YOU ARE

Chapitre édité suite à la correction de Canellia

Auteur : Silver Hermy Sky

Disclaimer : Pas à moi. Stop. Tout à JKR. Stop. Pas d'argent. Stop.

Le mot de l'auteur : Et valà le nouveau chapitre, avec un retard monstre –oui oui, je sais…Un peu sinistre, déprime et vengeance à la pelle…mais promis, ça change bientôt ! En espérant qu'il vous plaira ! La Communauté est toujours là pour vos suggestions…

Reviews : Je m'attelle de ce pas à la réponse aux reviews signées (un peu avant d'aller au ciné, le reste le plus tôt possible). Quant aux reviews anonymes, je ne sais pas trop comment me débrouiller. Auriez-vous, par pitié, des suggestions ?

Bref, je lâche le chapitre dans la nature…bonne lecture !

Résumé du chapitre précédent : Jason Loyd se réveille en sursaut suite à un cauchemar dont il ne se souvient plus, hélas, des protagonistes. S'ensuit un passage par la douche, où il constate les dégâts qu'a provoqué Potter en se battant avec lui, jusqu'à l'heure du petit-déjeuner, où il massacre littéralement la copie dudit Potter à coups de corrections guère impartiales. L'arrivée des élèves dans la Grande Salle interrompt son petit-déjeuner ; il constate la mauvaise humeur de Hermione, ce qui l'intrigue, avant de porter son attention sur les Quatre, dont il espionne une conversation très intéressante sur une blague prévue pour le soir-même.

La matinée se poursuit pour Hermione en cours de Divination, où, à défaut d'être captivée par le cours, elle observe avec attention le fameux Harry Potter qui prend de jour en jour une place importante dans sa vie. Celui-ci lui rend ses regards, et plus elle le fixe dans les yeux, plus elle se sent fascinée. Elle perçoit à peine un « Je t'aime » parmi les étranges murmures qui envahissent ses pensées.

Chapitre 9 : Un Insolent ne change pas

Troublemaker tempting fate,

Tentant destin de faiseur de troubles

Questioning the path I take

Remettant en question le chemin que j'ai suivi

Showing me the twists and turns,

Me montrant les méandres,

The forks and points of no return

Les tournants et les points de non retour.

- « Troublemaker », Nada Surf -

« Je suis un imbécile…encore, si j'étais un imbécile heureux cela passerait encore…mais on se contentera d'imbécile tout court. »

Telles étaient les agréables pensées qui animaient l'Insolent, sortant, plus absorbé qu'à l'accoutumée, de sa torpeur divinatoire.

Il lui avait « Je t'aime »…enfin dit, le mot étant grand…sous-entendu aurait été plus approprié à la situation…

Le cours n'avait pourtant pas si mal commencé… du moins, Trelawney était toujours aussi siphonnée du chapeau, il suffisait de voir son air béat dès que l'encens avait commencé à brûler, ou encore sa voix- qu'elle pensait- mystique lorsqu'elle sortait toute sorte d'insanités grotesques accompagnées d'un visage hystérique. Mais, dès qu'on s'y faisait, si s'y faire on pouvait, il était acceptable de considérer de l'ordre du possible un certain…calme…lors de ce premier cours d'une journée qui s'annonçait sous les meilleures auspices. Ensuite, la vieille libellule décharnée- oui, il s'agit bien de Trelawney dont il est question…- avait commencé son speech merveilleux sur les arabesques grandiloquentes de l'avenir…Le cours s'était poursuivi avec un chapelet non pas d'insultes- ce n'était pas l'envie qui avait manqué au Survivant pourtant- mais de soupirs lassés retenus de justesse à l'annonce d'une énième mort prochaine…Et il alors senti une décharge électrique lui remonter le dos, tandis qu'un regard se posait sur lui…un regard…insistant…

Il s'était retourné, intrigué…et était tombé sur ses prunelles brûlantes. Il avait rarement vu des yeux aussi expressifs dans sa vie entière. Et la tentation avait été trop grande pour y résister. Voir ses yeux en amande ainsi posés sur lui…livres ouverts sur un esprit…miroirs d'une âme pure…il avait plongé….

Et elle n'avait rien vu…se laissant faire totalement…ne réalisant même pas qu'il découvrait, pensée après pensée, sa vie entière, réunissant les pans de son passé en un formidable puzzle qu'il se délectait de reconstituer… « Tu es un beau salaud, quand tu t'y mets » lui souffla le peu de bonne conscience qu'il lui restait.

