Les Aventuriers du Graal Perdu

Résumé de l'épidose précédente : Nos héros, toujours en quête du Graal, ont résolu la mystérieuse énigme sensée révéler l'emplacement du Graal, et pouf ! Ils ont disparu dans un déluge d'effets spéciaux.

Epidose 10 : Où l'on révèle des secrets, où l'on complote, et où l'on joue au scrabble…

Musique de fond recommandée : Bizarrement, la seule résonance musicale que j'ai trouvé pour ce chapitre est le Dernier des Mohicans, par Trevor Jones et Randy Edelman… Pour le rapport formel on repassera…

Narratrice : Bien, reprenons notre histoire là où nous l'avons laissé, c'est-à-dire à… comment ça à Camelot ?

Autrice : Oui, à Camelot.

Narratrice : Mais… Bon d'accord. Nos héros avaient donc été téléportés à Camelot.

Arthur : Ah non pas du tout. A l'heure actuelle, on se tient tous devant un gouffre sans fond, noyé dans le brouillard.

Narratrice : Ah. Donc pas à Camelot.

Harry : A moins que les extra-terrestres aient envahi le pays, et fait sauter le château avec leurs rayons laser, ça n'y ressemble pas.

Salazar : Des extraterrestres ?

Harry : Oui, les petits hommes verts ! En général ils sont petits, nus, verts, ils ont une tête énorme, pas de bouche, communiquent par l'esprit, et viennent en paix comme ils disent.

Salazar : Et ils auraient détruit le château ?

Harry : Ah ça doit être une autre race d'extraterrestres, grands, teigneux, violents, avec de grandes dents, des griffes, tout le tralala, et venant pour détruire le monde.

Helga : Voyons c'est ridicule, de tels êtres n'existent pas ! Personne ne voudrait jamais détruire le monde !

Harry : Euh…

Tom : Moi si !

Harry : C'est bien ce que je pensais.

Helga : Mais quel barbare !

Rowena : Je ne peux que penser comme vous très chère.

Merlin : Tout ceci est bien intéressant,

Mais quel est ce lieu où nous nous tenons séant ?

Narratrice : Eh bien … farfouille ses fiches … En principe si je suis la ligne directrice du chapitre précédent vous auriez dû être téléportés en Calédonie, lieu où se cache le Graal…

Godric : Ca m'en a tout l'air d'être le cas, vu le climat. L'air est tellement humide qu'il faut le boire ici.

Narratrice : Oui mais je ne vois toujours pas le rapport avec Camelot… parcourt toujours ses fiches Voyons voir… Tiens il manque la numéro huit, où l'ai-je mise ? Ah oui ! elle sort de son sac un épais livre de quelques 600 pages, couverture dans les nuances de violet, titre en doré (on se demande vraiment ce que c'est…), l'ouvre et en extrait un marque page Voilà ! Ah c'est donc ça !

Les héros : Quoi ?

Narratrice : Je me disais aussi, on change de décor, et de héros aussi ! Bon, on se revoit tout à l'heure les gens ! Et bienvenue à Camelot ! En compagnie de la reine Guenièvre, du chevalier Lancelot, de Force Rose et de… Morgane la Fée ? Mais qu'est-ce qu'elle fait là elle ?

Lancelot : La sœur de notre sire roi s'est présentée à la porte voilà quelques heures, nous nous devions de l'accueillir le mieux possible.

Guenièvre : C'est là un honneur de que de recevoir ma belle-sœur, je ne l'avais encore jamais rencontré.

Narratrice : Oui, et d'ici peu, tu souhaiteras ne jamais l'avoir rencontré.

Guenièvre : Voyons, point n'est besoin d'être aussi langue de vipère. Dame Morgane est une personne formidable, de même que son fils.

Lancelot : Son fils ?

Force Rose : Son fils !

De manière général générale, le reste de la salle : Son fils !

Mordred : Bah oui, c'est moi ! Je suis son fils !

Ah oui… petit oubli dans les crédits musicaux… Z'avez la Marche Impériale (aka Darth Vader's Theme) en stock chez vous ? Dsl j'ai pas pu résisté...

Guenièvre : Mon neveu, je suis ma fois très heureuse de faire votre connaissance, et je ne peux que m'interroger sur la raison pour laquelle Arthur ne m'a jamais parlé de vous.

