Carrément Lemon. Don't like, don't read.
Chapitre 10
La nuit printanière était tombée complètement. Les rives du canal n'étaient éclairées que par la lumière du salon, diffuse, qui perçait difficilement l'obscurité. Goten observait les flots d'eaux sombres qui reflétaient par intermittence les éclats de la lune. Il fumait en repensant à cette journée si bizarre. A Trunks. A ce qu'ils avaient fait. Il se sentait étrangement à la fois mal à l'aise et à la fois incroyablement soulagé. Il était soulagé d'avoir retrouvé Trunks en premier lieu et au-delà de tout. Il redoutait que son ami ne mette des mois à accepter de lui parler à nouveau. Cette idée l'avait torturée sérieusement. Trunks pouvait être très déterminé. Il n'avait pas imaginé le retrouver si vite et si complètement.
Il n'avait pas dit un mot quand Goten avait suggéré qu'il rentre à la maison. Il avait hoché la tête et il l'avait suivi. Goten s'était rendu compte que son ami était en piteux état. Il était fatigué. Plus, il était tout simplement éreinté. Depuis combien de temps n'avait-il pas dormi ? Depuis combien de temps pensait-il pouvoir trouver son salut dans le stress continuel de ses responsabilités ? La secrétaire avait dit qu'il n'avait pas quitté son bureau depuis trois jours. Goten l'aurait giflée de l'avoir laissé faire ça, tout en sachant que c'était stupide. Elle n'était pas sa mère. Elle était payée pour lui faire savoir les tâches incommensurables qu'il devait abattre, et, Trunks seul, se sentait obligé de faire face à tout ça, sans aide, sans répit possible, sans pitié.
Goten avait décrété que Trunks était en vacance pour un mois. La secrétaire avait ouvert la bouche, s'apprêtant sans doute à objecter, mais le regard assassin de Goten l'avait prudemment faite taire. Il ne l'avait même pas laissée parler à son patron et avait reconduit Trunks chez lui. Chez eux plus précisément, car Goten n'avait jamais accepté de considérer que Trunks n'y vivait plus.
Après s'être longuement préoccupé de l'état de sa chemise et l'avoir remplacée par une autre, toute neuve et strictement identique, Trunks s'était renfermé sur lui-même, et était resté totalement silencieux. Il avait été avec Goten d'une docilité exceptionnelle, le laissant prendre, pour une fois, le contrôle de la situation, en toute confiance. Il s'était endormi dans le taxi et, arrivé à la maison, il s'était effondré dans son lit, recroquevillé sur lui-même, avant que le sommeil ne le foudroie en un instant. Depuis, Goten, qui avait abandonné son poste, sans une explication auprès de son chef, pour rester avec lui, surveillait son réveil qui ne venait pas. Et évidemment, il repensait à leur étreinte inattendue et tellement délicieuse. Il redoutait la réaction de Trunks quand il reprendrait complètement ses esprits. Il avait été parfaitement conscient et maître de lui-même dans son bureau, mais son jugement avait pu être perturbé par son état de fatigue et de stress. Pour l'instant, il n'avait pas eu un mot de reproche ou de regret. Silencieux tout le temps qu'avait duré le retour, il s'était même calé contre l'épaule de Goten pour somnoler dans la voiture. Comme un geste naturel et réconfortant. Mais avec Trunks, on ne savait jamais. A la différence de Goten, Trunks réfléchissait, et après seulement, il parlait.
Goten lui-même n'était pas sûr de la situation. Bien sûr, il adorait Trunks, et bien sûr il ne regrettait pas leur expérience, et bien sûr, il le désirait toujours, et peut-être plus qu'avant. Mais il ne savait pas vraiment dire où tout cela était censé les mener. Est-ce que c'était purement physique ? Une attirance bizarre, un peu contre-nature, limite incestueuse, dans leurs esprits curieux ? Est-ce que c'était un attachement qui allait au-delà de ça, de ceux qui vous sèvrent de tous les autres ? Dans ce cas, comment étaient-ils censés gérer ça ? Comment Trunks gèrerait-ils ça ? Il avait l'air encore plus mal à l'aise que lui. Lui qui aimait tout décider lui-même, et tout maîtriser, paraissait contrarié que la nature lui impose cette situation.
