Bonjour tout le monde !

Dimanche un peu brumeux (est- le temps ou l'alcool ingurgité la veille ?) mais qui n'empêche pas la mise en ligne d'un nouveau chapitre !

Bonne lecture !


Chapitre 10 : La Hors la loi et la Générale

Henry regardait autour de lui, émerveillé. Des arbres à perte de vue, un long chemin de terre battue, une odeur de forêt et de nature qui lui chatouillait les narines. Il en avait rêvé pendant des mois et il y était enfin. Il allait pouvoir découvrir la Forêt Enchantée, le monde d'origine de ses mères et de ses grands-parents. Il coula un regard à Hermione qui ne semblait pas ravie de se trouver ici. La Source tenait d'une poigne ferme le col de la veste de l'Auteur et son regard acéré scrutait les alentours. Elle plissa le nez et, de sa main libre, se saisit de l'arme de service d'Emma qu'elle avait judicieusement emportée.

Henry sentit l'inquiétude monter en lui et ses yeux ne quittaient pas le pistolet.

- Un problème ? demanda-t-il, son enthousiasme initial douché par l'air soucieux de l'Origine de toutes magies.

- Ca sent le troll… chuchota la brunette.

Un rictus fugace étira les lèvres d'Isaac et la médecin abattit violemment la crosse de son arme sur le crâne de l'Auteur. Les yeux de ce dernier roulèrent dans leur orbite et l'écrivain s'écroula au sol, inconscient.

- Pourquoi t'as fait ça ? couina Henry.

- C'est un boulet. Prends le bouquin et le stylo de l'autre crétin et tirons-nous d'ici. On doit retrouver tes mères…

Henry prit le sac de l'Auteur et lui fit les poches tandis qu'Hermione surveillait les environs. Puis les deux empruntèrent le chemin de terre d'un pas rapide, l'adolescent feuilletant le roman écrit par Isaac.

- D'après ce que se rappelle Rose, nous sommes dans l'histoire de l'Auteur. Et nous devons rompre la malédiction avant que le récit s'achève, sinon nous serons bloqués dans ce foutu bouquin, expliqua la Source.

Une branche craqua et les feuilles d'un bosquet bougèrent dans un bruissement. Hermione leva la main, visa et tira au moment ou une silhouette massive se jetait sur eux. La balle partit dans un bruit assourdissant et se ficha entre les deux yeux d'une créature moche et malodorante. Henry recula, apeuré, voulant mettre le plus de distance entre lui et le cadavre répugnant.

- Reste près de moi, ces choses-là chassent en meute. Dans mon monde, du moins… murmura la Source. Est-ce que le livre parle d'une attaque de troll ?

L'adolescent tourna fébrilement les pages et, au bout de plusieurs minutes, finit par trouver un passage qui pourrait correspondre.

- Là, fit-il en montrant les lignes du doigt. Si le chevalier blanc arrive, nous serons fixés.

Les bruits de sabots qui frappaient le sol résonnèrent dans la forêt et Rumpelstilskin fit son entrée, vêtu d'une armure rutilante et d'une longue cape immaculée. Il montait un pur sang à la robe blanche et tenait à la main une épée qui paraissait bien lourde.

Le chevalier regarda, surpris, la créature morte, et ses yeux se portèrent sur les deux inconnus.

- J'avais entendu parler d'une attaque de trolls mais apparemment, quelqu'un s'en est déjà occupé, fit-il, suspicieux.

- Ouais, un type assez grand, mal rasé. Il a tiré une flèche entre les deux yeux du monstre, a récupéré son projectile et s'est éclipsé, mentit Hermione. Par là, ajouta-t-elle en désignant du menton l'Ouest de la forêt.

- L'inconscient ! Ces choses chassent en troupeau ! s'exclama Rumpel. Merci pour le renseignement et dépêchez-vous de quitter cet endroit dangereux !

Il partit au galop et Henry frissonna en voyant le regard inhumain qu'Hermione posait sur le chevalier.

