CHAPTER NINE

Chapitre neuf

J'adore ma Volvo. C'est un magnifique appareil. Habituellement j'utilisais ma voiture comme un endroit et un moyen d'évasion. Tout seul dans une voiture verrouillée, je pouvais accélérer sur une portion d'autoroute et me sentir presque normal sans aucune voix dans ma tête et aucune soif de sang prendre le pouvoir de mes sens. Dans des situations comme celle-ci, au milieu de la journée quand je ne peux pas vraiment m'éloigner au volant de ma voiture avec la garantie de revenir à temps pour mon prochain cours ennuyeux et sans intérêt, je m'asseyais dans le véhicule avec mes yeux fermés et la musique au maximum, effaçant toutes mes distractions. Après avoir vécu huit décennies avec un jacassement constant dans ma tête, c'était un soulagement de pouvoir débrancher ça de temps en temps.

Encore aujourd'hui, le soulagement que je cherchais dans les confins de ma voiture s'enfuit. Mon esprit continuait de penser à la conversation que je venais d'avoir avec Bella. Comme ses yeux étaient profonds quand elle me laissait y plonger sans s'écarter. Comme son visage se colorait bellement sous mon regard. Comme son pouls s'accélérait aux moments les plus inhabituels. Je pourrais devenir fou en essayant de deviner les mécaniques intérieures de son esprit. Sa façon de me distraire et de changer de sujet me désarçonnait au plus haut point. Je ne savais jamais quoi dire près d'elle, et j'étais un expert quant à toujours dire ce qu'il fallait. J'étais un expert quant à dire la chose exacte que quelqu'un voulait ou avait besoin d'entendre. Après tout, ça faisait parti de mon don.

Avec Bella, en revanche, j'avais toujours l'impression de dire les mauvaises choses. Quand je pensais être poli, elle interprétait mes mots comme une attaque. Si je pensais dire un compliment, elle prenait ça comme une critique. Je commençais à penser que je n'allais jamais avoir le dessus sur elle. Et pourtant, peut-être était-ce le but – je n'étais pas supposé avoir le dessus sur elle. J'étais dangereux pour elle – plus dangereux qu'un van glissant sur la glace – plus dangereux que ce qu'a pu voir Alice dans cette sombre ruelle. Personne ne pourrait lui faire du mal de la même manière que je le pourrais – et en même temps, personne ne pourrait jamais l'aimer autant que moi.

C'était un paradoxe insoluble.

J'étendis mes bras derrière ma tête, profitant des effets calmants de l'étirement des muscles de mon dos et mes épaules. Je n'étais pas fatigué, mais je pouvais ressentir le stress de la journée dans mon corps. Les accords fluides de Debussy résonnaient autour de moi alors que j'essayais de me détendre et de patienter jusqu'à la fin des cours. La musique classique me calmait toujours – un témoignage adéquat du vieil adage comme quoi la musique adoucit les mœurs.

Mais mon esprit ne coopérait pas avec l'atmosphère que je tentais de créer. J'étais trop concentré et préoccupé par Bella pour me détendre complètement. Je voulais la voir encore, mais je ne savais pas si je devais l'approcher si tôt après le test sanguin. Une petite piqûre sur son doigt n'était rien dans la grande combinaison des choses, et pourtant ça faisait tout. Il serait plus simple de sentir son odeur avec une plaie ouverte, peu importe la taille, ce qui était sûr de rendre la tentation irrésistible. Même l'idée de son sang coagulant sous une bande de gaze envoyait mes pensées à un endroit où elles ne devraient pas aller.

Même si le sang ne se révélait pas être un problème, je devais toujours la convaincre que je voulais tenter une amitié. Ami. C'était risible qu'elle définisse notre relation potentielle avec un mot si ordinaire et quelconque qu' « ami ». Cela pourrait être tellement plus si je pouvais maintenir un contrôle sur le monstre en moi. J'en étais sans souffle à imaginer les possibilités.

J'ouvris mes yeux et regardai les alentours, étendant mon esprit pour trouver Bella, où plutôt le vide où elle pourrait être. Contre mon meilleur jugement, je cherchais l'esprit stupide de Mike Newton, puisqu'il pensait certainement à Bella. Il était presque aussi obsédé par elle que moi. Presque. A ma grande surprise, je le vis sortir du bâtiment avant de l'entendre, et Bella était à côté de lui.

Elle avait l'air vraiment mal. Parfait pour lui offrir un peu de réconfort.

Oh, elle ne veut pas que je la touche, je suppose. Je n'ai jamais vu quelqu'un réagir comme ça au sang.

