Chapitre 10
Dans l'avion de retour, ils ne s'étaient presque pas quittés un seul instant, comme pour conjurer les heures oppressantes qu'ils avaient vécues. Après avoir pris une douche et une solide collation en silence, Elizabeth avait pleuré la mort de Tom, appuyé contre l'épaule de Red, visiblement animée de sentiments ambigus. Tout en sirotant un Scotch, il l'avait laissé tranquillement se calmer et exprimer ses peurs, ses incertitudes, mais aussi son soulagement que tout soit fini avec son ex-mari, et surtout, qu'ils soient encore vivants tous les deux.
« Tu es épuisé, Red. Tu devrais dormir… » Dit Elizabeth, en remarquant le rictus de douleur sur le visage de Reddington quand il déplaça légèrement son épaule.
« Seulement si tu viens t'allonger avec moi… »
« Uniquement si c'est pour dormir… »
« Dormir ? Quand j'ai une femme dans mon lit, je ne me contente pas de dormir... »
« Uniquement si c'est pour dormir… » Répéta-t-elle. « Ce n'est pas négociable. »
« Oh ?... Ok… » Grommela-t-il.
« Et ne crois pas que tu me feras changer d'avis. »
Elle s'écarta de lui. Comme il s'apprêtait à se lever, il se ravisa et la regarda, amusé.
« Si toutes nos décisions se prennent après d'intenses phases de négociation, nous allons perdre un temps précieux avant d'agir. »
« Ça s'appelle faire des compromis et c'est comme cela que tous les couples fonctionnent. »
« Oh ? Parce que nous sommes un couple maintenant ? »
« Je ne te quitte plus. J'ai décidé de veiller sur toi. »
« Je n'ai pas besoin que tu veilles sur moi, Lizzie. Je sais parfaitement me protéger. De surcroît, j'ai Dembé pour me seconder. »
« Dembé ne te fera pas le bien que j'ai l'intention de te faire… »
« Aussi tentant que ce soit, Lizzie… »
« Oui ? »
« … N'inverse pas les rôles. »
« Et pourquoi pas ? Pourquoi cette prérogative de veiller au bien être de quelqu'un te serait-elle accordée à toi tout seul ? N'est-ce pas une forme de machisme ? »
Reddington éclata de rire.
« Non, bien que j'apprécie quand ma partenaire se montre soucieuse de ma santé, je suis avant tout un loup solitaire. Je ne suis pas habitué à autant d'attentions, c'est tout. »
« Tu verras, on s'y fait très vite… » Se moqua-t-elle.
« Lizzie, je peux parfaitement me passer de toi... »
« Oh, vraiment, tu crois ça ? Ne s'agit-il pas plutôt d'autre chose ? »
« Elizabeth… » Il pencha la tête sur le côté. « Est-ce que tu saurais quelque chose que j'ignore ? »
« Voyons voir… Question rhétorique : ne serait-ce pas plutôt la peur de te sentir dépendant de quelqu'un ? De renoncer à une partie de ta liberté ? De devoir t'engager ? »
« Elizabeth, ne cherche pas à me profiler. Il y a des aspects de ma personnalité que tu n'aimerais pas mettre à jour. »
« Red, tu es un terrain de découvertes pour moi. Tu ne m'empêcheras d'y faire des fouilles et de creuser. »
« Et voilà que tu me considères comme un vieux fossile… Si je n'étais pas aussi sûr de mes capacités, je me sentirai offensé… »
Elle se mit doucement à rire et se pencha pour lui murmurer sensuellement à l'oreille.
« Je n'abuserai pas d'un homme en situation de faiblesse… Viens t'allonger, je vais te border… »
« Ce n'est pas comme ça que j'imaginais notre première fois… »
« Et comment imaginais-tu ce jour glorieux ? »
« Je préfère les actes aux paroles. Laisse-moi te montrer. »
Elizabeth se laissa attendrir. Elle posa sa main contre sa joue et le regarda intensément. Puis, elle l'embrassa tendrement, avant d'approfondir leur baiser. Très vite, leur étreinte devint irrésistible, et les laissa désireux d'explorer les méandres de leur passion. En haletant légèrement, elle se força à reculer.
« Oh, Seigneur, Lizzie… Continue… »
« Je sais, mais je crois qu'on va embarrasser Dembé… Viens… »
« Ça m'étonnerait qu'il soit choqué, il en a vu d'autres… malheureusement. »
« Comment ça ? »
« Oh, il t'expliquera un jour. »
Red se leva en grimaçant. Il ne fit pas deux pas qu'il éclata de rire malgré les douleurs et les spasmes qui le secouaient involontairement et le pliait en deux.
