Note de l'auteur: Bonjour à tous ! Nouveau chapitre en cette nuit noire... Que tous les impatients se rassurent... Oui ! Aujourd'hui, on s'arrête dans la tête d'Hermione... Ce n'est pas forcément le meilleur chapitre mais... On ne peut pas tout avoir ;-) ... En tout cas, c'est le dernier où on revient sur l'épilogue de CQAP. La suite sera plus "évolutif"... L'action se passe en novembre 2000 (les afficionados peuvent comprendre par déduction mais autant préciser...).
Comme d'habitude, attention au rating, histoire, langage, "graphisme"... Tout est destiné à un lectorat adulte...
Toujours des remerciements aux reviewers et, une fois n'est pas coutume, une petite requête auprès des lecteurs fantômes qui sont, chaque semaine, extrêmement nombreux mais particulièrement silencieux. Deux reviews par chapitres en moyenne, c'est chouette mais c'est même pas 0.5 pour cent du nombre de lecteurs...
Que vous trouviez ça naze, sans intérêt, plat ou fantastiquement génialement extraordinaire (mouais, mais bien sûr), merci de me faire part de vos critiques... On écrit toujours pour savoir ce que ça vaut... En tout cas, je mords toujours pas, quels que soient vos opinions à l'égard de mes crachouilles littéraires...
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Bonne lecture et à très vite !
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Chapitre 9 – Hermione
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- « Par Salazar ! Hermione ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?! »
Excédée, elle jeta son sac à ses pieds et partit d'un pas furieux dans la chambre à coucher, en claquant la porte.
Tout aussi inquiet que surpris, Draco ramassa ses effets et la suivit, ouvrant précautionneusement la porte.
Elle s'était assise sur le lit, les jambes repliées sous le menton. Les bras croisés autour de ses genoux, elle s'enfonçait les ongles dans la peau, retenant difficilement des larmes de rage.
- « Quelle bande de… J'en reviens pas ! »
Sa voix était assourdie par la colère. Ses cheveux, encore plus en bataille de d'habitude, cachaient son visage et le haut de son chemisier partait de travers. Draco s'accroupit face à elle.
- « Tu veux en parler ? »
Sa voix était étonnamment douce. Hermione se laissa tomber à genoux devant lui et s'agrippa à son cou, essuyant ses larmes sur sa chemise blanche.
- « Des bâtards » souffla-t-elle « ce ne sont que des bâtards ! »
Il s'écarta doucement et l'incita à poursuivre en s'asseyant à même le sol.
- « Je suis allée à Gringott's, en sortant du travail et, en entrant, j'ai croisé une bande de jeunes. Je pense qu'ils doivent être de Poudlard…
- …
- … d'ailleurs, je vais en toucher deux mots à Minerva. Ce n'est pas parce qu'ils sont en vacances que leur comportement est excusable. C'est inadmissible qu…
- Grang'… » soupira calmement le blond, l'invitant à revenir au sujet initial, amenant Hermione à lever les yeux au ciel
- « Je les ai entendu siffler sur mon passage mais, tu te doutes bien, je n'y ai pas prêté attention. Je me suis dit que ce serait comme d'habitude, qu'on n'était plus à une ou deux huées près.
- … J'ai peur d'entendre la suite…
- Ils étaient toujours là quand je suis ressortie de la banque. J'ai mis mon plus beau masque et les ai simplement ignorés mais tu te doutes bien que, non ! Ça ne leur suffisait pas à ces imbéciles ! Évidemment ! »
Sa voix s'élevait de plus en plus fort et Draco devait bien reconnaître qu'il avait, lui aussi, des difficultés à contenir sa colère. Il imaginait tout à fait ce qui avait pu suivre.
Il rassembla de toute la maîtrise qu'il pouvait contenir pour la laisser, elle, exploser.
- « Un chauve-furie ! Ils m'ont attaqué avec un chauve-furie ! Par derrière, ces traîtres !
- Je vais les tuer… » ne put-il s'empêcher de gronder d'une voix sourde.
- « Laisse tomber. Tu ne crois quand même pas que je les ai laissé partir comme ça, ces sales gosses ?!… J'en ai saucissonné trois et je les ai embarqués manu-militari au Ministère ! Je les ai fait ficher et je peux t'assurer que leurs parents vont entendre parler du pays ! »
Il ne put retenir un sourire de fierté. La vengeance d'une louve était toujours terrible et, si leur histoire apportait son lot de déboires, Hermione était décidée à combattre, envers et contre tous. Une Granger ne se laissait pas marcher sur les pieds. Jamais.