- Herm' ? fit l'adolescent. Tout va bien ?

- Ouais… je me rappelais juste une promesse que je me suis faite. Je la tiendrai à notre retour à Storybrooke. Bon, lisons rapidement ce livre. Il nous dira où trouver tes mères.

- On est à huit chapitres de la fin. Et normalement, dans le chapitre suivant, ma mère attaque un convoi royal mais tombe sur la reine Blanche-Neige qui cherche à la tuer. Et Regina est sauvée par Robin des bois.

- Je ne le permettrais pas, maugréa Hermione. On va aller sauver ta mère et je mettrai moi-même une raclée à ta grand-mère.

- Sauf que c'est une puissante sorcière, fit remarquer Henry en pointant un paragraphe du livre.

La médecin renifla dédaigneusement.

- Puissante sorcière… A d'autres ! Tu parles à la Source !

- Ouais, mais tu peux pas utiliser tes pouvoirs, rappela l'adolescent.

Hermione ouvrit la bouche, prête à rétorquer, mais ne trouva rien à dire.

- Même sans ma magie, j'peux lui botter le cul, à l'autre dinde… maugréa la brunette en rangeant son arme.

- Mais doucement. C'est quand même ma grand-mère.

- Pas dans ce monde. Allez, dépêchons-nous, j'ai hâte de regagner la civilisation. J'suis pas très branchée camping… en tous cas, plus depuis que j'ai quitté l'armée, ajouta-t-elle dans sa barbe en repensant à Viviane.


Rose en avait eu assez de tourner en rond dans la maison de sa mère. Aussi, après plusieurs heures d'attente interminable, elle avait décidé de mettre Elizabeth dans son porte-bébé et d'aller faire un tour en ville. Viviane, qui lisait paisiblement dans le salon, avisa sa fille prête à sortir.

- Tu comptes aller où ? s'enquit la blonde en glissant un marque-page avant de fermer son ouvrage.

- J'vais profiter qu'il n'y a personne en ville pour enquêter de plus près sur le trafic de poudre de fée. L'avantage, c'est que je risque pas de tomber sur les enfants perdus.

- Je viens avec toi, fit la Dame du Lac en se levant pour aller rejoindre la Sage dans l'entrée.

- C'est gentil de proposer mais j'ai pas besoin de chaperon, marmonna Rose en fourrant un jeu de clés dans la poche de son manteau.

- Hermione me tuera s'il t'arrive quelque chose. Donc je viens, et ce n'est pas négociable.

Viviane se rendit dans l'entrée et passa sa veste. Rose leva les yeux au ciel et soupira.

- On va commencer par les mines. On trouvera peut-être un indice...

- Ce sont les nains qui extraient la poussière des mines. Et ils sont aux ordres des fées. Si tu veux savoir qui répand cette poudre en ville, va plutôt fouiller le couvent.

- Tu penses vraiment qu'une des ouailles de Bleue serait la coupable ? demanda Rose, perplexe.

- Tu es encore jeune, ma chérie, sourit Viviane. Si tu avais autant de vécu qu'Hermione ou moi, plus rien ne t'étonnerait. En tout cas, pas une bande de bonnes-sœurs qui dealent de la drogue. C'est un moyen comme un autre de contrôler les masses.

Rose acquiesça et ouvrit la porte d'entrée.

- En route pour le couvent. En espérant que tu ne feras pas une combustion spontanée en franchissant son seuil.

Viviane éclata de rire avant de secouer la tête.

- Le seul châtiment divin que je crains, c'est celui que pourrait m'infliger ta mère...