« Ouch… J'ai l'impression d'être un petit vieux… Je ferai mieux de me saouler parce qu'honnêtement, je vais être incapable de dormir dans ces conditions… »
Dembé se leva et tendit la bouteille de whisky et l'huile de massage à Elizabeth.
« En friction, c'est efficace… » Dit-il avec un clin d'œil. « … Faites-en bon usage… »
Elle leva les sourcils de surprise. L'Afro-américain reprit sa place et adressa en arabe un commentaire moqueur à son patron, qui se retourna, visiblement vexé.
« Ne me traite pas de vieux chameau, Dembé, ou je t'envoie chez les Tribus du Nord Soudan garder des chèvres… »
Le criminel se redressa et essaya de marcher le plus dignement possible vers la chambre. Elizabeth dut se retenir de rire et adressa un regard complice à l'Afro-américain qui se retenait pour ne pas céder à l'hilarité. Ils allaient bien s'amuser tous les deux.
« Tu as une mauvaise influence sur Dembé. » Dit Lizzie, après avoir refermé la porte de la cabine.
« Je sais. Il a l'air totalement perverti… »
Il commença à se déshabiller, mais s'arrêta, incapable d'étendre ses bras, et resta empêtré dans ses manches. Elle eut pitié de lui.
« Attends, je vais t'aider… »
Elle lui enleva sa veste, son gilet et sa cravate. Puis elle s'attaqua aux boutons de sa chemise. Il la laissa faire, un petit sourire ironique aux lèvres.
« Quoi ? » Demanda-t-elle.
« J'adore quand une femme me déshabille… » Répondit-il de sa voix la plus suave en se penchant vers elle. « … Tu as déjà fait l'amour à vingt mille pieds ? »
« Non. »
« La pression n'est pas la même qu'au sol, l'oxygène est plus rare. Les sensations sont exacerbées. Les orgasmes sont intenses et hautement satisfaisants… »
Il posa ses mains sur les hanches de la jeune femme et l'attira à lui quand il s'allongea sur le dos. Elle perdit l'équilibre, fut obligée de s'asseoir sur ses cuisses et d'appuyer ses mains sur son torse pour ne pas tomber sur lui.
« Red, tu n'es pas en état… »
Il ignora son commentaire.
« Avoir des orgasmes multiples en avion est une chose courante… » Continua t-il sensuellement. « … Pour peu que l'on sache s'y prendre correctement… »
Lizzie ferma les yeux, totalement envoûtée par sa voix. Le désir lui tortilla délicieusement le bas du ventre. Il ne l'avait pas encore touchée qu'elle était déjà excitée. Elle frissonna quand les mains de Red se glissèrent sous son chemisier et caressèrent son abdomen et ses côtes, puis remontèrent vers sa poitrine. Immédiatement, ses mamelons durcirent quand les pouces de Red les excitèrent.
Elle se mit à gémir et défit les boutons de son chemisier pour lui permettre un meilleur accès. Il glissa alors ses mains sous le soutien-gorge de la jeune femme et la regarda se mordre la lèvre inférieure en gémissant de plus belle. Comment pouvait-elle être dans un tel état d'excitation en si peu de temps ? Jamais elle n'avait connu un tel désir avec ses précédents amants. Les pupilles dilatées par une faim sans nom, elle dégrafa le petit morceau de tissu noir. Red se mit doucement à rire devant son impatience pendant qu'elle jetait négligemment le sous-vêtement sur le sol et qu'il continuait ses caresses sur ses seins.
« En tout, je suis un homme patient. J'aime cueillir le fruit quand il est mûr… »
« Red… »
« Tu es belle, mon ange. Je pourrai te faire l'amour jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter… »
Elle se mit à gémir. Il continua à la toucher, à la caresser en s'émerveillant de la douceur de sa peau, puis glissa une main sur son mont de venus où il la caressa au travers du tissu de son pantalon. Le bassin de la jeune femme se mit à bouger de sa propre initiative, recherchant un point de contact, avec la bosse proéminente qui déformait son pantalon.
« Est-ce que tu es déjà toute mouillée ? » lui murmura t-il à l'oreille, avant de lui sucer doucement le lobe.
« Oui. » Répondit-elle en tremblant. « Oh, Seigneur… »
« Je sens la chaleur de ta chatte sur ma main... Tu es proche, n'est-ce pas ? »
« Je… Je ne vais pas tenir longtemps… Red… »
« Je veux te voir jouir… Tu veux bien jouir pour moi ? »
A peine avait-il prononcé ces paroles qu'elle eut un long gémissement et fut secoué par un premier orgasme qu'elle tenta d'étouffer, en enfouissant son visage dans son cou. Il lui caressa les cheveux pendant qu'elle reprenait son souffle.