- « Je vais prendre un bain », lâcha-t-elle brusquement après un lourd soupir, se relevant avec souplesse et le laissant en plan.
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Hermione était partisane de la politique de l'autruche lorsqu'il s'agissait de sifflets ou de quolibets. Elle se parait dans son drap invisible de dignité, relevait les épaules, bombait la poitrine et marchait la tête haute.
Et puis, il y avait eu ce jour où elle avait trouvé Draco le nez en sang, une telle quantité de Whisky Pur Feu dans les veines qu'il n'avait pu s'appliquer un sort assez correct pour en guérir l'ecchymose. Depuis, elle appliquait la tolérance zéro vis-à-vis de leurs agresseurs.
Oh, bien sûr, il pouvait se défendre tout seul. Là n'était pas la question !
Seulement, si quiconque touchait à un seul de leurs cheveux, elle prenait immédiatement la direction de Picadilly-Circus, faisait le siège de la BPM - la Brigade de Police Magique - si c'était nécessaire, et enregistrait systématiquement une plainte.
Ah ! Le Ministère se targuait d'une politique Humaniste et prônait la rédemption ? Elle leur imposait d'acter leurs jolis mots et de tenir leurs engagements !
En trois mois, la BPM l'avait tellement vue faire le pied de grue dans leurs locaux qu'un Auror lui avait été personnellement attribué pour suivre ses dossiers.
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L'agent Fitzgerald ne s'était pas imaginé, à quelques années de la retraite, se retrouver à jouer au flicaillon pour des célébrités locales. Il avait de jolis faits d'armes à son actif mais, il était obligé de reconnaître qu'il commençait à se faire vieux.
Finalement, entre faire de la paperasse et rencontrer cette jeune femme au caractère bien trempé, il se disait qu'il n'était pas si mal tombé. Entre deux dépôts de plaintes, il leur arrivait de discuter politique. Surtout parce qu'elle était particulièrement remontée contre la Société mais, il était indéniable qu'elle était cultivée.
Par contre, Fitzgerald avait refusé de quitter son bureau du Ministère. Il ne fallait pas exagérer ! Il y avait presque pris racine et, ce n'était pas à quatre-vingt-quinze ans passés qu'il allait s'amuser à déménager à Picadilly Circus !
Hermione ne s'en était pas offusquée, loin de là ! Ses visites régulières lui permettaient de croiser un certain nombre de Hauts-Fonctionnaires et elle prenait un malin plaisir à se rappeler à leur bon souvenir.
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Les plaintes et les amendes mineures dont écopaient leurs assaillants n'étaient pas le seul angle d'attaque de la jeune femme. La Justice, si tant est qu'elle œuvrait avec bon gré, restait lente à se mettre en place.
Les attaques ouvertes avaient beau s'être espacées depuis la parution du premier article les concernant intimement, elle et Draco, Hermione continuait à craindre une vraie agression. De celles dont on ne se relevait pas.
Pas plus tard que le mois dernier, ils avaient été victime d'un sortilège Cuisant alors qu'ils se rejoignaient devant Fleury&Bott's. Le sort avait été parfaitement réussi et particulièrement douloureux à encaisser !
Depuis, elle avait décidé de prendre les Tordenoy, les Skeeter et tous les autres foutus pseudo journalistes qui s'attaquaient à eux à revers.
Elle avait commencé à écrire elle-même, en collaboration avec Draco, des articles rétablissant leur vérité, sous un nom de plume. La mystérieuse « Miley Dit ! », en français dans le texte, était née.
Il n'y était ni question de sentiments, ni de parties de jambes en l'air. Elle n'y dévoilait pas plus de détails intimes ou scabreux. Elle prenait seulement le parti de parler de ce qu'ils faisaient, « dans la vraie vie ». Elle, pour faire évoluer, à son échelle, la société sorcière et lui, pour obtenir une certaine rédemption.
Elle parlait des Gallions qu'elle avait investis dans un programme éducatif pour les orphelins de la dernière guerre après avoir reçue sa récompense ou développait un article d'investigation au sein du service hospitalier dans lequel œuvrait Draco. Tantôt c'était un témoignage émouvant, tantôt un pamphlet virulent.