Morgane : Oui, vraiment, on se le demande. Un garçon si charmant, si beau, si merveilleux, si courageux, et qui raconte très bien les histoires en plus…

Lancelot : Effectivement ! J'adore comment il raconte les aventures de Provencal le Gaulois ! C'est vraiment péremptoire !

Force Rose : Oh… pour sûr… A condition qu'on sache ce que veut dire péremptoire… (1)

Lancelot : Certes.

Guenièvre : Hum. Euh… où en étions nous donc ? Ah oui ! Mon neveu. Mais ne vous cachez point sous votre capuche !

Mordred, abaissant sa capuche avec autant de grâce qu'un Jedi, mais avec une expression sur le visage qui semblait vouloir dire « nan surtout pas ça ! » : Voilà, voilà…

Narratrice : Mais c'est pas vrai ça ! Elle peut vraiment pas s'empêcher de faire référence à Star W… Narrateur ? C'est bien toi ?

Mordred : Euh…

Narratrice, se jetant dans ses bras : Mon doux et tendre époux narrateur ! Tu ne m'avais point dit que tu étais de la famille du roi Arthur !

Mordred, à moitié étouffé : Mphh…pas mff… eu… inspire autant d'air qu'il peut l'occasiondeteraoncterçajusquelà.

Narratrice, relâchant son étreinte : Hey faut respirer mon beau dans la vie !

Morgane, sèchement : Si vous le lâchiez, mon petit irait tout de suite mieux. Je suppose que vous appartenez à une famille de boas constrictor et autres vils serpents ?

Narratrice, plus aride que le désert du Sahara : Non, belle mère, jusqu'à que j'épouse votre fils, ce n'était pas le cas !

Morgane : Epouser mon fils ? Qu'est-ce que c'est encore que cette ânerie ?

Mordred, l'air abattu : C'est vrai, mère, nous sommes unis par les liens sacrés du mariage…

Morgane : Mais mais mais ! Ce n'est pas possible !

Narratrice, révélant son alliance : Et ça ? C'est l'anneau sigillaire de Gilgamesh roi d'Uruk peut-être ?

Autrice : Faudrait déjà qu'ils aient eu des anneaux sigillaires à cette époque… quelque part vers le 3e millénaire avant notre ère… Par contre ils faisaient de très beaux sceaux cylindres… Mais passons.

Narratrice, virulente : Exactement ! Passons ! Regardez, votre fils en a une, aussi, d'alliance !

Morgane : Bon, bon ! D'accord, tu n'es peut-être la femme que j'aurais voulu que mon fils épouse, mais tu as du caractère, c'est sûr. Si nous repartions sur de meilleures bases ?

Narratrice : Moi ça m'irait.

Morgane : Très bien. Je suis enchantée de faire ta connaissance, ma bru.

Narratrice : Je vous en pris, tout le plaisir est pour moi, belle maman.

Morgane : Voyons, ma fille, inutile de nous vouvoyer. Vous êtes de la famille après tout…

Guenièvre : Ah l'amour ! Je propose qu'on organise un festin en l'honneur de ces retrouvailles ! En avant la musique !

Narratrice : Dites, en temps que femme de votre neveu, j'ai le droit à des titres, des terres, et tout le tralala… non ?

Guenièvre : Euh…

§§§

Merlin : Mais enfin messire roi,

Gentes Dames, nobles chevaliers

Je ne comprends absolument pas,

Pourquoi ne pas continuer,

La recherche de la coupe sacrée ?

Arthur : Ami enchanteur, nous attendons le retour de la narratrice, pour le moment occupée ailleurs.

Salazar : Mais qu'est-ce qu'elle peut bien fabriquer ?

Excalibur : Elle participe à un banquet.

Arthur : Depuis quand es tu voyante, ô épée parlante ?

Excalibur : Aucune idée.

Godric : En attendant, il commence à faire faim.

Rowena : Ah, Messire Godric ! Toujours en train de penser avec votre estomac !

Helga : C'est toujours mieux que le vôtre qui pense avec…

Rowena : Dame Helga ! Cela ne sied point à une dame de votre condition !

Helga, rouge pivoine : Toutes mes excuses. En tout cas, Messire Godric, du fait de son intense activité physique, se doit de s'alimenter fréquemment pour éviter de tomber en pâmoison.

Godric : Je ne tombe pas en pâmoison !

Tom : Non, il s'évanouit, c'est mieux !

Harry, à Helga : Psst ! Parlez plutôt d'hypoglycémie.