« Ne te retiens pas, mon amour, parce que je ne me retiendrai pas, crois-moi… »
Lizzie lui embrassa le cou et il tourna la tête légèrement pour pouvoir l'embrasser sur les lèvres. Les baisers se succédèrent ponctués de gémissements, de bruits de succion, de souffles courts et de mordillements sensuels.
Puis Lizzie s'attaqua aux derniers boutons de sa chemise, l'écarta et promena ses mains sur son torse, déposant des baisers sur le scorpion près de son cœur, agaçant ses mamelons avec sa langue. Red émit un son guttural et la regarda tracer une ligne de baisers jusqu'à son nombril et plus bas. Là, elle s'attaqua à son pantalon. Il souleva légèrement ses hanches et elle le lui enleva. Puis, elle souffla sur son érection au travers de son boxer et il rejeta la tête en arrière.
« Lizzie… »
« Mon tour, maintenant… »
Elle tira sur l'élastique de son boxer, et le fit descendre, libérant son membre engorgé. Tout en fixant Red dans les yeux, elle prit la verge dans sa main et se mit à la branler tout doucement. La respiration du criminel s'accéléra, lorsqu'il la vit se pencher sur lui pour finalement le goûter.
Il émit un râle lorsque la langue de Lizzie s'enroula autour de son gland et descendit lentement le long de son sexe devenu extrêmement dur. De son autre main, elle se mit à malaxer précautionneusement les testicules de Red et le vit fermer les yeux sous le plaisir. Le voir totalement abandonné comme ça l'excita au plus point.
Lizzie engloutit la totalité de la verge dans sa bouche et se retira tout doucement en prenant soin de bien appuyer ses lèvres le long de son érection. Sa langue tourna à nouveau autour du gland. Puis elle recommença à l'engloutir. Red se mit à gémir et de légers soubresauts agitèrent involontairement ses cuisses légèrement fléchies.
« Continue, ma belle… Ne t'arrête pas… » L'encouragea t-il.
Les mouvements de Lizzie se firent de plus en plus précis. Elle continua le malaxage de ses testicules, puis arrêta sa succion pour le regarder. Seules ses mains continuèrent à le branler doucement.
« Il semblerait que je ne sois pas la seule dans un état d'excitation extrême. »
« Ce que tu me fais… est si bon… » Souffla t-il.
« Tu es sûr que ça va ? » Demanda-t-elle en s'inquiétant de voir ses traits crispés.
« Douleur et plaisir, la parfaite combinaison… Continue… Ne t'arrête pas… »
Elle reprit la verge de Red dans sa bouche. Ses lèvres épousèrent parfaitement son membre. Red se mit à gémir de plus en plus tandis que Lizzie continuait inlassablement à le titiller. A un moment, elle sentit trembler son amant et arrêta brusquement de le sucer.
« Lizzie, je vais partir… si tu continues… »
Avec un sourire gourmand, elle le branla et le reprit aussitôt entre ses lèvres pour l'engloutir jusqu'à la garde. Red se contracta violemment en déversant sa semence dans la bouche de Lizzie et fut pris d'un râle si fort qu'il en haleta pendant de longues secondes.
Fière d'elle, Lizzie se félicita et se redressa, pour constater que les spasmes musculaires de son amant avaient repris. Elle se débarrassa de ses derniers vêtements, prit la bouteille de whisky, en versa dans un bol et s'approcha du lit. Red la regarda avancer vers lui en se rinçant l'œil avec un sourire coquin et secoua la tête.
« Si ce n'est pas malheureux… un single malt de vingt ans d'âge… »
Avec surprise, elle constata que l'érection de Red n'avait pas ramolli. Elle le débarrassa à son tour de ses vêtements et se coucha à ses côtés, la tête appuyée sur le coude.
« Je te laisse le choix : des massages vigoureux, un peu douloureux pour détendre tes muscles… »
« Douloureux comment ? Beaucoup douloureux ? »
« Ça ne sera pas agréable, mais demain, tu te sentiras bien mieux… »
Il fit une grimace. « Ou bien ?... »
Elle fit glisser ses yeux sur le corps de Reddington, et s'arrêta sur son membre toujours fièrement dressé.
