Quand la neige a commencé à tomber

Auteur: Draya Felton


Dans l'épisode précédent:

-Oui, oui ! Donc nombre de membre, 4…rôle de chacun… noms et prénoms… On fera juste « Wenn Nichts Mehr Geht » et « Leb Die Sekunde » ?

-Vu que c'est les seules qu'on a... oui !

-Ok. On aura que deux jours pour répéter et les mettre bien au point… ça risque d'être un peu juste non ?

J'haussais les épaules.

-Qui ne tente rien…

-N'a rien !


Chapitre 9 : Quand tout s'effondre...

-Vous avez quoi ?!

-Quand ?!

-Vous êtes tarés, on sait à peine jouer ensemble…

-N'importe quoi…

-…on fait encore des tonnes d'erreurs !!

- …Vous voulez qu'on soit prêts en si peu de temps ???

-Mais vous avez fumé quoi ?!

-Mais vous avez fumé quoi ?!

Ok… Ce n'était pas gagné. On était tous les quatre dans le parc, et on venait d'annoncer la bonne nouvelle à Georg et Gustav… qui ne trouvaient pas la bonne nouvelle aussi bonne que nous.

-Mais c'est notre chance les gars ! On peut y arriver ! Fit mon jumeau en mettant un peu trop d'enthousiasme.

A se demander qui il voulait vraiment convaincre.

-Tu es complètement taré Tom !

-Allez, ça ne coûte rien d'essayer. Et puis au moins, ça nous motivera pour bosser. On a dit qu'on ferait que deux chansons, les deux seules qu'on a pour le moment. En plus si ça plait, le patron nous donnera un p'tit quelque chose. Allez les mecs, on peut essayer ?!

Georg souffla, et Gustav continua à faire les cents pas.

-J'veux bien essayer, mais si jeudi, on n'est pas prêts, on laisse tomber. Fit Georg en nous regardant.

-Nan, mais vous êtes complètement cinglés ma parole ! Bien sûr que ça ne peut pas marcher ! Nos chansons sont à peine finies et on a jouer tous ensemble que deux ou trois fois, et j'avais même pas ma batterie ! C'est utopique de croire qu'on va arriver et hop, tout va nous tomber tout cuit dans le bec !

Un lourd silence s'installa. Gustav nous fixait tous les trois.

-C'est n'importe quoi… Vous êtes en plein délire ! Et le pire, c'est que vous réalisez même pas que ce que vous dites, c'est impossible qu'on y arrive !

-Tu sais quoi Gus, t'es un vrai chieur ! Nan mais, sincère hein, t'es le plus gros chieur de cette putain de planète ! On demande pas grand-chose, juste d'ESSAYER ! Ca te tuerait d'essayer hein ?! Ca te coûte quoi ? Allez dis moi ! Tu vas vivre quoi, 80 ans, en sachant qu'une année c'est 365 jours ça fait… Je sortis mon portable et calculais rapidement. 29 200 jours ! Et t'es même pas prêt à nous en laisser 2 pour tenter de réaliser nos rêves ? Ouais, jouer tous les 4 c'est nouveau, mais regarde, en à peine une journée on a déjà fait deux chansons ! Alors pourquoi on pourrait pas réussir en deux jours à préparer un micro concert ?

-Bill, ça marchera jamais !

-Mais comment tu peux le savoir ? T'as pas essayer ! C'est facile de dire, ouais, ça marchera pas ! Forcément, si tu tente même pas, ça risque pas de marcher !

-Je suis réaliste Bill !

-Nan, t'es pas réaliste, t'es pessimiste ! Et vu que tu vois si bien l'avenir, c'est quoi les chiffres du loto ?

Il me regarda avec colère. J'allais ouvrir la bouche pour parler de nouveau mais mon frère me devança.

-Tu sais quoi Gus ? On t'oblige à rien. Si tu veux pas jouer avec nous, bah joue pas ; Tu peux retourner chez toi, on est désolé de t'avoir dérangé, ça ne se reproduira pas. Répondit mon jumeau d'un ton calme.

Il me prit la main et s'éloigna en silence en me tirant. Je me retournais et vis que Georg nous suivait en laissant Gustav derrière, tout seul.

Je l'avoue, j'avais les larmes aux yeux. Tout ce que Tom et moi étions en train de construire finissait par tomber lamentablement en ruine. On n'avait jamais réussi quelque chose. A l'école, on n'était pas incroyablement doué, on n'avait aucun don pour les maths ou pour les langues étrangères. On était du genre ingérables pour les profs… En gros de vraies teignes. Mais aujourd'hui, on trouvait enfin quelque chose qui nous correspondait, et même ça, on le ratait.

Georg ouvrit la porte de chez lui et je me précipitais dans la chambre qui nous était prêtée. J'entendis les pas de Tom derrière moi. Lui aussi, ça lui faisait mal de voir que finalement, tout n'était qu'une illusion.