J'étais en dehors de ma voiture la seconde suivante. Bella était par terre, pâle et presque sans vie. Mon souffle stoppa en une soudaine et indescriptible peur. Que diable lui avait fait Mike Newton ?

Elle va être toute sale, par terre. Ça alors, regarde la couleur de sa peau. J'ai jamais vu quelqu'un de cette couleur.

"Wow, t'es verte, Bella." l'entendis-je dire alors que je m'avançai vers eux, faisant attention de ne pas courir trop vite pour ne pas être suspect.

"Bella ?" appelai-je, et j'entendis instantanément le grognement intérieur de Mike. Je l'ignorai. Je n'avais pas le temps de m'occuper du fait qu'il ne m'aime pas. Ma seule préoccupation était Bella.

"Qu'est-ce qui s'est passé ? Elle est blessée ?" Je ne sentais pas de sang, dieu merci, mais sa peau était beaucoup trop pâle et son pouls était beaucoup trop rapide à mon goût. Mike avait raison, elle était verte. Seuls les morts avaient cette couleur de peau – je le savais très bien.

"Je crois qu'elle a fait un malaise." dit Mike, embarrassé. "Je sais pas ce qu'il s'est passé. Elle n'a même pas piqué son doigt."

"Bella." dis-je doucement, m'agenouillant près d'elle et gardant ma voix la plus calme possible. "Tu m'entends ?"

"Non." gémit-elle. "Va-t'en."

Elle était allongée avec sa tête sur le ciment froid et humide du trottoir, ce que je trouvais amusant étant donné que je savais qu'elle n'aimait ni le froid ni l'humidité.

"Je l'emmenais à l'infirmerie, mais elle ne pouvait pas aller plus loin." Son ton et la position de son corps m'indiquaient que je n'étais pas le bienvenu, mais je ne m'en préoccupais pas.

"Je l'emmène." insistai-je, dépassant la ligne entre le garçon et moi. "Tu peux retourner en cours." Ce n'était pas une suggestion mais plutôt un ordre.

Comme si j'allais y aller ! Je vais pas la laisser avec toi. "Non, je dois le faire."

Je n'avais pas le temps de me disputer avec le garçon. Ça me rendrait simplement en colère et étant donné mon état d'esprit, je ne voulais même pas imaginer ce que je lui ferais si je me laissais aller à la colère. De plus, plus nous nous battrons pour amener Bella, plus sa condition empirera. Je savais qu'il était plus important de l'aider que de faire comprendre à Mike qu'elle n'était pas intéressée par lui.

Elle ne pouvait pas être intéressée par lui. Je ne le tolérerais pas.

Doucement afin de ne pas blesser son corps fragile, et évitant soigneusement un contact avec sa peau exposée, je la soulevais du sol froid et la tenais dans mes bras. Il y avait de la chaleur, mais pas autant qu'il devrait. Je n'aimais pas ça. Elle avait été chaude la dernière fois que je m'étais permis d'être près d'elle, et à présent elle était froid au toucher. Ses yeux s'ouvrirent de surprise.

"Pose moi par terre !" Je pouvais sentir la bile dans son souffle, confirmant à quel point elle était malade.

"Hey !" protesta Mike derrière moi. Espèce d'idiot ! Comment oses-tu ? Foutu Cullen. Je peux pas le voir.

L'opinion de Mike à mon sujet m'importait peu étant donné que je ressentais la même chose vis à vis de lui. Je me concentrai sur la délicate créature dans mes bras. "Tu as une mine affreuse." constatai-je, lui offrant un sourire pour essayer de la faire se sentir plus à l'aise. Elle était raide dans mes bras et je pouvais presque entendre la peur dans son esprit que je pourrais la laisser tomber.

Aucun risque.

"Repose moi par terre." demanda-t-elle, mais je ne pouvais pas. Elle pouvait encore s'évanouir et se cogner la tête. Elle a échappé à une commotion une fois – je n'allais pas la laisser risquer ça encore une fois.

"Alors comme ça tu t'évanouis à la vue du sang ?" demandais-je, connaissant déjà la réponse, mais appréciant l'ironie du fait. J'en ai envie, elle en est dégoûtée. Ça concorde.

Mais elle ne répondit pas. Elle ferma simplement les yeux et serra ses lèvres, retenant je ne sais quelle douleur elle ressentait.

"Et il ne s'agit même pas du tien." concluais-je, puisqu'elle n'avait pas piqué son doigt. Je ne pouvais pas imaginer ce qu'elle penserait de moi si elle apprenait un jour la vérité. Sa répulsion à la vue même du sang allait la faire me détester sans que ma vraie nature ne soit révélée.