Outre la soulager en y crachant sa vérité, ces articles avait un but beaucoup plus pragmatiques. Pondérer les « putains d'affects de lecteurs trop abrutis par les médias ». Pour l'instant, elle n'avait fait publier que trois courts articles, soit, mais pas un journal n'était passé au travers.
Oh, elle se souvenait parfaitement du jour où le second était paru. Cette semaine-là, le bureau du TAC [1] avait été assailli sous une pile de courriers sans adresse, tous destinés au couple 'Granger-Malefoy'. L'agent Turner s'était montré passablement agacé d'avoir encore à faire à Draco.
Il avait déjà passé un an à surveiller son courrier suffisamment ennuyeux et indigeste, se voyait encore régulièrement obligé de rebasculer les hiboux qui s'égaraient dans son bureau au lieu d'aller à Lulworth Cove, s'était fait avoir par le Survivant National en se soumettant à un Serment Inviolable et se prenait de plein fouet des beuglantes qui atterrissaient chez lui par erreur depuis que les journaux avaient parlé de la nouvelle vie de couple du jeune Malefoy avec l'héroïne de guerre !
Cet amoncellement de lettres en réponse à l'article de cette 'Milady truc', comme disait Turner, avait été la goutte d'eau ! Il avait menacé son chef de poser sa démission dans l'heure et il n'avait cédé qu'après qu'on lui ait accordé un congé exceptionnel. Draco avait presque été déçu de ne plus avoir à faire à lui.
A la place, il avait rencontré l'agent Campbell, un jeune bleu rougissant qui avait insisté pour lui serrer la main parce que « une histoire comme celle-là ! Wow, c'est pas banal ! ».
Hermione et lui avaient ensuite retrouvé un calme relatif mais de courte durée. Depuis que leur nouvel aménagement avait fuité, les persiflages avaient repris de plus belle.
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- « Je peux me joindre à toi ? »
Hermione ouvrit doucement les yeux pour voir Draco, aussi nu que le jour de sa naissance, la tête penchée sur elle, des mèches d'un blond presque blanc lui tombant dans les yeux.
Avec un sourire, elle s'agrippa au rebord de la baignoire, replia ses jambes et se laissa glisser vers l'avant, lui libérant un passage derrière elle, éclaboussant légèrement le carrelage.
Il se faufila dans son dos et la ramena contre lui, indifférent aux débordements d'eau qu'il provoquait à nouveau. Il caressa placidement son ventre en fermant les yeux alors qu'elle se coulait contre lui telle une chatte ronronnant, profitant de sa peau sur la sienne.
- « Je suis allé au Ministère, moi aussi, aujourd'hui » souffla-t-il après quelques minutes.
- « Oh ! Déjà ?... Tu as la date du procès ?
- Pas exactement… »
Il cessa tout mouvement, plongeant son visage dans le cou de la brune et resserrant ses bras autour d'elle. Sa voix ne fut plus qu'un murmure.
- « Elle a refusé qu'on lance la procédure.
- …
- … Elle ne veut pas me voir, Granger…
- Je suis désolée… »
Elle enlaça ses doigts aux siens, désirant par ce simple geste lui transmettre tout son soutien. Elle ne pouvait pas faire grand-chose de plus.
Si Narcissa était en train de couper les ponts avec son fils, leur relation, là encore, ne devait pas y être étrangère. Ils n'en avaient toujours pas parlé ouvertement mais, elle se doutait que, lorsque ce jour arriverait, ce ne serait pas une partie de plaisir.
Ils vivaient une période difficile et, s'ils s'étaient imaginé que leur vie ne serait pas un long fleuve tranquille, ils ne s'étaient pourtant pas attendus à la moitié de ce qu'il s'était passé ces derniers mois. Et ils n'en savaient pas moins qu'ils n'étaient pas encore au bout de leur peine.
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Hermione avait tout de suite dit à Harry ce qu'il se passait, après cette nuit sur le toit du Puffapod Grove's [2]. Elle ne s'était pas imaginé lui cacher quoi que ce soit. Evidemment, Ginny l'avait su dans la demi-heure suivante.
Après quelques semaines, c'était Draco qui en avait parlé à Blaise, et lui à Seamus. Il l'avait laissé échapper.
Dean avait rapidement compris ce qui se tramait, à cause des gloussements qui prenaient l'irlandais quand on parlait de l'amitié incongrue entre Hermione et Malefoy.
