Nous sommes vraiment désolées pour l'attente ! C'est vrai que ces temps-ci, on s'est plutôt dispersées, avec les soucis de la vie quotidienne et notre projet de traduire les fictions qu'on a déjà posté, mais on espère malgré tout que ce chapitre vous plaira !
Un grand merci à toutes celles qui nous ont laissé leurs impressions sur le chapitre précédent ! On sait que vous avez hâte de savoir ce qui se passerait maintenant que Jacob a rencontré la soeur de Nahuel, et bien vous allez être gâtées !
Bonne lecture et à très vite ! (promis !)
Après une nuit mouvementée à se demander ce que sa femme faisait et jusqu'où elle était allée avec celui qu'elle devait séduire, Jacob parvint finalement à trouver le sommeil aux aurores. Mais à peine avait-il commencé à sombrer qu'un énorme vacarme à sa porte lui fit ouvrir les yeux.
Jacob sursauta et bondit littéralement de son lit pour aller ouvrir, s'imaginant qu'il ne devait s'agir que d'une urgence pour qu'on le réveille de cette manière. Alors qu'il ouvrait la porte en priant pour que ça n'ait aucun rapport avec sa femme, il eut la surprise de tomber justement nez à nez avec cette dernière, furibonde.
– Leah ? Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit-il, étonné.
– Tu oses me demander ce qui se passe, espèce d'hypocrite ? rugit-elle en le poussant violemment. Marisol Hernandez, ça te dit quelque chose ?
– C'est la sœur de notre cible, et alors ?
– Et alors ? hoqueta-t-elle en le poussant une nouvelle fois. Je croyais que tu n'aimais pas les méthodes du SAD, et en rentrant ce soir, qu'est-ce que j'entends ? Que non seulement tu fricotais avec elle AVANT de savoir qui elle était, mais en plus, que tu vas continuer à le faire parce que maintenant, c'est ENCORE PLUS important !
– Premièrement, je ne fricotais pas avec elle et deuxièmement, tu es prête à le faire pour le bien de la mission, alors je vois pas pourquoi je me gênerais, rétorqua calmement Jacob.
Leah s'arrêta et le dévisagea, le cœur serré.
– Bien… Je n'ai plus qu'à te souhaiter la bienvenue chez les tapins du SAD… Profites-en bien… cracha-t-elle en faisant demi-tour.
– Lee, attends… dit-il en la retenant par le bras. Je n'ai pas choisi de tomber sur elle et tu sais qu'on ne peut pas laisser filer une occasion pareille…
Leah tressaillit et ferma les yeux, savourant le contact de la main de Jacob sur sa peau.
– Non, c'est sûr… Mais ça n'a pas l'air de t'affecter plus que ça… souligna-t-elle.
– Ce qui m'affecte c'est de te savoir avec lui, de savoir que vous flirtez, que vous vous embrassez… L'imaginer entrain de te toucher, voilà ce qui m'affecte ! rétorqua douloureusement Jacob.
– Tu crois que ça me fait plaisir ? Que je n'aurais pas préféré que ce soit toi qui me touches à sa place ? Non, probablement pas, sinon tu n'aurais pas accepté de faire la même chose avec une autre femme…
– Tu entends ce que tu dis ? J'arrive pas à y croire, c'est deux poids, deux mesures avec toi ! s'énerva-t-il. Quand il s'agit de toi, je dois la fermer et accepter sans rien dire que ma femme se fasse peloter par un autre, mais quand c'est moi, je dois refuser, c'est ça ?
– Là, c'est plutôt toi qui vas la peloter, sur le coup… grommela-t-elle.
Jacob s'approcha d'elle et passa une main sur sa joue en plongeant son regard dans le sien.
– Je serai forcé de donner le change de temps en temps, mais je ferai tout ce que je peux pour garder mes distances avec elle si ça peux te rassurer…
Leah posa sa main sur celle de Jacob et soupira, toute sa colère ayant disparu au moment où il l'avait touchée.