Je la relâchais à l'intérieur du bâtiment et j'entrai dans le bureau, prenant Ms. Cope par surprise.

"Oh mon dieu !" dit Ms. Cope en voyant Bella.

"Elle est tombée dans les pommes pendant le cours de biologie." expliquai-je, et je contournai le comptoir jusqu'au bureau de l'infirmière. Mrs. Mabel était encore plongée dans un de ses romans.

Sa main effleura mes hanches avant qu'il n'écrase son corps contre le mien et...

Oh. OH ! Un élève. Mince. Juste quand ça commençait à être bien.

Je posai doucement Bella sur la table recouverte de papier et pris position contre le mur à l'opposé de la pièce. L'infirmière allait sûrement l'examiner et je ne voulais pas risquer de capter l'odeur de son souffle quand elle expirerait profondément, de peur de comment je réagirais.

"Rien qu'une petite perte de connaissance." dis-je à Mrs Mabel, qui réfléchissait à l'issue du navet qu'elle lisait. "Il y a des tests sanguins en biologie."

Elle acquiesça. "Ça ne rate jamais."

Il fallait que ce soit Bella qui sorte du lot. Ça ne faisait que me prouver qu'elle était en effet très spéciale.

"Reste allongée un moment, petite, ça va passer."

"Je sais." marmonna Bella. J'étais soulagé de voir son visage reprendre des couleurs.

"Ça t'arrive souvent ?" demanda l'infirmière.

"Parfois."

Je me doutais que cela arrivait à chaque fois qu'il y avait du sang près d'elle. Le destin aurait-il pu choisir une situation encore plus compliquée pour moi ? Après des années et des années seul, je finis par succomber à la seule humaine dont je ne peux pas lire les pensées, dont le sang me fait plus envie qu'aucun autre, et qui s'évanouit à la moindre vue du sang.

"Tu peux retourner en cours." m'informa l'infirmière.

"Je suis censé rester avec elle." dis-je avec cette voix autoritaire que les humains défiaient rarement, et j'étais récompensé avec le résultat désiré.

"Je vais chercher un peu de glace pour ton front, petite." Elle sortit rapidement de la pièce, nous laissant seul. Je saisis l'opportunité pour regarder réellement Bella, vérifiant son pouls et respirant son odeur pour voir si elle allait mieux.

"Tu avais raison." marmonna-t-elle entre ses lèvres gercées.

"C'est souvent le cas. À propos de quoi cette fois ?" J'étais anxieux de sa réponse.

"Sécher est bon pour la santé." Elle prit plusieurs grandes inspirations, se recomposant. J'étais heureux d'être assez loin d'elle.

Je la regardais en silence pendant un moment avant de lui admettre à quel point j'avais été effrayé quelques minutes plus tôt. "Tu m'as fait peur, tout à l'heure. J'ai cru que Newton traînait ta dépouille pour l'enterrer dans les bois."

"Ha ha." se moqua-t-elle, ses yeux toujours fermés.

"Honnêtement, j'ai vu des cadavres qui avaient meilleure mine." C'était la vérité. "J'ai craint un instant devoir venger ton assassinat." J'aurais certainement tourné le dos à mon éducation et aurais commis un meurtre si Newton l'avait blessée.

"Pauvre Mike. Je parie qu'il est furax."

Elle n'avait pas idée. "Il me déteste." confirmai-je sans aucun remord.

"Tu n'en sais rien." contrat-elle.

Si, je le savais. "J'en suis sûr, je l'ai vu sur son visage."

Elle frotta son estomac de sa main et je me demandais si elle allait être malade. "Comment tu m'as vue ? Je croyais que tu séchais."

"J'étais dans ma voiture, à écouter un CD." J'omettais de lui dire que j'étais obsédé par elle et que rien ne pouvais m'échapper à son propos à partir de maintenant.

Mrs. Hammond revint avec de la glace pour la tête de Bella. Elle la mit sur le front de sa patiente en disant, "Voilà, ma chérie. Tu as l'air d'aller mieux."

"Je crois que ça va." marmonna Bella, s'asseyant lentement. Je fus sur mes gardes instantanément; prêt à la rattraper si elle tombait. Avant que l'infirmière n'ait une chance de faire s'allonger Bella à nouveau, la porte s'ouvrit et Ms. Cope annonça l'arrivée d'un autre patient.

"On en a un autre." prévint-elle.