En Avril, Teddy les avait surpris en rentrant dans la chambre de la brune. Elle avait rougit jusqu'à la racine des cheveux avant d'être prise d'un fou rire. Elle avait complètement oublié qu'on fêtait ses deux ans chez elle cet après-midi-là.
C'est Fleur qui était chargée de le surveillait pendant que Harry préparait le goûter d'anniversaire et elle était venue le récupérer dans la chambre. La française aussi avait rosi comme une pivoine en tombant sur Hermione et Draco masquant difficilement leur nudité derrière un drap en retenant toujours leurs rires.
La blonde avait pris la main de Teddy qui continuait à les regarder d'un air curieux et incongru en tendant son petit doigt et demandant « Cékoâ ? » et elle était sortie de la chambre les yeux ronds en retenant son hilarité face aux questions du petit bonhomme.
Harry avait poussé un soupir exaspéré quand les deux tourtereaux étaient sortis de la chambre avec le plus de dignité possible mais, aucun des invités qui arrivèrent un peu plus tard ne fut au courant de ce qu'il s'était passé en début d'après-midi.
Bill appris tout de même leur petit secret le soir-même et l'accueilli avec une moue dubitative. Si Fleur connaissait mal la réputation des Malefoy et s'en était amusée, lui n'avait qu'une piètre opinion de cette famille. Ce n'était pas Ron qui l'aurait contredit, si il avait su mais, il lui avait semblé préférable de ne pas jeter d'huile sur le feu et de se taire à ce sujet.
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En mai, Draco se confiait à Pansy. Elle commençait à fréquenter leurs amis de plus en plus souvent et il l'avait toujours appréciée. Elle était si seule depuis que ses parents l'avait répudiée qu'il était persuadé pouvoir lui faire confiance. Et il ne s'était pas trompé.
En juin, lui et Hermione ne se cachaient plus vraiment. Leurs proches étaient tous au courant, qu'ils l'aient officiellement annoncé ou qu'ils aient compris par eux-mêmes.
De plus en plus souvent, ils se tenaient la main sous la table d'un café ou d'un restaurant, ils allaient au théâtre ou assistaient à des concerts. Ils prenaient garde à ne pas se montrer trop affectueux en public.
Ils n'enlaçaient pas leurs doigts dans la rue ni ne s'embrassaient ouvertement. En société, on s'étonnait un peu de leur amitié mais, tant que ça n'allait pas plus loin, on acceptait sans rechigner qu'ils se fréquentent.
Seulement, le temps passant, tous ses petits gestes qu'ils réservaient à l'intimité, ils n'y avaient plus prêté garde. Ils oubliaient un peu.
La main de l'un s'attardait dans le dos de l'autre. Les regards étaient parfois trop appuyés et les sourires trop resplendissants. A l'hôpital, surtout, ils faisaient n'importe quoi. Comme si cet espace avait été une bulle sécurisée. Bobby [3] avait tout de suite repéré leur manège, lui !
Un jour où elle avait rejoint son amant, dans le jardin thérapeutique et où ils discutaient, assis sur un banc, respectant tout de même les cinquante centimètres de distance d'usage entre leur corps, le gamin avait presque crié « Dis, tu vas l'épouser ?! ».
Ils s'étaient retrouvés au centre de dix regards surpris, se forçant à rire en balayant une mouche imaginaire « Ah, ah, les gosses… ».
Une autre fois, Esther [4] était rentrée dans la salle de repos alors qu'ils se rhabillaient après des galipettes improvisées. Hermione s'était jetée derrière le canapé et s'était lancée un sort de désillusion mais la femme n'était pas dupe.
Si Draco n'avait pas été son petit protégé, elle aurait tout de suite soupçonné qu'il tramait quelque chose de louche mais, elle adorait ce gosse et, comme elle le savait ami avec la célèbre Hermione Granger, elle avait fermé les yeux.
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Et puis, il y avait eu cette fois fatidique, en Août, où ils s'étaient promenés le long des canaux, à Birmingham. Ils s'étaient arrêtés sur un petit pont de bois et avaient discuté longtemps, appuyés sur la rambarde en ferraille, en regardant les barques qui passaient parfois.
Ils s'étaient imaginés en prendre une et partir voguer sur les flots, loin du tumulte des villes, loin de tout, à vivre de pêche, d'amour et d'eau fraîche.
Ils avaient bien entendu des cliquetis d'appareil photos mais, ils n'avaient pas été surpris. Le paysage était tellement beau, avec ces quais pavés, ces grands arbres verdoyants et le soleil qui miroitait à la surface de l'eau. Le sourire ne les quittait pas.