– Fais attention à ne pas trop… T'impliquer… On a tendance à s'égarer la première fois…
Jacob se raidit.
– Qu'est-ce que je suis censé comprendre ?
– Rien du tout… C'est ce qu'on nous a toujours enseigné au SAD, c'est tout… Ne penser à cela que comme une mission et non une vraie relation… Ne pas prendre en compte les sentiments de la cible, sinon on s'enferme dans quelque chose qui aboutira à soit se dévoiler, soit finir la mission le cœur brisé… répondit-elle simplement.
Le téléphone de Leah sonna et elle jura en serrant le poing.
– Je dois y aller…
Jacob sourit amèrement en laissant sa main retomber.
– On dirait que c'est juste quand tu veux m'engueuler que tu as du temps à me consacrer…
– C'est faux et tu le sais… contra-t-elle.
– Vraiment ? C'était quand la dernière fois que c'était pour autre chose ?
Leah réfléchit un instant et sourit tristement.
– Les jours où toi tu n'en avais pas… Comme celui où j'ai voulu te parler de mon passé et que tu m'as promis de te rattraper…
– Je l'aurais fait si tu m'en avais laissé le temps au lieu de t'engager dans cette mission.
– Ah oui ? A quel moment ? A ton retour ? sourcilla-t-elle, de nouveau agacée, avant de secouer la tête. C'est sans espoir… On n'arrivera jamais à trouver un terrain d'entente…
– On y arriverait si tu admettais tes torts, mais ça va être difficile, puisque tu adores la fuite ces derniers temps. claqua Jacob, lui aussi agacé.
– Je fuis pour que tu puisses rester en vie, répliqua-t-elle en haussant le ton. Je t'évite parce que je ne fais que commettre des erreurs près de toi, et je ne veux pas que cette mission devienne un remake de…
– Un remake de quoi ?
– Du Panama ! s'époumona-t-elle.
Jacob tressaillit en se remémorant le récit de Paul et de Sam. Il savait que même s'il n'en savait rien à l'époque, elle avait failli mourir par sa faute et il refusait d'envisager l'éventualité qu'une situation similaire se reproduise. Le cœur lourd, il s'avança jusqu'à la porte de son baraquement et l'ouvrit.
– Dans ce cas, il vaut mieux qu'on évite de se voir… Au moins jusqu'à la fin de la mission…
Leah baissa la tête et franchit le seuil de la porte avant de se retourner une dernière fois vers lui.
– Évite de mettre la langue, quand tu l'embrasses, si tu veux rester un homme… le prévint-elle en s'éloignant.
…
Jacob arriva devant la demeure des Montoya en début d'après-midi et demanda au garde à voir Marisol. Cette dernière apparut quelques minutes plus tard, surprise de le revoir.
– Jacob ? Que faîtes-vous ici ? s'enquit-elle en fronçant les sourcils.
– Comme je sais que vous vous ennuyez un peu et que vous m'aviez dit que je pouvais passer quand j'ai un petit moment… Me voilà ! conclut-il en souriant.
Marisol lui retourna un sourire éclatant et fit signe au garde d'ouvrir la barrière.
– Vous aimez le tennis ?
– J'adore presque tous les sports !
– Ça tombe bien, nous avons presque tout ici ! s'exclama-t-elle en lui prenant la main et en l'attirant vers la demeure familiale.
Elle lui donna une tenue de sport appartenant à son frère et ils passèrent l'après midi à jouer sur le court de tennis. Il pouvait voir que la jeune femme appréciait sa compagnie et ne pouvait s'empêcher de la comparer à Leah alors qu'il essayait de se rappeler la dernière fois qu'il s'était autant amusé avec son épouse. Malheureusement, tout ce qui lui venait en mémoire, c'était les disputes qu'ils avaient régulièrement depuis quelques années et les regret qu'il éprouvait vis-à-vis d'elle. Il espérait, malgré tous leurs griefs et toutes les méchancetés qu'il lui avait dit récemment, qu'elle voudrait encore de lui et qu'ils réussiraient à se laisser une dernière chance d'être heureux tout restant eux-mêmes cette fois.