Bella, toujours plus volontaire pour aider les autres plutôt qu'elle-même, se leva pour libérer le lit pour le prochain invalide, en disant, "Tenez, je n'ai pas besoin de ça." Elle tendit la poche de glace à l'infirmière.

C'est à ce moment que je le sentis. Du sang. Du sang frais. Pas aussi important que celui de Bella, mais c'était ouvert et ça coulait, et c'était trop proche pour mon confort. Mike Newton, qui avait sûrement décidé d'essayer de jouer les héros aujourd'hui, entra en supportant un autre garçon de notre cours de biologie. Ils saignaient tous les deux de la piqûre au bout de leurs index.

"Oh, non." Si Bella voyait le sang, elle allait être malade. "Sortons d'ici, Bella."

Elle releva le regard vers moi, avec ses grands yeux marrons, confuse.

"Fais-moi confiance, sors."

Elle fit exactement ce que je lui dis et quitta la pièce sans autre explication. Ce n'était pas son genre de faire exactement ce qu'on lui disait. Elle aimait me contredire, alors cette obéissance était vraiment un choc.

"Tu m'as écouté."

"J'ai senti l'odeur du sang." dit-elle, grimaçant de dégoût.

C'était impossible. "Les gens ne sentent pas le sang."

"Moi, oui." contesta-t-elle. "C'est ça qui me rend malade. Ça sent comme la rouille... et le sel."

J'étais complètement ébahi. Jamais dans toutes mes années j'avais rencontré un humain qui pouvait sentir l'odeur du sang. Le goût, oui. Les humains goûtent souvent du sang – leur propre sang. J'ai vu beaucoup d'humains sucer le sang suite à une coupure avec du papier ou s'être mordu accidentellement la lèvre. Mais l'odeur... autant que je savais, le sang n'avait pas assez de fragrance, pour un odorat mortel du moins – surtout en dose aussi petite.

"Quoi ?" demanda-t-elle, levant les yeux vers mon visage ébahi.

"Ce n'est rien." Mais c'était tout.

Nous fument alors interrompus par l'ennuyeuse présence de Mike Newton. Ses yeux rencontrèrent les miens pendant un moment et j'entendis l'animosité aussi claire que du cristal. Si seulement je pouvais entendre les pensées de Bella aussi facilement.

Tu penses vraiment que tu vas gagner celle-là, n'est-ce pas Cullen. Pourquoi tu ne retournes pas sous la quelconque roche par où tu es venu ?

S'il avait dit ces mots tout haut – si je n'étais pas aussi discipliné à résister – j'en aurais fini avec lui. Je résistais à tuer Bella depuis des semaines; j'imaginais que je pouvais résister à tuer Mike Newton.

Les yeux du garçons se posèrent sur Bella. "Tu as l'air mieux."

"Contente toi de garder tes mains dans tes poches." ordonna-t-elle.

"Ça ne saigne plus." Cela la dégoûtait vraiment. Huh. Maintenant si seulement Cullen n'était pas là. "Tu reviens en cours ?"

Elle le regarda avec des grands yeux. "Tu plaisantes ? Je devrais faire demi-tour et revenir ici."

"Ouais, je suppose... Alors tu viens ce week-end ? A la plage ?" Il tourna brièvement les yeux vers moi. Ouais, exactement, Cullen. Elle sort avec moi. Prends ça !

"Bien sûr, j'ai dit que je venais." Elle ne connaissait vraisemblablement pas les véritables intentions de Mike derrière son invitation.

"On se retrouve au magasin de mon père, à dix heures." Et tu n'es pas invité, Cullen. Je préfère mourir que traîner avec toi.

Je voulais lui dire que le seul moyen que je passe du temps volontairement avec lui était qu'il soit mort. Mais bien sûr, je tins ma langue.

"Je serai là." confirma-t-elle.

"Je te vois en sport alors." Il hésita un moment, à la porte, ne voulant pas partir. J'ai hâte de l'éloigner de Cullen. Bon sang, je hais ce mec.

Le sentiment était partagé. Sachant que ça aiderait le garçon, je pris silencieusement place à côté de Bella. C'était une place à laquelle j'allais être à partir de maintenant, alors Newton ferait bien de s'y habituer.

"A plus." dit Bella alors que Mike quittait enfin la pièce.

Je souris à moi-même, intérieurement heureux d'avoir gagné la partie. Newton pouvait croire ce qu'il voulait croire, mais Bella n'était pas intéressée par lui. Je le savais sans même avoir le luxe de connaitre ses pensées.

Puis elle marmonna le mot, "Sport." ramenant mon attention entièrement vers elle.