Helga : Qu'est-ce que c'est que ce mot barbare ?

Harry : Les termes techniques compliqués, ça fait tout de suite plus impressionnant.

Salazar : Bon, loin de moi l'idée de copier mon ami Godric, mais l'idée d'une pause repas me parait bonne à moi aussi

Arthur : Vous avez fort raison Messire chevaliers. Bon, où sont rangées nos provisions ?

Godric : Euh…

Salazar : Elles sont sur nos montures, sire.

Arthur : Et où sont nos montures ?

Helga : Pas avec nous visiblement.

Rowena : En toute logique, je dirais qu'elles sont en Bretagne. La force mystique qui nous a amené ici les a vraisemblablement oublié.

Merlin : Mais j'ai une bonne nouvelle,

Bonnes femmes et bons hommes !

J'ai gardé sur moi quelques pommes !

Harry : Pas encore…

Tom : Si je vois encore un de ces fruits, je… je…

Harry : Tu lui jettes un Avada ?

Tom : Idiot ! C'est un fruit ! Non je… je ne sais pas ! Et puis zut ! Je m'en sers pour frapper la personne qui m'a proposé ce fruit !

Harry : Bah évite de te balader sous un pommier sans quoi tu risque de te retrouver à vaincre un pommier avec pour toute arme une pomme… tu vas pas aller loin ! En plus tu risquerais de tomber dans les pommes en te prenant une pomme sur la tête !

Tom : MAIS TU VAS ARRETER DE PARLER DE POMMES !

Harry : Bon, bon…

Salazar : En attendant que notre narratrice revienne, ça vous dit un scrabble en équipe ?

§§§

Narratrice : Pendant ce temps à Camelot, hôtes et invités profitaient d'un délicieux repas.

Force Rose : …Et alors je lui réponds « Tu vois, j'ai déjà prévu les chrysanthèmes à mettre sur ta tombe ! ». Il est devenu tout pâle, mais c'était peut-être parce qu'une plante carnivore venait de le mordre…

Morgane : Ah les plantes carnivores… Mais personnellement je trouve que ça n'a pas la subtilité du poison glissé en douce dans un verre.

Guenièvre : Vraiment, chère belle-soeur ?

Morgane : Tout à fait. Certains poisons ont de ces effets. Par exemple, avec mon favori, la victime, peu de temps après l'avoir ingéré, vire au bleu, au vert, au rouge puis au jaune avant de devenir tout blanche. Elle commence à convulser, ses yeux semblent sur le point de sauter de leurs orbites et…

Guenièvre : Ah… merci, c'était très éducatif. Argh. Ménestrels, si vous voulez bien nous jouer un petit air ?

Lancelot : Oui ! Excellente idée !

Narratrice : Bah alors, mon petit narrateur adoré, tu n'as pas faim ?

Mordred : Non, pas vraiment.

Narratrice : Goûte donc un cuissot de chevreuil, c'est délicieux !

Mordred : Mais je n'ai pas faim !

Morgane : Voyons mon fils, écoute donc ta tendre épouse. Tu es bien trop maigre pour assumer ton avenir !

Mordred/Narratrice : Quel avenir ?

Morgane : Tss tss… Tu le sauras le moment venu. Mange.

Mordred, soupirant : Toutes les femmes du monde ressemblent-elles à ça, ou c'est juste que j'ai la poisse ?

Narratrice, lui ébouriffant les cheveux : Au contraire, tu es l'homme le plus chanceux du monde !

Mordred : Oui, maîtresse…

Narratrice : Là, c'est mieux. Allez mange !

Lancelot : Vous savez, majesté, au retour de votre époux, il faudra penser à faire de votre neveu un chevalier… Ca me parait important.

Guenièvre : Vous avez raison, nous lui en parlerons.

Morgane : Je ne peux que vous encourager à l'adouber, chère belle-sœur. Ce garçon a beaucoup de talent…

Force Rose : Oui, il raconte très bien les histoires !

Morgane : Il ne sait pas faire que ça ! (Pour elle-même) Sans quoi tous mes plans risquent de tomber à l'eau…

Narratrice : Quels plans, belle maman ?

Morgane : Oh la même chose que toutes les mères. Qu'il ait un travail bien rémunéré, qu'il réussisse dans la vie, une famille, des enfants… D'ailleurs à ce propos, il est pour quand mon petit fils ?