– Ouh ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas affronté quelqu'un ! Mon père se dit trop vieux pour jouer et Nahuel n'aime pas trop le tennis ! déclara Marisol en se tamponnant le cou avec sa serviette.
– Moi je pense plutôt que c'est une ruse qu'ils utilisent pour ne pas se faire laminer par vous… Les hommes détestent perdre face à une femme… conclut Jacob avec un clin d'œil.
Marisol éclata de rire et secoua la tête en se rapprochant de lui.
– Ça ne vous a pas empêché de jouer, vous… Pourtant, de ce que je vois, vous êtes un homme…
– Aux dernières nouvelles, oui… Mais c'est sûrement parce que je n'ai pas peur du ridicule… rigola nerveusement Jacob.
– Si vous le dîtes… Cette partie m'a épuisée. Que diriez-vous d'un petit tour dans la partie jacuzzi de notre piscine, histoire de détendre nos muscles un peu trop sollicités ? proposa-t-elle en s'étirant lentement.
Jacob savait que ce genre d'endroits étaient propices aux rapprochements. Depuis qu'il avait rencontré Leah, il n'avait jamais été avec une autre femme de quelque manière que ce soit et il réalisa que ce serait plus compliqué qu'il ne le pensait de donner le change, mais s'il voulait avoir une chance de clore cette mission avec succès, et ainsi de remettre de la distance entre sa femme et Montoya, amadouer la sœur de ce dernier était le moyen le plus efficace pour y arriver.
– C'est une excellente idée… répondit-il en cachant son malaise.
Marisol lui offrit un sourire enjôleur avant de le conduire vers la somptueuse piscine de la demeure.
– Il y a des maillots pour les invités dans la cabine. Faites comme chez vous, je vais enfiler une tenue plus convenable…
Jacob déglutit péniblement et se contenta de hocher la tête avant de partir s'enfermer dans la cabine. Il récupéra un maillot neuf, l'enfila et rentra d'abord dans la piscine afin de se rafraîchir les idées. Il ignorait comment il allait réagir face à Marisol, seul dans le jacuzzi. Il ne pouvait pas nier qu'elle était ravissante et que sa manière de le séduire sans y toucher le flattait énormément, mais cela lui rappelait également qu'elle n'était pas Leah. Son épouse n'en était apparemment pas consciente, mais elle n'avait pas eu à user des techniques dont elle se servait pour ferrer ses cibles pour le séduire lui. Un seul regard avait suffi pour qu'elle capture son cœur, et même s'il devait avouer que son côté fougueux et indomptable avait ajouté un petit plus à l'attrait qu'elle exerçait sur lui, ce fut ce qu'il avait réussi à lire dans le regard de la jeune femme, cette fragilité cachée derrière ses airs dominateurs, qui l'avait conquis avant tout.
– J'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre ? résonna la voix de Marisol derrière lui, le sortant alors de sa rêverie.
Il se tourna vers elle et eut le souffle coupé par la vision qu'elle lui offrait. Elle avait opté pour un maillot deux pièces doré et un paréo assorti, magnifiant le cuivré de sa peau et lui donnant des airs de sirène.
– Euh… Il s'éclaircit la voix pour se ressaisir. Pas du tout…
Consciente du regard de Jacob sur elle, Marisol le rejoignit avec une lenteur exagérée, roulant des hanches juste assez pour retenir son attention avant de descendre dans l'eau.
– Mon Dieu, c'est si bon ! J'ai les muscles tellement endoloris que je pense que j'aurai du mal à me lever demain… gémit-elle langoureusement.
– La prochaine fois, faudra qu'on pense à faire des étirements avant de jouer, ça nous évitera ces petits désagréments… sourit Jacob en pensant au but de sa présence ici pour se mettre davantage dans le bain.