-Bill ?

Je ne répondis pas, gardant ma tête sous le coussin.

-Bill ? Ecoute, c'est pas grave… On va y arriver p'tit frère…

-Non ! On ne va pas y arriver ! Parce qu'on rate toujours tout, et là ça va être pareil ! Ca sert à rien de se battre ! A rien !

Il ne répondit pas et je vis dans ses yeux qu'il pensait pareil que moi. A quoi tout cela servait-il ? A quoi nous on servait ? De phénomène de foire à l'école ? De défouloir à la maison ? Qui voudrait une vie comme ça ?!

-Moi j'pense qu'on peut y arriver, du moment qu'on laisse pas tomber.

Tom se retourna en même temps que moi vers Georg qui venait de rentrer dans la chambre. Il souriait en nous regardant de ses yeux vert clair.

-Depuis que je vous connais, je vous avez jamais vu autant briller que l'autre jour, quand on jouait tous ensemble. C'était magique. Alors même si on réussit pas jeudi, c'est pas pour ça qu'on abandonnera. C'est pas qu'un rêve ou qu'une ambition ce qu'on veut faire ; c'est notre passion. C'est ce qui nous fait vibrer, c'est ce qui nous fait trembler et prendre notre pied !

-Ouais, peut-être, mais sans Gustav…

-T'en fait pas pour lui. Il vibre autant que nous pour la musique ; tu peux en être certains, il reviendra.

Je croisais le regard de mon frère.

-Bon je vais faire un truc à bouffer et ensuite on pourra un peu s'entraîner. Vaut mieux commencer dès aujourd'hui.

Tom hocha la tête pendant que Georg sortait de la pièce.

Je m'allongeais de nouveau sur le lit, et Tom vint vite me rejoindre.

-Qui ne tente rien…

Je ne répondis pas, mes lèvres étant recouvertes de celle de mon jumeau.

Je l'aimais tellement. Si je me battais, c'était pour lui et uniquement pour lui. Si je n'avais pas tout abandonné c'était grâce à lui, pour lui, parce que je vivais avec lui.

Je m'endormis doucement dans les bras de mon frère et n'entendit même pas Georg nous annoncer que le repas était prêt.

…………

-Non Tom, tu vas trop vite par rapport à Georg ; j'arrive pas à trouver mon rythme moi au milieu de vous deux…

-C'est pas moi qui vais trop vite, c'est Georg !

-Non moi j'ai ralentit ! c'est toi qui a gardé le rythme de tout à l'heure alors qu'on a dit qu'on changeait…

-Bon c'est pas grave, tranchais-je, on n'a qu'à recommencer. Vas-y Tom, ensuite Georg et après moi ok ?

-Ouais ouais…

Tom commença, et Georg enchaîna. Je commençais à chanter tout en faisant un signe à Tom qui venait d'accélérer inconsciemment. Il ralentit donc tandis que Georg essayait de garder la cadence.

Une fois la chanson finie, on se retourna vers le PC de Georg qui nous enregistrait.

Son propriétaire s'en approcha, arrêta la vidéo et la lança.

On essayait d'avoir l'œil le plus critique possible pour pouvoir corriger un maximum d'erreur.

-Là je me suis trompé de note… Fit Georg en montrant son image sur l'écran.

-Ouais du coup ça m'a déstabilisé après… Répondit mon jumeau.

En effet on voyait Tom jeter un regard à Georg et mal placer ses doigts sur les cordes, sortant un son qui n'avait rien à faire là.

On continua nos petits arrangements sans nous rendre compte de l'heure qui passait. Ce ne fut que lorsque la mère de Georg se réveilla une énième fois à cause de notre boucan qu'on remarqua qu'il était déjà plus de minuit et que l'on devait dormir pour être en forme le lendemain.

Sous les couvertures, bien au chaud avec mon jumeau emmêlé à moi, je me mis à rêver que jeudi serait notre jour de gloire, le jour où on réussirait tout, même si Gustav n'était plus avec nous dans notre aventure.


Voilà, un nouveau chapitre de fini. J'espère que ça vous a plu. Gustav reviendra? Reviendra pas? Peut-il y avoir Tokio Hotel sans Gustav???

Je passe du coq à l'âne mais bon:

Vous savez, je ne cours pas spécialement après les reviews; vous en laissez si vous voulez, quand vous voulez. Ce n'est ni une obligation, ni un devoir. Ca fait juste plaisir. Plaisir de savoir qu'on n'écrit pas pour un mur et que des gens aiment et me suivent dans l'aventure que représente écrire une fic jour après jour.

Donc voilà, aujourd'hui j'aimerais remercier toutes ces personnes qui depuis le début, ont eu la gentillesse de me laisser un ou même plusieurs messages qui me prouvent qu'ils sont là, à mes côtés.

Merci beaucoup.