisir. Maintenant je me fais toute petite et je vous laisse lire tranquilles.
Chapitre 10 : La soif qui vous obsède
Comme convenu, Barty rapporta à Voldemort dès le lendemain le registre des détenus d'Azkaban. Le mage noir en fut très satisfait. Dès lors, il accepta de confier à Regulus et Barty des missions de plus en plus importantes. Ils les remplirent une à une, acceptant d'espionner, de mentir, de tricher. De faire du mal. Tout ce qui pouvait avantager le Seigneur des Ténèbres, Regulus faisait de son mieux pour l'exécuter. Sans jamais se plaindre. Il s'était mis du plomb dans la cervelle, comme Barty le lui avait ordonné. Jusqu'à ce jour...
Il s'agissait du dernier nom sur la liste de Croupton. Les derniers qui devaient les rejoindre, ou mourir. Regulus n'avait eu à se charger en personne que du quart de cette liste. Et très peu avaient refusé son offre. Mais que ce soit une ou cent personnes, ça revenait au même. Il avait du sang sur les mains. Cependant, jusqu'à ce soir, on ne l'avait pas encore obligé à prendre la vie d'enfants.
Ils s'étaient réfugiés à l'étage. Rabastan et Barty se "chargeaient" de leur parents au rez-de-chaussée qui avaient eu le malheur de dire "non". Recroquevillés entre une commode et le lit de leurs parents, les deux jeunes garçons se serraient l'un contre l'autre. Ils tremblaient comme des feuilles. Regulus pointa sa baguette vers eux sans conviction.
- Laissez-nous tranquilles ! s'exclama le plus âgé des deux.
- Où sont papa et maman ? demanda faiblement son frère.
- Chut. Cet homme nous veut du mal.
Si seulement. Regulus n'avait pas la moindre envie de leur faire du mal. Ils ne seraient ni une aide, ni une menace pour Voldemort. Alors pourquoi les tuer ? Ça n'avait aucun sens.
- Regulus, où en es-tu ? intervint Barty en entrant.
Lorsqu'il trouva le jeune homme raide comme un pic, Barty ne put s'empêcher de pousser un faible soupir. "Il s'en doutait" comprit Regulus.
- Je ne peux pas, dit-il finalement en baissant sa baguette. Ils n'intéressent pas le maître.
- Idiot de Burdy. Ils ont vu nos visages, lui fit remarquer Barty.
- Ne me traite pas d'idiot ! On est pas obligés de...
- Allez-vous en ! cria le grand frère en attrapant un vase posé sur la commode pour le lancer sur Regulus.
Celui-ci leva le bras pour se protéger et le vase se brisa en lui entaillant la chair. Regulus ressentit une douleur lancinante. Mais ce ne fut rien comparé à ce qui se passa une microseconde après que la première goutte de son sang ait perlé à l'air libre. Les enfants poussèrent des cris de surprise et de terreur. Les mains de Barty avaient claqué l'air comme des fouets. L'une se refermant sur le cou de Regulus pour le plaquer violemment contre un mur, l'autre agrippant le bras blessés dans une poigne de fer. Cela fit couler le sang encore plus. Les gouttes écarlates tombaient sinistrement au sol alors que Regulus fixait Barty, les yeux écarquillés. C'était comme dans la forêt interdite. Peut-être même pire. Les pupilles de Barty étaient dilatées au point de ne plus former qu'une tache ténébreuse. Dans son regard, on pouvait lire l'avidité. La soif. Une envie incontrôlable. Et pourtant, Barty ne l'avait toujours pas mordu. Ses crocs n'étaient qu'à quelques centimètres de la chair sanguinolente de Regulus. Il écrasait sa gorge de son autre main, comme si cela l'aidait à ne pas céder. Mais le souffle manquait à Regulus. Il se sentait déjà perdre conscience.
- Bar... ty... étouffa Regulus.
Le vampire arracha brusquement ses yeux de la blessure pour les lever vers lui. Regulus le supplia du regard, se demandant si ce serait suffisant. Son ami le reconnaissait-il au moins ? Cela faisait des mois qu'il ne dormait pas, qu'il survivait en buvant quelques gouttes de sang animal, et seulement quand il le pouvait. Barty souffrait. Regulus pouvait déceler la douleur mêlée à la soif dans son regard. Barty n'aimait pas ce qu'il était en train de faire. Il ne le supportait pas. Mais quelque chose en lui l'y poussait. "Il est dans cet état à cause de moi..." regretta Regulus en fermant lentement les yeux.
Soudain, il fut libéré de Barty et tomba au sol en glissant contre le mur. Clignant des yeux en toussant pour reprendre sa respiration, Regulus se rendit compte que son ami était redevenu normal. Mais Barty fixait le sang qui avait taché ses doigts en l'agripant. Il serra le poing. Si fort que ses jointures en devinrent blanches. Puis il se tourna vers les enfants toujours pétrifiés d'horreur. Barty sortit sa baguette de sa poche, et deux éclairs verts illuminèrent successivement la pièce alors que des bruits de pas se faisaient entendre derrière la porte. Le regard des enfants serrés l'un contre l'autre était vide lorsque Rabastan entra.
- Qu'est-ce que vous foutez ? Regulus, il te faut combien de temps pour tuer deux gamins ?