– Vous envisagez une prochaine fois ? s'étonna-t-elle, bien que ses yeux montraient un profond soulagement.
– Pas vous ? s'enquit-il en la fixant avec insistance.
La jeune femme tressaillit et s'empourpra.
– Eh bien… Je me disais qu'on aurait pu faire autre chose… Visiter la Colombie, vu que vous êtes en vacances… Mais si vous préférez le tennis…
– Les deux me vont… Tant que je passe du temps avec vous… ajouta-t-il en esquissant un petit sourire, conscient de l'effet qu'il faisait à la jeune femme.
La respiration de celle-ci s'intensifia tandis qu'elle comblait la distance qui les séparait.
– Est-ce que c'est une manière détournée de me dire que je vous plais ?
– On peut dire ça… J'ai pas osé vous dire tout à l'heure, mais je mourrais d'envie de vous revoir… mentit-il, conscient qu'il jouait avec le feu.
Sans crier gare, la jeune femme écrasa ses lèvres contre celles de Jacob. Ce dernier eut du mal à prendre part à ce baiser dans un premier temps. Le problème n'était pas que cela ne lui faisait aucun effet d'être embrassé de la sorte, bien au contraire, mais plutôt que ce baiser n'était pas échangé avec la personne qu'il aimait. Il se força malgré tout à donner le change pour ne pas éveiller les soupçons de Marisol. Alors qu'il se répétait mentalement qu'il faisait tout cela pour son épouse, son esprit s'embrouilla lorsqu'il la sentit se presser contre lui et il se mit à imaginer que c'était Leah et non sa cible qui l'embrassait fougueusement. Galvanisé par cette hallucination et par le puissant désir qu'elle entraînait, il vint caresser les lèvres de Marisol du bout de la langue, désirant approfondir l'échange avec celle qu'il imaginait être sa femme.
Marisol gémit contre ses lèvres et entrouvrit la bouche afin d'accéder à sa requête. Les mains de Jacob descendirent sur ses hanches et les agrippèrent fermement pour la positionner à califourchon sur lui tandis que leurs langues se battaient sans retenue. Elle ondula instinctivement les hanches, affichant clairement son envie d'aller plus loin avec lui. Cette friction arracha un grognement à Jacob tandis qu'il se remémorait un de ses souvenirs dans lesquels Leah et lui faisaient l'amour. Emporté par le désir qu'il nourrissait pour sa femme depuis si longtemps, il pressa un peu plus Marisol contre lui alors que son membre commençait à réagir à la douce torture qu'elle lui infligeait.
Les mains de Marisol, qui se perdaient auparavant dans les cheveux du jeune homme, voyagèrent jusqu'à la ceinture élastique du maillot de Jacob, en prenant soin de dessiner chacun des muscles du torse de Jacob à leur passage, pendant que la bouche de la jeune femme parsemait la peau de Jacob de baisers, de sa mâchoire à son cou
– J'ai envie de toi, Jacob… chuchota-t-elle à son oreille avant de la mordiller sensuellement.
Jacob se sentait perdu dans des sensations qu'il n'avait pas ressenti depuis un moment. Les caresses et les baisers de Marisol le mettaient à rude épreuve. Il eut néanmoins un éclair de lucidité quand il entendit la voix de cette dernière, lui rappelant ainsi avec qui il se trouvait réellement, mais la phrase de la jeune femme, associée à ses gestes empreints de sensualité, l'empêcha de calmer le jeu. En parallèle, il se remémorait la scène qui s'était déroulé entre Leah et lui dans la cuisine un peu avant leur départ. Il revivait chaque frisson qu'il avait eu quand elle lui avait mordillé l'oreille comme Marisol à l'instant et si mentalement il refusait de trahir sa femme, son corps lui, ne pouvait pas rester de marbre face à ce supplice. Ses envies l'emportant finalement sur sa raison, il fit remonter ses mains le long du dos de Marisol en direction de l'attache de son haut de bikini.