La forêt était tranquille. En apparence. Le bruissement du vent dans les feuilles des grands chênes faisait régner une atmosphère apaisante sur le lieu. Et visiblement une femme adossée contre l'un des troncs vénérables, les yeux fermés, profitait de la quiétude du moment. Un bruit cadencé vint caresser ses tympans, éloigné mais clairement en train de monter vers elle. En un instant, la femme fut sur pied. Elle déposa la lourde cape qui la protégeait du froid et de l'humidité du couvert boisé au sol pour être libre de ses mouvements. Elle se saisit de l'arc et du carquois posés à ses pieds et encocha une flèche sur la corde tendue. Le convoi royal qui avait amassé les taxes dans les différents villages de la contrée allait passer et Regina ne laisserait pas filer l'occasion de se remplir les poches. Elle avait besoin d'argent pour fuir loin de ce pays, loin de Blanche-Neige et de ses sbires qui avaient mis sa tête à prix. Postée judicieusement, elle allait effrayer les chevaux de tête du carrosse pour ralentir le convoi. La perturbation devrait alors lui donner l'opportunité de sauter à la portière pour prendre en otage le responsable des taxes. Jamais les gardes n'oseraient s'opposer à elle si elle parvenait à poser le tranchant de son poignard sur une gorge haut-placé.

Elle recula son bras, visa, puis lâcha sa flèche. Le projectile se ficha entre les deux yeux d'un garde qui tomba de son cheval. La monture se cambra en hennissant, effrayant les autres chevaux.

Regina partit silencieusement vers l'arrière du cortège.

Les gardes, fébriles, s'étaient tous portés à l'avant du convoi pour faire front commun contre les assaillants qui étaient forcement nombreux pour avoir le courage de s'attaquer au convoi royal. Regina sourit devant la stupidité des hommes armés et n'eut pas de difficulté à rejoindre la porte du carrosse. Pour son plus grand bonheur, cette porte s'ouvrit, l'occupant sortant pour voir qui pouvait bien avoir le culot d'arrêter la voiture. La brigande se colla rapidement contre le dos de l'occupant, attrapant un bras pour faire une clé et posa sans ménagement son poignard sur la peau blanche de la gorge offerte.

- L'or ou la vie ? demanda Regina avec un large rictus.

Son otage agita mollement sa main libre et le poignard que tenait la bandit disparut pour réapparaître quelques mètres plus loin sur le sol. L'otage se retourna et Regina sentit son coeur rater un battement.

- Je sens que je vais passer la meilleure journée de ma vie, susurra Blanche-Neige, mauvaise.

Déjà les gardes se réorganisaient autour de leur souveraine qui riait à gorge déployée devant la brune qui déglutissait difficilement. Pour autant Régina restait alerte, attentive à toute opportunité qui pourrait se présenter pour se sortir de là.

- Ma chère Regina, fit la reine avec un rictus malsain, comme c'est charmant d'être venue te livrer aussi simplement.

Blanche-Neige observa son ennemie jurée avec gourmandise et folie, se demandant quel serait le meilleur moyen de la tuer.

- Depuis le temps que j'en rêve, je me sens comme une enfant qui reçoit un poney. Alors, comment vais-je m'y prendre ?

Elle leva la main, prête à jeter un sort et Regina sentit une boule se former dans sa gorge. Un léger sifflement se fit entendre et une lame fendit l'air pour se ficher dans la paume ouverte de la souveraine. La main fut entraînée contre la paroi du carrosse et s'y trouva punaisée. Blanche-Neige cria sa douleur, des larmes roulant sur ses joues, traçant leur sillon dans le maquillage.

- Jeux de mains, jeux de vilains, fit une voix de femme.

Regina vit une inconnue, une petite femme aux cheveux bruns, s'avancer vers les gardes. La femme se baissa rapidement pour récupérer l'épée du garde que la brigande avait refroidi quelques minutes plus tôt et s'approcha en défiant le reste des hommes en armure.

- Messieurs, je vous donne deux minutes pour partir avec votre greluche maquillée comme un carrossé volé avant que je vous donne une tannée dont vous vous souviendrez.

- Emparez-vous d'elle, siffla férocement la reine.

- Je vous avais prévenus, fit l'inconnue, l'air blasé, tandis que les gardes la chargeaient, épées prêtes à frapper.