« Et j'y mets un point d'honneur, qu'est-ce que tu crois ? » ricana silencieusement le Survivant, un léger sourire d'une perversité non cachée se dessinant sur ses lèvres.

« En tout cas, elle a une vie plus intéressante que je ne le pensais, la p'tite Grangy » pensa-t-il, songeur, tout en se laissant entraîner hors de la Salle de Divination par un Drake à moitié asphyxié braillant des « Je veux mourir » à tout va…Quel monde !

« Alors comme ça, reprit-il, se replongeant dans ses curieuses pensées, Mademoiselle a un petit ami ». L'image d'un grand type blond - très grand, en y repensant…beaucoup plus que lui du moins…- souriant de toutes ses dents blanches- un grognement échappa par mégarde au Survivant, lui valant un regard interrogateur des trois autres, qu'il ignora effrontément…-des yeux bleus azur aussi profond que l'océan, -ou la mer, il n'avait aucune idée de la localisation qui se trouvait derrière lui…-et un nom…William Langford…Du plus profond de son être, Harry sentit une onde brûlante traverser sa chair de part en part, et il se maudit intérieurement. Pourquoi diable devait-il être « touché » par un type dont il ignorait tout…le nom mis à part bien sûr…un physique rappelant Mister England 1997 aussi…et le fait qu'il était le « boyfriend »- il était français, parlons français…- de la Miss Je Sais Tout la plus agaçante de toute son existence…Et il trouvait le moyen d'envier ce type…Comment ? Merlin seul le savait…

Il secoua la tête, furieux contre lui-même. Il n'avait aucune raison d'être…jaloux ? N'importe quoi ! Il n'étais pas…jaloux le moins du monde. Même la sonorité du mot lui écorchait la conscience…Il avait tout ce qu'il voulait : il avait un physique orgasmique, et il le savait, et surtout aimait en jouer, un corps de rêve, des yeux à tomber- il s'était très vite rendu compte de leur pouvoir auprès des demoiselles- et avait une puissance magique de plus, sans oublier une notoriété non négligeable. Que voulait-il de plus ?

Non, décidément, ce type lui était bien inférieur, il n'avait donc aucun souci à se faire à ce sujet…si ?

Et puis, pourquoi ce « Je t'aime » ? Qu'est-ce qui, pour l'amour de Merlin, lui était passé par l'esprit à ce moment-là ? « Parce que tu adooores faire ton intéressant, peut-être ? » intervint sa conscience, qu'il s'empressa de repousser négligemment dans un coin obscur de son esprit douteux, histoire de lui faire endurer une cure de mauvais sentiments bien méritée.

Mais ladite conscience, n'avait, hélas, pas tort.

D'accord, il adoooorait être le centre de l'attention; précisons tout de même lorsqu'il y était à son avantage ! Mais ce n'était pas une raison pour faire une déclaration enflammée à Grangy- Je- Sais- Tout !

Si ?

Il avait été stupide, un point c'est tout. Ses sentiments pour Granger se limitaient à du mépris, un dégoût marqué lié à son lèche-bottisme prononcé, et une pitié grandissante face à son affreuse banalité.

Bien, nous sommes d'accord…il n'avait dit ceci à Granger que pour la troubler; but atteint, espérait-il, encore et encore, vu que, selon ce qu'il avait pu voir dans les pensées rudement intéressantes de la jeune fille, elle semblait intriguée par sa modeste -si si, je vous assure- personne.

Harry ricana méchamment, comme il aimait à le faire à l'occasion. Puis il accéléra le pas, se portant à la hauteur de ses trois comparses qui l'avaient devancé sur le chemin du cours de Métamorphose.

Il relégua tout ce qui concernait le désastreux épisode du cours de Divination bien loin dans les méandres douteux de son esprit perverti.

-Y-O-U---A-R-E-

« J'aimerais faire une annonce… »

« Ooooh, vous entendez bandes de bons à rien, notre chère préfète en chef a quelque chose à nous dire ! » ricana Seamus du fauteuil de la salle commune des Gryffondors où il s'était affalé depuis la fin des cours.

« Seamus, c'est la troisième fois aujourd'hui que tu me coupes la parole pour ne rien dire, alors, par pitié…TA GUEULE ! »

Ce à quoi l'Irlandais répondit par un éclat de rire joyeux, consentant tout de même à se plier aux attentes de sa soi-disant supérieure hiérarchique.