Il ne répondit pas. Regulus gardait les yeux fixés sur Barty qui observait les enfants morts comme s'il gravait leurs visages dans sa mémoire. Puis il tourna les yeux vers Regulus. Celui-ci y lut de la culpabilité. "Il se déteste pour avoir eu cette réaction. Il se voit de nouveau comme un monstre. Je suis vraiment idiot ! Je me suis laissé blesser en présence de Barty et... je l'ai obligé à faire le sale boulot pour moi. Il aurait mieux fait de m'étouffer complètement".
- On a terminé ici, rentrons faire notre rapport au maître, décida Rabastan en jetant un rapide coup d'oeil aux enfants. Morsmordre !
Le sortilège traversa la fenêtre et la marque des Ténèbres apparut dans le ciel.
- Debout Regulus. Espèce de faiblard.
Rabastan devait s'imaginer que Regulus s'était effondré après avoir tué les enfants. Là encore, Barty l'avait protégé. Si Voldemort apprenait qu'il avait hésité... Au moindre soupçon, il se débarrasserait de Regulus. Celui-ci fit de son mieux pour se relever seul. Ses jambes étaient encore faibles, mais il se tint debout d'une manière ou d'une autre. Puis ils transplanèrent jusqu'à Terre-en-Lande. Lorsqu'ils eurent fini leur rapport auprès du mage noir, Barty fut le premier à quitter le salon des Lestrange. Il avait toujours cette capacité à se déplacer rapidement, mais il s'était retenu de le faire jusqu'à aujourd'hui. Et même là il s'était réfréné pour ne pas disparaître comme un courant d'air. Regulus décida qu'il valait mieux soigner son bras avant d'aller voir son ami.
Barty s'était réfugié dans sa chambre, et il se serait jeté sous la douche entièrement habillé si, comme tout le monde, il avait eu besoin de plus d'une seconde pour retirer ses vêtement. Mais il n'était pas comme tout le monde, et sa robe de mangemort n'avait pas encore touché le sol que sa tête était déjà sous l'eau froide de la douche. Le sang de Regulus qui tachait toujours sa main fut lavé par l'eau. Mais l'odeur... insupportable, enivrante, persistait. Barty se demandait encore comment il avait fait pour retrouver ses esprits. Il n'avait pas eu à résister à l'odeur du sang humain depuis des semaines. Et son état de fatigue n'arrangeait rien. "J'aurais pu vider Regulus de son sang en quelques secondes..."
- Barty ?
Depuis la salle de bain, il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Regulus était entré. Cela le mit hors de lui que son ami prenne le risque de l'approcher après ce qui s'était passé.
- Dégage ! cria-t-il avant que Regulus n'ait l'idée stupide d'entrer dans la salle de bain.
- Je me suis soigné le bras. Je ne saigne plus.
- Peu importe... va t'en.
- Je tenais à m'excuser, insista Regulus. Ce qui s'est passé ce soir... c'est entièrement de ma faute.
- J'aurais pu te tuer.
- Tu ne l'as pas fait. Au contraire, tu m'as protégé. Merci Barty.
"Merci ? Qu'est-ce que tu racontes ? Idiot de Burdy... Des gens sont morts ce soir, et tu aurais pu en faire partie".
- T'es vraiment un boulet, soupira Barty.
- Qu'est-ce que tu dis ? s'enquit Regulus qui n'avait pas bien saisi.
- Sors d'ici maintenant. Et profites-en pour aller brûler discrètement ma robe de mangemort. "Je ne veux plus que l'odeur de ton sang arrive jusqu'à mes narines".
- Tout ce que tu voudras, accepta Regulus.
Il ramassa la robe et sortit de la chambre. Barty entendit ses pas s'éloigner, puis disparaître. Il poussa un nouveau soupir. Combien de temps tiendrait-il encore sans dormir une seule seconde ? Et cette faim qui lui brûlait la gorge... il devait rapidement se procurer du sang animal. Il avait l'impression que ses crocs pourraient sortir à tout moment.
Quelques jours plus tard, Voldemort posa une étrange question à Regulus alors qu'ils quittaient tous le salon. Barty avait déjà franchi la porte, et il fronça les sourcils en entendant :
- Regulus, ta famille possède un elfe de maison, n'est-ce pas ?
- Oui... maître, dit-il aussi surpris que Barty par cette question.
- Appelle-le, lui ordonna brusquement Voldemort.
Regulus glissa un regard vers Barty. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Son ami disparut dans l'ombre pour continuer à écouter la conversation sans être vu.
- J'ai dit : appelle-le ! s'exclama furieusement Voldemort.
- Oui, acquiesça-t-il. Kreattur !
L'elfe apparut aussitôt, et il s'inclina devant Regulus.
- Le jeune maître a appelé Kreattur ?
Voldemort se leva de son fauteuil, et il inspecta l'elfe du regard en tournant autour d'eux. Puis il dit en s'arrêtant :
- Maintenant ordonne-lui de faire tout ce que je lui dirai. Et de tenir sa langue.