« Ou bien… nous continuons notre découverte des plaisirs du corps… »
« Ça, ça me paraît plutôt bien comme programme, parce que sinon je vais empester le whisky comme un sac à vin, et c'est tout sauf sexy… »
« Je concède que tu ne vas pas sentir très bon, mais je te parle de ton futur bien-être. »
« Moi aussi, je te parle de mon bien-être. Dans les deux cas, ma chérie, tu vas me faire du bien... Enfin, dans l'un plus que dans l'autre… »
« Mouais… Les hommes sont tous des chochottes… Red, ce n'est pas raisonnable, dans ton état... »
« Mon état ? Que lui reproches-tu ? » Demanda t-il, en montrant son sexe. « C'est du premier choix, ma brave dame ! Des tas de femmes paieraient cher pour avoir un mâle en rut résistant dans leur lit… »
« Mon Dieu, dans quoi me suis-je laissée entraîner ? »
Il se mit à rire et la fit basculer sur le dos. Puis il l'embrassa fougueusement pour couper court à toutes discussions. Elle répondit à ses baisers avec la même ferveur, et très vite, l'amour redevint chose sérieuse et appliquée entre eux.
Red délaissa les lèvres de Lizzie et commença son voyage vers le sud. Il couvrit la mâchoire de Lizzie de baisers, puis en déposa dans les moindres recoins de son cou, puis sur ses seins, en se satisfaisant des petits gémissements qu'elle laissait échapper. Lentement, il consacra du temps à chaque globe d'albâtre, promenant sa langue sur les mamelons, suçant et s'attardant sur l'un pour revenir vers l'autre ensuite, dans un lent ballet affolant les sens. Ses mains n'étaient pas restées inactives et elles caressaient chacune leur tour, effleuraient, palpaient, la chair brûlante. Spontanément, Lizzie avait écarté les cuisses, cherchant à augmenter le contact avec la peau de son amant. Quand il déposa des baisers sur son abdomen, sa main glissa vers le pubis de la jeune femme, s'attarda dans sa toison, effleura son clitoris. Lizzie gémit d'anticipation et se positionna comme pour mieux accueillir la main du criminel.
Elle était plus que prête pour lui. Red la pénétra avec deux doigts et avec une telle délicatesse que Lizzie lui agrippa les épaules, en laissant échapper un long soupir. Il riva ses yeux aux siens et la regarda s'abandonner pendant qu'il faisait aller et venir ses doigts en elle, l'excitant encore davantage. Il l'observa, attentif à ses réactions et continua sur le même rythme jusqu'à ce que les yeux de Liz se voilent. Il sut qu'elle avait envie de jouir encore une fois et suspendit son geste.
« Red… » Protesta-t-elle en haletant.
« Patience… »
Il eut un sourire et se positionna, plaçant les jambes de Lizzie de chaque côté de ses épaules avant d'entamer un savoureux cunnilingus. Lizzie arqua le dos au contact de la langue de Red qui explora chaque partie de son intimité tout en la pénétrant d'un doigt. Elle se mit à gémir sans retenue, et il suça son clitoris encore plus vigoureusement.
C'était une douce torture. Lizzie voulait que Red la fasse jouir. Elle voulait que le Concierge du Crime la possède, qu'il se glisse en elle, au plus profond de son être. Elle pouvait sentir ses bras trembler contre ses cuisses. Elle caressa les cheveux courts de son amant pour attirer son attention. Il releva la tête et la vit, les joues rosies par le plaisir, les yeux brillants d'une faim insatiable.
« Red… s'il-te-plaît… prends-moi… »
Oh, comme sa Lizzie était belle à couper le souffle ! Comme il avait envie de la satisfaire… Il ne résista pas au désir d'abréger les préliminaires.
« Les désirs de Mademoiselle sont des ordres. »
Comment pouvait-il être aussi formel en cet instant ? Red se positionna, et sans la quitter des yeux, la pénétra doucement, paisiblement, puis se retira tout aussi lentement. Lizzie ferma les yeux. C'était si bon de le sentir glisser en elle, sortir complètement et rentrer. Il l'embrassa tendrement et elle lui rendit ses baisers. Il trouva un rythme et Lizzie vint à sa rencontre avec délectation. Il donnait ce petit coup de rein ajusté au bon endroit… L'exploration était méthodique et les gémissements de la jeune femme confirmèrent son savoir faire. Ses mouvements se firent de plus en plus secs et pénétrants, chacun d'eux accompagné d'un cri de Lizzie de plus en plus fort. Et puis soudain, brutalement, elle lâcha prise et fut emportée par une vague de plaisir qui la prit au dépourvu…
Pendant ce temps, Red continuait à pomper en elle. Il n'avait pas perdu une miette du spectacle de Lizzie jouissant dans ses bras, éperdue, surprise. Lui-même sentait venir le moment où son endurance serait mise à mal. Il se concentra sur ses coups de reins. La pénétration continua, mais cette fois plus rapidement, plus violemment.