La brunette dévia de sa lame le premier coup et expédia son pied dans l'estomac de son assaillant qui recula sous l'impact. L'instant d'après, la pointe de l'épée de l'inconnue trouva la faille dans la cuirasse et transperça la chair de son agresseur au niveau de l'épaule, lui faisant lâcher son arme. Le deuxième garde fut également désarmé avec un facilité déconcertante.

Ne restant pas en arrière, Regina s'était rapidement emparée de l'arme du premier soldat tombé pour se mettre dos-à-dos avec sa sauveuse et contrer à son tour les assauts qui venaient de toutes parts.

- Mon aide-de-camp est en train de détacher deux chevaux de l'attelage. Je vous propose de filer dès qu'il aura fini, murmura l'inconnue.

Acquiesçant silencieusement, Regina suivit le déplacement de la brunette vers les montures, prête à sauter à la première occasion pour partir en courant. D'ailleurs, cela devenait une urgence, la reine ayant fait disparaître le poignard qui la bloquait. Heureusement que celle-ci était trop sûre d'elle et qu'elle prenait le temps de se soigner avant de lancer des sorts vers la fugitive et son alliée de circonstances.

- Maintenant ! cria la brunette en enfonçant son épée jusqu'à la garde dans la cuisse d'un des derniers gardes encore debout.

Les deux femmes se mirent à courir vers un adolescent qui avait grimpé sur un cheval et en tenait un autre par la bride. Souplement, les deux femmes montèrent à cru et se baissèrent instinctivement dans l'encolure de leur monture respective en entendant le cri de rage pure que poussa la souveraine.

L'adolescent poussa sa monture au galop sur le chemin de terre, suivant celle de Regina. Il sentait les mains de la sauveuse de sa mère adoptive accrocher son manteau. Il tourna légèrement la tête pour voir le visage crispé de la médecin.

- Tout va bien, Hermione ? s'inquiéta-t-il.

- J'ai jeté un sort de protection car l'autre dinde nous envoyait des maléfices dans le dos.

- On avait dit pas de magie, fit-il, préoccupé de voir la brunette blêmir en serrant les dents, hésitant entre ralentir pour s'assurer de ne pas faire tomber Hermione et accélérer pour qu'elle puisse cesser le sort de défense.

- Ca va aller, siffla la médecin entre ses dents. Suis Regina. Une fois en sécurité, je prendrai mon médicament.

Le jeune homme acquiesça avant de talonner la monture, attrapant les mains de sa belle-mère pour la maintenir le plus proche possible de lui.

Apres ce qui sembla être une éternité, Regina arrêta sa monture et mit pied à terre. Elle claqua la croupe de l'animal qui partit en hennissant et prêta main forte à Henry qui aidait Hermione à descendre de cheval.

- Quel est le problème ? demanda la brigande.

- Mon coeur... grimaça la brunette en sortant un comprimé de sa poche. Avez-vous un peu d'eau ?

Regina ouvrit son sac et tendit une gourde à sa sauveuse. La Source but goulument l'eau fraiche, adossée contre un rocher pour soutenir sa fébrilité. Son cœur battait à la chamade et la douleur qui irradiait dans son bras lui disait clairement que l'infarctus était à sa porte. Son coeur se mourait après des siècles de bons et loyaux services. Elle prit une grande inspiration et fit quelques pas jusqu'à une souche sur laquelle elle s'assit. Il devait tenir encore un peu, le temps de briser cette malédiction.

Henry, de son côté, dévorait des yeux sa mère, rendue dans le camp des Gentils par la volonté des Méchants. Si ça n'étaient de ses vêtements usés et passablement sales, elle était restée la même. Jusqu'à son sourcil interrogateur qui le regardait. Avec un sourire maladroit, il baissa la tête.

- Merci de m'avoir sauvée de la reine, fit la brigande. Je suis Regina. Et vous êtes ?

- Hermione Granger, fit la brunette en lui tendant la main. Et le garçon débrouillard, c'est Henry Mills, mon aide-de-camp.