De plus en plus surpris, Regulus resta silencieux quelques secondes. Que préparait le seigneur des Ténèbres ? Qu'est-ce qui pouvait être si important pour qu'il veuille le cacher même à ses mangemorts ? Le regard que Voldemort lui jeta obligea Regulus à dire :
- Kreattur, je t'ordonne de faire tout ce que le Seigneur des Ténèbres te dira, et de ne rien répéter à personne.
- À vos ordres maître, dit Kreattur en s'inclinant de nouveau.
- Bien, approuva Voldemort d'un air satisfait. Maintenant, viens ici elfe.
Le mage noir tendit un bout de sa robe noire à Kreattur qui s'avança docilement pour le prendre. Puis ils disparurent en transplanant. Regulus se retourna vers Barty qui était réapparu devant la porte. Il le rejoignit rapidement pour murmurer :
- Qu'est-ce que ça signifie ?
- Mauvais présage, répondit Barty. Il prépare quelque chose de dangereux.
- Dangereux pour nous ?
- Pour tout le monde, sauf pour lui. On le connais bien maintenant.
- Qu'est-ce qu'on fait ? s'inquiéta Regulus.
- Rien du tout.
- Comment ça ?
- Tu ne sais même pas de quoi il s'agit, qu'est-ce que tu veux faire ? Et je croyais que tu avais compris. Obéis-lui si tu veux vivre.
- J'y arrive de moins en moins... Je suis désolé, mais les enfants de l'autre jour...
-...
- Je sais que je n'ai pas le droit de te reparler de ça, s'excusa-t-il rapidement. Tu l'as fait à ma place. Mais je...
- Mais rien du tout, le coupa Barty. Reste tranquille et continue à rendre tes parents fiers de toi.
- Heu... je... murmura-t-il médusé.
- On est là pour eux il me semble, lui rappela Barty. Maintenant, je dois partir en mission avec les Lestrange. Alors écoute bien les ordres de ton seul maître, c'est à dire moi. Reste ici. Peu importe l'état dans lequel tu retrouves ton elfe. On est des mangemorts, et on continuera à l'être.
- Jusqu'à ce que quelqu'un lui règle son compte, marmonna Regulus en répétant la phrase que Barty avait prononcé le jour où ils avaient reçu la marque.
- Exactement. Sois sage Burdy, lui ordonna Barty en lui tapotant la tête.
Regulus repoussa sa main et Barty s'éloigna pour sortir du manoir. "Il me dit ça, mais je suis sûr qu'il veut encore plus que moi échapper à notre situation. Barty souffre d'être mangemort, il est fatigué. Tuer ces enfants n'a pas été aussi simple pour lui qu'il veut le faire croire. Il affirme qu'il n'aime rien, qu'il n'a peur de rien. Mais Barty n'a pas envie de continuer à tuer. Et je ne veux pas que ça se produise de nouveau".
Voilà pourquoi, lorsque Kreattur refit son apparition, Regulus fit passer un interrogatoire forcé à son elfe. L'ordre de tout lui raconter était en contradiction avec celui où il lui avait demandé de se taire. Kreattur était déjà complètement chamboulé par ce que Voldemort l'avait obligé à faire. Alors maintenant... il avait l'air complètement fou. Regulus comprenait la moitié des choses. Tout s'embrouillait dans les mots de son elfe, mais il put saisir qu'une caverne et un médaillon étaient en cause. Et surtout, une potion. Une chose qui l'avait terrifié.
- Il voulait protéger le médaillon avec cette potion ?
- O... oui maître Regulus. Il faut... la boire jusqu'au bout pour prendre le médaillon.
- Qu'est-ce que ce médaillon a de si précieux ? réfléchit Regulus en faisant les cent pas.
- Il... il y avait... balbutia l'elfe. Kreattur a senti...
- Quoi ?
- Une mauvaise chose... Une très mauvaise chose à l'intérieur. Il y a un mauvais esprit dans ce médaillon ! s'exclama-t-il en se cachant les yeux comme s'il l'imaginait devant lui.
- Un mauvais esprit... marmonna Regulus. Qu'est-ce que...?
Soudain, il se figea. Cela lui rappelait quelque chose. Il avait déjà lu ça quelque part. Enfermer un esprit dans un objet. Ou plutôt... une âme. "Je crois que c'était dans Secrets les plus sombres des forces du Mal. L'un des livres de la bibliothèque de mon père..."
- Kreattur. Ramène-moi tout de suite l'ouvrage Secrets les plus sombres des forces du Mal. Fais attention à ce que mon père ne sache rien. Dépêche-toi.
Il ne fallut qu'une minute à Kreattur avant de revenir avec le livre. Regulus le feuilleta rapidement pour retrouver le passage qui l'intéressait. "C'est là !" pensa-t-il en s'arrêtant sur l'une des pages. "Les Horcruxes... Voldemort essaye de cacher une partie de son âme dans cette grotte. Tant que le médaillon sera intact, il ne pourra pas mourir". Et c'était un problème. Car personne n'était donc en mesure de lui régler son compte. À moins que...
- À moins que la seule personne qui sache ce qu'il trame décide de lui mettre des battons dans les roues... soupira-t-il en tournant les yeux vers son elfe.
Kreattur trembla de la tête aux pieds et il fit lentement "non" de la tête. Il voyait dans le regard de son maître ce que Regulus s'apprêtait à faire.
- Pitié maître... n'obligez pas Kreattur à y retourner.