« Bien, maintenant que toute interruption intempestive est censée être écartée -elle jeta un regard virulent au groupe de garçons de septième année qui ricanait gentiment près du feu -je peux vous annoncer un événement important qui va avoir lieu cette année à Halloween. Nombreux parmi vous ont participé au sondage mis en place par l'administration afin de vous satisfaire le mieux possible, et je vous en remercie.

Elle ignora délibérément son petit ami qui singeait ses mimiques sérieuses lors de ce discours un peu trop recherché pour les modestes élèves qu'ils étaient.

- Et il est ressorti que nombre d'entre vous souhaiteraient…-elle inspira profondément, savourant son petit effet alors que l'ensemble de la Salle Commune était pendue à ses lèvres-…qu'un Bal ait lieu, et ce à raison d'une fois voir deux fois par an. La proposition a été examinée lors d'un d'une réunion, rassemblant professeurs, le directeur, le préfet- en- chef et moi-même.

Et il se trouve donc qu'elle a été approuvée par la majorité du corps enseignant. Il y aura donc, à Halloween, un Grand Bal auquel vous êtes tous conviés. »

Un silence pensant succéda à sa déclaration, avant que l'ensemble de la pièce n'éclate en chuchotis excités, cris de joie, danses de la victoire, gloussements animés, voire gémissements désespérés, ces derniers provenant en majorité de garçons guère enthousiastes à l'idée de dévoiler leurs talents de danseurs.

Les laissant à leurs protestations ou exubérances diverses, Angel se laissa tomber sur les genoux de son petit ami, se blottissant dans les bras qu'il lui tendait.

Elle soupira, alors que Ron grognait à ses côtés : « Un bal…il ne manquait plus que ça. Comme si celui de notre quatrième année n'avait pas été assez cuisant. Mais non, il va falloir tout recommencer : une cavalière…une tenue…danser…un vrai désastre. » Neville le regarda d'un air compatissant, comprenant sans peine les revendications misérables de son ami.

« Ne me dis pas que tout le monde à ce fichu conseil a été favorable à ce bal. Rassure-moi : il y a encore des gens censés dans ce monde ? » demanda-t-il au bout de quelques minutes de mauvaise humeur.

« Ne dis pas n'importe quoi, reprit Angel. Bien sûr qu'il y avait des gens contre. Voyons voir…Trelawney, mais je doute que sa voix ait comptée…Loyd, qui a eu un air encore plus désespéré que toi lorsque le bal a été officiellement annoncé…Potter, qui, pour une fois, s'est montré actif au Conseil, et a bravement combattu aux côtés de Loyd pour faire tout annuler -pour une fois qu'ils ne se volaient pas dans les plumes pour un oui ou pour un non…- et c'est tout…trois contre plus d'une vingtaine…ils n'avaient aucune chance » conclut-elle, un air satisfait sur le visage, sans doute dû au fait qu'elle avait enfin pu rabattre son caquet à l'Insolent .

Ron gémit désespérément…avec une aussi grande différences d'avis, impossible d'aller manifester devant le bureau de McGo sans s'attirer les foudres du corps enseignant ou de la grande majorité des élèves qui, déjà, se préparaient à cette grande soirée avec animation.

Hermione, quand à elle, n'était pas plus heureuse, bien au contraire. Un air maussade planait sur sa frimousse d'habitude si gaie, et un voile brumeux assombrissait ses yeux.

Ce bal ne faisait que lui rappeler à quel point Will lui manquait…sans doute la nouvelle d'une fête aussi importante l'aurait-elle faite hurler de joie, si elle était encore à Beauxbâtons, où elle aurait valsé des heures entières au bras de son cher et tendre blondinet. Hélas…pas un seul Beauxbâtonniens à l'horizon ne pouvait la sortir de la détresse !

Avec qui allait-elle pouvoir y aller… ? Déjà Ginny, Parvati et Lavande discutait avec animation de leur cavalier potentiel. Et elle était là, ne pipait mot, et se noyait dans de tumultueuses pensées où se mélangeaient Bal, William, poisse latente et dérangeantes émeraudes…

Merlin, que la vie était belle !