La Colombienne captura de nouveau ses lèvres tout en caressant le membre de Jacob, lorsqu'un juron en espagnol se fit entendre à l'autre bout de la piscine.
– Marisol ! Mais qu'est-ce que tu fais ?
La jeune femme se raidit et se détacha prestement de Jacob, rouge comme une pivoine.
– Na-Nahuel ? Tu… Tu rentres tôt ! balbutia-t-elle, terriblement gênée.
– Lilia pensait que tu devais t'ennuyer toute seule, alors elle a insisté pour qu'on vienne te chercher et qu'on te fasse sortir… Apparemment, tu avais toute la compagnie dont tu avais besoin… répondit froidement Nahuel.
Jacob s'était raidi à l'arrivée de celui qu'il considérait comme un rival, mais la colère et la jalousie qu'il éprouvait à son encontre furent vite étouffé par un sentiment de honte et de culpabilité, l'obligeant à baisser le regard quand il croisa celui de Leah.
– Oui… Hum… C'est Jacob… C'est lui qui m'a ramené l'autre jour… expliqua Marisol, embarrassée. Tu sais quand tu étais censé passer me chercher à la plage et que tu n'es jamais venu parce que tu étais trop occupé… ajouta-t-elle en reportant un regard mécontent sur "Lilia".
Leah baissa la tête à son tour, non pas par honte, mais bien à cause de la douleur qui lui tenaillait le cœur. Elle était arrivée la première à la piscine, après que Nahuel lui ait indiqué le chemin pendant qu'il allait se changer, et avait assisté à quasiment toute la scène. Les grognements de Jacob et les gémissements de Marisol l'avaient littéralement crucifiée, et elle avait été incapable de manifester sa présence. Elle n'avait envie que d'une chose, que l'on lui prenne sa vie sur le champ.
– Je suis désolée, je ne… Si j'avais su, je n'aurais pas insisté auprès de Nahuel pour… On va vous laisser… parvint-elle à dire difficilement.
Marisol, qui n'était pas de nature méchante, se sentit coupable en voyant l'expression de la nouvelle conquête de son frère.
– Non, attendez ! Veuillez m'excuser, je ne voulais pas paraître impolie… C'est gentil de votre part d'avoir pensé à moi… la remercia-t-elle en la gratifiant d'un sourire, sincèrement touchée par l'initiative de Leah.
Jacob lui, terriblement mal à l'aise, n'osait plus regarder sa femme. Au son de sa voix, il prit conscience qu'elle en avait vu beaucoup plus qu'elle n'aurait dû et son dégoût de lui-même augmenta à l'idée d'avoir blessé celle qu'il aimait comme lui s'était senti blessé en l'imaginant embrasser Nahuel. Il n'avait qu'une envie à cet instant, se jeter à ses pieds et la supplier de lui pardonner en lui jurant son amour. Malheureusement, après tous les efforts fournis, il était hors de question de griller leur couverture.
Leah prit sur elle et força un sourire à l'intention de celle qui s'était jetée sur son mari et avait failli le faire céder. Elle ignorait ce qui était le plus douloureux entre avoir à regarder l'homme qu'elle aimait faire des choses à une femme qu'elle aurait voulu qu'il lui fasse, ou l'idée qu'il aurait sûrement été plus loin avec elle si Nahuel ne s'était pas manifesté. La manière dont Marisol s'était empressée de rattacher son haut de bikini ne laissait que très peu de place aux suppositions sur ce qui aurait pu arriver par la suite. Autant elle aurait voulu être en colère contre la cible de Jacob, autant elle n'y parvenait pas, ne sachant que trop bien à quel point il était facile de tomber sous le charme du jeune homme. Mais le sentiment de trahison était bien présent en elle et, à en juger par la douleur lancinante qui s'accroissait au niveau de son cœur et l'empêchait de respirer, ne partirait pas de si tôt.