- Ne t'en fais pas, tu auras juste à m'y conduire. Mais avant ça...
Regulus fit apparaître une plume noire avec sa baguette et il nota quelque chose en marge de la page concernant les Horcruxes. Au cas où il ne s'en sortirait pas... Barty devait savoir quoi faire. Il était le plus fort des deux. "Si je n'y arrive pas, je suis sûr que Barty le pourra. Mais je ne peux pas l'attendre, ou il m'empêchera d'y aller. Il me prend encore pour un petit oiseau" pensa-t-il avec un léger sourire en déchirant un petit coin de page sur lequel il avait inscrit un deuxième message, à l'intention de Voldemort cette fois. Regulus sortit un médaillon de son col et glissa à l'intérieur le bout de papier. C'était un héritage de famille. Son père le lui avait offert pour ses 17 ans. Puis il déposa la plume noire sur le livre pour tendre sa main à Kreattur. Mais avant qu'ils ne transplanent, Regulus lui donna cet ordre :
- Quoi qu'il puisse se passer dans cette caverne... il faut absolument récupérer le médaillon et le détruire. Tu comprends ce que ça veut dire ?
Kreattur le regarda d'un air terrorisé.
- Abandonne-moi s'il le faut, mais détruis ce sablier et n'en parle à personne. C'est un ordre formel et inviolable ! C'est compris ?
L'elfe fut obligé d'acquiescer, et il fit transplaner son maître jusqu'à la caverne. Ils étaient en plein centre, sur un petit îlot bordé par une sorte de lac. Les eaux étaient noires comme le reste des lieux d'ailleurs. Regulus fit un peu de lumière pour trouver la vasque contenant la potion. Il pouvait voir le médaillon dans le fond. Regulus transforma une pierre en gobelet et le remplit de liquide.
- N'oublies pas tes ordres, rappela-t-il à son elfe.
Kreattur le regarda boire la potion tout en se retenant de se jeter sur son maître pour lui arracher le gobelet des mains. "Maître Regulus... c'est une très mauvaise idée" pensa-t-il inquiet en le voyant déjà vaciller. Mais Regulus tint bon, et il avala la moitié de la potion seul. Cependant, il eut besoin de son elfe pour la terminer. Il voulait à la fois avaler et recracher. Alors il s'étouffa avec cette maudite potion jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une goutte dans la vasque. "J'ai réussi... Tu vois Barty. Je ne suis pas un petit oiseau..."
- Kreattur a le médaillon maître ! Vous avez réussi !
Regulus voyait trouble. Mais il consacra le peu de présence d'esprit qui lui restait à détacher le médaillon qu'il portait lui-même autour du cou. Il eut à peine le temps de le laisser tomber dans la vasque, qui recommença aussitôt à se remplir de potion, avant de s'effondrer.
- Maître ? s'inquiéta son elfe.
- De... l'eau... marmonna Regulus en se trainant jusqu'au bord de l'îlot.
Il avait soif. Tellement soif. Regulus ne pensait qu'à ça. Comme si rester une seconde de plus sans boire le tuerait. Peut-être que Barty ressentait la même chose à l'égard du sang ? Une envie aussi puissante... était irrépressible. Et le plaisir quand l'eau toucha sa langue...! Regulus aurait pu boire facilement le lac tout entier tellement c'était bon.
- Maître... murmura Kreattur en écarquillant les yeux alors que l'eau du lac commençait à remuer dangereusement.
Quand le premier bras désincarné surgit pour attraper le bras de Regulus, l'elfe poussa un cri de terreur et il transplana aussitôt, comme il le lui avait ordonné. Regulus fit de son mieux pour résister à la force qui le tirait vers l'eau noire. Il réussit même à reculer un peu. Mais cela fit sortir la tête de ce qui le tenait fermement. Un mort... et pourtant, d'une vigueur incroyable ! D'autres surgirent et il n'avait plus la force de résister. Mais au moment où il bascula, Regulus aperçut une barque qui s'avançait sur l'eau. Et il y avait quelqu'un à son bord...
- REGULUS !
Il sombra dans l'eau glacée. Les bras cadavériques tenaient ses bras et ses jambes comme des étaux, et il lui était impossible de faire le moindre mouvement. De toute façon, il n'avait pas la force de nager. Ses poumons étaient déjà en train de se remplir de l'eau dont il avait eu si soif. Il en était dégoûté à présent. Cette eau qu'il avait trouvé si bonne le tuait.
Soudain, un éclair de lumière rouge arracha l'un des morts de son corps. Puis un deuxième, jusqu'à ce qu'il fut simplement retenu par l'eau. Enfin, une main attrapa son poignet. Regulus se sentit remonter à la surface, et il prit une grande inspiration quand l'air lui toucha le visage.
- Incendio ! criait la personne qui maintenait à la surface. Incendio maxima !
Regulus se sentit enveloppé par une intense chaleur. Puis il fut extirpé du lac. Cependant, il se sentait toujours balloté. On l'avait placé dans la barque.
- Hé ! Ouvre les yeux ! lui ordonna-t-on en le giflant sans ménagement.
Il cligna des paupières en finissant de cracher le peu d'eau qui restait dans ses poumons. Il savait très bien qui l'avait sauvé avant même de reconnaître son visage. Barty était venu le rejoindre.