Ils avaient encore entendu le cliquetis qui mitraillait et, d'un geste lent, un même sourire rivé aux lèvres, ils avaient tourné la tête vers la source du bruit.
Le soufflet était retombé aussitôt. Ils s'étaient redressé et avaient interpellé le photographe. C'était un sorcier, sans conteste. Son boubou à fleurs ne laissait aucun doute, pas plus que son imposant appareil.
En tempêtant, le couple avait fait un pas vers lui et il avait fait mine de partir. Hermione avait saisi sa baguette et lancé un Accio. L'appareil avait ripé sur les doigts du Matamagic mais, habitué aux réactions agressives de ses cibles de travail, il avait réussi à ne pas le lâcher, malgré les tressautements.
Les deux amants fulminaient et lui n'en menait pas large. Il avait transplané sans demander son reste, laissant, à l'autre bout du pont, un gamin éberlué. Draco s'était doucement approché de lui, lui murmurant un Oubliette, avant de saisir la main d'Hermione et de transplaner à la première ruelle qu'il avait rencontré.
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Après, ils avaient eu peur pendant des semaines. Ils ouvraient les journaux avec anxiété, craignant de voir un article, une photo et supportant difficilement les remarques que Harry ne pouvait s'empêcher de faire.
- « Je vous l'avais bien dis ! »
- « Non mais vous avez été inconscients ! »
- « Pffff… C'était pas très malin quand même… Hermione… »
Ils se disaient presque qu'ils pouvaient relâcher la pression quand le premier article était finalement paru, début septembre.
La Gazette, Sorcière Hebdo et le Daily Sorcerer [5] reprenaient le même contenu, presque mot pour mot. Celui du texte rédigé par cette Mathilda Tordenoy. Et ils avaient chacun une version différente de la même photo, sur ce pont.
C'était une belle photo, d'ailleurs, mais, ça ne les avait pas vraiment consolés. Des journalistes s'étaient immédiatement mis à camper à Moseley et il avait fallu que des Aurors interviennent pour les chasser de ce quartier moldu qu'ils envahissaient éhontément, au mépris de toutes les règles de discrétion.
Si la résidence avait rapidement retrouvé son calme, ce n'était pas le cas de leurs autres lieux de villégiature. Des Rita en puissance faisaient le pied de grue devant Sainte-Mangouste, arrachant des témoignages impudiques à la volée et d'autres traînaient dans les couloirs de l'ANEM et de PapyruScribere [6].
Elijah [7] s'était mis à jouer des coudes, tel un garde du corps, pour qu'ils fichent la paix à Hermione mais, quand les médias s'étaient amusés à dire que la belle avait déjà un amant, il avait fait marche arrière.
Hermione et Draco avaient arrêté de sortir, pendant plusieurs semaines, ne se permettant d'aller qu'au Tricktrash, à la condition d'avoir mis en place un bon sort de dissimulation en amont.
Ils avaient laissé passer un, puis deux, puis trois articles, toujours plus racoleur les uns que les autres. Chaque semaine apportait son nouveau lot de révélation. Et chaque semaine ils entendaient davantage de murmures sur leur passage.
Ils avaient décidé de prendre leur image en main. C'était, finalement, un jeu que Draco connaissait depuis sa plus tendre enfance.
Ils avaient longuement discuté avec Blaise et Harry de la stratégie à adopter. Les deux hommes maîtrisaient parfaitement leur image. Au millimètre près.
Leurs notoriétés ne se valaient peut-être pas mais, ils savaient exactement comment jouer avec les médias. Et Hermione et Draco avaient pu retrouver un semblant de sérénité.
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A peu près à la même période, en octobre, ils avaient décidé de vivre ensemble, un peu sur un coup de tête. Hermione songeait à prendre son indépendance depuis un moment déjà mais, tous ces aléas avec la presse l'avaient fait reculer. C'est alors que Draco lui avait fait cette proposition.
Vivre ensemble. Elle n'y avait pas songé avant mais, effectivement, ça simplifiait tout. Ils n'auraient plus à se trimbaler d'appart en appart avec des vêtements de rechange. Elle n'oublierait plus sa brosse à dent à gauche à droite et il ne perdrait plus ses livres de cours n'importe où.