"Je peux m'occuper de ça. Va t'assoir et prends l'air malade." Si Bella ne voulait pas aller en cours de sport, alors Bella n'irait pas en cours de sport. Je ne pouvais pas la blâmer. Je haïssais tout autant le sport. C'était si ennuyeux de se retenir et de faire semblant que je ne pouvais pas battre chaque élève de l'école.

Bella s'assit et reposa sa tête contre le mur. Le froid avait dû l'apaiser et je regrettais qu'il soit impossible pour elle de se mettre contre moi. Ce serait certainement la première fois que ma peau froide aurait été d'un confort quelconque. Mais ça signifierait être proche d'elle – trop proche. La laisser toucher ma peau. Ce serait merveilleux et effrayant en même temps.

J'éloignais cette pensée et me penchais sur le comptoir. "Ms. Cope ?"

"Oui ?" Les yeux de la femme s'aimantèrent aux miens, et je savais que je l'avais. Certains humains ne pouvais pas résister à nos yeux immortels, et Shelly Cope en était un parfait exemple. Elle nous trouvait tous très beaux, et j'étais son favori. On l'utilisait tous de cette façon pour éviter de faire certaines choses – être excusés de certains cours auxquels nous ne voulons ou ne pouvons pas assister. Cela devrait être facile. Avec cette voix dont je savais qu'elle lui faisait tourner la tête, je dis "Bella a sport à la prochaine heure, et je ne pense pas qu'elle se sente assez bien pour ça. En fait, je pensais que je devrais la ramener chez elle, maintenant. Pensez-vous que vous pouvez l'excuser pour ce cours ?"

"Tu as besoin d'un mot aussi, Edward ?" Elle rougit. Les élèves n'ont pas le droit d'être aussi beaux.

Je souris. "Non, j'ai Mrs. Goff, elle comprendra."

"D'accord, c'est comme si c'était fait. Repose-toi, Bella." Avec Edward Cullen qui prend soin de toi, je suis sûre que tu te sentiras mieux en un rien de temps.

Je me tournais face à Bella. "Tu peux marcher, ou veux-tu que je te porte à nouveau ?" L'offre était pour le show, et Bella le prit comme tel.

"Je vais marcher."

Lentement, elle se leva, testant ses jambes. J'étais prêt à la rattraper, mais elle avait l'air assez solide. J'ouvris poliment la porte pour elle, comme un gentleman le doit pour une lady, et la suivit alors qu'elle sortait dans la fraîcheur de l'après-midi.

"Merci." dit-elle doucement. "Ça vaut presque la peine d'être malade pour manquer le sport."

"Je t'en prie." Le vent soufflait et mes narines firent envahies par son odeur.

"Alors tu viens ? Samedi, je veux dire." Sa question, comme toujours, vint de nulle part. Je ne savais pas quoi répondre. Puis je réalisai... elle allait quitter Forks. Et Alice l'avait vue en danger.

"Où allez-vous exactement ?"

"A La Push, First Beach."

C'était une complication imprévue. Une autre dans la liste qui continuait de s'allonger. Même si je le voulais, j'étais interdit de séjour là-bas. Les Quileutes avaient gardé leur part du marché pendant toutes ces années. Je n'allais pas être celui qui briserait notre agrément de longue date avec eux. Et puis, je ne pensais pas qu'il n'y ai aucune allée sombre à First Beach. Je lui souris, reconnaissant de ne pas avoir à la persuader de ne pas y aller. "Je ne pense pas que je suis invité."

Elle soupira, et je sentis à nouveau son parfum. Son souffle sentait bon à nouveau, comme il se devait. "Je viens de le faire." dit-elle.

Cela me réjouit plus que ça ne le devrait qu'elle voulait que j'y sois. Mais je devais décliner l'invitation. J'avais fait cet accord avec les Quileutes moi-même. J'optais pour une excuse traditionnelle adolescente pour expliquer mon absence.

"Ne poussons pas trop ce pauvre Mike Newton, toi et moi. On ne voudrait pas qu'il morde." Je n'étais pas sûr de qui mordrait le premier, Mike ou moi, mais même, je ne voulais pas tenter la chance.

"Mike-schmike." dit-elle en plaisantant, se dirigeant vers sa camionnette.

J'attrapais l'arrière de sa veste et la retenais. Elle ne pouvais pas songer à conduire. C'était fou. "Où crois-tu aller ?"

Son visage prit cet air confus que je connaissais si bien. "Je rentre chez moi."