- T'arrêteras jamais de me causer des problèmes Burdy ?
- Pour quelqu'un qui les fuit, tu m'aides un peu trop souvent je trouve, sourit faiblement Regulus.
- Qu'est-ce qui t'a pris ? soupira Barty en tombant assis dans le fond de la barque pour essorer ses vêtements trempés. Partir seul et en me laissant un mot pareil ! Si je ne reviens pas, fait le nécessaire ? Pourquoi as-tu fait quelque chose d'aussi stupide ?
- Pour que tu m'appelles par mon vrai prénom, pour une fois, plaisanta-t-il en se rappelant le hurlement de son ami juste avant qu'il coule.
- Ce n'est pas drôle. Si je n'étais pas arrivé à temps...
- Heureusement, tu es là, souffla Regulus en tournant les yeux vers les flammes qui encerclaient la barque pour maintenir les monstres à distance. C'était quoi ces choses ?
- Je dormais en cours, mais je sais quand même que c'étaient des Inferis, lui fit remarquer Barty. Des morts-vivants.
- Je devais aussi dormir pendant ce cours là, rit Regulus pour évacuer tous les mauvais sentiments qui l'avaient assailli depuis qu'il était entré dans cette grotte.
- Et tu ne veux pas me croire quand je te dis que tu n'es encore qu'un petit oiseau incapable de voler seul ?
-...
- Où est l'Horcruxe ? demanda Barty pour changer de sujet en voyant sa mine déconfite.
- Kreattur l'a emmené. Il doit être en train de le détruire.
- Tu es sûr ?
- Kreattur ne me désobéirait jamais. L'Horcruxe est détruit.
- Alors sortons d'ici. Je dois trouver un endroit où te cacher. Tu as gagné Burdy... soupira Barty en faisant avancer la barque vers la sortie. Quand le soleil se lèvera, tu ne seras plus mangemort.
- Toi non plus je crois...
-... Est-ce qu'il y a un endroit sûr où tu voudrais aller ? Ne pense même pas à revoir un jour tes parents. Tu sais que tu dois disparaître après ce que tu viens de faire.
- Ouais... mais je ne sais pas où...
Regulus se tut brusquement. Une conversation lui revenait en mémoire. Une chose qu'on lui avait dite, et qu'il avait trouvé complètement grotesque.
N'oubliez jamais que vous n'êtes pas seul Regulus. Et que ma porte vous sera toujours ouverte. Cela vaut pour aujourd'hui, ainsi que pour tous les jours à venir. Et ce... quel que sera votre choix.
- Je crois que j'ai une idée, sourit-il.
oOo
Marcus Lorens faisait bouillir de l'eau dans sa cuisine, bien qu'il était minuit passé. Comme il le disait souvent : Il n'est jamais trop tard pour boire une tasse de thé. Mais en vérité... depuis qu'il avait été recruté par le ministère de la magie plusieurs mois auparavant en tant qu'Auror, Marcus avait de plus en plus de mal à dormir. Les choses qu'on pouvait trouver dans les maisons au-dessus desquelles flottait la marque des Ténèbres... Il y avait parfois de quoi en faire des cauchemars. Et ses élèves de Poudlard lui manquaient un peu. Peut-être qu'il aurait mieux fait de rester là-bas pour leur enseigner à se protéger contre tout ce qu'il voyait maintenant. "J'aurais dû écouter un peu plus mon père" regretta-t-il. "Il disait toujours que le monde était fait de ténèbres, et que c'était notre responsabilité de protéger le peu de lumière qui subsistait pour la faire grandir. Par tous les moyens". Marcus avait choisi de devenir Auror. Alors que son père...
- Son moyen à lui, c'était trancher des têtes, soupira-t-il. Normal que je ne l'écoutais pas.
Soudain, on frappa à sa porte. Lorens éteignit le feu sous la bouilloire en fronçant les sourcils. Si lui trouvait normal de se faire du thé en pleine nuit, qui pouvait bien penser qu'on avait le droit de surprendre les gens chez eux si tard ? "À part les mangemorts bien sûr" pensa-t-il en restant sur ses gardes alors qu'il s'avançait dans l'entrée. Les coups se répétèrent avec insistance. Des mangemorts qui frappent à la porte ? Encore plus bizarre...
Lorens utilisa la magie pour ouvrir la porte de loin. Et il fut surpris de trouver face à lui deux anciens élèves trempés jusqu'aux os. Marcus les avait tout de suite reconnus. Après tout, ils étaient les plus marquants. Lorens se souvenait encore de ce qu'il s'était passé lors de sa leçon sur l'épouvantard sorti de l'armoire de sa tante. Comment oublier cela ? Mais c'était aussi ce qui l'inquiétait... Ces deux jeunes hommes portaient des robes noires à capuche.
- Professeur... dit le jeune Black appuyé sur l'épaule de Barty.
- Je ne suis plus professeur. Je vous avais prévenu Regulus, que je deviendrais Auror. Je traque les mangemorts maintenant.
-...
- Mais je n'ai pas oublié mon invitation, sourit-il en baissant sa baguette. Entrez, vous êtes les bienvenus.