Goten observa le nuage de fumée au-dessus de lui et pinça les lèvres. Pour le savoir, il fallait aller au bout de l'aventure. Si Trunks voulait, ils pourraient vivre cette attirance jusqu'à la limite et en tirer les conclusions plus tard. Ils n'avaient pas forcément besoin de tout comprendre.
Trunks entrouvrit les yeux pour s'apercevoir qu'il faisait nuit maintenant. Il dégagea précautionneusement le bras sur lequel il avait dormi, et qui était maintenant complètement ankylosé, et le massa distraitement. Il avait un peu froid et se sentait gêné par ses vêtements de ville. Il prit conscience avec surprise qu'il n'avait même pas retiré ses chaussures, oubli impardonnable dans le recueil de ses manies névrosées. Il se déchaussa d'un geste las et déboutonna instinctivement ses manches de chemises. Ce ne fut qu'à cet instant, émergeant des limbes de ses sens engourdis, qu'il se rendit compte qu'il était dans sa chambre, dans la maison de Goten. Les draps n'étaient plus tout frais et il sentait même l'odeur de Goten. Quelque part au fond de lui-même, il sut que son ami avait dû dormir ici.
Il se remémora ce qu'ils avaient fait. Ça avait été un moment de pur plaisir mais il se sentait terriblement confus. Quelques souvenirs précis de l'instant remontèrent à la surface de sa mémoire subitement, et il se sentit durcir irrémédiablement. Il plaqua sa main sur sa braguette avec un air contrarié, comme s'il avait pu faire taire son corps. Il retira sa chemise et défit également son pantalon pour s'en débarrasser. Il savoura l'air frais sur sa peau.
Il jeta un œil dans la pièce mais la chambre vide n'avait même pas un simple T-shirt à lui offrir. Il haussa les épaules et s'enfonça douillettement sous la couverture. Il crut qu'il allait se rendormir sur le champ, mais évidemment l'odeur et le souvenir de Goten rampaient dans son crâne à présent et les deux combinés éveillaient un peu plus son désir, empêchant le sommeil de venir. Il empoigna fermement son boxer, comme pour le sommer de se calmer. En réalité, son geste eut tout l'effet inverse et il sentit son érection croître, à ce qu'elle interprétait comme une invitation. « Chiotte » maugréa-t-il entre ses dents.
Il n'était pas vraiment étonné. Après un rythme très soutenu, sa vie sexuelle était tombée au niveau zéro depuis plusieurs mois et son corps n'aimait pas ça. Son petit écart avec Goten avait fait sortir le diable de sa boîte. Il céda à ses exigences, conscient que rien ne calmerait plus le feu qui s'était allumé en lui. Il commença ses mouvements lentement. Son pénis était incroyablement réactif. Il se sentait grisé par l'odeur de Goten et ne voulait pas aller trop vite. Il jeta un œil sur le chevet et y repéra la boite de mouchoirs qu'il y avait abandonnée quelques semaines auparavant.
Il s'en saisit de sa main libre et continua ses mouvements doucement. Il se trouva très vite impatient et contrairement à ses plans, il accéléra rapidement. Il se mordait les lèvres, inquiet que Goten puisse l'entendre. Il eut tout juste le temps d'attraper les mouchoirs pour limiter la casse et eut à peine un gémissement en jouissant. Il reprit son souffle lentement et ferma les yeux. Ça avait été un besoin pressant, envahissant, et il se sentait soulagé, mais le plaisir n'avait de loin pas égalé celui qu'il avait pris avec Goten. Il nettoya comme il put dans la pénombre et repoussa négligemment la boite et les mouchoirs usagers qui tombèrent du lit. Il put enfin, à nouveau, se recroqueviller dans les couvertures, et retomber dans un sommeil salutaire.