Regina serra vigoureusement la main de sa sauveuse.

- Vous êtes d'ici ? demanda la brune.

- Non, répondit la Source. Nous venons d'un pays lointain nommé Avalon, expliqua sans sourciller la Source.

- Et qu'est-ce qui amène une guerrière telle que vous dans nos contrées ? s'enquit Regina.

- Perspicace, sourit Hermione. Blanche-Neige a eu l'audace de capturer la mère de ce garçon et l'Impératrice Viviane a dépêché son général des armées à la retraite, en l'occurrence moi, pour la récupérer.

- Je savais Blanche-Neige capable de bien des vilenies, mais risquer une guerre avec un pays étranger en privant un garçon de sa mère, c'est abominable.

- Je suis ici pour régler cette histoire en toute discrétion. Mais si la souveraine n'y met pas du sien, elle y perdra la vie.

Régina eut un mince sourire.

- Donc vous étiez le Général des armées d'une reine ?

- D'une impératrice, lui sourit en retour la Source.

- Pour vous remercier de votre acte de bravoure, accepteriez-vous mon hospitalité ? proposa la brigande. La nuit va tomber d'ici un couple d'heures et un peu de repos vous fera le plus grand bien.

- Je pense que nous allons accepter, qu'en dis-tu Henry ?

- Tu...vous vivez dans la forêt ? questionna le brun en ouvrant de grands yeux.

Imaginer sa mère adoptive ailleurs que dans un château le laissait curieux.

- Et bien oui, répondit Régina avec un petit rire. Difficile d'avoir un chez soi quand la reine veut votre tête.

- J'imagine. Sinon, vous avez une idée de l'endroit où la reine pourrait enfermer quelqu'un loin des yeux et des regards ? demanda Henry en marchant entre sa mère adoptive et la médecin.

Regina réfléchit quelques instants avant d'acquiescer.

- Il y a une petite île au large des côtes de la capitale. Avec un donjon gardé par des soldats de la reine. J'ai toujours pensé qu'il y avait là-bas un trésor d'une valeur inestimable.

- C'est ma mère qui y est ! Hermione, on doit aller la sauver !

- T'en fais pas gamin, on est là pour ça.

- Je vous accompagnerais bien, mais je ne ferais que vous attirer des ennuis, fit doucement Regina.

Hermione haussa les épaules.

- Si ça peut vous faire plaisir de venir défier la reine, vous êtes mon invitée.

- En fait, je comptais trouver un navire demain à l'aube pour quitter le pays, avoua la hors-la-loi.

La brunette se gratta la nuque avant qu'une lueur passe dans son regard.

- Venez avec nous chercher la mère d'Henry. Une fois cela fait, je vous emmène à Avalon. Ca vous va ?

Regina s'arrêta, obligeant Hermione à faire de même.

- Vous êtes sérieuse ?

- Quand il s'agit de porter assistance à une belle inconnue, toujours. Et si en plus ça peut faire suer l'autre dinde, c'est moi qui vous en remercie.

- Y'a un autre endroit où vous vouliez aller ? Demanda Henry.

- Non... avoua la brune. Pas particulièrement. Le seul critère était : le plus loin d'ici.

- Avalon correspond à cette description. Vendu ? demanda Hermione.

Regina était perplexe. Tout ce passait un peu trop bien, un peu trop facilement.

- Je ne sais pas...

- Vous vous méfiez... c'est normal, mais admettez que pour l'instant, on est de votre côté.

- Peut-être. Mais si vous êtes à la solde de la reine, quoi de plus évident que de m'amener au donjon de mon plein gré pour ensuite m'y laisser croupir ?

- N'oubliez pas que je lui ai troué la main avec un poignard et qu'elle a pleuré comme une fillette.

La brune soupira doucement avant de sentir qu'Henry venait de mettre sa main dans la sienne.

- Venez avec nous. On est des gentils, je vous le promets.