Regulus soupira de soulagement. Il avait eu peur que Lorens ne se souvienne pas de leur conversation. Barty l'aida à avancer et leur ancien professeur referma rapidement la porte derrière eux.
- Comment connaissiez-vous mon adresse ? s'enquit-il en leur désignant la chambre au bout du couloir.
- J'ai lu tous les livres de Poudlard, répondit Barty. Dans le tas il y avait les archives sur les élèves et les professeurs. Votre adresse était dedans.
- Et vous vous en êtes souvenus ? demanda Lorens stupéfait.
- Je n'oublie jamais ce que je lis, dit-il en haussant les épaules avant d'entrer dans la chambre.
- Laissez tomber monsieur, conseilla Regulus alors que Barty l'aidait à s'allonger sur le lit.
- Je crois que vous pouvez m'appeler Marcus maintenant. Regulus ?
Il était en train de tourner de l'oeil, épuisé par son aventure dans la caverne. Barty utilisa la magie pour sécher leurs vêtements. Mais ils restaient gelés, alors Lorens partit servir le thé qu'il avait préparé. Finalement, sa manie allait être utile.
- Ça va aller Regulus ? demanda Barty en s'asseyant sur le bord du lit.
- Ou... ouais... soupira-t-il.
- Écoute... il vaut mieux te retirer la marque maintenant. Avant qu'on se rende compte que tu as quitté le manoir. D'ailleurs ton idée de laisser ce bouquin sur les Horcruxes ouvert bien en évidence sur ton lit était complètement stupide. Tu le sais ça ?
- Tu m'as trouvé grâce à ça, non ? Mais... comment tu comptes me retirer la marque ?
-...
- Barty ?
- Il n'y a qu'un seul moyen. Et si je le propose, c'est seulement pour te sauver la vie. Encore une fois, précisa-t-il en faisant grimacer Regulus. Mais il y a un gros risque que... je pourrais ne pas réussir à m'arrêter. Je suis tellement fatigué. Et puis, c'est la première fois que je le fais... sur un humain.
- Tu veux dire que... tu vas... comprit son ami en déglutissant.
Barty comptait retirer la marque de Regulus en aspirant le sang contaminé par la potion noire. Il allait le mordre et boire son sang. Le sang d'un humain, pour la toute première fois. Le Barty qui avait faillit l'étrangler allait ressurgir. Mais autre chose l'inquiétait.
- Tu es sûr ? s'enquit Regulus.
- Comme je l'ai dit, c'est le seul moyen. Voldemort pourrait te faire du mal ou te retrouver grâce à cette marque. Et tu ne pourrais pas vivre en paix. Si quelqu'un la voyait... Mais si tu as vraiment peur que je te tue...
- C'est pas ça, le détrompa son ami. J'ai confiance en toi, tu ne me tueras pas. Mais après... je sais que tu vas te haïr. Encore plus que l'autre fois.
- Si le fait d'être un monstre peut se révéler utile cette fois...
- Tu n'es pas un monstre ! s'énerva Regulus. Arrête de dire ça.
- Tu peux penser ce que tu veux. Je sais que je n'ai pas d'âme. Aucun vampire n'en a.
- Les demi-vampires...
- Les demi-vampires sont des buveurs de sang comme les autres. Je te l'ai dit... les détraqueurs n'ont pas le moindre effet sur moi. Maintenant, donne-moi ton bras ou je t'abandonne.
Toujours la même menace. Mais Regulus savait qu'il ne le ferait jamais. Barty était son ami. Ils comptaient beaucoup l'un pour l'autre. Cependant, Regulus se résigna à lui tendre son bras gauche face au regard menaçant de Barty. Celui-ci releva lentement la manche qui masquait la marque des Ténèbres. "Je n'arrive pas à croire que je vais faire ça" pensa Barty. "Je me le suis toujours interdit. Je me l'étais juré. Je ne serais sûrement plus jamais le même après ça. Et puis... il y a aussi... son avertissement".
Alors si jamais il t'arrivait de planter tes crocs dans la chair d'un humain... je n'aurai aucun mal à te retrouver. Et j'ajouterai un nouveau noeud à mon cordon.
C'était ce que lui avait dit le chasseur de vampires après avoir assisté à sa transformation. Si jamais Barty s'avisait un jour de mordre un humain... ce chasseur le retrouverait aussitôt, et il le tuerait. Comme il avait tué la vampire qui s'était attaqué à Barty. Ainsi que l'ensemble de son clan. "Je ne sais pas où est ce chasseur. Je ne sais pas combien de temps il pourrait mettre avant de me retrouver. Mais j'aurai délivré Regulus de cette maudite marque avant ça. C'est un fardeau trop lourd à porter pour lui. Je le sais depuis le début. Et c'est pourquoi je l'ai suivi. C'est pourquoi... je commets l'interdit cette nuit".
- Barty, tu peux renoncer si tu n'as pas envie...
- Ça risque de faire mal, le prévint son ami en le regardant dans les yeux.
- Je m'en doute...
- Très mal, précisa Barty.
-... vas-y, acquiesça Regulus.