Narratrice : Euh… pas pour tout de suite.

Morgane : Il va falloir faire des efforts ma fille !

Narratrice, gênée : Euh… oui belle-maman.

Morgane : C'est valable aussi pour vous mon fils !

Mordred, rouge brique : Euh… on en parlera une autre fois…

Guenièvre : Voyons, belle sœur, ils ont bien le temps d'y penser… Ils sont jeunes…

Morgane : Effectivement, ce n'est pas comme vous qui feriez bien d'y penser !

Guenièvre : Je…

Lancelot, sortant son épée : Je ne vous laisserai pas insulter la reine de cette façon !

Yvain : Lancelot ?

Lancelot : Oui ?

Yvain : Rangez cette épée…

Perceval : Il a raison !

Yvain : Encore heureux, je suis chevalier depuis bien plus longtemps que vous…

Perceval : Non, je parlais de Lancelot ! Nous ne pouvons laisser la reine se faire ainsi calomniée…

Lancelot : Exactement ! A mort Morgane la fée !

Yvain : Stop ! Sire Force Rose, si vous voulez bien m'aidez…

Narratrice : D'un geste Force Rose fit pousser sur les épées de Lancelot et Galaad des orties. Ils en lâchèrent aussitôt leur arme.

Force Rose : Ces types n'ont vraiment rien compris au boulot de héros… Pourquoi tous les super héros portent des gants à votre avis ?

Narratrice : Et Superman alors ?

Force Rose : Sa peau est à l'épreuve des balles… Alors les orties…

Narratrice : Pas bête…

Force Rose : Des années d'expérience, ça fait toute la différence …

Narratrice : Et c'est ainsi que depuis ce jour, les chevaliers de la table ronde se mirent à porter des gants en quasi-permanence…

Lancelot : Mais pourquoi j'ai pas emporté la crème de ma maman spéciale contre les orties… Celle à base de pommes…

Perceval : Il faut reconnaître que je ne pensais pas que le plus grand ennemi du chevalier serait une plante verte…

Yvain : Et toute façon, vous n'êtes même pas chevalier Perceval… Quant à Lancelot… Je sais que vous prenez à cœur la défense de l'honneur de la reine…mais… il faut faire la part des choses entre un affront et une discussion familiale animée.

Lancelot : Ah. Mes excuses, Dame Morgane, j'ai été… trop enthousiasme.

Morgane, d'un ton mielleux : Tout est oublié voyons, doux chevalier…

Narratrice : Tout le monde reprit sa place et recommença à manger.

Perceval : Et les chaudrons, que vous mettez sur la tête, c'est pour quoi ?

Yvain : Ce n'est pas un chaudron, c'est un heaume !

Lancelot : C'est pour protéger la tête.

Yvain : Exact.

Force Rose : Sauf que ça fait pas très héroïque mais bon…

Yvain : Mais enfin…

Force Rose : Si c'est vrai ! Déjà on a l'apparence d'une boite de conserve, ensuite quand on s'exprime personne ne nous entend, on y voit rien au combat, et pire que tout, quand on l'enlève, on a les cheveux qui puent la transpiration !

Mordred : Est-ce que ça veut dire que ça fait fuir les filles ?

Force Rose : Complètement ! En bref il vaut mieux employer le masque, qui a certes aussi quelques inconvénients mais reste encore assez supportable…

Mordred : Messire Yvain, vous voulez pas me prêtez votre casque ?

Narratrice : Dites, belle maman ?

Morgane : Oui ma fille ?

Narratrice : Je ne voudrais pas être indiscrète mais… qu'en est-il du père de mon narrateur préféré ?

Morgane, agressive : En quoi cela te concerne ?

Narratrice : Toutes mes excuses belle-maman, je ne savais pas que je touchais un sujet sensible…

Morgane : Ce n'est pas que c'est un sujet sensible, ma fille, mais ce lieu ne convient guère à cette révélation…

Narratrice : C'est un secret noir, obscur, et qui met la vie de plein de personnes en danger si on le révèle à tous ?

Morgane : Oui… quelque chose comme ça…

Narratrice, surexcitée : Trop bien !

Morgane : Tant que ça ?

Narratrice : J'adore ce genre d'histoire ! Vous savez les « Je suis ton père ! », « Je suis ta mère », « En fait ton frère est le fils de ta sœur que nous avons adopté pour éviter le scandale », ou encore les « Un mystérieux mage t'a confié à nous pour qu nous t'élevions dans la plus grande discrétion mais en fait tu es le fils du démon maléfique qui gouverne ce pays et tu dois le détruire etc. » !