Ils n'auraient plus à subir tristement les humeurs de Ginny qui leur faisait autant de peine qu'elle les agaçait et Harry pourrait trouver refuge chez eux quand l'ambiance serait trop lourde.
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Elle avait dit oui et ils s'étaient mis à chercher, frénétiquement. Elle avait dû insister lourdement pour qu'il accepte de chercher un logement dans un quartier moldu.
Il avait beau avoir sans peine pris ses aises chez Harry et elle ces derniers mois, Draco trouvait toujours leur mode de vie absurde. Il s'y était résolu, finalement, l'argument de leur plus grande tranquillité ayant eu raison de lui.
Ils avaient trouvé un petit appartement proche de Notting Hill qui les avait tout de suite séduits. La zone résidentielle était calme, bordée de parcs et de jardins. Hermione s'était enthousiasmée de la proximité du métro, la station de Ladbroke Grove n'étant qu'à quelques minutes de l'appartement.
Draco lui, avait haussé les épaules à ce détail. Ce qui lui avait plu, par contre était la chambre, très lumineuse qui donnait sur un parc. Le salon n'était pas bien grand et il n'y avait pas de bureau ni de bibliothèque mais, l'absence de mur entre le lieu de vie et la cuisine agrandissait l'espace tout en lui donnant un cachet intimiste.
Il avait presque jubilé en voyant la baignoire dans la salle de bain n'ayant eu de cesse, ces derniers mois de ronchonner contre la douche italienne de l'appartement Birmingham où il passait clairement plus de temps que chez lui.
La petite terrasse extérieure était un plus indéniable bien qu'ils devaient reconnaître qu'après y avoir installé une petite table ronde et deux chaises, ils ne pouvaient plus réellement s'y déplacer sans se contorsionner. Malheureusement, il était hors de question de l'agrandir magiquement. Ce serait prendre le risque d'attirer les regards sur eux.
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La brune avait eu un coup de foudre et avait immédiatement voulu l'acheter. Le blond, lui, s'était montré moins enthousiaste. Il n'avait toujours pas accès à ses biens et, sans être sans le sou, n'avait plus les moyens de s'offrir quoique ce soit. Et si la brune était sûre d'obtenir un prêt dans la minute, vu ses références et ses relations à la banque sorcière, Gringott's refuserait de lui faire crédit à lui.
Hermione l'avait harcelé une semaine durant, sans se lasser. Elle avait argumenté, contre argumenté et sur argumenté. Il n'avait finalement accepté que parce qu'elle lui avait fait signer un contrat magique précisant le loyer fixe qu'il devait lui verser mensuellement, jusqu'au remboursement total de sa part.
Il n'avait pas aimé ça. Pas du tout. Un Malefoy ne contractait pas de dettes. Jamais. Ce n'était pas comme ça qu'il avait envisagé les choses, lui.
Après son diplôme, il aurait dû épouser la femme de sa vie, une Sang-Pur, avec l'aval de ses parents. Il aurait dû aménager avec elle après leur mariage sorcier, dans une des propriétés Malefoy. Il aurait fait fructifié leurs biens immobiliers.
Ils n'auraient pas été dans le besoin et auraient vécu dans le luxe et la débauche d'argent. Ils n'auraient pas eu à compter la moindre Mornille et auraient pu à loisir jeter leurs Gallions par les fenêtres. Au lieu de cela, il avait l'impression de se faire entretenir par cette femme qu'il avait jadis détestée.
La vie lui paraissait bien malicieuse. Adieu mariage et vie de patachon. A la place, il s'était épris d'une fille de moldus bien trop têtue et obstinée et qui avait presque toujours le dernier mot. Sa virilité en avait pris un coup !
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Le quelques semaines [8] dont ils eurent besoin pour, premièrement, se décider, deuxièmement, réunir les fond, troisièmement, accélérer la procédure de vente de quelques sortilèges, quatrièmement, protéger à outrance l'appartement et dernièrement conserver leur anonymat, avaient complètement chamboulé Draco.
Il n'avait eu de cesse de douter de lui. De faire des allers et retours entre sa vie passée et actuelle. Il s'était remis en question en long en large et en travers. Il était redevenu taciturne et s'était souvent isolé. Pourtant, le 27 novembre, ils avaient finalement aménagé.
Et il avait trouvé ça parfait.
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Hermione remua dans le bain. L'eau refroidissait lentement et sa peau se fripait. Elle remonta les paumes de Draco à sa bouche et les embrassa délicatement. Il fit glisser ses mains sur ses seins, puis son ventre et ses cuisses alors qu'elle se relevait avec agilité.