- Laissez nous la soirée pour vous convaincre et réservez votre réponse pour demain matin, ajouta Hermione.

- Au point où j'en suis, fit la brune en haussant les épaules, se remettant en route vers son refuge, les deux inconnus sur ses pas.

Hermione leva le pouce pour Henry qui eut un petit sourire.

- Mais je vous préviens, ma grotte est sans confort, fit Regina. Il n'y a qu'une grande paillasse pour dormir.

- Ce sera plus facile pour se tenir chaud, répliqua la brunette avec un sourire en coin, sourire qu'elle cacha rapidement. On chasse en chemin notre diner de ce soir ?

- J'ai abandonné mes armes en fuyant. Mais j'ai quelques provisions dans ma grotte.

- Hmmm, voyons voir. On peut toujours se tailler des lances avec mon poignard, avec un peu de chance, un lièvre agitera ses oreilles devant nous, et on aura un festin de roi, fit la brunette en allant chercher une branche droite.

- Quand elle a une idée dans la tête, elle ne l'a pas ailleurs, confia Henry à Regina. Et je pense qu'elle cherche à vous impressionner.

- Si elle attrape un lièvre avec son bout de bois, elle va m'impressionner, lui répondit la brune.

- Elle en est bien capable, murmura l'adolescent en observant sa belle-mère assise sur des feuilles mortes, occupée à tailler un bâton en sifflotant.


Zelena suivait, quelques pas en retrait, Merlin et Maléfique qui avaient une conversation légèrement animée. La rousse roula des yeux, se demandant ce qui lui avait pris d'accepter de suivre ces deux-là dans leur périple.

"J'aurais dû rester à Storybrooke et poursuivre ma vengeance..." songea-t-elle avec une pointe de regret.

- Je ne pouvais pas savoir que tu allais tomber en cloque ! finit par lâcher l'enchanteur, exaspéré. Pour moi, t'étais ménopausée !

Une gifle cuisante s'abattit sur sa joue et le vieux Sage cligna des yeux, étonné. Maléfique lui adressa un regard noir et... triste, semblait-il à Zelena.

- Tu es vraiment le pire abruti que l'univers porte, siffla la dragonne.

- En parlant d'univers, ne perdons pas notre temps dans celui-là s'il n'y a pas d'horcruxe à détruire, tenta la méchante sorcière de l'Ouest. Votre avis ?

Les deux sorciers interrompirent leur dispute et fermèrent les yeux un instant, à la recherche de la magie si particulière de la Source.

- Je ne sens rien, finit par dire Merlin.

- Moi non plus, acquiesça Maléfique. Nous partons ?

- Il le faut mais c'est dommage... souffla l'enchanteur en sortant un journal plié de sa poche.

Il en dévoila la première page et Maléfique fronça les sourcils en découvrant la une du Daily Planet.

"Superman sauve cents employés d'une plateforme pétrolière en feu".

Zelena jeta à son tour un coup d'oeil au gros titre et haussa les sourcils.

- Et en quoi c'est dommage de quitter un univers où un type met son slip par dessus son pantalon ? s'enquit doucereusement la rousse.

- J'ai toujours rêvé de me mesurer à lui... soupira Merlin en sortant un haricot de sa poche.


La Forêt Enchantée, le troll, Marie-Margaret en méchante reine, Regina en gentille hors-la-loi, tout était possible. Et tous ces possibles remettaient en question les certitudes du jeune Henry. Il suffisait finalement de pas grand-chose pour que tout bascule. Il suffisait que la bonne chose ou la mauvaise arrive. Une prise de conscience qui avait fini par venir à bout de sa résistance. Hermione le couvrit minutieusement de la fourrure que Regina avait mis à leur disposition. Elle prit le temps d'écarter une mèche de cheveux sur le front froncé d'interrogations qui le poursuivaient dans son sommeil avant de déposer un baiser sur sa tête.

- Dors bien petit homme, et deviens plus sage, murmura-t-elle avant de se redresser.