Morgane : Ah … je vois… Il vous arrive de respirer quand vous sortez ce genre ce tirade ?

Narratrice : Bien sûr ! Je suis narratrice après tout, les tirades de quinze lignes sans virgule, c'est ma spécialité !

Morgane : Ah oui… j'oubliais…

Narratrice : Bon alors ? Mon cher narrateur, c'est le fils du grand méchant de l'histoire ?

Morgane : Evidemment… c'est mon fils !

Narratrice : Ah oui… J'oubliais…

§§§

Salazar : Majesté, je suis sûr que le mot « Zytopaxe » n'existe pas…

Arthur : Mais si voyons, c'est … c'est euh… enfin bon… il existe, je le décrète !

Salazar : Mais mais… ça vous fait un score de…

Arthur : Croyez-vous vraiment pouvoir me battre ?

Harry : Il faut reconnaître que se battre contre celui qui peut décréter à tout moment qu'un mot existe ou non, c'est difficile…

Tom : Ca lui apprendra à inventer des jeux stupides, au lieu de chercher à conquérir le monde !

Harry : Tu n'es as sensé le défendre, ton ancêtre ?

Tom : Oh… est-ce que tu défends le tien ?

Harry : Euh…

Godric : Mais enfin majesté, le mot rapière existe, cela désigne une épée longue.

Salazar : Il a parfaitement raison, sire…

Arthur : et bien à partir de maintenant, je décrète que le terme rapière n'existe plus, on emploiera désormais le terme de zytopaxe.

Rowena : Il faudrait vraiment songer à prendre des mesures pour protéger notre belle langue… Si on laisse faire le roi, dans vingt ans, notre langue n'aura plus aucun sens…

Tom : Vingt ans… je dirais vingt minutes moi…

Harry : Vingt secondes même...

Merlin : Jeunes écuyers,

Excusez ma stupidité,

Mais qu'est qu'une seconde même ?

Quelque chose qui est deux fois même ?

Tom : C'est tout simplement une unité de mesure du temps qui représente un soixantième d'une minute…

Harry : Laisse tomber, ils l'ont pas encore inventé !

Tom : Mais comment ça, ça existe déjà, ce n'est rien d'une subdivision…

Harry : Oui, mais il n'en ont pas conscience, ils n'ont pas vraiment ni les moyens ni le besoin de mesurer une seconde. (2)

Excalibur : Une seconde quoi ?

Tom : Une seconde tout court.

Helga : Mais ça n'a pas de sens…

Tom : Si ça en a ! Bon on peut finir notre discussion en paix ?

Excalibur : Pas la peine de gueuler petit. C'est juste que c'est à toi de jouer…

Tom : Ouais bah deux secondes !

Godric : Seconde quoi ?

Tom : LA FERME BANDE D'IMBECILES !

§§§

Force Rose : Par contre la cape, c'est l'accessoire essentiel du héros. Ca vole au vent quand le tissu est adapté, ce qui donne un air impressionnant, ça permet de se protéger de la pluie, parce qu'il ne fait pas toujours beau quand il faut sauver le monde…

Yvain : L'idée est excellente, j'imagine qu'en plus ça empêche l'armure de rouiller…

Force Rose : Et bien quand on utilise un costume aussi archaïque, oui, ça peut aider. Et puis si la fille que vous venez de sauver grelotte parce que justement, il ne faisait pas beau temps, vous pouvez lui offrir pour qu'elle n'attrape pas froid. Après tout, combattre la maladie est rarement notre spécialité…

Yvain : C'est exactement ce que je pense… Mais dites moi… comment faites vous avec vos… vos ailes ?

Force Rose : soupir C'est bien le problème, je ne peux pas porter de cape moi… sinon ça fait franchement ridicule… re-soupir pas que je ne le sois pas déjà mais bon…

Yvain : La vie est bien mal faite…

Force Rose, faisant signe à un serviteur de lui remplir sa coupe : Ouaip, je vous le fais pas dire…

Lancelot : Je trouve que tout cela fait rêver… J'imagine déjà ma belle cape flottant au vent… Ne serait-ce point une merveilleuse image messire Mordred ?