Il lorgna allègrement sur ses fesses alors qu'elle se penchait en avant pour saisir une épaisse serviette. D'un geste nonchalant, il retira la bonde, l'eau s'écoulant dans un lent tourbillon.
Il enlaça brusquement les jambes de Hermione qui chuta sur lui dans un petit cri aigu. Sa serviette était trempée et il se disait qu'elle venait peut-être de lui casser une côté en tombant aussi violemment sur lui mais, il souriait de son air choquée.
Avant qu'elle n'ait le temps de dire quoi que ce soit, il s'empara de ses lèvres, pressant son corps au sien en l'emprisonnant entre ses hanches.
Son dos glissait au fond de la baignoire et il buvait presque la tasse mais il s'en foutait. Il avait trop besoin de cette fille. Elle était sa bouée de sauvetage.
Il enleva la serviette détrempée de la baignoire et la jeta sur le carrelage dans un bruit sourd. Hermione, toujours prisonnière de son corps, eut des soubresauts quand il caressa son dos jusqu'à ses fesses, glissant deux doigts entre elles jusqu'à son intimité.
Ses doigts en elle, il lui imposa d'une légère pression de remonter son corps vers lui et elle obéit sans discuter. De son autre main, il saisit un sein qu'il prit en bouche, lui arrachant des soupirs exquis alors qu'elle s'appuyait d'un bras au mur en céramique et de l'autre à ses épaules.
L'eau diminuait toujours doucement et avant qu'elle ne s'écoule totalement, il remplaça ses doigts par son membre empli de désir. Oh, ce qu'il aimait voir Hermione onduler au-dessus de lui, sa bouche s'ourlant sous ses soupirs.
Il se redressa vivement, pressant son torse contre sa poitrine, l'amenant presque à fusionner son corps au sien. Il la serrait tellement fort qu'elle avait presque mal. Presque. Mais, ce n'était pas grave. C'était sa manière à lui de lui dire tout ce qu'il n'arrivait pas à dire.
Ils bougeaient à peine mais, ils n'en ressentaient pas moins de plaisir. Comme une plénitude. Elle eut un mouvement de reins incontrôlable et il se libéra en elle, longuement, dans un murmure ému.
A cet instant, elle lui aurait bien dit à quel point elle l'aimait. Parce que dans ces moments-là, elle n'en doutait pas. Elle était foutrement amoureuse de Draco Malefoy.
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Verdict ? Une petite envie de prendre un bain ?
Que de notes, que de notes ! Forcément, avec Hermione et Draco y'a un gros background de CQAP... Rappel pour ceux qui auraient oublié...
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TAC [1] : CQAP – Le TAC est le bureau de Traitement Automatisé du Courrier. Il est situé dans les locaux de la Brigade de Police Magique. Dans CQAP, c'était déjà l'agent Turner qui prenait en charge les correspondances de Draco.
Puffapod Grove's [2] : CQAP - Night-club sorcier crée par Hannah Abbott et Mandy Brocklehurst.
Bobby [3] : CQAP - Jeune patient du Service de Pathologie Sorcière de l'hôpital Sainte-Magouste, dans lequel Draco fait son LARD. Il a la particularité d'avoir la peau violette.
Esther [4] : CQAP - Surveillante en chef du Service de Pathologie Sorcière, elle collectionne les articles de presse sur Harry, Hermione et Ron qu'elle admire énormément.
Daily Sorcerer [5] – CQAP – Journal à sensations dont la ligne éditoriale se concentre sur la déchéance de l'aristocratie sorcière britannique et qui a un succès fou dans ce milieu noble.
PapyruScribere[6] : CQAP - Institut de formation aux métiers de l'édition dans lequel Hermione est inscrite depuis 1 an.
Elijah [7] : CQAP - Camarade de Hermione à l'institut PapyruScribere, ils suivent les mêmes cours d'épistémologie. C'est un grand barbu aux airs d'ours, drôle et intelligent qui rend Draco particulièrement jaloux. Âgé d'environ 25 ans, il a été Greffier au Service Culturel du Gaeltacht, en Irlande, pendant 5 ans, avant de reprendre des études. Il vit en concubinage avec Betty, sa compagne.
Les quelques semaines [8] : A quoi ça sert d'être sorciers et héros de guerre si on ne peut pas faire les choses vite et bien ?!