-Y-O-U---A-R-E-

Les couloirs à cette tardive de la soirée avaient une de ces si agréables fraîcheurs qu'Hermione aimait à savourer lors de ses dilemmes psychologiques. Encore une fois, elle ne fut pas déçue.

Elle marchait depuis à présent une demi-heure le long des corridors sans fin du château, profitant de sa promenade improvisée pour mettre un peu d'ordre dans ses pensées tumultueuses.

« Un problème, Miss Granger ? » questionna une voix douce derrière elle.

Hermione bondit, poussant un léger cri de frayeur alors qu'elle se retournait, le cœur battant. Son professeur de Défense contre les Forces du Mal la regardait, un air à la fois amusé et inquiet sur le visage qu'éclairait vaguement d'épais faisceaux de lumière perçant des vitraux bariolés ornant chaque mur du château, conférant au jeune professeur un air comique ne seyant que très peu à son allure grave.

Elle soupira de soulagement, rassurée d'être tombée sur son professeur préféré plutôt que sur Rusard, qui n'aurait pas manqué de lui adresser une réflexion désobligeante quand à sa présence dans les couloirs à une heure aussi tardive.

Elle sourit en retour à la question de son interlocuteur, avant de le rassurer : « Oh, non…je réfléchissais, c'est tout… ». Elle sourit encore, face à l'air sceptique de Loyd, qui se détendit légèrement.

« Vous deviez être drôlement concentrée, pour avoir l'air aussi agressive et inquiète à la fois, Miss Granger » ironisa-t-il, avant d'inviter d'un geste de la main la jeune fille à marcher un temps avec lui, ce qu'elle fit volontiers.

« Je…hum…réfléchissais…à propos… -elle le regarda un instant avant de continuer - à propos du Bal d'Halloween ».

A ces mots, il éclata de rire, avant de poursuivre : « Oh, et je suppose que vous n'êtes pas plus contente que moi à l'annonce de cette désastreuse nouvelle. »

Elle approuva d'un signe de tête, ne parvenant tout de même pas à se dérider, à fortiori de ce rappel de ces ô combien nombreux problèmes qui ponctuaient son existence actuelle.

« Et puis-je savoir comment une aussi charmante jeune fille que vous -Hermione rougit à ces mots -peut-elle ne pas manifester un brin d'excitation face à la délicieuse perspective d'un Bal à venir… ? »

« Et bien…disons que je ne suis pas grande amatrice de ce genre de…festivités…Et puis, je ne vois pas du tout avec qui y aller…En gros…Et vous, professeur ? Angel m'a dit que vous aviez voté contre lors du vote. »

« Moi ? Oh…et bien, plusieurs raisons, toutes plus futiles les unes que les autres, mais bon…Disons, pour reprendre vos termes, que je ne suis pas grand amateur de ce genre de festivités, que cela me rappelle des souvenirs que j'aurais préféré oublié et puis…que je n'aime pas danser ! »

Hermione gloussa, comprenant très bien la situation du jeune professeur.

« Rajoutons aussi que je me doute que certaines personnes dont je tairai le nom vont sans doute en profiter pour faire des imbécillités dont le château se serait bien passé. »

« Vous parlez des Quatre, je présume ? »

« Qui d'autre que cette bande de petits crétins idiots et sans avenir ? » répondit Loyd en tapant violemment du pied dans une armure à sa portée, sans pour autant stopper sa marche, forçant Hermione à accélérer le pas.

« Vous ne les aimez pas, n'est-ce pas professeur ? » interrogea Hermione, curieuse.

« Quel enseignant normalement constitué pourrait ne serait-ce que les supporter ? Ils sont gamins, immatures, égocentriques, redoutablement doués dans ce qu'ils entreprennent d'illégal, rebelles, et réticents à toute tentative destinée à les assagir un minimum…et irrécupérables avec ça ! »

La jeune fille pouffa à nouveau, imaginant très bien le flot d'insultes que Loyd devait retenir pour faire paraître un tant soi peu de politesse.

« Et vous, Miss Granger ? »

« Pardon ? »

« Que pensez-vous des Quatre… ?Je veux dire, une réunion à leur sujet vient de s'achever, et nous nous demandions ce que pensait réellement les élèves à leurs sujets. L'occasion est toute trouvée, d'autant plus que votre témoignage possède un certain poids au vu de votre sérieux. »

Non sans avoir décliné un magnifique camaïeu de rouge, la jeune Gryffondor réfléchit quelques instants, pesant ses mots, ne tenant à paraître trop virulente et grossière face à un membre du corps enseignant.