Mordred : A mon avis tout ce qui risque de t'arriver avec une cape, c'est de la coincer à quelque part, et de te faire mal avec…

Gauvain : Mais enfin ! Personne n'est assez stupide pour laisser sa cape traîner à même le sol ! En plus elle ramasserait toutes les saletés et se salirait !

Lancelot : En bref, il faut utiliser un modèle de cape courte…

Mordred : Là ça devint ridicule… Taillez-vous une veste à ce compte-là…

Gauvain : Excellente idée !

Lancelot : Ouais ! On pourra mettre de superbes broderies dessus…

Mordred : Oui… et on appellera même ça un justaucorps sous Louis XIV…

Lancelot : Vous dites ?

Mordred : Non rien.

Guenièvre : Mon neveu, je vous trouve bien amer. L'insouciance de ces jeunes chevaliers ne vous plait point ?

Mordred : Ce n'est pas leur insouciance mais leur imbécillité qui me dérange.

Guenièvre : Voyons, ce ne sont point des imbéciles.

Mordred : C'est vous qui le dites…

Narratrice : Alors, belle-maman, vous ne voulez même pas me révéler ce terrible secret ?

Morgane : Non ma fille.

Narratrice : En me le chuchotant à l'oreille…

Morgane : Non.

Narratrice : S'il vous plait !

Morgane : Non.

Narratrice : S'il vous plait ! S'il vous plait !

Morgane : Non.

Narratrice : S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait !

Morgane : Non, c'est non.

Narratrice : S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait !

Morgane : Non, non, et re-non

Narratrice : S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait !

Morgane : Bon c'est pas bientôt fini toutes ces politesses !

Narratrice : S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait ! S'il vous plait !

Morgane : Stop ! Ca va, tu as gagné, je vais te le dire.

Narratrice, sourire satisfait : Ah.

Morgane, chuchotant à l'oreille de la narratrice : C'est psspsspsss.

Narratrice : Non ?

Morgane : Si.

Narratrice : Pas possible…

Morgane : Pourquoi pas.

Narratrice : Mais… mais…

Morgane : Oui…

Narratrice : Ca veut dire (baisse la voix) que je viens d'épouser le seul et unique héritier du roi !

§§§

Autrice : Pour les égarés qui auraient raté une épidose, en relisant l'épidose 2, vous vous rappellerez que Mordred, est oui, bien le fils d'Arthur et Morgane, comme le veut la tradition… Bon revenons à nos moutons… enfin pour le coup ce serait plutôt des loups… que dis-je, des louves !

§§§

Morgane : Oui enfin, ma chérie, tu ne seras reine que si et seulement si Arthur n'a aucun enfant de sa femme.

Narratrice : Oh.

Morgane : Parce que dans les affaires de succession, les enfants légitimes passent avant les bâtards.

Narratrice : Oh…

Morgane : En fait il y a même peu de chance que vous puissiez vous asseoir un jour sur le trône de Bretagne.

Narratrice : En même temps ils n'ont pas encore d'enfant, tout peut arriver…

Morgane : Ravie de voir que nous sommes sur la même longueur d'ondes.

Narratrice : Plait-il ?

Morgane : Vous voulez être reine non ?

Narratrice : Reconnaissez quand même que ça sonne mieux que « narratrice » dans les dialogues.

Morgane : En même temps vous n'avez que ce nom-là. Donc ça va donner Reine tout court, c'est pas terrible quand même.

Narratrice : Ouaip, mais « Reine narratrice », ça, ça sonne bien !

Morgane : Effectivement. Donc je pense que vous seriez intéressée par mon projet…

Narratrice : Quel projet ?

Morgane, montrant Lancelot et Guenièvre du doigt : chuchote à l'oreille de la narratrice

Narratrice : Trop fort !

Morgane, toujours chuchotant : psss… philtre d'amour… chhh…

Narratrice : rire machiavélique.

Mordred : C'est quoi ce rire machiavélique ?

Narratrice : C'est exactement ce que tu viens d'entendre, un rire machiavélique.

Mordred : Oh.

Guenièvre : C'est beau de voir une belle-mère et sa bru se réconcilier…

Morgane : Mais c'est entièrement du à votre bonne influence, très chère belle sœur…

Guenièvre : Voyons, ma chère belle sœur, vous exagérez, c'est sûr.

Morgane, glissant discrètement une fiole de potion à la narratrice : Non, absolument pas. Maintenant si vous voulez bien m'excusez, je viens de me rappeler que j'avais un rendez-vous avec euh… mon coiffeur !