Le lever du jour inonda le salon d'une lumière crue qui finit par réveiller Goten. Il s'étira en baillant, sans prêter attention à la télévision, qu'il n'avait pas eu la force d'éteindre avant que le sommeil ne le prenne. Il se frotta la tête en scrutant d'un œil vide les rives du canal au travers le baie vitrée. Hormis le présentateur surexcité du télé-achat, la maison était silencieuse. Goten pressa la télécommande distraitement pour faire taire le vendeur d'épluche-légumes. Il resta assis un instant au bord du canapé. Trunks paraissait dormir encore. Il était allé le voir plusieurs fois dans la soirée. En dehors de la fois où il s'était déshabillé pour se mettre sous la couette, il n'avait pas changé une seule fois de position. Cette manie de dormir comme une statue était ahurissante. Goten avait été tenté de dormir avec lui. Il en avait eu vraiment envie, tout en estimant que ça pouvait être une mauvaise idée. Encore une fois, il restait incertain sur l'accueil que Trunks lui ferait après leur emportement à la Capsule. Ce serait encore plus douloureux d'être rejeté, s'il avait eu tout le temps de s'imprégner de son essence. De toute façon, Goten n'avait pas eu à réfléchir très longuement sur l'endroit où il passerait la nuit, il s'était une fois de plus endormi devant la télévision. En se levant, il ne fut pas étonné de sentir son désir qui s'éveillait à son tour. Il but quelques gorgées d'eau et monta prudemment les escaliers qui menaient à la chambre de Trunks. Il entendait à l'extérieur, les oiseaux matinaux qui accueillaient l'arrivée du soleil. Il ouvrit précautionneusement la porte et observa la silhouette de Trunks sous la couverture, que le jour timide illuminait faiblement. Trunks était toujours recroquevillé, face à la porte, tournant le dos à la fenêtre. Goten s'approcha de lui et effleura ses cheveux, savourant leur vague picotement sur la paume de sa main. Il baissa les yeux sur le dormeur et remarqua la boite de mouchoirs et les mouchoirs usagés roulés en boule à ses pieds. Il sourit, il savait que Trunks n'était pas enrhumé. Il nota alors seulement l'odeur caractéristique, presque noyée dans celle de Trunks. Son désir commença à s'emballer et son cœur s'accéléra.
Il contourna le lit et souleva la couette pour s'enfoncer dans sa chaleur. Il s'approcha le plus possible de lui sans le toucher. Cette infime distance qu'il laissa entre eux était incroyablement excitante. Il ne le touchait pas mais percevait la chaleur irradiante de son corps. Son érection se fortifia un peu plus. Trunks déplia ses jambes et Goten sentit ses muscles s'étirer, annonçant son réveil. Il l'observait patiemment, appuyé sur son coude, la tête reposant sur sa main, les yeux luisants. Trunks tourna la tête vers lui, les yeux encore embués de sommeil. Goten attendit sa réaction avec une pointe d'appréhension. Il n'aurait pas dû se trouver là, mais il avait tellement envie de lui à cet instant, qu'il avait conscience d'être dans l'un de ses moments où son cerveau ne contrôlait plus tout à fait tout. Trunks le fixait gravement, sans un mot, sans que Goten sut dire s'il était totalement réveillé, s'il était en colère ou s'il réfléchissait.
Trunks leva lentement une main et passa un pouce sur la tempe de Goten, avant de plonger ses doigts dans ses cheveux. Goten frémit à son contact et ferma les yeux. Trunks attira doucement sa tête vers lui et l'embrassa paresseusement. Goten laissa sa langue chercher la sienne, savourant son initiative. Leurs corps se touchaient maintenant et Goten frotta son érection contre l'aine de Trunks. Trunks voulut s'en emparer mais Goten retint sa main et la ramena fermement mais doucement à côté de sa tête qui reposait toujours sur le matelas. Ce n'était pas ce qu'il voulait ce matin.
Trunks ne protesta pas. Goten rompit le baiser pour nicher ses lèvres dans son cou, laissant courir sa main le long de son torse et de son abdomen nus jusqu'à l'élastique de son boxer qu'il écarta sans hésitation. Trunks se raidit légèrement mais le laissa lui retirer le sous-vêtement d'un geste impatient. Goten s'était redressé et avait brutalement rejeté la couette pour le découvrir. Il contemplait son corps totalement dénudé. Trunks le regardait, toujours impassible, sans aucune pudeur, calme et confiant. Goten tressaillit devant le spectacle et enleva son T-shirt à son tour. Trunks l'observait, une lueur dans les yeux. Son érection n'était pas encore tout à fait complète. Il s'assit et enlaça la taille de Goten, appuyant sa tête contre son ventre et passant ses mains dans son dos. Il posa les lèvres sur son nombril et remonta en ligne droite jusqu'à sa poitrine, chatouillant la peau salée du bout de sa langue. Goten frissonna et siffla inconsciemment, en attrapant doucement les cheveux soyeux de son ami. Trunks remonta le long de son cou et jusqu'à ses lèvres. Goten saisit son érection qu'il sentait contre sa peau et Trunks râla d'une voix rauque. Le son résonna à l'oreille de Goten, dans sa bouche et dans tout son être, déclenchant un engrenage en lui. Il imprima un mouvement lent et paresseux jusqu'à sentir Trunks suffisamment dur. Trunks avait déboutonné son pantalon. Goten rompit le baiser et se recula pour se lever et se débarrasser de ce qui lui restait comme vêtement. Trunks ne le lâchait pas des yeux, agenouillés sur le lit, les jambes légèrement écartées. Quand il eut fini, Goten se tourna vers lui et fit une pause. Il grimpa sur le lit très lentement et contourna Trunks pour se retrouver derrière lui. Il passa sa main autour de sa taille et saisit à nouveau son érection. Trunks respirait plus bruyamment accompagnant légèrement son mouvement de ses hanches. Sans qu'il s'y attende, Goten plaça sa deuxième main entre ses omoplates et le poussa en avant. Trunks étouffa un grognement quand son nez s'enfonça brusquement dans les draps. Goten sentit sa réticence et maintint sa main sur son dos.