"Ne m'as-tu pas entendu promettre de te ramener saine et sauve chez toi ? Penses-tu que je vais te laisser conduire dans ta condition ?" Elle pourrait avoir un accident et se tuer. Tout ce travail pour la maintenir en vie – je n'allais pas la laisser se mettre en danger elle-même.

"Quelle condition ? Et ma camionnette alors ?" marmonna-t-elle.

"Alice te la ramènera après les cours." Je l'amenais vers ma voiture, insistant qu'elle ne rentre pas seule chez elle.

"Lâche-moi !" protesta-t-elle, mais je l'ignorais. Je la retins par l'arrière de sa veste jusqu'à ce que nous ayons atteint ma Volvo. J'avais dû la pousser plus fort que je ne l'avais cru, elle trébucha contre la voiture quand je la lâchais.

"Tu es trop arriviste !" se plaignit-elle.

"C'est ouvert." rétorquai-je avant de rentrer moi-même dans la voiture. Je ne voulais pas lui laisser la moindre chance de s'échapper.

Mais de manière typiquement Bella-esque, elle n'allait pas céder avant de se battre avec moi. "Je suis parfaitement capable de conduire jusqu'à chez moi !"

Elle restait sous la pluie, boudant et se faisant ridiculement tremper. C'était adorable, vraiment, qu'elle pense qu'elle puisse me défier. Je baissais la vitre du passager et lui dit de monter.

Elle était silencieuse et je pouvais imaginer le plan se dessiner dans sa tête. Je secouais la tête. "Je te traînerai jusqu'ici." la prévins-je.

Elle releva son menton par défi, mais ouvrit la portière et entra à l'intérieur. Elle était trempée, ses cheveux collaient presque à son visage, mais je la trouvais toujours belle. La couleur était revenue sur ses joues et son coeur battait à son rythme habituel.

"C'est parfaitement inutile."

Je devais lui donner du crédit; elle faisait bonne figure. Peu d'humains auraient été capables de résister aussi longtemps qu'elle l'a fait. Ça me fascinait encore plus.

Je démarrais le moteur, baissant le volume de la musique et m'assurant que la climatisation était en route. Elle avait besoin d'être réchauffée pour éviter de tomber malade. Je sortais du parking, gardant mon regard droit devant et mes sens aussi fermés que possible. Avoir son odeur enfermée dans ma voiture pouvait être une mauvaise décision, mais je me raisonnais pour rester calme.

Son corps était tendu et elle essayait de ne pas être affectée par ma présence. Je savais que nous avions une odeur que les humains trouvaient attirant, mais je n'avais jamais réellement pensé à comment cela pouvait affecter quelqu'un à qui je tenais. Bella essayait clairement de m'ignorer mais avait quelques difficultés.

"Clair de Lune ?" dit-elle soudainement, brisant l'épais silence.

"Tu connais Debussy ?" Peu d'adolescents prêtaient attention à la musique classique de nos jours.

"Pas vraiment," admit-elle. "Ma mère écoute beaucoup de musique classique à la maison – je connais seulement mes morceaux favoris."

"C'est un de mes favoris aussi." C'était réconfortant d'avoir quelque chose en commun avec elle, considérant les vastes différences entre nous.

Mon esprit commença à vagabonder et à penser à sa mère. Grâce à la brève conversation que j'avais eu avec Bella, je savais qu'elle et sa mère étaient de bonnes amies, ce qu'on ne pouvait pas dire pour la plupart des adolescentes que je croisais dans les couloirs de l'école. Sa mère devait beaucoup lui manquer, et vice versa. Même si je ne me souvenais pas très bien de mes parents naturels, ils me manquaient. De plus, les quelques années où je m'étais séparé de Carlisle furent les plus solitaires de ma vie. Donc, je savais ce que c'était que d'être loin de ceux qui vous aiment.

"Comment est ta mère ?" Je savais qu'elle ne s'attendait pas à cette question, à la vue de l'étrange expression sur son visage.

"Elle me ressemble beaucoup, mais elle est plus jolie. J'ai pris beaucoup de Charlie." Intéressant qu'elle choisisse de commencer par la description physique. Je n'avais jamais senti de vanité de la part de Bella. C'était une des choses que j'appréciais chez elle. J'avais assez de vanité en vivant avec Rosalie. "Elle est plus sociable que moi, et plus courageuse." ajouta-t-elle. "Elle est irresponsable et un peu excentrique, et c'est une cuisinière imprévisible. C'est ma meilleure amie."

Son froncement de sourcils confirma que sa mère lui manquait profondément.