Lancelot : Mais vous n'allez pas partir comme ça en plein milieu de…

Yvain : Trop tard, elle s'est téléportée.

Force Rose : Qu'est ce que j'aimerais maîtriser aussi bien ma technique qu'elle. Moi quand je fais ça, je finis toujours là où je ne veux surtout pas aller.

Perceval : Ca fait plaisir de voir que vous avez quand même quelque chose à apprendre…

Force Rose, finissant sa coupe de vin : Pas la peine de me rappeler ma vocation de héros raté. Tavernier ! Mais enfin combien de coupes de votre satanée cuvée je vais devoir avaler avant d'être ivre ?

Yvain : Excellente idée ! Du vin pour tout le monde !

Narratrice, l'innocence même : Votre majesté, vous devriez goûter ce vin, c'est un véritable délice, que dis-je, un nectar ?

Guenièvre : Vraiment ?

Narratrice : Oui, c'est là la production personnelle de mon grand-père.

Guenièvre : Avec plaisir.

§§§

Arthur : Azurite !

Tom : Victoire ! Il joue enfin avec des mots qui existent !

Arthur : Ecuyer Tom !

Tom : Non, rien.

Excalibur: Dis donc petit, tu tiens drôlement ta langue aujourd'hui je trouve…

Tom : tire la langue à l'épée

Godric : Ca n'était pas vraiment spirituel, mon écuyer.

Arthur : Passons. Ce qui me fait un total de…

Harry : Euh attendez un peu… je multiplie par deux, je retiens cinq… 1745 pts.

Rowena : Salazar, j'admire votre courage, mais je doute que vous réussissiez à le rattraper désormais.

Salazar : Dame Rowena, je gagnerais cette partie en votre honneur !

Helga : J'admire la persistance de votre fiancé, Dame Rowena.

Merlin : Avec tout le respect que je vous dois,

Gente Dame Helga,

Il faut savoir différencier,

Persistance et obstination bornée !

Godric : Non, non, il a raison, mais je pense qu'il n'utilise pas la bonne technique.

Tom : Ah c'est sûr, à force de vouloir à tout pris suivre les règles… Il devrait apprendre à les contourner.

Harry : C'est pas faux…

Rowena : Il y a du vrai dans vos paroles, messire Tom. Salazar, il semblerait que votre descendant ait un esprit vif, suivez donc ses conseils.

Salazar : Et quel est donc ce merveilleux conseil ?

Tom : Ca se résume en un terme : la ruse ! (3)

Salazar : Oh.

Harry : Mais si, c'est très simple, je vais vous expliquer… Vous voyez, plutôt qu'un affrontement direct, il faut parfois mieux privilégier une forme d'attaque plus subtile. Par exemple…

Tom : Mais je rêve ! Il est en train de lui expliquer comment être un Serpentard, lui le modèle type de Gryffondor !

Helga : Tiens, on dirait bien que le brouillard se lève…

Rowena : En effet…

Arthur, se détournant de son jeu : Peut-être allons enfin voir où nous nous trouvons.

Harry, chuchotant à Salazar : Et c'est à ce moment que vous prenez le jeu du roi et que vous changez toutes ses lettres ayant de la valeur contre celles qui ne valent rien.

Salazar : Mais… c'est mal ! C'est de la triche !

Tom, au bord de la crise de nerf : Non c'est de la justice !

Harry : Je ne sais pas ce qui est le plus bizarre, voir le grand Serpentard se refuser à tricher, ou Voldemort se battre pour la justice. Enfin bon… passons.

Narratrice : Tandis que Arthur regardait le brouillard se lever, Tom et Harry en profitèrent, sous les yeux effarés de Salazar pour changer considérablement le jeu d'Arthur, traficoter le plateau de jeu et le sac de jetons avec des sorts de malchance, etc., etc.

Voix mystérieuse dans le brouillard qui se lève : Bah te voilà enfin ! On attendait plus que toi !

Les héros : regards interloqués

Narratrice : Mais enfin, t'as pas idée du temps que ça m'a pris pour que uniquement eux deux en boivent… Y'avait l'autre fée rose et mon époux qui s'étaient mis en tête de boire ce vin là aussi… la galère…

Excalibur : C'est merveilleux tout ça mais…

Narratrice : Ah oui c'est vrai.

Voix mystérieuse : Certes. Reprenons.