- Goten, souffla Trunks
- Chuut.
Trunks avait tourné sa tête et Goten s'était penché sur lui, pour chuchoter à son oreille.
- Je suis pas sûr, là, objecta Trunks, toujours à voix basse, comme si quelqu'un avait pu les entendre.
Goten appuya la pression sur son pénis qu'il tenait toujours sur sa main. Il ressentit aussitôt sa réaction.
- Ça va bien se passer, t'en as pas envie ? J'en crève, chuchota Goten.
Trunks expira longuement et cessa de s'agiter. Goten retira lentement sa main de son dos, comprenant qu'il acceptait. Il ne s'était jamais senti aussi excité et fit glisser les doigts le long de colonne vertébrale absolument parfaite. Il continuait à le masturber inlassablement, s'assurant de la permanence de son désir. Arrivés au bas du dos, il introduisit un doigt en Trunks. Son ami musela un gémissement mais le laissa faire. Mais Goten sentait sa résistance.
- Goten, si tu veux vraiment faire ça, utilise quelque chose, bordel, marmonna Trunks finalement.
Goten cilla un peu. La suggestion de Trunks lui parut une évidence alléchante. Goten n'avait jamais pratiqué ça avec une fille. A vrai dire s'il avait eu la simple idée d'en parler à Valèse, elle l'aurait certainement foutu dehors en une minute. Il n'avait pas eu le réflexe. Il repéra les objets autour de lui mais la chambre avait été vidée. Il se leva précipitamment.
- Bouge pas, jeta-t-il à Trunks.
Son ami tourna les yeux vers lui maudissant son imprévoyance. S'il avait des idées tordues, il aurait au moins pu avoir la décence d'avoir un plan. Trunks était à la fois réticent et à la fois incroyablement curieux du projet de Goten. Il n'avait pas cru qu'il aurait eu le cran. Il avait craqué en entendant sa voix vibrer « j'en crève » à ses oreilles. Il se rassurait en se disant que personne n'avait besoin de savoir et que Goten ferait attention. Goten reparut avec un sourire machiavélique qui inquiéta vaguement Trunks. Il tressaillit quand il lui versa une lotion visqueuse et grasse, agréablement parfumée dans le dos. Goten passa sa main avidement sur sa peau, répandit le produit sur son dos, imprégnant ses doigts du produit. Trunks cessa de réfléchir à ce que Goten avait ramené quand il l'empoigna à nouveau, cette fois-ci avec une main entièrement huilée qui excitait étrangement les sens. Goten le repoussa vers l'avant pour le repositionner. Le toucher était incroyablement transformé, agréable, et Trunks grogna faiblement. Il sentit à nouveau le doigt de Goten en lui. Mais cette-fois-ci la sensation était totalement différente et il parvint à le laisser glisser plus profondément, générant une impression plus naturelle. Bientôt, et sans qu'il s'en rende compte, Goten avait deux doigts en lui. Les mouvements de ses deux mains, l'une en lui et l'autre sur son érection, se rendaient un écho symétrique alternant le plaisir et une sorte de douleur qui n'en était pas vraiment une. Trunks ferma les yeux et accompagna les gestes d'un balancement de hanches. Quand il sentit les doigts de Goten se retirer, il eut la sensation étrange d'un équilibre rompu.