Je tournai à un virage et m'arrêtai devant sa maison. Elle semblait tout à fait inconsciente du fait qu'on était arrivés. Je tournai les yeux vers elle, m'interrogeant sur la complexité de son existence. Elle était tellement jeune, quelque chose dont je devais me rappeler quand mes pensées entraient dans un territoire interdit. Mais j'étais attiré par elle, c'était certain, et je sentais qu'elle était attirée par moi. Mais je me voilais la face en pensant qu'une personne aussi jeune et belle que Bella tomberait amoureuse d'un monstre comme moi.

"Quel âge as-tu, Bella ?" demandai-je finalement, incapable de contenir cette question plus longtemps.

"J'ai dix-sept ans." Elle dit ça comme si j'étais ignorant, ce qui, en partie, était vrai.

"Tu ne fais pas dix-sept ans."

Elle rit à une blague qu'elle-même pouvait comprendre, ce qui ramena l'ennui de ne pas être capable d'entendre ses pensées.

"Quoi ?" me forçais-je à demander.

"Ma mère dit toujours que je suis née à trente-cinq ans et que je me rapproche un peu plus de la cinquantaine chaque année." Elle rit encore, créant de la musique à mes oreilles. "Il faut bien que quelqu'un soit l'adulte." Ses yeux se plissèrent. "Tu n'as pas l'air d'être en première non plus."

Elle était plus observatrice que je ne le pensais. "Alors, pourquoi ta mère a épousé Phil ?" demandai-je, changeant le sujet de mon vieil âge.

Elle sembla nerveuse pendant un moment, sans que je ne comprenne pourquoi. "Ma mère... elle est très jeune pour son âge. Je pense que Phil la fait se sentir encore plus jeune. En tout cas, elle est folle de lui.

Je n'étais pas convaincu qu'elle pense que Phil était un bon choix pour sa mère. "Tu approuves ?"

"Qu'est-ce que ça peut faire ?" contra-t-elle. "Je veux qu'elle soit heureuse... et il est celui qu'elle veut."

J'étais ébahi par la maturité de sa réponse. "C'est très généreux de ta part... Je me demande..." Puis mon esprit vagabonda dans ce chemin interdit à nouveau pour contempler comment sa mère réagirait face à moi, si Bella me voyait un jour plus que comme un ami.

"Quoi ?"

"Serais-t-elle aussi généreuse avec toi, penses-tu ? Peu importe ton choix ?" Ses yeux étaient grand ouvert et je pouvais voir mon visage s'y refléter. Je n'aurais pas dû dire ça, ça ouvrait la porte à trop de possibilités de déception. Et si son choix n'était pas moi ? Ça ne devrait pas être moi, mais je le voulais cependant.

"Je pense, oui." dit-elle. "Mais c'est elle le parent, après tout. C'est un peu différent."

"Personne de trop effrayant,alors." dis-je, et j'eus un sourire pour toute réponse.

Le visage de Bella était encore plus beau quand elle souriait. J'en ferais ma mission, la faire sourire à chaque moment de sa vie. "Qu'est-ce que tu veux dire par effrayant ? Des tas de piercings au visage et plein de tatouages ?"

"C'est une définition, je suppose." Mais une relativement inappropriée.

"Quelle est ta définition ?"

Je lui répondis dans ma tête. Et pourquoi pas un vampire assoiffé de sang qui pourrait t'assécher et arrêter ton coeur d'un seul mouvement ?

"Penses-tu que je pourrais être effrayant ?" osais-je demander, souriant légèrement. Je gardais ma bouche fermée, ne voulant pas attirer l'attention sur l'eau que j'avais à la bouche à la simple pensée de boire son sang.

Elle réfléchit à la question, me laissant souffrir de ne pas entendre ses pensées. "Hmmm... je pense que tu pourrais, si tu le voulais." Je savais qu'elle avait plus de choses à dire et qu'elle raccourcissait sa réponse, mais je ferais avec.

"Est-ce que je t'effraie ?" C'était une question sérieuse – toute plaisanterie avait disparu.

Sa réponse vint sans hésitation. "Non."

Je souriais à sa bravoure. Si quelqu'un devait avoir peur de moi, c'était bien elle. Je voulais tant d'elle – plus que de l'amitié ou qu'une compagne. Peu importait à quel point je l'aimais, je voudrais toujours son sang.

"Alors, maintenant tu vas me parler de ta famille ?" demanda-t-elle innocemment. "Ça doit être une histoire beaucoup plus intéressante que la mienne."