Le vampire approcha sa bouche de la chair sur laquelle la marque noire luisait. Il respira d'abord l'odeur de Regulus, même si ses crocs n'en avaient pas tant besoin pour sortir. Barty se rappelait encore parfaitement l'odeur du sang qu'il avait faillit boire la dernière fois. Ce simple souvenir le poussa à mordre son ami qui retint un cri de douleur. Mais Barty s'en rendit à peine compte. Le sang chaud qui coulait dans sa bouche, dans sa gorge... le sang humain. C'était totalement différent de celui des animaux. Bien meilleur. Beaucoup plus délectable. Cette douce saveur nouvelle masquait l'arrière goût de la potion, et elle prenait le dessus sur lui. Barty avait complètement oublié pourquoi il buvait ce sang. Tout ce qui comptait, c'était que cela ne finisse jamais.
- Ah ! Barty... gémit Regulus alors que son sang dégoulinait le long du cou de son ami tellement il s'en gavait.
Dérangé dans son "repas", Barty leva les yeux vers lui. Ses pupilles n'étaient à nouveau que deux orbes noires assoiffées.
- Barty ! l'appela de nouveau Regulus pour le ramener à la raison.
Lentement, son ami cessa de pomper son sang. Mais ses crocs étaient toujours plantés dans sa chair, et Regulus souffrait le martyr.
- Je suis sûr que tu as bu toute la potion... arrête. Tu n'as pas envie de continuer. Ce n'est pas toi. Je ne veux pas que tu te haïsses encore plus à cause de moi !
Alors que la mâchoire de Barty se desserrait enfin, il y eut un bruit de porcelaine brisée plus loin dans la maison. Deux secondes plus tard, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée, et le fil tranchant d'une épée brilla dans la nuit. Barty avait définitivement lâché Regulus et celui-ci se jeta sur lui pour lui éviter le coup qui aurait sans aucun doute tranché la tête du vampire. Ils roulèrent au sol. L'épée fila à nouveau droit sur eux, mais Regulus hurla :
- NON ! Il ne me veut pas de mal. Il s'était arrêté !
L'épée s'arrêta elle aussi à deux centimètres de la gorge de Barty, étendu au sol sur le dos. Regulus se redressa à côté de lui, effrayé par ce qui avait faillit se passer.
- Arrêtez... supplia-t-il. Il voulait seulement m'aider. Professeur Lorens, je vous en prie.
Tenant fermement l'épée à deux mains, Marcus observait Barty minutieusement. Que ce soit ses crocs encore sortis, ou le sang qui maculait sa bouche et son cou. Sans oublier le bras à vif de Regulus. Mais Barty aussi observait avec attention. Le cordon rouge noué autour de la garde... Cette épée, il l'avait déjà vue. "Aucun doute possible, c'est celle de ce chasseur" pensa-t-il. "Mais pourquoi est-ce Lorens qui la manie ? Le chasseur était plus âgé". Puis ses yeux se posèrent sur la large marque de morsure qu'il avait infligée à Regulus. Le sang coulait encore. Et il se dégoûta lui-même en ressentant l'envie d'en boire à nouveau. Barty força ses crocs à disparaître.
- Il faut panser la plaie de Regulus, conseilla-t-il à reportant son attention sur Lorens qui le menaçait toujours.
-... Ne bougez pas d'un millimètre, lui ordonna Marcus en éloignant son épée de sa gorge pour se concentrer sur Regulus.
Il lança plusieurs sortilèges d'attraction sur des bandages et des potions de soin. Puis il se chargea de la blessure d'une main avec agilité, l'autre tenant l'épée toujours pointée vers Barty qui n'avait pas bougé. Lorens aida ensuite Regulus à se rasseoir sur le lit. Puis il se rapprocha du vampire.
- J'avais raison à votre sujet Barty. Je ne voulais pas y croire.
- Alors vous aviez des doutes.
- Avec votre comportement étrange à l'école, qui n'en aurait pas eu ? Mais rares sont ceux qui en savent autant que moi sur les vampires.
- Qui vous a donné cette épée ?
-... le chasseur qui a pris la responsabilité de vous laisser en vie. Mon père.
Barty leva les sourcils. Alors c'était ça... Lorens était le fils du chasseur de vampires. Il avait vu juste, c'était bien la même épée.
- Très jeune je savais déjà tout sur les vampires, même la façon de les tuer. Ça fait des années qu'il est mort, tué par de vrais vampires, mais il m'a tout appris.
- Mais vous n'êtes pas aussi bon que lui. Il n'aurait pas raté son coup tout à l'heure.
- Une chance pour vous que je n'aie jamais eu l'ambition de devenir chasseur. Mon père était très déçu. Je n'ai jamais réussi à accepter l'idée que tuer des êtres aussi facilement était juste. Mais cette nuit...
- Vous vous dites qu'il avait raison de vouloir exterminer les vampires, devina Barty. Eh bien ? Qu'est-ce que vous attendez ? Tuez-moi.
- Non ! s'exclama Regulus.
- J'ai mordu un humain, continua-t-il. J'étais prévenu. Tuez-moi.
- En effet, mon père m'a parlé de vous. J'ignorais votre nom. Si j'avais su...
- Qu'est-ce que vous auriez fait ? rit faussement Barty. Vous m'auriez surveillé de près ? Vous m'auriez fait la leçon, comme lui ? Je n'ai besoin de personne pour savoir que chacune de mes envies est mauvaise. Que je n'aurais pas dû être épargné.