Elle balaya la petite caverne du regard et avisa Regina assise proche du feu qui la regardait faire. La Source la gratifia d'un franc sourire avant d'aller s'asseoir à côté de la brigande.

- Le voyage a été éprouvant pour lui, confia la brunette. Et il est mort d'inquiétude pour sa mère.

- Il a l'air d'un garçon très courageux.

- Il l'est. A son âge, j'étais...

Hermione se tut, essayant de se remémorer son enfance, qui remontait à des centaines d'années. A l'âge d'Henry, elle était à Poudlard, et la guerre menaçait son monde. Harry, Ron et elle combattaient l'ombre de Voldemort qui plaçait ses pions pour faire basculer l'ordre établi.

- Vous étiez ? s'enquit Regina.

- Dans les ennuis jusqu'au cou, avoua la médecin.

- Avalon n'est donc pas mieux loti que la Forêt enchantée, ou bien vous étiez particulièrement polissonne, fit la brune en la regardant sérieusement bien que la lueur dans ses yeux démente ses dires.

- Un peu des deux, sourit Hermione. Mais je me suis assagie avec le temps, par la force des choses.

- Pas tant que ça, à vous voir courir les chemins d'un royaume inconnu avec un gamin et sans arme, autre qu'un poignard.

- Poignard qui a suffit pour nous offrir un lièvre au souper.

- J'avoue, sourit la brune en attisant le feu devant elle d'une branche, faisant surgir de nouvelles flammes.

- Vous l'avez admirablement préparé, complimenta Hermione. Mais dites-moi, je ne vois que peu d'affaires dans cette grotte, et je devine que ce sont les vôtres. Personne ne partage votre vie ?

- Et qui voudrait partager la vie de l'ennemie public n°1 ? demanda un peu sèchement la brune.

- Vous n'allez pas me faire croire que chaque âme qui peuple ce pays est en accord avec les exactions de la reine.

- Non, effectivement.

- Donc, personne n'a su toucher votre coeur ?

- Pas à cette heure.

- Pour répondre à votre question, ça ne me dérangerait pas de partager la vie de l'ennemie public n°1. Bien au contraire... chuchota la Source.

Regina arrêta son bâton au milieu du feu avant de se tourner lentement vers la brunette.

- Au moins, vous ne tournez pas autour du pot, commenta la brigande.

- Effectivement, je ne vois pas l'intérêt de faire durer le suspens.

- Qui a dit qu'il y avait une incertitude ?

- Je suis heureuse de savoir que vous êtes certaine vous aussi, relança Hermione.

- Et visiblement pas de la même chose que vous, lâcha Régina.

- Vous me fendez le cœur, grimaça la Source en portant sa main à sa poitrine.

- Cessez votre comédie, gronda la brigande.

- Le fait que je suis une femme est-il un problème ? s'enquit la médecin.

- Là n'est pas la question.

- Donc vous n'êtes pas rebutée par mon intérêt pour votre personne, sourit aimablement la brunette.

- Non. Je pourrais presque le trouver flatteur si je ne sentais pas une entourloupe.

- Que faut-il que je fasse pour vous convaincre de mon honnêteté ? Dites-le, je le ferai sur le champ.

La brune sortit rapidement de sa botte un poignard et plaqua la lame contre la gorge de la brunette qui leva les mains en signe de reddition.

- J'en dis que vous vous jouez de moi. Mettons de côté le sauvetage, qui fut étonnamment facile... Vous me proposez de m'emmener dans un pays inconnu, au nom sûrement inventé par vos soins, et vous me déclarez votre flamme de manière pitoyable, comme si j'allais céder aux avances d'une personne que je viens de rencontrer. Avouez. Vous êtes une émissaire de Blanche-Neige.

- Vous ne croyez pas au coup de foudre ? demanda Hermione, l'air peu inquiet d'avoir un poignard contre la gorge.

- Non. Je ne suis pas une adolescente. Alors ? Vous avouez ?