Suivant la ligne de questions que j'avais suivi, il était logique pour elle de me poser les mêmes questions, mais je fus immédiatement sur mes gardes, j'étais inquiet que sa nature observatrice ait relevée les choses que nous essayons désespérément de cacher. J'étais hésitant quand je dis, "Qu'est-ce que tu veux savoir ?"

"Les Cullen t'ont adopté ?"

Il était assez simple de répondre. "Oui."

"Qu'est-il arrivé à tes parents ?"

Elle parlait de mes parents biologiques. Encore une fois, simple de répondre sans provoquer trop d'intérêt. "Ils sont morts il y a longtemps."

"Je suis désolée." Elle avait l'air sincère.

J'étais touché et je éclaircir le fait que la perte de ma famille naturelle n'était plus si douloureux. "Je ne me souviens pas clairement d'eux. Carlisle et Esmée sont mes parents depuis longtemps à présent."

"Et tu les aimes." constata-t-elle.

Ça me fit sourire. "Oui, je ne peux pas imaginer deux meilleures personnes."

"Tu es très chanceux."

"J'en ai conscience."

"Et ton frère et ta sœur ?"

A présent nous rentrions dans un territoire dangereux. Avec chaque ajout à notre famille au fil des années, les explications se firent de plus en plus complexes. Ce n'était plus quelque chose que nous pouvions réciter facilement. J'utilisais l'heure tardive comme excuse pour échapper à sa curiosité. "Mon frère et ma sœur, et Jasper et Rosalie, ne vont pas être contents si je les laisse m'attendre sous la pluie."

"Oh, désolée, je suppose que je devrais y aller." Elle ne fit aucun mouvement pour sortir de la voiture.

Elle avait besoin de plus de persuasion. "Et tu veux certainement que ta camionnette soit de retour avant que le Chef Swan ne rentre à la maison, ainsi tu n'auras pas à lui expliquer l'incident de biologie."

Elle soupira longuement, son souffle doux et féminin. "Je suis sûre qu'il le sait déjà. Il n'y a pas de secret à Forks."

Là c'était amusant. Elle était peut-être plus observatrice que je ne l'avais pensé, mais elle n'avait pas idée des révélations qu'il y avait en réserve pour elle. Enfin, si j'avais jamais le courage de lui dire. Pour l'instant, j'appréciais la proximité que je pouvais obtenir etje me complairais dans sa chaleur humaine autant qu'elle le permettrait.

Mais il n'y avait pas de temps pour ça maintenant. J'avais dit la vérité en disant que mes frères et sœurs seraient en colère après moi si je les faisais courir sous la pluie pour rentrer à la maison. "Amuse-toi bien à la plage... beau temps pour bronzer."

Quelque chose traversa son visage expressif. Qu'est-ce que c'était que ça ? De la déception ? "Je ne te verrai pas demain ?"

J'allais lui manquer. Cette pensée réchauffa mon coeur de glace. "Non. Emmett et moi commençons le week end plus tôt."

"Qu'est-ce que vous allez faire ?"

Je pensais – je vais essayer d'étancher ma soif afin de pouvoir être en ta présence sans avoir envie de te vider de ton sang. "Nous allons camper dans les Goat Rocks Wilderness, au sud de Rainier."

"Oh, bien, amusez-vous bien." Elle essayait de paraître sincère, mais encore une fois, la déception était visible.

Je voulais lui dire qu'elle allait me manquer, aussi. Mais à la pensée de ne pas la voir, ne pas être près d'elle, frustré et inquiet au plus haut point. Je voulais lui dire que je reviendrais le plus vite possible, qu'elle n'aurait pas à être seule à nouveau. Mais je ne pouvais pas – ça pourrait l'effrayer. Au lieu de ça, j'optais pour la gentille requête qu'elle soit prudente. "Pourrais-tu faire quelque chose pour moi ce week end ?"

Elle acquiesça, ses yeux fixés aux miens alors que j'essayais de regarder son âme.

"Ne sois pas offensée, mais tu as l'air d'être ce genre de personne qui attire les accidents comme un aimant. Alors... essaye de ne pas tomber dans l'océan ou de te faire écraser, ou quoi que ce soit d'autre, d'accord ?" Je lui offrais un doux sourire.

Mes paroles la contrarièrent et elle me lança un regard noir. "Je verrai ce que je peux faire."

Rapidement, comme si elle était énervée par toute la conversation, elle sortit de la voiture, claquant la porte derrière elle. Elle se dirigea hasardeusement vers la porte, glissant presque sur son chemin. Même à travers sa nature maladroite, elle était belle.

J'espérais que le souvenir de sa beauté me sustenterait lorsque nous serions éloignés.