A peine remise de son premier orgasme, Lizzie se surprit à en vouloir encore, plus fort, plus loin. Elle savait que Red était à la hauteur de ses envies. Elle ne le quitta pas des yeux et ils coordonnèrent leurs mouvements de bassin. Cette fois, elle sentit monter un nouvel orgasme et ne se retint pas quand elle fut emportée par une nouvelle vague de plaisir, plus forte que la précédente, qui la fit crier et perdre toute notion d'espace et de temps…
La vision de la femme qu'il aimait en train de partir une seconde fois l'entraîna et il donna encore quelques coups de reins en jouissant avant de se figer dans un long râle. Il s'effondra sur Lizzie, le corps parcouru de sursauts, le cœur battant à se rompre, la respiration courte…
Tels deux naufragés échoués sur une plage, ils ne bougèrent pas pendant de longues minutes, avec le bruit régulier des réacteurs de l'avion en toile de fond pour les calmer...
Red releva enfin la tête et posa un baiser sur la joue de Lizzie, puis sur ses lèvres, avant de basculer sur le côté avec un soupir de soulagement. Machinalement, alors qu'il était encore sur elle, elle lui avait caressé le dos, ses doigts suivant les crevasses et les lignes irrégulières de ses brûlures. La peau était fine, douce, par endroits, boursouflée à d'autres. Il l'avait laissé explorer ce nouveau territoire à son rythme. Elle vint se nicher contre lui et posa son bras en travers de sa taille.
« Est-ce que ça fait mal ? » Demanda-t-elle, d'une petite voix.
« Non, plus maintenant. Je suis juste plus sensible au froid et à la chaleur. Je me couvre l'hiver parce que je suis frileux, et je ne m'expose jamais au soleil. Et quand j'ai de la fièvre, c'est un peu compliqué… »
Elle frissonna en imaginant la souffrance qu'il avait dû ressentir et se serra encore plus étroitement contre lui. Il comprit et lui expliqua.
« Heureusement que le cerveau ne garde pas en mémoire la douleur physique que l'on ressent… » Il parlait avec détachement, presque scientifiquement. « En revanche, l'odeur de kérosène, de chair grillée, le bruit de l'incendie, les hurlements… Les impressions sont déjà bien suffisamment vivaces pour remplir une vie de cauchemars… » Il la regarda avec un sourire. « … Mais aujourd'hui, je suis récompensé de mes efforts au centuple… Ça en valait la peine… S'il fallait le refaire… »
« … Tu le referais. »
« Oui. Te sauver a été de loin la meilleure décision que j'ai prise. »
Elle se blottit contre lui et se tut pendant quelques minutes.
« Envie de partager les pensées qui passent dans cette jolie tête ? »
« Je ne sais pas de quoi demain sera fait pour nous et je n'ai pas l'intention de m'appesantir là-dessus. Je veux juste vivre au jour le jour, profiter de chaque instant passé avec toi, de ton amour inconditionnel. Et surtout, je veux te rendre heureux… »
Reddington eut un sourire et l'embrassa.
« Tu me rends heureux par ta seule présence. Quoi qu'il advienne désormais, la lumière rentre à nouveau dans mon cœur... » Il se tut. « Ce ne sera pas facile, Lizzie. Il y aura beaucoup d'obstacles, de nouveaux challenges à relever, du danger. De nombreux noms figurent encore sur ma liste et d'autres s'y ajouteront… »
« Tu sais quoi ? Je me dis que si tu n'étais pas entré dans ma vie, je m'ennuierai à mourir dans mon petit bureau... »
« Probablement. Je te promets que jamais tu ne t'ennuieras avec moi ! »
« Je te fais confiance. »
Elle tira sur la couverture et voulut les recouvrir lorsqu'elle se rendit compte qu'il était à nouveau entièrement opérationnel.
« Déjà ? »
« Tu ne viens pas de me dire que tu voulais profiter de chaque instant ? »
« Raymond Reddington, tu es… »
« … insatiable, charmant, séduisant, insolent, énigmatique, agaçant, insupportable, intelligent, audacieux, irrésistible, ingérable, emmerdant… »
Elle se mit à rire et lui donna un baiser pour l'interrompre dans son énumération.
« … Amoureux... et bavard. »
FIN
Voilà, cette histoire est terminée. J'espère qu'elle vous a plu. Je me suis beaucoup amusée à l'écrire pendant l'interruption hivernale de la saison 2 aux USA. Il sera intéressant de soumettre certaines théories au passage du temps, même si les scénaristes auront plein d'autres idées différentes et nous enverront dans d'autres directions.