– Lilia, tu te sens bien ? s'alarma Nahuel, voyant que la jeune femme n'était pas dans son état normal.
– Oui, je… Je crois que j'ai attrapé une insolation… mentit-elle.
– Oh ! Veux-tu aller t'allonger dans ma chambre pendant que je vais te chercher de quoi te rafraîchir ? proposa Nahuel.
Jacob releva la tête vers eux, essayant de dissimuler la panique qu'il éprouvait à l'idée qu'elle ne se retrouve dans le lit de Montoya.
– Elle pourrait s'installer sur le transat ? Il est juste là et à l'ombre en plus… proposa Jacob, ne sachant trop quoi dire d'autre sans risquer la bourde.
– Oui, ou elle pourrait aussi venir se rafraîchir dans l'eau, nous avons tout un tas de maillots de bains à la dispositions des invités… Je suis sûre que ça vous ferait du bien par ce temps étouffant… ajouta Marisol.
Leah tressaillit et s'empressa de secouer la tête.
– Non merci… Plutôt mourir que de baigner dans l'endroit où… Je préfère m'allonger dans la chambre de Nahuel… ajouta-t-elle en ancrant son regard empli de rage à celui de Jacob.
– Je vais rester avec elle, déclara Nahuel, les yeux brillants. Jacob, ce fut un plaisir de vous rencontrer, même dans ces circonstances… Peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir très bientôt ?
Jacob sentit son estomac se nouer quand sa femme accepta d'aller s'isoler avec son rival et il serra les poings en observant la réaction de ce dernier. Il sut en croisant son regard brillant d'excitation qu'il en profiterait pour tenter un rapprochement physique avec Leah. Une terrible envie de meurtre s'insinua en Jacob et il dut faire de gros efforts pour ne pas montrer son animosité.
– Je n'en doute pas… Et j'en profiterai pour te couper tous les doigts et t'arracher les yeux, ça te fera passer l'envie d'être avec ma femme, enfoiré ! pensa-t-il en serrant les poings.
– J'y pense ! On pourrait tous aller à Isla del Sol, demain ! s'écria gaiement Marisol. Ça nous donnera l'occasion de passer un peu de temps ensemble et de montrer à Jacob et Lilia l'un des joyaux de la Colombie !
– C'est une excellente idée ! exulta Nahuel en passant un bras autour des épaules de Leah et en la ramenant contre lui. Isla del Sol est notre résidence principale. Tu verras, Lilia, c'est un endroit magnifique.
Leah se raidit et son cœur se serra à la perspective de passer une journée entière avec Jacob et sa nouvelle conquête. Elle n'était pas certaine de supporter la situation, mais elle n'avait pas trop le choix si elle voulait en finir avec cette mission au plus vite.
– Ça me semble alléchant… dit-elle faiblement.
– Tu es partant, Jacob ? demanda Marisol en se pressant contre lui, forçant Leah à détourner le regard.
– Euh… Oui, évidemment que je suis partant ! répondit-il en se forçant à y mettre un peu d'entrain, même si la perspective de voir constamment Nahuel flirter avec sa femme ne le réjouissait pas du tout. D'un autre côté, ce rendez-vous commun lui donnerait l'opportunité de garder un œil sur elle et d'intervenir si jamais les choses allaient trop loin.
– Bien, alors je vous dis à demain ! Et pas de bêtises d'ici là ! rigola Nahuel en entraînant Leah à l'intérieur de la maison.
Jacob voulut dire quelque chose pour les retenir, mais il savait que ce serait peine perdue. En les voyant disparaître, il prit conscience qu'il aurait du mal à rester dans son rôle le reste de la journée en la sachant juste à côté à faire je ne sais quoi, et pour éviter qu'il ne se précipite dans cette maudite chambre pour tabasser Montoya jusqu'à ce que mort s'en suive, le mari jaloux préféra prendre congé.