Goten dégagea doucement et le plus possible son orifice et commença à s'introduire, lâchant le pénis de Trunks pour disposer de ses deux mains. Contrairement à ce que Trunks avait redouté la pénétration se fit plutôt naturellement, largement facilitée par cette huile dégoulinant dont il avait l'impression d'être couvert maintenant. Goten se mordait les lèvres, électrisé par le plaisir, haletant par intermittence. Il prit un temps qui parut interminable à Trunks avant d'être entièrement à l'intérieur. Trunks serrait les dents avec inquiétude et le sentiment que son corps ne suffirait pas à accueillir l'intégralité de Goten. Mais Goten finit par arriver au bout et s'immobilisa un instant, avant de repartir en arrière avec un râle de plaisir vibrant qui hérissa la peau de Trunks. Quand il revint, subitement, son mouvement déclencha une onde de plaisir inattendu en Trunks qui ne put s'empêcher de lâcha un cri bref. Goten crut qu'il allait défaillir. Mis en confiance par le plaisir de son ami, il poursuivit son mouvement avec assurance, serrant les dents pour contenir les grognements qui se formaient dans sa gorge. Trunks, de son côté, ne prenait plus cette peine maintenant, et Goten entendait sa satisfaction sortir brutalement de ses lèvres. Ses sons étaient à deux doigts de le rendre dingue. Goten voulait que ça dure en sachant que ça ne pourrait pas. Abasourdi de trouver autant de plaisir à chacun des mouvements de Goten, Trunks avait empoigné son pénis, pris par l'urgence de soulager cet insupportable besoin en lui. Il ne contrôlait plus rien et se libéra en un instant. En voyant sa semence se répandre sur les draps au-dessous de lui, Goten n'y tint plus et l'imita avec un cri qui mourut en râle de soulagement.
Les deux jeunes hommes restèrent un instant le souffle coupé, incapable de reprendre leur respiration. Goten se retira et se laissa tomber sur le matelas, la bouche sèche, les poumons avides. Le corps de Trunks s'affaissa et il s'étendit à plat ventre, la tête posée sur ses avant-bras croisés.
- Putain de merde, conclut-il d'une voix rauque.
Goten sourit. Trunks ne jurait que dans deux cas, quand il n'obtenait pas ce qu'il voulait et quand il était pris au dépourvu. Goten comprenait qu'il se trouvait dans le deuxième cas. En réponse, Goten passa distraitement la main dans ses cheveux. Il devait bien admettre lui-même qu'il n'avait pas pensé un instant prendre un plaisir comparable, et à vrai dire, il n'avait pas vraiment été sûr de ce qu'il faisait, quand il l'avait fait. C'était comme si son corps avait pris le contrôle et qu'il s'était contenté de suivre. Trunks saisit les doigts de Goten sur sa tête et les serra brièvement. Il finit par se relever en contemplant les draps maculés de la lotion que Goten avait utilisée comme lubrifiant et de leurs propres fluides. Son regard erra sur le lit dévasté et se posa sur Goten. Trunks arborait maintenant une expression grave qui contrastait avec la béatitude affichée par Goten.
- Ça fait longtemps que t'y penses ? demanda Trunks.
Goten se mordit les lèvres. Il ressentait une vague accusation dans la question et hésitait à répondre. Que devait-il dire ? Qu'il en rêvait depuis qu'ils avaient emménagé ensemble ? Depuis hier ? Depuis qu'il avait observé les techniques de drague de Trunks quand ils étaient adolescents ? Il se sentait embarrassé et confus, mais savait, au ton de sa voix, que Trunks attendait une réponse et ne le lâcherait pas jusqu'à l'obtenir.
- Trunks… Je crois que…je suis amoureux de toi, bredouilla Goten.
- Conneries ! coupa Trunks avec exaspération.
Il se leva brusquement, et s'écarta du lit.
- Trunks ! appela Goten d'une voix implorante, conscient d'avoir gaffé.
- Va te faire foutre ! répliqua Trunks en sortant de la chambre.
Goten l'entendit se diriger vers la salle de bains.
- Et si t'es pas à l'heure au boulot, j'ordonnerai personnellement qu'on te vire ! ajouta la voix irritée de Trunks avant qu'il ne claque la porte de la salle de bains.
Goten leva les yeux au ciel, tandis qu'il entendait la douche qui se mettait en route. Il avait oublié à quel point Trunks pouvait être un connard par moment. Un sourire inconscient étira ses lèvres. Malgré tout, il ne regrettait rien.
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