« Et bien…je dirai que je ne les apprécie pas du tout…loin de là…enfin, pour moi, les études sont très importantes, essentielles dans la vie…et quand on voit comment ils se comportent, je pense qu'on a de quoi s'inquiéter quand à l'avenir de notre monde avec des idiots pareils. Et puis, je…ils ne m'ont rien fait de particulier, pour le moment du moins…mais je n'y peux rien, je n'ai pour eux qu'une haine viscérale…Peut-être ai-je été influencée par mes camarades de Gryffondor, mais…quand je les regarde, mon seul désir est de leur flanquer une baffe à chacun…Potter en tête »conclut-elle avec un sourire carnassier sur les lèvres, ce qui n'échappa à Loyd, celui-ci éclatant d'un rire grandement amusé face à la passion meurtrière qui animait son élève.

Cette dernière ne mentionnant pas la pensée qui venait compléter sa phrase : «… et de me noyer dans les yeux divins de ce sale petit con de Potter… »

Elle secoua ma tête, chassant ces pensées « taboues » qu'elle avait ne serait-ce qu'osé laisser prendre forme dans son esprit.

« D'ici que la perversion de Potter me contamine, il n'y avait pas des centaines de kilomètres » ironisa-t-elle amèrement dans sa tête.

Elle fut interrompue de ses réflexions intérieures par le professeur de Défense qui reprenait à côté d'elle, ayant calmé son fou rire : « Et bien et bien…c'est un réel plaisir de constater que je ne suis assurément pas le seul à avoir la main qui me démange en leur présence » sourit-il, pleinement satisfait. « Quoique je dois avouer que ce désir a été, en partie du moins, assouvi la soirée dernière ».

Hermione le dévisagea, ébahie.

« Vous… ?

- Et oui…j'ai enfin pu étaler ma main sur la joue si tentante de Mr l'Insolent. Un réel plaisir…éphémère, hélas, mais j'ose encore espérer que l'occasion se représentera. Mais que cela reste entre nous : je ne suis pas censé répéter ce qui se passe et se dit dans le bureau de notre bien-aimé directeur. »

Hermione promit, ricanant intérieurement. Voilà une information qui pourrait lui servir afin de faire pression auprès du beau brun -hum, pardon, de l'autre abruti aux cheveux noirs. Assurément, celui-ci n'apprécierait que très peu que ce genre d'informations ne s'étende à tout le château, ce qui pourrait causer quelques…préjudices à sa réputation de rebelle insoumis et surtout d'invaincu.

Elle jura de s'en souvenir un de ces jours prochains où Potter et sa bande viendrait faire leurs mariols en cours.

Loyd s'arrêta soudain.

« C'est ici que nos trajets se séparent, Miss Granger. Il se trouve que nos Quatre fauteurs de trouble adorés ont un coup prévu pour ce soir, et je vais de ce pas retrouver le professeur Dumbledore afin de décider ce qu'il advient de faire. Ainsi, passez une bonne soirée ! Ce fut un réel plaisir.

- De même professeur ».

Et elle le regarda s'éloigner, ses longs cheveux blonds flottant derrière lui, telle une torche vacillante dans la pénombre du couloir, et ce jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue.

Ce ne fut qu'alors qu'elle se détourna de la Salle de Défense où elle avait quitté le jeune professeur, retournant à pas de velours vers sa salle Commune.

Il était à présent 11 heures et demi…

-Y-O-U---A-R-E-

« Pansy, Drake…calmez-vous bon sang, vous allez nous faire repérer… » chuchota Blaise, affolé par le boucan que faisait ses deux comparses que secouaient un fou rire incontrôlable.

« Zen, Blaisou tout va bien…Je suis peut-être une brelle en potions, mais je peux t'assurer que celle-ci, j'y ai passé toute la semaine. Et si je te dis qu'elle assure invisibilité et insonorisation, c'est que j'en suis sûr et certain…Par conséquent, tu peux laisser ces deux idiots finis prendre leur pied en se bidonnant comme des bœufs… » assura Harry, fronçant les sourcils, malgré l'apparente gaieté de son ton de voix.