- J'avoue, commença la Source, sentant immédiatement le froid de la lame mordre son épiderme, je crois au coup de foudre. Moins à l'amour véritable, c'est surfait et la magie a trop son mot à dire... mais le coup-de-foudre, ça c'est ... trop fort pour y résister.

- Vous vous moquez de moi, siffla Regina.

- Non. J'ai été foudroyée en vous voyant défier la reine. La preuve, j'ai frôlé la crise cardiaque.

- Rien de ce que vous dites n'a de sens.

- Pour vous peut être, mais en vous voyant avec ce regard farouche, j'ai vu en vous celle que je cherche depuis toujours.

La brune haussa un sourcil avec un soupir découragé et retira sa lame du cou de la brunette.

- Je ne saurai jamais le vérité, n'est-ce pas ?

- Pourquoi dites-vous ça ?

- Ou bien vous êtes une coureuse de jupons invétérée, ou bien vous êtes une âme damnée de Blanche.

- Ou bien je suis amoureuse de vous, conclut tranquillement Hermione en plongeant son regard au fonds des yeux sombres de son amante amnésique.

- C'est impossible ! Vous me connaissez que depuis quelques heures. Et encore, connaître est un bien grand mot.

La Source s'adossa contre la parois de la grotte, étendant ses jambes croisées devant elle.

- Je suis capable de me faire une idée des gens très vite, et votre charisme transpire dans tous vos gestes. Vous n'y pouvez rien Regina, vous êtes une reine dans l'âme. Une reine que j'aime.

Regina la dévisageait, partagée entre incrédulité et colère. Elle ne savait si elle se moquait d'elle ou si elle était sincère dans ses propos. La brunette se pencha en avant et, détournant le poignard de la main droite, elle approcha ses lèvres de celles de la brigande.

- Vous n'êtes pas obligée de me croire avec votre tête, murmura-t-elle, son souffle chatouillant les lèvres de la brune, mais écoutez votre cœur.

- C'est ce que je fais, chuchota Regina. Et mon coeur me dit de faire ça...

La brigande recula et gifla fortement la Source qui grimaça.

- Un baiser, après je passe au lit avec vous et le lendemain je me réveille seule. Je connais la chanson, je ne me ferai pas avoir.

- Je t'ai connue moins farouche, marmonna la brunette dans sa barbe en se frottant la joue.

- Pardon ?

- Je disais que je ne vous pensais pas aussi ombrageuse. Je suis tout de même avec un enfant, ça devrait plaider en ma faveur.

- Et ? En quoi ça plaide en votre faveur ? C'est quasiment un adulte. Vous auriez eu un nourrisson avec vous, cela aurait pu m'émouvoir...

- Je ne cherche pas à vous émouvoir, je dis simplement que j'ai moi aussi une noble cause et que je prends soin d'un enfant sans parents pendant que votre dinde en chef nous pourchasse.

- Me pourchasse. Vous vous êtes incrustée dans notre affrontement.

- Une plainte à ce propos ? questionna la brunette en haussant un sourcil.

Regina ouvrit la bouche, réfléchit quelques instants, et finit par secouer la tête.

- Non. Merci de m'avoir sauvée.

- De rien, ça m'a fait plaisir. Maintenant, j'en reviens à la question initiale, comment puis-je vous convaincre de ma bonne foi ?

- Je n'en ai aucune idée. Désolée, mais je suis de nature suspicieuse.

- Je suis certaine qu'un baiser effacerait tous vos doutes.

Regina pinça les lèvres. La brunette commençait sérieusement à l'agacer. Et à la flatter tout à la fois.

- En Avalon, lança la Source en attrapant une pelisse pour s'enrouler dedans en allant prendre un tour de garde à l'entrée de la grotte, je vous embrasserai en posant le pied en Avalon.

- Prétentieuse ! lança Regina en s'allongeant à côté du garçon endormi.

- Confiante plutôt. N'oubliez pas, je vous connais.


La suite la semaine prochaine !

Bises et bonne semaine,

Link9 et Sygui