– Je vais devoir te laisser. J'ai rendez-vous avec un ami et j'avais pas vu l'heure passer… annonça-t-il en feignant la déception.
– Oh, déjà ? geignit Marisol en entourant ses bras autour du cou du jeune homme. C'est dommage… Moi qui aurais voulu finir ce qu'on avait commencé…
Jacob se raidit légèrement en songeant à ce qui aurait pu se passer. Il essayait de se dire qu'il aurait eu la force de la repousser avant de commettre l'irréparable, mais le problème, c'est qu'il ne pouvait pas le jurer et cette pensée réveilla le dégoût qu'il éprouvait. Imaginer qu'il aurait pu tromper une femme merveilleuse pour qui il donnerait sa vie le mettait dans une rage folle contre lui-même.
– Moi aussi, mais je l'ai pas vu depuis un moment et comme je n'ai qu'une parole, je me vois mal décommander au dernier moment… Et puis, on se voit demain… ajouta-t-il en se promettant de trouver des subterfuges pour éviter d'aller aussi loin la prochaine fois qu'ils se verraient.
– C'est vrai… Je te raccompagne à ta moto… soupira-t-elle en sortant de l'eau.
Soulagé qu'elle n'insiste pas, Jacob se sécha avant d'aller s'habiller à l'intérieur tandis que Marisol en faisait de même. Paré en premier, il sortit l'attendre dehors sans cesser de se demander ce qui se passait entre Nahuel et sa femme. Tandis qu'il levait les yeux vers les fenêtres à l'étage, il croisa le regard de Leah à travers l'une des vitres et son cœur se serra davantage quand il vit Montoya venir l'enlacer par derrière en se penchant pour l'embrasser dans le cou. Voir cet homme la toucher comme si elle était sienne le blessa encore plus profondément que quand il se contentait de les imaginer.
Marisol ne tarda pas à le rejoindre et, profitant de son inattention, se posta devant lui afin de l'embrasser langoureusement. Leah, qui n'avait pas bougé et continuait à observer la scène, eut l'impression qu'on l'avait soudain privée d'oxygène.
– Ils sont mignons, tous les deux, hein ? fit remarquer Nahuel sans détacher ses lèvres de sa peau.
Le cœur de Leah lui fit encore plus mal à ces mots. Marisol était magnifique, et elle ne pouvait nier en les voyant qu'il pourraient former un beau couple, sûrement mieux assorti que Jacob et elle. Elle ferma les yeux, ravalant les larmes qui menaçaient de couler, et se tourna vers Nahuel à contrecœur.
– Embrasse-moi… l'implora-t-elle, voulant essayer d'oublier la peine qu'elle ressentait.
Nahuel esquissa un sourire avant de prendre possession de ses lèvres avec passion, comblé par sa requête.
…
Le moral de Jacob, déjà au plus bas en quittant la propriété des Montoya, toucha complètement le fond quand il découvrit la raison de la visite de Seth qui l'attendait devant son baraquement.
– Qu'est-ce que c'est ? questionna Jacob en voyant la grande enveloppe que son beau-frère tenait dans sa main.
– Leah m'a téléphoné de chez les Montoya pour me demander de lui rendre un petit service… Avec les félicitations du SAD pour ta liberté retrouvée… ironisa Seth en la lui tendant, le visage fermé.
Jacob tressaillit en regardant l'enveloppe. Il redoutait à un tel point de lire ce qu'elle contenait qu'il mit un moment avant de la saisir. D'un geste mal assuré, il l'ouvrit et fit doucement glisser les documents vers l'extérieur. Il ne lui fallut pas longtemps avant que sa plus grande peur à cet instant précis ne se réalise. Ses yeux étaient restés figé sur trois mots. Trois petits mots qui lui firent l'effet d'un tsunami.
Demande de divorce.
Son cœur qui tambourinait dans sa poitrine quelques instants auparavant, sembla soudain s'arrêter et plus rien ne sembla exister autour de lui.