« Ooooh, Harry, tu as entendu…ce qu'elle…a dit…mwahaha … c'était… mphphhh … ohlala … qu'est-ce que cette fille peut être lèche botte dans son genre… » pouffa Pansy, se tenant toujours les côtes en s'appuyant sur Draco qui ne parvenait à piper mot tant son fou rire le faisait s'écrouler sur le mur avoisinant.

Harry haussa un sourcil, dédaigneux, tout en sortant de derrière la tapisserie où ils s'étaient camouflés, par simple précaution, de la vue du duo qui était passé là quelques minutes auparavant.

« Bien sûr que j'ai entendu…aux dernières nouvelles, je ne suis pas encore sourd…et je ne vois pas pourquoi vous êtes à ce point morts de rire… » soupira Harry, les bras croisés.

Il ne voudrait jamais l'avouer, mais, au fond de lui, les paroles de la jeune Gryffondor l'avaient vexé…et blessé un peu plus profondément qu'il ne l'aurait voulu.

« Oh, Harry…ne me dis pas que tu n'as pas trouvé cette pauvre petite totalement insignifiante et pathétique ? Elle bavait presque aux pieds de Loydicon, et il lui aurait demandé de lui cirer ses bottes qu'elle l'aurait fait en disant Amen…Plus Gryffondor, tu meurs… » ricana Draco, à peine remis de ses émotions.

« Peut-être, mais ce que je vois, c'est qu'on perd du temps…et vous savez pertinemment que j'ai horreur de traîner dans les couloirs la nuit » grogna Blaise, sortant de la poche de sa robe de sorcier une bombe de peinture indélébile, tandis que l'Insolent faisait de même à ses côtés.

« Rooh, Blaise, sois pas rabat-joie…tu as à côté de toi le plus grand spécialiste de la Maraude Nocturne de tout les temps » lança Pansy, tout en s'acharnant sur la poignée de la Salle de Défense contre les Forces du Mal, qui, décidément, ne se pliait guère à ses efforts.

« Pansy, par pitié, arrête de me donner ce titre à tout va. C'est peut-être mon rôle dans notre groupe, mais il ne faut pas exagérer. Et puis, par Salazar, lâche cette porte. Ce n'est pas en faisant sauter la poignée que tu vas ouvrir une porte verrouillée magiquement. » répliqua sèchement Harry, en écartant brusquement Pansy de la porte qu'elle ne voulait point abandonner, considérant la fuite comme un échec personnel.

Celle-ci, ainsi mise de côté, s'approcha de Draco, lui soufflant à l'oreille : « Tu crois qu'il serait…vexé ? ».

Draco la dévisagea un instant, avant de braquer son regard vers Harry, qui essayait toute une panoplie de contre-sorts sur la porte récalcitrante. Son regard s'éclaira, et il laissa un fin sourire carnassier se dessiner sur ses lèvres. Puis, se retournant vers Pansy, il approuva d'un signe de tête affirmatif, ricanant en cœur avec la demoiselle, que l'information croustillante excitait au plus hait point.

Draco renchérit : « Je crois que le p'tit Harry nous cache quelque chose… » murmura-t-il faiblement, de sorte que ni Blaise, qui secondait le Survivant, ni ce dernier, ne puisse entendre.

« C'est bien ce que je me disais… » conclut Pansy, en se frottant les mains de délectation. « Je crois qu'on va bien s'amuser ! » gloussa-t-elle, tapant la main que Draco lui tendait, scellant leur promesse secrète de ne pas lâcher le Survivant tant que celui-ci n'aurait pas lâcher le morceau.

« Harry…avec Granger… J'aurais jamais cru » s'ébahit Draco, un léger sourire rêveur illuminant son visage d'ordinaire si sarcastique…

« Le connaissant, il n'a rien réalisé, le pauvre » souffla Pansy, en retenant un autre fou rire qui pointait à l'horizon.

« Mais on va s'arranger pour qu'il réalise, n'est-ce pas Pansy chérie…Grangy n'est peut-être qu'une imbécile de Gryffondor, mais il est hors de question que Harry tombe en dépression à cause d'elle…. »

« Oh, Draco, je te vois bien former une agence matrimoniale » railla la Serpentard, satisfaite de constater que ledit Draco n'appréciait que très peu la plaisanterie.