Narratrice : Sous les yeux effarés d'Arthur, Helga, Merlin et Godric, les autres étant trop occupés à apprendre à tricher à Salazar, le brouillard se leva révélant une silhouette toute encapuchonnée. Derrière elle, enjambant le vide abyssal de l'abîme, un petit pont de cordage se balançait légèrement dans l'air encore lourd de brouillard.

Voix mystérieuse : rire machiavélique, énième édition

Arthur : Oh non !

Voix machiavélique : Sacré Artie va ! Je lui fais toujours le même effet !

Arthur : Mais non ! C'est surtout comment je vais bien pouvoir gagner ma partie avec un jeu pareil !

Harry et Tom : sifflotent

Salazar, rouge tomate : Voyons majesté…

Arthur : Puisque c'est ça, je déclare la partie terminée ! Et voilà.

Salazar : Je crois qu'il y a quelque chose qui m'échappe avec cette histoire de ruse…

Rowena : C'est sans doute qu'il vous faut vous entraîner.

Salazar : Sans aucun doute.

Narratrice : Certes… Bon on en revient à notre voix mystérieuse ?

Merlin : Ma chère amie,

Vous m'avez devancé,

Vous m'en voyez contrit.

Narratrice : Le brouillard se dissipa complètement…enfin en tout cas aussi complètement possible que faire se peut sans qu'une averse s'en suive, et permit de révéler que le rire machiavélique n'appartenait à nul autre que Morgane !

Arthur : Encore !

Harry : Mais c'est qu'elle est aussi résistante que toi ma parole !

Tom : Très drôle.

Merlin : Oh non, par Cybèle,

Par encore elle,

Puissent les dieux nous protéger,

Des sorts qu'elle pourrait nous lancer.

Morgane : Je ne vais pas vous lancer de sort, vieux fou.

Merlin : Ah bon, dans ce cas,

Je laisse parler le roi.

Arthur : Exactement. Bon, que fais-tu là, ma demi-sœur ?

Morgane : Ta femme m'a demandé de t'amener du linge de rechange.

Arthur : Que… quoi ?

Morgane : Je plaisante. En fait ce pont conduit au graal…

Godric : Ah, on s'en rapproche enfin !

Morgane : Mais pour le franchir, il vous faudra répondre à trois questions.

Harry : J'ai un mauvais pressentiment…

Morgane : Répondez juste, et vous traverserez, trompez-vous, et vous serez projeté dans l'abîme abyssal du gouffre derrière moi.

Helga : N'est-ce point un châtiment cruel ?

Morgane : Mais non voyons… Bon, qui s'y colle en premier ?

Narratrice : Tous les héros reculèrent d'un pas.

§§§

A suivre…

- Qui va passer en premier ?

- Nos héros arriveront-ils à traverser le pont ?

- Salazar comprendra-t-il enfin l'intérêt de la ruse ?

- Aura-t-il sa revanche au scrabble ?

- Et au fait, mais quel est donc le plan extrêmement machiavélique et secret de Morgane ?

§§§

(1) Référence on ne peut plus stupide à Kaamelot… mais il fallait bien que ça sorte à un moment ou un autre…

(2) Voilà le genre de choses passionnantes qu'on apprend en photo… en fait c'est surtout les durées de temps inférieures à une seconde qu'on ignorait royalement avant l'arrivée du gélatino-bromure hypersensible en photo dans les années 1880… puisque le temps de pose pour une photo était de l'ordre de quelques secondes dans le meilleur des cas.

(3) Vous remarquerez que pour une fois, ce genre de déclaration n'est pas suivi d'un bête rabâchage de dialogues naheulbeukiens… y'a comme du progrès non ?

§§§

Voilà pour aujourd'hui, et ce n'est pas la fin, il y avait définitivement trop d'évènements à mettre en œuvre pour tenir dans un seul… donc il y aura encore au minimum un chapitre et un épilogue, voir plus si j'ai vraiment beaucoup d'idées et de courage… Bon si ça ne vous dérange pas de laisser un petit mot… surtout que maintenant que je maitrise le système de RAR je peux vous promettre une réponse instantanée (dans mon échelle de valeurs, ça équivaut à 2 ou 3 semaines ;-)

Ah oui et pardonnez toutes les fautes, mais j'avais personne pour corriger sous la main et la flemme d'atteindre encore une semaine pour faire paraitre ce chapitre.