- Si j'avais su, j'aurais pu essayer de vous aider. Vous deviez vous sentir tellement seul.
-... inutile d'avoir pitié de moi. Faites ce que votre père aurait fait.
- Ça vous va bien de dire ça, sourit Lorens. Alors que vous détestez qu'on vous confonde avec votre père. Ne me confondez pas avec le mien.
Marcus éloigna l'épée de Barty et il lui tendit même la main pour l'aider à se relever. Le jeune homme hésita avant d'accepter cette main. Une fois debout, il demanda :
- Pourquoi ? Vous étiez vraiment prêt à me tuer quand vous êtes entré.
- Regulus m'a fait changer d'avis. Vous devriez le remercier. Il a su vous défendre.
- Pour une fois, marmonna Barty en s'attirant les foudres de son ami.
- S'il est vrai que vous vous étiez arrêté, continua Lorens, c'est très bon signe pour vous.
- Je ne me serais pas arrêté seul, lui fit remarquer Barty. Il a fallu que Regulus m'y encourage.
- Mais je suis sûr que la prochaine fois... commença son ami.
- IL N'Y AURA PAS DE PROCHAINE FOIS ! hurla furieusement Barty. De quoi est-ce que tu parles ?!
- Je... je suis désolé, balbutia Regulus, je ne voulais pas dire...
- Regulus a raison, intervint Marcus. Maintenant que vous avez goûté au sang humain Barty... vous allez être bien plus sensible à la tentation. Vous devez apprendre à y résister encore mieux.
- Il n'y aura PAS de prochaine fois, répéta lentement Barty en espérant que chaque mot entre bien dans leur crâne.
- Je l'espère, acquiesça Lorens. Maintenant laissons Regulus se reposer.
- Mais je...! refusa celui-ci.
- Couché Burdy, lui ordonna Barty en sortant de la pièce.
- Vous étiez sur le point de perdre conscience il y a quelques minutes, rappela Marcus au jeune Black. Et... vous avez perdu beaucoup de sang, ajouta-t-il en provoquant un grognement furax de Barty. Dormez Regulus.
Lorens referma la porte de la chambre et suivit Barty jusqu'à la cuisine. Celui-ci se débarbouilla du sang dans l'évier et fit disparaître les tâches de sa robe noire. Comme il le craignait, l'odeur douceâtre persistait. "Encore une robe que je vais devoir brûler..." Mais l'odeur du sang était présente un peu partout dans l'air. S'effacerait-elle un jour de sa mémoire ? "Quel monstre... j'ai goûté au sang de Burdy, et j'ai adoré ça. En plus, je me sens en pleine forme. Comme si tous ces mois passés à rester éveillé n'avaient jamais existé. Je ne me suis jamais senti... aussi bien. Et en même temps, aussi mal ! Si jamais ça se reproduit, si jamais je succombe à la tentation... que ce soit sur Regulus ou un autre... je ne me le pardonnerais pas".
- Je dois repartir, annonça-t-il en se tournant vers Lorens.
- Vraiment ? Je ne pense pas que Regulus approuve. Au fait, pourquoi l'avoir appelé "Birdy" ?
- C'est "Burdy". Et ne vous mêlez surtout pas de ça, le prévint-il en se dirigeant vers la sortie.
- Attendez ! soupira Marcus. Barty. Pourquoi y retournez-vous ? Vous pouvez rester ici, comme Regulus.
- Les parents de Regulus sont très fidèles à Voldemort. Ils ne craignent rien de lui. Mais ce n'est pas le cas des miens.
-... ce n'est pas la seule raison n'est-ce pas ?
-...
- Vous comptez brouiller les pistes pour Regulus. C'est facile à deviner, après ce que vous venez de faire pour lui.
- J'ai faillit le tuer... c'est déjà la deuxième fois, avoua Barty. Et comme vous le disiez, maintenant que j'ai goûté à son sang...
- Regulus compte beaucoup pour vous, n'est-ce pas ? Il est votre meilleur ami. Peut-être même un frère.
-... Ce n'est qu'un petit oiseau incapable de voler seul, répondit-il en rejoignant l'entrée.
- Barty, l'arrêta de nouveau Lorens alors qu'il ouvrait la porte. Pardonnez-moi, mais je suis obligé de vous prévenir. Je vous donne une chance cette nuit. Mais si jamais vous buvez de nouveau le sang d'un humain...
- Il y aura un nouveau noeud sur ce cordon, compléta Barty en désignant l'épée du menton. Je sais.
- Alors bonne chance, lui souhaita Marcus.
- Faites en sorte qu'il reste tranquille. Je reviendrai dès que possible.
- Ma porte restera ouverte. Et vous pouvez compter sur moi pour alléger votre peine.
- Il faudrait me tuer pour ça, murmura Barty en refermant la porte.
- Je suis sûr que vous vous trompez, soupira Lorens en se tournant pour aller ranger l'épée de son père. Regulus la voit, lui, cette lumière qui est en vous.
Réponse aux reviews :
Norah : j'appréhendais beaucoup le passage de la grotte ^^ en plus j'ai décidé que Regulus s'en sortirait. J'espère que c'était satisfaisant. Marcus est un peu leur tuteur. Celui qui veille sur eux. en tout cas merci ! bonne année !