« Bon, j'avoue…Loyd est très doué pour ses maléfices » maugréa Harry à contre- cœur, interrompant les deux entremetteurs dans leurs projets. « Impossible de faire bouger cette porte d'un seul centimètre. »

« Même notre pass ne marche pas ? »

Harry rougit nerveusement, regardant très bravement dans un autre direction. « Je l'ai…oublié… dans ma chambre. »

« Je ne vois pas où est le problème…Si les solutions magiques n'ont aucun effet, il n'y a pas des milliers de techniques à employer. Le plus petit d'entre nous passe la fenêtre au-dessus de la porte, et fait le travail. De toute façon, on a déjà bousillé toutes les salles de classes utilisées, il ne reste que celle-là. On ne va pas faire une exception pour Loydicon, non ? » marmonna Draco, les sourcils froncés.

Simultanément, les trois autres levèrent la tête, évaluant silencieusement comment s'y prendre pour atteindre ladite fenêtre, qui culminait bien à trois mètres au dessus.

Finalement, Blaise prit la parole : « Draco n'a qu'à faire la courte- échelle à Harry, ça devrait aller. »

« Attends une seconde…je ne veux pas paraître idiot mais…pourquoi moi ? » gémit Harry, qui ne tenait pas particulièrement à se rompre les os.

« Ça me semble évident Ryry chéri…de nous quatre, tu es le plus petit, le plus léger, et en plus, tout le monde sait que l'amour donne des ailes » pouffa Pansy, donnant un coup de coude fort peu discret à Draco qui se tenait à ses côtés.

Harry la dévisagea longuement, semblant tiraillé entre l'envie d'aller lui demander quelques explications bien nécessaires, ou laisser tomber et l'abandonner à sa folie en priant pour qu'elle ne soit pas contagieuse.

Un raclement de gorge sonore de la part de Blaise le convainquit d'opter pour la seconde possibilité, et c'est bien à regret qu'il soupira, avant de capituler, étant, bien malgré lui, assez fatigué pour espérer un lit dans les plus brefs délais.

Il s'appuya sure la main que Draco lui présentait, se hissant rapidement au niveau de la fenêtre qu'il brisa d'un coup de poing, ignorant froidement la brûlure intense qui lui traversait la main alors qu'un filet de sang ruisselait de la fine plaie qui venait de lui entailler la peau. Il aspira insensiblement le liquide vital, avant d'achever son travail de destruction, se tailladant la main encore et encore.

Enfin, il se laissa tomber de l'autre côté, atterrissant souplement sur les dalles froides de la salle de Défense, s'étirant agilement, avant d'agiter la bombe de peinture indélébile qu'il avait pris soin de conserver précieusement dans une des multiples poches de son pantalon, celui qu'il utilisait lors des coups comme celui-ci.

Il vida son contenu à plusieurs reprises, la bombe étant ensorcelée pour se remplir automatiquement, inondant les murs d'insanités à l'origine douteuse. Une fois satisfait du résultat, il ouvrit brusquement la fenêtre, laissant l'air frais de minuit éparpiller quelques mèches de cheveux sur son visage déformé par la haine, avant de jeter la bombe le plus loin possible.

Ce ne fut qu'alors que le véritable massacre commença : tables, chaises, bureau, tout fut saccagé à coups de pieds et de poings. Le tableau fut arraché, déchiqueté par la violence du jeune garçon…les rideaux ne furent plus que des lambeaux rougeâtres, comme témoignant d'une bataille face à l'enfer…les fenêtres furent fracassées au sol, explosant dans une multitude d'éclats de verre qui entaillèrent par endroits la peau du Survivant insensible…rien ne l'atteignait…

Enfin, le souffle court d'avoir tant donné dans son vandalisme, L'Insolent s'arrêta…s'approcha d'un mur plus ou moins recouvert de vulgarités…et inscrivit, à l'aide de son propre sang : « Avec les respects d'une bande de petits crétins idiots et sans avenir… »

Il quitta alors la pièce, aussi discrètement qu'il était venu…

« Méfait accompli ! » ricana-t-il aux trois autres…

L'action n'avait duré que quelques minutes…Les Quatre s'évanouirent dans la nuit…aussi sombre que le plus profond de leurs cœurs inévitablement corrompus…

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La Playlist de You Are

Pour ce chapitre, je suggère

« Madness », The Rasmus

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Et valàààààààà…un chapitre un peu bizarre, mais nécessaire pour attaquer le chapitre suivant, avec un peu moins de déprime et de vengeance, et plus d'humour, du moins j'espère.

En espérant que ça vous a plu…reviews pleaaaaase !